‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.46Chapitre 2 sur 97 · GOURME.- GOURMES · texte numérisé non relu

GOURME.- GOURMES

point est arrivée cette divergence, de dire que, ]>our le professeur Trasbot, par exemple {De la çjouvme ou variole du cheval. Paris, 1880), la gourme du cheval est la variole propre à cet animal, et que son éruption caractéristique n'est autre que l'éruption pustuleuse décrite par Jenner sous le nom de grease, et par H. Bouley, en 1865, sous la dénomination de horse-pox.

En médecine humaine, le mot de gourme a été particulièrement appliqué à des éruptions de la peau et des muqueuses exposées, du genre de l'eczéma et de l'impétioo, propres à l'enfance surtout, mais non exclusivement, ayant pour siège le plus habituel le cuir chevelu et le visage, très-prurigineuses, abondamment sécrétantes et croûteuses; représentant non pas une lésion locale, ni de cause externe, ni banale, mais bien le résultat de la projection au dehors de principes nuisibles accumulés dans le sang ou dans les humeurs, soit sous l'influence d'une constitution innée ou héréditaire (lymphatisme, scrofule, etc.), soit sous l'action des ingesta (mauvais lait, lait trop abondant ou trop chargé, alimentation grossière, prématurée), soit enfin en raison des phénomènes de dentition, et dans tous ces cas, constituant une maladie éliminatoire, dépurative, une chose solennelle et salutaire par conséquent, à laquelle le médecin ne devait pas faire obstacle.

A cela se borna d'abord et resta en réalité bornée pour la majorité des médecins la dénomination de gourme, qui avait simplement remplacé les mots de croûte de lait et d'achorcs, lesquels servaient auparavant à représenter les mêmes choses ; mais ce ne fut pas tout : de nombreuses exagérations se produisirent qui tendaient à étendre outre mesure et contre toute raison le domaine de la gourme. Il vint un moment où toutes les affections cutanées ou muqueuses de l'enfance furent rapportées à la même source ; il n'y eut plus seulement la gourme, mais plusieurs gourmes, et l'on dit: les (jounnes.; enfin ces mêmes affections ne furent plus considérées que comme des espèces et des variétés d'un genre pathologique qui fut individualisé et placé à côté de la dartre, de la scrofule, de la syphilis, etc. La plus excessive et la plus systématique de ces tentatives de généralisation a eu pour auteur un des élèves d'Alibert, Duchesne-Duparc [Traité complet des gourmes chez les enfants, 2'' édit. Paris, 1844), qui employa le mot de gourmes comme un terme générique « ayant la même signification que les mots vice et virus )) et comprenant toutes les affections chroniques (il ne s'agit plus seulement d'éruptions) et virulentes de l'enfance, qu'il divise en trois classes: gourmes herpétiques ou dartreuses, gourmes scrofuleuses, gourmes syphilitiques ! Inutile de dire qu'un oubli mérité s'est étendu surtout cela. Les tentatives ultérieuresde reconstitution de la classe des gourmes furent plus rares et plus modestes, mais aussi peu heureuses ; cependant il ne faut pas retourner bien loin en arrière pour les retrouver. 11 y a à peine dix ans (1873, Bibliothèque médicale, les gourmes) Cazenave décrit parmi « les gourmes >> non-seulement l'eczéma et l'impétigo infantiles, mais encore le lichen des enfants, le prurigo, le coryza, etc. « Il faut entendre, dit-il, par gourmes, un ensemble de symptômes propres à l'enfance, mais pouvant se continuer aux différents âges, traduisant une exubérance de lymphe, une exagération du tempérament lymphatique, caractérisées par un état fluxionnaire à la peau ou aux muqueuses ; affection non virulente, sans produits accidentels, sans tendance à l'ulcération, à la destruction. »

Bien que l'on puisse reprocher à Cazenave d'être revenu aux errements anciens en essayant de reconstituer une classe particulière d'affections infantiles méritant une dénomination uniforme, il faut reconnaître qu'il a eu soin de distraire com-

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