C2IP(OH)02 — H^O = G^H^O
II cristallise en gros prismes clinorhombiques incolores, fusibles à 150 degrés, solubles dans l'eau et dans l'alcool. Il est bibasique. C'est un isomère de l'acide malique (Heintz, Poggend. Annal., t. CIX, p. 482; A. Wùrtz, Annal. Chim. Phijs. (3), t. LXIX, p. 342). Ed. Willm.
GLTCOLS. Cette classe de composés a été découverte en 1856 par M. Wûrtz. Ce sont des alcools diatoraiques, intermédiaires comme fonction entre les alcools ordinaires ou monatomiques et la glycérine, alcool triatomique. Ils dérivent des carbures diatomique>; C°1I-'' par le remplacement dans leurs combinaisons halogénées (bromées) G°H-"Br^ de l'halogène par 2 fois le groupement OH, pour pro-
414 GLYCOLS.
duire le composé C°H-°(OII)', de même que les alcools C''H-'' + ^OII dérivent des éthers C°H'°-+-^Br. Les alcools monatomiques représentant les carbures C°H-° ayant fixé 1 molécule d'eau, les glycols représentent ces mêmes carbures, plus 1 molécule de peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée), soit G^H-" -t- H-0-. Dans le fait, on a pu obtenir ainsi l'amylglycol (Carius) :
C5H10 + ipo^ = C=^Hi''(OH)S
de même qu'on obtient les éthers chlorhydriques primaires des glycols par fixation d'acide hypochloreux, par exemple :
cm' -j- CIOII = C^H'<^q|j (Carius).
Le procédé le plus général pour obtenir les glycols consiste à convertir le dibromure du carbure C"H-° correspondant en diacétate, puis à décomposer cet éther par un alcali hydraté (baryte) :
C/^H'Br» + SC^H'O^K = 2KBr -f- C2H*(G^H-^0-) GnL*(GMPO^)-^ 4- Ba(OH)^ = (G-^irO^)^Ba + C2H>(0H)
Aux glycols correspondent deux classes d'éthers, comme aux acides bibasiques correspondent deux classes de sels. En représentant les radicaux d'acides par X, X', ces éthers sont représentés par les formules
Cette dernière formule générale représente un éther mixte à deux radicaux d'acides.
Le premier glycol de la série estleglycol éthylénique {voy. Glycol) C-H''(0H)^ Le glycol méthylénique GH-(OH)' ne paraît pas pouvoir exister. Pour les glycols suivants, ils présentent des cas d'isoméries, dont le nombre va nécessairement en croissant. Ainsi l'on connaît 2 propylglycols : le propylglycol normal CH-(OH).GH-.GIP.OH et le propylglycol ordinaire ou isopropylglycol GH^' — GH(0H) — CI^'0I1. Le premier bout à 216degrés; le seconda 188 degrés. On connaît 4 butylglycols qui, d'après leurs modes de formation, sont représentés par les formules de structure :
CH\CH(0H).CH^GH20H bouillant à 204 degrés;
CH\CH^G110H.G1P0H — à 192 degrés;
CH^CHOH.CHOH.GH^ — à 183 degrés;
(GrP)^GOH.CH^OH — à 176 degrés.
On ne connaît pas le glycol butylénique normal ClPOfl — CFI-.GH-GH^OH.
Ces isoméries sont de même ordre que celles qu'offrent les alcools monatomiques.
Tous ces isomères sont caractérisés par leur mode de production, et surtout par les produits qu'ils donnent à l'oxydation. Les glycols normaux, c'est-à-dire
* X =, par exemple, Cl ou O.C^IPO (oxacétyle correspondant à OU).
GLYCOSANE. 415
ceux qui dérivent des carbures normaux CH\CH^ CII-.CH% donnent par oxydation, ou un oxyacide (acide glycolique, acide laciquf), ou un acide bibasique (acide oxalique ou homologues). Quant aux autres glycols, ils fournissent des produits variables, suivant leur structure moléculaire, mais ces produits renferment toujours moins de carbone, une partie de celui-ci éprouvant une combustion complète.
Glycols condensés. Les glycols, ainsi que l'a montré M. Wûrtz, possèdent la faculté de former des produits de condensation avec élimination d'eau (voy. Glycol, alcools polyéthyléniques, p. 409). Ed. Willm.
GLYCOLURlQiiE (Acide). Acide identique avec l'acide hydantoïque, que A. Strecker et Rheineck ont obtenu en soumettant à l'action de la baryte le glycoluryle, résultant de l'hydrogénation de l'allantoïne par l'amalgame de sodium {voy. Acide hydantoïque). Ed. Willm.
GLTCOLURTLE. CWAz'^O*. Ce produit se forme lorsqu'on traite l'allantoïne, légèrement acidulée, par l'amalgame de sodium :
C*H«Az''0^ H- IP = G*H«Az*0^ + fPO
AUantoïne. Glycoluryle.
Le glycoluryle est moins soluble que l'allantoïne et cristallise en petits octaèdres ou en aiguilles. Il est précipité par l'azotate d'argent ammoniacal, en donnant le glycoluryle argentique G'*H''■Ag''Az''0^
Traité par l'eau de baryte bouillante, il donne un acide que Strecker et Rheineck avaient nommé acide glycolurique et que M. Herzog a reconnu être identique avec l'acide hydantoïque. Gc dédoublement donne lieu en même temps aux produits de décomposition de l'urée :
C'H^Âz'O^ + 211*0 = C^I'Az^O'- 4- CO^ -+- 2AzH^
Glycoluryle. Acide
hydantoïque
[Annal. Chem. Pharm., t. CXXXI, p. 119, et GXXXVI, p. 278; BuL Soc. chim., t. III, p. 304, et VI, p. 146) Ed. Willm.
GliTCOMALIQUE (Acide). G^H^Û*. G'est un des produits de réduction de l'éther oxalique. Pour l'obtenir, on introduit de l'amalgame de sodium pâteux dans de l'alcool à 80 centièmes, et on y ajoute peu à peu l'éther oxalique, en refroidissant pour modérer la réaction. Par l'addition d'un peu d'eau, le glycomalate de sodium se dissout seul.
L'acide glycomalique libre est très-soluble dans l'eau et incristallisable. G'est un acide bibasique. Seul son sel de baryum acide cristallise bien (Lœwig, Journ» prakt. Chem., t. LXXXYI, p. 315). Ed. W.
GLTCOXIXE. Les jaunes d'oeufs se dissolvent en nature dans la glycérine. G'est à ce glycéré, préparé avec 4 p. de jaune d'œuf et 5 de glycérine qu'on a donne le nom de glyconine. D.
GLTCOSAXE. G^-H'^O'". En chauffant la glycose à une température
416 GLYCOSE.
comprise entre 160 et 170 degrés, elle se déshydrate en perdant deux équivalents d'eau :
Ci2fii2oi2 = G'^H^oO'» + 2 HO
Glycose. Glycosane. Eau.
Dans cette opération, il se forme un peu de caramel, et il reste de la glycose inaltérable.
La glycosane dévie à droite le plan de polarisation de la lumière, elle possède une saveur légèrement amère. Elle reprend l'eau qu'elle avait perdue en la faisant bouillir avec les acides étendus, et revient à l'état de glycose.
En la chauffant avec les acides, en présence de l'alcool, elle forme des éthers. Ldtz.
GLYCOSE. GLUCOSE. § I. C'hiniic. Sucre de raisin. G^^H^'^O'^ Sous le nom de glucoses, on comprend plusieurs principes sucrés isomériques dont les caractères se raj)prochent plus ou moins de la glucose ordinaire. Les principales glucoses sont : la glucose ordinaire ou sucre de raisin, la lévulose ou sucre des fruits acides, la maltose, résultant de l'action de la diastase sur l'empois d'amidon ou de fécule, la galactoi^e ou glucose du lait.
Les caractères qui distinguent les glucoses des autres matières sucrées sont les suivants : 1" en contact avec le ferment alcoolique, elles entrent immédiatement en fermentation sans subir aucune transformation préalable; 2° leur altérabilité en présence des alcalis qui les transforment en produits ulraiques d'une couleur brune foncée, à la température de 100 degrés et même à froid; 3° l'action réductrice qu'elles exercent sur la liqueur cupro-potassique au-dessous du point d'ébullition.
Glucose ordinaire ou sucre de raisin. On trouve la glucose toute formée dans l'enduit farineux dont sont recouverts les pruneaux, les figues et d'autres fruits mîirs. On la rencontre aussi dans le miel, où elle est accompagnée de sucre incristallisable ou lévulose. On la rencontre en quantité plus ou moins grande dans l'urine des malades affectés du diabète sucré. On l'obtient également par la transformation des matières amylacées en glucose par l'ébullition avec de l'acide sulfurique très-étendu. Sous la même inlluence la cellulose se transforme également en glucose.
Les glucosides (voy. ce mot), tels que l'amygdaline, la salicine, la phloridzine, etc., peuvent se dédoubler en glucose et en d'autres substances par l'action de l'acide sulfui ique étendu. Le sucre de canne interverti par les acides n'est qu'un mélange à parties égales de glucose et de lévulose.
On prépare la glucose : 1» Avec le miel. On prend de préférence du bon miel bien cristallisé de Narbonne. On le traite par de l'alcool à 95 degrés qui dissout le sucre incristallisable, et ne prend qu'une très-petite quantité de glucose qui reste pour la plus grande partie dans le résidu, on lave ce résidu à plusieurs reprises avec de l'alcool, on l'exprime, on le dissout dans l'eau, on décolore la solution par le charbon animal, on clarifie au blanc d'oeuf, et on fait évaporer à une douce chaleur.
2" Pour extraire la glucose de l'urine des diabétiques, on fait évaporer l'urine à une très-douce température. Si l'urine renferme une notable quantité de glucose, elle se dépose, par le refroidissement de la liqueur sirupeuse, en cristaux mamelonnés. Après avoir lavé ces cristaux avec de l'alcool froid, on les fait
GLYCOSE. 417
dissoudre dans de l'alcool bouillant, d'où ils se déposent à l'état de pureté par le refroidissement.
5'^ On obtient de grandes quantités de glucose dans les fabriques par la transformation de l'amidon ou de la fécule de pomme de terre. On traite la fécule 1 partie avec 4 parties d'eau contenant de 1 à 4 pour 100 d'acide sulfurique, à une température maintenue à l'aide d'im courant de vapeur d'eau entre lUO et 104 degrés. La transformation est d'autant plus rapide que la proportion d'acide sulfurique est plus grande, elle est terminée au bout de quelques benres, ce dont on s'assure en traitant une petite quantité de la liqueur refroidie par la teinture d'iode; il ne doit plus y avoir de coloration, et l'alcool ne doit plus la précipiter. On sature alors l'acide sulfurique par de la craie, on laisse déposer le sulfate de cbaux formé, on soutire le liquide clair, et, au besoin, on le décolore par le cbarbon animal, on filtre et on évapore en consistance sirupeuse. Le sirop ainsi préparé dépose la glucose, au bout de quelque temps, sous forme de grumeaux.
4» Pour transformer la cellulose en glucose, le procédé est le même, seulement on traite la matière (papier, cbiffons de lin, de chanvre ou de coton) par 12 ou 15 fois son poids d'acide sulfurique concentré, on laisse les matières en contact pendant vingt-quatre heures, puis on fait bouillir dans une grande quantité d'eau pendant quelques heures, puis on sature par la craie, et on procède comme ci-dessus.
L'empois d'amidon traité à la température de 65 à 70 degrés par la diastase ou par un extrait de malt se transforme également en sucre, mais ce sucre, qui diffère sous quelques rapports de la glucose est la maltose [voy. ce mot).
Propriétés. La glucose cristallise de sa solution aqueuse sous forme de mamelons semi-globulaires ou de choux-fleurs indéterminables. Les cristaux renferment deux équivalents d'eau de cristallisation, qu'ils perdent dans l'air sec, à la température de 60 degrés. Par le refroidissement d'une solution alcoolique saturée à chaud, la glucose se dépose eu fines aiguilles microscopiques anhydres.
La glucose est soluble en toute proportion dans l'eau bouillante; elle est beaucoup moins soluble dans l'eau froide que le sucre de canne; elle exitre pour sa dissolution une fois et un tiers de son poids d'eau froide, tandis que le sucre de canne se dissout dans la moitié de son poids. Il en faut deux fois et denù autant que le sucre de canne pour sucrer au même degré le même volume d'eau. Sa solubilité dans l'alcool est également moins grande.
La solution de glucose dévie à droite le plan de polarisation de la lumière. Son pouvoir rotatoire spécifique est pour la glucose auhydre :
et pour la glucose hydratée
mais elle présente sous ce rapport une anomalie singulière. Des dissolutions récemment préparées, soit de cristaux de glucose anhydre, soit de (glucose hydraté, présentent, au début, un pouvoir rotatoire double du précédent. Peu à peu ce pouvoir s'abaisse jusqu'à la limite de H- 55°, 95. La glucose fondue avant sa dissolution ne présente pas celte particularité, et donne immédiatement le pouvoir rotatoire limité.
DIGT. ESC. 4' s. IX. 27
418 GLYCOSE.
Oa a tiré un grand avantage de cette propriété optique des sucres [voy.
POLARIMÈTRE.
La glucose entre en fusion un peu au-dessous de 100 degrés; elle perd alors deux équivalents d'eau de cristallisation. Ainsi Tondue, elle constitue, après refroidissement, une masse jaunâtre et transparente qui est très-hygrométrique et cristallise de nouveau en une masse grenue, opaque, quand elle a repris son eau de cristallation; chauiTco à J70 degrés, elle perd deux proportions d'eau de constitution et se change en cjlucosane (voy. ce mot) ; à une température supérieure elle se change en caramel, et donne linalement les produits de la décomposition du sucre de canne, et en hissant un résidu de charbon. Si on les chaulfe avec les acides sulfurique ou clilorhydrique étendus, il se l'orme des matières ulmiques, brunes ou noires.
L'acide sulfurique concentré dissout à froid la glucose sans la colorer, il se produit lin acide sulfo-conjugiié, Vacidr sulfo-yhiriquc, acide très-instable, se décomposant facilement en acide sulfuriipie et glucose.
L'acide azotique ordinaire transforme, à chaud, la glucose en acides saccharique et oxidique. L'acide azotique fumant produit un corps nitré, la nitro-glueose.
De môme que le sucre de canne, la glucose se combine avec les oxydes métalliques, mais les combinaisons sont bien moins stables; quand on chaulfe une solution de glucose avec de la potasse ou de la soude caustique vers 70 degrés, la solution brunit, exhale une odeur de sucre brûlé, et la glucose se transforme en acides yluciqne et mélassique.
La glucose possède un pouvoir réducteur bien plus considérable que le sucre de canne. Bouillie avec l'acide plombiquc, il se forme de l'acide carbonique qui se dégage, du carbonate et du formiale de plomb. On j)eut se procurer facilement par cette réaction du formiate de plomb. En ;ijoutant à une solution de glucose un peu de potasse caustique, puis goutte à goutte une solution de suUate de cuivre, il se produit déjà même à froid un précipité jaune ou rouge de sousoxyde de cuivre; une solution qui ne contiendrait que 0,00001 de glucose donne encore un précipité rouge sensible; une solution de 0,000001 produit encore une coloration sensible suivant la position dans laquelle on le tient contre la lumière.
Une solution de glucose rendue alcaline par la soude caustique additionnée de sous-nitrate de bismuth donne, lorsqu'on la chauffe, im liquide brun foncé, et jin précipité gris brun. Elle réduit par l'ébullilion les sels de peroxyde de fer à l'état de protoxyde; en solution alcaline, elle transforme l'indigo bleu en indigo blanc. Elle réduit le nitrate de mercure à l'état métallique, et elle agit de même sur le chlorure d'or et sur le nitrate ammoniacal d'argent, le dernier métal est précipité sous la forme d'un enduit métallique qui adhère au verre.
En prenant certaines précautions, on peut obtenir cependant des combinaisons, peu stables, à la vérité, avec la chaux, la baryte et l'oxyde de plomb, des gluco-
sates analogues aux combinaisons formées par le sucre de canne.
Glucosate de baryte. On l'obtient en versant une solution alcoolique de
glucose dans une solution alcoolique de baryte. Le précipité floconneux qui se
forme est lavé à l'alcool et séché dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique.
C'est une poudre blanche très-soluble dans l'eau et d'une saveur caustique. Glucosate de chaux. On l'obtient en précipitant par l'alcool une dissolution
récente d'hydrate de chaux dans une solution aqueuse très-concentrée de
glucose.
GLYCOSE. 419
Ghtcosate de plomb. On fait dissoudre 55 parties d"at'étate neutre de plomb et 20 parties de glucose dans 400 parties d'eau et l'on y ajoute 25 parties d'ammoniaque; le précipité est séché dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique.
Tous ces glucosates sont très-instables; ils se décomposent à une température peu supérieure à 100 degrés.
Glucose et chlorure de sodium. Ces deux substances se combinent facilement pour former un glucosate de chlorure de sodium. Ou fait dissoudre dans peu d'eau un équivalent de sel marin et deux équivalents de glucose; on filtre €t on évapore doucement. La coml)inaison des deux corps se dépose alors sous la forme de belles pyramides doubles à six faces, dures, incolores et transparentes, assez solubles dans l'eau, très-peu solubles dans l'alcool à 95 degrés. Chauffés à 100 degrés, ils perdent deux équivalents d'eau de cristallisation. Ils possèdent une saveur sucrée en même temps que salée.
Le pouvoir rotatoire d'une solution récente de ce composé diminue avec le temps, comme celui de la glucose, jusqu'à une limite qui n'est [)lus dépassée.
^ 11. Emploi. La glucose pure n'est pas employée en pharmacie, elle est cependant partie constituante du miel et rentre dans la composition des médicaments préparés avec celte substance (mellites, oxymellites), etc.). Les sirops à fruits acides (sirops de groseille, de framboise, de cerise, etc.), en renferment aussi quand ils sont conservés pendant longtemps, à cause de l'action que les acides exercent sur le sucre de canne en produisant son inversion; le sucre inverti est, comme on sait, un mélange à parties égales de glucose et de lévulose.
Cependant certains fabricants peu scrupuleux substituent dans la préparation des sirops, en partie, la glucose au sucre de canne : il faut donc savoir reconnaître cette fraude; les propriétés chimiques de la glucose que nous avons indiquées ci-dessus nous guideront dans celte recherche.
Une solution de sucre de canne additionnée d'un peu de potasse caustique et portée à l'ébullition n'éprouve aucune coloration sensible, si elle renferme de la glucose, elle se colorera au contraire en brun ou en noir d'autant plus fortement que la quantité de glucose est plus considérable. Il faut remarquer oependunt que le sucre de canne interverti, qui existe souvent dans les sirops à fruits acides, produit le même effet.
Une solution de sucre de canne rendue alcaline par de la potasse caustique à laquelle on ajoute quelques gouttes de sulfate de cuivre dissous devient d'un bleu foncé et reste limpide à froid. Si la potasse est en quantité convenable, on peut même porter à l'ébullition sans qu'il se précipite du protoxyde de cuivre. Si la solution renferme de la glucose, le sulfate de cuivre est réduit déjà à froid et immédiatement par l'ébullition.
Le sucre de canne est charbonné par l'acide sulturique concentré. La glucose au contraire forme avec cet acide un acide sulfo-conjugué, l'acide sulfo-saccharique ou sulfo-glucique, qui forme avec la baryte un sel soluble. Pour constater la présence de la glucose dans le sirop, on y ajoute, après l'avoir concentré autant que possible, un léger excès d'acide sulfurique, en évitant, en relroidissant, une trop grande élévation de température. Au bout d'une heure on dissout la masse acide dans de l'eau et on triture le liquide jusqu'à saturation avec du cai'bonate de baiyte. On filtre pour séparer l'excédant de baryte. Si dans la
420 GLVCOSE.
liqueur filtrée et neutre l'acide sulfnrique éteuiiu produit un précipité, il setait formé de l'acide sullb-glucicjue, preuve de la présence de la glucose.
Dosage de la glucose. Le dosage de la glucose peut être fait par des procédés chimiques, ou par des procédés optiques; ces derniers procédés seront décrits à rarticlc Polarimètre.
Le procédé chimique généralement employé pour le dosage de la glucose est basé sur la réaction que présente ce corps sur les sels de cuivre en présence des alcalis. L'oxvde de cuivre est réduit à l'état de protoxyde ou d'oxydule, et la quantité de bioxyde réduite est proportionnelle à la quantité de glucose employée.
L'analyse se fait au moyen de liqueurs titrées de tarti\Tte cupro-potassique. Ces liqueurs, dont nous avons donné les principales formules à l'article Guïvre, sont toutes composées de sulfate de cuivre, de tartrate de potasse, ou de sel de Seignette et de potasse ou de soude caustique, dans certaines proportions qui empêchent plus ou moins la liqueur de se décomposer par l'aclion du temps et de la lumière. Nous reproduirons ici la composilion de la liqueur de Feliliny (]ui est encore très-employée :
Failcs dissomlre d'une pari :
Sulfate lie cuivre pur et crislallisé 54?', 65
Dans eau (lisliik'e l'iO centimi-lres cuhes.
Et d'autre part :
Tartrate de pota-se. ., IS7 grammes.
Faites dissoudre dans :
Eau distillée Q. S.
Ajoutez à ceue solution :
Soude caustique liquide de 1.20 de deiiiité {ii de Baume) 500 centimèlres cubes.
On verse peu à peu la solution cuivinque dans la liqueur alcaline, il se forme d'abord un précipité qui ne tarde pas à se dissoudre, et on ajoute assez d'eau pour que le volume total s'élève à 1 litre.
Quelle que soit la liqueur employée, il faut commencer par la titrer; le titrage s"opère de la manière suivante :
Ou fait dissoudre 10 grammes de glucose bien pure dans de l'eau distillée, de manière à obtenir 1000 centimètres cubes de liquide qui renferme, par conséquent, 1 centigramme de glucose par centimètre cube.
On verse dans un ballon 10 centimètres cubes de la liqueur à titrer, on y ajoute 20 ou 25 centimètres cubes d'eau distillée et on porte à rébuUition, puis au moyen d'une burette graduée on .y l'ait tomber goutte à goutte la liqueur sucrée. Dès que les deux liqueurs sont en contact, il se forme un précipité jaune et léger d'hydrate d'oxydule de cuivre, qui se déshydrate d'autant plus rapidement que la liqueur est plus alcaline et devient alors rouge et dense et gagne le fond. A mesure que l'opération s'avance, la couleur bleue du liquide diminue d'intensité en même temps que l'oxydule cuivreux se dépose. L'opération est terminée quand le liquide est entièrement décoloré. Le nombre des divisions de la burette employée indique le nombre de centigrammes de glucose) qu'il faut pour décolorer 10 centimètres cubes de la liqueur d'épreuve.
Le dosage de la glucose en dissolution dans un li(fuide (de l'urine diabétique, par exemple) se fait exactement de la même manière. Le volume de ce liquide
GLYCOSURIE. 4'21
employé pour obtenir la décoloration renferme exactement autant de glucose que le volume de la solution sucrée qui a servi au titrage.
Quant à l'analyse dun mélange de glucose etde sucre, de canne, voy. les mots SncRE et PoLAiiniÈTRE. LnTz.
GLYCOSIDES. Il existe un grand nombre de principes immédiats des végétaux qui sous l'intluence d'un ferment spécial à chacun d'eux, ou par l'ébullition avec l'acide sulfurique ou cblorliydrique très-dilué, ou une solution très-faible de potasse de soude ou de baryte, se dédoublent en glycose et eu d'autres corps différents pour chaque espèce. Ces principes sont composés de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, quelques-uns sont azotés, eiV acÀde mi/roniqiie renferme en plus du soufre. Le dédoublement a généralement lieu avec absorption des éléments de l'eau. Parmi ces principes nous citerons : l'amygdaline, la convolvuline, la daphnine, la digitaline, l'elléborine, l'esculine, la phloridzine, l'héhcine, la glycirrhizine, la jalapine, l'acide myronique, la quercitrine, la populine, la saponine, la salicine, etc. {voy. ces mots). Le nombre de ces corps, qui est déjà très-considérable, augmente encore tous les jours. Lutz.
GLlcos.ms (CoRR.). Genre de Rutaêées-Aurantiées, qui se distingue principalement des Citrua par ses lOélamines libres et ses loges ovariennes uniovulées. Ce sont des arbustes odorants, asiatiques et australiens. Leurs feuilles sont employées aux mêmes usages que celles des Orangers. Le G. citrifoUa LiNDL. a un fruit rafraîchissant. Bn.
eLYCOSlRlE. Par le terme de (/hjcosiirie, on doit entendre simplement le fait de la présence dans les urines d'un principe sucré. Telle est en effet la signification étymologique de cemot (Y).y-'.ù;, doux,et oypeîv, uriner), et telle doit être aussi sa signification nosologique. 11 a pour synonyme le terme un peu moins employé de inelliturie (i^U'i, miel, o'jpù-j, uriner), dont l'origine provient sans doute de ce que, se fondant exclusivement sur la sensation gustative éveillée par l'urine glycosique, les anciens pathologistes l'avaient comparée à celle du miel, peut-être aussi par ce fait que, dans l'urine glycosique, comme dans le miel, on constate surtout la présence de la glycose, sucre de raisin, dextrogyre.
Jusqu'au moment où les progrès de la physiologie ont permis de poursuivre assez loin l'étude de l'évolution du sucre dans l'organisme animal, sinon peutêtre de l'interpréter dans toutes les circonstances, on a pu désigner par le terme de glycosurie l'un des états morbides dans lequel ce symptôme est le plus commua et le plus accentué. Longtemps les deux expressions de glvcosurie et de diabète ont été confondues, et, si cette erreur n'est plus commise aujourd'hui dans le langage médical, elle a encore quelque cours dans le langage usuel, même, on le constate à regret, chez certains physiologistes. Elle ne saurait subsister plus longtemps, et chacun sait que, si le diabétique a presque toujours du sucre dans ses urines, l'intensité du processus morbide dont il est le théâtre n'est pas proportionnelle à la quantité de sucre que l'analyse de ses urines permet d'observer, qu'enfin l'on observe la glycosurie dans une infinité d'états physiologiques ou j)athologiqiies parfaitement indépendants du diabète.
L'article Glicoslrie ne doit donc être et ne sera ici même qu'un simple article de séméiologie. Aux mots Diabète, Glycose, Gi.ycohémie, le lecteur trouvera l'histoire complète du sucre dans l'organisme aux points de vue de la