‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 22 sur 97 · GLORIOSA · texte numérisé non relu

GLORIOSA

globules du colostrum y voy. Leucocyte. — Globule du cristallin, voy. Cristallin.

— Globule cijtoïde, voy. Leucocyte. — Globule fibrineux du sang, yo^. Leucocyte.

— Globule granuleux de V exsudation ou de V inflammation, voy. Ledcocyte. — Globules ganglionnaires, voy. Nerf et Nerveux. — Globule de l humeur de Morgagni, voy. Cristalm.n. — Globule d'inflammation ou d'exsudation, voy. Leuco CYTE. — Globules du lait, voy. Lait. — Globule lymphatique, voy. Leucocyte. — Globules de Morgagni, voy. Cristallin. — Globules du mucus et globules du pus et pyoïdes, voy. Leucocyte. — Globule organique, voy. Cellule. — Globules polaires, voy. Fécondation, p. 375. — Globules du sang, voy. Hématie et Sang.

— Globules du ferment ou de la levure, voy. Levure et Saccharomycètes, p. 28.

Ch. Robin.

GLOBlxii\E. Voy. Globules et Sang.

GLODEXSTEDE (Hermoldus). Mëdecin allemand, né à Salwedel vers 1380, fit ses études à Leipzig et fut choisi à plusieurs reprises pour être le rector magnificus de l'Université de cette ville. II y créa en 1431 la Faculté de médecine et mourut en 1458, remplissant les fonctions de doyen et de professeur de thérapeutique.

Ses ouvrages, qui passaient en leur temps pour très-remarquables, n'ont pas été imprimés; on cite entre autres un Pratica niedicinalis, un Regimen sanilatis etun Lecturœ super Avicennam. L. Hk.

CiLO.TiÉRiDËis. Famille d'Articulés de la classe des Diplopodes dont le nom vient de ce qu'ils se roulent en boule. Leur corps est oblong, convexe en dessus, concave en dessous et composé de douze segments, non compris la tète {voy. Diplopodes). D.

CLORIADE. Boisson hygiénique préparée avec eau 1 litre, café torréfié et moulu 10 grammes, rhum 50 grammes.

GLOBIAXES (Eao MINÉRALE de). Atliermule, bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique moyenne. Dans le département des Pyrénées-Orientales, dans l'arrondissement de Prades, dans le canton et à 8 kilomètres de Yinça, près du Tet, émerge une source connue dans le pays sous le nom de Fon roubillouse (fontaine rouillée). Cette eau laisse déposer sur les parois intérieures de son bassin une couche assez épaisse de rouille, elle est ensuite claii'e, limpide et transparente, incolore et inodore, traversée par quelques bulles gazeuses d'un assez gros volume qui s'attachent en perles nacrées à l'intérieur des vases dans lesquels on la reçoit; sa température est de 12^^,6 centigrades et sa densité de 1,0055. Anglada en a fait l'analyse qualitative; il a trouvé que cette eau minérale n'a pas de qualités sensiblement différentes des autres sources de la contrée et qu'elle est assez peu gazeuse. Aussi emploie-t-on l'eau de Fon roubillouse comme boisson habituelle et les voisins s'en servent pour tous leurs usages domestiques. A. Rotureau.

CiLORloiSA.. Genre de plantes Monocotylédones appartenant à la famille des Liliacées et dont les seules espèces intéressantes sont passées dans le genre ilethonica {voy. Méthodique). Pl.

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GLOSSIIVE. VOIJ. HlRUDINÉES.

GLOSSITE. Voy. Langue.

GLOSSO-ÉPIGLOTTIQI'ES (MuSCLEs). VoiJ. LaNGUE, p. 557.

GLOSSOPDAGES. Les Glossophages {GIossophagaGeoii.,deyAM(T'y(x, langue, et yârw, je mange), petites Chauves-Souris américaines de la famille des Pliyllostomisés {voy. les mois Chauves-Souris, Chéiroptères et Phtllostomes), doivent leur nom à la disposition particulière de leur langue qui est grêle, protraclile, munie à l'extrémité de papilles filiformes et qui constitue un instrument de succion très-perfectionné. Par la forme de leur museau et de leur feuille nasale et par la disposition de leurs dents, ces Chauves-Souris ressemblent du reste beaucoup aux Phyllostomes {voy. ce mot).

La Glossophage soricine {Vespertilio soricinus Pall. , Glossophaga soricina Geoff.), type du genre, n'a pas plus de 6 centimètres de long ou 25 centimètres d'envergure. Son pelage, d'un brun foncé, va en s'éclaircissant sur la poitrine et sur le ventre et s'étend à peine sur les membranes alvines et sur la membrane interfémorale. Celle-ci est assez développée et dépasse sensiblement l'extrémité de la queue. L'aire géographique occupée par la Glossophage soricine est fort étendue et comprend le Mexique, le Guatemala, les Antilles, la Guyane, la Colombie, le Brésil, la Bolivie, le Pérou, en un mot, toute l'Amérique tropicale.

E. Oustalet.

Biblioghaphie. — Pallas. Mise, zool., 17C6, part. 48, pi. IV, et Spicileg. zooL, 1707, ill, p. 24. — E. Geoffroy Saint- Hilaire. Mém. du Mus., 1818, IV, pp. 411 et 418, pi. XVIII. — TscHCDi. Fam. Pcr., 1844, p. 09. — BuRMEisTEn. Thier. Brasil., 1854, p. 52. — Dobson. Catal. Chiropt., 1878, p. 499. E. 0.

GLOSSO-PHARY^'GIEN' (MoSCLE). Voy. LaNGUE.

GLO§>so-PHARi'\GlE]\ (iVerf), L AnatomJe. Le nerf glosso-pharyugieu ou neuvième paire, première portion de la huitième paire de ^Villis, prend son origine dans la partie supérieure du bulbe et vient se terminer, en grande partie du moins, au pharynx et à la langue.

Noyaux d'origine réelle. Le glosso-pliaryngien, le pneumo-gastrique et le spinal constituent un ensemble naturel de nerfs que l'on désigne sous le nom de système intermédiaire ou système mixte. C'est un groupe formé en partie de nerfs de sensibilité et en partie de nerfs de motilité. Deiters avait appliqué cette donnée d'une façon artificielle à l'étude de la cinquième paire et de la septième paire, ou bien encore à celle de la douzième paire, hypoglosse et racine ascendante de la cinquième paire. Le type qui caractérise essentiellement le mode d'origine de ces derniers nerfs est exprimé d'une façon parfaite par la disposition présentée par les nerfs qui naissent de l'axe gris de la moelle épinière. Au contraire, le système intermédiaire des nerfs mixtes commence avec l'origine du glosso-pharyngien et, se terminant avec la formation des dernières racines du spinal bulbaire, présente une disposition tout à fait spéciale.

Par suite de cette liaison intime qui réunit ces trois nerfs en un même système, nous devons faire précéder la détermination des noyaux du glosso-pharvnwien d'une description commune de tous les amas de substance grise qui appartiennent au système intermédiaire des nerfs mixtes et qui leur donnent naissance.

DICT. EHC. 4' s. IX. 18

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Immédiatement au-dessous des barbes de la plume, sur le plancher du quatrième ventricule, la substance grise forme à ce niveau et jusque vers le bec du calamus scriptorius deux saillies qui doivent fixer notre attention. Elles nous serviront de points de repère pour déterminer la situation exacte des centres nerveux que nous voulons étudier.

l" Une (le ces saillies est interne. Elle est placée un peu de côté, et est formée par le noyau interne de l'auditif et par la moitié interne du pédoncule cérébelleux. Cette éminence diminue graduellement de volume au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'extrémité supérieure du ventricule. Elle finit par disparaître à ce niveau par suite de la disparition du noyau auditif, tandis que les fibres qui dépendaient de la partie interne du pédoncule cérébelleux se recourbent en dedans et forment des fibres arquées.

2*^ Veminentia tares, saillie ainsi désignée par Clarke et située à la partie interne du noyau de l'auditif dont nous venons de parler ; elle est placée dans le voisinage immédiat de la ligne médiane du plancher du quatrième ventricule.

Les deux eminentia teres ne sont séparées que par un sillon descendant qui n'est autre que la tige de la plume. L'amas de substance grise qui la constitue sépare le noyau de l'hypoglosse de l'épendyme ventriculaire. U eminentia teres est formée par l'accumulation de cellules nerveuses qui ont 20 à 50 pi de longueur et 6 à y u. d'épaisseur. Tous ces éléments cellulaires sont traversés et accompagnés de faisceaux de fibres nerveuses. A sa partie interne elle est renforcée par une formation cellulaire située au contact immédiat de la ligne médiane et du raphé médian. Cet amas de substance grise constitue le noyau médian de V eminentia teres.

Immédiatement au-dessous des bar])es de la plume, V eminentia teres et le noyau médian présentent un grand développement transversal ; mais, au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'angle inférieur du ventricule, cette saillie diminue de largeur, s'effile rapidement et se termine en pointe.

5" Entre Veminentia teres placée en dedans et le noyau auditif interne situé eu dehors, on trouve une masse de substance grise qui se prolonge en avant des deux formations entre lesquelles elle s'insinue. Elle provient de la substance grise du plancher du ventricule qui a pénétré d'arrière en avant entre Veminentia teres et le noyau auditif interne et s'est étalée en avant de ces deux noyaux. A la partie supérieure de la moelle allongée, cette accumulation de substance nerveuse renferme les deux noyaux d'origine du glosso-pharyngien décrits par Clarke et constitués par des cellules nerveuses allongées de 45 p. de largeur et de 15 u d'épaisseur en moyenne. Ces deux novaux très-voisins l"un de l'autre sont : l'un externe et placé à l'extrémité antérieure du prolongement de substance grise qui le renferme ; l'autre est interne et placé à 1 millimètre en dedans du précédent.

Plus bas cette substance grise, qui a pénétré dans l'intérieur du bulbe entre l'eminentia teres et le noyau interne de l'auditif, forme de la même manière le noyau postérieur commun au pneumogastrique et au spinal ; et, dans cette région de la moelle allongée, l'amas gris qui donne naissance successivement à ces deux nerfs est également divisé en noyau externe et en noyau interne.

Ces amas de substance nerveuse réunis aux deux noyaux d'origine du glosso-pharyngien forment une masse nettement limitée, continue dans toute l'étendue du bulbe. Elle constitue ce que l'on désigne sous le nom de colonne postérieure cV origine du système latéral mixte. Lorsqu'on étudie sa disposition

GLOSSO-PHARYNGIEN (NERF). 275

sur toute l'étendue du bulbe et à la partie supérieure de la moelle, on voit qu'elle se modifie successivement pour former la base de la corne postérieure de l'axe gris de la moelle.

4° A quelque distance en avant de cette colonne postérieure d'origine du système latéral mixte, on trouve un autre amas de substance grise, qui donne également naissance au système latéral mixte. Cette accumulation de cellules nerveuses forme une sorte de colonne longitudinale située à environ 5 millimètres en avant de la substance grise provenant du plancher du ventricule. Elle est entourée par des faisceaux longitudinaux que forment les libres nerveuses de la moitié postérieure du bulbe. Celte musse grise est constituée par la réunion de cellules nerveuses multipolaires qui ont 60 p de longueur en moyenne et de 21 « d'épaisseur. Elle est traversée par les fibres arquées qui, provenant du faisceau postérieur du bulbe, se sont recourbées en dedans pour gagner le rapbé médian.

Dans toute l'étendue de la moelle allongée que nous étudions, ce noyau antérieur du système latéral remplace le processus latéral de la corne grise antérieure de la moelle épinière. C'est de cette colonne grise en haut, et du processus latéral qui la remplace plus bas, que parlent les fibres d'origine du spinal.

Telles sont la disposition, la forme, et tels sont les rapports que présentent les deux colonnes de substance grise d'où naissent les fibres du glosso-pharyngien. C'est dans les parties supérieures de ces deux colonnes que sont situés les noyaux d'origine du glosso-pharyngien. Us sont au nombre de trois : deux sont situés en arrière et dépendent de la colonne postérieure ; le dernier ou l'antérieur est placé plus en avant et dépend de la colonne antérieure dont il forme l'extréniilé supérieure. Des deux noyaux postérieurs de Clarke, l'externe occupe la partie la plus antérieure du prolongement que la substance grise du plancher du quatrième ventricule a envoyé entre le noyau interne de l'auditif et Veminentia teres ; le second est plus interne que le premier, situé à 1 millimètre environ en dedans, et est en partie recouvert par la face profonde de Veminentia teres. Ces deux noyaux sont formés de cellules allongées fusifornies dont les caractères de forme et les dimensions sont en rapport avec les fonctions de sensibilité que Clarke leur attribue. Dans un travail récent Mathias Duval adme que ces deux noyaux n'en font qu'un seul, bien qu'il le décrive comme formé de deux masses distinctes. Le noyau antérieur qui occupe l'extrémité supérieure de la colonne antérieure est formé de cellules multipolaires plus volumineuses de beaucoup que celles qui constituent les deux noyaux postérieurs. 11 communique manifestement, d'après Meynert, avec les deux autres noyaux par des fibres récurrentes, que cet anatomiste compare, pour leur trajet et l'apparence qu'elles revêtent, au genou du facial.

Elles se réunissent aux fibres qui proviennent des deux noyaux postérieurs au niveau de celui qui est externe. C'est en ce point que se fait la réflexion de ces fibres et qu'existe le genou dont nous avons parlé.

Rapports des noyaux avec les pédoncules cérébraux. Ces rapports sont les mêmes pour le glosso-pharyngien, le pneumogastrique et le spinal. Nous sommes obligé de les étudier ensemble dans toute l'étendue du bulbe. Ils se font par différents faisceaux de fibres nerveuses :

1° Par l'intermédiaire de fibres droites appartenant au raphé médian et qui se recourbent en dehors à travers le noyau médian et l'eminentia teres dont ce noyau est la dépendance. Ces fibres arrivent, après avoir suivi ce trajet, vers l'extrémité

276 GLOSSO-PIIARYNGIEN (NERF).

centrale au point de départ de la racine principale des nerfs glosso-pharyngien et pneumogastrique. Deiters avait déjà mentionné ces fibres et fait remarquer qu'elles bordent en arrière le noyau de l'hypoglosse sans se confondre avec lui ;

2° Au moven de fibres arquées qui partent du raphé médian, se recourbent en dehors et en arrière, d'abord transversalement, et traversent le noyau commun du pneumogastrique et du spinal.

A ces deux systèmes de fibres qui rattachent les nerfs du système intermédiaire aux pédoncules cérébraux Meynert en ajoute un certain nombre d'autres qui se confondent manifestement avec les racines d'origine de ces nerfs et qui lui paraissent cependant relier, dans une certaine mesure, les centres d'origine de ces nerfs avec les expansions pédonculaires. Ce sont les faisceaux suivants :

a. La racine ascendante commune au glosso-pharyngien, au pneumogastrique et au spinal, qui forme le faisceau solitaire décrit par Stillinget Lenhosseck. Dans la partie du bulbe qui forme le plancher du quatrième ventricule, ce faisceau est placé en dedans et au-dessous du pédoncule cérébelleux, et plus bas tout à fait dans le voisinage du bord interne du cordon postérieur. Les fibres qui le composent proviennent de la décussalion des pyramides antérieures qui, à leur émergence du raphé, donnent naissance à des fibres arquées situées à la partie moyenne du bulbe. Ce sont ces fibres arquées qui, en se recourbant, forment ainsi ce faisceau solitaire. Les fibres arquées qui lui donnent naissance et le renforcent lui arrivent par sa partie inférieure et interne. A partir du point où il envoie des fibres dans le pneumogastrique il cesse d'être renforcé par de nouvelles fibres arquées. Il est accompagné sur ses bords de nombreuses petites cellules nerveuses qui forment une couche traversée par les fibres que ce faisceau envoie aux racines d'origine du pneumogastrique et du spinal.

Plus haut, il se recourbe à son extrémité supérieure et passe en totalité dans le nerf glosso-pharyngien dont il forme la racine principale. Au niveau du point 011 il se rélléchit, on remarque une accumulation assez considérable des petites cellules nerveuses qui paraissent être placées sur ses bords. Cette masse de cellules siège dans l'intérieur de l'angle formé par le coude de réflexion ;

b. La racine moyenne du pneumogastrique particulière à ce nerf. Elle provient de certaines fibres di-oites du raplié et qui passent en arrière du noyau de l'hypoglosse pour rejoindre la racine principale du pneumogastrique ;

c. Les racines qui proviennent des amas de substance grise formant la colonne postérieure d'origine du système latéral mixte. Les faisceaux de fibres qui sortent de leurs noyaux respectifs se rendent au coté interne de la racine ascendante commune ou faisceau solitaire ;

d. Racine du pneumogastrique provenant de l'eminentia teres;

e. Fibres tirant leur origine du faisceau de substance gélatineuse qui forme, ainsi qu'on le sait, la racine ascendante de la cinquième paire. Les libres qui proviennent de cette origine se joignent au pneumogastrique et au glosso-pharyngien lorsque ces nerfs traversent la région occupée pas ce faisceau de substance gélatineuse;

/. Racines provenant de la colonne antérieure d'origine du système latéral mixte. Les faisceaux de fibres nerveuses qui les représentent se dirigent en arrière parallèlement à la racine principale, puis se recourbent brusquement et forment un genou que nous avons comparé à plusieurs égards à celui du facial. Nous laisserons de côté le trajet et l'origine de la racine inférieure du spinal et ses rapports avec es pyramides intérieures, elle reste en dehors du système mixte latéral.

GLOSSO-PHARYXGIEN (NERF). 277

En résumé, et d'après les descriptions générales que nous venons de faire, on voit que le glosso-pharyngien, dont nous devons nous occuper plus particulièrement, est formé des racines qui proviennent des noyaux par des fibres qui proviennent :

1° De la racine ascendante commune ou faisceau provenant des noyaux contenus dans la colonne postérieure d'origine du système latéral mixte ;

2° De fibres provenant du faisceau de substance gélatineuse au moment ou ce faisceau est traversé par le glosso-pharyngien ;

5" Des faisceaux provenant de la colonne antérieure d'origine du système latéral mixte et qui se recourbent en genou à une distance rapprochée du plancher du quatrième ventricule. Dans le travail de M. le D"' Mathias Duval dont nous avons déjà parlé, cet anatomiste confirme la presque totalité de la description que nous venons de donner; cependant, moins compliquée que la nôtre et ne s'appliquant qu'au nerf glosso-pharyngien isolé de ses congénères, elle admet quatre séries de fibres radiculaires : \° les fibres venues du noyau moteur; 2" les fibres venues du raphé ; 5" fibres venues du noyau sensitif ; i'^ fibres formées par la bandelette solitaire, faisceau solitaire des auteurs allemands. Quoi qu'il en soit de ces divergences peu importantes au fond, les filets radiculaires ainsi formés traversent la substance gélatineuse, se dirigent en dessus et un peu en avant, et arrivent à la surface du bulbe dont ils émergent, les uns après avoir traversé les fibres les plus antérieures de la moitié externe du corps restiforme, les autres en passant à travers les fibres postérieures du faisceau latéral. Il en résulte que le glosso-pharyngien paraît naître du sillon qui sépare le faisceau intermédiaire du bulbe, du pédoncule cérébelleux inférieur.

11 est formé à nouveau par un groupe de filets juxtaposés qui quelquefois se réunissent en un seul groupe et d'autres fois forment deux faisceaux indépendants jusqu'au niveau du trou déchiré postérieur.

Trajet et rapport. A la base de l'encéphale, le tronc du glosso-pharyngien se trouve placé entre l'auditif et le facial qui le séparent du bord inférieur de la protubérance, au-dessus du pneumogastrique. A ce niveau, il est sous-arachnoïdien. puis il se dirige en avant et en dedans vers la partie antérieure du trou déchiré postérieur où il se coude à angle droit, forme un renflement appelé ganglion d'Andersch, sort de la base du crâne, puis se porte en bas et en avant vers la base de la langue en décrivant une courbure à concavité antérieure parallèle à celle que forment l'hypoglosse et le laryngé supérieur, mais beaucoup plus élevée et plus courte que ces deux dernières. Dans le trou déchiré postérieur, il est placé dans un canal particulier que lui offre la dure-mère et placé en avant du pneumogastrique, du spinal et du golfe de la veine jugulaire.

A la base du crâne, à son émergence du trou déchiré postérieur, il est placé entre la carotide interne qui est en avant et la jugulaire interne qui est en arrière et recouvert par les muscles styliens. Plus bas, ce nerf contourne la carotide interne à laquelle il devient antérieur, et le côté externe du stylo-pharvngien qu'il traverse quelquefois, se place au-dessous du stylo-glosse, longe le bord externe de l'hyo-glosse, puis les parties latérales du constricteur supérieur du pharynx et de l'amygdale, arrive au niveau du bord externe de l'hyo-glosse et, redevenu légèrement ascendant, se place sous la muqueuse de la base de la langue dans laquelle il se termine en arrière et au niveau du V lingual.

Au moment où le tronc du glosso-pharyngien s'engage dans le canal particulier que lui offre le trou déchiré postérieur, et à sa sortie de ce canal, il présente

278 GLOSSO-PIIARYNGIEN (>'ERF).

deux renflements ganglionnaires dont l'un, le ganglion d'Ehrenritter supérieur, ne paraît pas constant, et dont l'autre, le ganglion d'Andersch, est situé plus bas que le précédent.

1" Ganglion iVEhrenritter. Est situé au côté externe du tronc du glosso-pliaryngien au moment oiî ce tronc va s'engager dans le trou déchiré postérieur. Ce rentlement a été également signalé par Mûller. Lorsqu'il existe, il est formé aux dépens d'une partie des fibres du tronc du glosso-pbaryngien. D'après iMùller ce ganglion serait placé sur la partie sensitive du nerf.

2° Ganglion <rAndevsch ou ganglion pétreux. Est logé dans une fossette qui se voit au-dessous du trou déchiré postérieur, à la partie antérieure et externe de cet orifice, en arrière de l'orifice d'entrée du canal carotidien et au niveau de l'aqueduc du limaçon.

La forme du ganglion est ovoïde, son grand axe est vertical et présente, d'après M. Sappey, une longueur qui varie de 2 à 5 millimètres; sa couleur est grisâtre.

Les rameaux anastomotiques sont au nombre de quatre et partent du nerf pendant son trajet dans le trou déchiré postérieur, provenant, soit du ganglion d'Andersch, soit du tronc morne du nerf. Ce sont : 1'' les rameaux de Jacobson; 2" le filet anastomotique avec le pneumogastrique; 3" le filet anastomotique avec le grand sympathique ; 4° le filet anastomotique avec le facial.

1° Le rameau de Jacobson avait été signalé par Andersch et a été très-bien décrit par Jacobson et Arnold ; il traverse la portion pétreuse du rocher et établit des communications entre le glosso-pharyngien et le facial, le trijumeau et le grand sympathique.

Il naît de la partie antérieure et externe du ganglion d'Andersch, s'engage dans un petit canal oblique en haut et en dehors qui vient s'ouvrir dans la caisse du tympan au-dessous du promontoire après un trajet de 7 à 8 millimètres. Le nerf se place dans une gouttière dirigée de bas en haut sur le promontoire et se divise en six filets terminaux dont deux se portent en arrière, deux en avant et deux en haut.

Les filets postérieurs très-grêles se terminent dans la muqueuse tvmpanique. l'un sur la membrane de la fenêtre ronde, l'autre sur le pourtour de la fenêtre avale.

Des deux filets antérieurs, l'un se porte dans le canal carotidien où il s'anastomose avec les branches carotidiennes du ganglion cervical supérieur, l'autre va obliquement en haut et en avant se terminer dans la muqueuse de la trompe d'Eustache.

Les filets supérieurs sont l'un interne et l'autre externe.

Le filet interne ou nerf pétreux profond interne traverse la face supérieure du rocher et se réunit au grand nerf pétreux superficiel pour former le nerf vidien et se rendre au ganglion de lAleckel.

Le filet externe ou nerf pétreux profond externe suit un trajet parallèle au précédent, traverse la face supérieure du rocher et vient s"unir SiU petit pétreux superficiel, branche du facial, pour former un des rameaux d'origine du ganglion otique.

11 arrive quelquefois que le rameau auriculaire du pneumogastrique envoie un filet anastomotique au nerf de Jacobson.

2° Rameau anastomotique du ganglion pétreux avec le pneinnogastrique. Cette anastomose est très-variable ; elle se fait par un iilet qui part soit du gan-

GLOSSO-PIIARYNGIEN (NERF). 271)

^lion, soit au-dessus, plus souvent au-dessous, par l'intermédiaire du nerf pharyngien (Ilirsclifeld). Il est représenté par un filet très-grêle qui se porte obliquement du tronc de la dixième pair-e à celui de la neuvième.

5° V anastomose du ganglion pétreiuv avec le grand sympathique. Se fait à l'aide d'un filet très-grêle qui part soit du ganglion, soit de la partie sousganglionnaire, et se dirige verticalement en bas pour se jeter dans le rameau carotidien cervical supérieur.

4° Rameau anastomotique du glosso-phai-yngien avec le facial. Ce filet, qui n'est pas constant, sort du glosso-pharyngien immédiatement au-dessous du ganglion pétreus. 11 forme une arcade qui embrasse le côté antérieur du golfe de la veine jugulaire interne, se porte ainsi de dedans en debors, entre dans le trou stylo-mastoïdien où il se termine dans le tronc du facial.

Branches terminales. Dans son trajet de la base du crâne au V lingual, le glosso-pharyngien fournit un certain nombre de branches terminales qui sont : un rameau destiné au digastrique et au stylo-hyoïdien ; un rameau anastomosé avec celui que le facial envoie au stylo-glosse ; des rameaux carolidiens ; des rameaux pharyngiens ; des rameaux lonsiliaires ; des branches terminales linguales.

Le rameau des muscles digastriques et stylo-hyoïdien sort du nerf immédiatement au-dessous du trou déchiré postérieur, passe en arrière du stvlo-pharvngien auquel il abandonne souvent quelques filets, se place au-dessus du stylohyoïdien qui en reçoit d'une façon constante un ramuscule, et va se terminer dans le ventre postérieur du digastrique où il s'anastomose avec les filets terminaux du rameau que le facial envoie à ce même ventre postérieur du digastrique. Cette anastomose se fait quelquefois dans l'épaisseur du muscle, d'autres fois au-dessus ou au-dessous.

Le rameau du stylo-glosse part du tronc du nerf au-dessous du trou déchiré postérieur, traverse le stylo-pharyngien sans lui rien abandonner et s'accole à angle aigu au filet grêle que le facial envoie au stylo-glosse ; le rameau formé de la réunion de ces deux filets nerveux se place sur les parties latérales et postérieure de la langue et envoie des filets en dedans qui se terminent dans la muqueuse et en dehors dans les muscles stylo-glosse et glosso-staphvlin.

Les rameaux carotidiens se portent en bas vers la bifurcation de la carotide primitive, et se mêlent au plexus intercarotidien, formé de la réunion de filets venus du pneumogastrique, avec des filets émanés du ganglion cervical supérieur.

Les rameaux pharyngiens, quelquefois simples, le plus souvent multiples, gagnent les parties latérales du pharynx et concourent à la formation du plexus pharyngien conjointement avec le pneumogastrique, le spinal, le grand sympathique. Deux plexus partent des filets terminaux dont les uns vont dans la muqueuse et les autres dans la couche musculaire.

Les rameaux tonsillaires ou amygdaliens proviennent du glosso-pharyngien avant qu'il arrive à la base de la langue. Ils constituent sur la face externe de l'amygdale un plexus connu, d'après Andersch. sous le nom de plexus tonsillaire.

Les rameaux linguaur forment la terminaison du tronc du nerf. En effet, le nerf remonte sur la base de !a langue, se divise en sept ou huit filets qui te subdivisent et se terminent en arrière du V lingual et dans les papilles caliciformes qui constituent ce Y lingual. M. Huguier a signalé l'existence d'anastomoses médianes entre les deux glosso-pharyngiens en arrière duforamenca?cum, et Hirschfeld décrit un filet anastomotique entre le glosso-pharyngien et le lingual du même côté.

280 GLOSSO-PHARYNGIEN (NERF).

D'après Remack les filets terminaux du glosso-pliaryngien dans leur trajet dans l'épaisseur de la muqueuse linguale présentent de distance en distance de petits ganglions nerveux microscopiques. Enfui dans ces dernières années Schwalbe et Loven, ainsi que Engelmann, ont décrit les terminaisons spéciales du glosso-pharyngien dans les papilles caliciformes du Y lingual.

Ces filets nerveux qui émergent des petits ganglions décrits par Remack se rendent au-dessous des papilles où ils forment un plexus richement développé. C'est de ce plexus que partent des faisceaux de tubes dont les uns pénètrent dans la papille par la base, d'autres par les côtés. Dans l'intérieur de la papille ces faisceaux se divisent en filaments très-nombreux et très-fins qui s'irradient vers le revêtement épithélial. Ces faisceaux contiennent beaucoup plus de fibres pâles que de fibres nerveuses, opaques et myéliniques. La plupart des faisceaux de fibres nerveuses se portent directement vers les organes du goût et se ramifient dans le stratum riche en noyau qui est placé au-dessous de ces organes. Dans cette couche, d'après Schwalbe, les fibres nerveuses sont constituées, à l'exception de quelques fibres myéliniques, par des faisceaux de fibrilles très-délicates entoures d'une enveloppe renfermant des noyaux. Ces faisceaux par des divisions successives forment des filaments très-fins qui ressemblent beaucoup au prolongement des cellules du goût et qui forment un second plexus immédiatement placé au-dessous de l'épithélium. Chez le lapin et le lièvre on constate le même mode de terminaison. Mais les filets nerveux qui se ramifient au-dessous des crêtes gustatives sont accompagnés d'amas assez volumineux de cellules nerveuses ganglionnaires. Dans un de ces ganglions microscopiques Engelmann a pu compter plus de trente cellules de 0,05 centièmes de millimètre de diamètre, reliées seulement par un de leurs pôles aux fibres nerveuses. De l'autre extrémité de ces cellules partaient des fibrilles très-nombreuses qui se rendaient dans les organes du goût.

Les organes du goût, dans lesquels ces fibrilles viennent se terminer, sont contenus dans l'épithélium de revêtement des papilles caliciformes et des crêtes gustatives qui les remplacent dans certaines espèces animales.

Ils sont placés sur les faces latérales du bouton central des papilles calicilormes ou bien encore des crêtes gustatives; on n'en trouve pas sur les faces superficielles recouvertes de papilles du dernier ordre. Leur forme est ovoïde et leur grand axe est perpendiculaire à la surface libre du derme de la muqueuse. Ils sont contenus dans des cavités circonscrites par des cellules épithéliales aplaties et allongées. Cette cavité est remplie par une série de cellules fusiformes ressemblant à autant de tranches d'un fruit ovoïde, qui par leur extrémité profonde assez épaisse se bifurquent et se subdivisent de façon à se continuer dans l'intérieur de la muqueuse. L'extrémité libre est conique et prolongée par un poil rigide et court qui se relève en haut et ne dépasse guère l'ouverture de l'organe du goût. Les réactions avec l'acide perosmique que présentent les filaments inférieurs de ces cellules sont les mêmes que celles observées avec les fibrilles nerveuses. C'est cette donnée qui fait admettre la continuation des plexus terminaux fibrillaires avec ces cellules épithéliales et qui les fait considérer comme appartenant à la variété des épitheliums nerveux. On remarquera l'analogie qui existe entre ce mode de terminaison nerveuse dans les organes du goût, et les cellules olfactives de Max Schultze, ainsi que les cellules auditives que l'on observe sur les crêtes acoustiques du labyrinthe membraneux. Nous renvoyons, pour de plus amples renseignements au sujet des ter-

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minaisons nerveuses du glosso-pharyngien dans les organes du goût, au travail du professeur Engelmann (inséré dans le Stricker's Handbuch), et à un mémoire récent du docteur Davis (inséré dans les Arch. fur mikroskopiclie Anatomie^ Bd. XI). Il nous suffit d'avoir indiqué ce qu'elles offrent de spécial, en relation avec une des fonctions les plus importantes du nerf glosso-pharyngien.

II. Physiologie. Le glosso-pharyngien est-il un nerf uniquement sensitif, ou bien est-il moteur en même temps que sensitif? Ces deux opinions ont été soutenues par des savants également recommandaLles et qui font valoir à l'appui de la thèse qu'ils défendent des faits qui ont, à l'époque actuelle, une valeur différente de celle qu'ils avaient il y a quelques années.

Longet est d'avis que le glosso-pharyngien est dès son origire purement sensitif. II apporte à l'appui de cette opinion des raisons anatomiques et des faits expérimentaux.

Comme raisons anatomiques, il rappelle que le glosso-pharyngien émerge du sillon intermédio-latéial du bulbe, qu'il compare au sillon collatéral postérieur de la moelle. Comme c'est de ce dernier sillon de la moelle que sortent les racines postérieures, sensitives, comme on le sait, des nerfs mixtes rachidiens, on saisit immédiatement la conchision que Longet tire de celte analogie anatomique. Une autre analogie anatomique qui lui paraît péremptoire est que le glosso-pharyngien possède sur son trajet un ganglion, le ganglion d'Andersch, toujours comme les racines postérieures des nerfs rachidiens. Enfin ce nerf a la distribution terminale d'un nerf de sensibilité. A ces raisons, qui ont une valeur et une importance bien différentes, Longet ajoute des faits expérimentaux qui présentent également une certaine variabilité dans leurs résultats suivant les expérimentateurs.

La raison anatomique tirée de l'analogie qui existe entre le sillon collatéral postérieur et le sillon duquel émerge le glosso-pharyngien n'a pas une trèsgrande valeur, car la constitution anatomique du bulbe est bien différente de celle de la moelle. En effet, si on retrouve dans le bulbe un reflet éloigné des parties principales qui appartiennent à l'axe gris médullaire, beaucoup d'autres amas gris se sont surajoutés. Il faut donc le reconnaître, le caractère de l'émergence au niveau du bulbe n'a pas de valeur. L'étude des noyaux d'origine du glosso-pharyngien que nous avons donnée avec tant de développement porte à admettre que ce nerf est sensitivo-moteur dès son origine.

La présence du ganglion d'Andersch sur le trajet du nerf n'est pas une raison péremptoire. Nous voyons des nerfs mixtes présenter des ganglions à leur émergence de la base du crâne ; d'un autre côté nous ne savons pas si dans le cas particulier toutes les fibres radiculaires du glosso-pharyngien s'arrêtent dans le ganglion d'Andersch. Celles qui sont destinées à la sensibilité, et certainement elles sont les plus nombreuses, nous paraissent devoir faire comme les racmes postérieures des nerfs rachidiens. Mais à ces nombreuses fibres de sensibilité il peut s'en trouver mélangées un certain nombre d'origine motrice qui, enchevêtrées avec les précédentes, s'en différencient, en ce qu'elles ne s'arrêtent pas dans une cellule ganglionnaire.

Quant aux terminaisons nerveuses du glosso-pharyiigien, le plus grand nombre présentent les caractères spéciaux des terminaisons nerveuses de sensibilité et même mieux, de sensibilité spéciale. Ce fait n'est pas douteux, et il n'a jamais été contesté. Ce qui est mis en doute, c'est que tous les tubes nerveux prove-

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nant du glosso-pharyngien vont se terminer comme des nerfs de sensibilité. Or le glosso-pharyngien traverse un certain nombre d'organes musculaires, il y laisse des filets nerveux, il est probable qu'il laisse à ces muscles des tubes nerveux. Mais expérimentalement ce fait ne peut ni être affirmé, ni être dénié. Ce ne serait que par le procédé des dégénérations nerveuses que l'on pourrait arriver à obtenir une solution définitive de cette question.

Des fibres nouvelles, des faisceaux nouveaux sont apparus et ont profondément modifié les rapports réciproques des parties superficielles.

Remarquons d'abord qu'au point de vue anatomique, pour juger cette question de savoir si dès son origine le glosso-pharyngien est purement sensitif, ou bien sensitivo-moteur, la seule considération de l'émergence et de l'analogie du point d'émergence avec celle de filets nerveux purement sensitifs ne présente aucune valeur dans le bulbe. Le spinal, qui est un nerf moteur, sort du bulbe par un sillon qui est le même que le glosso-pharyngien. Ainsi l'émergence n'indique, pas l'origine réelle ; des radicules nerveuses provenant de centres bien différents, très-éloignés même, peuvent émerger par le même sillon, dans un voisinage tel, que par ce caractère anatomique il sera impossible de faire la moindre distinction dans les propriétés différentes les unes des autres.

Les faits anatomiques qui pourraient paraître des présomptions plutôt en faveur d'une opinion que d'une autre sont ceux qui s'appuieraient sur l'étude des noyaux d'origine réels du glosso-pharyngien comme de tout autre nerf bulbaire. A ce point de vue les faits que nous avons exposés alors que nous avons décrit le système si complexe de la substance grise qui donne naissance par deux ordres de noyaux au glosso-pharyngien, au pneumogastrique et au spinal, ces faits, disons-nous, ne sont pas favorables à l'opinion de Longet et de ceux qui soutiennent que, de son émergence au ganglion d'Andersch, le glosso-pharyngien est un nerf exclusivement sensitif. Nous voyons en effet que ce nerf naît, dans des noyaux situés dans le voisinage des amas de l'auditif et de Veminentia teres, par des cellules allongées. Cette partie présente bien les analogies anatomiques qui peuvent le faire rapporter à un nerf de sensibilité. Mais le noyau situé en avnnt des précédents, représentant le processus latéral de la corne antérieure de la moelle, renferme des cellules nerveuses plus volumineuses que dans les deux autres noyaux, multipolaires et par conséquent offrant assez bien les caractères des cellules nerveuses, dites motrices.

Quels sont les résultats que donnent les recherches expérimentales pour résoudre cette question? Ces résultats sont contradictoires et doivent être analysés pour se rendre compte de leur valeur. Longet, dans une série d'expériences, a galvanisé le glosso-pharyngien avant son entrée dans le trou déchiré postérieur et après l'avoir séparé du bulbe. Sur le cheval et le chien il n'a jamais observé de mouvements du pharynx. 11 en conclut que le nerf ne contient primitivement aucune fibre motrice. Les expériences de Valentin, de Biffi et Moi'ganti, paraissent concordantes avec celles que relate Longet. Mùller, Volkmann et Hens, sont d'une opinion opposée et prétendent que le glosso-pharyngien est sensitivomoteur. Ils se fondent sur des raisons anatomiques et des expériences physiologiques qui, il est vriw, ont pu paraître à une certaine époque peu concluantes. Tel était l'état de la question lorsqu'elle a été reprise de nouveau par Chauveau de Lyon, et Vulpian, et a conduit ces deux éminents physiologistes, au point de vue expérimental, à des résultats contradictoires. En effet, dans une série d'expériences pratiquées sur le cheval, M. Chauveau excitait directement les racines

GLOSSO-PIIARYNGIEN (NERF). 285

du glûsso-pharj-ngien. Il a toujours dans ce cas observé des contractions trèsnettes dans le constricteur supérieur du pharynx et dans quelques muscles palatins. Ces résultats venaient confirmer ceux que Dobson avait annoncé avoir obtenu. On eu pouvait conclure que le glosso-pharyngien était un nerf mixte dès son origine. Mais M. Vulpian, dans sou cours au Muséum de 1865, répète ces expériences à l'occasion des nerfs de la déglutition. Lorsqu'il excite les racines du glosso-pharyngien, en ayant le soin de les isoler du pneumogastrique, mais sans les séparer du bulbe, il obtient des contractions très-mamfestes dans le pharynx et dans toute la longueur de l'œsophage. Mais ces contractions lui pai-aissent d'ordre réflexe, car après avoir sectionné le nerf il n'obtient plus de contractions par l'excitation du bout périphérique, alors que l'excitation du bout central les reproduit. Ces mouvements d'ailleurs disparaissent rapidement lorsque le bulbe est privé de sang pendant un certain temps.

Ainsi au point de vue expérimental nous ne sommes pas plus avancés qu'il y a vingt ans. Pour les uns, le glosso-pharyngien est un nerf purement sensilif, Longet, Bischol'f, Biffi et Morgauti ; pour les autres, Mûiler, Volkmann, Chauveau, le même nerf est sensitivo-moteur dès son origine. Nous devons ajouter que la description anatomique que nous avons faite des centres d'origine du glosso-pharyngien et les relations si intimes qu'ils présentent avec ceux du pneumogastrique qui, lui, est sensitivo-moteur sans conteste, peuvent faire supposer qu'il s'est produit une cause d'erreur dans les recherches faites sur le glossopharyngien pour déterminer sa motricité. Je ne sache pas que la recherche de ces causes ait été faite parle procédé des dégénérations nerveuses, bien que l'arrachemect du glosso-pharyngien soit une chose facile, d'après le procédé de Schiff .

Le nerf glosso-pharvniiien est-il sensible aux excitants ordinaires? Pour Panizza, qui considèz'e ce nerf comme exclusivement destiné à une sensibilité spéciale, le goût, le glosso-pharyngien n'est pas sensible. Lorsqu'on l'irrite, lorsqu'on le coupe chez le chien, l'animal, dit-il, ne donne aucun signe de douleur. Les résultats expérimentaux obtenus par un grand nombre d'autres physiologistes, John Reid, Alcock, Longet, Schiff, sont en contradiction formelle avec l'opinion défendue par Panizza. Le nerf est même sensible dès son origine, ainsi que le montre l'expérience de Schiff, qui consiste à arracher le nerf à son émergence du bulbe. Lorsqu'on a eu le soin d'isoler complètement le nerf de tout autre filet nerveux et lorsqu'on l'arrache, l'animal mis en expérience se débat, pousse des cris et donne les marques d'une sensibilité assez grande, et cette sensibilité générale est due, d'après cet expérimentateur, exclusivement aux racines bulbaires, et n'est pas communiquée par des anastomoses avec d'autres nerfs. En effet, dans ce dernier cas le nerf séparé du bulbe devrait rester sensible. Or il n'en est rien; lorsqu'on excite le bout périphérique, on n'observe pas de signe de sensibilité à la douleur. De même la muqueuse de la base et des bords postérieurs de la langue est devenue également insensible au toucher. On peut toucher la base de la langue chez les animaux privés de leurs deux glossopharyngiens sans provoquer de mouvements réflexes. Il est donc prouvé que le glosso-pharyngien est un nerf de sensibilité générale.

Mais ce n'est pas tout : si le nerf glosso-pharyngien est d'une manière certaine nerf de sensibilité générale, il est également nerf de sensibilité spéciale et concourt au fonctionnement de l'organe du goût.

Panizza avait soutenu une opinion entièrement différente. II niait la sensibilité générale du glosso-pharyngien et le considérait comme le nerf essentiel du

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goût, alors que le lingual était exclusivement destiné à la sensibilité tactile de toute la muqueuse linguale; on avait expliqué plus tard ce que ce fait pouvait présenter de contradictoire avec les notions anatoraiques courantes par l'existence d'un rameau récurrent qui du lingual se rendait dans la muqueuse située en avant du V lingual et décrit par Hirsehield; l'emploi de la méthode Wallerienne après section du lingual démontre que cette anastomose n'existe pas en réalité. Pour Magendie, la destruction du glosso-pharyngien laissait subsister le goîit dans toute son étendue et avec tous ses caractères ; mais, comme le fait remarquer Longet, il est probable que Magendie avait excisé les rameaux pharyngiens du spinal. JlùUer, le premier, a réparti les fibres gustatives entre plusieurs nerfs, et par ses expériences a été amené à établir que le lingual, branche du trijumeau pour la partie antérieure de la langue, et le glosso-pharyngien pour la partie postérieure du même organe, étaient les nerfs destinés à assurer la fonction gustative.

Ce fait a été mis hors de doute par un grand nombre d'expérimentateurs qui sont venus confirmer, en partie du moins, les recherches de Panizza et de Miiller, et il reste hors de doute que le glosso-pharyngien est le nerf gustatif de la partie de la muqueuse linguale qui est au niveau et en arrière du V lingual, et nous adoptons celte opinion exclusive malgré les faits récents de Cari et d'L'rbantichicht qui paraissent venir à l'appui de l'opinion exclusive de Panizza.

Nous renvoyons à l'étude du goût l'étude si intéressante de la distribution des parties delà muqueuse qui sont destinées à la fonction gustative, et celle d'étudier la différence qui existe entre les parties antérieures et postérieures de la muqueuse linguale dans la perception des diverses saveurs, les saveurs salées étant perçues par les parties antérieures innervées par le lingual, tandis que les saveurs amères le sont plus particulièrement par la partie postérieure de la muqueuse linguale qui reçoit les filets terminaux du glosso-pharyngien. Cependant cette délimitation n'est pas aussi nette que le pourrait faire supposer la manière dont nous l'exprimons. Ces saveurs sont perçues dans toute l'étendue de la langue, mais leur action est bien plus puissante dans les territoires particuliers que nous avons délimités.

Peut-on. dans les filets du glosso-pharyngien qui se distribuent à la muqueuse de la base de la langue, faire la distinction entre ceux qui servent à la sensibilité générale et ceux qui sont destinés à la sensibilité spéciale du goût? Expérimentalement ce fait n'est pas possible. Au point de vue pathologique on ne connaît pas de faits dans lesquels une des sensibilités ait été détruite et l'autre conservée en même temps dans le territoire innervé par le glosso-pharyngien. Au point de vue anatomique, et depuis la détermination des organes gustatifs et leur étude si complète faite par Engelmann et Schwalbe, ce fait est possible. C'est un exemple de plus à ajouter à beaucoup d'autres tendant à prouver que les tubes nerveux sensitifs doivent li;urs propriétés spéciales à la spécialité de leurs modes de terminaison dans les organes des sens.

11 résulte de cette longue discussion que le nerf glosso-pharyngien est nerf de sensibilité générale, qu'il est nerf de sensibilité spéciale pour le goût, qu'il est probablement nerf moteur dans certaines de ses parties. Mais ce n'est pas tout, il possède également par ses fibres centripètes une action excilo-réflexe importante en rapport avec la production de la nausée et du vomissement (Yolkmann), des mouvements de la déglutition CNValles et Prévost), et enfin de la sécrétion salivaire (Ludwig et Rahn). Cette action excito-secrétoire du glosso-pharyngien

CHi^NTEUR (sér. I, t. XV, p. 391) et Cornage (sér. I, t. XX, p. 452), fournissent un surcroît de renseignements; mais les nombreuses publications qui se sont produites depuis l'apparition des premiers volumes de ce Dictionnaire, et l'intérêt particulier qu'olTre le sujet, nous autorisent à élargir encore notre cadre : c'est le cliapitre de certains troubles moteurs de la glotte qui nous paraît comporter de plus amples développements.

Nous venons de dire qu'une partie du sujet, celle qui a trait à la phonation, doit être développée à l'article Voix : nous allons donc à peine l'eflleurer ici, et nous répétons à dessein que nous nous bornerons à l'exposé des troubles respiratoires de la glotte, pour compléter certaines lacunes laissées dans les articles auxquels nous venons de renvoyer le lecteur.

Physiologie. Daus la respiration normale, au repos, les replis thyroarylénoïdiens supérieurs (lèvres sus-glottiques ou fausses cordes vocales), légèrement écartés de la ligne médiane, restent à peu près immobiles, cachant de chaque côté,* dans le sens de leur longueur, le tiers externe environ des replis thyro-aryténoïdiens inférieurs ou cordes vocales inlérieuz'es. Dès que la respiration s'accélère, les replis thyro-arytéaoïdiens supérieurs s'écartent l'un de l'autre, demeurent dans l'abduction et découvrent entièrement les cordes vocales. Celles-ci à leur tour s'éloignent de la ligne médiane à chaque mouvement à'inspiration, légèrement dans la respiration au repos, et complètement lorsque la respiration devient rapide : dans le premier cas, la fente glotlique forme une ouverture fusiforme pour la portion interligamenteuse, et présente une forme triangulaire dans la portion interaryténoïdienne, les grosses extrémités des figures étant tournées en arrière; dans le second cas, c'est-à-dire au fur et à mesure que la respiration devient plus rapide, les deux ouvertures tendent à se confondre en une seule, la glotte inférieure affectant dans son ensemble, et pendant la respiration très-ample, la forme d'un large triangle isocèle à base postérieure, et pendant la respiration moins ample la forme ovoïde, la grosse extrémité étant, dans les deux cas, toujours tournée en arrière. Pendant ['expiration, la glotte inférieure se rétrécit quelque peu par un léger mouvement de rapprocliement des deux cordes vocales, et la différence qui en résulte pour la lente glottique entre l'inspiration et l'expiration existe aussi bien dans la respiration accélérée. Or, le diamètre de la colonne d'air étant nécessairement mesuré par le diamètre de l'ouverture qui lui livre passage, il résulte de la légère inégalité de la glotte pendant les deux mouvements de la respiration, que le débit de l'air inspiré s'effectue sous une tension moins forte ({ue celui de l'air expiré. Celte différence de tension s'accentue au fur et à mesure que la respiration s'accélère, parce que la glotte laisse, comme nous venons de le voir, un large passage à l'air inspiré, tandis qu'elle se rétrécit sensiblement pendant les mouvements d'expiration. La fin de l'expiration est marquée dans les deux ouvertures (glotte et espace sus-glottique) par un court instant d'immobilité. Par conséquent, les replis thyro-aryténoïdiens supérieurs et inférieurs dessinent le rhythme de la respiration par trois temps qui sont : l'abduction, l'adduction et le repos ; ajoutons que ces mouvements, très-nettement accusés pour la glotte vocale, sont beaucoup moins marqués pour l'orifice sus-glottique.

Dans le mécanisme de ï effort, les replis thyro-aryténoïdiens supérieurs et inférieurs concourent activement à l'occlusion de la portion supérieure des voies re:?piratoires en formant un sphincter à deux plans superposés, de la manière

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CiLOSSo-STAPUixix (Mcscle). Voij. L.VMGUE.

GLOTTE. Le mot glotte est déjà déOni dans l'article consacré à V Anatomie et à la physiologie du larynx (sér. Il, t. I, p. 525) de ce Dictionnaire; nous n'avons qu'à reproduire cette définition, classique aujourd'hui, selon laquelle la glotte, synonyme, d'après les auteurs modernes, de fente vocale {Stimmritie des Allemands), est « l'espace à chaque instant variable, suivant les besoins de la phonation et de la respiration, qui existe entre les bords libres des deux cordes vocales inférieures » (Béclard). Nous rappellerons en même temps que, pour bie2î préciser la différence qui existe entre cet espace et celui que circonscrivent les replis thyro-aryténoïdiens supérieurs (fausses cordes vocales ou lèvres sus-glottiques), quelques auteurs appellent le premier glotte inférieure ou phonatrice, et réservent au second le nom de glotte supérieure, fausse glotte ou orifice sus-glottique. Cette distinction a l'avantage de faciUter la description du sujet; nous ajouterons qu'elle nous paraît d'autant mieux justifiée que nous attribuons à la fausse glotte, comme nous le dirons plus loin, un rôle important, bien qu'elle reste complètement étrangère à la production du son de la voix. Du reste, quelles que soient les appellations qui se trouveront sous notre plume, le lecteur se rappellera toujours que le mot glotte, employé seul, désigne invariablement la fente vocale. Nous nous occuperons de son mécanisme ainsi que de celui de l'orifice sus-glottique pendant la respiration et pendant l'acte de l'effort, en signalant seulement pour mémoire le rôle phonateur de la glotte proprement dite, ce côté de la question étant réservé à l'article Yoix.. L'aperçu physiologique de notre sujet étant tracé, nous en ferons facilement saisir le côté pathologique plus particulièrement visé ici. L'histoire des maladies de la glotte se trouve, il est vrai, largement traitée dans de nombreux articles de cet ouvrage consacrés à la. pathologie médicale et chirurgicale du larynx (Ibid., depuis p. 575 jusqu'à p. 780), et les mots APHOixiE (sér. 1, t. V, p. 644),

Chakteur (sér. I, t. XV, p. 591) et Cornage (sér. I, t. XX, p. 452), fournissent un surcroît de renseignements; mais les nombreuses publications qui se sont produites depuis l'apparition des premiers volumes de ce Dictionnaire, et l'intérêt particulier qu'offre le sujet, nous autorisent à élargir encore notre cadre : c'est le chapitre de certains troubles moteurs de la glotte qui nous paraît comporter de plus amples développements.

Nous venons de dire qu'une partie du sujet, celle qui a trait à la phonation, doit être développée à l'article Voix : nous allons donc à peine l'eflleurer ici, et nous répétons à dessein que nous nous bornerons à l'exposé des troubles respiratoires de la glotte, pour compléter certaines lacunes laissées dans les articles auxquels nous venons de renvoyer le lecteur.

Physiologie. Dans la respiration normale, au repos, les replis thyroaryténoidiens supérieurs (lèvres sus-g'ottiques ou fausses cordes vocales), légèrement écartés de la ligne médiane, restent à peu près immobiles, cachant de chaque côté," dans le sens de leur longueur, le tiers externe environ des replis thyro-aryténoïdiens inférieurs ou cordes vocales inférieures. Dès que la respiration s'accélère, les l'eplis thyro-aryténoïdions supérieurs s'écartent l'un de l'autre, demeurent dans l'abduction et découvrent entièrement les cordes vocales. Celles-ci à leur tour s'éloignent de la ligne médiane à chaque mouvement d'inspiration, légèrement dans la respiration au repos, et complètement lorsque la respiration devient rapide : dans le premier cas, la fente glottique forme une ouverture fusiforme pour la portion interligamenteuse, et présente une forme triangulaire dans la portion interaryténoïdienne, les grosses extrémités des figures étant tournées en arrière ; dans le second cas, c'est-à-dire au fur et à mesure que la respiration devient plus rapide, les deux ouvertures tendent à se confondre en une seule, la glotte inférieure affectant dans son ensemble, et pendant la respiration très-ample, la forme d'un large triangle isocèle à base postérieure, et pendant la respiration moins ample la forme ovoïde, la grosse extrémité étant, dans les deux cas, toujours tournée en arrière. Pendant l'expiration, la glotte inférieure se rétrécit quelque peu par un léger mouvement de rapprochement (les deux cordes vocales, et la différence qui en résulte pour la fente glottique entre l'inspiration et l'expiration existe aussi bien dans la respiration accélérée. Or, le diamètre de la colonne d'air étant nécessairement mesuré par le diamètre de l'ouverture qui lui livre passage, il résulte de la légère inégalité de la glotte pendant les deux mouvements de la respiration, que le débit de 1 air inspiré s'effectue sous une tension moins forte (jue celui de l'air expiré. Cette différence de tension s'accentue au fur et à mesure que la respiration s'accélère, parce que la glotte laisse, comme nous venons de le voir, un large passage à l'air inspiré, tandis qu'elle se rétrécit sensiblement pendant les mouvements d'expiration. La fin de l'expiration est marquée dans les deux ouvertures (glotte et espace sus-glottique) par un court instant d'immobilité. Par conséquent, les replis thyro-aryténoidiens supérieurs et inférieurs dessinent le rhythme de la respiration par trois temps qui sont : l'abduction, l'adduction et le repos ; ajoutons que ces mouvements, très-nettement accusés pour la glotte vocale, sont beaucoup moins marqués pour l'orifice sus-glottique.

Dans le mécanisme de Veffort, les replis thyro-aryténoïdiens supérieurs et inférieurs concourent activement à l'occlusion de la portion supérieure des voies respiratoires en formant un sphincter à deux plans superposés, de la manière

suivante : les replis supérieurs se mettent brusquement en contact et ferment les deux tiers antérieurs de l'orifice supérieur; en même temps, la base de l'épiglotte vient s'appuyer, en la couvrant, sur la commissure antérieure de cet orifice, contribuant ainsi à en assurer l'occlusion; les deux cartilages aryténoïdes et les cartilages de Santorini se mettent au même instant en contact intime et, la portion postérieure de la glotte supérieure se trouvant fermée, l'occlusion est complète. Lorsque l'acte de l'effort est très-accusé, toutes les parties qui constituent ce sphincter virtuel subissent une telle constriction que leur muqueuse forme des plis multiples s'imbriquant et s'emboîtant intimement les uns dans les autres et cachant ainsi absolument la glotte inférieure ou phonatrice dont le mécanisme, pendant cet acte, est invisible au laryngoscope sur l'homme vivant, au moins à l'état physiologique. Ce mécanisme a pu être observé cependant dans des cas où les replis thyro-aryténoïdiens supérieurs avaient disparu à la suite de pertes de substances très-étendues, tuberculeuses ou syphilitiques. On a eu aussi plusieurs fois l'occasion d'observer le jeu de la glotte vocale, pendant le mécanisme de l'elfort, sur des individus qui, dans une tentative de suicide, s'étaient ouvert le cou au niveau du ventricule de Morgagni, séparant ainsi l'orifice sus-glottique de la glotte proprement dite. On voyait alors à ciel ouvert que tout mouvement d'effort mettait en contact les cordes vocales inférieures, et que l'occlusion s'accomplissait toujours plus complètement au niveau de l'espace sus-glottique. 11 résulte de ce double mécanisme que le sphincter virtuel dont nous venons de décrire la formation et le rôle pendant la respiration entre aussi en jeu lorsque, pour l'accomplissement de divers actes physiologiques, il s'agit d'immobiliser le thorax de façon à donner aux muscles respiratoires des attaches fixes qui en assurent toute la puissance pendant l'acte de l'effort.

Tout le monde sait que l'effort, surtout quand il a été considérable, est accompagné, particulièrement vers la fin, d'un bruit caractéristique qui est celui du geignement^; ce bruit est, selon nous, le résultat de vibrations qui se produisent dans les plis de la muqueuse du plan supérieur du sphincter. C'est là aussi, et de la même façon, que se produit le bruit de la toux. Ajoutons immédiatement que pour l'acte de geindre, comme pour la toux, les lèvres de la glotte inférieure peuvent entrer en vibration, que cela a lieu quelquefois, et qu'alors le bruit, et particulièrement celui de la toux, devient sonore et vibrant; mais, le plus souvent, les bruits rauques dont nous parlons naissent dans la glotte supérieure seule.

A l'appui de ces résultats précis de nos observations laryngoscopiques, nous mentionnerons ce fait bien connu que, même chez des individus atteints de paralysie absolue des deux cordes vocales inférieures, le bruit de la toux peut toujours se produire, et qu'il en est de même chez des individus dont les cordes vocales inférieures ont disparu par ulcération, ce qui prouve bien que ce bruit a lieu au niveau de l'orifice sus-glottique.

Sans empiéter sur la théorie de la formation de la voix {voy. ce mot), nous nous croyons autorisé à dire très-sommairement et comme complément de notre étude ce que l'on constate au laryngoscope pendant l'émission des sons. Les vraies cordes vocales sont d'abord mises intimement en contact l'une avec l'autre, mais, pour entrer en vibration, elles s'écartent légèrement et laissent entre

* Xous employons, pour bien rendre noire pensée, ce substantif inusité du verbe geindre.

elles une fente dont la forme et le diamètre déterminent eJi partie la valeur musicale du son à laquelle le degré de tension des rubans vocaux concourt en même temps, et dans une proportion importante. Quant aux replis thyro-aryténoïdiens supérieurs, leur jeu, qui pendant la respiration et l'acte de l'effort concordait avec celui des rubans vocaux, en est très-dilférent pendant la phonation. Lorsque ceux-ci émettent des sons dans le registre du médium qui est celui du langage habituel, les lèvres sus-glottiques restent légèrement écartées de la ligne médiane et cachent environ le tiers externe de la face supérieure des cordes vocales {sans les toucher cependant, attendu qu'ils en sont séparés par la hauteur de l'ouverture du ventricule de Morgagni). Selon que la voix monte ou descend la gamme diatonique, il s'opère dans les replis supérieurs et inférieurs un double jeu antagoniste : les premiers s'éloignent, les seconds se rapprochent de la ligne médiane au fur et à mesure que le son monte, tandis que pour les sons graves c'est l'inverse qui a lieu.

S'il était nécessaire de donner un surcroît de preuve de l'indépendance des mouvements dans les deux orifices, nos expériences sur les animaux vivants le fourniraient. Nous avons montré que, lorsque sur un chat (cet animal est particulièrement favorable à ce genre de recherche) on renverse le larynx au devant du cou et hors de sa loge, les nerfs et les muscles étant ménagés, on distingue nettement, pendant la phonation, l'indépendance de jeu de la glotte et de l'orifice sus-glottique [voi/. notre communication à l'Académie de médecine, in Bullet., 1880).

Nous avons tenu à bien faire saisir ces divers mécanismes, fort utiles à connaître pour notre sujet et que négligent trop les traités de physiologie.

Physiologie pathologique. Le mécanisme de l'occlusion de la glotte trouve son corollaire dans le phénomène pathologique du spasme qui peut survenir au niveau de cet orifice à double plan. Ce qu'on est convenu de désigner sous le nom de spasme de la glotte est en réalité le spasme des lèvres de la glotte proprement dite et de l'orifice sus-glottique. On sait que dans ce spasme l'inspiration est seule gênée, et que l'expiration s'effectue librement. 11 est aisé de comprendre, d'après ce que nous venons de dire, que l'air aspiré rencontre un premier obstacle dans le plan supérieur du sphincter, formé, nous l'avons vu, au niveau des lèvres sus-glottiques. Gomme pendant le trouble dit spasme de la glotte, terme que nous maintenons parce qu'il est universellement adopté, une contraction simultanée de tous les muscles inspirateurs du thorax et de l'abdomen se produit par action réflexe, il en résulte un appel d'air brusque et dont la violence même, loin de faciliter la pénétration dans l'arbre aérien, augmente d'autant plus la difficulté, que l'air fortement aspiré a pour effet d'affaisser et de rap[)rocher les uns des autres les aryténoïdes, les cartilages de Santorini et ceux de Wrisberg. En supposant qu'elle franchisse ce premier obstacle, la colonne d'air aspiré en rencontre un second au niveau de la glotte proprement dite : les cordes vocales, rapprochées l'une de l'autre, lui opposent un plan à face supérieure légèrement convexe, dont les bords libres sont la ligne culminante ; cette colonne d'air aspiré tendant à les déprimer, comme cela a eu déjà lieu pour l'orifice sus-glottique, rend leur contact encore plus intime, et l'occlusion devient plus complète.

Pour l'expiration, le contraire se produit : la colonne d'air expiré rencontre d'abord les cordes vocales dont la face inférieure, un peu inclinée de bas en haut et de dehors en dedans, forme un plan très -légèrement déclive et concave; WCT. ENC. 4° s. IX. 19

la fente vocale étant la ligne la plus culminante du plan, la colonne d'air e'carte facilement les lèvres de la glotte et s'échappe presque sans rencontrer d'obstacle. L'air expiré arrive ensuite au plan supérieur du sphincter formé, comme nous l'avons expliqué, par les replis thyro-aryténoïdiens, les cartilages aryténoïdes, les cartilages de Santorini et de Wrisberget la base de l'épiglotte; l'ensemble de ces replis et cartilages prend à peu près, au moment de la constriction spasmodique, l'aspect d'un infundibulum, aplati latéralement, dans la grosse extrémité duquel l'air s'engouffre facilement de bas en haut, en s'insinuant dans les plis de la muqueuse. C'est ainsi que s'exécutent, pendant le spasme de la glotte, les deux temps de la respiration : l'un, l'inspiration, avec dyspnée et cornage, l'autre, l'expiration, avec aisance et sans bruit. Cette différence est d'autant plus accusée que l'individu est plus jeune : on se rappelle l'expérience classique de Longet, démontrant que la section des deux récurrents entrave très-peu la respiration chez les animaux adultes, tandis qu'elle détermine l'asphyxie des animaux jeunes. C'est que les aryténoïdes paralysés se trouvent chez les animaux adultes immobilisés dans une demi-abduction qui permet encore le passage de l'air, tandis que chez les animaux jeunes les aryténoïdes paralysés et dont la charpente osseuse est insuffisamment développée ne présentent aucune résistance, et s'affaissent sous la pression de l'air inspiré. Les voies aériennes se trouvent ainsi oblitérées par un mécanisme analogue à celui de la constriction active que nous venons d'analyser^ Il en résulte que, dans le jeune âge, la paralysie bilatérale de la glotte peut produire, par l'obstacle matériel qu'elle fait naître, des phénomènes semblables à ceux du spasme de la glotte. Nous aurons, du reste, à développer ce sujet en ce qui concerne l'adulte, mais il y a lieu d'insister d'abord sur la différence qui existe entre le spasme et la paralysie, lorsqu'un côté seulement de la glotte est atteint.

La section d'un seul neif récurrent ne produit que la cessation de fonction musculaire du même côté du larynx ; nous avons prouvé, au contraire, expérimentalement, que Vexcitalion d'un seul récurrent produit un spasme bilatéral et par conséquent l'occlusion complète de la glotte. 11 faut donc, lorsqu'un seul des récurrents est atteint, établir une différence fondamentale dans les phénomènes morbides provoqués, selon qu'il s'agit de paralysie ou d'excitation. A l'occasion d'une étude sur l'anévrysme de l'aorte {voy. Bulletin de la Soc. de Biol., 1866), nous avons essayé d'expliquer comment la contraction du muscle impair, l'ary-aryténotdien, ferme totalement la glotte, les deux attaches de ce muscle étant mobiles et se rapprochant forcément l'un de l'autre, que l'excitation du récurrent soit uni ou bilatérale. L'excitation d'un seul récurrent produit par conséquent de l'apnée, tandis que sa paralysie ne trouble pas la respiration, pourvu que cette paralysie soit complète, comme cela a lieu après la section du nerf; mais, si la paralysie est incomplète, et si elle ne porte que sur les libres motrices du muscle crico-aryténoïdien postérieur — le fait se produit pathologiquement — il en résulte une persistance d'action des muscles constricteurs (les fibres nerveuses qui les animent étant indemnes), et par suite une tendance au rétrécissement de la glotte. Voilà pourquoi, quelque singulier que cela paraisse, l'abolition d'action de toutes les fibres du récurrent est moins grave qu'une abolition partielle.

' La division et même la résection des récurrents ont été pratiquées sur rhomme [voy. notre communication à la Société de biologie, Bulletin, 1880); les effets ont élé observés attentivement et il est démontré que la théorie de Longet s'applique à l'espèce humaine.

Il ne faudrait pas croire néanmoins qu'il soit toujours aisé, dans les cas d'apnée, de distinguer exactement le spasme de la paralysie. Les observations cliniques sont loin de se présenter avec la simplicité des expériences de laboratoire, et nous rappellerons ici que, par une de ces modalités pathologiques dont il n'est pas toujours facile de pénétrer la cause, la paralysie persistante d'un muscle ou d'un groupe de muscles produit fréquemment (soit par tonicité simple, soit par spasme consécutif) la coutraction d'un muscle ou d'un groupe de muscles antagonistes. Par exemple, la paralysie unilatérale du, dilatateur de la glotte, le crico-aryténoïdien postérieur, ne donne lieu au début à aucun accident respiratoire, mais bientôt ses muscles antagonistes, constricteurs de la glotte, entrent en jeu et la rétrécissent d'abord par simple tonicité, bientôt par spasme. On s'explique dès lors comment des individus chez lesquels un des muscles dilatateurs de la glotte est paralysé et qui respirent avec aisance pendant un certain temps, deviennent dyspnéiques et finissent par subir toutes les angoisses de l'asphyxie.

Dans les cas où les troubles respiratoires sont dus à une compression unilatérale ou bilatérale du ou des récurrents, il devient extrêmement difficile de distinguer les paralysies des spasmes, d'autant plus que certaines fibres du récurrent peuvent être excitées, d'autres paralysées, et que l'ensemble des phénomènes morbides varie alors d'un moment à l'autre. L'examen laryngoscopique fréquemment répété peut seul permettre un diagnostic définitif.

Lorsque chez un malade en état de dyspnée par trouble moteur de la glotte on constate au laryngoscope le rapprochement permanent des deux cordes vocales, on peut en inférer la paralysie des muscles dilatateurs, tandis que, si ce rapprochement est intermittent, c'est plutôt au spasme des muscles constricteurs qu'il faut conehu'e. La voix reste intacte dans l'un et dans l'autre cas; c'est la paralysie seule des adducteurs et tenseurs, c'est-à-dire des phonateurs qui altèrent la voix, et alors il n'existe pas de troubles respiratoires. Cet antagonisme est facile à comprendre.

Au point de vue de l'examen direct de la glotte, nous ferons ici une remarque qui a son importance. Quand on n'est pas très-familiarisé avec l'inspection du larvnx, on a trop souvent tendance à attribuer les troubles moteurs de la glotte aux moindres altérations de tissus que l'on constate : cette idée toute théorique donne fréquemment lieu à des erreurs de diagnostic. La vérité est que la muqueuse du larvnx peut être le siège de certaines altérations sans qu'il se produise aucun trouble fonctionnel, au moins en ce qui concerne la respiration. Les troubles phonateurs mêmes sont fort peu accusés dans les cas de simple injection superficielle de la muqueuse laryngée. Tout au plus, chez des chanteurs, constatera-t-on la perte ou l'impureté d'une ou de deux notes du registre ou, moins encore, un certain degré d'asynergie vocale [voy. Krishaber et Peter, sér. Il, t. I, p. 681). Nous avons souvent observé que des artistes dramatiques et lyriques éprouvaient à peine une gène légère pour émettre la voix, bien que de temps en temps les cordes vocales s'injectassent; au contraire, ils se trouvent dans l'impossibilité de se servir de leur voix, alors que les altérations visibles étaient presque nulles. Cette anomalie apparente résulte de ce que le plus souvent ce sont des perturbations nerveuses et musculaires qui jouent le jjrincipal rôle. Nous n'insisterons pas sur ces observations qui nous entraîneraient à traiter la question des aphonies. Nous tenons seulement à bien établir que les troubles respiratoires ne sont pas dus à la rougeur de la muqueuse laryngée, même si elle est accompagnée d'une légère bouffissure; cet état est souvent l'indice d'un travail irri-

tatif qui peut influer sur les muscles dilatateurs de la glotte, dans lesquels il faut chercher la cause directe du ti'avail morbide.

Avant d'aborder le côté clinique de la question, nous pouvons résumer ce qui précède de la manière suivante :

1° L'occlusion physiologique des voies respiratoires et, au point de vue pathologique, le spasme de la glotte, résultent du jeu d'un sphincter virtuel à deux plans, dont l'un, inférieur, correspond aux lèvres de la glotte proprement dite, et l'autre, supérieur, aux lèvres de l'orifice sus-glottique ;

2° Le spasme du sphincter intercepte l'inspiration alors même qu'un seul des nerfs récurrents est excité ;

5" La paralysie de la glotte produit des phénomènes très-différents et même opposés, selon que tels filets nerveux ou tels muscles sont atteints et aussi selon qu'elle est unilatérale, bilatérale, récente ou ancienne, la paralysie ancienne se compliquant de contracture dans les muscles antagonistes;

4" Qu'il s'agisse de spasme ou de paralysie, l'état de la muqueuse de la glotte a peu ou n'a point de signification, si l'altération est légère.

Pathologie. 11 nous reste maintenant à exposer le côté purement clinique de noire sujet. Nous n'avons pas à décrire le spasme de la glotte chez l'enfant: un article spécial lui a déjà été consacré {voy. sér. II, t. I, p. 684). Notre étude se bornera donc au spasme de la glotte chez l'adulte, phénomène mal déterminé jusque dans ces derniers temps, mais que des travaux récents, quoique peu nombreux, ont mis en lumière. Quant à la paralysie des muscles respiratoires de la glotte, les publications sur ce sujet ont été nombreuses, presque à l'excès, nous devrons donc à la fois éliminer les documents inutiles et tirer profit de ce qui nous paraît instructif. La classification des phénomènes nerveux que nous allons étudier n'ayant pas encore été faite, nous proposons la suivante :

SPASME ET PARALYSIE (CIIEZ l' ADULTE) DES MUSCLES DE LA GLOTTE PRÉPOSÉS

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