‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.44Chapitre 56 sur 67 · DE LA BOISSON. DES BAINS · texte numérisé non relu

DE LA BOISSON. DES BAINS

Bicarbonate de chaux 0,150 0,260

Sulfate de magnésie 0,303 0,180

— chaux 0,025 0,145

soude 0,020 0,030

Chlorures (races. traces.

Total des matièhes fixes. . . . 0,498 0,615

Gaz acide carbonique libre 0,OT5 0,045

Le petit établissement de Ginoles se compose d'une buvette, de cinq cabinets de bains et d'une salle de douches.

Mode d'admikistration et doses. L'eau de Ginoles s'emploie à l'intérieur surtout à la dose de trois à six verres par jour, pris de quart d'heure en quart d'heure le matin à jeun et quelquefois aux repas, et alors on la boit pure ou mêlée au vin. La durée des bains est d'une heure et celle des douches d'un quart d'heure.

Emploi thérapeutique. L"eau de la source de la Boisson est à la fois légèrement excitante, apéritive, diurétique, laxative et reconstituante. Toutes les fois qu'une maladie a nécessité un traitement débilitant, toutes les fois que l'organisme a besoin d'être remonté, comme dans l'anémie, la chlorose, et dans toutes leurs complications dynamiques et nerveuses, les eaux ferrugineuses et carboniques de Ginoles eu boisson, en bains et en douches, à la température native de la source des Bains, donnent des résultats heureux que leur composition élémentaire faisait d'ailleurs prévoir. L'eau de Ginoles en boisson a sur ses congénères l'avantage de s'opposer à la constipation au lieu de l'augmenter, ce qui en rend l'emploi si favorable chez les dyspeptiques et les gastralgiques, dont les garde-robes sont ordinairement difficiles. L'action diurétique de leau de la Boisson est mise à profit chez les graveleux et les calculeux, dont il importe de remonter les forces.

Durée de la cure, un mois.

On exporte peu l'eau de la source de la Boisson de Ginoles, qui n'est guère consommée que par les personnes voisines de celte station du département de l'Aude. A. Rotureau.

Gl\'ORA (L., Gen., n. 695). Genre de Lythrariacées-Lythrées, à fleurs 5-6 mères, analogues à celles des Nesœa, mais à sépales dépourvus de languettes accessoires, et à 12-24 étamines. Leur capsule est loculicide, 4- valves.

GINTRAC (Les deux). 705

Le G. syphilitica Moc. et Sess, n'est fias de ce genre; c'est un Nesœa {N. syphilitica H. B. K. (ex Rosenth., Syn. pi. diaphor., 9H). Son suc est diurétique, sudorifiijue, laxatif, et s'emploie au Mexique comme antisvphilitique {voy. H. Bn., Hist. despl.,yi, 429, 444). " H. B.\.

Gl\-SK!VG. Suivant Abel de Rémusat, le vrai nom de cette substance serait Jiin-chen (de jin, homme, et chen, ternaire), et signifierait que cette plante merveilleuse lait trois avec l'homme et le ciel. C'est une petite racine fusitorme, d'une odeur aromatique, et qu'on emploie en Chine et au .lapon contre une l'oule de maladies; elle passe pour fébiifuge. Cette racine est celle du l^anax Quinquefolium, qu'on trouve quelquefois mêlée dans nos pharmacies au Polygala et à la Serpentaire {voy. Panax). D.

CiliVTRAC (Les deux). Yoici deux médecins, le père et le fils, qui ont honoré la médecine provinciale, et qui n'ont pas peu contribué à jeter un grand relief sur l'école de Bordeaux.

Gintrae (Êlie). Il naquit à Bordeaux le 9 novembre 1791. 11 montra dès les débuts de ses études médicales une aptitude, une ardeur au travail qu'il devait conserver jusqu'à ses derniers jours. Après avoir remporté plusieurs prix à l'École de médecine de Bordeaux, il partit pour Paris, afin d'y achever l'étude delà médecine et d'y premlre le litre de docteur. La thèse qu'il soutint alors sur la cyanose ou maladie bleue fut des plus remarquables, et dix ans après son auteur se voyait comme forcé de la faire réimprimer. Couronné d.ms les concours de l'École pratique en 18H, 1812, 1813, lauréat pour le prix de clinique interne fondé par Corvisart, Gintrac put même défendre sa thèse aux frais de l'État. Ces brillants débuts le désignaient certainement à une place de professeur dans la capitule, mais il préféra revenir dans sa ville natale. Nommé professeur d'anatomie dès son arrivée, il professa cette branche de l'art médical, de 1813 à 1838. En 1834, il entre en qualité de médecin adjoint à l'hôpital des Enfants-Trouvés de Bordeaux, et conserve cette situation jusqu'en 1838. Il fut alors nommé médecin titulaire à l'hôpital Saint-André. La place de professeur de clinique interne étant devenue vacante, il fut désigné pour la remplir, et garda cette situation jusqu'en 1863. En 1843, il obtenait, au concours de l'Académie de médecine de Paris, le prix Givrieux [De l'hérédité dans la production de la surexcitation nerveuse, et des maladies qui en résultent). C'est après une série d'étapes aussi glorieusement parcourues qu'il fut nommé, en 1846, directeur de l'école de médecine de Boideaux. a Un étroit local, pas de bibUothèque, pas de musée, pas d'élèves, telle était, en quelques mots, la situation précaire dans laquelle se trouvait l'école de Bordeaux. Gintrac se donna corps et àme au relèvement de l'école de médecine de sa ville natale, et jusqu'à sa dernière heure elle a été pour lui l'objet de sa plus constante sollicitude. C'est grâce à ses efforts et à ceux de son fils, H. Gintrac, que l'école médicale de notre ville est devenue une des plus florissantes de France, a attiré l'attention du ministre de l'Instruction publique, et a pu être présentée par notre Conseil municipal pour devenir le siège d'une des futures facultés de province. Ces titres, le Conseil municipal de notre \ille ne les oubliera certainement pas ; quand la Faculté de médecine et de pharmacie sera érigée, le nom de Gintrac devra être placé de droit à l'une des rues environnant l'édifice, comme un témoignage de reconnaissance pour la sol-

mCT. ENC. i" s. VIII. i^

706 GINTRAG (Les beux).

licitude qu'il a apportée au développement des études médicales dans notre ville » (M. p. Vergely, 1875). Le mérite de Gintrac, qui s'était répandu au delà de son pays, avait attiré sur lui l'attention du gouvernement. 11 lut successivement nommé membre de la Légion d'honneur (1843), membre du Congrès médical de Paris (1845), membre de la Commission chargée de la réforme de l'enseignement de la médecine (1845, 1854, 1864), membredela Commission des hôpitaux civils de Bordeaux (1854), membre de l'Académie des sciences, belleslettres et arts de Bordeaux; associé national de l'Académie de médecine de Paris (1857), membre correspondant de l'Institut (1864), etc.

Élie Gintrac est mort à Bordeaux dans la nuit du 3 au 4 décembre 1877, âgé de quatre-vingt-six ans, laissant de nombreux travaux, parmi lesquels il faut surtout compter son Cours théorique et pratique de pathologie interne et de thérapie médicale, œuvre considérable, qui ne comprend pas moins de neuf forts volumes, et qu'un bénédictin ne renierait pas. « L'enseignement du professeur était clair, essentiellement clinique, c'était sur des faits soigneusement observés, longuement détaillés, et après examen au lit du malade, qu'il faisait à l'amphithéâtre une de ces cliniques si nettes, si savantes, qui fixaient avec précision l'attention des élèves sur quelque circonstance pathologique importante. Sa thérapeutique était restreinte et empreinte sans doute des enseignements qu'il avait reçus à l'époque oîi il fit ses études médicales, mais elle était rationnelle et débarrassée de cette polypharmacie qui oblige souvent le malade à guérir et de son mal et de la maladie du remède » (M. Yergcly).

I. Recherches analytiques sur diverses affections clans lesquelles la peau présente une coloration bleue, et en particulier sur celles que l'on a de'signées sous les noms de cyanose ou maladie bleue. Thèses de Paris, doctorat. 48 août 1814, in-4°, -102 pp.; réimprimé en 1824. Paris, in-8°. — II. Lettre à MM. les rédacteurs du Journal îuédical de la Gironde sur les remarques insérées à la page 189 du tome II de ce journal. Bordeaux, 1824, in-8°. — III. Mémoire sur le diagnostic des affections aiguës et chroniques des organes thoraciques. Louvain, 182G, in-S°. — IV. Mémoires et observations de médecine clinique et d'anatomie pathologique. Bordeaux, 1850, in-S", deux planches. — V. Observations sur les principales eaux sulfureuses des Pyrénées, faites dans le mois d'août 1841. Paris, 1841, in-8°. — VI. Fragments de médecine clinique et d'anatomie pathologique. Bordeaux, 1841, in-S", deux planches. — VII. Revue des maladies observées dans les salles de clinique interne de l'hôpital Saint-André, de Bordeaux, pendant l'année 1845. Bordeaux, ln-8°. — VIII. Clinique médicale de Bordeaux. Revue des maladies observées pendant le semestre d'hiver de l'année scolaire 1841-1842, in-8°. Ibid. pour lamiée 1845, in-8°. — IX. De l'influence de l'hérédité' sur la production de la surexcitation nerveuse, sur les maladies qui en résultent et des moyens de les guérir. Pari.s, 1845, in-4''. — X. Cours théorique et clinique de pathologie interne et de thérapie médicale. Paris, 1855-1872, 9 vol. in-8°. — XL Recherches sur l'oblitération de la veine porte, et sur les rapports de cette lésion avec le volwne du foie et la sécrétion de la bile. Bordeaux, 1856, in-S". — XII. Note sur un monstre exencéphalien (Pleurencéphale). Bordeaux, 1856, in-S". — XIII. De la méningite rhumatismale. Bordeaux, 1865, in-8°. — XW. Rapport sur les travaux de l'école de médecine et de pharmacie de Bordeaux pendant l'année scolaire 18t)6-1867. Bordeaux, 1867, in-8°. — XV. Quelques faits relatifs à la coïncidence dans les mêmes lieux, des fièvres intermittentes et de la phthisie pulmonaire. Bordeaux, in-8''. A. C.

Gintrac (J.-M. IIenri). Fils du prédéccnt, successivement docteur en médecine de la Faculté de Paris (1845), prosecteur, aide de clinique à l'École préparatoire de Bordeaux, élève de l'École pratique, doyen de la Faculté de médecine de Bordeaux. Né dans cette dernière ville vers l'année 1820, il suivit les traditions paternelles et obtint une grande notoriété dans sa ville natale; médecin d'un jugement sûr et éclairé, professeur justement apprécié des élèves, il a tenu haut le drapeau de la dignité professionnelle. Il a été emporté par une

GIOANETTI. 707

hémoiTÎiagie cérébrale, le l"-- décembre 1878, après avoir eu le bonheur de voir la réalisation du rêve de toute sa vie : l'École de médecine de Bordeaux transformée en Faculté, à la tète de laquelle l'appela la contiance publique. Mais il ne put assister à l'inauguration de cette Faculté, et sa mort fut un véritable deuil public : à ses obsèques assistèrent le préfet, le général de division, le maire, les administrateurs des bospices, les professeurs et agrégés de la Faculté de médecine, des facultés de droit, des sciences, des lettres, en robe. Les étudiants en médecine et en pharmacie ont voulu rendre à leur doyen un dernier hommage, en faisant placer sur son cercueil une couronne portant ces mots : A notre doyen. Le défunt enlevé ainsi à l'âge de cinquante-huit ans à son enseignement, à sa pratique et à l'affection des élèves, a laissé les ouvrages suivants :

I. Esmi sur les tumeurs solides intra-thorariques. Tlièses de Paris, doctorat, 20 janvier 1845, in-4°, 07 pap;es. — II. Études sw les effets thérapeutiques du tartre stibié à haute ■dose. Lordeaux, 1851, in-8° ; Paris, 1856, in-8°. — HI. P,elalion de l'épidémie cholérique qui a régné dans l'arrondissement de Bordeaux pendant l'année 1854. Bordeaux, 1855, in-8°. — IV. Études cliniques sur les injections iodées dans le traitement de Vascite. Bordeaux, 1855, in-8°. — V. Épidémie de variole arrêtée dans sa marche par des vaccinations et des rcvaccinatioiis générales. Bordeaux, 1857, in-8°. — VI. Tétanos traumatique traite avec succès par le curare. Bordeaux, 1859, in-8°. — VII. Compte rendu des services médicaux et chirurgicaux de l'hôpital Saint-André , pendant Vannée 1859. Bordeaux, 18G0, in-8°. — VIII. Recherches sur les dimensions de la poitrine dans leurs rapports avec la tuberculisation pulmonaire. Cordeaux, 1862, in-8''. — IX. De la pellagre dans le département de la Gironde. Bordeaux, 18(>2, in-S»; Paris, 1804, ïn-i". — X. Rapport général sur les travaux du conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Gironde, depuis /e 16 juin 1859 jusqu'au 10 juin 1801. Bordeaux, 1804, in-8°. —

XI. Recueil d'observations et de mémoires de d'inique médicale. Bordeaux, 1865, in-8°. —

XII. Physiologie pathologique du rhumatisme. Coi-dcaux, 1865, in-S». — XIII. Observation de pht/usie syphilitique. Bordeaux, 1807, in-8°. — XIV. Observation d'abcès du rein gauche ouvert dans le côlon. Bordeaux, 1867, in-8°. — XV. Des indications de la thoracentèse. Bordeaux, 1868, iu-8°. — XVI. Chlorose chez un homme, traitée avec succès par le fer et ies demi-bains sulfureux. Bordeaux, in-8° (s. d.). A. C.

GIOAXETTI (Vittorio-Amedeo). Célèbre médecin et chimiste italien, né à Turin le 31 octobre 1729, lit ses études dans sa ville natale sous des maîtres éminents, Beccaria, Adami, Somis, Donati, etc., et fut reçu docteur en 1751. En mars 1757, il fut nommé agrégé au Collège de médecine et en devint le doyen par la suite.

Gioanetti était un chimiste de grand talent. Le roi Victor Amédée III résolut de créer pour lui, en 1776, une chaire de chimie, mais ce projet fut vivement combattu par un personnage puissant, incapable d'apprécier l'importance d'une science qu'il qualifiait de vaine, de présomptueuse dans son but et de périlleuse à cause des opérations qu'elle nécessite.

Quelques années après, en 1780, après bien des vicissitudes, Gioanetti obtint la direction de la fabrique de porcelaine établie dans le château de Vinovo, mais, malgré l'excellence des produits qui en sortirent et les peines que se donna notre savant chimiste, presque toute sa fortune y passa dans l'espace de vingt ans.

Pendant de longues années, Gioanetti remplit à titre provisoire et gratuit les fonctions de proto-médecin, et peu d'années avant sa mort cet homme si dévoué à l'humanité accepta encore les fonctions de médecin des manufactures royales dirigées par le comte Ferri, intendant général des gabelles, et situées dans une localité très-malsaine, près de Turin, sur les bords de la Dora Riparia. Le roi lui alloua, en récompense de ses services, la médiocre pension de 600 livres.

708 GIOBERT.

Gioanetti mourut le 50 novembre 1815, à un âge fort avancé. Il était membre de l'Académie des sciences de Turin.

Nous ne ({uittei'ons pas ce modeste savant sans dire un mot de ses découvertes en chimie; aussi bien a-t-il mérité, en son temps, les éloges des Maccjuer, des Bergmann, des Lavoisier, des Guyton de Morveau, des Fourcroy, des Dandolo, des Uavy, etc.

C'est lui qui fit le premier l'analyse du sel ammoniac, qui le premier, d'après Renzi, reconnut à l'acide carbonique, alors appelé air fixe, la propriété d'acidifier les corps; il détermina la composilion de plusieurs sels peu étudiés auparavant, donna bien avant les chimistes français, disent ses biographes, le moyen d'extraire du sucre des tiges du maïs, fit une élude approfondie du tartre stibié, des sels minéraux et de leurs propriétés thérapeutiques, fit l'analyse des eaux minérales de Saint- Vincent et de Conrmayeur, etc. En un mot, Gioanetti fut nonseulement un médecin distingué, mais encore un chimiste fort savant et même passionné.

La biographie de Gioannctti a été écrite par le comte Ghiliossi di Lemic fTorino, 1818), par Gia Caréna {Mém. de iAcad. des se. de Turin, t. XXllI, 1818) et par Bonino {Biogr. medica IHemontese, t. II, p. 340. Torino, 1825).

Nous citerons de lui :

I. De luce et coloribus. De visu. De sale ammoniaco . De myopia et presbijopia. De strabisme. Taurini, 1757. — II. Analyse des eaux de Saint-Vincent et de Coimnayeur dans le duché d'Aoste, avec un appendice sur les eaux de la Saxe, de Pré Saint-Didier et de Fontane-More, contenant plusieurs jirocédés chimiques nouveaux utiles pour l'analyse des eaux minérales en (jénéral et pour celle des sels. Turin, 1770, in-8°. — III. ISote d'une ])artie des travaux faits par le docteur Gioanetti pour l'avantage du public et de l'État et des récompenses qu'il en a reçus. ILuiuscrit écrit en français et portant la date de Turin, le i" août 1807, avec la signature A^ictor Ahé Gioa.netti, doyen du Collège de médecine et membre de V Académie des sciences de Turin. L. Hn.

GIOBERT (Ciovanni-Antomo). Chimiste italien, né le 28 octobre 1761, dans le village de Mongardino, près d'Asti, mort le 4 septembre 1854 à Millefiori, près de Turin, il fut successivement professeur d'économie rurale à Turin en 1800, professeur de chimie et de minéralogie en 1802. En 1785 il devint membre de l'Académie des sciences de Turin et fut nommé par la suite directeur de la classe de physique et de mathématiques. Enfin, en 1790, il fut élu secrétaire perpétuel de la Société d'agriculture. En 1798, Giobert lut membre du gouvernement provisoire du Piémont. Pour plus de détails, voy. la Biogr. Didot.

Les importants travaux de Giobert sur la chimie et sur divers sujets relatifs à l'hygiène publique nous ont fait un devoir de le mentionner ici. C'est lui qui le premier, en Italie, combattit la vieille théorie du phlogistique et répandit les idées de Lavoisier. Nous nous bornerons à citer de lui :

I. Des eaux sulfureuses et thermales de Vaudier, avec des observations physiques, économiques et chimiques sur la vallée de Gesse, etc. Turin, 1795, in-8°. — II. Des eaux tliermales et acidulés de VÉchaillon en Maurienne. Turin, 1822, in-8°. — III. Expériences chimiques sur différents corps marins fossiles avec des recherches sur les acides phosphoriques et prussique et l'alcali phlogistique. In Mém. de l'Acad. des se. de Turin, t. IX, 1790^ — IV. Procédé pour tirer de l'urine le phosphore de Kunkel. In Annal, de chimie, t. XII, p. 15, 1792. — V. Analyse des calculs intestinaux des chevaux et notice que Rossi a fait connaître quelques erreurs de Haller sur le passage du fluide qui remplit la vésicule du fiel. Ibid., p. 69. — VI. Examen chimique delà doctrine du phlogistique. In Mém. de l'Acad. des se. de Turin, t. X, 1791. — VII. Ilech. sur l'action que le fluide galvanique exerce sur différents fluides aériformes. Ibid., 1804-1805. — VIII. Traité sur le pastel et sur l'extraction de l'indigo. Paris, 1813 (imprimé au.x frais du gouvernement français). L. Hn.

CilOLET. Nom appliqué parfois au concombre d'àne, Ecballium Elaterium. Pi,.

GIOKCii ((iHSEPPE de). Médecin italien de mérite, llorissait à Imola au commencement du siècle actuel. Il était professeur de chirurgie et cavalière, et mourut vers 1857. 11 mérite d'être cite pour quelques ouvrages assez intéressants :

\. LcUera al Doit. Vacca sopra due opcrazioni dipielra. Imola, 1822, in-S». — H. Menioria sopra un niiovo slromento per operarc le catlaratle e per formare la pupilla arlijiciale. Imola, 18"i2, in-8°. — III. Haf/ffuaf/lio su/la pieparazione, jn-oprietà, virlh, prescrizione, uso niediro e dose di diversi nuovi medicameiUi cliimico-farmaccHlici. Torino, 1822. — l\.^SiiUomi febbrili dopo grave emorragia. In Annali iiniv. di mediclna. t. XXXHl, [j. '212, 1825. — V. Esostosi délia parele del seno mascellare sinistre. Ibid., t. XLI, p. 16, 1827. — VI. Opération heureuse d'une rcctnccle ancienne. In Antologia medica, Maizo 1854, et Schmidt's Jahrbûcher der Medicin, Bd. IV, p. oil, 1854. L. Un.

(lilORRO Y PORTILLO (Mateo). Chirurgien espagnol du dix-huitième siècle, examinateur du protomédicat royal à Madrid, est connu par deux ouvrages sur le cancer, contre lequel il préconisait les caustiques.

I. Impugnacion d los triuefos partidos entre cl cdncro obstinado y el cirujano advertido del D' D. liernardo Lopez de Araujo, par el licenciado D. Mateo Giorro y Portillo. Madrid, 1758, in-4° (ouvrage de polémique). — II. Discurso sobre el cdncro y su curacion, con varias observaciones tc'orico-prdclicas sobre varios tumores. Madrid, 1738. L. Un.

GIRAFE. Plusieurs naturalistes sont disposés à établir parmi les Ruminants {voy. ce mot) une petite famille appelée famille des Girafidés pour les Girafes, que Linné plaçait seulement dans un genre de ses Pecora sous le nom de Camelopardalis. Il est certain en effet qu'en dépit de certaines affinités. les Girafes diffèrent, soit des Cerfs, soit des Antilopes, aussi bien par la. singularité de leurs formes et le dessin de leur pelage que pir la structure de leurs cornes. Ces appendices, toujours peu développés chez les Girafes, s'insèrent entre les oreilles et un peu en avant et sont revêtus à tous les âges et en toutes saisons d'une peau velue identique à celle qui recouvre le reste de la tète. Leur axe est fourni par une épiphyse osseuse appliquée sur le frontal et répond, par conséquent, au pédoncule du bois des Cerfs, c'est-à-dtre à cette partie qui est située immédiatement au-dessous de la meule et qui, lors de la chute annuelle du bois, reste adhérente au crâne. En outre, en avant de ces deux cornes on en distingue d'ordinaire une troisième, particulièrement chez les vjeux mâles. Cette corne impaire est constituée plutôt par une apophyse en forme d'cxostose que par une épiphyse, et reste encore plus courte que les deux autres, mais porte également des poils en brosse. Les oreilles sont en cornet très-évasé et rejetées en arrière, le chanfrein est faiblement busqué, mais très-allongé, et les lèvres sont très-mobiles et ."issez semblables à celles des Chameaux et des Lamas. Elles s'entr'ouvrent fréquemment pour laisser sortir une langue très-développée et de couleur noiiâtre que la Girafe peut ramener jusque sin^ ses narines et qui constitue un véritable instrument de préhension. Considérée dans son ensemble, la tête parait fort petite relativement au corps ; elle est portée sur un cou démesurément allongé et garni en dessus d'une petite crinière s'étendant depuis la nuque jusqu'au garrot. Celui-ci est singulièrement élevé et très-proéminent par suite de la forte saillie des apophyses épineuses, et la croupe est située à un niveau sensiblement inférieur; en d'autres termes, la ligne dorsale est fortement déclive

en arrière et la pente semble d'autant plus abrupte que le corps est ramassé, les membres antérieurs et postérieurs étant plus rapprocbés que chez la plupart des Ruminants. Les jambes sont fines et élancées, surtout celles de devant, et les pieds se terminent par deux doigts seulement, sans qu'il y ait même de traces des ergots représentant le troisième et le quatrième doigt. Les Girafes sont donc des Bisulques dans le sens le plus strict. La queue, assez grêle et de longueur médiocre, finit par une touffe de ciins noirs. Dans le reste de son étendue elle est brune et garnie de poils ras et très-fins. La tête est d'un blanc nuancé de grisâtre et passant au brun sur le front; le ventre et la foce interne des membres sont d'un blanc presque pur, et les extrémités d'un fauve pâle, mais le reste du corps, c'est-à-dire le cou, les épaules, les cuisses et le dos, olfrent un dessin qu'on n'observe chez aucun autre Ruminont de l'époque actuelle. En effet, sur un fond d'un blanc légèrement lavé de gris jaunâtre s'enlèvent de nombreuses taches d'un brun fauve qui affectent pour la plupart une J'orme rhomboïdale et dont le contour est nettement délimité. Ce sont ces taches, rappelant de tiès-loin celles qui marquent la robe de certains Félins, qui ont valu à la Girafe le nom de Chameau-Léopard, ou Camefopardalis. Elles existent déjà chez les très-jeunes individus, mais sont un peu moins distinctes que chez les adultes.

En examinant le squelette de l'animal on reconnaît que le museau se prolonge au devant des molaires en un long prisme triangulaire, que la région frontale est très-large et très-haute, qu'elle se relève sur la ligne médiane en une sorte de pyramide résultant de l'épaississement et du développement en hauteur des frontaux et des extrémités des os du nez, et qu'elle se termine en arrière par deux éminences osseuses. Derrière celles-ci le crâne se rétrécit et s'incline en arrière, limité de chaque côté par des crêtes temporales qui ne se rapprochent pas. Les condyles occipitaux se font remarquer par leur étendue verticale et, d'après M. R. Owen, c'est grâce à cette disposition que la Girafe peut lever la tète avec facilité, la mettre dans le prolongement du cou ou même la lejeler un peu en arrière. 11 n'y a point du tout de canines, et il n'existe d'incisives qu'à la mâchoire inférieure ; ces dents sont au nombre de huit ; quant aux molaires, on en compte six de chaque côté, à chaque mâchoire.

La colonne vertébrale se compose de 50 vertèbres, dont 7 cervicales, 14 dorsales, 5 lombaires, 4 sacrées et 20 coccygiennes. Les vertèbres dorsales manquent de foramen à la base des lames qui concourent à former leur arc supérieur; elles vont en diminuant graduellement de volume de la première à la neuvième, puis s'élargissent par le développement progressif de leurs apophyses transverses. Elles sont munies, les premières surtout, d'apophyses épineuses extrêmement développées, inclinées en arrière, et renflées à l'extrémité, afin de fournir de plus nombreux points d'attache au ligament cervical.

Suivant MM. Joly et Lavocat le sternum se compose de 7 os spongieux, unis entre eux par du cartilage, et les côtes sont au nombre de 44 paires, tandis qu'il y en a J 5 paires seulement chez la plupart de nos Ruminants domestiques.

Comme tous les Ruminants la Girafe manque de clavicules et son épaule n'est constituée que par l'omoplate. L'humérus est court, fortement tordu sur luimême; au contraire les os de l'avant-bras acquièrent une plus grande longueur que chez tous les autres mammifères et présentent d'ailleurs une disposition singulière. « En effet, disent MM. Joly et Lavocat, au lieu d'être soudé au radius dans presque toute sa longueur, le cubitus de la Girafe est parfaitement distinct de l'os du rayon à son extrémité supérieure, et cela sur une longueur de trois déci-

mètres environ. La portion moyenne, réduite à une simple lame osseuse, se soude avec le radius, dont elle ne se distingue plus que par un double et léger, sillon latéral. Arrivé à un décimètre de la tète du radius, le cubitus reparaît sous la forme d'un petit os grêle et conique; enfin il se soude de nouveau avec 1 os du rayon et se termine par une apophyse saillante, munie d'une surface articulaire qui glisse sur la concavité de l'os pyramidal. Quelquefois le cubitus se continue sans interruption d'une extrémité à l'autre. »

Le carpe est formé de six os, disposés sur deux rangs, et les métacarpiens rudimentaires ou métacarpiens latéraux des autres Ruminants ont disparu, comme chez le Chameau : il ne subsiste plus que le métacarpien principal, sur lequel une gouttière peu sensible, une petite fente, et une écbancrure séparant les deux parties articulaires de l'extrémité inférieure, sont les seuls vestiges de la séparation primitive du canon en deux os accolés l'un à l'autre.

Le bassm de la Girafe ressemble un peu à celui du Bœuf, mais, comme le fait observer M. Owen, le fémur se distingue de celui de tous les autres mammifères par le volimie considérable de sa tète inférieure ; le tibia n'offre rien de particulier et le péroné n'est pas même représenté par un stylet. Le tarse est composé d'un plus petit nombre d'os que chez les Ruminants ordinaires et le métatarse est plus grêle et plus long que le métacarpe, dont il diffère d'ailleurs par la forme (|uadrangulaire de sa diaphyse.

M. Owen a reconnu que la bouche de la Girafe est hérissée à l'intérieur de très-nombreuses papilles, et que la langue est revêtue d'un épithélium très-épais présentant de petites épines dirigées en arrière. Mais il n'a pu découvrir, dans l'intérieur de ce dernier organe, le réservoir vasculaire dont sir Everard Home avait admis l'existence pour expliquer la rapidité avec laquelle la langue de la Girafe peut être dardée hors de la bouche. MM. Joly et Lavocat n'ont pas été plus heureux, mais, en revanche, comme l'illustre anatomiste anglais, ils ont reconnu que la disposition des styloglosses et du lingual inférieur était parfaitement suffisante pour transformer la langue en un organe de préhension. L'œsophage est très-long, et l'estomac, (|ui ressemble beaucoup à celui des Ruminants domestiques, présente quatre divisions principales. L'intestin grêle n'a qu'un faible diamètre, mais décrit des circonvolutions extrêmement nombreuses; le côlon, presque sans bosselures, fait également plusieurs tours, de telle sorte que cette portion du tube digestif dépasse en longueur l'intestin de tous les Ruminants. En y ajoutant la longueur de l'œsophage et de l'estomac, MM. Joly et Lavocat ont obtenu pour la totalité du tube digestif le chiffre' véritablement énorme de 65 mètres.

Le foie est petit, comme chez la plupart des mammifères herbivores, et verse quelquefois directement ses produits dans le duodénum par un large canal hépatique ; en effet, quoique la Girafe soit un Ruminant à cornes pleines, elle n'est pas toujours pourvue d'un réservoir biliaire. La rate est mince et ovale et les reins ne sont pas lobés comme ceux du bœuf.

Il n'y a rien à signaler dans la disposition de l'appareil respiratoire, si ce n'est la brièveté du larynx et l'état rudimentaire des ventricules et des cordes vocales. Le système circulatoire ne présente non plus aucune particularité bien digne d'intérêt, et l'appareil génital, soit mâle, soit femelle, est construit à peu près sur le même type que chez les autres Ruminants. Toutefois les cornes utérines de la femelle se font remarquer par leur longueur et leur trajet sinueux, et renferment intérieurement quatre rangées de papilles dont l'examen seul avait

conduit M. U. Owen à prédire q\ie le foetus de la Girafe devait se développer au moyen d'un placenta polycolylédonaire, ce que des observations subséquentes ont pleinement véiiflé.

11 est aujourd'bui certain qu'il n'y a dans le genre Girafe qu'une seule espèce, Camelopardalis giraffa, qui habite l'Afrique centrale et méridionale, du il" degré de latitude nord au 24*^ degré de latitude sud, ou, eu d'autres termes, depuis le Grand Disert jusqu'au fleuve Orange, mai? qui n'est pas également répandu sur toute cette vaste étendue de pays. On ne rencontre pas en effet de Girafes dans les régions montagneuses du Congo et de la Sénégambie, tandis qu'on en trouve des troupeaux dans les plaines sablonneuses de l'Afrique centrale et dan;5 les steppes du Kordofan. Al état sauvage ces animaux se nourrissent principalement des branches, des bourgeons et des feuilles de Mimosées, et ce n'est qu'accidentellement qu'ils cherchent leur nourriture sur le sol. Ceci leur est du reste assez dilïicile, en raison de la longueur de leurs jambes antérieures, qu'ils sont obligés d'écarter fortement en tendant le cou quand ils veulent boire ou cueillir une touffe d'herbe.

liCS Girafes sont d'ailleurs d'une grande sobriété et, comme les Chameaux, supportent facilement la soif et la privation de sommeil. Pour dormir elles s'étendent sur le côté, avec les jambes antérieures plus ou moins fléchies et la tête reposant sur les cuisses. Leur démarche est lente et mesurée et leur galop paraît lourd et disgracieux; néanmoins leurs bonds ont une telle souplesse que c'est à peine si un cheval arabe peut les suivre à la course. Généralement -elles marclunt l'amble, c'est-à-dire avancent en même temps les deux pieds d'un même côté, et quand elles accélèrent leur allure elles font osciller leur long cou, comme un mât de vaisseau battu parla tempête.

L'accouplement dans cette espèce a lieu au mois de mars ou d'avril, et la gestation dure, au moins chez les individus vivant en captivité, plus de quatorze mois. La femelle ne met bas qu'un seul petit pour lequel elle ne montre pas grande sollicitude, et qui, quelques heures après sa naissance, est déjà en état de courir auprès de sa mère.

On a prétendu que la Girafe était un animal complètement aphone, mais il paraît que dans certaines circonstances elle fait entendre un peut bêlement plaintif. D'un naturel très-doux, elle vit en bonne harmonie avec ses semblables, et même à l'époque du rut les mâles dans cette espèce ne se livrent point de combats sérieux. Quand un danger la menace, la Girafe cherche son salut dans la fuite, mais quand elle est' serrée de piès elle se défend par de vigoureux coups de pied.

La chasse d'un animal doné de moyens de locomotion aussi rapides présente de très-grandes dillicultés, et la capture d'une Girafe vivante exige une patience à tonte épreuve. 11 faut rester des semaines ou des mois dans le désert, avoir toute une caravane de chameaux, de chevaux et de vaches, et se faiie conduire par des guides indigènes. Les jeunes Girafes une fois prises sont nourries avec du lait de vache, et conduites à petites journées, en compagnie de leurs nourrices, jusqu'au port d'embarquement. Ceci nous explique le prix extrêmement élevé qu'atteint une Girafe vivante rendue en Europe.

Ptolémée Philadelphe le premier traîna une Girafe à sa suite dans sa pompe triomphale, puis, en 45 avant J.-C, le dictateur Jules César montra un de ces animaux aux Romains émerveillés, et à partir de cette époque des Girjfes parurent de temps en temps dans les jeux du Cirque. Mais jusqu'au commencement de

GIRÂLDES. 713

ce siècle on n'avait certainement pas vu en France plus de deux ou trois de ces étranges Ruminants, qui figurent maintenant dans nos jardins zoologiques. Ainsi on comprend l'enthousiasme qu'excita l'arrivée à Paris de la Girafe donnée au roi Charles X par Isninil Pacha.

La Girafe est figurée sur divers monuments égyptiens et se trouve prohablement mentionnée dans le Deulcronome sous le nom de Zemer. Elle a été également décrite par une foule d'auteurs et chantée par plusieurs poêles de l'antiquité grecque et latine, dont il serait trop long de rappeler ici les noms. Pour plus de détails à ce sujet nous renverrons nos lecteurs à l'excellent mémoire publié il y a une quarantaine d'années par iMM. Joly et Lavocat, et nous rapppellerons seulement en terminant que divers ossements fossiles découverts soit dans l'Inde, soit même en France, ont été rapportés par Geoffroy Saint-Hilaire et par Duvernoy au genre Camelopardalls. E. Oustalet.

Bibliographie. — Buffon. Histoire naturelle, 17C5, t. X[II, p. \, et snppl., t. III, p. 320, pi. 44, el t. VII, p. 345, pi. ^\ el 82. — Carteret. A Leltcr on a Camelopardalis found about the Cape of Good Ilope. In PInl. Traits, for 1770. — Levaillaxt. Premier voyage dans l'inlérieur de V Afrique par le cap de Bonnc-Espcrance Paris, (an Yl). t. II, p. 5^7, 597 et 399; ibid., 1791, t. Il, p. '28Ô, 284 et 285. — Du même. Deuxième voyogc. Paris (an XI), t. II, p. 189, 221, 236 et 241 ; ibid., 1-97, p. 191 (fig. de la tète). — G. Cuvier. Règne animal, 1" édit., 1817, t. I, p. 258, et édit. Masson, pi. 89. —F. Cuvikr. Dict. des se. uat., 1820, article (iiRAFE. — Is. Geoffroy-S.mnt-Hilaire. Dicl. clans, d'hisl nat., 1823, arlicle Girafe. — E. Geoffroy-Saint-Hilaiiu;. Quelques consHérations aur la Girafe. In Ann. des se. nat., 1827, t. XI, p. 210 — Mongez. Mémoire sur les animaux promenés ou tués dans les cirques. In Mém. de l'Acad. des Inscr., t. X, p. 412, et in Ann. des se. nat., 1827, t. XI, p. 225. — F. Cuvier et E. GEOFFBOY-SAi.\T-IliLAinB. Hi.st. nat. des Mammifères, 61" livr., t. VIT. — R. OvvEN Notes on the Anatomy of the ISuhian Giraffe. In Trans. Zool. Soc, t. II, p. 217, Pt pi. 40 et suiv. — Du même. On the Birfh of the Giraffe at the Zool. Soc. gardens. In Trans. Zool. Soc, t. III, p. 21, et pi. 1 el 2. — N. Joly et A. Lavocat. Notes sur l'anatomie de la Girafe. In Compt. rend, de TAcad. des se, 1844, l" semestre, p. 265. — Des mêmes. Note sur les cornes de ta Girafe. Ibid., p. 495. — Des mêmes. Notice sur l'histoire, les mœurs et l'organisation de la Girafe. Toulouse, 1844. — Des mêmes. Recherches sur la Girafe. Strasbourfr, 1844, in-4°, avec pi. — P. Gervais. Article Girafe, in Dict. universel d'hist. nat. de d'Orbigny, 1844. — Du même. Histoire naturelle des Mammifères, 1854, t. II, p 210. — Brehm. Vie des animaux, trad. Z. Gerbe, Mammifères, t. II, p. 522. — H. Falconer etCAUTLEY. Description du Sivatherium gîganteum (Camelopardalis priniigenius E. G. St. -H.), genre de Ruminants fossiles. In Ann. des se. nat., 185tJ, 2= sér , I. Y, p. 548. — £. Geoffroy Saixt-Hilairk. Sur le genre SivatUerium. In Compt. rend, de l'Acad. des se., 1857, 1" semestre, p. 53. — Divernoy. Sur une mâchoire de Girafe fossile trouvée à Issoudun. In Compt. -rend, de l'Acad. des se, 1845, et Ana. des se. nat., 1844, 5° sér., t. 1, p. 36, pi. 2. E. 0.

CiiRALDÈS (Ca.rdozo-G.\zado-Joachim-Albin). Successivement prosecteur d'analomie dans les hôpitaux, chirurgien interne, agrégé à Paris, membre de l'Académie de médecine, chirurgien en chef de la Compagnie du chemin de fer du Nord, l'un des fondateurs de la Société de biologie, vice-président de la Société de chirurgie, officier de la Légion d'honneur, etc., Giraldès, qu'une mort inattendue a enlevé à ses travaux et à son enseignement, a laissé des souvenirs qui sont, en quelque sorte, vivants encore aujourd'hui. Fils d'un ancien consul de Portugal à Gênes, il naquit en 1808, dans la péninsule Ibérique, et vint de bonne heure à Paris pour y étudier Tanatomie. Toutes ses aptitudes le portaient à l'étude de l'anatomie comparée, et, s'il n'eût écouté que son goût bien décidé et si la science ne laissait pas ordinairement dans la pénurie ceux qui la cultivent d'une manière exclusive, Giraldès eût compté un jour parmi les hommes illustres de la France. Aussi résolut-il de recourir aux ressources qui permettent de vivre, et les clicrcha-t-il dans In médecine pratique. Iieru doclenr

Î14 GIRALDÈS.

en médecine à Paiis, le 25 décembre 1856, il aborda les concours et y fut heureux, comme on vient de le voir. Nommé à quarante ans chirurgien de l'hôpital des Enfants, ceux qui l'ont vu au lit du malade peuvent témoigner de sa profonde érudition, de son esprit remarquable de critique, et des succès de sa pratique; ceux qui l'ont entendu dans le sein des Sociétés savantes dont il faisait partie diront l'enthousiasme qu'il montrait pour son art, en même temps qu'une certaine ûpreté qu'il mettait à réduire les prétentions de beaucoup de confrères à des découvertes qui leur étaient antéiieures. Petit de taille, un malheur vint le frapper pendant une nécropsie : en faisant la traction d'un larynx induré, une branche des ciseaux se brisa et pénétra dans l'œil qui en fut détruit. L'autre œil, forcé de suppléer, perdit de sa puissance. Malgré ces incidents fâcheux, Giraldès s'opiniâtra dans l'exercice de la chirurgie, qui fut par conséquent borné. Il supporta avec noblesse, avec dignité, le défaut de fortune qui devait être la conséquence de son infirmité. Jamais il ne se plaignit, jamais il ne voulut accepter des fonctions insuffisamment rétribuées. Cet homnip, honorable entre tous^ est mort le 2G novembre 1875; il est mort, frappé comhie d'un coup de foudre, par une apoplexie pulmonaire. C'était le soir, dans la salle même de lecture de la bibliothèque de la Faculté de médecine : Giraldès y était venu pour passer quelques iieures au milieu des livres qu'il avait toujours aimés ; il se sent gravement indisposé ; il prie notre confrère, M. Ilahn, alors de service à la bibliothèque, de le reconduire chez lui rue des Beaux-Arts. On prend une voiture, on arrive... Giraldès n'était plus qu'un cadavre. Il était âgé de soixantesept ans. Yoici la liste, disons-le tout de suite, incomplète, des ouvrages, mémoires, ou communications, qu'il a laissés ; n'oublions pas de rappeler qu'il a attaché son nom à une des parties constituantes du testicule [coiys innominé de Giraldès).

I. Etudes anatomiques, ou reclwrches sur l'organisation de l'œil considéré chez V homme et dans quelques animaux. Thèses de l'aris-, doctorat, 2ô déc. 183H, in-i", 83 jip.. sept planches. — II. Mémoire sur la terminaison des bronches. In Bull, de la Soc. d'anat., 14' année, "1850, p. 10. — III. Rapport à la Société d'anatomic sur les injections du professeur Hyrtl. Ibid., 15<^ année, 1840, p. 14'2. — IV. Recherches sur l'existence des glandes iégunzentaires chargées de sécréter la sueur. In Compt. rend, de l'Acad. d. se, année 1811, t. XIII, p. 584. — Y. Des luxations de la mâchoire. Thèse pour l'agrégation. Paris, 1844, in-4°, 49 pp., une planche. — VI. Du traitement des anévrysmcs ])oplilés par la compression. In Joiirn. de chirurgie de Malgaigne, 1845, p. 607. — VII. Recheidies sur la disposition croisée des fibres de la rétine chez les céphalopodes, et en particulier chez la sepia officinalis. In Bull, de la Soc. philomathique. Journal l'Institut, 1845, t. XIII. — VIII. Du degré d'utililc de l'anatom'ie comparée dans l'étude de l'anatomie humaine, 'thèse pour le pro- Icssorat. Paris, 1846, in-4°, 56 pp. — IX. Recherches sur la disposition des capillaires lymphatiques. In Journ. l'Institut, t. XV, o. 9, 1847. — X.* Quelques considérations sur l'anatomie chirurgicale de la région mammaire. In Mém. de la Soc. de chir., t. II, 1851, p. 198. — XI. Des maladies du sinus maxillaire . Thèse pour le professorat. Paris, 1851, 10-4°, 54 pp. — XII. Observation de fracture extra-capsulaire du col de l'humérus. In Mém. de la Soc. de bioL, 1853, p. 285. — XIII. Recherches sur les kystes muqueux du sinus max'illaire. Paris. 1853, in-4° ; 1860, in-4°. — XIV. Expériences sur les injections de perchlorurc de fer dans les artères (en collaboration avec M. Goubaux). Paris, 1854, in-S". — XV. Sur les abcès de la mamelle. In Moniteur des hôp., 1854. — XVI. Observation et description d'un anévrysme artério-veineux de l'artère carotide interne et de la veine jugulaire interne. In Bull, de la Soc. de chir., 1" série, t. V, 1855, p. 70. — XVII. Note sur un nouvel organe glanduleux, situé dans le cordon spermatique, et pouvant donner naissance à des kystes. In Mém. de la Soc. de biol., 3° série, t. 1, 1859, p. 123. — XVIII. Observation et description anatomo-pathologique des kystes congénitaux du cou. In Bull, de la Soc. de chir., \" série, t. X, 1860, p. 221. — XIX. Observation de kyste congénital du cou. In Gaz. des hôp., 1800, p. 15. — XX. Recherches cliniques sur l'amylène. In Bull, de l'Acad. de méd., t. XXII. — XXI. Note sur les kystes congénitaux des organes de la génération. In

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Mém. (le la Soc. de biol, ô« série, t. II, 1860, p, 150. — XXII. Observation d'une inclusion fœtale de la région fessière chez une fille de deux ans. In Bidl. de la Soc. de chir., 2" sér., t. II, 1861, p. 120. — XXIII. Observation et description analomo-pathologique d'une tumeur kystique congrnilale de la région coccyijieune. Ibid., 2= série, t. II, 1862, p. 169, 258. — XXIV. Des calculs urinaires chez les enfants. In Gaz. des hôp., 1862, p. 465. — XXV. De la position de l'S iliaque chez les enfants nouveau-nés. In Bull, de la Soc. de chir., 1" série, t. III, 186o, p. 156. — XXVI. Notice sur la vie et les travaux de Sir Benjamin C. Brodie. Pans, 1865, in-8°. — XXVII. De la fève du Calabar. Paris, 1863, in-S». — XXVIII. lieclierches anatomique.s sur le corps mnominé. Paris, 1861, in-8°, cinq planches. — XXIX. Sur un cas de cataracte double chez une jeune file de quinze ans. Paris, 18(i5, in-8°. — XXX. Quelques mots sur la médecine opératoire du bec- de-lièvre, et en particulier sur un nouveau procédé, dit procédé de la mortaise. Paris, 1865, in-8». — XXXI. Des tumeurs dermoides du crâne. In Mém. de la Soc. de biol., 4« série, t. III, 1866, p. 77. — XXXIl. Absence de dents chez un enfant âgé de seize mois. Ibid., 3<^ série, t. II, 1869, p. 9. — XXXIIl. Leçons cliniques sur les maladies chirurgicales des enfants. Recueillies et publiées par MM. Bouvneville et E. Bourgeois. Paris, 1869, in-8°. A. G.

GIRARD (Les).

Girard (Barthélemy). Né à Saint-Chely, département de la Lozère, vers la iin de l'année 1731, reru docteur à Caen en 1704, fut médecin consultant ordinaire du roi, intendant des eaux minérales de Bagnols et de Saint-Laurent, et depuis, professeur d'histoire naturelle à l'École centrale de la Lozère, membre correspondant de la Société royale des sciences de Montpellier et de la Société royale de médecine de Paris.

Girard a écrit sur la littérature, les sciences naturelles, les mathématiques, la pohtique, etc. ; nous nous bornerons à mentionner ses ouvrages de médecine.

I. De vero medicince fundamento, observatione, eaque rectius instituenda. Parisiis, 1763, in-S". — II. Lupiohgie ou traité des tumeurs connues sous le nom de loupes, avec des détails sur les effets et la manière d'agir des caustiques, des recherches sur le ganglion, le goitre, tes tumeurs enkystées des paupières, la ranule, l'Iiydropisie de la moelle épinière, et des réflexions sur les moyens de j^erfectionner l'art de guérir. Londres et Paris, 1775, in-12. — ni. Lettre sur l'établissement et les succès de l'inoculation dans le diocèse de Mende, avec quelques réflexions sur l'inoculation du roi. In Journ. de méd. chir. et pharni., t. "XLll, p 5-26, 1774. — IV. Autres publications dans Journal de Trévoux, Journ. de Verdun, Journ. de Buchoz, Annuaire républicain de Lalande, etc., etc. L. Un.

Girard (Gaspard). Autre médecin français, né à Lyon le o octobre 1754, mort le 28 janvier 1830. Nous ne savons presque rien de sa carrière. II exerça la médecine avec distinction dans sa ville natale et fut membre de la Société de médecine de Lyon et nommé son président en 1821.

Girard s'est particulièrement occupé de la rage ; il rejette toute absorption du virus rabique dans une personne mordue par un animal enragé et affirme que la maladie, comparable au tétanos traumatique, n'est due qu'à l'effet d'une sorte d'irradiation nerveuse causée par l'inflammation de la blessure. Cette hypothèse est depuis longtemps abandonnée. Signalons encore de Girard un mémoire assez curieux sur la ligature du cordon ombilical, qui parut lorsque l'impératrice Marie- Louise était sur le point d'accoucher, et où il prétend démontrer qu'il y a danger à lier le cordon ombilical avant que les artères ombilicales aient cessé de battre, que par ce procédé on fait refluer le sang dans l'abdomen et le foie, d'où résultent diverses maladies, entre autres la jaunisse.

I. Essai sur le tétanos rabien ou recherches et réfutations sur les accidents qui sont quelquefois la suite des morsures faites par les animaux dits enragés, suivi de quelques notions sur les moyens de prévenir et de guérir cette maladie. Lyon, 1809, in-8°. — II. Réflexions sur la non-existence du virus rabique ou observations adressées à M. le doct. EHenne Plaindoux relatives à son observation sur la rage, etc. Lyon 1827, in-8°. —

716 GIRARD (Les).

III. Observations relatives à la ligature du cordon ombilical présentées à S. E. le minisire de l'intérieur et approuvées par la Faculté de médecine de Paris. Lyon, 1812, in-8°. —

IV. Mémoires et observations de médecine et de chirurgie pratiques. Lyon, 1829, in-8'\ —

V. Fausse grossesse nerveuse, lu Journ. de rnéd. de Leroux, t. I, p. 471, an iX (1801). —

VI. Observation sur une fracture à la jambe, causée par la seule contraction des muscles. In Journ. gén. de méd. de Sédillot, t. XXIH, p. 'i(jl, an XIII (1805). — VII. Mém. sur la hernie ombilicale des enfants. Ibid., t. XLI, p. 275. — VIII. Obs. sur l'utilité des acides administrés dans quelques maladies. Ibid., t. XLIV. p. 41. — IX. Obs. pliysiot. et prat. sur les accouchements. Ibid., t. XLVIII. — X. Obs. sur des accidents, suites de couches. fbid., t. LIV, p. 239. — XI. Aperçu sur les causes et le traitement des affections nerveuses chez les blessés. Ibid., t. LXIII et LXIV. — XII. Obs. sur quelques maladies des voies urinaires. \n Annal, de la Soc. de méd. de Montpellier, t. V, p. 50. — XIII. Autres articles dans les mêmes recueils. L. Un.

(•iirard (Jean). L'une des gloires de la médecine vétérinaire française, naquit au village de Fohët, en Auvergne, le 19 mai 1770. 11 était le fils d'un cultivateur aisé, qui le mit au Collège de Clermont-Ferrand, où il fit toutes ses études. Il en sortit à l'âge de vingt ans pour entrer, comme élève boursier, à l'P^cole d'Alfort, le l--' octobre 1790.

Pendant le cours de ses études vétérinaires, Giriird lut distingué par le savant Chabcrt, alors directeur de l'École, et par Flandrin, qui se l'attacba en le Taisant nommer répétiteur et prosecteur du cours qu'il était chargé de professer. Tout le monde connaît les travaux remarquables de Flandrin sur l'absorption des veines, sur les vaisseaux lymphati(|ues, sur la rage, sur la structure de l'œil, etc. (lirard eut le bonheur d'être associé par ce professeur à tous ses travaux, et celte circonstance contribua à développer en lui ce goût prédominant pour les études anatomiques qui devaient lui assigner plus tard un rang si distingué parmi les meilleurs anatomistes.

Girard avait terminé ses études médicales en 1793; à cette époque la chaire d'anatomie et de physiologie étant devenue vacante par la retraite anticipée du Flandrin, il fut chargé de l'occuper. Deux ans après il fut nommé professeur titulaire delà chaire dont il venait de remplir les fonctions, comme suppléant, avec autant d'abnégation que de savoir ; cette nomination eut lieu par un arrêté du comité d'agriculture et des arts en date du !27 prairial an 111 (15 juin 1795).

Girard comprit bien que pour faire honneur à la mission qui lui était confiée et donner à son enseignement la base la plus scientifique possible il devait chercher encore à étendre ses connaissances médicales. Aussi, lorsqu'en 1796 l'École de médecine de Paris fut réorganisée d'après les plans de Yicq d'Azyr et de Fourcroy, Girard s'empressa-t-il d'y suivre les cours des plus savants professeurs, et particulièrement celui de Chaussier, le célèbre anatomiste. Pendant cinq ans, il consacra tous ses loisirs à de nombreuses rechercbes d'anatomie et de physiologie et dès l'an 1800 il publia des Tableaux comparatifs de l'aimtomie des animaux domestiques. Avant lui l'anatomie n'avait pas encore été enseignée, soit dans les ouvrages, soit dans les écoles vétérinaires, d'une manière comparative. Les ouvrages de Ruini, de Garsault, de Lafosse, de Bourgelat, etc. ne traitaient que de l'anatomie du cheval ; Vitet, Daubenton, Camper, s'étaient occupi's de la structure du bœuf, du mouton, du porc et du chien ; mais l'anatomie comparée des principaux animaux domestiques restait à faire ; il était réservé à Girard de remplir cette tâche difficile. En même temps il avait introduit dans ses ouvrages et ses leçons la nomenclature rationnelle de Chaussier, nomenclature qui ne fut guère suivie dans la médecine humaine, mais que Girard imposa pendant quarante ans à la médecine vétérinaire. Ce ne fut qu'en 1807

GIRARD (Les). 717

que Girard fit paraître la première édition de son Anatomie des animaux domestiques, son ouvrage le plus considérable, le fruit de douze années de travail.

Mais Girard ne se concentra pas exclusivement dans les éludes anatomiques ; une première fois, en 1797, le professeur des hôpitaux, Barruel, ayant renoncé à ses fonctions, il fut chargé de les remplir pendant un an; en ISIO les mêmes obligations lui furent imposées par le dé^jart du titulaire des hôpitaux, Fromage de Feugré. En 1812, après la mort de Verrier, il reprit encore la direction du service de clinique tout en conservant sa chaire d'anatomie, La même année, il fut associé à Cluibert comme directeur adjoint de l'école d'Alfort, et il lui succéda en qualité de directeur titulaire en 1814. En 181G, il reprit la chaire d'anatomie qu'il avait abandonnée pendant quelque temps en faveur de Barthélémy l'aîné. En 1820, il devint membre titulaire de l'Académie royale de médecine; il était depuis 1810 membre de la Société royale et centrale d'agriculture, et son associé ordinaire depuis 1818.

La renommée de (Jirard était arrivée jusqu'au roi Charles X, qui le nomma en 1829 chevalier de l'ordre royal de Saint-Michel, ordre composé exclusivement de cent membres choisis parmi les notabilités scientifiques les plus marquantes du royaume.

En 1831, après les événements de juillet, les élèves de l'Ecole ayant méconnu l'autorité du directeur et cet acte d'insubordination étant resté impuni par l'administration supérieure, Girard donna sa démission et vint habiter Paris; Alfort ne le revit que lorsqu'il venait y siéger dans les jurys d'examen. Lorsqu'en 1844 la Société nationale et centrale de médecine vétérinaire fut fondée à Paris, il consentit à accepter le titre de président honoraire perpétuel. Tant que ses inlirmités ne l'en empêchèrent pas, Girard assista exactement aux séances de l'Académie de médecine et de la Société centrale d'agriculture.

Girard mourut à Paris le 5 avril 1852. Il était membre d'un grand nombre de sociétés savantes françaises et étrangères. Le gouvernement l'avait, à diverses reprises, chargé de missions relatives au service des remontes de la cavalerie ou à l'inspection des chevaux atteints épidémiquement de morve, etc.

Outre ses travaux en anatomie, nous devons mentionner encore ses excellentes recherches sur les épizooties et surtout sur l'inoculation de la clavelée, pratique qui a rendu tant de services à l'élève des troupeaux, sans compter une foule de mémoires sur divers sujets de médecine vétérinaire. Nous nous bornerons à citer de lui :

I. Tableau comparatif de Vanatomie des animaux domestiques les plus essentiels à l'agriculture, etc. Paris, an VU (1799), in-<S°. — If. Anatomie des animaux domestiques. Paris, 1807, "2 vol. in-8°; 2'= édit. sous le titre: Traité d'anatomie vétérinaire ou histoire abrégée de l' anatomie et de la physiologie des principaux animaux domestiques. Paiis, 1819-1820, 2 vol. in-S"; 5° édit., Paris, 1850, 2 vol. in-8°; 4° édit., Paris, 1841, 2 vol. iii-8°. Cet ouvrage a été traduit en allemand, en italien et en arabe. — III. Observ. relative à un foie de vache d'un volume considérable et rempli d'hydatides. In Bull, de la Fac. de méd. de Paris, 1808, p. 45. — IV. Discours prononcé le 12 juin 1812 dans le cimetière de la paroisse de Maisons- Al fort au moment de l'inhumation de Verrier, etc. Paris, 1812, in-S» (Extr. des Annal, agric. franc.). — V. Traité du pied considéré dans tes animaux domestiques, contenant son anatomie, ses difformités, ses maladies, etc. Paris, 1815, in-8^; 2" édit., Paris, 1828, in-S»; 5° édit., Paris, I8ô6, in-8°. — YI. Mémoire sur l'inoculation du claveau. Paris, 1816, in-8°; 2= édit. sous le titre : Mémoire sur le claveau et sur les avantages de son inoculation. Paris, 1818, in-8°. licdigé d'après la demande du gouvernement pour être distribué dans les déparlements. — VII. Notice sur l'épizootie qui règne sur le gros bétail. Paris, 1816, in-8% et in Annal, agr. fr., 1"= série, t. LXVHI, p. 281. 1817. — VIII. Observât, sur le traitement du iavart cartilagineux. Paris, 1825, in-8° (Extr. de la

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Biblioth. médicale, 1825). — IX. Mémoire sur les calculs vésicaux et sur les opérations de la taille dans le cheval. Paris, 1823, in-8°, pi. — X. Obucrv. de coliques calculeuses sur deux chevaux, par Boulry, avec des remarques particulières par Girard. In Nouv. bibl. médicale, 1824. — XI. Notice sur la maladie qui règne épidémiquement sur les chevaux. Paris, 1825, in-S" (Extr. du hec. de méd. vétérin., 1" série, t. II, p. 137, 1825) : 2' et 5» éd., ibifl., 1825, in-8">. — XII. Traité des hernies inguinales dans le cheval et autres monodactyles. Paris, 1827, in-4°. — XIII. Noie sur l'expulsion des calculs intestinaux par le moyen des évacuants chez le cheval. In Bec. de méd. vétérin., l'" série, t. V, p. 625, 1828. —

XIV. Réflexions sur l'opérât, latérale de la lithotomie. Ibid., 1" série, t. VI, p. 260, 1829. —

XV. Notice sur quelques maladies peu connues des bêtes à laine. Paris, 1829, in-8» (Extr. du Bec. de méd. vétéiin.). — XVI. Corps métalliques trouvés dans la substance du cœur et des poutnons. In Bec. de méd. vétérin., \'° série, t. VU, p. 521, 1850. — XYII. Considérations physiologiques sur la locomotion. Paris, s. d., in-8°. Réimpr. dans la i' édit. du Tr. d'anat. vétérin., 1841. — XVIII. Quelq. réflex. sur les maladies des bêtes bovines. In Bec. de méd. vétérin., 2° série, t. II, p. 65, 1835. — XIX. Inocidation du vii'us-vaccin aux moulons. In Bull, de l'Acad. de méd., t. I, p. 264, 1857. — XX. Notice sur le vomissement dans les principaux quadrupèdes domestiques. Paris, 1840, in-8°. Réimpr. à la suite de la 4= édit du Tr. d'anat. vétérin., 1841. — XXI. Un grand nombre de Bapports dans le Bec. de méd vétérin., les Annales, Bulletins. Mémoires de la Société d'agriculture, etc. — Voy. sur Girard un Éloge par Boviley (Paris, 1854, in-S"), et une Notice A«s/oregî<e par Delafond, insérée dans les Mém. de la Soc. d'agric, 1855, 1" partie, p. 203. L. Hn.

«iirard (François-Narcisse). Filsduprécédent, naquit àParisle 29 mars 1796. Dès son enfance, son père ne négligea rien pour lui procurer une éducation solide. Il fit ses premières études aux collèges d'Orléans et de Versailles, puis en mars 1812 enlra à l'École d'Alfort. En novembre 1814, il obtint le diplôme de maréchal-vétérinaire et en mai 1816 celui de médecin-vétérinaire. Il vint ensuite étudier la médecine à la Faculté de Paris et il était sur le point de subir ses premiers examens de doctorat, lorsqu'on 1818 le ministre de la guerre le nomma inspecteur-vétérinaire et l'attacha en cette qualité au dépôt général des remontes à Caen.

En 1819, il obtint la permission de revenir à Paris pour y continuer ses études et se fit recevoir externe deshôpitau^î ; pendant un an il suivit la clinique de Dupuytren, et il se préparait à concourir pour l'internat, lorsque la chaire d'anatomie et de physiologie devint vacante à l'école vétérinaire d'Alfort. Après un concours brillant, pour lequel il mérita tous les éloges de Chaussier et de Béclard, il y fut nommé le 6 juin 1821. Il introduisit dans l'enseignement vétérinaire un élément nouveau, l'étude de l'anatomie des tissus, et vulgarisa les découvertes de Bichat.

En 1 824, le jeune professeur fut élu membre de l'Académie de médecine et en 1824 il fut chargé de la rédaction du Journal de viédecine vétérinaire, qui depuis un an était annexé à la Nouvelle bibliothèque médicale. Il y publia un srand nombre de mémoires intéressants.

Il n'avait pas abandonné son projet de se faire recevoir médecin ; il avait subi plusieurs examens et se préparait à soutenir sa thèse, quand il devint victime de son zèle et de son amour pour la science. En l'absence du médecin, il accepta de soigner un élève de l'école d'Alfort qui mourut presque subitement, à son grand étonneraent, et il en fit l'autopsie pour reconnaître la cause d'une mort qui lui paraissait inexplicable. Il se fit une piqûre à la main et succomba quelques joiu's après, le 22 octobre 1825, à une infection putride.

Il se proposait de publier un Traité élémentaire d'anatomie générale et un Traité de physiologie vétérinaire et avait déjà amassé des matériaux pour ces deux ouvrages qui, d'après Quérard, existeraient même à l'état de manuscrit. La mort l'empêcha de mettre son projet à exécution et détruisit en même temps les plus belles espérances d'un glorieux avenir. « Girard, dit Bouley, était du

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