‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 40 sur 97 · L- • ■ ■ 'CH^(AzIF).CO · texte numérisé non relu

L- • ■ ■ 'CH^(AzIF).CO

La combinaison cuivrique, . ^ - ^Cu -h II-O s obtient par i union

du glycocolle cuivrique et de l'azotate de cuivre. Il forme des aiguilles bleues qui font explosion à 180 degrés.

Les combinaisons bartjtùjue, calcique, zincique, sont cristallisées. Les combinaisons magnésiqne et plomhique sont incristallisables.

Chlorhydrate de glycocolle C'IPAzO-IlCl. Longs prismes aplatis et déliquescents, de saveur acide et astringente, très-solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool absolu. 11 se forme lorsqu'on fait bouillir l'acide hippurique avec l'acide chlorhydrique.

On obtient le sel basique (G-H*AzO^)^HCl, en cristaux orthorhombiques, en abandonnant une solution de glycocolle avec de l'acide chlorhydrique.

Le glycocolle s'unit directement aux chlorures pour former des combinaisons solubles et cristallisables.

Oxalate de glycocolle (C^IPAzO-)^C-'H-0'\ Se produit par l'action de l'acide oxalique sur le glycocolle ou sur l'acide hippurique. Cristaux orthorhombiques, solubles dans l'eau.

Sulfate de glycocolle (C'H'ÂzO-)^SO''H^. Gros prismes incolores, inaltérables à l'air, à saveur acide, solubles dans l'eau et dans l'alcool laible.

On obtient un sulfate potassique double sous la forme d'un précipité cristallin, lorsqu'on ajoute de l'alcool à une solution de glycocolle et de bisulfate de potasse.

Combinaisons métalliques [Glycolamates , glycocollntes, glycolamidates , oxyacétamates) . Elles ont en général pour composition CH-(AzlI')CO-M ou [GH-(AzII-jCO^]-M. On les obtient généralement par dissolution des oxydes métalliques dans une solution aqueuse de glycocolle.

Glycocollate d'argent. (C-H'AzO-)Ag. On fait digérer le glycocolle avec l'oxyde d'argent à 80 degrés, puis l'on fait bouillir et on filtre.

Glycocollate de cadmium. (C-lPAzO-j-Cd + H'O. Lamelles brillantes se déposant par le refroidissement. 11 en est de même du sel de zinc.

Le glycocollate de cuivre se dépose par le refroidissement sous la forme d'une masse cristalline bleue. Il se dépose aussi en aiguilles par l'addition d'alcool à un mélange de glycocolle et de sulfate de cuivre.

Le sel de plomb forme des aiguilles incolores, décomposables par l'acide carbonique.

Le glycocollate mercurique, produit à une douce chaleur, se dépose par le refroidissement sous forme cristalline. Par l'ébullilion, ce sel se décompose en dégageant de l'acide carbonique et en produisant du mercure métallique.

Éthers du glycocolle. Nous comprendions sous celte lubrique et les éthers proprement dits et les dérivés alcooliques résultant d'une substitution d'un radical alcoolique à l'hydrogène amidique (Schelling, Annal. Chem. Pharm., t. CXXVII, p. 97. — Krautet Hartmann, ibid., t. CXXXIII, p. 99. — Ileintz, ibid., t. CXLV, p. 2I-'i. — Voy. aussi BuL de la Soc. chim. [nouv. sér.], t, I, p. 140, IV, p. 285, X, 485).

BICT. ESC. 4' S. IX. 24

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Glycocollate d'éthyle. Cir-{k?Àl%0'-CmK On obtient la combinaison iodhydrique de cet éther en chauffant à 120 degrés le glycocolle avec de l'alcool et de l'iodure d'éttiyle. Cet iodhydrate forme des cristaux orthorhombiques fusibles à 137 degrés, soiublesdans l'eau, l'alcool et l'éther. Le glycocollale d ethyle, mis en liberté par l'action de l'oxyde d'argent, se dédouble par l'évaporation en alcool et glycocolle.

ÉthijlglycocoUe. CrP(AzHG-IP)CO-H. Ce composé, isomérique avec le précédent, et avec l'éthylglycolamide Cll-(OC^lP)COAzli-, s'obtient par l'action de l'éthylamine sur l'acide cliloracétique. Il cristallise en lames déliquescentes fondant au delà de IGO degrés en se décomposant. Il se combine, comme le glycocolle, aux acides et aux bases.

Diéthylglycocolle. CH-Az(C-IP)'-.CO-H. S'obtient à l'aide de l'acide chloracétique et de la diéthylamine. Cristaux déliquescents, se sublimant au-dessous de 100 degrés.

TriéthylglycocoUe ou diélhylglycocoUate d'éthyle. CH-Az(C^H^)^CO*. Oji le prépare en traitant l'éther monochloracétique par la triéthylamine. Cristaux radiés déliquescents.

Glycocollate de méthyle. CIP(AzIP)CO-Cn'. On l'obtient, mais avec des produits secondaires plus méthylés, lorsqu'on fait agir l'iodure de méthyle |sur le glycocolle.

iJélhylglycocolle. CIP(AzIICIP)CO-H. C'est la sarcosi«e synthétique, identique avec celle qui dérive de la créatine. On l'obtient par l'action de la méthylamine sur l'acide chloracétique [voy. Sarcosine).

Triméthylglycocolle ou. bétàine {oxyaéyi'me). C-H-Az(CH'')"'0-. Il se forme par l'action de l'iodure de méthyle en excès sur le glycocolle en présence de l'alcool méthylique, ou par celle de la triméthylamine sur l'acide monochloracétique. Il cristallise dans l'alcool en gros cristaux déliquescents, renfermant une molécule d'eau. Il est très-soluble dans l'eau, ainsi que le chlorure qui forme de gros cristaux clinorhombiques. Ce corps est identique avec la bétaïne qu'on rencontre dans la betterave {Beta vulgaris) et dans les feuilles de Lycium harharum.

Acétylglycocolle {acide acéturique). CH-(AzHG-H''OjGO^H. Se produit lorsqu'on traite le chlorure d'acétyle par un excès de glycocollale d'argent. Petites aiguilles blanches, solubles dans l'eau et dans l'alcool. C'est un acide monobasique formant des sels solubles.

Benzoyle-glycocoUe. CH^(AzHC''IPO)CO-H. C'est l'acide hippurique, qu'on peut obtenir par voie synthétique, comme l'acétylglycocolle [voy. Acide hippurique).

GixcocoLiAmu^ {Amidacétamide). CH^(ÂzH-)COAzH-. On l'obtient en chauffant le glycocolle à 150-160 degrés avec de l'ammoniaque alcoolique. C'est une masse bkmche, très-soluble dans l'eau, à réaction alcaline. L'évaporation de sa solution aqueuse ne se fait pas sans décomposition partielle. Le chlorhydrate cristallise en prismes solubles. Ed. Willm.

GLI'COCYAMIXE. C'H^Az'O^ C'est l'homologue inférieur de la créatine. Elle se produit par l'action de la cyanamide ClPAz^ sur le glycocolle C^H^AzO^ On ajoute un peu d'ammoniaque à la solution aqueuse des deux corps et la glycocvamine se dépose après quelques jours en cristaux incolores (Strecker, Compi. rend., t. LU, p. 1212). MM. Nencki et Lieber l'ont aussi obtenue en

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iaisant agir le carbonate de guanidine sur le glycocolle, A froid ces deux corps forment une combinaison cristallisée. A chaud, il s'établit une vive réaction, avec dégagement d'acide carbonique et d'ammoniaque, et le résidu est composé de glycocyamine, qu'on fait cristalliser dans l'eau bouillante. Dans cette réaction, la guanidine se dédouble sans doute en carbonate d'ammoniaque et cyanamide. {Journ. Prakt. Chem. (2), t. XYll, p. 477).

La glycocyamine se dissout dans 120 parties d'eau froide; elle est plus soluble dans l'eau bouillante, insoluble dans l'alcool. Elle se dissout dans les acides en donnant des sels. Le chlorhydrate C'H^Az'0-.HGl cristallise en prismes rhomboïdaux. Le chloroplatinate cristallise bien.

La glycocyamine renferme un atome d'hydrogène remplaçable par un métal. Le composé cuivrique (C41^Az"0^)-Gu est un précipité bleu qu'oii obtient en faisant bouillir la glycocyamine avec l'acétate de cuivre.

Lorsqu'on mélange de l'azotate d'argent avec de la glycocyamine, la potasse en sépare un composé gélatineux, qui renferme C"'H*Ag-Az"'0- (Engel).

Lorsqu'on chauffe à 160 degrés le chlorhydrate de glycocyamine, ce sel fond, perd une molécule d'eau et se convertit en chlorhydrate de glycocyaniidine. Séparée de ce sel par l'oxyde de plomb, la glycocyaraidine, très-soluble dans l'eau, se dépose par la concentration en paillettes incolores. Elle forme avec le chlorure de zinc une combinaison peu soluble, qui se sépare en petites aiguilles. Cette base est à la glycocyamine ce que la créatinine est à la créatine.

Ed. Willm.

GLTCOCiÉlVE (Matière), gltcogÉ>'IE. Yoy. Foie, Diabète, Digestion,

■Glycosurie, Fœtus (p. 508).

GLYCOHÉ.tilE 00 GLYCÉMIE. La glycose (sucre de raisin) est considérée, ■depuis les travaux de Claude Bernard, comme un des éléments qui entrent dans la composition normale du sang. Elle se rencontre en quantité exagérée dans le sang des diabétiques. Quel que soit le chiffre qu'elle atteigne, sa présence dans le sang est désignée par le terme de glycémie ou glycohémie. La glycémie est physiologique dans le premier cas, elle est pathologique dans le second.

Les problèmes qu'a soulevés son étude sont nombreux et difficiles ; si quelquesuns paraissent aujourd'hui tranchés, la plupart attendent encore une solution définitive. Bien que la question de la glycémie n'ait pas encore quarante années d'existence, l'historique des travaux qu'elle a suscités est singulièrement compliqué, et dans cet historique malheureusement les théories tiennent presque autant de place que les faits. Aussi n est-il guère possible, sous peine de nombreuses répétitions, d'en aborder ici l'étude, et vaut-il mieux la renvoyer à la fin de cet article, à un moment où les faits démontrés auront été exposés de manière à permettre de la mieux comprendre.

Recherche dd socre dans le sang. Des glycoses. Il existe plusieurs espèces de sucres; la seule que l'on rencontre dans le sang, c'est la glycose, et des quatre variétés que présente cette dernière une s'y trouve presque toujours à l'exclusion des autres, c'est la glycose dextrogyre. La lévulose (glycose lévogyre), le sucre interverti (mélange de glycose et de lévulose produit par la transformation du sucre de canne), la lactose (sucre de lait), n'y sont observés que dans certaines conditions spéciales. Toutes ces glycoses, indépendamment de

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leur saveur sucrée en général assez faible, se reconnaissent : 1° à leur composition chimique; 2° à la faculté qu'elles possèdent de dévier la lumière polarisée; 3° à leur propriété de donner par fermentation de l'alcool et de l'acide carbonique. Malgré la netteté de ces caractères, leur recherche est des plus délicates, et leur dosage des plus compliqués.

Difficultés (Vanahjse. Les difficullés d'analyse paraissent tenir à deux ordres de faits : 1° La glycose est un produit dérivé de l'amidon dont elle ne diffère que par un équivalent d'eau (amidon = C®I1"0% g'ycose ^-CH'-O*). Dans ua grand nombre de phénomènes organiques, chez les espèces animales ou végétales les plus variées (maturation des fruits, digestion buccale), on assiste à la transformation de l'amidon en glycose ; nous verrons qu'il existe des phénomènes inverses oiî la glycose subit une évolution qui la rapproche de l'amidon. Or toutes ces modifications se font par degrés, par nuances, et entre l'amidon et la glycose il existe une série de coips intermédiaires, tout à fait analogues à l'un ou à l'autre par leur composition chimique, ne se distinguant que par ceitaines réactions spéciales (substances amyloïdes et glycosides). La dextrine est le type le plus connu de ces corps; à côté d'elle, on trouve l'achroo-dextrinc, l'érythrodextrine, et bien d'autres corps amyloïdes ou glycosides. On conçoit combien la présence de ces substances peut jeter de trouble dans une analyse, dans un dosage, surtout lorsqu'on tient compte des difficultés suivantes. 2'^ La glycose et ses analogues sont mêlées, incorporées dans le sang et les liquides organiques à des substances azotées (albumine) qui masquent ou empêchent les réactions du sucre. De là la nécessité de faire subir au sang que l'on veut éprouver une série de manipulations destinées à séparer la glycose des corps azotés avant de la doser. Chacune de ces manipulations entraîne avec elle des chances d'erreur; et bien que l'on réussisse à éviter toutes celles que l'on soupçonne, on en découvre de si nombreuses, que l'on doit être très-circonspect à l'endroit de dosages portant sur des quantités minimes et entourés fatalement de tant de diflicultés. C'est dans ces deux ordres de faits que l'on peut trouver une des causes qui ont le plus contribué à entraver l'étude de la glycémie.

Ainsi que l'a fait observer Cl. Bernard, les analyses du sang, comme toute autre expérience physiologique, doivent réaliser certaines conditions précises en dehors desquelles il ne peut y avoir que confusion et erreur. Ces conditions visent : 1" l'état du sang; 2" les méthodes de dosage et les réactifs employés.

1° 11 n'est pas indifférent d'étudier le sang à un moment quelconque, soit après qu'on l'a extrait des vaisseaux d'un sujet vivant, soit après la mort. Dans ces deux circonstances, le sucre se détruit rapidement et disparaît. Au bout de vingt-quatre heures, Cl. Bernard n'a pu déceler une trace de sucre dans 125 grammes de sang qui, analysé immédiatement, en contenait 1,07 pour 1000, et dans lequel des analyses intermédiaires avaient fait reconnaître la diminution progressive de cette substance. L'addition de certains réactils, tels que l'acide phéniqne, l'acide chloriiydrique, l'acide sulfurique, mais surtout l'acide acétique, empêche ou retarde cette de^truction spontanée et permet de faire la recherche du sucre après un délai de quelques heures, lorsqu'il y a eu empêchement à la faire immédiatement, mais d'une façon générale il importe de procéder sans le moindre retard. Aussi doit-on considérer comme non avenues les expériences des anciens physiologistes, tels que Vauquelin et Ségalas, Ihnry et Soubeyran, qui attendaient la coagulation spontanée du sang et ne le soumettaient à l'épreuve que le lendemain de son extraLtion. il faut également ne tenir aucun

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compte de celles où le délai écoulé entre la prise de sang et l'analyse n'est pas indiqué.

Après la mort, le sucre au dedans des vaisseaux disparaît rapidement, sauf quelquefois dans les veines sus-hépatiques où nous veri-ons qu'il est le plus abondant et où sa décomposition partielle donne lieu à la formation d'acides qui peuvent conserver le sucre restant. Les recherches cadavériques faites chez l'homme vingt-quatre heures après la mort n'ont donc aucune valeur.

2° Les causes d'erreur qui résultent de l'emploi des réactifs sont plus nombreuses encore. C'est ainsi qu'Ambrosiani, et après lui Mac Grégor, crurent découvrir la présence du sucre dans le sang; mais, au cours de leurs manipulations, ils clarifiaient le sang à l'aide d'une solution aqueuse de blanc d'œuf. Or ■on sait aujourd'hui que ce corps contient du sucre en proportion plus forte que le sang lui-même : on ne saurait donc rien conclure d'une expérience pareille. De même quelquefois l'alcool employé contient des traces de sucre qui peuvent donner lieu à des illusions. En un mot, il ne faut pas s'exposer à ajouter au sang d'une façon involontaire le corps même que l'on y recherche. C'est là l'application d'un précepte général de chimie, sur lequel il est inutile d'insister; ce n'est pas d'ailleurs sa violation qui est la source la plus fréquente des erreurs commises.

Procédés de dosage. Dans toute analyse du sang au point de vue du sucre, il est une opération préalable qui consiste à séparer les substances albuminoïdes du liquide sucré. De tous les procédés essayés, il n'en est que trois dont on use généralement dans les laboratoires : la coagulation par l'alcool, par la vapeur d'eau surchauffée, par le sulfate de soude. L'alcool a l'inconvénient de ne pas toujours coaguler complètement l'albumine et d'exiger des reprises d'expérience qui retardent les recherches. La vapeur d'eau surchauffée, dont on fait arriver un jet au fond même du vase où l'on recueille le sang, donne de très-bons résultats, mais, comme dans certaines occasions, en raison de la complication de l'outillage, il peut être difficile de s'en servir, et que dans des études comparatives il est bon d'user toujours du même procédé, la plupart des physiologistes emploient le sulfate de soude de la façon suivante. On recueille le sang dans une capsule, au sortir même du vaisseau; on y ajoute un poids égal de sulfate de soude en petits cristaux, bien exempt de magnésie; on chauffe vivement à feu nu en ajoutant quelques gouttes d'acide acétique, et en remuant le mélange pour qu'il ne brûle pas ; on obtient bientôt un caillot noir et spongieux. La coagulation des albumines est ainsi obtenue; peut-être n'est-elle pas parfaite, peut-être certaines variétés de peptone ont-elles échappé à la précipitation, mais les causes d'erreur, s'il y en a, sont réellement assez faibles pour être négligeables. D'ailleurs il n'y a pas de procédé meilleur, et le sous-acétate de plomb qui serait un plus parfait coagulant a le grand désavantage d'entraîner avec lui un peu de sucre. Quoi qu'il en soit, le coagulum obtenu par la vapeur ou le sulfate de soude est soumis à l'action d'une presse; le liquide qui s'écoule est filtré, et débarrassé ainsi de tous les corps qui pourraient masquer les réactions du sucre, il est soumis au dosage. Les parties solides restées sous la presse n'ont-elles pas retenu un peu de liquide et par suite un peu de sucre? on ne saurait le nier, mais, si l'opération a été bien conduite, cette quantité est en vérité insignifi;inte. -iiî* j/-^' -' i- ;,. ;> a ■ - îrir-j;;;- :

S'il était possible d'isoler le sucre du sérum sanguin, d'en constater directement les caractères physico-chimiques et d'en faire la pesée, ce serait assuré-

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ment ainsi qu'il faudrait procéder. Mais il n'y a pas de moyen pratique de le faire, et les physiologistes qui l'ont essayé ont rencontré tant de difficultés ou commis tant d'erreurs qu'ils ont dû renoncer à leur tentative. On est donc réduit à soumettre la liqueur sucrée à une série d'épreuves physiques et chimiques; qu'il s'agisse du liquide sanguin préparé comme il vient d'être dit, ou d'une urine diabétique non albumineuse, ces épreuves sont les mêmes. Elles consistent : 1° à déterminer le pouvoir rotatoire du liquide en expérience; 2» à le soumettre à l'action des ferments ; 5" à le mettre en présence de réactifs titrés, [j

1" Le pouvoir rotatoire se mesure en général à l'aide d'un appareil particulier, le saccharimètre de Soleil, modifié par Duboscq. Le sens de la déviation, qui se fait vers la droite, indique la présence de la glycose, et son amplitude, la proportion de cette substance dans le liquide examiné. Si par hasard des corps ulbuniinoïdes étaient restés dans le mélange, comme ils sont en général lévogyres, les résultats de l'expérience seraient entachés d'erreur. D'ailleurs les dosages par le saccharimètre ne sauraient être d'une précision absolue ; ils se font d'après l'appréciation de certaines teintes par l'observateur, ce qui comporte fatalement des variations notables suivant les personnes.

2° La faculté de donner par fermentation de l'alcool et de l'acide carbonique est une des plus importantes propriétés de la glycose. « Pour connaître la quantité de sucre que renferme une liqueur, on y ajoutera de la leviire de bière lavée en petite proportion. La fermentation se développera et l'on recueillera l'acide carbonique exhalé. En multipliant le nombre de centimètres cubes de gaz par 5,88 (chiftre indiqué par M. Pasteur), on aura le nombre de milligrammes de glycose. Il faut tenir compte du gaz dissous dans le liquide aquoso-alcoolique et l'ajouter à celui qui fait atmosphère au-dessus; on prend ordinairement pour ce volume additionnel le volume même du liquide, en admettant que la liqueur aquoso-alcoolique dissout son volume du gaz » (Cl. Bernard, Leçons sur le diabète, p. {22). Ce procédé est peu employé aujourd'hui; il a cédé la place au dosage chimique.

5° Les réactifs qui décèlent la présence du sucre sont nombreux. Les plus simples sont la potasse [réactif de Moore) et le sous-nitrate de bismuth [réactif de Bœt.tger) uni à la potasse. Chauffée avec la première, la liqueur glycosique prend une teinte brune caramélique ; avec les deux derniers elle laisse déposer un précipité noir de bismuth. Mais il ne s'agit pas seulement de reconnaître l'existence du sucre, il faut en évaluer la quantité ; les agents précédents sont insuffisants pour atteindre ce but. On a l'ecours alors à des liqueurs titrées, qui presque toutes ont pour principe essentiel le mélange d'un sel de cuivre avec un alcali. La glycose chauffée au sein de ces liqueurs s'oxyde aux dépens du protoxyde de cuivre CuO, qui perd la moitié de son oxygène et se transforme eu oxydule Cu-0. Ce dernier se précipite sous forme de poudre jaune orange ou rouge. Le procédé de Trommer consiste à ajouter successivement à la liqueur sucrée le sulfate de cuivre et la potasse. Les liqueurs de Barreswill et de Fehling contiennent réunies les substances que Trommer employait isolément. Dans leur préparation, qui est assez compliquée, il entre aussi quelques éléments accessoires de peu d'importance. Elles diffèrent l'une de l'autre en ce que la première renferme de la potasse et la seconde de la soude. Cette dernière, dont Cl. Bernard s'est presque constamment servi dans ses dernières expériences, est composée de telle façon qu'il faut 5 milligrammes de glycose pour

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précipiter et de'colorer 1 centimètre cube de cette liqueur. Le dosage est donc facile ; le seul point délicat est de savoir reconnaître à quel moment la décoloration est complète, de façon à suspendre l'opération en temps opportun.

On a vivement incriminé l'usage de cette liqueur : c'est qu'en effet non-seulement la glycose, mais toutes les autres variétés de sucre, excepté la saccharose» mais, ce qui est plus grave, des corps tels que l'acide urique, la leucine, l'hypoxanthine, etc., peuvent réduire ces sels de cuivre. De là des confusions et des erreurs de dosage, faibles sans doute, mais inévitables, et dont on n'a pas le droit de ne pas tenir compte quand il s'agit de milligranmies. Aussi divers expérimentateurs ont-ils cherché à améliorer les procédés. Biltz ajoute à la liqueur de Fehling une solution saturée de sel marin, Pavy y ajoute une solution ammoniacale. La décoloration du réactif est ainsi rendue plus apparente; mais les objections faites à son emploi subsistent en entier. 11 semble en être de même du procédé plus récemment encore proposé par Pavy et qui consiste à recueillir sur un fil de platine le cuivre réduit, à en déterminer la quantité par des pesées exactes et à évaluer ainsi le chiffre du sucie. Les complications trop nombreuses et les erreurs qu'elles déterminent lui enlèvent sa rigueur apparente ; et d'ailleurs il n'échappe pas non plus aux reproches faits aux liqueurs cuivriques en général. Cependant, d'après Worm Mûller, une solution d'acétate de cuivre, et non de sulfate, ne serait réduite que par la glycose, et non par la dextrine ni la lactose, mais elle n'échapperait pas à l'action des autres agents réducteurs.

Ce que les sels de cuivre ne donnaient pas, on a voulu le demander aux sels de mercure. Knapp a composé avec 10 grammes de cyanure de mercure sec iOO grammes d'une solution de soude de densité égale à 1,145 et un litre d'eau une liqueur que Brumme a modifiée en substituant de l'iodure de mercure au cyanure et on ajoutant de l'iodure de potassium. Mais, si ces liquides restent inaltaqués par les variétés de sucre autres que la glycose, ils n'en sont pas moins sujets à réduction par l'acide urique et d'autres principes ; et s'ils sont meilleurs que la liqueur de Fehling, ils sont loin d'être encore la perfection (Worm Mûller et Hagen).

Le dosage de la glycose dans le sang est donc une opération singulièrement délicate et pleine de pièges. Il serait bon que les trois épreuves : saccharimétrie, fermentation, liqueurs titrées, fussent tentées pour chaque expérience. Malheureusement le temps qu'elles exigent et surtout les petites quantités de sang sur lesquelles on peut agir empêchent le plus souvent de recourir à cette triple vérification. Hàtons-nous d'ajouter que, si les erreurs sont inévitables, elles sont au fond tiès-légères, qu'elles se compensent quelquefois, que, se reproduisant toujours identiques dans un grand nombre d'expériences successives, elles finissent par ne rien changer au résultat final et qu'en définitive les résultats qui vont être exposés dans les pages suivantes sont considérés comme exacts par la majorité des physiologistes.

Variétés de sucre contenues dans le sang. Le sang de l'homme et des animaux, de quelque façon qu'on le recueille, contient de la glycose. Pris chez l'homme après une saignée, pris à l'abattoir sur des animaux tués pour les besoins de la boucherie, pris dans les laboratoires sur ceux qui servent le plus communément aux expériences (chien, chat, lapin), chez les oiseaux, chez les poissons, le sang veineux, artériel ou mixte, renferme toujours une certaine quantité de cette substance. La proportion, qui est en général de 0,50 à 1,50

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pour 1000, varie suivant les espèces et aussi suivant les individus. Voici quelques chiffres indique's par Cl. Bernard : homme, 0,90; bœuf, 1,27 ; veau, 0,99; cheval, 0,91; mouton, 0,50; marsouin, 1,20; squale, 0,51; poule, 1,44 [Leçons sur le diabète, p. 204).

Normalement le sang contient toujours du sucre; dans certains états pathologiques, il peut en contenir beaucoup moins, il n'arrive pas, sauf dans les cas de mort imminente, qu'il en soit totalement dépourvu. Telle est du moins l'opinion que professait Cl. Bernard à la tin de sa carrière, non pas que le sucre fût tellement indispensable que sa disparition entrauiàt la mort rapide, mais parce qu'il est une résultante des phénomènes interstitiels, « un témoin de la nutrition, et qu'il ne disparaît que lorsque cette fonction vitale s'éteint. » La glycose entre dans la composition normale du sang, à tel point qu'injectée artificiellement dans les vaisseaux elle se mêle à ce liquide, se confond avec lui et ne peut être retrouvée dans aucune sécrétion. La seule condition est de n'en pas injecter une quantité trop considérable, car, toutes les fois que la proportion de la glycose dépasse 5/1000 et même suivant beaucoup d'auteurs 3 1000, elle passe dans l'urine. Peu importe d'ailleurs son origine, qu'il s'agisse d'une injection trop forte, d'un diabète spontané onde toute autre cause, c'est simplement une question de chilTre; le sang trop riche en glycose se débarrasse par le rein de cet excès de matière sucrée. La glycosurie apparaît comme la conséquence de l'hyperglycémie.

La lévulose et la lactose, le sucre interverti, peuvent être rencontrés dans le sang dans des conditions déterminées : par exemple, le sucre interverti après un copieux repas de féculents; la lactose, chez les femelles en lactation, etc. Us n'en constituent pas des éléments essentiels, mais ils ne sont pas à son égard de véritables corps étrangers, et ne sont éliminés que lorsqu'ils atteignent un chiffre trop élevé. 11 n'en est pas de même de la saccharose (sucre de canne). Jamais aucune analyse n'en a décelé la moindre trace ; et quelque faible quantité qu'on en injecte dans le sann, on la retrouve quelques instants après intégralement rejetée avec l'urine. Il suffit pour le reconnaître de traiter ce liquide par l'acide sulfurique, qui a la propriété d'intervertir le sucre de canne. L'uiine, qui préalablement à cette opération ne réduisait pas les liqueurs cuivriques, agit sur elles après l'addition de cet acide comme une urine diabétique : on peut s'assurer ainsi que la saccharose a été mêlée au sang sans subir la moindre modification et qu'elle a été éliminée en totalité par le filtre rénal. Si 1 on injecte dans un vaisseau de la mélasse, qui est un mélange des deux sucres, la glycose reste et la saccharose est rejetée.

Dosage de la glycose dans le sang des différents vaisseaux. Le dosage de la glycose dans les différents vaisseaux a une importance considérable, car c'est de la teneur en sucre du sang artériel et des sangs veineux que l'on a cherché à déduire quel est le point de l'organisme où. se forme le sucre, quel est celui où il disparaît. C'est encore à Cl. Bernard, dont le nom revient à chaque instant dans l'histoire de la glycémie, que l'on doit les recherches les plus complètes sur ce point. Si quelques-uns des résultats qu'il a annoncés ont été contestés par d'autres physiologistes, tous sont tombés d'accord pour proclamer l'excellence de sa méthode, qui consiste avant toute autre condition à recueillir simultanément le sang des divers vaisseaux dont on veut examiner la teneur respective. Nous verrons plus tard en effet que les hémorrhagies modifient le chiffre de la glycémie : par conséquent la comparaison de deux sangs recueillis à des moments

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différents n'a absolument aucune valeur, puisque, si le premier est examiné dans l'état physiologique pur, le second se trouve avoir subi par le fait même de la première expérience des changements importants. Aussi Cl. Bernard avait-il établi comme rè^le absolue de tout disposer pour pouvoir faire écouler au même instant les sangs cardiaque, artériel ou veineux, dont il voulait faire l'analyse. Il opérait en général sur des échantillons de 25 grammes.

Le premier résultat qu'il a obtenu en procédant ainsi, c'est de constater que dans toute l'étendue du système artériel le sang présente chez le même sujet, à un moment donné, la même proportion de glycose. Le sang de l'artère crurale, celui de l'aorte, celui de la carotide, celui de l'artère rénale, sont sucrés exactement au même titre que celui du cœur gauche ; et ce titre est en moyenne, pour un mammifère bien portant, de 1 à l,oO pour lOOÛ. En un mot, de son point de départ au cœur gauche à son arrivée dans les capillaires généraux le sang artériel ne subit ni accroissement, ni diminution, au point de vue de la glycose, et on peut affirmer que dans ce parcours elle n'est ni formée, ni détruite.

Le second résultat, non moins intéressant que le précédent, est tiré de la comparaison du sang veineux avec le sang artériel. 11 peut se formuler ainsi : Le sang d'une veine contient moins de glycose que le sang de l'artère correspondante. En outre, il n'y a pas dans les divers sangs veineux la même constance que dans le sang artériel sous le rapport de la teneur en sucre, et la proportion varie suivant les organes dont on examine les vaisseaux. C'est ainsi que pour les membres soit antérieurs, soit postérieurs, la perte en glycose subie par le sang veineux est en moyenne de 0,50 pour 1000; pour les centres nerveux, elle est plus considérable et oscille de 0,40 à 0,60 ; elle est constante, mais dans des limites assez variables pour les intestins, la rate, les reins.

Si le sucre a partiellement disparu du système veineux, s'il n'est formé sur aucun point du système artériel, il faut nécessairement qu'à la limite des deux systèmes il existe une source permanente de sucre qui répire incessamment les pertes subies et redonne au sang le taux de glycose qu'il doit présenter dans les artères. On pouvait supposer que cette source n'est autre que le canal thoracique. Dans ce cas on devrait trouver le sang de la veine cave supérieure d'une richesse égale ou supérieure à celui du cœur gauche. Il n'en est point ainsi, et « le déversement du chyle n'est pas une source d'enrichissement en sucre pour le sang de la veine cave supérieure. » Mais vers la terminaison de ia veine cave inférieure il existe un point où le sang s'enrichit subitement, et ce point correspond exactement à l'abouchement des veines sus-hépatiques. L'expérience a été répétée maintes fois et toujours avec le même succès. On peut rappeler comme exemples les chiffres suivants (Cl. Bernard, Annales de chimie et de physique, 1876) :

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