‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 76 sur 97 · GORGIAS · texte numérisé non relu

GORGIAS

valions on Ihe Slruclure of Ihc lirain, comprinng an esthnate of the Claims of D" Gall and Spurzhrini ta Discovery of Ihe Anatomy of tliat Organ. Edinburpli, 1817, in-S". — III. Oullines of Lectures on Human P/iysiology. Edinburg, 1817, in-8°. — IV. Essay on Dislocation ofTInyk Botic, 1808. — Y. On the Extricalion of Calorie during the Coagulation of the Blood. lu Thomson Annals of Philosophy, 1814, t. lY, p. 139. — Yl. Engravings illustrating the Anatomy of Ihe Skeleton ; in 22 plates. EdiiiLurgh, 1817, in-8° ; ibid., 1818, in-8°. A. C.

GORE (Richaiîd-Tkomas). Médecin anglais, mort à Batli à la fin de 1881, commença sa carrière à Londres, où il suivit l'hôpital Saint-Barthélémy et fut reçu licencié de la Société des apothicaires en 1820. Il fut agréé membre du Collège royal de chirurgie l'année suivante et en devint felloiv honoraire en 1845.

En 1851, Gore se fixa à Balh, fut nommé chirurgien des hôpitaux réunis de cette ville en 1844 et remplit, de 1858 à 1855, les fonctions de conseiller municipal et plus lard celles d'alderman.

Gore s'était beaucoup occupé d'anatoraie et d'histoire naturelle, et possédait à fond ces sciences; il était en outre doué des qualités les plus brillantes et les plus solides pour l'enbeignement. et ses méiiles bien connus lui firent offrir la chaire d'anatomie comparée d University Collège de Londres; il refusa, aimant mieux continuer la vie simple et modeste qu'il menait à la campagne.

Ce savant médecin est surtout connu par ses traductions de Carus et de Blumenbach.

I. C. G. Carus : Introduction to the Comparative Anatomy ; Iranslated from the Gernian. Bath, 1827, 2 vol. in-8% pi. in-i°. — II. J.-F. Blumenbach : A Manual of Raturai History ; Iranslated from the \Oth German Edition. Loiidon, 1825, gr. in-8°, fig. — III. Abstract of the History of a Case of Slraiigulated Exomphalos miccecsfully Operated. on Fifty Hours after Parturition. Communicated by Mr. Travers. In London Med.-Chir. Transact., t. XII, p. 570, 182Ô. — IV. yotice of a Case of Microcephaly. In Anthropol. Revicw, t. I, p. 168, 1865. L. Us.

GORGERET. Instrument de bois ou de métal, allongé, droit ou courbe, et muni d'une rainure ou gorge, terminée par un cul-de-sac, pour servir de guide au bistouri ou à tout autre instrument etpourprotéger les parties voisines. Le plus connu de tous est le gorgeret de bois de Desault, qui, enfoncé dans le rectum, reçoit dans sa gouttière l'exlrémilé du bistouri introduit par l'ouverture externe de la fistule, et sur lequel la lame est conduite de haut en bas, jusqu'à division complète des parties molles. Un autre gorgeret de Besault, destiné à l'opération de la fistule anale par la ligature, est courbe et en métal : il porte près de son cul-de-sac un petit trou rond pour recevoir le fil de plomb. Péan a donné à ce trou la forme d'un T. Le gorgeret de Marchetlis est également courbe et en métal. Dans celui de Runge, le corps de l'instrument forme angle avec le manche; celui de Percy, qui est de bois, a la forme un peu conique. Larrey introduisait dans une ouverture ménagée à l'extrémité d'un gorgeret de bois un stylet cannelé passé dans la fistule; l'extrémité du slylet était ramenée hors de l'anus avec le gorgeret, et c'était sur la cannelure du stylet que le bistouri était conduit. Enfin on a inventé des gorgerets pour l'uréthrotomie externe et pour la cystotomie, les uns simplement conducteurs, les autres tranchants {voy. Anus, Uré-

THROTOMIE et CySTOTOMIe). D.

GORGIAS. On connaît un chirurgien de ce nom qui vivait vers le troisième siècle avant l'ère chrétienne et qui, d'après Celse, contribua beaucoup aux pro-

grès de la chirurgie à Alexandrie. Celse s'appuie sur l'autorité de Gorgias pour prétendre que la hernie ombilicale est quelquefois produite par de l'air seul. On ne sait s'il a composé des ouvrages.

Galien mentionne un autre Gorgias, son contemporain et son ami, à qui il a dédié son ouvrage : De causis procatarcticis. L. Hn.

eORGOiîE [Gorgonia Miln.-Edw.) . Genre de Coelentérés, de la classe des Anthozoaires, ordre des Alcyonaiies, famille des Gorgonidcs, dont l'espèce type, G. verrucosa Pall., se rencontre dans la Méditerranée {voy. Cténocèresj.

Le G. nobilk de Linné est le Corallium l'iibrum des auteurs modernes [voij. Corail). Ed. Lefèvre.

eoRiCKE (Adolph-Wii,helm-Theodor). Né le 1" février 1798, à Paris, où son père était prédicateur de la légation danoise, revint en 1810 à Copenhague avec ses parents, commença ses études en 1817 à l'Université de cette ville, prit ses premiers grades à la Faculté de médecine en 1822, se fit recevoir docteur à Kiel en 1824, puis, après un voyage en Allemagne, en France et en Angleterre, revint, en octobre 1826, à Copenhague, et se fixa peu après à Odense, dans l'île de Fùnen. En 1827, il y devint médecin de la section des ahénés de l'hôpital Graae-Brôdre, place qu'il échangea en 1851 contre celle de médecin en chef de l'hospice des aliénés de Bidstrup, près de Rotschild, dans l'île de Seeland. C'est tout ce que nous connaissons de sa carrière. Nous mentionnerons de lui :

I. Semiolica morborum pecforisa thoiace hausta. Diss. inaug. Kiliae, 1824, gr. ia-i". —

II. Beretning om en jagltaget Selvvending. In Bibî. for Laeger, Bd. YII, p. 544, 1827. —

III. En bekandliiujsmaade af bendelorm. Ibid., p. 546. — IV. Beretning om det i Odense opreitedehospitalforafsindige. Ibid., Bd. XIV, p. 81, 1851. — Y. Autres articles àansBibl. Jor Laeger. L. Un.

GORILLE. A l'article Singes {voy. ce mot) nous avons parlé des Anthropoïdes ou Anthropomorphes, nous avons indiqué leurs principaux caractères, tant extérieurs qu'anatomiques , nous avons exposé leurs relations avec les autres Quadrumanes et nous avons signalé l'existence, dans cette tribu des Anthropomorphes, de quatre types principaux : le type Chimpanzé et le type Gorille, qui ont d'assez grandes affinités, le type Orang et le type Gibbon. D'im autre côté trois de ces types sont l'objet d'articles spéciaux dans d'autres parties du Dictionnaire [voy. les mots Chimpanzé, Gibbon et Orang-Outan) : nous" pourrons donc, dans la description du Gorille, nous renfermer dans des limites assez étroites et nous borner, pour ainsi dire, à comparer cet animal, le plus grand de tous les Anthropomorphes, avec les autres représentants du même groupe.

Le Gorille à l'état adulte atteint des dimensions considérables : ainsi le magnifique exemplaire qui figure dans les galeries du Muséum et qui a été rapporté du Gabon par M. le docteur Franquet, chirurgien de la marine, n'a pas moins de Ï'^,Ç>1 de haut; son cou mesure 0^,75, sa poitrine l"\5o de circonférence, et son envergure est de 2", 18. Le corps de cet animal est extrêmement massif et ne présente aucun rétrécissement correspondant à la taille, les dernières côtes arrivant en contact avec le bassin; il est fortement velu, sauf sur la région dorsale qui est en partie dénudée, sans doute parce que le Gorille a l'habitude de s'appuyer contre un tronc d'arbre pour dormir. Sur le torse, sur

la nuque et sur la plus grande partie des membres, les poils sont d'un noir mal, mais ils passent au grisâtre dans la région des aisselles et tournent au roussâtre sur le front, où ils forment une sorte de touffe qui peut se diriger soit en avant, soit en arrière; sur l'avant-bras ils sont couchés dans le même sens que chez l'Homme. Les mains, les pieds et la face sont glabres. Celles-ci est de couleur brune et noirâtre, avec le front fuyant et fortement plissé, les arcades sourcilières saillantes, les joues creuses, le nez épaté, le museau très-proéminent, la lèvre supérieure mobile et susceptible de servir à la préhension des aliments. Les oreilles sont relativement moins grandes que chez le Chimpanzé, et les canines supérieures , beaucoup plus saillantes, constituent presque des défenses. Les tubercules des molaires sont aussi relevés de manière à dessiner sur la couronne une double colline transverse; mais la formule dentaire est d'ailleurs la même que chez l'Homme. Les bras, démesurément allongés, descendent à peu près jusqu'au dernier tiers des membres postérieurs et se terminent par dos mains larges et robustes, mais munies seulement d'un pouce peu développé qui peut à peine s'opposer aux autres doigts; les jambes sont proportionnellement grêles, avec le mollet peu saillant ; les pieds très-grands, avec le pouce très-volumineux relativement aux autres doigts, qui sont courts et à demi englobés dans un repli de la peau.

Chez les femelles et chez les jeunes la tête est un peu plus arrondie, le front plus droit, mais sillonné ; les yeux sont moins couverts, les membres moins robustes, les dents, les canines surtout, un peu moins développées , et le pelage offre souvent des teintes plus grises ou plus roussâtres. Certaines variations, soit dans les dimensions, soit dans la couleur du pelage, peuvent être observées du l'este même parmi les individus adultes; à côté des Gorilles de très-grande taille, à pelage brun foncé, qui ressemblent à celui que nous avons sommairement décrit et que l'on désigne tour à tour sous les noms de Troglodiles gorilla, de Gorilla gina et de Gorilla Savagei, il y en a d'autres plus petits, pourvus de crêtes crâniennes moins saillantes et ayant les poils de la région dorsale colorés en roux. Ces derniers individus ont souvent été considérés comme des femelles, mais quelques auteurs des plus compétents et entre autres feu M. Broca sont disposés plutôt à les rapporter à une seconde espèce ou tout au moins à une seconde race de Gorille.

Jusqu'en 1876 on ne possédait que des données très-vagues sur le cerveau du Gorille ; mais à cette époque M. Broca put en faire une étude complète, grâce aux matériaux qui lui furent remis par le docteur Nègre, médecin de la marine au Gabon. Il communiqua immédiatement le résultat de ses recherches à la Société d'anthropologie de Paris ; mais malheureusement la publication de sa notion sur le cerveau de Gorille obtenu par le docteur fut retardé de telle sorte que MM. Bolau et Pansch n'en avaient point eu connaissance quand ils présentèrent au Congrès des naturalistes et médecins allemands tenu à Harabourg- Altona, le 18 septembre 1876, des études très-intéressantes faites sur les corps de trois Gorilles appartenant au musée de Hambourg et la description d'un cerveau de Gorille rapporté du Gabon par M. Frechmann en 1876. Celte dernière pièce donna lieu également à un savant mémoire de M. Bischoff de Munich. Enfin, en 1878, dans la Revue d'anthropologie, le docteur Broca revint avec plus de détails sur le sujet qu'il avait précédemment traité ; il constata des différences assez importantes entre le cerveau qu'il avait décrit et celui qui avait été étudié par M. Pansch et par M. Bischoff, mais il soutint que ces différences

provenaient principalement de l'âge, le Gorille de Hambourg paraissant âgé d'environ six mois et celai du docteur Nègre étant parfaitement adulte; enfin il formula en ces termes les conclusions auxquelles il était arrivé par l'étude de ce dernier spécimen : « Le cerveau du Gorille, dit-il, possède tous les caractères « de supériorité qui distinguent les grands Anthropoïdes de tous les autres « Singes ; par la grandeur du lobe frontal et la petitesse du lobe occipital, il se rapproche du type humain plus qu'aucun autre cerveau, mais ses circonvolutions « sont plus simples, plus tortueuses et plus larges que chez les deux autres « grands Anthropoïdes. On sait que sous ce rapport le Chimpanzé est, en moyenne, un peu inférieure à l'Orang; le Gorille prendrait donc la troisième « place, mais rien ne justifie le rapprochement établi par Gratiolet entre le « cerveau du Gorille et celui des Cynocéphales. Par les caractères, la vraie « place du Gorille est auprès du Chimpanzé, qui est à la fois son voisin géogra- « phique et son voisin zoologique ; toutefois leurs cerveaux diffèrent d'une manière notable : d'abord par leur degré de complication, ensuite et surtout par le volume et la constitution des lobes occipitaux. Celte dernière différence, supérieure à celle qu'on observe parmi des espèces d'un même genre, confirme pleinement la distinction qui a été établie entre le genre Gorilla et ({ le genre Troglodytes. »

Nous ne dirons rien de la structure du tube digestif et de ses annexes dans l'espèce qui nous occupe, parce que jusqu'à présent on ne possède pas, à cet égard, des renseignements suffisants. 11 en est de même pour le système respiratoire et pour l'appareil vocal; on sait toutefois que le Gorille mâle adulte possède des sacs aériens très-vastes qui descendent sur la partie antérieure du thorax et qui, de même que les poches laryngiennes, encore plus développées, de rOrang-outan, doivent être considérés comme des organes de renforcement de la voix.

Le squelette du Gorille est beaucoup mieux connu. La tète de l'adulte est massive, volumineuse, projetée en avant, et offre des caractères de bestialité très-accusés. Les crêtes sourcilières sont bien marquées, et plus encore les crêtes sagittales, ce qui est en rapport avec le grand développement des muscles destinés à redresser la tète sur le rachis. Les cavités orbitaires, très-amples, ont leur axe incliné d'avant en arrière et en bas, de sorte que, comme le dit Pruner- Bey, l'animal peut également regarder en avant et, sans grande gêne, regarder en haut ; du reste, toute la région faciale est fortement déclive et le front manque absolument, tandis que les mâchoires sont extrêmement puissantes et les apophyses zvgomatiques très-développées. D'après M. le docteur P. Topinard, l'angle de J. Gloquet qui a, comme on sait, son sommet au bord alvéolaire, est de 32,2 chez un Gorille mtâie parvenu à tout son développement, de 28,5 chez une femelle et de 50,5 chez un jeune individu de la même espèce ayant encore sa première dentition. Au contraire ce même angle s'élève à 58,6 chez le Chimpanzé adulte et varie entre 56 et 72 chez les hommes de différentes races. Sous ce rapport le Gorille est donc inférieur, non-seulement à l'Homme, mais au Chimpanzé.

Parmi les particularités de la mâchoire supérieure du Gorille, M. le docteur Heckel a signalé la présence de l'os inlermaxillaire, qui est encore distinct chez l'adulte et qui, chez le jeune, est non-seulement séparé, mais encore tellement mobile qu'une légère traction suffit à le détacher.

La mâchoire inférieure est très-robuste et sa branche montante et sa branche

descendante s'unissent presque à angle droit. La formule dentaire est la même que chez l'Homme, c'est-à-dire qu'il y a dcu\ paires d'incisives, une paire de canines, deux paires de prémolaires et trois paires de molaires à chaque mâchoire, soit en tout 32 dents chez l'adulte. Ces dents présentent quelques particularités qui ont été mises enlumièreparM. Alix, M. WelbetM. Magitot. Ainsi les deux incisives médianes supérieures sont presque du double plus fortes que les latérales ; les canines supérieures sont également très-puissantes et figurent de véritables défenses, dépassant le rebord alvéolaire de la mâchoire inférieure ; les canines inférieures sont un peu moins développées et viennent loger leur pointe dans les espaces vides entre l'incisive latérale et la canine supérieure; enfin les molaires présentent comme chez l'Orang un accroissement relatif, au lieu d'offrir une décroissance régulière comme dans les races humaines supérieures. Leur couronne est munie de tubercules qui sont au nombre de cinq sur la seconde molaire comme chez les hommes de race inférieure et chez le Chimpanzé.

La capacité crânienne du Gorille est plus faible que celle de l'Homme, (jue l'on adopte les chiffres de M. Topinard, ceux de M. Vogtouceuxde M. Wymann, En effet, cette capacité étant chez l'Homme, en chiffres ronds, de 1450 à 1500, n'est chez le Gorille mâle adulte que de 424 à 625, et chez le Gorille femelle de 585 à 580; elle est encore plus faible chez le Chimpanzé où elle varie, suivant le sexe, de 570 à 421.

Le rachis du Gorille se compose de 7 vertèbres cervicales, de 15 dorsales, de 4 lombaires, de 5 sacrées et de 5 coccygiennes au moins; d'après M.IIeckel, il se rapproche plus du type des quadrupèdes que du type humain, puisqu'il ne présente du cou au sacrum qu'un changement de direction et deux courbures. Les apophyses épineuses des vertèbres cervicales sont très-saillantes, mais principalement à partir de la troisième vertèbre ; celles des vertèbres dorsales ressemblent aux apophyses correspondantes du squelette humain par leur longueur et leur imbrication et celles des vertèbres lombaires s'inclinent vers le bassin. La cage thoracique, solidement construite, est limitée par 15 paires de côtes, et son diamètre transversal offre chez le Gorille adulte 9 centimètres de plus que chez l'Homme. Au contraire, le bassin du Gorille paraît plus étroit que celui de l'Homme, le diamètre antéro-postérieur l'emportant décidément sur le diamètre transversal, au lieu d'être égal à celui-ci comme chez d'autres Singes ou de lui rester notablement inférieur, comme dans l'espèce humaine.

Suivant Huxley, la colonne vertébrale, de l'atlas au sacrum, étant comptée pour 100, le membre supérieur, moins la main, vaudrait 115 chez le Gorille, 112 chez rOrang, 96 chez le Chimpanzé et 79 chez l'Homme; le membre inférieur, moins le pied, 96 chez le Goiille, 85 chez l'Orang, 90 chez le Chimpanzé et 115 chez l'Homme. Les bras sont donc relativement plus longs chez le Gorille que chez tous les autres Anthropomorphes, tandis que les jambes, tout en étant plus courtes que chez l'Homme, restent néanmoins plus allongées que chez l'Orang et le Chimpanzé.

Les rapports de dimensions entre les membres tboraciques et les membres pelviens chez le plus grand de tous les Anthropomorphes sont en rapport avec l'attitude qui, au dire de tous les observateurs, n'est ni verticale, ni horizontale, mais oblique. « Le Gorille, dit M. Heckel, dans la station et dans la marche, « prend son point d'appui principal sur les membres pelviens, mais, la verticale « passant pai* le ceutre de gravité tombant en avant de la symphyse, il s'arc- « boute sur les membres supérieurs et touche le sol par la face dorsale des

« mains, non disposées pour s'appliquer par leur face palmaire. Les Anlhro- « poïdes sont des bipèdes imparfaits, et le Gorille est parmi eux le moins '( imparfait sous le rapport de l'attitude bipède. »

De son côté, M. le docteur Topinard est arrivé aux conclusions suivantes en comparant le squelette des principaux Anlbropomorphes au squelette humain : Il Le débat, dit-il, n'est possible qu'entre le Gorille et le Chimpanzé. Partout

(( rOrang occupe le rang le plus éloigné Le Gorille aie membre supérieur

Il dans son entier, le radius et la main plus humains, taudis que chez le Cliimu panzé c'est l'humérus et le tibia. En ne considérant que les deux segments M supérieurs, chacun semble privilégié à sa façon, le Gorille par son avant-bras (I plus court, le Cbimpanzé par son bras plus court. La longueur du membre Il supérieur et de la main a cependant plus de poids dans la balance, et nous « conclurions eu faveur du Gorille. «

Le fait réel que, sous le rapport de la conformation et des proportions de la charpente osseuse, le Gorille et le Chimpanzé peuvent être mis en parallèle, prouve déjà qu'au fond ces deux grands Singes diffèrent moins entre eux qu'ils ne diffèrent des autres Anthropomorphes, et comme cà ces allinités ostéologiques se joignent certaines ressemblances dans l'aspect extérieur, surtout dans le jeune âge, comme les deux types appartiennent à la faune africaine, plusieurs naturalistes, à l'exemple de M. Owen, sont d'avis de réunir le Gorille et le Chimpanzé {voy. ce dernier mot) dans un seul et même genre, le genre Troglodyles. Pour ces naturalistes, le Chimpanzé doit porter le nom de Troglodylea niger qI le Gorille celui de Troglodytes, gorilla, tandis que pour ceux qui, à l'exemple d'Isidore Geoffroy Saint-IIilairc, séparent génériquement les deux types, le Chimpanzé conserve le même nom, tandis que le Gorille est appelé tantôt Gorilla gina, du mot indigène Noggena ou Dgena, tantôt Gorilla Savagei, en l'honneur de M. Savage, missionnaire américain auquel on doit les premiers renseignements scientifiques sur le Singe gigantesque.

Quelques auteurs, il est vrai, et entre autres Bureau de la Malle, ont soutenu que les ropàXai mentionnés dans le Périple du suffète carthaginois Hannon n'étaient autre chose que les Gorilles des naturalistes modernes. Mais il est bien difficile de justifier une pareille opinion, car, s'il est certain que les Topùloci dont les Carthaginois rapportèrent trois dépouilles dans leur patrie n'étaient pas des hommes sauvages, mais bien des Singes de grande taille, rien ne prouve que ce n'étaient pas des Chimpanzés, ou même des Cynocéphales. Ceux-ci sont en effet très-communs en Sénégambie, c'est-à-dire dans la région oià Hannon paraît avoir rencontré les Topàlau, et, par l'agilité avec laquelle ils grimpent sur les rochers, ils méritent bien plus que les Chimpanzés ou que les Gorilles l'épithète de cremnobates que l'amiral carthaginois donne aux Topillixu 11 a été établi d'autre part que dès 1846 un missionnaire nommé M. Wilson avait possédé un crâne de Gorille, mais, nous le répétons, c'est seulement en 1847 que l'on a obtenu, grâce à M. Savage, des renseignements circonstanciés et plusieurs crânes qui fournirent à M. J. Wyman (de Boston), puis à M. R. Owen, les éléments de mémoires importants. A une date un peu plus l'écente, le célèbre voyageur du Chaillu s'est beaucoup occupé du Gorille et lui a assigné pour habitat la région à peine explorée comprise entre la rivière Danger et le Gabon, entre le l^'' et le 15^ degré de latitude, mais en même temps a donné sur les mœurs de cet Anthropomorphe des renseignements assez inexacts. M. du Chaillu paraît avoir surtout exagéré la férocité du Gorille qui, loin de

s'attaquer à l'homme, fuit généralement le chasseur et ne se défend que lorsqu'il est acculé. Sur ce dernier point, M. Winwood Reade, M. A. Marche et tous les voyageurs récents sont parfaitement d'accord.

Le Gorille est essentiellement trugivore, mais beaucoup moins arboricole que rOrang ou même que le Chimpanzé. Il se tient ordinairement sur le sol, où il court à quatre pattes, ne prenant une attitude semi-verticale que lorsqu'il veut user des armes terribles que la nature lui a réparties et qui consistent principalement dans ses bras musculeux et dans ses canines énormes. Quand il est irrité, il plisse son front, grince des dents et fait entendre^une sorte d'aboyement. Il ne construit pas, comme on l'a prétendu, de véritables cabanes, mais se fait seulement un nid grossier avec quelques branches.

En 1877, V Aquarium de Berlin a possédé pendant peu de temps un jeune Gorille que le docteur Falkenstein avait acquis à Punta-Negra, sur la côte occidentale d'Afrique. Ce singe n'était pas le premier individu de cette espèce qui parvînt eu Europe, puisque, comme l'a fait remarquer le docteur Sclater, on possède la photographie d'un autre Gorille qui faisait partie, en 1861, de la ménagerie ambulante de Wombwell. E. Ocstalet.

BiBLiocnAPiiiE. — Tu. Savaoe. Notice on thc Exlernal C.haracters and Habits of Troglodytes Gorilla, wilh tlie Ostclogy of llic sanic, by J. Wyiuan. In Boit. Journ. f\at. Hist., 1847, t. Y, part. 4, p. 417. — Du mkhe. A Description oftlie Characlers and Habits ofT. Gorilla, andoftiic Ostcology of thc samc, by Wyman. Boston, 1847. — J. Wymas et Tu. Savage. On the Troglodytes Gorilla. In Proc. Dost: Soc. Nat. Hist., 1847, t. II, p. 245. — R. Owes. 0)1 a New Specics of Chimpanzee (Troglodytes Savngei). In Proc. Zool. Soc. Lond. 1848, p. 27. — hv iituf:.. Supplemcnlary Note on the Great Cliimpanzee {T. Gorilla Sav., T. Savagei Ow.), ibid., p. 55. — Ueber den Gorill Affen (mémoire allemand avec figures d'après Wyman et Savage). In Fror. Tagsbcr., 1850, n" 151, et 1852, n"' 541 et 545. — J. \YYiiiN. A Description of two additional Cranta ofthe Engé-ena (T. Gorilla Sav.) from Gaboon. In Sillim. Amer. Journ., 1850, 2= série, t. IX, p. 45, et YInstitiU, 1850, t. XVIII, n" 867, p. 265. — De MÊME. On the SkullofT. Gorilla. In Proc. Bost. Soc. Nat. Hist., 1850, t. III, p. 179. — Notes et i-enseignements sur le Gorille : 1° Note sur le Gorille, par M. Is. Geokfboy-Saixt- Hilaibe; 2» Recherches sur le Gorille, par M. R. Uwex, trad. de M. J. Haime; 5° Mémoire sur les caractères extérieurs et les mœurs du Gorille, par le docteur Tu. Savage, trad. de M. J. Ilaime; 4° Mémoire sur le grand Gorille de Gabon, par M. Bureau de la Malle. In Annal, d. se. nat., Zool., 5* série, 1851, t. XV, p. 154 et suiv. — R. Owe.v. On the Skeleton ofT. Gorilla. In Trans. Zool. Soc. Lond., 1851, et Sur l'ostéologie du Gorille. In Compt. rend, de VAcad. d. Se. de Paris, 1853, t. XXXVII, p. 585. — Du même. Nouvelles observations sur l'ostéologie du Gorille. In Annal, d. se. nat., Zool., 5» série, 1855, t. XX, p. 120. — P. Gervais. Hist. nat. des Mammifères, 1854, t. I. — DuvEr.xoY. Mémoire sur les caractères anatomiques des squelettes du T. tschego et du G. gina , suivi d'une note Sur les rapports naturels du Gorille. In Compt. rend, de l'Acad. d. se, 1853, séance du 50 mai, et liev. et mag. de -iool., 1855, p. 273. — Du même. Des caractères anatomiques des grands Singes pseudo-anthropomorphes. In Arch. du Mus., 1855, t. VIll, p. 1. — Ricard. Notice sur le GoriUc. In Hev. et Mag. de zool., 1855, t. VII, p. 502. — R. Owen. On the Gorilla. In Annal. ofNat. Hist., 1859, t. IV, 1. 577. — J.-E. Gray. On the Habits of the Gorilla. In Pr. Zool. Soc. Lond., 1861, p. 212. — Huxley. On the Structure of thc Skull of the Man, the Gorilla, the Chimpanzee and the Orang-utan during the Période of the first Dentition. Ibid., 1864, p. 586. — Saint-George J. Mivart. Contributions toward a inore complète Knowledge of the Axial Skeleton in the Primates. Ibid., 1865, p. 545. — D'' Magitot. LHomme et les Singes anthropomorphes. In Bull, de la Soc. d'anthr., 1869, 2° série, t. lY, p. 115. — D"' Broca. Mémoire sur l'ordre des Primates. Ibid.,' 1869, p. 228. — L. Agassiz. Hommes et Singes. In Rev. scient., 1874, 2^ série, t. III, p. 818. — Ed. Heckel. Étude sur le Gorille du musée de Brest. lu Rev. d'anthr., 1876, t. V, p. 1. — Schlegel. Muséum des Pays-Bas, Simiœ, 1876, livr. XI. — D' Topinard. L'Anthropologie, 1877. Paris, in-12. — Pu. S. Sclater. Proc. Zool. Soc. Lond., 1877, p. 305. — A. Marche. Voyage au Gabon. In Tour du Monde, 1878, XVIII= aimée, n" 956, p. 376. — D"^ Broca. Étude sur le cerveau du Gorille. In Rev. d'anthr., 1878, 2« série, 1. 1, p. 1. — D"' Trouessart. Catal. des Mammifères, 1879, Simiœ. — Brïhji. Vie des animaux, Irad. franc, de Z, Gerbe, etc. E. 0.

GORRIS (Les). 729

CiORiX'G (C.-R.). Savant médecin anglais, né vers 1792, mort à South- Molton, dans le Devonshire, le 6 mars 1840. Il fut reçu docteur à Edimbourg, 1816, et choisit, paraît-il, pour résidence la banlieue de Londres, mais il ne pratiqua pas l'art de guérir. Goring s'est surtout occupé de micrographie, et a publié sur ce sujet des ouvrages très-estimés en collaboration avec Pritchard. Nous citerons de lui :

I. Diss. inaug. de apoplexia sanguinea. Edinburgi, 1816, gr. in-8^ —II. Micrographia : contaimng Praclical Essays on Rrflecting, Solar, Oxijhydiogen, Gasinicroscopes, Mkrometers, Eije-pieces, etc. London, 1857 (1856), in-8° (a-vec Pritchard). — III. The Miaoscopic Cabinet of Select Anhnated Objects, with a Description of llie JewelL and Doublet Microscopes,^ Test abjects, etc. London, 1838, in-8° (avec le même). —IV. Microscopic îlluslralions ofLiving Objects, their Natural Uistory, etc. A New Edit. emended a. enlnrged by Andr. Piitchard. London, 1838, in-8°. — V. 0« « New Suivent for ail Sorts of Vrinary Concrétions. In Thomson's Annals of Philos., t. IV, p. 561, 1814. — VI. On Indistinctness of Vision, caused by the Présence ofFalse Light in Optical Inslrimienls. In Quarterly Journ. of Science, t. XVII, 1824. — VII. Autres articles sur le microscope dans le même recueil.

Page 1