‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.46Chapitre 47 sur 97 · MODERNES (U2J · texte numérisé non relu

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Avant d'examiner d'une manière plus détaillée l'indice céphalique, passons en revue les principales dimensions des crânes grecs, d'après les mensurations de Weisbach^.

La capacité moyenne des crânes grecs mesurés par cet observateur est supé-

* Les indices céphaliques des Grecs modernes, mesurés sur le vivant, se rapportent exclusivement à des hommes. Les autres données se rapporleut malheureusemant à des crânes des deux sexes pris ensemble. Les données relatives aux Slaves et aux Roumains sont dues à M. Weisbacli.

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rieure (1489 ce.) à celle des Turcs (1461) et des Roumains (1478), et encore plus à celle des Grecs anciens (1087,7?); d'autre part, elle est inl'érieure à celle des Slaves d'Autriche (1500) et des Vénitiens (1501). A cet égard, les crânes des Grecs de l'Asie-Mineure (1502,7) sont mieux doués que ceux des Grecs de l'Europe (1477). En faisant la sériatiun des crânes on remarque que la plupart présentent une capacité qui varie entre 1400. et 1500. Cela arrive pour tous les mésalicépliales asiatiques. D'autre part, tandis que la plupart des crânes européens niésobrachycéphales (0 : 8) présentent une capacité semblable (1400-1500), pas un seul crâne, parmi les mésobrachycépliales connus de l'Asie Mineure, ni parmi les sous-brachycépliales do l'Europe, ne présente une telle capacité.

(juant à la circonférence horizontale moyenne, elle est (510 mm.) moindre que chez les Turcs (515), les Roumains (511) et les Slaves (515), et beaucoup plus cliez les Grecs anciens (519,7); les crânes de l'Asie Mineure (512) ont aussi une circonférence supérieure à ceux de l'Europe (509).

V indice vertical de ces crânes est en moyenne 78,9 ; il dépasse ainsi celui des Roumains (77,7), des Slaves d'Autriche (76,7) et des Vénitiens (76,7) et il égale celui des Turcs (78,8). Dans la plupart dos ciânes mesurés, l'indice vertical varie entre 76 et 81. Mais, tandis que dans l'Asie-Mineure les indices des degrés 76, 78, 79 et 81, se distribuent presque également parmi les crânes connus, la sériation des crânes de Tlirace présente le maximum au degré 80, et ce sont les degrés 81 et 76, qui viennent après. Dans la Grèce libre, le maximum de la sériation tombe à 78; le reste des crânes se disti'ibue surtout entre 72 et 80.

V indice facial moyen des crânes mesurés est (5", 7) un peu plus grand que celui des Turcs (55,5) et des Vénitiens (55,4) et beaucoup plus grand que celui des Slaves (52,6) et des Roumains (50,5). Les crânes asiatiques et européens ne présentent qu'une différence très-faible à cet égard. Cependant chez les premiers cet indice oscille le plus souvent entre 54 et 55, ayant son maximum à 54, tandis que chez les seconds il présente deux maxiuia : l'un à 52, avec de nombreux crânes qui se groupent aux degrés voisins ; un autre secondaire à 56. En comparant l'indice facial avec l'indice céplialique, on observe qu'ils ne se correspondent pas d'une maniex'e régulière. Il est vi^ai que, chez les mésaticéphales et les brachycéphales, dominent en général des indices compris entre 50 et 55 ; cependant le nombre des crânes mésobrachycépliales et hyperbrachycéphales offiant un indice supérieur (55-60), est assez grand. Mais il est digne de remarque que les sousdolichocéphales (et peut-être aussi les mésaticéphales) sont relativement plus brachyprosopes, ayant pour la plupart un indice facial de 55 à 60.

Nous avons encore à examiner Vindice nasal (moy. 47} et Vindice orbitaire (87,1). Parmi les crânes mesurés par Weisbach, plus de la moitié sont leptorrhiniens (47 ; 82), plus du tiers mésorrhiniens (50), et il n'y a que très-peu de platyrrhinieus (5). L'indice moyen des crânes grecs de l'Asie Mineure et de l'Europe est à peu près le même. Mais, tandis que parmi les dolichocéphales de l'Asie Mineure presque la moitié sont mésorrhiniens (5 : 12), et que les mésaticéphales de l'Europe sont pour la plupart mésorrhiniens (7 : 10), tous les mésaticéphales connus de l'Asie-Mineure sont leptorrhiniens (4).

L'indice orbitaire moyen (87,1) est plus faible chez les Grecs que chez les Turcs, qui sont en général mégasèmes (89,4), mais, d'autre part, plus grand que chez les Slaves (82) et les Roumains (81,5) et les Vénitiens (84,6)qui sont micro-

sèmes. Plus du tiers de ces crânes (34 : 88) présente un indice entre 85-90; un quart entre 90-95, maximum qui se conserve même dans les sérialions à part des crânes européens et asiatiques.

D'après l'ensemble des mensurations dcM. Weisbacli, onpeutdéterminer lecràne grec moderne (surtout des côtes de la Propontide) comme il suit : crâne sousbrachycéphale ou mésobrachycéphale, médiocrement volumineux, très-liaut et ti'ès-voùté. Fi'ont haut et peu large, bombe horizontalement, aplati verticalement ; bosses frontales rapprochées et arcades sourcilicres peu prononcées. Région temporo-pariétale très-bombée sur la ligne médiane, mais aplatie latéralement ; bosses pariétales rapprochées entre elles, mais éloignées des bosses frontales ; lignes temporales très-longues ; occiput à protubéance prononcée; base du crâne allongée et trou occipital arrondi. Face longue et étroite, ortliognathe; orbites larges et hautes (mésosèmes), ouverture nasale étroite et longue (ieptorrhinie), espace interorbitaire étroit.

Le crâne grec asiatique est d'un volume plus considérable, à front et à occiput plus bas. plus étroits et plus bombés; les pariétaux plus aplatis et le trou occipital plus grand; les arcades zygomatiques plus courbées et l'espace interorbitaire plus étroit.

Examinons maintenant, d'une manière plus détaillée, Yindice céphalique, au sujet duquel nous possédons des données surtout cephalométriques, permettant d'arriver à quelques conclusions importantes. Nous avons déjà vu que c'est la sous-brachycéphalie qui domine dans l'Orient hellénique. Parmi les divers pays de la Grèce, en Péloponnèse, c'est surtout en Manlinée et en Laconie qu'elle domine, tandis que la mésobrachycéphalie et l'hyperbrachycéphalie sont le plus répandues dans les contrées où il y a beaucoup d'Albanais, comme en Argolide et en Corinthie. Dans l'Archipel, dans les îles Ioniennes, et aussi en Crète et en ïhessalie, la sous-brachycéphalie occupe la première place; d'autre part la mésobrachycéphalie et l'hyperbrachycéphalie s'observent avec une certaine fréquence dans les îles Ioniennes et dans la Thessalie, tandis que dans l'île de Crète elles semblent rares. Au contraire, en Thrace tous les degrés de la brachycéplialie s'observent avec ime fréquence presque égale. L'hyperbrachycéphalie occupe la première place en Epire, oii elle comprend, à elle seule, plus de la moitié des tètes et des crânes mesurés. D'autre part, la dolichocéphalie (et surtout l'hyperdolichocéphalie), très-peu fréquente ou même rare dans la plupart des contrées helléniques, est fréquente même dans ses hauts degrés en Thessalie, ainsi que dans le N. 0. de l'Asie Mineure.

Nous avons déjà vu que le maximum dans la sériation de l'indice céphalique tombeenlre 81 et 82. Ce phénomène, commun à presque toutes les sériations particulières relatives aux diverses contrées helléniques oîi les influences étrangères furent très-variées, aussi bien en quaUté qu'en intensité, semble témoigner l'identité d'origine des populations auxquelles il se rapporte.

Parmi les influences étrangères, c'est surtout celle de l'élément slave qu'il faut examiner, ce qu'on peut faire heureusement d'une manière ellicace pour le Péloponnèse et la partie S. E. de la Thessalie.

D'après les mensurations de Weisbach, les crânes des Slaves méridionaux, ainsi que de ceux du nord, présentent un indice moyen de 84; les crânes slaves sont donc en général plus brachycéphales que ceux des Grecs. Pour ce qui concerne plus particulièrement la Thessalie, on observe que vers les degrés où la sériation des crânes slaves présente son maximum la courbe de la sériation des crânes Ihessa-

liens s'abai^îse brusquement, en n'y présentant qu'un nombre fort restreint de crânes; d'autre part, la dolichocépbalie, rare parmi les Slaves, y est fréquente.

Pour ce qui concerne le Péloponnèse, en dehors de ce que dans la sériation des indices céphaliques le maximum y correspond (même d'après les mensurations sur le vivant) à un degré de brachycéphalie plus faible (85) que pour les crânes slaves (84)*, les degrés les plus élevés de la brachycéphalie ne se présentent avec quelque fréquence que dans les contrées où il y a des Albanais, contrées dans la plupart desquelles les colonies slaves n'existaient pas.

Mais, même chez les populations slaves de la péninsule des Balkans, les degrés les plus élevés de la brachycéphalie qu'on observe sont dus, d'après toute probabilité, principalement à des éléments de la population slavisés et surtout à des éléments albanais ou alliés de ceux-ci. En effet, en dehors des données histoi-iques, qui militent en faveur de cette idée, nous avons ce fait assez significatif que les degrés les plus élevés de la brachycéphalie, rares chez les Slaves du nord, forment chez les Slaves du sud un maximum secondaire (88) tout à fait au voisinage du maximum, que nous avons déjà rnentionné, de la sériation des indices céphaliques des Albanais et des Épiroles (89). Aussi les données que nous possédons sur le Péloponnèse, non-seulement ne permettent point d'y voir une influence slave importante, mais aussi nous forcent d'admettre que, si une pareille influence y a laissé des traces, elles ne doivent être en général que faibles.

Pour ce qui concerne la Grèce Continentale, l'insuffisance des données craniométriques que nous possédons ne permet aucune conclusion vraisemblable à cet égard. Quant aux îles, pour la plupart d'elles, sinon pour toutes, il n'existe pas une question d'influence slave. La même remarque s'applique à l'influence vénitienne dans les îles, dans la plupart desquelles elle doit être faible d'après les données ethnologiques et historiques.

5. Aîitres caractères anthropologiques. Les autres caractères anthropologiques des Grecs ne sont pas malheureusement examinés jusqu'à présent d'une manière satisfaisante. Tout ce qu'on trouve dans les travaux des divers auteurs et surtout des voyageurs, pour la plupart d'une exactitude douteuse, a été résumé dans l'ouvrage de Dieffenbach Sur les petiples de la péninsule des Balkans, auquel nous renvoyons le lecteur. Nous nous bornons à ajouter quelques lignes sur la couleur des cheveux, des yeux et de la peau, d'après les observations du docteur Ornstein. D'après cet observateur, sur 1767 soldats, la moitié environ présentent des yeux et des cheveux bruns et une peau brunâtre, tandis que d'autre part le quart environ ont présenté des yeux et des cheveux châtains et une peau blanche. Voici les résultats complets de ces observations :

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