GOBE-MOUCHE
Campophagince a été elle-même élevée au rang de lamille sous le nom de Campophagidœ, ce qui porte à trois le nombre des grandes subdivisions établies aux dépens de l'ancien genre Muscicapa.
Dans le Catalogue des Campophagidœ et des Muscicapidœ publié dernièrement par M. R. Bowdler Sharpe, les Muscicapidœ on les vrais Gobe-Mouches n'occupent pas moins d'un demi-volume de plus de 560 pages; ils comprennent plusieurs centaines d'espèces se répartissanten 69 genres. Parmi ces genres il y en a un grand nombre que G. Cuvier ne connaissait pas et qui ont été découverts dans le cours de ces dernières années, mais il y en a aussi que ce naturaliste rangeait et que plusieurs ornithologistes modernes rangent encore dans d'autres groupes. Tels sont, par exemple, les genres Pratincola ouTraquet {voy. ce mot) et Gerygone, qui sont souvent placés parmi les Becs-fins ou Sylxiidx {voy. les mots Passereaux et Déodactîles). D'autres genres enfin de Muscicapidœ ont des affinités incontestables soit avec les Timeliidœ, soit avec les Merles ou Turdidœ, tandis que les Terpsiphone (ou Tchitrea), les RJiipidura et les Myiagra, qui ont le bec très-large, très-déprimé, et muni à sa base de longues soies rigides, offrent dans toute leur pureté les caractères essentiels de Gobe-Mouches.
Les Muscicapidés appartiennent à la faune de l'Ancien Monde et de l'Océanie et sont représentés dans le Nouveau Monde par les Tyrannidés. Ils vivent pour la plupart dans les pays chauds, dans l'Inde, à la Nouvelle Guinée, en Austrahe, dans les îles de la Polynésie, en Afrique, à Madagascar, et ne comptent dans notre pays qu'un seul genre, le genre Muscicapa, qui d'ailleurs constitue le type même de la famille. Ce genre que l'on a voulu partager en trois, Mui^cicapa, Butaiis et Erythrosterna, d'après des considérations de peu d'importance, offre les caractères suivants : taille faible ; ailes médiocres, n'atteignant pas l'extrémité ou ne dépassant pas le milieu de la queue dont le bord postérieur est droit ou à peine échancré; tarses peu élevés; bec largement fendu, déprimé, mais assez court, avec une arête vive, des bords droits, une pointe faiblement recourbée et des soies peu développées à sa base.
Dans ce genre rentrent quatre espèces françaises : le Gobe-Mouche noir [Muscicapa nigra Briss.), le Gobe-Mouche à collier [M. coUaris Bechst.), le Gobe-Mouche gris {M. grisola L. ou Butaiis grisola Boie) et le Gobe- Mouche rougeàtre ou Petit Gobe-Mouche {Muscicapa pana Bechst., Erythrosteima parva Bp.). Le Gobe-Mouche noir, que Bulïon appelait le Gobe-Mouche de Lorraine et qui est un peu plus petit qu'un Moineau, est particulièrement remarquable par les différences que présentent les deux sexes à l'état adulte, le mile en été ayant les parties supérieures du corps d'un noir profond et les parties inférieures ainsi que deux petites taches sur le front, les grandes et les moyennes couvertures alaires d'un blanc pur, la femelle, au contraire, dans la même saison, étant en dessus d'un cendré rcussâtre, en dessous d'un blanc plus ou moins pur, avec du blanc sur les ailes et les côtés de la queue. Chez le mâle en hiver les teintes sont moins tranchées et chez le jeune la livrée est à peu près la même que chez la femelle. Ce Gobe-Mouche habite principalement les contrées méridionales de l'Europe, arrive en Provence au mois d'avril et en repart dans les premiers jours de septembre; il est de passage dans le nord de la France vers la fin de l'été et niche parfois dans nos départements du centie. Son nid placé sur une branche ou dans le creux d'un arbre renferme cinq à six œufs d'un bleu clair ou verdàtre.
4r,8 GOBLEY.
Le Gobe-Mouche à collier diffère du précédent par le collier blanc qui, chez le mâle du moins, orne la partie inférieure du cou. Il est assez répandu pendant la belle saison dans diverses localités de la France et principalement en
Lorraine.
Le Gobe-Mouche gris porte une livrée plus modeste, qui est la même pour les deux sexes, et qui consiste en un manteau gris varié de brunâtre et en un plastron blanchtàtre rayé sur les côtés de stries fuligineuses. On le trouve dans les régions tempérées de l'Europe, et on peut le voir fréquemment en été dans les jardins et les bosquets. Il fait son nid sur des buissons ou sur des arbres, dans des trous, dans les crevasses des vieux murs, à une faible distance du sol, et pond quatre ou cinq œufs d'un blanc sale^ azuré ou verdàlrc, avec des taches rougeâtres.
Enfin le Gobe-Mouclie rougeâtre doit son nom aux teintes rougeâtres ou rousses qui, sur les parties supérieures de son corps, se mélangent au gris cendré et qui s'éendent aussi sur les côtés de sa puilrine. Le mâle adulte a d'ailleurs la gorge et la poitrine d'un jaune vif et rappelle un peu par ce caractère notre Rou"c-gorge. Dans ses allures, le Gobe-Mouche rougeâtre diffère aussi quelque peu des Gobe-Mouches ordinaires pour se rapprocher des Tiaquets. Comme ces derniers il a la singulière habitude, tandis qu'il est perché au sommet d'une branche ou d'un poteau, de baisser lentement la queue, de l'étaler, et de la relever brusquement, en répétant plusieurs fois de suite la même série de mouvements. Les œufs de celte espèce sont d'une teinte café au lait ou gris rou2;eàti'e pâle, avec de nombreuses taches et stries grises ou roussàtres.
Les Gobe-Mouches pour la plupart ne se nourrissent pas seulement d'insectes, mais vers la lin de l'été et en automne mangent aussi des baies et des fruits succulents. Us deviennent souvent très-gras à l'arrière- saison, et sous le nom de Bec-figues oa Becque-figues, que l'on applique parfois aussi, mais à tort, à des Alouettes ou à des Fauvettes, ils sont très-rechercliés pour la table dans nos déparlements méridionaux. E. Oostalet.
Bici.ioGRAPHiE. — Br.issox. OriiUkologie, 1700, t. II, p. 581. — Linné. Systema Naturœ, 17613, t. I. p. 226. — Uaubexto.n. PL enl. de Buffon, 1770, . 565. — G. Cuvier. Règne animal, 1817, t. I, p. 345. — BoiE. Isis. 1826, p. 97.'î. — Ch.-L. Bonaparte. Geogr. and comp. List of i/ie Birds of Europe and Norih-Anierica, 1838. — J. Gould. Birds of Europe, 1858, p. 65. — Degland et Gerbe. Ornithologie européenne, 2° édit., 1867, t. I, p. 578. — G. -P.. Guay. Eondlist of Birds, 1879, t. I. p. 17 et 569. — H.-B. Siiarpe. Catalogue of Birds in the Collection of the British Muséum, 1869, t. IV, Passeri formes, part. I, Ciclomorplice. — H.-R. Iiressfr. a History of the Birds of Europe. Londres, 1871-1881, t. III, p. 445, et pi. 156 à 159. E. 0.
GOBLEY (Nicolas-Théodore). Pharmacien et chimiste distingué, né vers 1810, reçu en 1855, dirigea d'abord une officine importante rue du Bac, puis devint professeur agrégé à l'Ecole de pharmacie. En 1861, il fut élu membre de l'Académie de médecine, et ne tarda pas à devenir trésorier et membre du Conseil d'administration de celle savante compagnie. Gobley fut en outre membre de la Société de pharmacie, du Conseil d'hygiène et de salubrité du département de la Seine et d'un grand nombre de sociétés savantes et industrielles. Dès 1851, il fut appelé à faire partie de la Commission des logements insalubres. Gobley remplit toujours avec une exactitude rigoureuse les obligations multiples que ces charges diverses lui imposaient. Il assistait à toutes les séances des sociétés dont il faisait partie, ne faisait jamais attendre les rapports dont il était chargé,
GOBLEY. ^'îy
et apportait dans la discussion une grande netteté de jugement et un bon sens fin et éclairé. Charitable sans ostentation, il remplit pendant tle longues années les fonctions dadministrateur, puis de vice-présiiicnt de l'un des bineaux de bienfaisance de Paris. Gobley succomba à une maladie accidentelle à Bagnèresde-Luchon au commencement de septembre 1876.
Gobley ét;iit le neveu d'un homme que la spéculation pharmaceutique avait enrichi et qui laissa ses millions au jeune pharmacien de la rue du Bac. La fortune ne pouvait d'ailleurs mieux s'adresser qu'à cet homme simple et bon. « D'un abord réservé, quoique doux et bienveillant, dit Delpech, il semblait d'une santé délicate et presque faible, mais sous cette frêle enveloppe vivait une âme fortement trempée, douée d'une volonté persistante et tenace, animée d'une ardeur constante pour le travail, toujours poussée en avant par le sentiment du devoir... Suivant la trace d'illustres prédécesseurs, qui ont trouvé dans les études du laboratoire de la pharmacie une initiation à des études plus hautes, dans lesquelles ils ont conquis la gloire, entraîné par l'exemple de Robiquet, dont il avait été l'élève, et qui l'avait choisi pour gendre, il entie de plain-picd dans les recherches les plus difficiles de la chimie organique. »
Gobley a laissé un nombre considérable de mémoires originaux, de notes, de rapports, de revues, d'articles de dictionnaire, etc. Une grande partie de ces travaux appartient à la pharmacie pure, d'autres et des plus impoitants à la chimie biologique. Mentionnons ceux, entre autres, qui ont trait à la composition chimique de l'œuf des oiseaux et des poissons, de la laitance de carpe, des matières grasses du sang veineux de l'homme, de celles de la bile et du cerveau ; les études chimiques sur le cerveau de l'homme méritent d'être placées au premier rang ; les résultats auxquels Gobley est arrivé font autorité dans la science. « Un fait capital résulte de l'examen des mémoires que nous venons d'énumérer : c'est que, dans les différents points des organismes variés où elle se rencontre, la matière grasse phosphorée affecte une composition identique, soit qu'on la recherche dans les œufs, dans la laitance, dans le sang veineux ou dans le cerveau, et celte loi, féconde en déductions physiologiques, est un des plus beaux titres scientifiques de Gobley » (Delpech).
Ajoutons qu'on doit à Gobley un élaïomètre ou aréomètre pour différencier entre elles les huiles végétales. Il fonda en outre un prix biennal de la valeur de 20U0 francs destiné à l'auteur du meilleur travail soit sur une question proposée par l'Ecole de pharmacie, soit sur un sujet quelconque se rattachant aux sciences pharmaceutiques. Gobley fut l'un des collaborateurs les plus distingués de ce Dictionnaire.
Citons de lui :
I. Note SU7' r élaïoviètre , nouvel insltument d'essai pour les huiles d'olive. In Journ. de pharmacie, t. IV, p. 285, 1843, — II. Sur la coloration de diverses fécules par la vapeur d'iode. In Journ. de cliim. mëd., t. X, p. 121, 1844. — III. Recherches sur le pe?-chlorure de fer. In Journ. de pharm., t. V, p. 501, 1844. — IV. Applicatioti de V élaïomètre à l'essai de l'huile d'amandes douces et des huiles médicamenteuses. Ibid., t. V, p. 67, 506, et t. VI, p. 25, 1844. — V. Sur le lactate de chaux. Ibid., t. VI, p. 52, 1844. — YI. Rech. chimiq. sur le jaune d'œuf Ibid., t. IX, 1845; t. XI et XII, 1847. — VU. E.rpér. pour servir à l'histoire chimico-phai-maceutiçue des feuilles de laurier-cerise, de leur eau distillée, elc. Ibid., t. XV, p. 40, 1>>49. — VIII Sur le pi-incipe odo7-ant des feuilles de faham. Ibid., t. XVII, p. 548, 1850. — IX. Recherches chimiques sur les œufs de carpe. Ibid,, t- XVII et XVIU, 1850. — X. Sur la cause de la coloration de l'argent par les œufs qui ont été soumis à l'action de la chaleur. Ibid., t. XVIII, p. 347, 1850. — XI. Rech. chimiques sur la laitance de carpe. Ibid., t. XIX, p. 406, 1851. —XII. Rech. chimiques.
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sur les matières grasses du sang veineux de l'homme. Ibid., t. XXI, p. 241, 1852. —- XIII. Sur un nouveau sulfure dépotasse concret. Ibid., t. XXIII, p. 350, 1853. — XIV. Observ. sur la préparation du perchlorurc de fer. Ibid., t. XXV, p. 2o9, 1854. — XV. Rech. chimiq sur les champignons vénéneux. Ibid., t. XXIX, p. 81, 1856. — XVI. Rech. sur la nature chimique et les propriétés des matières grasses contenues dans la bile. Ibid., t. XXX, p. 241, 1856. — XVII. Essais anahjtiques sur le liquide lactiforme de MM. Gandin et Choumara. Ibid., p. 271. — XVIII Sur la p7-éparation de l'iodure de chlorure mercureux. Ibid., t. XXXII, p. 51, 1857. — XIX. Rech. chimiq. sur lelimaçon de vigne. Ibid., t. XXXIII, p. IGI, 1858. — XX. Rech. sur le principe odorant de la vanille. Ibid., 1858, t. XXXIV, p. 401. — XXI. Rech. chimiq. sur la racine de Kaiva. Ibid., t. XXXVII, p. 19, 1860- — XXII. Examen chimique d'un calcul biliaire, suivi de considérations sur les différentes phases de sa formation et sur les meilleurs dissolvants des calculs biliaires. Ih'id., t. LX, p. 84, 1861. — XXIII. Examen chimique d'une tumeur extraite de la paupière supérieure. Ibid., t. I, p. 223, 1865. — XXIV. De l'action de l'ammoniaque sur la lécithine. Ibid., t. XII, p. 10, et Compt. rend, de l'Acad. des .ic, 1870, t. LXX, p. 1297, 1870. — XXV. .\vec A. Cbevaliier. Essai sur la recherche de l'iode et du brome dans les eaux minérales. In Journ. de chimie mcd., t, IV, p. 73, 1848. — XXVI. .\vec A. Chevallier. Rech. sur la présence de l'arsenic dans les eaux minérales. eLc In Journ- de pharm., t. XIII, p. 324, 1848. XXVII. Avec Chevallier et Journeil. Essais sur les vinaigres. In Journ. de chim. méd., t. IX, p. 489, 18i3. — XXVIII. .\Yec Toiseuille. Rech. sur l'urée, la Compt. rend, de l'Acad. des se, t. XLIX, p. 164, 1859. — XXIX. Avec Soubeiran. Appareil pour préparer les extraits dans le vide. \n Journ. de pharm., t. XXIII, p. 5, 1853. L. Hn.
GOCKEL (Les).
Gockel (Eberhard). Médecin et érudit allemand, né à Ulm, le 15 juin 1650, mort dans cette ville le 14 février 1705. Il était le fils de Balthazar Gockel, pasteur évangélique. Il exerça d'abord la médecine à Geisslingen et à Giengen, puis fut méderin pensionné à Ulm à partir de 1675, et devint médecin du duc de Wurtemberg. Gockel fut membre de l'Académie des Curieux de la nature sous le nom d'Alector. 11 eut la réputation d'un habile praticien et fut l'un des promoteurs du système iatro-chimique en Allemagne. On cite de lui :
I. Fidus Achates, oder Frauen und Kinderbûchlein. Ulm, 1665, in-8°. — II. Politischhistorisch und medicinische Betrachtung des Zorns, und deren daraus entstehenden liranklisiten. Halle, 1668, in-8°, — III, Epitome theoriae practicae de odontalgia, oder Bericht von dent Zahnweh. Nordlingpn, 1668, in-8''. — IV. Enchiridion medico jjracticum de peste, atque ejus origine, causis et signis prognosticis, quin etiam praeservationis ac curationis 7nodo et antidotis ; partim ex probatissimorum medicorum; utpote Josephi Quercetani, Gregorii Hostii, Raymundi Mundereri, Athanastii Kircheri, aliarumque scriptis ; partim ex autopsia et practicis observationibus Dn. parentis concinnalum, cui annexus est libellus de venenis. Augustae Vindelic, 1669, in-8°. — V. Von den wuthenden Hundesbissen. Augsburg, 1679, in-S". — VI. Consiliarum et observalionum medicinalium décades VI. Collectae et per experientiam comprobatae. Augustae Vind., i682, in-8°. — VU. Beschreibung des durch das Silberglett versi'issten sauern Weins, und der davon entstandenen neuen, vormahls unerhôrlen Weinkrankheit. Ulm, 1697, in-8''. — VIII. Kurze und curiôse Beschreibung des Gockelhahns und des sogenannten Hahnen- oder Basiliken-Eyes. Ulm, 1G97, in-8°. — IX. Der Eyerlegendc Hahn. Ulm, 1697, in-S". — X. Polyhistoricus magico-curiosus. Francofurti, 1699, in-8°. — XI. Bericht von dem Beschreyen und Yerzaubern, und denen daraus entstandenen Krankheiten . Leipzig, 1699, in-8°; Frankfurt u. Leipzig, 1717, in-8''. — XII. Gallicinium medico-practicum, sive consiliorum, observalionum et curationum medicinalium norarum centuriae diiae cum dimidia, in quibus omnibus non solum varii singulares casus enumcrantur, sed etiam per causas, raliones et principia tam antiquorum quam neotericorum medicorum dilucide pertractantur ac resolvuntur, atque selectioribus pier 4i annos propria experientia comprobatis remediis, illuslrantxir, etc. Ulmae, 1700, in-4''; ibid., 1722, in-4°. — XIII. Un grand nombre d'observations dans les Epliém. des Curieux de la nature. L. lix.
Gockel (Ghristiak-Lddwig). Autre médecin allemand, né le 51 décembre 1662, à Tonna, près de Gotha, en Saxe, fit ses humanités au gymnase de sa ville natale, puis étudia la médecine à léna, sous la direction du fameux
GOCKLÉNIUS. ^'i^
Wedel. Il obtint le grade de docteur en 1685, puis, sur la recommandation de Volkamer, fut nommé médecin pensionné à Hersbruck, ce qui le mit dans la nécessité de se faire agréger au Collège des médecins de Nuremberg. 11 ne tarda pas à jouir d'une grande réputation qui lui valut les faveurs de plusieurs princes minuscules de Tempire germanique, la dignité de médecin et de conseiller privé du prince de Saxe-Gotha (IG92), et son admission parmi les membres de l'Académie des Curieux de la nature sous le nom à'Alexippe. En 1711, il obtint la place de médecin du margrave de Bade, qu'il accompagna dans ses voyages en Allemagne et en Italie. A Rome, le pape Clément XI le ■consulta et se trouva bien de ses conseils. En 1722, Gockel devint le médecin du duc de Wurtemberg ; onze ans après il passa à la cour de Bayreuth, puis vint à Nuremberg, où il mourut le 23 août 1756. Outre quelques observations puljliées dans le Becueil de l'Académie des Curieux de la nature, Gockel a mis <iu jour :
I. Diss. de convulsione ad praxin clinicam accommodata. lenae, 1685, in-4°. — II. Diss, de purganlibus. lenae, 1684, in-4°. — III. Diss. de hydrope. lenae, 1685, in-4°. L. Hn.
Gockel (Christoph-Ludwig). Fils du précédent, né à Hersbruck en 1689, étudia la médecine à Tubingue et à léna, et obtint le titre de docteur à cette dernière Université en 1710. Il fit ensuite un voyage en Allemagne, en Hollande, en Angleterre et en France, puisse fixa à Nuremberg, où il fut nommé médecin pensionné. L'Académie des Curieux de la nature le reçut dans son sein sous le nom de Philostorgius. Il a publié plusieurs observations dans le recueil de cette société. Sa thèse de doctorat a pour titre :
Diss. de serpentaria Virginiana. lenae, 1710, in 4°. L. Hn.
Gockel (Christian-Friedrich). Frère du précédent, vint au monde à Nurem- 'berg, le 4 février 1717. Il fit ses études à Altdorf, puis à léna, où enseignaient alors Wedel, Teichmeyer, Hilscher et Ilamberger. Reçu docteur à Helmstadt en 1740 sous la présidence de Ileister, il fit un voyage en Allemagne, fit un séjour -à Strasbourg pour se perfectionner dans les accouchements et alla passer quelque temps à Paris. De retour à Nuremberg, en 1752, il se fit agréger au Collège des médecins et en 1754 fut nommé médecin pensionné à Erlangen. On cite de lui :
I. Diss. de /lydrope et quarlana per corlicem peruvianam curalis. Helmstadtii, 1759. iin-i°. — il. Diss. de ossiunt tumoribus. Helmstadtii, 1740, in-4°. L. Hx.
GOCKEL (Philipp-Casper). Médecin allemand, né à Nuremberg, le 51 août 1720, était fils d'un jurisconsulte. Il fit ses études à léna et à Helmstadt, obtint le diplôme de docteur en 1741 sous la présidence de Heister, et, après plusieurs voyages, vint s'établir dans sa ville natale. Il y devint membre du Collège de médecine, y fit des cours d'anatomie et de chirurgie, obtint en 1752 la place de médecin de la garnison et mourut le 4 février 1759. On a de lui :
Ï.Diss. de nova melkodo sexuaJi plantarum Linnaci. Helmstadtii, 1741, in-4°. — II. Angenehmer und nûtzlicher Zeitvertreib , mit Betrachiung curioser Vorstellungen allcrliand kriechender, fliegender und schwimmender, auf dem Land und Wasser sich befindender und nâhrender Thiere, sowohl nach ihrer Gestalt und âusserlicher Beschaffenheit, als auch nach der accuratest davonverfertigtenStructur ihrer Scelete. Nûrnberg, 1748, in-fol. (Gockel n'a contriBué à cet ouvrage que jusqu'à la lettre E.). L. Hs.
GOCKLÉXil^iS (Rodolph). Fils de Rodolphe Gocklénius, professeur de
472 GOÇVA>fI ÇIVANANDABHATTA.
logique à Marbourg, ce médecin est né à Wittemberg, le j" mars lo47, et est mort le 8 juin 1628. 11 avait été reçu docteur à Marbourg en 1601, nommé professeur de pbysique en 1608 et de mathématir|ues en 16 12 à l'Université de cette ville. Ce fut un fécond polygraphe, mais, zélateur ardent de Paracelse. il a rempli ses écrits d'assertions qui annoncent un esprit porté vers une crédulité puérile et un enthousiasme aveugle. On recherche cependant ces écrits à cause précisément de leur excentricité. Aussi croyons-nous devoir en donner une liste à peu près complète. On y trouvera un traité De crepitu ventris. L'auteur aurait pu, sur ce sujet scatologique, y mettre au moins un peu d'esprit; il n'a réussi qu'à fatiguer le lecteur par une surabondance d'érudition hors de saison.
I. PInjstologia crepitus venli-is et rhus recognila, explanata Fraiicofurti. 1607,
n-8°. — II. De vita prorogandn Moguntiae, 1608, in-S". — III. Loimographia, in qua
graves quœdam ardiiœque qucotliones rnedicoviim qiiorundam ignorantiam et errorem in ciirandapeste detcgenles explicanlur. ... Fiancot\iiti, 1613, in-r2. — Vi . Tractalus novus de niagm tica va/iieruiii cuiaiio/ie. Francot'., 16] j. iii-8" (s. I.); I6Ô4, in-r2. avec Oiaiio de luxuriosis et prodigiosis nostri œvi conviviis (53 251). — V. Leiicoii philosoplâcum, quo tanquam clave philosoplnœ /ores aperiunlur. Francot'., 1613, in-4''. — VI. Vrania cum
geniinis fitinbus, hoc est, Astronomia et Antrologia speciali Francof., 1615, in-8°. —
VII. Sijnartlirosis mngiietica opposite infaustic anatomiœ Joh. Roberti Blarpiirgi,
1019, in-S". — VIII. t]urationcs magiieticœ et iinguenti armarii ruina ,. . . Luxemburgi, 1618, iii-S". — IX. Morosopliia Joannis Roberti D. Jesuitœ, in re/utatione sijnartliroseos gocLnianœ, anno 1618. Luxemburgi, 1619, in-8°. — X. Synopsis Geometriœ, Astronomiœ,
Astrologiœ, Opticœ et Geographiœ Francofurli, 16'JO, in-8°. — W. Physignomica et
cliironiantica specialia Ilamburpi, 1661, in-8°. — XII. Positiones p/iysicrc et ethicce.
M;irljurg., 1594, in-4°. — XIII. De pcstls febrisquc peslilentialis causis , differentiis et ciirsis. Jlarburg., 1607, in-8°. — XIV. (}. Apot/inaris cnchiridion renicdiorum facile parabilium latine reddidit. Fiancof., 1610, iii-8°. — XV. Essentia medicince vniversali.i adversus univcrsalent vutgo jactatani. Francof., 16i0, 111-4°. — XVI. Tractatus p/iysicus et mcdictis
de Sanorum diœla Francof., 1645, in-8°. — XVII. Tractatus de porientosis ac luxuriosis
ucstri scculi conviciis. Marpuigi, 1617, in-8°. — XVIII. De risii et lacnjmis, iii-S".
C-'irviXB (fïVAV4X».iBO.\TT.4. L'n petit livre sur la pathologie médicale, assez moderne, appartenant à la littérature sanscrite, et ayant pour titre VaitJyavinoda, c'est-à-dire le passe-temps médical, est attribué à cet auteur, par le tc.\le même du manuscrit. L'ouvrage est peu considérable, puisqu'il ne consiste qu'eu 77 feuilles, écrites en caractères dévanagaris. Il est consacré au diagnostic, à la description et à la thérapeutique d'un certain nombre de maladie.<. Lo premier ch;ipilrc traite de l'exploration du pouls. Ce manuscrit fait partie de la oollcclion de l'ancienne compagnie des Indes, et a été signalé par D ctz. qui a fait remarquer que l'énoncé placé à la lin du premier et du second chapitre donne à l'ouvrage un titre différent.
11 le nomme Vaithjoratua, c'est-à-dire le joyau de la médecine. Dielz lui ratt:,che, sans doute après comparaison des deux manuscrits, un commentaire anonyme appartenant à la même collection, intitulé Vaidyaratna t'ikâ (lîkâ, commentaire)!^ Mais c'est aussi le titre d'un petit traité différent du Vaixlyavinoda, cl qu'on attribue ordinairement à un autre auteur du nom de Vidyapatihhatta, c'est-à-dire le savant maître de la connaissance. Nous ne saurions dire s'il s'agit ici du même auteur, parce que nous ne possédons aucun renseignement sur Tioçyani Çivananda. Le même nom se retrouve néanmoins dans la littérature religieuse de l'Inde, en tête d'un manuel de liturgie à l'usage des adorateurs de Vishnou, où Çivananda Goçvani est dit fils de Jaganivaça Goçvani.