‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 62 sur 97 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

Résine séchée à 204 degrés C Tl/i 71,6

Gomme soluble ou arabine, sécliée à 100°. . . . 21,8 74,0

Humidité chassée par une chaleur de 152'. . . . 4,8 4,8

Pour dissoudre la résine, Gbristison se servait d ether, qui est son meilleur dissolvant.

2" Goinme-gutte en masse ou en gâteaux [cake Cambodge des Anglais) . Masses informes de 1 kilogramme à 'l'>^,500, qu'il ne faut pas confondre avec les débris agglutinés de la sorte précédente. Elle est brunâtre ou grisâtre, demi-transparente à la surface, terne à l'intérieur et à cassure plutôt esquilleuse que concboïdale. Elle renferme des rameaux et des pétioles de diverses plantes ainsi que des granules amylacés faciles à reconnaître au microscope. Elle forme avec l'eau une émulsion jaune plus gluante que la gomrae-gutte en bâtons. D'après l'analyse qu'en a faite Christison, elle contient :

Résine 64,7 \

Arabine 20.2 j

Fécule 5,6 : en moyenne.

Ligneuï 5,5 \

Humitlilé 4,2 !

La gomme-gutte en bâtons est beaucoup moins estimée que la sorte précédente, mais il en existe des variétés encore inférieures dans lesquelles les proportions de gomme et de résine sont notablement plus faibles : c'est le Course amboiJge des Anglais.

Quant à la gomme-gutte de Ceijlan, d'après la description qu'en a donnée Christison, elle se présente sous forme de masses arrondies ou aplaties, pesant environ 400 grammes, peu homogènes et formées de larmes irrégulières et celluleuses, dont les intervalles renferment une matière pulvérulente, d'apparence terreuse. Elle est d'un jaune-orangé foncé, mais s'émulsionne moins bien dans l'eau que la gomme-gutte de Siani ; sa composition est analogue à celle de cette dernière: voici le résultat de l'une des analvses de Christison :

Résine jauue, obtenue par l'éther et desséchée 68,8

Gomme soluble ou arabine 20,7

Ligneux, etc 6,8

Humidité 4,6

Le Garcinia cambogia fournit une gomme-résine quelquefois aussi désignée sous le nom de gomme-gutte, mais dont elle diffère par la présence d'une huile volatile et par ses propriétés purgatives beaucoup plus faibles {vog. Garcinia).

Enfin, sous le nom de gomme-gutte d'Amérique on trouve parfois dans le commerce le suc gommo-résineux de plusieurs Hypéricacées, particulièrement de V Hyper icum bacciferum ; ce suc jouit de propriétés analogues à celles de la vraie gomme-gutte.

g II. Emploi. La gomme-gutte exerce sur la muqueuse digestive une action irritante, qui se traduit par un simple accroissement des sécrétions du canal alimentaire, si les doses sont faibles, et une véritable inflammation de la muqueuse, si les doses sont considérables. Dans ce cas, on observe des nausées, des

640 GOMMES (matière médicale et chimie).

vomissements, des coliques, des selles aqueuses, des mictions fréquentes, avec dépression du système vasculaire, refroidissement des extrémités, abdomen douloureux à la pression et quelquefois des syncopes mortelles. Si le malade survit, il présente de violentes coliques, des selles muqueuses, sanguinolentes, comme dans la dysenterie spontanée. En résumé, la gonime-gutte est un drastique énergique; elle agit en outre comme diurétique. Sou emploi en médecine se trouve dès lors tout indiqué; elle a néanmoins pour inconvénient de provoquer facilement des nausées et même des vomissements, à cause de sa facile solubilité dans le suc gastri([ue.

L'action drastique de la gumme-gutte est loin d'être aussi violente que celle de i'buile de croton. Comme l'aloès, elle congestionne les organes pelviens et même, paraît-il, à un plus baut degré.

La gomme-gutte, à la dose de 10 à 20 centigrammes, répétée plusieurs fois par jour, constitue un laxatif doux; à la dose de 50 centigrammes elle purge déjà énergiquement. Elle sert à combattre la constipation babituelle ou accidentelle, à favoriser le développement des bémorrboides, à provoquer le flux cataménial cbez les sujets dont les digestions sont languissantes et dont l'aménorrbée est tor[)idc.

Comme liydragogue puissant et diurétique, la gomme-gulte est utilisée dans les bydropisies liées aux maladies du cœur, des reins, ou à unedyscrasie sanguine. L'action dérivative énergique qu'elle exerce sur le tube digestif est mise à profit dans certains catarrbes pulmonaires et affections cérébrales.

Enfin la i^omme-gutte est vermifuge et comme telle fait partie du remède de Madame Noulfer.

Ordinairement on donne la gomme-gutte dans des pilules où elle se trouve associée à d'autres drastiques. Gubler formule de la manière suivante ses pilules cholagogues à la gomme-gutte : Calomel, aloès et gomme-gutte, àà 10 centigrammes pour une pilule. On emploie encore un savon de gomme-gutte, une teinture où. elle est associée avec le sous-carbonate de potasse; elle entre dans les pilules écossaises, dans les pilules de gomme-gutte composées, les pilules hydragogues deBontius, et dans diverses préparations aujourd'hui inusitées.

Enfin la gomme-gutte est employée dans la peinture pour sa belle couleur jaune. L. IIahn.

GO:VI7IES. § I. Matière médicale et chimie. Sucs d'origine végétale,

généralement mucilagineux, quelquefois mélangés de résine, dont le mode de formation ou de sécrétion est plus ou moins bien connu. Les gommes sont des produits de la désorganisation des parois des cellules ou des fibres, c'est-à-dire de leur transformation eu substance mucilagineuse ou gélatineuse, ou encore résultent d'une élaboration spéciale aux dépens du contenu amylacé de ces cellules ou de ces fibres, ou enfin, surtout lorsqu'elles sont associées à des résines, se forment dans des sortes de lacunes ou canaux sécréteurs ou dans des vaisseaux véritables qu'on peut assimiler aux Jaticileres.

Quel que soit leur mode de formation, toutes les gommes transsudent naturellement de la tige des végétaux gummifères ou par des incisions pratiquées sur cette tige.

Ces sucs végétaux peuvent être répartis en deux grandes classes : les gommes proprement dites et les gommes-résines.

GOMMES (matière médicale et chimie). 641

I. GOMMES PROPREMENT DITES. Nous comprenons sous ce titre des substances iucristallisables, incolores, inodores, d'une saveur fade, d'une cassure vitreuse, donnant avec l'eau un liquide mucilagincux et insolubles dans ralcool; l'acide nitrique les transforme en acide mucique et acide oxalique et, dans des conditions particulières, en acide saccharique et acide tartrique.

Les gommes les plus connues et les plus répandues dans le commerce diffèrent enti-e elles autant par leur provenance que par leurs caractères chimiques ; elles peuvent être réparties en trois groupes bien distincts : les gommes arabiques, les gommes adragantes et les gommes nostras ou du pogs, auxquels on peut ajouter un quatrième groupe renfermant des gommes diverses plus ou moins analogues aux précédentes.

1" Gommes arabiques. HISTORIQUE. La gomme aiabique était connue dans la plus haute antiquité ; dix-sept cents ans avant l'ère chrétienne, les flottes égyptiennes la rapportaient de l'Arabie; l'arbre à gomme est même représenté dans le trésor du roi Ramsès III, à Medinel-Abu ; la gomme s'appelait Kami, d'oh a dérivé le mot grec /.ôt/(xi et, eu passant par Je latin, notre mot gomme (Flùcluger etHanbury). Les Grecs et les Romains connaissaient la gomme, mais ne l'utilisaient guère. Au q^uatorziènie siècle, la gomme est plusieurs fois mentionnée sur des listes de drogues de Pise, de Paris, etc.

Les usages médicaux de la gomme étaient excessivement restreints dans l'antiquité ; son emploi dans les arts est de date récente.

Sécrétion. Le mode de formation de la gomme arabique n'est pas exactement connu. Sans nous arrêter à l'opinion de 51. Martins (de Monipellier), qui pense que sa formation est liée à la présence d'une plante parasite, le Loranthus senegalensis, qui croît, comme le Gui, sur les végétaux qui lu produisent, nous dirons seulement que, suivant plusieurs auteurs, elle est, comme la gomme adraganle, le résultat d'une modification chimique et physique des membranes cellulaires due, selon toute apparence, à une influence morbide, et que, selon d'autres, elle se rencontre en dissolution plus ou moins épaisse et mucilagineuse dans le suc cellulaire, et qu'elle peut être déversée au dehors à travers la membrane dans des espaces intercellulaires. A un moment donné, principalement à la suite delà saison pluvieuse, la gomme sort spontanément par des fentes de l'intérieur de la tige, coule le long du tronc et peut même s'accumuler en masses plus ou moins considérables au pied de l'arbi e dans le sable.

Origine kt provenance. La gomme arabique la plus belle, la gomme arabique vraie ou gomme blanche de Sennaar des droguistes anglais, celle qui est réservée aux usages médicaux, vient du Kordofan et des pays avoisinants, où elle est produite en petite quantité par l'Acacia arabica Willd., et en majeure partie par l'icacm Sene^a/ W. (A. Fere/i: Guill. et Perr.), arbres dont l'aire géographique, extrêmement vaste, est à peu près k même; on les trouve * tous deux depuis la Nubie et l'Egypte jusqu'au Sénégal, au Cap et dans l'Inde. D'après Schweinfurth, ce serait le Verek seul qui fournirait la belle gomme blanche venant du Kordofan et des régions qui bordent le Nil supérieur. Dans l'Afrique orientale, le Verek est connu sous le nom d'Hasliab, d'où le nom de gomme d'Hashabi qu'on donne quelquefois à la gomme arabique et qu'il ne faut pas confondre avec une autre gomme d'Ilashabi, ou Hasabi el Jésiré, qui vient de Sennaar, sur le Nil bleu, et est pioduite surtout par V Acacia Seijal Del.

Une très-bonne variété de gomme arabique, appelée gomme de Jiddah ou de

D7CT. EîfC. i^ s. IX. 4[

642 GOMMES (matière médicale et chimie).

Gedda, du nom de la ville de Jidda sur la mer Rouge, dans l'Hedjaz (Arabie), paraît correspondre à la gomme turiqiie des Anciens, ainsi nommée de la vallée de Tor, en Arabie, près de l'isthme de Suez. Il ne faut pas confondre cette gomme avec une autre gomme Gedda, de mauvaise qualité, produite par les Acacia tortilis Forsk. et A. Ehrenhergii Nées.

— Les belles variétés de gomme arabique se présentent en morceaux blancs dont le volume ne dépasse pas celui d'une noisette. Leur forme est ovoïde ou sphérique, rarement vermiculaire, leur surface arrondie ; ils sont traversés par de nombreuses fissures intérieures, se brisent facilement et forment alors des fragments anguleux. La cassure est vitreuse. A 100 degrés, la gomme devient extrêmement friable ; à l'air humide, elle absorbe peu à peu jusqu'à 6 pour 100 d'eau. L'odeur est nulle, la saveur mucilagineuse.

Les sortes inférieures se distinguent de la belle gomme claire et incolore par leur teinte jaunâtre, rougeâtre ou brunâtre, et le plus ou moins d'impuretés qui les souillent.

La solution aqueuse de gomme est lévogyre. A la longue elle s'acidifie et renferme du sucre, et ses propriétés optiques se trouvent modifiées. La solution de gomme ne réduit pas le tartrate cupro-potassique. Les fragments très-purs et secs ont pour poids sj)écifique 1,487.

La gomme arabique vient des côtes de la mer Rouge à Marseille, où on la trie en trois qualités dites : premier blanc, deuxième blanc et troisième blanc. Diverses autres sortes de gommes arrivent sur le marché européen ; nous énumérerons les principales :

1° Gomme du Sénégal. Plus répandue en France que la gomme arabique, elle vient du Sénégal à Rordeaux en grande quantité. Elle est produite par l'Acacia Sénégal ou Verek, le même qui fournit la plus grande partie, sinon la totalité de la gomme arabique.

Elle est blanche, mais plus souvent jaunâtre ou rougeâtre, plus ferme et moins fragile que la gomme arabique. A tous les autres points de vue, tant pour les propriétés chimiques qu'optiques, la gomme du Sénégal est identique à celle du Kordofan. Fliickiger attribue les autres différences à des causes météorologiques. On distingne parmi les gommes du Sénégal deux variétés : A. Gomme du bas du fleuve. La plus estimée; elle est composée de larmes blanches et de gros morceaux de couleur rouge ; les uns et les autres sont transparents, et ne présentent pas à leur intérieur des fissures comme la gomme arabique; en revanche ils sont fissurés ou du moins ridés à la surface.

Les larmes blanches sont arrondies, ovoïdes ou vermiculées, et présentent jusqu'à 4 centimètres de long. Elles proviennent de V Acacia Verek.

Les morceaux rouges sont en général sphériques ou ovoïdes et peuvent atteindre le poids de 500 grammes. Leur saveur est douce et moins fade que celle des morceaux blancs. On les a attribués à Y Acacia Nehoued ou mieux Neboueb Guill. et Perr. Mais, d'après Bâillon, cette dénomination ne correspond pas à une espèce botanique, Neboueb ayant été tiré probablement par corruption de Neb-Neb, nom donné par les indigènes sénégalais à V Acacia arabica. Ce serait donc ce dernier qui produirait les morceaux rouges, à moins que ce soit VAcacia Adansonii Guill. et Perr., encore appelé gommier rouge, le gommier gonakié des indigènes.

On trouve en effet dans les gommes du bas du fleuve des morceaux rouges provenant de ce dernier arbre. Ce sont généralement des fragments vitreux,

GOMMES (matière médicale et chimie). 643

d'un rouge plus intense que les précédents, d'une saveur fortement amère. On les désigne sous le nom de gomme gonaté, gonaké ou gonakié.

Enfin, dans les gommes du bas Sénégal, on rencontre encore des larmes offrant les caractères delà gomme ordinaire, sauf une amertume considérable; on les connaît sous le nom de gomme de Bondou; leur origine ne nous est pas connue.

B. Gomme du haut du fleuve, connue sous le nom de gomme de Galam, gomme friable, gomme Salabreda ou Sadra-beida (arbre blanc). Elle paraît être produite par V Acacia albida Del. C'est un mélange de gommes venant de Galam ou de Bondou, situés dans le voisinage de la partie supérieure du fleuve. Cette variété est formée de morceaux brisés, irréguliers, anguleux, à surface terne et souvent ridée, à cassure brillante, de couleur blanche, verdàtre, jaune ou rouge, selon l'âge du végétal ou la nature du terrain. Ces fragments sont souvent mêlés de morceaux assez volumineux appelés « marrons » ou gomme lignirode. Ces marrons sont de couleur jaunâtre, brun-foncé ou noirâtre, ternes, à surface raboteuse, renfermant au centre une large cellule, de forme ovoïde, que Guibourt regarde comme une loge ayant servi de demeure à la larve d'un insecte. Ces fragments, en se dissolvant dans l'eau, laissent un résidu de bois rongé, d'où le nom de lignirode.

Ces diverses gommes, en arrivant à Bordeaux, sont triées et séparées en plusieurs qualités telles que : blanche, deuxième blanche, petite blanche, blonde, petite blonde, gros grabeaux, moyens grabeaux, etc. Les variétés blanches sont répandues partout en France comme succédané de la gomme arabique.

2» Gomme de Suakin, de Talca ou de Talha. Elle est produite par l'Acacia stenocarpa Hochst., appelé Talch ou Talha par les Arabes, et répandu surtout dans le district de Gedaref, entre le Nil bleu et l'Atbara supérieur, vers le 14" degré de latitude nord, et par ÏAcacia Seyal Del., var. Fistula {A. Fistula Schweinf.), qui croît dans le Sennaar et dans le sud de la Nubie. Son nom de Suakin vient de ce qu'elle est en grande partie exportée par le port du même nom, sur la mer Rouge. Cette variété de gomme est en fragments incolores et en fragments brunâtres, mélangés de morceaux d'un brun rougeâtre foncé. Les fragments volumineux sont fissurés en tous sens, opaques et ternes. Tous sont extrêmement friables et se réduisent même complètement en poussière. Cette gomme, de qualité très-inférieure, est importée d'Alexandrie en Europe.

"ô" Gomme du Maroc, de Mogador ou gomme brime de Barbarie. Produite, dit-on, par V Acacia gummifera Willd. ; elle est en larmes de dimensions moyennes, souvent vermiformes, d'une coloration claire uniforme, luisantes en dedans, craquelées à la surface, se cassant aisément, si on les conserve dans une atmosphère chaude. La gomme de Barbarie est soluble dans l'eau.

A" Gomme du Cap. Cette gomme, qui est importée en grande quantité en Angleterre, est produite par l'icacia/iorn^/a Willd., hDoornboomoii Wiltedoorn des colons du Cap, l'arbre le plus commun des déserts de cette partie de l'Afrique. Elle est colorée uniformément en brun ambré et très-fragile, mais présente pour le reste les caractères de la gomme du Sénégal dite du haut du fleuve.

5° Gomme de l'Inde orientale ou gomme arabique de l'Inde orientale du commerce. On désigne sous ce nom diverses variétés de gomme importées de Bombay en Angleterre. Elles sont fournies en partie, paraît-il, par VAcacia arabica, qui forme des forêts entières dans les districts du Sind et du Guzerat et qui produit, entre autres, la laque des insectes ; mais tout ce que l'on désigne sous le nom de gomme de l'Inde ne vient pas de ces contrées ; il parait que la

644 (SOMMES (matière médicale et chimie).

plus grande partie de celle gomme est produite par l'Afrique et importée à Bombay des ports de la mer Uouge, d'Aden et delà côte orientale de l'Afrique. Quoi qu'il en soit, la meilleure qualité est en larmes de diverses dimensions, dont les plus grosses atteignent le volume d'un œuf; elles sont translucides, vitreuses à leur intérieur, de coloration ambre pâle ou rose, totalement solubles dans l'eau.

6° Gomme d'Australie {Wottle gum des Anglais). Cette variété est fournie par l'icacia homalophylla A. Cunn., l'i. pycnantha Benth., VA. decurrens Willd., y A. mollissima Willd. et 1.4. melanoxylon R. Br. Les auteurs anglais la décrivent comme formant de grosses larmes ou des morceaux globuleux, durs, parfois colorés en jaune pâle, mais plus souvent de couleur ambrée ou d'un brun rougeàlre, transparents, entièrement solubles dans l'eau et formant un mucilage adhésif et moins susceptible de se craqueler lorsqu'il est sec que celui des autres gommes. La solution des sortes inférieures, plus foncées, renfeime du tannin.

La dcscri|ilion qui précède diffère notablement de celle que donne Guibourt de la gomme d'Australie; mais il est bon de remarquer qu'elle a été faite par cet auteur sur des échantillons venus d'Australie il y a trente à quarante ans.

Flïickiger et llanbury monlionneni encore une gomme d'.\ustralie décrite comme ayant un aspect blanc amorphe dû à une infinité de fissures qui traversent les Iragmcnts en tous sens.

Caractères et composition chimique. La gomme se dissout dans l'eau à poids égal, avec une grande lenteur, en formant un liquide épais, glutiueux, un peu opalescent, à saveur fade et à réaction acide; en chaulfant l'eau, elle dissout la gomme plus rapidement, mais elle n'en prend guère plus, même à iOO degrés. La gomme arabique de preniière qualité, desséchée à 100 degrés, forme avec deux parties d'eau un mucilage dont le poids spécifique est 1,149 à 15 degrés centigrades. La glycérine laisse la gomme solide intacte, mais se mélange bien avec la solution de gomme. L'alcool aqueux ne dissout qu'une faillie partie de la gomme; l'alcool à 60 pour 100 ne la dissout plus, mais en extrait un peu de résine, de matière colorante, de glycose, de chlorure de calcium et d'autres sels.

La gomme est insoluble dans l'éther et les huiles fixes et volatiles; elle est incristallisable. D'après Mulder, elle commence à s'altérer à 155 degrés ; elle se décompose vers 200 degrés en donnant naissance à une eau acide, à des produits empyreumaliques et à différents gaz.

La solution aqueuse de gomme dévie à gauche le plan de polarisation, ce qui la distingue de la dextrine, aussi appelée gomme artificielle, qui est dextrogyre. Les propriétés lévogyres de la gomme arabique sont dues à la présence d'une glycose particulière, Varabinose, qui est fortement lévogyre (a = — 54 degrés, d'.iprès Béchamp), et dont le pouvoir est simplement affaibli par son mélange di'us la gomme avec plusieurs substances dextrogyres peu connues. Cependant la gomme, soumise à l'ébullilion avec l'acide sulfurique, se transforme également en dextrine, puis en sucre déviant à droite.

Les acides transforment la gomme directement en sucre fermentescible. Par sa fermentation avec la craie et le fromage, elle se convertit en alcool; cette formation n'est pas précédée par celle d'un sucre fermentescible au contact de la levure de bière; il ne se produit ni levure, ni niannite, ni glycérine, mais du lactale de calcium, comme l'a fait voir Bertlielot.

GOMMES (matilke médic\lk et ciu.mik). C4d

La gomme, tiailce par l'acide nitrique étendu, donne de l'acide mucique ; avec l'acide nitrique fumant elle donne des produits de substitution nilrés, Ci-lli8(ÂzO-)-0'o et C'-H^^{AzO-)'0'<' ; soumise à un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfuiique, elle peut se transformer en une substance explosible. Fondue avec la potasse hydratée, elle fournit de l'hydrogène et un résidu composé de formiate, d'acétate et de propionate de potassium ; il se forme en même temps de l'acide carbonique, de l'acide oxalique et de l'acide succinique. Distillée avec de la chaux, elle se transforme en acétone et en métacétone ou propione.

Le mucilage de gomme arabique n'est pas précipité par l'acétate neutre de plomb, mais par l'acétate basique, avec formation d'un composé bien défini; il est trouble par addition de silicates solubles, de borates, de sels ferriques, et se prend en gelée. Les sels d'argent, le chlorure de mercure et l'iode, n'ont aucune action. L'ammoniaque modifie la gomme vers 150 degrés, de la même manière à peu près que la cellulose. L'oxalate d'ammonium précipite la chaux que renferme la solution de gomme. La solution ammoniacale d'oxyde cuprique dissout la gomme.

La gomme arabique bien pure donne 2,7 à 4 pour 100 de cendres, consistant principalement en carbonate de calcium, mais renfermant en outre des carbonates de potassium et de magnésium.

Les combinaisons de la gomme avec les alcalis sont solubles dans l'eau et précipitables par l'alcool. Frémy a fait voir que la gomme est essentiellemeut formée par les sels de calcium et de potassium d'un acide qu'il a désigné sous le nom d'acide gummique, et que depuis on a nommé acide arabique ou arabine. Nous ferons brièvement l'histoire de ce corps intéressant.

Arabine. L'arabine ou acide arabique existe dans les gommes à l'état de sel de calcium, de potassium et de magnésium; c'est la présence de ces bases, dérivant sans doute des parois cellulaires, qui détermine la solubilité delà gomme dans l'eau. L'arabine se rencontre encore dans une foule de végétaux dilférents des acacias, et entre comme partie constituante dans la plupart des mucilages, parfois légèrement modifiée, il est vrai. Dans ces cas, elle a peut-être été confondue avec de la dextrine, mais les propriétés optiques de la matière gommeusc ou mucilagineuse permettent alors de faire la distinction, de même que certaines réactions dont nous parlerons plus loin.

D'après Stâdeler, on trouve dans le règne animal une gomme absolument identique par ses propriétés avec l'arabine ; elle se rencontre notamment dans quelques Arthropodes, dans le hanneton et le ver à soie entre autres, et en quantité très-appréciable dans le foie et les branchies de l'écrevisse d'eau douce.

On a enfin obtenu artificiellement l'arabine. D'après Frémy et Neubauer, la cérasine, traitée par les alcalis caustiques ou soumise à l'ébullition avec les carbonates alcahns, se transforme en arabine. En revanche, la matière gommeuse qui prend naissance aux dépens du sucre de canne dans la fermentation n'est, d'après Briining, ni de l'arabine, ni de la dextrine.

Pour préparer l'arabine, on fait dissoudre la gomme arabique dans de l'eau froide et on acidulé la solution légèrement avec de l'acide chlorhydrique ; on précipite par l'alcool; le précipité d'arabine lavé à l'alcool et desséché devient vitreux. On peut encore séparer l'arabine des bases minérales au moyen de la dialyse ; on fait dissoudre dans ce but 1 partie de gomme dans 5 parties d'eau, puis on acidulé avec de l'acide chlorhydrique, et on place la solution dans le dialyseur ; le sel de calcium diffuse en abandonnant une solution d'arabine.

Page 1