‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 30 sur 97 · L. Ha.hn · texte numérisé non relu

L. Ha.hn

CiLm^'ARlA. Nom donné par quelques auteurs à la Sauge officinale {Salvia officinalis L.). Pl.

GLL'TIXE. L'un des principes constituants du gluten {voy. ce mot). — On donne parfois encore ce nom à la colle ordinaire [Voy. Gélatike). L. II.n.

GLI'TI\'EUX. On donne en pathologie le nom de glutineux à tout liquide visqueux et collant au doigt comme le gluten. Les liquides de la bouche prennent souvent ce caractère dans la fièvre, et surtout dans les fièvres malignes.

GLL'TTIER. Nom donné à V arbre à suif [Croton sehiferum L., Stillingia sebifera [voy. SinxiisciA) . Pl.

GLUVIA. Voy. Galéodes.

GLYCARATOX. Nom donné par quelques auteurs à la réglisse {Glycyrrhiza glabrah.}. Pl.

GLYCÉMIE. Voy. Glycohémie.

GLl'CÉRALS. Les glycérals résultent de la combinaison d'une molécule d'un aldéhyde avec une molécule de glycérine : une molécule d'eau est éliminée. D.

GLYCÉRAMIXE. C"'H^AzO- soit C^H^OHj'AzH'. Cette base se produit à l'état de bromhydrate par l'action du gaz ammoniac sur une solution alcoolique de monobromhvdrine glycérique ou sur la dibromhydrine ; cette dernière éprouve évidemment d'abord la transformation en monoiirpmhydrine G^H'(OH)'Br.

C^H«(OH)^Br-|-AzH^ = C^H5(0H)^AzH^HBr C^H»(0H)Br'--{-2AzH^'+lP0=G^H^(0H)*AzH^HBr4-AzH^Br.

La glycéramine est liquide, très-solable dans l'eau et dans Léther. Elle se sépare sous forme huileuse lorsqu'on traite le bromhydrate par de la potasse très-concentrée; si l'on ajoute un peu d'eau, elle se dissout aussitôt. Le chlorhydrate est très-hygrométrique, soluble dans l'alcool; chauffé, il noircit et répand l'odeur de la corne briàlée. Le chloroplatinate (C^H3Az0MIGl)-PlCl' est en grains cristallins orangés (Berthelot et de Luca, Annal. Chim. Phys. (5), t. XLVIH, p. 317).

En traitant l'épichlorhydrine G''H^0Clpar l'ammoniaque aqueuse, M. Reboul a obtenu une glycéramine qui paraît identique à la précédente {Annal. Chim. Phys. (5), t. LX, p. 26).

314 GLYCÉRIDES.

Hémihromlnjâramide. MM. Berthelot et de Liica ont désigné sous ce nom une base G^H'^BrAzO-, qui résulte de l'action du gaz ammoniac sur la dibromhydrine pure. C'est un corps solide, amorphe, insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éthcr, l'acide acétique. M. Reboul a obtenu le composé chloré correspondant en chauffant à iOO degrés l'épichlorhydrine avec de l'ammoniaque aqueuse.

Ed. Willm. ■*.

GLl'CÉRATES. L'acide glycérique est probablement triatomique comme la glycérine elle-même, mais il est monobasique. Les gl.ycérates sont solubles et cristallisables. Ils ont été étudiés par M. Debus et par M. Grazzarolli-Thurnlack.

Le sel (V ammonium C''H''0*Azll* cristallise eri prismes déliquescents; il perd facilement de l'ammoniaque.

Glycérate de baryum (C"'lPO')-Ba. Lames cristallines groupées sphériquement. ^

Glycérate de calcium (C"'H'^0*)-CaH-2n-0. Petits cristaux brillants, perdant leur eau à 135 degrés et se décomposant à 175 degrés. Ce sel est soluble dans l'eau, insoluble dyns l'alcopl. 11 réduit à chaud l'azotate d'argent.

Glycérate de cuivre. Cristaux brillajits, d'un bleu d'azur, peu solubles dans l'eau froide. Il se décompose par une ébullition prolongée en produisant un dépôt d'oxyde cuivreux. •'♦"^

Glycérate de magnésiùfti (C^H^O'^)'Mg H- 5H^0. Cristaux étoiles efflorescents, solubles dans l'eau froide;.

Glycérate de plomb. Croûtes cristallines anhydres.

Glycérate de manganèse (C''H*û*)^Mn + H-0. Petits cristaux durs et brillants.»

Le glycérate de zinc forme de petits cristaux incolores. Ed. Willm.

GLTCÉRÉS, GLYCÉROLÉs, GLl'CÉRATS. Le pouvoir dissolvant de la glycérine, misa profit pour la première fois par Cap pour l'usage pharmaceutique, a permis d'obtenir un grand nombre de préparations d'une très-grande utilité. Cap a donné le nom de ghjcérolés aux solutions qui ont la glycérine pour véhicule et de glycératk une sorte d'empois résultant de l'action de la glycérine hydratée sur l'amidon a une température suffisamment élevée, et qui peut servir d'excipient à des médicaments solubles ou insolubles. Le Codex a réuni toutes ces préparafions sous le nom de glycérés. On trouvei'a tous les détails concernant l'emploi pharmaceutique et thérapeutique de la glycérine au nom 'de cette substance (î;oî/. Glycérine). '* D.

GLYCÉRIDES. On a donné ce nom aux éthers de la glycérine au nombre desquels se trouvent les corps gras naturels. Ces éthers sont désignés par le nom de l'acide ou du radical alcoolique qui entrent dans leur constitution, auquel on ajoute la terminaison ine : acétine, margarine, éthyline. Quant aux éthers à caractère acide, on les désigne par les noms d'acides sylfoglycérique, tartroglycérique, etc.

La glycérine, étant un alcool triatomique, doit donner naissance à trois cesses d'éthers :

C^H"^(HO)^ + C^H^O.OH = H-'O + C5H^(0TI)^pC2H^O * :

Glycérine. Acide Monacéline.

acétique.

GLYCÉRIDES. ^^^

CTP(OII)-> + 2G^IP0.0H = 2IP0 + C'H^'(OH)(OC^irO)^

Diacéline.

Triacétine.

On conçoit facilement aussi l'existence de glycérides mixtes telles que la diacétobutyrine, la dichloracétine, la bromodichlorhydrine, etc., etc.

Les corps gras naturels sont des éthers de la glycérine; c'est à M. Chevreul que l'on doit la découverte de la constitution de ces corps, constitution qui s'est surtout affirmée depuis les belles recherches synthétiques de M. Bertlielot {Ann. Chim. Phys., (5), t. XLI, p. 277), auquel on doit la connaissance de la plupart des glycérides artificiels.

Les corps gras naturels sont tous des glycérides tertiaires à poids moléculaires assez élevés. Ils sont tous insolubles dans l'eau, plus légers que l'eau, décomposables par la chaleur, etc. Nous ne décrirons pas ici ces composés qui trouvent plus naturellement leur place à leurs noms respectifs, notamment margarine, stéarine, pabniline, etc., mais nous décrirons sommairement les principaux glycérides artificiels.

Bromhydrines. Elles se forment simultanément par l'action du perbromure de phos[)hore sur la glycérine et on les sépare par des distillations fractionnées dans le vide.

La monohromhydrine C5H*(0H)'Br distille à 180 degrés dans le vide. C'est un liquide huileux, neutre, soluble dans l'éther; son odeur est pénétrante et aromatique.

La dihromhjdrine C?W{0\\)^v'^ bout à 219 degrés; sa densité est égale à 2,11. La potasse aqueuse la saponifie à 100 degrés. Mais, si on la traite par la potasse très-concentrée, ajoutée par petites portions, on lui enlève seulement une molécule d'acide cblorhydrique et on la transforme en épichlorhydrine ou glycide bromhydrique {voy. Glycide).

Tribromhydrine C'H^Br*. Obtenue par l'action d'un excès de perbromure de phosphore sur la dibromhydrine, elle constitue un liquide pesant, fumant légèrement en présence de l'eau et distillant entre 175 et 180 degrés. Traitée par la potasse solide elle est convertie en dibromiire d'allylène ou glycide dibromhydrique C'H^Br-, liquide distillant à 151-152 degrés en se décomposant.

On obtient une isotribromhydrinc, letribom^ire d'allgle, en traitant le bromure ou l'iodure d'allyle par le brome. C'est un corps solide formant des cristaux incolores et brillants, qui fondent à 16 degrés. 11 distille à 218 degrés. Une saponification complète le transforme en glycérine comme la tribromhydrine proprement dite.

Chlorhydrine. Voy. ce mot.

Epichlorhydrine. Voy. Glycide.

' 'IoDHïDRii»E. L'acide iodhydrique ou le bromure de phosphore ne donne naissance à aucun glycéride stable; on obtient successivement de l'iodure d'allyle C^HM, du propylène et =de l'alcool isopropylique. Mais on connaît des glycérides mixtes renfermant de l'iode, la bromoiodhydrine C^H^(OH)Brl, qu'on obtient par addition d'acide iodhydrique au glycide bromhydrique C^H^OBr, et la chloriodhydrine C^IP(0H)G1I. Cette dernière est un liquide dense, distillant à 226 'degrés.

On connaît de même diverses chlorobromhjdrines.

Cyakhydri>e C^H^(OH)'CAz. Ce corps, qui n'a pas été isolé, se produit par

TA6 GLYCERIDES.

l'action du cyanure de potassium sur la monochlorhydrine. Soumis à l'action de l'acide chlorhydrique, le produit de la réaction fournit un acide C^H^(OH)^CO*H, qui paraît être ideniiquekV acide malique (Hanriot, Bull. Soc. chim., t. XXVIl, p. 256).

Triînitrine. Voij. Nitroglycérine, 2<= série, t. XllI, p. 275.

SuLFHYDRATE DE GLYCÉRINE OC THiOGLYcÉRiNE. En traitant Ics chlorliydrines par le sulfhydrate de potassium, on obtient la ihioglycérine CT1^(0H)'SH; la dithioghjcérine C^lP(OH)(SHf et la trithioglycérine CW{my. Ce sont des composés analogues au mercaptan. Ils sont visqueux, peu solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool. Us forment des combinaisons métalliques.

AcÉTiNEs. On les obtient eu chauffant la glycérine avec de l'acide acétique cristallisable.

La monaceïine G"'H^(OH)^(OC-H''0) se produit à 100 degrés. Pour l'isoler, on sature par le carbonate de potasse, on agite avec de l'éther et on distille la solution éthérée. C'est un liquide neutre, soluble dans l'eau; sa densité est égale à 1,20.

La diarétine C''H'(0H](0G-I1'0)^ prend naissance à 275 degrés. Elle distille à 280 degrés; c'est un liquide neutre, soluble dans l'eau, l'éther, la benzino; densité = 1,184.

Triacétlne. C^lP(OC-ir'0)'\ Elle se forme à 275 degrés avec un grand excès d'acide acétique, ou si l'on traite la tribromhydrine par l'acétate d'argent ("\A ûrtz). Elle est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool.

On a signalé la présence de la triacétinc dans l'huile de fusain (Schweizer) .

Il existe des acétochlorJujdrines, acétohromhydrines, etc., que nous nous bornons à signaler.

Bctyri.nes. On les obtient commelesaeétines. La ??îOHO^M<^/7"/2eC'ir'(0H)-(0C*ir0) est une huile odorante, aromatique et amère ; elle a pour densité 1,088. Elle s'émulsionne avec l'eau qui en dissout une certaine quantité. La dibutyrine présente le même aspect ; elle distille à 520 degrés ; elle rancit très-vite à l'air. La trihulyrine C'1F(C*H'0-)'' existe dans le beurre, mais il n'est pas possible de l'isoler à l'état de pureté. Obtenue par synthèse, elle constitue un liquide odorant d'une saveur piquante et amère, très-solublc dans l'alcool; densité = 1,056. Elle s'acidifie rapidement à l'air.

Formines. On ne connaît que la monoformine C''Ii'(OII)-(OCHO), qui se produit lorsqu'on chauffe à 190 degrés un mélange de glycérine et d'acide oxalique, agitant avec de l'éther et distillant dans le vide le résidu de la solution éthérée. Elle distille dans le vide à 105 degrés. Distillée sous la pression normale, elle se dédouble en alcool allylique, acide carbonique et eau (ToUens et Henninger, Bull. Soc. chim., XI, 594).

Parmi les dérivés alcooliques de la glycérine qui ont été décrits par M. Reboul (Ann. Chim. Phys. (5), t. LX, p. 55 et suiv.), après avoir déjà été signalés par M. Berthelot, nous nous contenterons de citer les éthylines. La vionéthyline G^H^(OH)'-OC-H= se forme par l'action de la monochlorhydrine sur l'éthylate de sodium ; la réaction' est très-vive. On distille l'alcool, on ajoute de l'eau qui dissout l'éthyline; mais celle-ci s'en sépare de nouveau par l'addition de carbonate de potasse. C'est un liquide huileux qui distille à 225-250 degrés.

La diéthyline C''H^(OH)(OC-lPj- se prépare d'une manière analogue avec la dibromliydrine, ou en chauffant à 100 degrés de la glycérine avec de l'éther brorahydrique et delà potasse en excès; c'est un liquide bouillant à 191 degrés.

GLYCÉRIDES. 517

Le pevchlorure du phosphore agit sur la diéthyline ea produisant la diéthylchlorhydrine C"^H^Cl(OG-H*jS liquide insoluble dans l'eau, distillant à 184 degrés et que 1 ethylate de sodium transforme à 120 degrés en triéthyline C"IP(OC-H^)\ Cette dernière est une huile insoluble dans l'eau et qui distille entre 180 et 190 degrés.

Glycérides acides. En s'unissant aux acides polybasiques la glycérine peut foui'nir des glycérides à caractère acide. C'est ce qui a lieu dans les dérivés sulfuriques, phosphoriques et tartriques.

Dérivés sclfoglycériqdes. Ils sont de deux sortes: les uns représentent des étbers acides de l'acide sulfurique; les autres des dérivés sulfonés (sulfureux ou sulfoconjugués).

Acide glycérosulfurique. C"'H''(OH) -SO'H (ou acide sulfoglycérique). Il so forme par l'action de l'acide sulfurique concentré sur la glycérine. On neutralise par un lait de chaux, on concentre la solution liltrée à consistance sirupeuse et l'on fait cristalliser le sulfoglycérate de chaux par un fort refroidissement. L'acide lii)re est instable. Le sel calcique cristallise en aiguilles incolores, trèssolubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool et dans l'éther (Pelouze, Annal. Chim. Phys. (2j, t. LXHl, p. 21). Il se décompose vers 140-150 degrés en donnant de l'acroléine.

Acide glycérodisulfurkjue ou disulfoglycérique. C"'H^(0H)(S0*11)-. Il se produit dans la même action que l'acide monosulfurique. Ses sels sont iucristallisables, sauf celui de potassium, qui cristallise en mamelons; il est peu soluble dans l'alcool. Il se décompose à 180 degrés (A. Gautier).

Acide glycérotnsidfurique ou trisulfoghjcérique. C"'H'XSO''n)"'. Il est solide, très-avide d'eau, altérable. 11 se produit par l'action de la chlorhydrine sulfurique SO'Cl sur la glycérine

5S0^'HC1 ^- C^IP(Oll)^ = C^H*(SO'*H)^ -H oHCI

(Claesson, Journ.Prak. Chem. (2), t. XX, p. 1).

Acide glycérosulfureux. C'1P(0H)-S0''H. Il résulte de l'oxydation de la thioglycérine C^1P(0H)-(SH) par l'acide azotique. C'est une masse gommeuse déliquescente, ainsi que ses sels de potassium et de baryum ; le sel de plomb est cristallisable (Carius).

Acide glycérodisulfureux. C'H^(OH)(SO^H)-. On l'obtient en chauffant la dichlorhydrine avec du bisulfite de potassium. Le sel de potassium cristallise facilement, mais non l'acide libre (Scliaeuffelin).

Acide glycérotrisulfureux. C'H*(SO^H)\ On l'obtient en chauffant la trichlorhydrine avec le bisulfite de potassium.

Acides PHOSPHOGLYCÉRIQ0ES. C''I1'(0H)-P0''H-. Ce corps, que Pelouze a obtenu par l'action de l'acide phosphorique anhydre ou vitreux sur la glycérine, est contenu, d'après Gobley, dans le jaune d'oeuf, qui en renferme 1,2 pour 100 [Journ. Phann. (3), t. IX, p. 161; XI, p. 109, et XII, p. 5). C'est un liquide incristaliisable, offrant peu de stabilité. Ses sels sont généralement solubles dans l'eau, peu solubles ou insolubles dans l'alcool. Le sel de chaux C^H'0-PO*Ca cristallise en lames minces, incolores, d'une saveur acre. Il est soluble dans l'eau froide et sa solution se trouble par l'ébuUition. Le sel de plomb est insoluble.

Acides tartroglycériqdes. L'acide tartrique en agissant sur la glycérine donne la série suivante de glycérides acides :

518 GLYCÉRINE (chimie).

Acide glycérotartrique G^fI'-'0« = C^H^O' + C^H^O^ - H-U

Acide glycéroditartrique C^^H'^0'^ = C^'HU- -h 2C^H«0^ - 2H^^0.

Acide épighjcéroditartrique. . . C^H^^O'^ = C^H^O^ + 2C*H»0^ — oH^O.

Acide glycérotritartrique. . . . C'^1P^0^« = C^'H^O^'H- 5C'H^0«— 2IP0.

Le premier, découvert par Berzelius, s'obtient en chauffant à 100 degrés parties égales d'acide tartrique et de glycérine. On traite le produit pai' de l'eau et de la craie et l'on concentre la dissolution filtrée, qui renferme le glycérotartrate de chaux, sel vitreux et déliquescent.

Les autres acides ont été obtenus par M. Desplats {Compt. rend., t, XLIX, p. 216). Le second se forme lorsqu'on chauffe l'acide tarlrique avec la glycérine à 100 degrés en présence d'un peu d'eau; le troisième, en élevant la température à 140 degrés; le dernier enfin en chauffant à 140 degrés avec un grand excès d'acide tartrique.

En chauflant vers 200 degrés le mélange de glycérine et d'acide tartrique, M. Schlagdenhauffen a obtenu un glycéride qu'il désigne sous le nom de pyruvine et qui a pour composition G"'H^(OH)'G'iPO"' (l'acide pyruvique a pour composition C'"H-0-011). La pyruvine bout à 242 degrés, mais en s'altérant. C'est un compoîé cristallin blanc, fusible à 78 degrés. Elle cristallise très-bien dans le sulfure de carbone. Son dissolvant le plus actif est le chloroforme. L'eau décompose la pyruvine en acide pyruvique et glycérine {Bull. Soc. chim., t. XVll, p. 501). Ed. Willm.

CiLTCÉMiE. Voy. Glycohémie.

GLYCÉRIXE. § I. Chimie. C''H^O^. La glycérine a été découverte en 1779 par Scheele, qui l'avait retirée des huiles en les traitant par l'oxyde de plomb. Il l'avait désignée sous le nom de principe doux des huiles. Elle est contenue dans toutes les matières grasses naturelles. Celles-ci, en fixant les éléments de l'eau, se dédoublent toujours en acides gras et glycérine, comme les éthers composés se dédoublent en alcool et acide. Cette opération, qui porte le nom de saponification, a lieu le plus facilement sous l'influence des alcalis, de la chaux, de la litharge. Les premiers travaux importants sur la glycérine sont [dus à M. Chevreul {Rech. sur les corps gras, 1825, à Pelouze {Ann. Chim, Phys. (2), t. LXlII,p. 19), à Redtenbacher, Annal. Chem. u. P/wrwt., t. XLVII, p. 115). M. Bertholot [Ann. Chim. Phys. (5), t. XLI, p. 216), en réalisant un peu plus tard la synthèse des corps gras, en partant de la glycérine, a mis en lumière les fonctions alcooliques de ce composé (roî/. Glïcérides).

La glycérine est contenue dans certaines huiles végétales, notamment dans l'huile de palme, en partie à l'état de liberté ; un traitement à l'eau bouillante suffit pour l'isoler dans ce cas.

On rencontre la glycérine d'une manière constante parmi les produits de la fermentation alcoolique.

Préparation de la ghjcérine. On obtient la glycérine dans la préparation de l'emplâtre simple, opération qui consiste à saponifier une huile par la litharge. La solution aqueuse, séparée du savon de plomb et privée par l'hydrogène sulfuré de l'oxyde de plomb tenu en dissolution, abandonne la glycérine lorsqu'on l'évaporé à consistance sirupeuse.

Pour retirer la glycérine des eaux mères de la fabrication du savon, après

GLYCÉRLXE (chimie). 319

précipitation de celui-ci par le sel marin, on neutralise l'alcali par l'acide sulfurique, on évapore et on reprend le résidu, en partie sirupeux, par l'alcool, qui dissout la glycérine et laisse les sels alcalins. La solution alcoolique doit ensuite être décolorée par le noir animal et évaporée de nouveau. Le résidu est finalement repris par de l'alcool fort et la solution évaporée au bain-raarie.

Lorsqu'on a eu recours à la saponification calcaire, on suture la solution aqueuse par l'acide sulfurique, puis l'excès de cet acide par la craie, et l'on concentre à 24 degrés Baume ; on sépare le sulfate de chaux qui se dépose, on décolore par le noir animal et l'on concentre à 28 degrés Baume (densité 1,23). Dans ce cas, la glycérine renferme un peu de chaux.

Pour obtenir la glycérine exempte de matières minérales, on la distille dans un courant de vapeur d'eau surchauffée, opération qui constitue non-seulement un procédé de purification, mais bien un procédé de fabrication. En effet, la vapeur d'eau surchauffée est susceptible d'effectuer la saponification des matières grasses, sans l'intervention d'un alcali. C'est ce qu'ont déjà fait voir MM. Chevreul et Gay-Lussac, en 1825.

Voici le principe des appareils employés pour utiliser ce procédé : on dispose les matières grasses dans un alambic chauffé à feu nu et traversé par un courant de vapeur surchauffée, arrivant par la partie inférieure, de manière à traverser toute la masse. La température doit être maintenue entre 288 et 515 degrés. Une température plus élevée entrahierait la décomposition d'une partie de la glycérine, décomposition qui se manifeste par la production de vapeurs acres. Les corps gras se dédoublent dans cette opération en acides gras et en glycérine. Le tout distille et vient former dans le récipient deux couches ; la plus légère est formée par les acides gras; la partie aqueuse tient la glycérine en dissolution. On la soutire et on la concentre.

Synthèse et constitution. M. Wiirtz a régénéré la glycérine à l'aide du tribromure d'allyle C^H^Br. L'acétate d'argent convertit cetribromure en triacétine

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