GIBBON
Gibbons sont revêtus d'une fourrure grise, brune, noire ou blanchâtre, mais toujours de teinte assez uniforme, quelques espèces seulement offrant des taches brunâtres ou jaune paille. En général le poil est épais et soyeux, mais de longueur médiocre ; toutefois autour de la face il acquiert un plus grand développement et dessine une sorte de barbe.
Les Gibbons sont tous originaires de la région indo-malaise et habitent soit dans l'Asie continentale, soit dans les îles de Sumatra, de Java, de Bornéo, de Célèbes, de Sooloo, etc. Ils se tiennent dans les grandes forêts et vivent par couples ou en petites familles, passant la plus grande partie de leur existence sur les arbres et s'élançant de branche en branche avec une agilité extraordinaire. Quelquefois cependant ils descendent à terre et marchent alors sur le corps légèrement incliné, les mains s'appuyant gauchement sur le sol, celles de devant par la face dorsale des doigts, celles de derrière par la face palmaire ou plutôt par le côté externe. Dans ces conditions la démarche est aussi lente que disgracieuse. Comme le dit Duvaucel, les deux bras faisant l'office d'échasses, les Gibbons avancent par saccades et ressemblent ainsi à un vieillard boiteux à qui la peur ferait faire un grand effort. Du reste leur aspect seul dénote qu'ils ne sont pas faits pour celte allure quadrupède, et qu'ils doivent être considérés comme des animaux essentiellement arboricoles. Grâce à leur adresse de gymnasiarques, ils échappent assez iacilementà la poursuite de leurs ennemis et peuvent dérober, sur les arbres les plus élevés, les œufs d'oiseaux qui constituent, avec des fruits et des bourgeons, le fond de leur nourriture. Les mères veillent sur leurs petits avec beaucoup de sollicitude et se sacrifient, dit-on, plutôt que de les abandonner au danger ; cependant, en temps ordinaire, les Gibbons sont d'un naturel extrêmement timide, ils s'effarouchent au moindre bruit et cherchent leur salut dans la fuite. Aussi est-il extrêmement difficile de les étudier dans les grandes forêts de la Malaisie. Un naturaliste voyageur du commencement de ce siècle, Duvaucel, a pu cependant faire sur les mœurs des Gibbons à l'état sauvage d'intéressantes observations. Il a reconnu, parexemple, queles petits du Gibbon siamang, encore trop faibles pour marcher, sont toujours portés par des individus du même sexe qu'eux, par leur père, s'ils sont mâles, par leurs mères, s'ils sont femelles ; il a entendu maintes fois les singes de cette espèce saluer le soleil à son lever et â son coucher par des cris épouvantables qui retentissent à une distance de plusieurs milles et qui, de près, produisent un vacarme assourdissant.
Le Gibbon siamang [Hylobates syndactylus RafU.) habite le sud-ouest de l'île de Sumatra: c'est un singe de grande taille, au pelage d'un noir foncé, interrompu sur la gorge par un espace dénudé, correspondant à une poche aérienne qui chez le mâle se gonfle en une sorte de goitre. Le Gibbon lar {Hylobates lar Ulio-.), qui est peut-être VHomo /a?- des premières descriptions de Linné et probablement le Grand Gibbon de Buffon, vit dans la presqu'île de Malacca, mais est représenté dans le S. E. de Sumatra et dans l'Assam par des races peu distinctes, le Gibbon à mains blanches (H. albimamis Vig. etHorsf.) et le Gibbon entelloïde {H. entelloïdes Is. Geoff.) ; d'ordinaire il porte une livrée fuligineuse, avec le tour de la face et parfois les extrémités des membres gris ou blanchâlres. Le Gibbon hoolock (//. hooloch Harlan), reconnaissable à son bandeau frontal d'un blanc pur se trouve dans le nord de l'Assam; le Gibbon agile ou Unko {H. agilis F. Cuv.), auquel se rattache le Gibbon de Baffles {H. Rafflesii F. Guv.), a pour patrie le S. 0. de l'île de Sumatra, tandis que le Gibbon cendré {H. leucicus Kuhl), l'un de ceux que l'on voit le plus souvent dans les ménageries, n'a été
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signalé jusqu'à px'ésent que dans l'île de Java. Comme son nom même l'indique, ce dernier Gibbon est en général d'un gris cendré; toutefois le sommet de sa tête tourne au gris sombre, tandis que le tour de sa face passe au blanchâtre.
E. OUSTALET.
Bibliographie. — Illiger. Prodromus systematis Mammaliutn, 1811. — Geoffroï-Saint- HiLAiRE et F. Cdvier. Ilisl. nat. des Mammifères, 1819. — P. Gervais. Hist. nat. des Mammifères, 1854, t. I. — ScLATER. Proc. Zool. Soc, 1870, p. 86 et pi. V. — Sciii.egel. Muséum des Pays-Bas, Simice, 1876. — Breiim. Vie des animaux. Mammifères, t. I. — Trouessart. Catalogue des Mammifères vivants et fossiles, 1879, fasc. I. E. 0.
GIBBONS (Les deux).
Gibbons (William). Jlédecin anglais, né à Wolverhampton, fît ses études au Saint-John's Collège d'Oxford, où il prit successivement tous ses grades et se fit recevoir docteur en 1685. Le 30 septembre 1692 il devint fellow du Collège royal des médecins; il en fut le censeur en 1716 et se distingua assez malheureusement par son opposition à l'établissement du Dispensaire; Garth l'aflligea du sobriquet de Mirmillo. Il est traité plus dignement dans la Harveian Oration de 1729 : Ecquls enim majori eruditionis aut honestatis cujuslibet laude societatem hanc unquam exornavit quam Gidielmus Gibbons? Prœsignis ille senex; in artis professione candidus et apertus ; in studiis indefessus ; literariim et literatorum et suorum Oxoniensium amantissimus ; in praxi pietatis et medicince simul exercitissimus, etc. » D'après Wadd [Mems, Maxims and Memoirs, p. 148), Gibbons serait l'introducteur en Angleterre du bois d'acajou.
Gibbons mourut vers 1728. Dans l'église de Wolverhampton on trouve cette épitaphe : Mémorandum. That Eminent Physician, D''AYilliam Gibbons, late of London, a Native ofthis Toivn among other Gênerons Benefactions, by ftis last Will left ta the Charity School the Sum of Five Hundred Pounds, Anno Domini 1728. Son portrait, en robe de docteur, se trouve au Saint-John's Collège, à Oxford.
Gibbons (Thomas). Médecin à Hadleigh, dans le comté de Suffolk, à la fin du dernier siècle et au commencement de celui-ci, est connu par les opuscules suivants :
I. De mulierum mammis et morbis quitus obnoniœ sunt. Edinburgi, 1775, iu-8°. — II. Médical Cases and Remarks. Part. I. On the Good Effects of Salivation in Jaundice, arising from Calculi. Part. II. On the Free Use of Nitre in Hœmorrhage. Sudbury and London, 1799, in-8°. Edit. '2, with Additions. London, 1801, in-8'. — IH. Some Cases of Biliar y Obstruction from Calculis cured by Salivation. In Edinb. Annals of Medicine, t. I, p. 279, 1796. L. Hu.
GiBBOSiTÉ. Excurvation du rachis {voy. Rachis [Déviatons]). D.
GIBBS (Les).
Gibbs OU Guib ( Jean-Frédéric) . Né à Dumferling, dans le comté de Fife, en Ecosse, fut reçu maître es arts à l'Université de Saint-André. Peu après, il se rendit en Angleterre et de là sur le continent ; il fit des voyages nombreux et passa jusqu'en Syrie et en Egypte, étudia la médecine à Padoue, puis enseigna les humanités à Anduze, dans le Bas-Languedoc, la rhétorique à Nîmes, et se fit agréger, en 1651, au Collège des médecins de Valence. En 1665 il professa