‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.45Chapitre 90 sur 97 · GOUPIL · texte numérisé non relu

GOUPIL

Paris, 1824, in-8°. — lU. Consultation médico-légale pour le sergent-major S. M. H. Meudic, accusé du crime de voies de fait envers ses supérieurs. Strasbourg, 1823, in-4°. — IV, La contractililé musculaire étant donnée, considérer les muscles en action, particulièi-ement dans la station, la progression, le saut, l'action de saisir et de grimper. Thèse de concours. Strasbourg, 1833, in-i". — V. Plan raisonné d'un cours de physiologie. Thèse de concours. Strasbourg, 1834, in-4°. — V[. Exposition de la doctrine de Broussais. In Arck. gcn. de méd., t. I, p. 206, 1823. — VII. Essai sur l'emploi médical du seigle ergoté. In Journ. des progr. des sci. méd., t. Ilf, p. 161, 1827. — VIII. Note sur une plaie pénétrante de l'abdomen. In Annal, de la méd. physioL, t. III, p. 350. — IX. Mém. sur les sympathiques de la peau et de la muqueuse digestive. In Journ. de la Soc. acad. du Bas-Rhin. — X. .analyses, mémoires, observations, publiés dans divers journaux. Mémoires sur différents sujets, manuscrits, présentés à plusieurs sociétés savantes. L. Hn.

Goupil (Jean-Erîsest). Fils d'un médecin distingué de Paris, Auguste Goupil était un parent du précédent. Il naquit à Paris le 29 janvier 1829 et reçut sa première éducation au collège Bourbon. Il étudia ensuite la médecine, fut reçu externe des hôpitaux en 1849, interne en 1850 et entra en fonctions en 1852. Il était, en 1855, interne à la Cltarité dans le service des cholériques dirigé par Briquet; son dévouement aux malades fut au-dessus de tout éloge et la médaille de bronze que lui décerna le ministre, fut une faible récompense accordée à son zèle et à son humanité. Le 2 février 1855, il soutint sa thèse inaugurale devant la Faculté ; sa dissertation sur l'anévrysme artérioso-veineux de l'aorte et de la vtine cave supérieure a été la première monographie publiée en France sur ce sujet. Deux ans après, âgé seulement de vingt-huit ans, il fut nommé au concours médecin des hôpitaux.

Goupil aurait pu avec succès concourir pour l'agrégation ; mais ses goûts le portaient davantage vers les recherches et les observations cliniques et, pour tout dire, il préférait conserver une situation indépendante.

Il avait passé les derniers mois de son internat à l'hôpital de Lourcine, dans le service de Bernutz, qui ne tarda pas à le prendre en haute estime et en amitié et lui inspira le goùl des études gynécologiques. Pendant deux années, le maître et l'élève ne sortirent plus en quelque sorte des salles de malades et de l'amphithéâtre, recueillant ensemble les matériaux de leur important ouvrage, qui parut en 1860 et en 1862 sous le titre de Clinique médicale sur les maladies dea femmes. La partie consacrée aux déviations utérines est entièrement de Goupil, de même que le Mémoire Sur les hémorrhagies intra-pelviennes, symptomatiques des grossesses extra-utérines.

De l'hôpital de Lourcine, Goupil avait passé à l'hôpital Saint-Antoine. La mort vint l'enlever à l'âge de trente-cinq ans. Il mourut le 11 septembre 1864 au château de la Baudronnière, près Droué (Loir-et-Cher), à la suite d'un érysipèle de la face et du cuir chevelu.

Goupil était membre de la Société anatomique et secrétaire de la Société médicale d'observation. Son éloge a été écrit par Besnier [Bullet. soc. anat. de Paris, 2« sér., t. IX, p. 621, 1864).

I. Mémoire sur l'épidémie de choléra. In Bull, de thérap., 1854 (avec Briquet). — I. De l'anévrysme artérioso-veineux spontané de l'aorte et de la veine cave supérieure. Thèse de Paris, 1855. — III. Recherches cliniques sur les phlegmons péri-utérins. In Arch. gén. de méd., 1857 (avec Bernutz). — IV. Kyste de l'ovaire, disparition presque complète du kyste après deux applications de sangsues sur le col utérin. In Rec. des trav. de la Soc. méd. d'obsej-v., fasc. 1, p. 112, 1857. — V. Clinique médicale sur les maladies des femmes. Paris, 1860-1862, 2 vol. in-8°, fig. (avec Bernutz). — VI. Un grand nombre d'observations et d'articles dans les Bulletins de la Société anatomique et dans les Actes de la Société médicale des hôpitaux. L. IIn.

DICT. ESC. i" s. IX. 4id

770 GOURAMI.

GOL'PIL-DESPALLIËBES (CLAUDE-A^•TOI^•E). Médecin et écrivain politique français, médecin de la Faculté de Caen, puis docteur de celle de Paris (30 brumaire, an XII), il s'établit à Nemours, devint maire de la ville, et mourut en 1825. II s'est donné une certaine notoriété par son Dialogue sur la Charte (1810, in-8), par ses Hommes du jour , ou coup d'œil sur les caractères et les mœurs de ce siècle (Paris, 1820, in-8), par ses Lettres d'un père à son fils (Paris, 1823-1824, in-8), etc., etc. Nous ne pouvons retenir ici que ses publications ayant trait à la médecine. Elles portent ces titres :

I. De l'usage du lait dans le traitement de la phthisie pulmonaire. Thèse de Paris, 30 brumaire, an XII, in-4°. — II. Expériences thermomélriques sur l'augmentation de la chaleur animale dans l'inflammation. In Bec. périod. de la Soc. de méd. de Paris, t. Yl, an. YII, p. 121. — III. Observation sur une épingle airêtée dans l'œsophage. In Journ. de méd. de I^roux, t. V, an II, p. 307. — IV. Expériences au sujet des accidents cause's par le poison pris avec la coque du Levant. In Journ. de méd. de Leroux, t. XIV, 1807, p. 145. — V. Mémoire sur la vipère de Fontainebleau. In Journ. de méd. de I^eroux, t. XVÏII, 1809, p. 79. A. C.

GOL'Pi'L ^André). Médecin et helléniste distingué, né dans le diocèse de Luçon (Poitou), vers 1525, mort en 1564. II était d'une bonne famille, fit ses humanités à Poitiers, cultiva les belles-lettres, et s'attacha surtout à l'étude de la langue grecque. Après avoir servi comme précepteur auprès de plusieurs jeunes gentilshommes de la Saintonge, il vint à Paris, oii il fut reçu docteur en 1548, sous le décanat de Jacques Houllier, d'après Eloy. il acquit bientôt une grande réputation, et Henri II lui accorda en 1555 la chaire de médecine au Collège royal, que la mort de Jacques Sylvius laissait vacante. Goupyl avait rassemblé un nombre considérable de manuscrits et de livres curieux; mais en 1563, dans une émeute, le peuple envahit son domicile et dispersa ces trésors amassés avec tant de soins et de travail. Cette perte causa tant de chagrin à Goupyl qu'il en mourut peu après (Biogr. Didot).

D'après le dictionnaire historique d'Eloy, il s'appelait Jacques Goupil: c'est très-probablement une erreur. On a de lui :

I. Alexandri Tralliani Libri XII, graece ; Rliasae De Pestilentia libellus ex Syrorum limjua in graecum translatas. Lutetise, Kobert Estienne, 1548, in-fol. Cette édition, soigneusement corrigée par l'auteur lui-même, est toute grecque; elle fut donnée par Goupyl sur un manuscrit de la bibliothèque du roi. Pour l'intelligence du texte, il cite Galien, Paul d'Egine, et les principaux auteurs arabes; il parvint aussi à rendre le texte aussi correct que possible. Les corrections ont été placées à la tin du volume; elles sont si estimées que Gontiiier d'Andernach les réimpiùnia lorsqu'il donna Alexandre de Traites en grec et en latin. Bàle, 155G, in-8'. — II. Piufi Epliesii de appellation'ibus partium corporis humani, libri très, graece. LutetiiE, 155-i, in-8°. Goupyl joignit plus tard à cet ou\Tage les traités De medicamentis purgantibus et celui De utero ac muliebri pudendo également de Rufus d'Ephèse. — III. Arelaei Cappadocis medici Libri VI de acutorum et chronicorum morborum curatione, graece e codice regio. Lutetiœ, 1554, in-4''. Cette édition passe pour la plus complète de toutes celles qui ont paru ; elle est augmentée des cinq premiers chapitres dans le dernier livre et enrichie de nombreuses notes et corrections faites d'après Paul d'Egine. — IV. De partu cujusdam infantulae Agonnensis : cette dissertation se trouve dans la sixième partie des Œuvres de Jacques Syhius. — V. Annolationes et Scholia in Ambrosii Leonis Nolani versionem librarum Joannis Actuarii. Lutetise, 1548, in-8°; Ultrajecti, 1670, in-8''. — YI. Actuarii Joannis, filii Zacchariae, de actionibus et affectibus gpiritus animal'is. Lutetiœ, 1557, in-S"; en grec, avec les œuvres de J. Sylvius. — YII. Plusieurs pièces de vers grecques et latines ; deux de ces opuscules sont adressés à Jacques Sylvain, que l'auteur appelait son maître. Goupyl a laissé incomplet un commentaire stir toutes les œuvres d'Hippocrate {Biogr. Didot). L. Hs.

GOURAMI. Le Gourami est un poisson de la famille des Pharyngiens labvrin-

GOURAUD (Les deux). 771

Ihiformes (voy. le mol Poissons) qui se trouve dans les eaux douces de l'Asie méridionale. Son corps, d'un ton roussàtre à reflets dorés sur les flancs, violacés sur la région dorsale, passe au brun argenté sur le ventre et sur le front. Chez les mâles on remarque en outre, à l'extrémité du museau, une tache arrondie, de couleur rose, taudis que chez les jeunes on observe deux taches situées l'une à la base des pectorales et l'autre à la naissance de la queue, ainsi que des raies obliques de couleur noirâtre à travers les flancs.

La tète du Gouraaii est assez courte et se termine par un museau obtus; lu bouche est petite et protractile avec la mâchoire inférieure dépassant la supérieure; le corps est élevé et comprimé latéralement, et li ligne dorsale se relève en ai'rière pour retomber brusquement du côté de la queue, de sorte que le poisson semble porter une gibbosité dans le voisinage de la nageoire caudale. Sur la tète, sur les joues et sur tout le corps sont implantées de larges écailles de forme arrondie.

Comme tous les Pharyngiens labyrinthiformes et en particulier comme l'Anabas des îles de l'archipel Indien, le Gourami jouit de la tacullé de retenir une certaine quantité d'eau dans un appareil spécial constitué par la division en nombreux feuillets de Li surface de certains os du pharynx et composé d'une série de cavités plus ou moins compliquées. Les opercules étant fermés, l'eau se trouve emprisonnée dans ces réservoirs et filtre goutte à goutte sur les branchies, dont elle empêche la dessiccation. Grâce à cette disposition, le Gourami peut vivre quelque temps hors de l'eau et aller chercher, à une certaine dislance du rivage, les teuilles d'Aroidées qui, avec des insectes, des vers et des petits poissons, constituent sa nourriture ordinaire.

Tandis que le Macropode, qui se rapporte au même groupe ichthyologique, dépose ses œufs sous une agglomération de bulles d'air, le Gourami construit avec de la boue et des plantes fluviales un nid de forme sphérique. Dans ce nid, à la construction duquel travaillent les deux parents, sont déposés de 800 à 1000 œufs sur lesquels les Gouramis veillent avec beaucoup de sollicitude. C'est là aussi que les jeunes passent les premiers jours de leur existence, jusqu'à ce que, guidés par la mère, ils paissent essayer leurs forces. Au bout de trois ans ils ont acquis toute leur taille, et c'est alors que leur chair possède les qualités qui ont rendu le Gourami justement célèbre et qui l'ont fait introduire dans les îles de Bornéo et de Sumatra, dans la presqu'île de Malacca, à la PJunion, à Vile Maurice, au cap de Bonne-Espérance, en Australie, et même à a Guyane, où l'acclimation toutefois n'a pas eu grand succès.

D'après M. Dabi y de Thiersanl, le Gourami est originaire de la Cochinchine, oij il vit dans les eaux légèrement fangeuses, aussi bien que dans les eaux douces. Il atteint parfois une taille de 1 à !2 mètres, et pèse jusqu'à 20 livres. A l'île Maurice, les colons le connaissent sous le nom de Poix de rivière, à cause de sa voracité, mais les ichlhyologisles le nomment Oipliromenus olax.

E. OOSTALET.

Bibliographie. — L'.-G.-E. de Lacépède. Histoire nat. des Poissons, 1791-1805, t. III, p.1 17 et pi. 3, iJg. 2. — CuviER et Yalescies.nes. Hist. nat. des Poissons, 1831, t. VII, p. 577. E. Sacvage. La Nature, 2' année, n* 68, p. 245, et fig. E. 0.

CiorR-iLD (Les deux).

Gouraad (Vi.xce.xt-Ouvier). Né à Cholet (Vendée), en 1772. Ce médecin distingué présente dans sa vie deux phases principales : dans la première, il

772 GOURAUD (Les deux).

fait comme faisaient presque tous les jeunes gens qiii se destinaient à la médecine et que l'implacable conscription appelait sous les drapeaux ; il embrassa la chirurgie militaire. Nous ne savons les campagnes qu'il a faites ; mais d'une lettre que nous avons là sous les yeux et qu'il écrivit à Larrey « son meilleur ami », le 25 ventôse, an X (16 mars 1802), il résulte qu'à cette époque il était professeur d'anatomie à l'hôpital d'instruction militaire de Milan, et qu'il eut alors pour collègues Guillaume, Juge, Serret, Gautheron et Gonet. Cette lettre de Gouraud est fort touchante : « Je prononcerai toujours votre nom avec le sentiment de la plus vive reconnaissance, dit-il à l'illustre chirurgien en chef; je n'oublierai de ma vie que c'est à vous que je dois ce que je suis et même ce (pie je puis être à l'avenir. Soyez heureux au milieu de vos concitoyens et de vos amis, qui vous doivent encore plus que vous ne leur devez. Pour moi, je mets ma plus grande gloire à me dire et à mériter d'être votre élève et votre ancien ami. » Deux ans plus tard (1804), Gouraud était chirurgien-major du 9" régiment d'infanterie légère en garnison à Cannières (?), camp près de Montrcuil-sur-raer. C'est laque Desgenettes, connaissant ses talents et ses aptitudes, vint le trouver, et le fit nommer (26 décembre 1804) chirurgien en chef de l'hospice général de Tours, en remplacement de Herpin. Citons les noms des autres hommes qui dirigeaient le service de santé de cet important établissement nosocomial : c'était Variu en qualité de médecin en chef; c'était Parmentier qui avait la haute direction de la pharmacie ; c'étaient encore Duperron, qui sujjpléail Varin, et Mignol, qui suppléait Gouraud. Les élèves étaient nombreux, qui venaient entendre professer ces savants hommes; car il y avait à l'hospice général de Tours, un cours qui durait trois ans et qui embrassait les diverses brandies de l'art de guérir. Le programme de ce cours est digne d'être rappelé :

rBEMiÈiiE xtiyÉE. — h' e/ 2° trimestres. — Anatomie et pathologie chirurgicale.

5" trimestre. — Accouchements.

i" trimestre. — Bandages et maladies des os. Deuxième ansée. — \" efi" trimestres. — Anatomie, physiologie et pathologie chirurgicale.

5° tiimeslre. — Accouchemenis. Maladies des femmes en couches.

4° trimestre. — Médecine opératoire.

Troisième année. — 1" et 2'= trimestres. — Anatomie phy.-iologique et médicale.

5" trimef^tre. — Accouchements. Maladies des femmes en couches et des enfants.

4' trimestre. — Matière médicale et médecine légale.

Celte seconde période de la vie de Gouraud fut une période de zèle pour le service qui lui était confié, et de dévouement envers les malheureux qui venaient faire appel à ses lumières. Démissionnaire en 1822, il vécut encore vingt-six ans, et mourut honoré, regretté de ses concitoyens, le 31 décembre 1848, laissant les ouvrages suivants :

I. Formation et accroissement des os. TIips-î pour le doctorat. Paris, 4 fructidor an XI, 22 août 1805; in-8. — I[. Démonstration des principales opérations de chirurgie. Tours, 1X1.5. — III. Réflexions sur la nature, la coiitaç/ion et le traitement du choléra-morbus. Paris, ISôl, iu-S". Exlr. de la Revue ewopcenne, 15 sept. 1851. — IV. Coup d' œil sur la chirurg. hippocratique [s. l. n. d.), in-S° de 50 pages. In Revue méd.,nov. 1851. — V. Traitement du choléra-morbus algide à l'hôpital militaire de la rue Blanche. Paris, in-8 (Extrait du Bulletin de tliérap. t. III, 1832, p. 112). — VI. De l'esprit de la médecine opé- 1-atoire. Paris, in-8 (Kxtrait du Bullet.de thérap., t. III, I85lj, p. 101).— YII. hidication de la saignée du bras dans les maladies aiguës (Journal des conn. médico-chir. t. I, 1855. p. 198). — VIII. Études sur la fièvre intermittente pernicieuse..... Avignon, 1845, in-S». Le titre de départ porte : De la fièvre iulennittcnle pernicieuse qui sévit tous les ans à Ajaccio.

Page 1