‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 25 sur 97 · GLOUTON · texte numérisé non relu

GLOUTON

«LOl'TEROX' (Petit), Nom donné à une espèce de Lampourde, le Xanthium strumanum L. [voij. Lampourde). Pl.

Gi.OL'TO\. La plupart des auteurs sont d'accord aujourd'hui pour placer le genre Glouton [Gulo Storr) dans la tribu des Mustéliens (Mustelinœ), qui fait elle-même partie de la famille des Mustélidés [Mustelidce] et de l'ordre des Carnivores {l'oij. ce mot). Chez les Gloutons le crâne est massif, mais un peu rétréci au milieu, et limité supérieurement par une ligne fortement convexe, la région faciale courte, obtuse et tronquée plus obliquement que chez les Martes ; les arcades zyjiomatiques sont épaisses, élevées en arrière et un peuplas écartées que chez les Putois, les crêtes sagittales et occipitales très-développées. La formule dentaire est la même que dans le genre Mu-<lela, les dents étant au nombre de 18 (3 paires d'incisives, 1 paire de canines, 4 paires de prémolaires et 1 paire de vraies molaires) à la mâchoire supérieure et de 20 à la mâchoire inférieure, grâce à la présence de 2 paires d'arrière-molaires. La colonne vertébrale se compose de 45 vertèbres d'après M. E. Goues, ou de 48 à 50 d'après M. de Blainville, ces deux auteurs n'étant pas d'accord sur le noiiibre des vertèbres caudales; les 15 paires décotes (10 vraies et 5 fausses) sont moins grêles que chez les Fouines sans être aussi épaisses que chez les flatels, et les membres n'ont pas, relativement au tronc, la même brièveté que chez les ilatels ou les Putois; les antérieurs sont un peu plus larges que les postérieurs, et comme ceux-ci très-solidement construits. Dans leur aspect général les Gloutons tiennent plus des Ours que des Blaireaux ; ils ont des formes massives, la queue courte, garnie de poils touffus, les oreilles tombantes, les yeux très-petits, le pelage léger, soyeux et bien fourni, les pieds velus en dessous, ^vec six petites pelotes dénudées, les ongles puissants, acérés et fortement recourbés. Leur démarche n'est pas tout à fait plantigrade, et, quoiqu'ils se tiennent ordinairement à terre, ils grimpent sans difficulté sur les branches des arbres les plus rapprochées du sol.

Il n'y a probablement dans le genre Gulo qu'une seule espèce, le Gulo lusciis {Mustela gulo et Ursiis luscus L. ; Gulo borealis Nills.), qui est désigné dans les ouvrages d'histoire naturelle et dans les récits de voyages sous les noms vulgaires de Glouton arctique, de Wolverene, de Carcajou, etc. Cette espèce est répandue dans les régions froides de la Russie et de la Sibérie et se retrouve, sans variations bien sensibles, dans le nord du continent américain, depuis les rives de 1?. mer polaire jusqu'au 42 ou au 45^ degré de latitude. Sa présence a été signalée en Europe dès le milieu du seizième siècle par Gesner et par Olaûs Magnus, en Amérique au commencement du dix-huitième siècle par le baron de la llontan et par Sarrasin; mais jusqu'à ces derniers temps son histoire est restée surchargée d'erreurs de toutes sortes. L'une de ces erreurs reste même à tout jamais consacrée par ce nom de Glouton {Gido en latin, Vielfrass en allemand, Jerfou Jârfen suédois) qui paraît indiquer, chez l'animal qui le porte, un appétit désordonné. On a prétendu en effet que le Glouton se nourrit de charognes, et qu'il avale de la chair corrompue jusqu'à ce que sou ventre soit gonflé comme un tambour. « Alors, dit Mathias de Miechow, il passe entre deux arbres très-rapprochés qui le serrent et le forcent à expulser ses excréments ; cela fait, il recommence à manger, passe de nouveau entre les arbres, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ait tout dévoré. Il ue fait que manger, boire et manger de nouveau. » Après avoir reproduit complaisamment cette histoire, Gesner rap-

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