GILLETTE
nationale, et notamment dans les manuscrits 6885, A; 6888; 8095 et 8160. Us ont été plusieurs fois imprimés; la première édition parut à Bûle, en 1494, in-4*', avec des commentaires de Genlilis de Fulgineo, à peu près contemporain de Gilles de Corbeil;
5" Un autre poème en quatre livres, qui contient 6000 vers, intitulé : De virtutibus et laudibus compositorum medicaminum. C'est le même (|ue l'on trouve quelquefois dans les manuscrits, sous le titre de Antidotes, ou De compoùtione medlcamentorum. Polycarpe Leyser l'a imprimé tout entier dans son histoire des poètes et poèmes du moyen âge (1731, iu-8"). Gilles de Corbeil y détaille tous les salutaires effets que produisent ou doivent produire les onguents, les baumes, antidotes, enfin tous ces remèdes connus de son temps, et cela en vers qui ne manquent ni de gravité ni d'harmonie, et rappellent souvent la manière de Claudien. H s'étend beaucoup sur la manière dont la médecine était pratiquée de son temps, du moins dans l'École de Salerne, et se plaint surtout de la trop grande jeunesse de la plupart des médecins qui y étaient reçus ;
4" Un poème intitulé : lerapigra ad purgandos prœlalos, et publié par Choulant. C'est une satire en neuf livres et en 5929 vers, composée contre les prélats du treizième siècle. Comme Tiiéodore avait fait une thérapeutique pour guérir les Gentils de leurs erreurs, le médecin de Philippe-Auguste entreprend la cure morale des prélats de son époque. Le titre était bien choisi, Idera signifiant une recette souveraine et vraiment divine, pigra désignant toute espèce de remèdes. D'où on peut traduire le titre de poème par : La médecine sacrée à Fusage des prélaU. Gilles de Corbeil y rappelle ainsi ses études et ses poèmes sur la médecine :
Ipsetamen solitus pliysicus celebrare Camenas Qui natuvales colui secrela sophic, ÎNaturai interpres, ignarus jui'is et e.xpers, MessiJjus extei'iiis presumo immittere falcem.
5° Un poème de 471 vers, portant ce titre : Signa et causœ febrium, découvert par Daremberg à la Bodléienne, et publié par lui dans ses notes et extraits des manuscrits médicaux des principales^^bibliothèques de l'Europe. Paris, 1855, in-B", p. 175 et suivantes. Â.-C
GIL.LETTE (Eugène-Mathieu). Né en 1800, mort le 15 octobre 1859, victime de la diplithérie, qu'il avait contractée, comme Yalleix, comme tant d'autres médecins, dans l'exercice de sa profession. Ce fut le jeune B;mdrillart, petit-fils de De Sacy, membre de l'Institut, qui fut la cause involontaire de la catastrophe : Gillette ramenait en voiture le collégien, le tenant appuyé sur sa poitrine, le réchauffant, en quelque sorte, de son haleine. Immédiatement après le courageux médecin, pris lui-même de l'affreuse angine, y succombe. Ce fut un grand deuil dans la famille médicale : Roger, Monneret, ont prononcé de touchants discours sur la tombe (voy. Union médicale; Moniteur des sciences; Journal des connaissances médicales, etc., (1859).
Gillette était fils d'un maître de pension de la rue de l'Arbalète, sans fortune; il était destiné à la carrière universitaire. Aussi entre-t-il à l'École normale (il avait dix-sept ans), où il se crée des relations affectueuses avec Lorain père, qni, plus tard, recteur de l'.^cadémie de Lyon, devint le beau-frère de son ami. Sorti de l'École normale en 1821, Gillette est envoyé à Colmar comme profes-
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