‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 33 sur 97 · FORMULE DE SIMON · texte numérisé non relu

FORMULE DE SIMON

Gîycérine 8 grammes.

CoUodion 6 —

GLYCÉRINE (thérapeutique). 345

FORMULE DE DEBODT.

Glycérine là 3 parties.

Sous-nitrate de bismuth 3 —

Enfin, je signalerai d'après Stratin la mixture suivante qui combattrait VaJopécie consécutive aux maladies aiguës, ou bien celle qui résulte de la sécheresse ou du défaut d'action du cuir chevelu, et qu'on emploie en lotions deux fois par jour :

Esprit d'ammoniaque composé 30 grammes.

Glycérine - . 13 —

Teinture de caDlharides 4à 8 —

Eau distillée de romarin 200 —

La glycérine ne joue ici qu'un rôle tout à fait secondaire. Dans le cas A'érysipèle, la glycérine pure, le mélange de :

Précipité blanc 1 gramme.

Alun 50 —

Glycérine 100 —

préconisé par le médecin belge Anciaux, qui s'appuie sur 5 cas de guérison rapide, ou mieux, leglycéré de sucrate de chaux, suivant la formule de Latour, que j'ai donnée en parlant des brûlures, ces agents, dis-je, étendus sur les régions malades, calment la douleur, tempèrent la chaleur acre, l'ardeur, la cuisson, et diminuent la tension des téguments. Je ne crois pas cependant qu'ils aient la moindre influence sur la durée de cette dermite spéciale. Toutefois il résulte des observations du docteur Muller, médecin de l'armée, que le Uniment de Latour étendu sur les régions érysipélateuses calme aussitôt les douleurs, atténue la rougeur et favorise la résolution des phénomènes inflammatoires. C'est un adjuvant précieux, dit-il, dans le traitement de Véryxipèle de la face (1880).

Dans la variole, la glycérine rend également de bons services, et du même ordre, aux malades lors de la période de dessiccation; de plus elle modère beaucoup les démangeaisons et facilite la chute des croiites. Mais il n'y a évidemment pas à compter sur cet agent pour empêcher les cicatrices ou marques de se produire et même les croûtes de se former, comme le veut Posner (de Berlin), qui prétend obtenir un pareil résultat en appliquant toutes les heures ce topique sur les pustules varioliques. Les cautérisations au nitrate d'argent ou au sublimé corrosif sont des moyens plus sûrs et plus usités aujourd'hui.

Dans Yanasarque enfin, d'origine albuminurique, James Jones emploie la glycérine en onctions sur la peau pour faciliter la diaphorèse.

II. Maladies internés. Les propriétés reconstituantes de la glycérine ont été mises à profit dans un certain nombre d'affections qui s'accompagnent de débilité plus ou moins profonde de l'organisme ; ses vertus antiseptiques, dans certaines maladies putrides, et enfin ses qualités stimulantes des organes digestifs, l'ont fait prescrire dans quelques dyspepsies.

a. Phthisie pulmonaire. Il faut attribuer au médecin américain Crawcourt, de la Nouvelle-Orléans, le mérite d'avoir signalé le premier les services que ce corps gras peut rendre aux sujets affectés de tuberculose pulmonaire. Ses expériences, qui remontent à l'année 1855, ne tendaient rien moins qu'à recherclier si la glycérine n'était pas un succédané de l'huile de foie de morue. L'auteur crut en effet qu'elle était appelée à remplacer ce dernier médicament

546 GLYCÊRLNE (thérapeutique).

si répugnant au goût, car il lui reconnaissait la même action curative dans la phlliisie pulmonaire.

En 1856, un pharmacien français, Lambert-Séron, ajouta un peu d'iode à la glycérine suivant cette formule :

Glycérine 1000 grammes.

Iode pur 20 centigrammes.

Alcool rectifié Q. S.

et proposa cette solution comme succédané plus complet de l'huile de morue, applicable au traitement de la phthisie pulmonaire, du rachitisme et des affections strumeuses, à la dose de trois cuillerées par jour.

Depuis 1853-1856, divers médecins ont aussi vanté les mérites de la glycérine dans cette maladie : tels sont Lauder Lindsay, Davasse, Jos. Morton (de Glasgow), Mercer Adam, Gilchrist, qui l'ont vue rendre des forces et de l'embonpoint aux malheureux poitrinaires et affirment que c'est un véritable reconstituant pour ces malades.

Le professeur Jaccoud a particulièrement soutenu cette thèse de Crawcourt que la glycérine « peut suppléer l'huile de morue dans une mesure vraiment utile ». Les deux agents ont en effet, pour lui, les mêmes qualités eutrophiques, puisque les sujets qui les prennent augmentent de poids.

La dose quotidienne à donner ne doit pas dépasser 40 à 60 grammes, sous peine, dit Jaccoud, de causer une certaine ivresse qui se traduit par de l'agitation, de la loquacité, de l'insomnie, et même un peu d'hyperthermie.

L'élévation de la température, en dehors des données pathologiques, indiquerait la saturation de l'organisme : il faudrait alors diminuer la dose journalière. Je dois dire en passant que ces symptômes spéciaux ont été seulement observés par Jaccoud ; je n'en ai trouvé aucune mention dans les ouvrages que j'ai consultés. Pour rendre le médicament moins désagréable au goût, ce médecin distingué l'associe à 10 grammes de cognac ou de rhum.

Dans ses leçons sur La curahilité et le traitement de la phthisie pulmonaire, publiées en 1881, il a soin de recommander l'usage de la glycérine toutes les fois que les phihisiques ne tolèrent pas l'huile de morue, et cette pratique qu'il a adoptée depuis dix ans lui a, dit-il, toujours parfaitement réussi.

En 1878, BlacUer publiait de son côté, dans le Courrier médical, 9 observations démontrant l'efficacité de la médication glycérique dans la phthisie pulmonaire. 11 concluait qu'aux deux premières périodes de celte maladie elle améliore beaucoup l'état des sujets. Ceux-ci digèrent mieux, s'engraissent, deviennent plus robustes, ont moins de sueurs, toussent plus rarement, n'ont pas de diarrhée.

A l'auscultation, on constaterait même une amélioration sensible dans l'état local. Tisné, qui a étudié également les effets de la glycérine dans la consomption, et se déclare partisan lui aussi de cet agent dont il s'est bien trouvé, n'admet de modifications curatives qu'à la première période. Ce sont là des résultats satisfaisants, et dont on ne peut guère mettre en doute la réalité; ils encouragent de nouvelles expériences. Bien entendu, la glycérine ne guérit pas la phthisie pulmonaire, mais elle ralentit la chute des sujets qui en sont atteints, ce qui a bien son importance dans l'espèce. Elle a, en outre, l'immense avantage d'être d'un emploi facile et inoffensif.

D'après Debout, on l'associerait avec avantage au chloroforme pour combattre

GLYCÉRINE (thérapeutique). 3l7

les vomissements et l'insomnie des phthisiques. 2 grammes de chloroforme s'associent — je ne dis pas se dissolvent — assez bien à 50 grammes de glycérine, et c'est cette mixture qu'il faut faire prendre aux malades par cuillerée à café dans une infusion béchique.

Il est clair qu'on administrera le même remède avec avantage dans la scro^ fulose, dans le rachitisme, dans tous les cas, en somme, où l'on observe ce que Bouchardat a appelé d'un terme très-pittoiesque, la misère physiologique. Ce sera la ressource en réserve toutes les fois que l'huile de morue n'est pas supportée. Si, en effet, il est téméraire d'affirmer que la glycérine est le succédané de celte huile et qu'elle lui équivaut, il n'est que juste de reconnaître que ses effets thérapeutiques la rapprochent beaucoup de ce médicament admirable, mais par trop répugnant. Parmi les médecins qui ont rapporté son efficacité contre les affections strumenses, je citerai Stirling (de Pesth), Browne, Lauder Lindsay, et, dans les maladies de langueur, Deighton.

Diabète. Je crois que Bouchardat l'un des premiers, le premier peut-être, rechercha les propriétés thérapeutiques de la glycérine dans cette maladie, car ses essais remontent déjà à l'année 1859. Je dois dire qu'ils furent infructueux à ce point que l'éminent hygiéniste cessa à peu près de la prescrire comme antidiabétique, si ce n'est dans de certaines conditions que j'indiquerai bientôt.

Plus récemment un médecin russe, Schultzeu (de Dorpat), essaya de tenter une réaction en faveur de cette substance en publiant plusieurs faits tellement remarquables qu'ils provoquèrent dans toute l'Europe de nouvelles expériences.

Le but de Schultzen était de fournir aax diabétiques un agent de combustion qui, brûlant facilement dans l'organisme, empêcherait une dénutrition trop rapide. 11 prescrivait :

Glycérine pure 25 grammes.

Acide tartriquc 2 —

Eau 700 —

à prendre en vingt-quatre heures. Sous l'influence de ce médicament et de la diète carnée nécessaire dans cette cure spéciale, le sucre diminuait dans l'urine ainsi que l'urée et le diabète allait de mieux en mieux. En définitive, le traitement de Schultzen avait la prétention de prolonger la vie des malades, d'améliorer singulièrement leur état dans les cas graves et de les guérir dans les cas légers.

Dans une communication qu'il fît à l'Académie des sciences, en 1875, Garnier confirma les résultats cités par le médecin russe. Il donnait lui aussi la glycérine à la dose de 20 à 50 grammes par jour, l'associant toutefois à l'alcool et à une substance aromatique.

Malheureusement je serais assez embarrassé de fournir d'autres témoignages aussi favorables.

La glycérine n'est pas le médicament du diabète, tout au plus peut-elle être un adjuvant dans les traitements à opposer à cette grave maladie.

En donnant, dit Bouchardat, aux diabétiques maigres, à ceux qui sont habituellement constipés, ou qui ont de la bronchite, quelques cuillerées à café de ce médicament dans du thé ou da café, on en obtient d'utiles effets. Et pour Pavv et Abboths Smith, elle facilite les digestions, d'oij une indication nouvelle de son emploi chez les diabétiques qui digèrent mal. Je crois d'ailleurs que Julius Jacobs a résumé parfaitement son mode d'action en disant que c'est un palliatif

348 GLYCÉRINE (thérapeutique).

qui diminue la soif et l'excre'tion de l'urée, arrête l'amaigrissement, mais n'atteint pas le diabète lui-même dans son origine.

Elle améliore l'état général des sujets suivant Harnack ; toutefois, elle n'a aucune influence sur l'élimination du sucre ou sur la sécrétion urinaire, même aux doses énormes de 180 à 560 grammes par jour.

Malgré tout je ne saurais, en présence d'assertions aussi précises condamner complètement l'emploi de la glycérine dans le diabète et admettre l'opinion de Cantani qui affirme qu'elle est plus nuisible qu'utile aux diabétiques. Pour le médecin italien, elle augmenterait la glycosurie et serait mal tolérée par la plupart des sujets, bientôt pris de diarrhée pendant son usage.

Mais Cantani donnait des doses fortes, 80 à 200 grammes. Or, si l'on admet : 1« que dans ces conditions le médicament passe dans l'urine ; 2» que comme la glycose il réduit la liqueur de Fehling (Bouchardat), il devient possible d'expliquer l'erreur de Cantani par une analyse défectueuse de l'urine. D'autre part, les doses de 80 à 200 grammes ne peuvent être tolérées facilement.

Maladies de C appareil digeatif. Dans la dyspepsie atoniqne, Sidney Ringer et Murrell ont préconisé cet agent auquel ils attribuent la propriété de diminuer la flatulence, l'acidité et la pyrosis, ce qu'ils expliquent en disant qu'il empêche ou retarde certaines fermentations, entre autres la fermentation lactique. Il est plus probable que sa réelle action est de stimuler la sécrétion du suc gastrique, de dissoudre ce suc et de faciliter son rôle dans le grand acte de la digestion. De plus, la glycérine est laxative, ce qui veut dire qu'elle excite la sécrétion intestinale : donc à ce litre encore elle est bonne pour les dyspeptiques.

Je l'ai souvent prescrite pour mon compte à ces malades, associée à la pepsine, suivant cette formule :

Poudre de pepsine médicinnle 20 centigrammes.

Glycérine pure Q. S.

F. s. a. une pilule.

et je m'en suis toujours très-bien trouvé. Mes malades prenaient chaque jour de deux à quatre de ces pilules aux repas principaux. Deighlon et Wilson l'ont également prescrite dans la dyspepsie ou la gastrite et s'en louent beaucoup.

Dans la dysenterie, elle a bien réussi également, comme je l'ai déjà indiqué. J'ajoute que Daudé a formulé le traitement que voici en 1857 : le malade prendra par jour deux lavements, avec 50 grammes de glycérine dans 150 grammes de décoction de graine de lin, et la potion suivante :

Glycérine 43 grammes.

Eau de fleurs d'oranger 1 ,^ r. .^n

^ ° 1 Q- S. pour IdO grammes.

Le médicament agit ici évidemment comme laxatif, antiputride et cicatrisant des ulcérations intestinales.

C'est encore en raison de ses propriétés cathartiques que la glycérine est utile pour modérer ou arrêter le flux hémorrhoidal. Celte propriété, qui lui a été reconnue par David Youg (de Florence), en 1878, serait parfaitement puissante, au dire de Jalland. Il suftit d'une dose de 6 à 10 grammes matin et soir, pour obtenir l'effet thérapeutique.

Un médecin anglais, Shedd (de Manchester), a observé encore les bons effets de cet agent dans la fièvre typhoïde, à la dose bien minime de 6 grammes par jour. Elle agit encore ici à titre de laxatif et d'antiseptique.

GLYCÉRINE (thiîrapeutique).

Trichinose. Cette application assez étrange a été' proposée par un Américain, le docteur Barton, qui prétend avoir guéri des malades atteints de cette maladie parasitaire en les soumettant aux doses massives de glycérine.

Calculs biliaires et colique?, hépatiques. La glycérine agit sur le foie, ceci est hors de doute, elle congestionne cet organe, au point qu'on a vu la matité hépatique augmenter pendant son usage, elle fluidifie la bile et devient même cholagogue. C'est d'après ces considérations que Ferrand l'a donnée à des malades atteints de coliques hépatiques, et il a observé qu'elle avait le grand avantage d'éloigner les accès. C'est là une bonne application que je recommande volontiers. 15 à 20 grammes par jour suffisent en pareil cas.

III. Matière médicale. La glycérine n'est pas moins remarquable au point de vue de ses qualités pharmaceutiques que comme médicament ; aussi bien ce chapitre que je vais écrire n'est-il pas l'un des moius intéressants de son histoire. Pour la facilité de la description il me faut établir ici deux divisions : l'une qui aura trait aux propriétés pharmaceutiques, l'autre à l'application de ces propriétés à l'art de formuler.

A. Propriétés pharmaceutiques. On a dit avec raison que cet alcool est le type accompli dos excipients. La glycérine, en effet, dissout un grand nombre de médicaments et n'exerce sur eux aucune action chimique. Elle participe à la fois des propriétés de l'eau, de l'huile et de l'alcool en tant que dissolvant. Joignons à cela qu'elle ne s'altère que difficilement, qu'elle n'est pas volatile et n'a pas, comme nous le savons, d'action nocive ou désagréable sur le tégument externe ou sur les voies digestives.

Le tableau suivant que j'emprunte à la thèse de Surun, nous renseigne exactement sur le pouvoir dissolvant de cette substance. Je n'ai pas besoin de dire qu'il s'agit ici de la glycérine pure, officinale, dont le type le plus usité est la glycérine anglaise dite encore de Price, préparée autrefois, comme on le sait, avec l'huile à'Elceis guianensis, vulgairement l'huile de palme :

1 00 parties de glycérine dissolvent :

Brome En toute proportion.

Iode ^.90

Soufre ">'

Phosphore "'^

Bromure Je potassium "5

Protobromure de mercure Insoluble.

lodure de potassium 40

— de ziuc 'iO

Proioioduredefer. . . . Eu toute proportion.

loduie de plomb Insoluble.

Protoiodure de mercure —

Biiodure de mercure —

SuUïire de carbone —

Monosulfure de sodium. . En toute proportion.

Persulfure de potassium 25

Cyanure de potassium S2

— de mercure -'

Chlorhydrate d'ammoniaque 20

Chlorure de sodium 20

— de barium 10

— de zinc SO

Protochlorure d'antimoine. En toute proportion. Pcrchlorure de fer. . . . —

Bichlorure de mercure 't^"

Pi'otochlorure de mercure Insoluble.

Chlorate de potasse 3.50

Hypochlorite de soude . . En toute proportion.

Hypochlorite de potasse..

Acide arsénieux

— arsenique.

Arséniate de soude

En toute proportion.

— de potasse 50

Acide sulfurique En tonte proportion.

— azotique —

— pliosphorique ... —

— chlorhydrique]. . . —

— chromique Décomposé.

— acétique En toute proportion.

— (arlrique —

— citrique —

— oxalique 15

— borique 10

— lactique En toute proportion,

— benzoïque 10

— urique Insoluble.

Ammoniaque En toute proportion.

Potasse caustique .... —

Soude caustique —

Carbonate de soude 98

Bicarbonate 8

Carbonate d'ammoniaque 20

Urée 50

Borate de soucie 60

Alun 40

GLYCÉRINE (thérapeutique).

Sulfate de fer 2a

— de zinc 33

— de cuivre "^O

Azotate d'argent En toute proportion.

— acide de mercure . —

Bichromate de potasse Décomposé.

Permanganate de potasse —

Acétate de plomb 20

— neutre de cuivre 10

Émétique 5,50

Tartrate de potasse et de fer 8

Lactatede fei- 16

Tannin SO

Quinine 0,50

Cinclionine 0,50

Sulfate de quinine 2,75

— de cinchonine 6,70

Codéine En toute proportion.

Morpiiine 0,45

Clilorhydrate de morphine 20

Atropine 3

Sulfate d'atropine 33

Strychnine 0,25

Sulfate de strychnine 22,50

Brucine 2,25

Vératrinc 1

La glycérine dissout encore les gommes, les sucres, les matières colorantes, les sucs végétaux, l'alcool, les teintures, les extraits, les savons, la créosote, l'albumine de l'œuf, le goudron végétal, le coaltar, la rhubarbe, la cochenille. D'une façon générale, les corps sont d'autant plus solubles dans ce véhicule qu'ils le sont davantage dans l'alcool, à l'exception toutefois de l'émétique qui, insoluble dans l'alcool, se dissout dans la glycérine.

En revanche, elle ne dissout pas l'éther, ni le chloroforme ; les teintures de musc, de casloréum, de tolu, de benjoin, d'asa fœtida, de gomme-gutte, l'alcool camphré, les teintures éthérées et les extraits éthérés, l'amidon, les huiles grasses, le beurre de cacao, les essences, les résines, la cantharidine.

Cette énumération me paraît suffisante pour montrer au lecteur quelles immenses ressources la glycérine offre aux praticiens pour construire leurs formules médicamenteuses.

Les pharmaciens, de leur côté, trouvent dans la glycérine un auxiliaire de premier ordre pour leurs préparations. Ainsi Duquesnel a montré, dans un travail publié en 1869, qu'elle se prête admirablement à la préparation et à la conservation des extraits. Elle dissout en effet les matières extractives, les sucres et les gommes, comme l'eau, et comme l'alcool certaines résines.

Voici quelques procédés proposés par ce pharmacien distingué pour la préparation de glycéro-extraits.

Ghjcéro-extrait de belladone. Prenez suc de belladone Q. V., clarifiez et ajoutez 20 grammes de glycérine par kilogramme de plante fraîche. Evaporez au bain-marie, de manière à obtenir 40 grammes d'extrait par kilogramme de matière première.

On obtient de la même façon les glycéro-extraits de ciguë, jusquiame, etc.

Ghjcéro-extrait d'ai-moise. Faites une infusion et additionnez de 200 grammes de glycérine par kilogramme de plante ; chauffez au bain-marie, laissez refroidir et filtrez. Faites évaporer au bain-marie pour obtenir 400 grammes de produit.

On prépare également des glycéro-extraits en traitant de la même façon des macérés, par exemple, ceux de gentiane, ratanhia, monésia, etc.

Ghjcéro-extrait d'opium. Dissolvez l'extrait d'opium dans l'eau distillée, iiltrez et ajoutez une quantité de glycérine égale au poids d'extrait ; évaporez au bain-marie pour obtenir le double de l'extrait [employé.

Toutes ces préparations renferment la moitié de leur poids de glycérine, l'autre moitié étant de l'extrait normal. Ce qui fait qu'en prescrivant O^^Oo de glycéro-extrait d'opium à un malade on ne lui donne, en somme, que 25 milligrammes de substance active.

Elles offrent comme avantages les suivants : un grand degré d'inaltérabilité et leur incorporation facile au sirop simple pour former des sirops composés.

GLYCÉRINE (thérapeutique). 351

Mais voici d'autres préparations d'usage constant aujourd'hui en médecine.

Glycérés. Glycérolés. Glycérats. Tous ces noms servent aujourd'hui à désigner indistinctement les solutions médicamenteuses dans la glycérine. Cap, Fauteur d'un travail excellent sur le principe doux des huiles, avait proposé le nom de ghjcérolé pour désigner des médicaments ayant comme excipient la glycérine, du radical glycérol. Puis le Codex adopta le terme gJycéré el enfin Dorvault ci^éa l'expression glycérat, qu'il appliquait à distinguer les préparations de consistance molle ou solide rappelant un peu le cératou les onguents, tandis qu'il appelait glycérolés les préparations liquides.

Le Codex a simplifié les choses en désignant sous le nom de glycérés toutes les formules dans lesquelles entre la glycérine comme excipient ou le glvcéré d'amidon. Les médecins devraient adopter exclusivement ce mot, mais l'habitude est prise maintenant, je le répète, d'écrire glycéré ou glycérolé sur les ordonnances.

Les glycérés sont s/mp/es ou composés. Les premiers sont formés de glycérine rendue consistante à l'aide d'une poudre inerte ; les seconds renferment un principe médicamenteux dissous soit dans la glycérine pure, soit dans le glycéré simple.

I. Glycérés simples. Le plus remarquable, celui qui est d'un usage général aujourd'hui dans la pratique médicale et qui rend les plus grands services, est évidemment le glycéré d'amidon, glycerinum amyli.

1^ Glycéré d'amidon. L'idée première de cette association est due à MM. Cap et Garot, qui auraient proposé pour remplacer l'axonge des pommades ordinaires le mélange à parties égales de glycérine et de poudre d'amidon à la température ambiante.

En chauffant ce mélange, on obtient un corps particulier bien stable, qui est le véritable glycéré d'amidon. Naturellement les proportions réciproques des composants peuvent varier et chacun aurait sa formule, s'il n'existait pas une préparation officinale donnée par le Codex. Voici la formule officielle :

Amidou pulvérisé 10 grammes.

Glycérine 150 —

Mêlez et chauffez doucement dans une capsule de porcelaine jusqu'à ce que la masse se prenne en gelée. Celle-ci est blanche, demi-transparente, onctueuse au toucher, et donne la sensation de fraîcheur. Comme l'axonge, elle sert à confectionner une foule de pommades ou glycérés composés.

On peut en rapprocher V onguent de glycérine de Simon (de Berlin), obtenu en faisant bouillir au bain de vapeur :

Glycérine 5 grammes.

Aiaidon 1 —

Le glycéré d'amidon est tellement usité aujourd'hui que je n'hésite pas à entrer dans de nouveaux détails à son sujet. Je les emprunte à la thèse de pharmacie de Henri Mayet, qui a étudié très-particulièrement ce point de pratique. On ne réussit pas toujours, dit-il, à préparer facilement ce médicament ; il y a plusieurs causes à cet insuccès. Tout d'abord, lorsque la glycérine est trop concentrée (Herlant [de Bruxelles]), on échoue, à moins d'ajouter un peu d'eau. C'est quand la glycérine marque 28 degrés qu'elle se prête le mieux à la préparation du glycéré d'amidon ; à 90 degrés centigrades, en effet, la masse se prend en une belle gelée transparente.

352 GLYCÉRINE (thérapeutique).

Une autre cause d'insuccès réside dans l'amidon lui-même qui est souvent falsifié. Au lieu de celui de blé on a de l'amidon de riz ou de maïs. Alore il faut chauffer le mélange jusqu'à 1 1 1 degrés centigrades, ce qui peut brûler la préparation et la rendre dure, solide.

Il y a donc tout intérêt à se procurer de l'amidon de blé de bonne qualité et, à son défaut, celui d'arrow-root, qui donne aussi un glycérolé d'une belle transparence et se conservant admirablement.

2" Glycéré (Vargik ou épithème argileux. Tel est le nom d'une préparation proposée par Vigier en j87i {Compt. rend, de la Soc. de thérapeutique), comme adjuvant du glycérolé d'amidon et pour remplacer le cérat dans les pansements de petite chirurgie. Voici sa formule :

Terre glaise One et humilie des ^t^tl^^irei 100 grammes.

Glycérine pure 50 —

Triturez jusqu'à parfait mélange et, au besoin, broyez sur le porphyre au moyen d'une molette.

On peut remplacer l'argile humide par l'argile sèche, mais alors la formule précédente sera modifiée comme il suit :

Argile sèche en poudre impaliiabli? 75 grammes.

Eau distillée 25 —

Glycérine pure 50 —

Cet épithème couvre fort bien les plaies et devient un moyen d'occlusion assez parfait. Il n'est pas irritant et constitue un très-bon vulnéraire.

0° Le glycéré de savon a été proposé par Thirault, pharmacien de Saint- Étienne, d'après cette formule :

Glycérine 50 grammes.

Poudre de savon animal là 4 —

Dissolvez le savon au bain-marie, versez cette solution dans un mortier de marbre légèrement chauffé et agitez la masse jusqu'à refroidissement.

Cette préparation n'est guère usitée, à tort peut-être, car elle participe des propriétés de la glycérine et des saponés, lesquels seraient supérieurs aux glycérolés, suivant Deschamps (d'Avallon), pour faire traverser la peau par les médicaments.

4° Glycéré adragant. Sa formule est celle-ci :

Glycérine concentrée 30 grammes.

Gomme adragante 1 —

llêlez.

Chauffez ce mélange sans dépasser 80 degrés. On obtient une gelée diaphane qui se conserve très-bien [Ann. Soc. méd. chir. de Liège, 1878).

Les usages des glycérés simples sont multiples : ce sont d'excellents excipients et ils jouissent de toutes les propriétés de la glycérine comme topiques. Ils l'emportent sur l'axonge et les corps gras ordinaires en ce sens qu'ils se conservent sans s'altérer ou rancir, ne salissent pas et sont faciles à manier.

5<^ Glyconine. Je rapproche de ces préparations l'émulsion de jaune d'œuf dans la glycérine désignée par Sichel sous ce nom de glyconine. Elle a une consistance onctueuse et forme à la surface de la peau un vernis demi-transparent quand on l'étend sur ce tégument. Ses applications pourraient être celles

GLYCÉRIKE (thérapeutique). 553

des glycérolés que je viens de décrire. La glyconine est peu altérable : un échantillon conservé trois ans ne s'était pas modifié, ce qui se comprend facilement, étant dotmé que la glycérine est un admirable agent conservateur des substances organiques, comme je l'ai indiqué au début de cet article.

II. Glycérés composés. Les formules qui ont été données de ces médicaments dans les traités de thérapeutique et les publications périodiques sont innombrables. Il serait sans intérêt de les reproduire ici, je me borne donc à quelques exemples d'une certaine valeur.

Les alcaloïdes organiques ou leurs sels sont solubles dans la glycérine, ce qui fait qu'on a proposé les glycérés suivants ainsi titrés :

Chlorhydrate de morphine 20*

Azotate de strychnine , 25°

Vérairine 100°

Brucine 70°

Atropine 50°

Ces préparations sont presque inusitées. Nous possédons dans les injections hypodermiques des moyens beaucoup plus sîirs de doser et de faire absorber les alcaloïdes désignés ci-dessus.

Le glycéré de quinine, peu usité aussi, rendrait par contre de bons services dans la pratique médicale. Il a été proposé par un pharmacien de Clermont, Chautard, en 1861.

La glycérine dissout, en effet, très-bien le sulfate de quinine : 1 gramme de ce sel exige seulement 40 grammes de véhicule, et la solution est limpide. La préparation est d'une conservation illimitée, se mélange facilement à l'eau ou bien au sirop simple.

Ce glycéré constitue un moyen commode d'administrer la quinine en solution, soit à l'intérieur, soit en lavement. Voici trois formules données par Chautard que je reproduis volontiers :

1° Glycérolé de sulfate de quinine au 40" 10 grammes.

Sirop de haume de tolu 30 —

Eau 60 —

Ce qui représente 25 centigrammes d'alcaloïde.

2° Glycérolé de sulfate de quinine 20 grammes.

Sirop d'écorce d'orange amère 30 —

Eau distillée 70 —

Ici la dose de quinine est de 50 centigrammes.

5» Glycérolé de sulfate de quinine 40 grammes.

Décocté de guimauve et de pavot 80

Pour un quart de lavement, dosé à 1 gramme de sulfate de quinine. Flarer a proposé le glycéré de chlorhydrate de quinine d'après cette formule :

Glycéré d'amidon 4 grammes.

Chlorhydrate de quinine 1 —

qu'il recommande à l'intérieur dans les affections des yeux : catarrhe chronique de la conjonctive, kératites phlycténulaire, pustuleuse et parenchymateuse. Wilson a proposé un glycéré d'iodure de quinine à 5 centigrammes pour 4 grammes de véhicule, et un autre de citrate de fer et quinine dans les

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