GS8 GILLES DE CORBEIL
de plume, et sa surface supérieure est chargée de tubercules au niveau desquels se détachent ces rameaux aériens; plus bas naissent des racines adventives, allongées et plus ou moins ramifiées. La couche superficielle de cette souche est d'un gris rougeàtre, au-dessous de laquelle se trouve une couche blanche, épaisse, légèrement spongieuse, et dont la saveur est très-amère. Elle recouvre une portion centrale, ligneuse et blanchâtre, qu'on a nommée le meditullium. L'odeur de toutes ces parties est faible. C'est à l'ensemble de cette portion souterraine qu'on a donné, dès son importation en Europe, le nom de Faux Ipécacuanha de V Amérique du Nord. C'est, en effet, une souche vomitive et employée comme telle dans son pays natal. Mais son activité est moindre que celle de nos vrais Ipécacuanhas, et ses effets sont, dit-on, incertains. On l'emploie non-seulement comme émétique, mais encore comme hydragogue, désobstruante.
Le GUlenia slipulacea Nutt., autre espèce du même pays, qui diffère à peine de la précédente, n'en est peut-èlre qu'une forme ou une variété, et s'en dislingue par ses stipules larges, cordées-ovales, foliacées, découpées en dents de scie, a, dit-on, exactement les mêmes propriétés (Barton, Med. Bot., 71, t. VI),
H. Bn.
Bibliographie. — L., Spec, 702 [Spirœa). — Camb., in Aiui. se. iiat., sér. 1, I, 387 [Spirœa). — DC, Prodr., II, 546. — Nutt., Gen. amer., I, 507. — Spach, Suites à Buffoii, I, 447. — A. Gray, Man. of Bot., 114. — Benth. et Hook., F , Gen. j)l., \, 613, n" 22. — GuiB., Drocj. simpl. (éd. 7), III, 96, 511. — Bigel., Med, Bot., III, t. 41. — Lindl., FI. med., 229. — Pereira, Elem, Mal. Med. (éd. 41, II, p. II, 282. — Rose^th., Synops. plant, diaphor., ... — Torr. et Gr., FI. N.-Am., l, 412. — II. B.\., Hist. des pi., I, 388, 454, 470, fig-. 442. II, Bx.
GiiiLEi^lUS (Aunold). Né à Cassel, en 1586, fit ses études à Bâle, puis exerça la médecine dans sa ville natale. Le 4 janvier 1619, le duc de Mecklembourg le prit pour son médecin. Gillenius résida donc à Gûstrow qu'il quitta de nouveau vers 1625 pour revenir à Cassel, oii il mourut en 1635. On a de lui ;
I. De fchrc Ungarica. Hortus. Cassel, 1627. — II. Consilium medicuni bei grassirender Hauptschwachheit. Cassel, 1652. L. Us.
CiiLLES OE CORBEili. Ce médecin célèbre, et dont les livres rimes ont été longtemps classiques à la Faculté de médecine de Paris, était, en 1215, attaché à la personne de Philippe-Auguste. Nous n'avons de lui que des ouvrages de médecine, et ils sont tous en vers. A l'exemple de l'École de Salerne, qui, dans le douzième siècle, avait publié un petit traité d'hygiène, les médecins du siècle suivant se faisaient un devoir de donner cette forme poétique à leurs préceptes sur l'art de guérir. Leur intention était sans doute de les graver plus facilement dans la mémoire de leurs élèves. On a de Gilles de Coi'beil [Jigidius CorboUensis) :
i" Un traité très-remarquable De Pulslbus, en 580 vers hexamètres: 2° Un traité De Urinis, également en hexamètres, au nombre de 546, et qui commence par ces vers :
Dicitur urina quia fit in renibus una,
Aut quia quod tangit, mordet, dessiccat et urit.
Ces deux traités se trouvent dans plusieurs manuscrits de la Bibliothèque