‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.46Chapitre 35 sur 97 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

eraves (Robert-.James). L'un des plus e'minents cliniciens du siècle, naquit en 1797. Après de brillantes bumanités, il commença l'e'tude de la médecine à Dublin ; c'était le moment où l'école irlandaise entrait dans la phase de progrès, cil la clinique et l'anatomie pathologique commençaient à être cultivées. Graves, par son enseignement, ne fit qu'accentuer ce mouvement de réforiuc et eut la gloire d'établir définitivement la réputation de l'école de Dublin.

Ses études une fois terminées, Graves se rendit à Londres, puis alla passer trois ans sur le continent et en visita les principales écoles, entre autres Berlin, Gottingue, Hambourg, Copenhague, etc. ; c'est particulièrement sous l'influence de Hufelnnd et de Behrend que se développa son goût pour la médecine clinique. De retour dans sa patrie, en 1821, il se fixa à Dublin, où il fonda en commun avec plusieurs médecins et chirurgiens de cette capitale une école de médecine, nommée la Park-street School, et y enseigna tout d'abord la médecine légale, puis l'anatomie pathologique, enfin la médecine pratique. A la même époque, il fut nommé médecin au Meath Hospital, au County of Dublin Infirmary et à l'hôpital des Incurables, fellow et censeur du Collège des médecins, etc.

C'est le Meath Hospital qui fournit à Graves les matériaux de ses principaux travaux. Il y enseigna avec un succès remarquable, au lit du malade, la médecine clinique, et forma des élèves tels que Richard Townsend et William Stokes. Ce dernier ne tarda pas à devenir son collègue au Meath Hospital et la plus étroite amitié unit ces deux puissants génies. Ils publièrent ensemble leMeath'a Hospital Reports, l'une des premières publications de ce genre.

En 1827, Graves fut élu professeur d'institutions médicales au King and Queen's Collège of Physic et occupa cette chaire avec éclat pendant un grand nombre d'années. Par son enseignement fécond, il répandit le goût des investigations physiologiques, si importantes pour les progrès de la médecine.

Graves était non-seulement un professeur distingué, mais un praticien trèsrépandu, partout recherché comme médecin consultant. Comme écrivain, il se distingua par son style simple et puissant en même temps, et par un talent descriptif remarquable.

Il rendit à sa patrie d'éminents services par l'étude aprofondie qu'il fit de la fièvre typhoïde, dont plusieurs épidémies mei\rlrières avaient décimé l'Irlande, et par la méthode de traitement toute nouvelle qu'il institua contre ce fléau. H combattit vivement le système débilitant alors en vogue (diète absolue et pureations) et lui substitua les stimulants et l'alimentation dès le début de la maladive ; « he fed fevers », c'est l'épitaphe qu'il ambitionnait pour sa tombe. Mais ce n'est pas là le seul mérite de Graves. H révolutionna littéralement l'enseignement clinique, et l'on peut dire qu'à ce point de vue il fut l'inspirateur de notre

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