GERHARDT
et (lu domaine. Il habita plus ordinaireniont Berlin, où il mourut le 9 mars d821. Ses ouvrages sont surtout relatifs à l'histoire naturelle pure ou médicale. Nous nous bornerons à mentionner :
I. Disquisilio ' granatorum Silesiae atque Bohemiae. Fiancof. ad Viadr., 17()0, in-4°. — II. Triga dtsserlatiomnn phijsico-medicarum. Berolini, 1165, in-8°. — III. Die Bârentraube (Arhiitus uvae ursi), cliemisch und medicinisch hetrachlet. Berlin, 4703, in-8°. — IV. Aniveisungzur Heilung der vornekmslen innern Krankheilen. Berlin, 17G5, in-S". — V. Materia medica, oder Lehre von den rohen Arzneyiintteln. Berlin, 1766, iii-8". — VI. Diss. de vitro rulhenico. Francof. , 1707, in-4". — VH. Beitrâge zur Nalurgesc/iichtc, Minéralogie und Ckyitiie. Berlin, 1773-1776, 2 vol. in-8". — VIII. Versuch einer Geschichte des Minerai) eichs. Berlin, 1781-1782, 2 vol. in-8°. — W.Grundriss des Minerahijslems zu Vorlesungcn. Berlin, 1786. in-8°. — X. Abhandlung liber die Umwandlung und ûber den Uebergang einer Erdund Steinart in die andere. Berlin, 1 787, in-8°. — XI. Gmndriss eine.t neuen Minerahystems, Berlin, 1797, in-8". — XII. Nombreux articles dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, CreWs cheniische Annalen, Hôp/ner's Magazin, elc. — XIII. Gerhard a en outre traduit les opuscules de J. Tu. Ellf.r (Berlin, 1764, 2 vol. in-8°), et le Voyage métallurgique de C. Jars (Berlin, 1777-178.T, 4 vol. in-8"), et publié plusieurs ouvrages posthumes de .lohan- Gottlieb Gleditech. L. Hn.
Gerhard (W.-W.). Médecin américain, élève de Louis à Paris, Ilorissait à Philadelphie dans la première moitié du dix-neuvième siècle. Il fut professeur à la Philadelphia médical Association, médecin au Blackleij-Hospital et membre d'un grand nombre de sociétés savantes. Cet excellent clinicien a pu])!ié, entre autres, une niojiograpliie sur les affections cérébrales des enfants, dont la date ne nous est pas connue, et un ouvrage sur le diagnostic des affections thoraciques qui fut très-remarque en Amérique,
I. On the Diagnosis of Diseases of the Chest, based upon llie Comparison of their Physical and General Signs. Philadelphia, 1836 (1835), in-8°. — II. .4 clinical Guide for Sludcnfs. Philadelphia, 1857. — III. Articles dans Norlh Amer. Med. andSurg. Jour. L. Un.
GERHARDT (Charles-Frédéric). Cet émineiit cliimiste, l'une des plus belles gloires de la France, a exercé une trop grande influence sur la chimie, et particulièrement sur la chimie organique, pour que son nom ne figure pas dans ce Dictionnaire. Il naquit à Strasbourg le 21 aoijt 181G. 11 était le lils de Samuel Gerhardt de Berne et de Charlotte-llenrielle Weber. Il fit ses humanités au séminaire protestant de Strasbourg, puis en 1851 et 1852 suivit les cours de l'Ecole polytechnique de Carlsruhe, dans le grand-duché de Bade ; il y étudia avec prédilection la chimie, sous la direction du professeur Walchner.
Le père de Gerhardt possédait une fabrique de céruse et d'autres produits chimiques et espérait voir son fils lui succéder dans son métier; mais celui-ci se prêtait peu au désir de son père; envoyé à Leipzig, vers la fin de 1852, pour y étudier le commerce à l'Institut Schiebé, il continua à suivre de préférence les cours de chimie et gagna toute la bienveillance du professeur Erdmann. Dès ce moment les plus hauts problèmes de la chimie transcendante commencèrent à préoccuper son esprit. Son père eut beau le condamner à travailler dans ses bureaux, puis lui confier la direction de sa fabrique, enfin, pour faire diversion à ses idées, le charger de voyager pour son commerce, rien n'y fit, et, la mésintelligence entre le père et le fils augmentant, Charles Gerhardt finit par quitter la maison paternelle et alla s'engager, vers la fin de l'année 1855, dans un régiment de lanciers, alors en garnison à Haguenau. Là, malgré les règlements, il travaillait une partie de la nuit à la lumière; le colonel de son régiment, après l'avoir plusieurs fois réprimandé, finit par l'autoriser à garder
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de la lumière après le couvre-feu. Mais le métier militaire n'était pas fait pour lui plaire et, dès le commencement de 1850, il demanda à quitter le régiment, menaçant son père de déserter, s'il n'obtenait pas son remplacement ; heureusement il se trouva un ami qui procura à Charles Gerhardt la somme nécessaire pour se faire remplacer. Il se rendit aussitôt en Allemagne, à Giessen, et y écouta avec enthousiasme les brillantes leçons de Liebig. C'est là qu'il subit ses examens et prit ses grades. Il revint ensuite en France, et, après avoir obtenu de son beau-frère une petite avance, il se rendit à Paris le 21 octobre 1838. Grâce à son activité dévorante, il réussit, au moyen de leçons particulières et de traductions, à vivre dans une indépendance complète et à se passer des subsides de sa famille.
Du reste, il obtint partout à Paris l'accueil le plus sympathique ; le baron Thénard et Chevreul lui témoignèrent toute leur bienveillance et Dumas lui accorda la faveur de travailler dans son laboratoire particulier. C'est à ce moment qu'il entreprit avec A. Cahours une série d'expériences sur les huiles essentielles.
Les grades donnés .en Allemagne ne pouvant servir à Gerhardt, il se décida, sur les instances de ses protecteurs, à passer de nouveaux examens et à soutenir ses thèses de doctorat devant la Faculté des sciences de Paris. Grâce aux bons offices de Thénard, alors chancelier de l'Université, il fut peu après chargé du cours de chimie à la Faculté des sciences de Montpellier. Gerhardt débuta dans le professorat avec tant d'éclat et de succès que dès 1844 il fut nommé professeur titulaire, quoiqu'il n'eût pas encore l'âge imposé par les règlements. C'est vers cette même époque que Gerhardt fit la connaissance d'une famille écossaise momentanément établie à Montpelher, et le 22 mai 1844 il épousa Mademoiselle Jane Megget Sanders, fille d'un médecin distingué d'Edimbourg, Charles Sanders, auquel nous avons consacré quelques lignes dans ce Dictionnaire. Pendant un séjour qu'il fit à Strasbourg cette même année, il prit ses grades en pharmacie (25 octobre 1844).
A partir de ce moment, Gerhardt, déployant toujours une activité extraordinaire, publia successivement la traduction des ouvrages de Liebig encore inconnus en France, un Précis de chimie organique, où. il exposait la science d'après un système entièrement nouveau, une Introduction à l'étude de la chimie par le système unitaire, un grand nombre de mémoires originaux, etc. Mais le séjour de la province contre-carrant ses projets et le mettant dans l'impossibilité de mener à bonne fin les grands travaux qu'il devait entreprendre avec son ami et collaborateur Laurent, il demanda et obtint, en avril 1848, un congé qui fut prolongé pendant deux ans. A l'expiration de ce délai, Gerhardt ne put se résoudre à abandonner ses travaux et renonça à sa chaire de Montpellier, mais ne réussit pas à obtenir la chaire qu'il sollicita au Collège de France. « Si je quitte cette position, disait-il, c'est que le cadre nécessairement très-restreint de l'enseignement universitaire ne me permet pas d'y comprendre les questions plus élevées à l'élaboration desquelles j'ai consacré ma vie; c'est aussi à cause de l'insuffisance des ressources qu'elle m'offre pour exécuter tous les travaux nécessaires à la vérification et à la consolidation de mes théories. » C'est alors que Gerhardt fonda à Paris une école de chimie pratique qu'il dirigea lui-même pendant quatre ans, en même temps qu'il continuait la publication de ses travaux et qu'il commençait celle de son grand Traité de chimie organique. Aspirant alors à une existence plus calme, il accepta la double nomi-
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nation de professeur à la Faculté des sciences et à l'École supérieure de pharmacie de Strasbourg qui lui était offerte par M. Dumas, au nom du minisire (25 janvier 1855).
Gerhardt mourut peu après, le 19 août 1856, d'une péritonite suraiguë, laissant un nom qui vivra éternellement dans les annales de la science.
11 était membre de presque toutes les grandes sociétés savantes de l'Europe, même de la fameuse Société royale de Londres, si peu prodigue de ses faveurs à l'égard des étrangers ; il avait été élu membre correspondant de l'Institut de France le 21 avril 1856.
« Cet homme éminent, ditCliancel, a introduit dans la science un ordre admirable ; il l'a enrichie de brillantes découvertes et en a provoqué un grand nombre par ses fécondes conceptions. Ses idées, repoussées d'abord, admises ensuite avec réserve, parviennent enfin à dominer la science. Déjà Gerhardt reçoit les félicitations des savants de tous les pays ; il prévoit le triomphe de son système, qui sera désormais le code de la science. Mais au moment de recueillir les lauriers dus à son génie, épuisé par une lutte fiévreuse de plus de quinze ans, il tombe comme foudroyé et n'a, en mourant, que la suprême satisfaction d'entrevoir la reconnaissance et l'admiration de la postérité. »
Dans le nouveau bâtiment de l'École de pharmacie, construit sur un terrain de l'ancien Luxembourg, figure, parmi les médaillons en bas-relief des savants qui ornent la façade, celui de Gerhardt (extrême angle du côté droit).
Gerhardt a fait fai^e à la chimie des progrès considérables, i! a joué dans cette science le rôle d'un réformateur et d'un novateur; mais, pour mieux apprécier la grandeur de son œuvre, il est bon de se reporter en arrière de près d'un siècle.
« La chimie, dit Wûrtz dans son Histoire des doctrines chimiques depuis Lavoisier, p. 1 (Paris, 1869, in-18), la chimie est une science française; elle fut constituée par Lavoisier d'immortelle mémoire... » C'est en effet Lavoisier qui le premier fixa la notion des corps simples; il montra ces corps doués de la faculté de s'unir entre eux pour former des corps nouveaux, susceptibles de se combiner ensemble à leur tour pour donner naissance à des composés plus complexes. Pour Lavoisier l'affinité s'exerce toujours entre deux éléments simples ou composés, s'unissant grâce à une certaine opposition de propriétés qui est précisément neutralisée par le fait de leur union; en un mot, toutes les combinaisons sont binaires. C'est là le point de départ du dualisme, de ce système qui rendit tant de services à la science, mais auquel, par la loi fatale du progrès, les découvertes de Dumas, de Laurent et de Gerhardt, devaient plus tard donner le coup de grâce.
Après Lavoisier, Dalton introduisit dans la science la notion des atomes et formula la loi des proportions multiples, complément et généralisation de la loi de l'équivalence chimique et de la loi des proportions définies découvertes par Wenzel et par Richter pour les sels et dont l'importance n'avait pas été suffisamment appréciée par leurs contemporains. Dalton fixa les poids atomiques des corps simples ; ces poids atomiques n'étaient autre chose que ce que Wollaston appela plus tard équivalents.
Avec Gay-Lussac la chimie fit un nouveau pas en avant. Ce savant établit que les gaz se combinent en proportions volumétriques définies et simples, c'està-dire qu'il existe un rapport simple entre les volumes des gaz qui se combinent et que la contraction de volume qu'ils éprouvent quelquefois par le fait
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(le leur union est également dans un rapport simple avec le volume de l'un des gaz combinés. Mais Gay-Lussac ne lira pas de celte loi toutes les conséquences qui en découlaient. Le chimiste italien Avogadro le premier mit en lumière la relation simple qui existe entre les densités des gaz et leurs poids atomiques. Ampère reprit l'hypothèse d' Avogadro en 1814 et montra à son tour que les densités des gaz sont proportionyielles aux poids de leurs atomes ou à des imdtiples simples des poids atomiques. Mais pendant de longues années ces découvertes restèrent en quelque sorte lettre morte.
Dans l'intervalle Berzclius avait fait son apparition. La doctrine dualistique, adoptée par l'illustre chimiste suédois, sortit de ses maiKS toute-puissante, basée sur des principes nouveaux, sur Vhypothèse électro-chimique. En même temps Berzelius, précisant la signification du mot atome, fit nettement ressortir la différence qui existe entre les atomes et les équivalents et créa une notation propre à indiquer la composition atomique des corps. Enfin, par sa conception des radicaux organiques composés et par sa théorie des éthers, en assimilant l'alcool à un hydrate et les éthers composés aux sels, il lui fut possible de représenter la composition de tous les corps, tant organiques que minéraux, par les formules dualistiques.
C'est à Dumas que revient le mérite d'avoir porté le premier coup au dualisme par la découverte de la loi des substitutions. Laurent et Gerhardt le renversèrent définitivement, malgré l'acharnement que mit Berzelius à le défendre.
« Ces noms, dit Wûrtz, sont inséparables et doivent être confondus dans un même hommage, comme les savants qui les ont illustrés ont été rapprochée par leurs travaux, leurs luttes, leur amitié. Laurent et Gerhardt étaient de même race et de même valeur. Esprits émiuenls, ils se sont attaqués aux questions les plus difficiles et ont porté leur attention plutôt vers les points de théorie que vers les applications. Avec des aptitudes diverses ils ont poursuivi le même but, se prêtant un mutuel appui pour la défense des mêmes idées. L'un d'eux, passé maître dans l'art difficile des expériences, était aussi habile à découvrir les faits qu'il était ingénieux et hardi à les interpréter; l'autre, moins apte à poursuivre les détails, brillait par la faculté d'embrasser les phénomènes dans leur ensemble. Laurent était fort par l'esprit d'analyse et de classification, Gerhardt était supérieur par l'esprit de généralisation.... Passé maître dans l'art de grouper et d'interpréter les faits, il en lirait les conséquences les plus élevées et les plus utiles puur la théorie. Si Laurent excellait à approfondir et à trier les phénomènes par la plus fine analyse, Gerhardt possédait au plus haut degré l'esprit de système et comme uiie intuition générale des choses. Il dominait son sujet. »
Laurent fut l'auteur de ce qu'on a appelé, eu chimie organique, la théorie des noyaux, ces noyaux ou radicaux étant des groupes d'atomes de carbone unis à d'autres cléments ; autour de ces noyaux viennent se grouper, comme autant d'afipendices, d'autres atomes. C'était une extension de la théorie des substitutions qui constitua également, d'autre part, la buse de li théorie des types, dont la généralisation est due à Gerhardt.
Le mémoire, lu par Gerhardt à l'Académie le 5 septembre 1842 et intitulé Recherches sur la classification chimique des substances organiques, renferme un fait extrêmement important, qui a été le point de départ de toutes les recherches de l'éminent chimiste. Voici l'énoncé de ce fait : « Lorsqu'une réaction organique donne lieu à la formation de l'eau ou de l'acide carbonique,