‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.46Chapitre 62 sur 97 · LEL'C.\DE · texte numérisé non relu

LEL'C.\DE

CÉt'HALG.ME.

ZA.NTE.

ITH.iQUE.

Quotidiennes. . . .

Tierces

Quartes

Rémittentes

UK)

D'après les données plus récentes (^Astyclinique, 1860-1870) publiées par M. le professeur Karamitsas, les fièvres quotidiennes sont à Athènes à peu près 4 fois plus fréquentes que les tierces. A certaines époques cependant, les tierces surpassent en fréquence les quotidiennes. D'après le même auteur, 12 000 cas de fièvres intermittentes (Astyclinique, 1860-1870, 10 573 cas) se distribuent par mois à Athènes de la manière suivante :

Janvier 333

Février 340

Mars 449

Avril 442

Mai 5b9

Juin 694

Juillet 1330

Août 2379

Septembre 2453

Octobre 1304

Novembre 783

Décembre . . 520

On voit ainsi que le maximum de la fréquence des fièvres pulusties tombe en général au mois d'août. C'est pendant ce mois que la plus grande épidémie palustre qu'on ait observée pendant les 25 dernières aimées a présenté à Athènes son maximum d'intensité, épidémie qui est survenue après un temps excessivement pluvieu.>c (juillet 22,7 lignes paris, d'eau), tandis que la température d'août (27,90) dépassait à peine la moyenne 27,81 des 24 dernières années (1858- 1882). Cependant parfois la plus grande fréquence des fièvres palustres est observée pendant le mois de septembre^

Comme les anciens médecins grecs l'avaient déjà observé, les fièvres intermittentes du printemps sont les plus légères et se guérissent le plus ciisément. Les fièvres de l'été sont accompagnées, en général, de même que dans d'autres pays, par des troubles gastriques ou gastro-intestinaux (nausées, vomissements bilieux, douleurs épigastriques, constipation ou diarrhée;, et souvent aussi par des phénomènes d'irritation cérébrale. Les fièvres intermittentes de l'été surtout se transforment souvent en continues. Celles de l'automne sont en général plus graves, plus opiniâtres, se transforment souvent en fièvres

DICT. E.NC. -t° s X. 52

pernicieuses et conduisent facilement à la cachexie palustre. En maints endroits de la Grèce les médecins distinguent une espèce de fièvre palustre franchement intermittente, nuotidienue ou tierce, très-opiniàtre ne pre'sentant aucun autre phénomène morbide, et souvent tourmentant les patients même pendant l'hiver.

Fièvres rémittentes. Ce type de lièvres est très-fréquent en Grèce, où il se présente tantôt sporadiquement, tantôt d'une manière épidémique. D'après les renseignements que nous avons reçus des diverses parties de la Grèce et ceux qui ont été déjà publiés, le nombre des cas de fièvres rémittentes constitue une fraction du nombre total de fièvres palustres, laquelle oscille ordinairement entre 0,15 et 0,40. Cependant des différences considérables dans la fréquence de ce type s'observent non-seulement d'une localité à une autre, mais aussi dans un même endroit d'une année à l'autre.

Les fièvres rémittentes, aussi bien en Grèce que dans d'autres régions de la Méditerranée, s'observent le plus imiuemment pendant la seconde moitié de Kété et le commencement de l'automne. Le plus souvent elles se présentent en âé sous la (orme simple et gastrique (fièvre rémittente gastrique) et en automne sous la forme typhoïde (ci fièvre rémittente typhoïde » des médecins grecs Hiodernes). L'issue des deux premières formes est ordinairement favorable; celle de la troisième est presque toujours funeste, lorsque le malade est aban-donné à lui-même ou qu'il survient une complication de lièvre pernicieuse. — : Des variétés de fièvres rémittentes spéciales à la Grèce nous sont inconnues.

La question de savoir si la fièvre à phénomènes typhoïdes, qu'on observe dans les campagnes et dans les villes marécageuses de la Grèce, doit être considérée comme d'une nature palustre ou bien comme une vraie fièvre typhoïde iiilluencée par la malaria ou d'autres conditions locales, constitue un point obscur pour plusieurs médecins de la Grèce, de même qu'ailleurs. Cependant il ne doit Y avoir aucun doute que nous avons aftaire à la même fièvre rémittente qu'on rencontre partout dans les pays marécageux. L'identité des conditions au milieu desquelles les lièvres dont il s'agit se développent, aussi bien en Grèce qu'ailleurs, conditions en grande partie différentes de celles de la fièvre typhoïde, de même que le tableau clinique de la maladie (dans bon nombre des cas), ne laissent, aucun doute là-dessus. Cependant il est hors de doute que des cas et même des épidémies de fièvre typhoïde, où manquent des données de diagnostic suffisantes, passent aussi comme appartenant aux fièvres rémittentes palustres.

Il est certain que ces fièvres palustres étaient très-fréquentes dans l'antiquité. Les faits que nous a légués la médecine de l'antiquité, ajoutés à la connaissance des conditions sous lesquelles se trouvaient plusieurs régions de l'ancienne Grèce, ne laissent aucun doute à cet égard. Le zaûo-o; et la cpp-viric d'ilippocrate [voij. les articles Causus et Phréniïis) étaient avant tout des fièvres rémittentes, dont les unes correspondaient à la lorme simple et gastrique, les autres à la forme typhoïde, comme il a déjà été remarqué depuis longtemps (Littré, etc.). Toutel'ois il parait presque certain qu'avec ces fièvres on confondait d'autres maladies, peut-être même la fièvre typhoïde, dont pourtant l'existence pendant l'antiquité, à cause de la malaria même, est extrêmement dilficile à démontrer. Quoi qu'il en soit, lorsque Hippocrate, en parlant de ceux qui boivent des eaux de marais, dit que pendant l'hiver les plus jeunes sont atfectés par la « péripneumonie » et des maladies maniaques, tandis que les vieillards sont attaqués par le causus à cause du resserrement du ventre [Des airs, etc., 51, G4), il paraît qu'il ne voulait point parler de la fièvre rémittente palustre, ni de la fièvre

typhoïde non plus. De même, lorsque ailleurs il dit (éd. Littré, VI. p. 201, 217) que le causas aboutit souvent à la pneumonie, peut-être Lien qu'il ne faisait pas allusion seulement â la lièvre rémitteate, mais aussi à des pneumonies accompagnées des phénomènes gastriques et adynamiques.

Fièvres pernicieuses. Ces lièvres s'observent avec une fréquence relativement grande à Lamia (15, 16)» à Yonitsa, à Lévadie (12, 13, 14) et dans leurs environs ; moins fréquemment dans les autres districts marécageux de la Grèce Continentale et du Péloponnèse, et beaucoup plus rarement en Eubée (48-53), à Gorfou (69) > à Céphalonie (72), à Leucade (70) et en Crète, îles dans la plupart desquelles aucune épidémie de fièvres pernicieuses, au moins pour les dernières dizaines d'années, n'est connue. D'autre part elles sont rares en Attique (l, 2, 3, 4, 5, 6) * et en Parnasside (17), et dans bon nombre des îles, dans la plupart desquelles elles sont presque ou entièrement inconnues. — Parmi les contrées montagneuses où l'on rencontre les fièvres pernicieuses avec une certaine fréquence nous devons noter les bassins élevés de Calavryta (23, 24), la vallée de Mégalopolis (39), et ensuite la région intermédiaire de la Gortynie (iO, 41)-

Parmi les diverses espèces de ces fièvres, les plus fréquentes sont les convulsives (chez les enfants), les comateuses et les gastro-bilieuses ; viennent ensuite l'algide, l'homosphérinurique, les différentes espèces de fièvres hémorrhagiques (entérorrhagiques, pétéchiales), et les bilieuses; les autres formes sont plus rares, quoiqu'elles se rencontrent toutes sans exception. Pour ce qui concerne les divers types que revêtent les fièvres pernicieuses en Grèce, il est à remarquer que les comateuses, les plus graves et les plus fréquentes parmi celles qui frappent les adultes et surtout les paysans, se présentent sous tous les types et en particulier sous le type subcontinu ou rémittent, comme fièvres à forme typhoïde, dont nous avons déjà parlé. La majeure partie des autres formes se présentent surtout sous le type intermittent qu'on observe aujourd'hui en Grèce.

La plupart des formes pernicieuses étaient déjà connues, comme on sait, aux anciens et surtout à Ilippocrate ; pourtant il est à regretter que les renseignements qui nous sont parvenus de l'antiquité quant à leur fréquence et leur distribution géographique sur le sol de la Grèce, à laquelle nous nous intéressons ici particulièrement, soient tout à fait insignifiants. ,.

La fréquence de quelques-unes de ces formes varie suivant les localités et les époques. Ainsi, d'après les affirmations des médecins du pays, la fièvre algide est des plus communes à Eleusis (10), à Messolonghi (19), en Triphylie (27), à Léonidi (37), et en plusieurs endroits de la Béotie, tandis qu'ailleurs elle ne se rencontre que rarement, comme, par exemple, dans le district de Lamia (15). A une époque antérieure, où les saignées et en général le traitement antiphlogistique étaient en vogue, cette forme était encore plus fréquente. La fièvre hémosphérinurique palustre (fièvre bilieuse hématurique) d'autre part, relativement rare il y a quelques années, est maintenant beaucoup plus fréquente, et s'observe surtout en des années et dans des endroits humides,

* ta plupart des cas de fièvres pernicieuses observés à Athènes concernent des personnes venant d'autres pays marécageux. Dans l'Actyclinique de cette rille (1860-1870), sur 10 375 cas de fièvres palustres, on n'a observé que 21 cas de lièvres pernicieuses (i,6). 11 faut noter la rareté des formes graves, même chez les étrangers, provenant de pays salubres. Ainsi parmi les troupes françaises de l'occupation, en 1854, on n'a remarqué que 5 cas sur 1000 cas (Viljette).

visités par la neige, ou dans des localitôs où il y a des jardins potagers et des terres arrosées. La fièvre pernicieuse à forme cholérique, peu commune en f^énéral en Grèce, a sévi épidémiquemcnt en 1848 dans l'ile de Scopelos à la fin d'une épidémie de choléra et elle a frappé la plus grande partie des habitants f53); la même chose a été aussi observée ailleurs.

Parmi les diverses formes des fièvres pernicieuses, la fièvre hémosphérinurique palustre est digne d'une mention particulière. D'après les recherches récentes, celte forme consiste surtout dans une destruction plus ou moins considérable des hématies et une séparation d'hémoglobine, tantôt suivies seulement d'hémosphérinurie (hémoglobinurie), tantôt d'une destruction plus étendue d'hématies, d'hémosphérinurie et d'ictère hématogène ou hémaphéique (Karamitsas). D'après ces recherches, il semble hors de doute que, si la fièvre diteh('malurique ne constitue que des degrés plus faibles de cette forme (ce que M. Karamitsas considère comme très-probable), au moins un grand nombre Je cas de la fièvre dite hématurique appartient réellement à la fièvre hémosphé-

rinurique.

Cette forme palustre, observée, peut-être, déjà par Ilippocrate, à Thasos (épidémies, 1, 5const., 1 malade) était, parait-il, relativement rare ou inconnue vers les premières années de l'indépendance dans beaucoup d'endroits de la Grèce où aujourd'hui elle est relativement fréquente. Bien des médecins âgés assurent que ce n'est que dans ces dernières années qu'ils l'ont observée pour la première (ois. Quoi qu'il en soit, le premier cas connu dans la Grèce moderne a clé observé en 1848, à Nauplie, par le docteur Antoniadès, chez le directeur de l'École d'agriculture de Tirynthe. Depuis cette époque, cette forme a été observée surtout en Phlhiotide (15, 16) et, pendant ces dix dernières années, dans les principaux lieux marécageux de la Grèce Continentale et du Péloponnèse. Quelques cas ont été observés en Eubée (48), en Crète (75) et en Céphalonie (72), chez des indigènes; d'autre part, aucun cas, autant que nous sachions, n'a été rencontré dans les Cyclades ou dans le reste des îles Ioniennes.

De tous les districts de la Grèce, c'est dans la vallée du Sperchios, en Phthiotide, qu'on observe le plus fréquemment la fièvre hémosphérinurique. Celte forme s'y présente en cas sporadiques, mais beaucoup plus fréquemment pendant des épidémies des fièvres palustres, et alors elle se montre souvent prédominante parmi toutes les formes pernicieuses. Des épidémies pareilles ont eu lieu en Phthiotide, en 1858-1859 (16), en 1864-1866 (l5) et en 1870 (15). Elles sont survenues après des pluies abondantes, et celle de 1864-1866 après un hiver très-rigoureux et très-neigeux, suivi d'inondations considérables dans la vallée et sur les rivages de la Phthiotide, ainsi que par des chaleurs intenses. Dans l'épidémie de 1864-1866, la seconde enfance et la jeunesse ont été particulièrement attaquées. La première enfance, jusqu'à deux ans, n'a fourni aucun cas. Tous les cas observés l'ont été chez des personnes atteintes plusieurs fois de fièvres intermittentes. Des cas graves accompagnés d'hémorrhagies de divers organes (péléchies, épistaxis incoercibles, entérorrhagies, etc.) ou même d'anurie se montraient fréquemment (15).

Cette fièvre, dans les cas sporadiques, se présente le plus souvent sous le type intermittent, mais dans les épidémies plutôt sous le type rémittent.

Comme MM. Karamitsas et Corre l'ont déjà remarqué, il est hors de doute que la cause occasionnelle la plus fréquente de cette forme palustre est le refroidis-

sèment (et surtout le refroissement humide '). Cela est prouvé par les diverses circonstances dans lesquelles les malades se sont trouvés, ainsi que par la plus grande fréquence de l'affection dans desendroits humides, ou pendant des années humides et dans les mois les plus pluvieux et les plus froids de l'année, pendant lesquels la malaria est fort restreinte ou même a disparu.

On ne saurait douter, comme cela résulte de quelques-uns des cas observés par MM. Tomaselli et Karamitsas, que la quinine agit quelquefois comme cause occasionnelle dans l'apparition de la fièvre hémosphérinurique chez des organismes déjà intoxiqués par la malaria. Ouant à l'existence de rhémos|ihérinurie simple de quinine (également sur des organismes infectés par la malaria), elle a étédémontiée d'une manière décisive par M. Karamitsas.

Cachexie palustre. Quoique le cercle de l'influence palustre soit assez étendu, les foyers dans lesquels elle se montre à des degrés intenses sont assez étroits. Ces derniers sont à peu près les mêmes que les foyers d'iiilcclion déjà énumérés ; pourtant, par suite de la distribution inégale des diverses circonstances qui facilitent ou aggravent son action, celle-ci ne se présente pas partout proportionnelle à l'importance de ces foyers. C'est ainsi que la cachexie palustre se présente, dans sesdegrés les plus intenses, dans plusieurs villages voisins des marais d'ilélos on Laconie (32), aux environs du lac de Moustos en Kynurie (37), ainsi que dans quelques villages de l'ArgoIide (42), où les malades sont tout à fait privés d'un traitement convenable, oiî l'on ne fait usage que d'une nourriture végétale pitoyable et où l'usage de vin et de viande est piesquei nconnu^.

En dehors de la cachexie qui survient à la suite de fièvres palustres manifestes, il y a aussi à noter que dans certaines localités elle s'observe fréquemment, même à un degré intense, chez des personnes qui n'avaient jamais été atteintes auparavant par de pareilles fièvres. Ces localités offrent des conditions analogues à celles qui avaient déjà été remarquées par Hippocrate, elles se trouvent au voisinage le plus proche de marais, et leurs eaux potables, tout à fait mauvaises, sont tirées très-souvent de puits et corrompues par le voisinage des foyers palustres. Heureusement, les localités qui se trouvent sous de pareilles conditions sont peu nombreuses et Irès-restrciotes. Ou en rencontre en Phlhiotide, près de l'embouchure du Siierchios (15), en Argolide (42), en Kynurie, près du lac Moustos (37), en Béotie, près de Copaïs (l3), en Laconie, près d'Hélos (33).

La cachexie paludéenne est, chez l'enfance, beaucoup plus rare en général que chez l'adulte. Cependant, dans quelques foyers palustres, elle se montre plus fréquente chez l'enfance. Il semble digne de remarque que dans la plupart de ces localités les enfants sont adonnés à la géophagie (39, 40, 42, 75). En considérant que la géophagie, fréquente même en des contrées de la Grèce indemnes de la malaria, n'y est point suivie d'une tuméfaction de la rate, mais seulement de phénomènes anémiques et hydrémiques, et que la géophagie est ordinairement une conséquence de troubles chroniques du tube digestif, nous ne pouvons douter que la cachexie palustre provoquant de pareils troubles chez les

* D'après les données dont nous disposons (120 cas), c'est pendant l'hiver (45 : 100 cas) que les lièvres sont le plus fréquentes ; viennent ensuite l'automne (35) et en dernier lieu en même temps le printemps (11) et l'été (11) (Cf. Gorylloset Karamitsas).

^ Il faut iioier que dans quelques localités de la Grèce, comme dans la commune de Leucasion de Calavryta, les tuméfactions du foie sont plus fréquentes et plu» considérables que celle de la rate [l 5 t\).

petits enfants les pousse à la géophagie, et que réciproquement la gcophagie les rende encore plus cachectiques.

La cachexie paludéenne est devenue actuellement moins fréquente et moins grave, en général, qu'elle ne l'était il y a dix ou vingt ans. Cela est dû nonseulement à ce que les foyers palustres se sont considérablement rétrécis, par suite surtout de l'extension des cultures, mais aussi à ce que les conditions hygiéniques des habitants ont été très-améliorées. Il faut y ajouter le rejet de plusieurs moyens thérapeutiques nullement efficaces ou même nuisibles, comme l'étaient les saignées et les purgatifs drastiques, tandis que d'autre part le paysan grec estime maintenant la quinine à l'égal du pain.

Dysenterie. D'après tout ce qu'llippocrate rapporte dans son Traité sur les airs, les eaux, etc., il semble que la dysenterie se présentait avec une fréquence plus ou moins grande dans l'ancienne Grèce, sous les conditions saisonnières favorables à cette maladie, et surtout dans les principaux foyers palustres, où l'on faisait souvent usage d'eaux stagnantes et de mauvaise qualité. Mais des rcnseignemcnis sur une apparition épidémique importante en Clrèce nous manquent entièrement, s'il faut laisser de côté l'épidémie qui a sévi chez les armées perses, d'après le témoignage d'Hérodote (Vil. 115), à leur départ des pays grecs. Poiu- ce qui concerne la maladie dans la Grèce moderne, elle n'est pas très fréquente.

De nos jours, les régions où la dysenterie s'observe avec une certaine fréquence sont, dans le Péloponnèse, la plaine de l'inachus (42), en Argolide, les bords de l'Eurotas et les parages alluviaux du golfe Laconien, eu Laconie, les bords de Pamisse (29), en Messénie, ceux de l'Alphée et les environs du lac d'Agoulinitsa (26), entre l'Élide et l'Olympic. Dans la Grèce Continentale, autant que nous sachions, elle n'est fréquente qu'à Messolonghi et dans les plaines méridionales de l'Étolie (l9). Dans les îles de Naxos (64) et de Théra (66), elle n'est pas rare ; les autres îles de l'Archipel en sont complètement ou presque complètement exemptes. Quant aux îles Ioniennes, la maladie est citée comme ayant été trèsfréquente, sous une forme aiguë, dans les garnisons anglaises d'autrefois, mais la maladie y est rare aujourd'hui au moins chez la population indigène de la plupart d'entre elles.

Les endroits fréquentés par la maladie sont en général humides, se trouvant sur des terrains d'alluvion, au voisinage de rivières ou de lacs. Ainsi, la dysenterie est relativement fréquente dans la plupart des foyers palustres importants de la Grèce; cependant, dans quelques-uns elle est rare, par exemple, dans la Phthiotide (l5) et dans les plaines de la Béotie {u), quoique le climat et la vie des paysans y offrent presque toutes (peut-être même toutes) les conditions favorables au développement de la maladie. D'autre part, la maladie est fréquente à Théra (66), île entièrement dépourvue de marais ou d'autres foyers palustres, mais où la plupart des habitations sont humides, mal aérées et mal éclairées, les eaux potables de citerne, et où les habitants se nourrissent en grande partie misérablement.

La maladie s'observe quelquefois d'une manière épidémique dans les endroits de sa prédilection, mais quelquefois aussi en des lieux élevés et salubres. Cependant de grandes épidémies de cette maladie nous sont inconnues; toutes celles que nous connaissons furent très-limitées et attaquaient de préférence des enfants ; très-peu d'entre elles ont été suivies d'une grande mortalité.

Fièvre typhoïde. On ne saurait rien dire de précis sur la fièvre typhoïde

dans l'ancienne Grèce. Quoique chez des auteurs anciens on trouve quelques passages et certaines observations cliniques, que l'on a cru pouvoir interpréter comme étant des cas de fièvre ly| hoïde, cependant les arguments présentés jus- <ju'à présent sont pour la plupart extrêmement peu concluants.

Dans la Grèce actuelle, d'après la plupart des médecins du pays, la maladie <?st en général rare, sur quelques points seulement elle est plus ou moins fréquente. La majorité des médecins assurent qu'ils ne l'ont observée d'une manière incontestable que rarement.

Néanmoins, la grande fréquence en Grèce des fièvres rémittentes à forme typhoïde, ainsi que des fièvres gastriques avec des phénomènes fébriles intenses ou même adynamiques, la complication fréquente de la fièvre typhoïde avec des phénomènes d'intoxication palustre et la manifestation souvent peu accusée de ses symptômes caractéristiques, rendent fort difficile la détermination des limites véritables de la fréquence de cette maladie en Grèce. Parmi le peu d'endroits pour lesquels on peut avoir quelque certitude est Athènes. Dans cette ville (où les fièvres palustres graves sont relativement rares), si nous laissons do côté une grande épidémie récente de fièvre typhoïde (1881), due probablement à des circonstances tout à fait exceptionnelles; la mortalité par cette maladie (1865-1880) n'est pas (0,7: 1000 hab.) bien inférieure à celle de Paris. La maladie est aussi fréquente, si l'on ajoute foi à des observations cliniques et autres données sans autopsies, dans l'île de Kéos et dans certains villages de i'inée, localités fort peu influencées par la malaria, ainsi qu'il Messolonghi, où elle survient parfois même d'une manière épidémique.

Pour ce qui concerne la fréquence de la maladie par mois, dans la villi; ■d'Athènes (3), parmi les cas (155 : hommes, 118; femmes, 55; décès, 50) observés dans l'hôpital civil, depuis 1849-1880, ta plus grande partie ont été présentés en mai (22), juin (19), juillet (27), août (25) et septembre (18). Il faut aussi signaler que, dans la Mantinée (Arcadie), c'est pendant l'hiver que la maladie est la plus fréquente (38) (de même que cela arrive en Norvège et dans quelques autres pays à hiver très-froid). En cette saison, les habitants quittent l'air libre, se renferment dans des habitations étroites, dans des conditions hygiéniques déplorables.

Relativement à l'étiologie, on doit noter l'apparition de petites épidémies dans <;ertaines localités, par suite de l'arrivée des typhoïdiques des villes où régnait la maladie (villages d'Attique et de Mégaride, Andros, etc.).

Les épidémies de fièvre typhoïde ayant lieu ordinairement pendant l'époque de la grande intensité do la malaria et des observations précises faisant défaut, nous ne pouvons pas connaître même combien des épidémies importantes de cette 'maladie ont sévi eu Grèce. Pour les épidémies que nous connaissons, nous allons donner ici des indications sommaires :

1849. Athèses. — Gronde épidémie. Concentration de réfugiés d'Italie. Des renseignement -i

plus précis manquent (Papazisis).

•1853-1854. Athènes. — Épidémie peu étendue. Mortalité dans l'hôpital civil 7 : 27 (B. Patri-

kios, in Tx/n-JÔ;, 3° année, n" 46). Autopsies (G. Maccas).

1854. Calyvia de Ceratia, en Attiquo (Février). — Épidémie bénigne, chez des personnes d'un âge inférieur à vingt-cinq ans. Mortalité 3 : 150 cas (Zarapakis).

1855. Daphni, près d'Athènes. — La maladie sévit dans un bataillon français d'infanterie (armée d'occupation). Campement sous des tentes et sous une température excessive (jusqu'à 37 degrés et plus sous elles). Abus du vin, de l'eau et de l'alcool. Dans la moitié des cas phénomènes graves. Des pétéchies chez certains malades. Mortalité 29 : 55 cas. Autopsies (Villette).

1879. Chalcis (Eubée). — Épidémie dans la population urbaine. Dans les troupes ,10 000 Lommes) qui y étaient campées, pas un cas (Coulouris).

1879-1880. Nadplie (Argolide; novembre jusqu'à mars). — Épidémie étendue. Plus de 250 cas (sur 4600 habitants.), dont les 2/3 environ d'une forme abortive. 10 cas funestes. Des taches lenticulaires rares. Quelques autopsies (Cotsonopoulos).

1880. Athènes (été). — Épidémie meurtrière, mais qui se borne dans un seul quartier de la ville (Vaphas).

1880. AsDBos : Korlhion. — Épidémie d'une intensité médiocre. La plupart des habitants d'un village (Episcopéion) atteints, 10 décès seulement. La maladie a été importée d'Athènes (Hyp. Campanis).

lS8l. Athè.nes. — Grande épidémie, mais d'une gravité faible, depuis le milieu de juillet et pendant tout août (59 jours environ); été en général sec, lemp. moyenne, en juillet 27°,66, en août 29°,03. Infection Irès-probable des eaux de la ville dans les conduits principaux par le lavage de vêtements des typhoïdiques. Commencement et lin de l'épidémie brusques. Son caractère en général bénin; plus de la moitié des cas présenta la forme abortive. La température des malades était souvent d'une intensité beaucoup plus grande que les autres phénoiiiènes.

Kombre total des cas 4000 environ, d'après toute probabilité (sur 70 000 habitants au commencement ; 50 000 plus tard) ; 255 décès (l'27 hommes, 106 femmes; 21 de 1 à 5 ans. 16 de 5 à 10. C7 de 10 à 20, 79 de 20 à 30, 25 de 50 à 40, 12 de 40 à 50, 13 de 50 à w). La mortalité générale a ainsi été très-probablement de 5,8, 4,6 sur 100 malades. Autopsies nombreuses (Voy. les observateurs dans la bibliographie).

FiÈvitE RECCRRENTE. FiÈvRE TYPHOÏDE BILIEUSE. La fièvre récurrente était déjà connue dans l'antiquité et elle fut observée, d'après toute probabilité, par Hippocrate dans l'île de Tliasos {Épidémies, lib. I, sect. i, § 5, sect. ii, § 4, sect. m, § 9; Spittal, in Edinb. Monthly Journal of Med. Sciences, 1844, IV, 177; voy. aussi Fuchs, in Arch. des Vereins f. wiss. Beilk., 111, p. ilO, 1865). La première épidémie de cette maladie observée dans la Grèce moderne lemonle seulement à 1878. La maladie a été observée parle docteur Sismanis, dans plusieurs villages de l'Eurylaiiie et certains villages de la Thessalie, cliez des populations en général pauvres, malpropres et se trouvant sous le coup d'une disette. L'épidémie apparut au printemps et persista pendant plus d'un an, mais elle était en général légère.

Quant à la fièvre typhoïde bilieuse, les seules épidémies de cette maladie connues en Grèce paraissent être (Hirsch) celles observées, aux îles Ioniennes, dans larmée anglaise (Géphalonie, 1816, Corfou, 1816). Parmi ces épidémies, celle de Géphalonie avait sévi pendant les mois de juillet et d'août et au commencement de septembre parmi la garnison d'Argostoli, récemment arrivée d'Angleterre. A Corfou la maladie fut observée pendant l'été de 1816, dans un régiment anglais ; elle était accompagnée d'un ictère très-intense, et elle a fait croire à la présence de la fièvre jaune (mortalité 12 : 210-220 cas). D'après quelques auteurs il faut aussi rattacher à la fièvre bilieuse typhoïde une grande épidémie survenue à Athènes (1855) à la suite du dessèchement d'un marais voisin; mais l'opinion d'Haeser, d'après laquelle il s'agissait là d'une épidémie des fièvres palustres, nous semble plus probable.

Peste bubomque. De nombreuses épidémies de peste sont mentionnées comme ayant eu lieu dans l'antiquité en Grèce à des époques et dans des localités diverses. Pourtant les détails qui nous ont été conservés là-dessus ne permettent pas d'avoir une pleine certitude qu'il s'agissait effectivement de cette maladie, quoiqu'il soit bors de doute qu'elle existait déj:\ dans des temps reculés. La première épidémie de peste relative aux pays helléniques ainsi qu'au reste de l'Europe, sur la nature de laquelle il n'y a aucun doute, est la grande épidémie du temps de Justinien. Depuis celte époque, les siècles qui n'ont pas

vu la peste bubonique ravagei' des pays grecs sont rares. Les invasions du fléau en Grèce ont été surtout nombreuses pendant les quatorzième et dix-huitième siècles, et aussi dans le siècle présent jusqu'à l'année 4857. Cette maladie causa aussi des ravages étendus, d'après ce que nous savons, aux huitième (747) et dix-septième (1687-1688) siècles. Quant aux ravages très-grands mentionnés par certains auteurs, surtout byzantins, on doit les considérer comme fort exagérés. En dehors du penchant à l'exagération propre aux Byzantins, il ne faut pas oublier les conditions défavorables à la propagation du contage qui résultent du morcellement du pays en plusieurs îles et en plusieurs régions naturellement séparées, de la difficulté des communications tenant à l'àprelé du sol, et enfm de la rareté de la population qui peut faciliter une dispersion temporaire et l'isolement des familles et des individus sous un climat généralement très-tempéré.

D'après les renseignements les plus certains qui nous soient parvenus, c'est le Péloponnèse qui, de toutes les parties de la Grèce, fut frappe le plus souvent, tandis que parmi ses villes ce furent Patras et puis Argos et Nauplie qui en ont été surtout éprouvées. Parmi les îles, la Crète et en second lieu Zante et Céphalonie furent visitées le plus fréquemment, cette dernière ayant reçu souvent la maladie du Péloponnèse où de nombreux travailleurs passent temporairement. Enûn les parties de la Grèce les moins éprouvées furent les districts montagneux du Magne en Péloponnèse, de l'Élolie dans la Grèce Continentale et ceux de l'île de Crète.

Le seul moyen qui eût pu préserver les pays grecs contre ce lléau tiop souvent imminent aurait consisté dans un système rigoureux de quarantaines. Mais ce système n'a pu être mis en pratique, dans la plus grande partie de la Grèce, que depuis qu'elle a recouvré son indépendance. Aussi ce n'est qu'une seule fois depuis, en 1857, que la peste a pu entier sur le sol grec (àPoros), mais elle s'est éteinte sur place.

Il est à noter que dans la plupart des épidémies sur lesquelles nous avons des renseignements la maladie cessait à la fin du printemps ou au commencement de l'été, tandis que, survenant pendant l'été, elle s'éteignait peu après, comme cela a été également observé dans plusieurs épidémies en Egypte et en Syrie.

Ne pouvant entrer dans l'historique des nombreuses épidémies de peste en Grèce, nous nous bornerons à les mentionner très-brièvement, par ordre chronologique. En dehors des renseignements consignés par divers auteurs, en dehors aussi de matériaux que nous avons rassemblés de divers côté?, nous sommes à même d'en fournir quelques autres inédits, que nous avons puisés soit dans les archives du ministère des Affaires étrangères de France, soit à d'autres sources que nous citons chacune à sa place. Les renseignements qu'on trouve ici sont souvent minimes, quelques-uns douteux, cependant nous avons pensé que nous ne devions pas les omettre totalement, parce motif qu'ils pourront donner lieu à des investigations plus fructueuses. Pour la même raison nous avons mentionné également des épidémies qui se sont montrées dans l'empire d'Orient, envahissant ordinairement la Grèce proprement dite. Les épidémies de peste sur la nature desquelles on peut être sur sont marquées d'un astérisque.

Quant à la peste d'Athènes d'après la description de Thucydide, on ne peut pas l'identifier avec une certaine probabilité ni avec la pesle commune, ni avec aucune autre maladie infectieuse que l'on connaît aujourd'hui.

En dehors d'autres symptômes présentés par la peste d'Athènes, son éruption pustuleuse ne permet pas d'accepter qu il s'agissait ni de la ])este bubo-

nique, ni de la scarlatine, ni de la fièvre exanthématique. Quant à l'hypothèse de la variole, elle est depuis longtemps abandonnée. Quoi qu'il en soit, certaines épidémies paraissent devoir être attribuées à la même maladie que celle d'Athènes, mais c'est surtout pour la peste antonine, l'épidémie qui visita Rome sous Marc-Aurèle, qu'il y a le plus de probabilité, d'après les données cliniques {voy. art. Peste) (Hecker, Littré, Daramberg, Anglada).

252. Pesle de Cyprien. — La maladie, ayant en pour point de départ l'Egypte, envahit l'Asie et l'Europe. Elle dura pendant quinze ans, se réveillant en automne et s'apaisant en été. Aucune ville n'en est restée indemne. En maintes localités la maladie survenait même une seconde fois. On vit succomber à Rome et dans plusieurs villes de la Grèce et d'Orient jusqu'à cinq mille personnes par jour. Chez un certain nombre de malades les pieds ou d'autres parties envahis par la gangrène se détachaient spontanément. Parmi les malades les uns restaient privés de l'ouïe, d'autres avaient perdu la vue. La maladie se transmettait même par simple approchement « {•^ù-rii déaç »). Cedrenus, Comp. IHsl., éd. Bonn, p. 258; S. Cypriani Opéra, De morialilalc ; Eusebii Pamphilii, //w(. EccL, VIII, 22, etc. ; Haser, Hist. pathol. Unlersuchungen, I, 77-85; Anglada, Mal. éteintes et mal. nouv,, p. 140, e. S.).

* 531. Pes/e de Justinien. — Épidémie de pesle bubonique « universelle » ayant son origine en Ethiopie. Elle se propage depuis Pélnsium et la Palestine jusqu'à Conslantinople (531) La jnaladie reste dans cette ville à l'état presque latent pendant plusieurs années en amenant quelques cas rares. Elle y devient très-intense surtout en 542; pendant quatre mois on comptait 3000 à 10 000 décès par jour. En 558 elle y revient beaucoup plus meurtrière (Agalhias). Dans quelques villes elle cause de grands ravages, dans d'autres endroits elle ne frappe qu'un ou deux ménages. Des renseignements "spéciaux sur l'invasion de la maladie en Grèce nous manquent (Procopius, De bello persico, II, 25; Agalhias, Historia, etc., V, 9; Evagrius, Histoi-ia ecclesiaslica,\\', 29 ; Tliéophanes, A. M., 6034; Glycas, IV, 270 ; Haeser, Ilislor. pathol. Unlcrsuclningen,\, 84-90; id., Gcsch. der Med., t. III, p. 43, e. s.; Hecker, Seibel, Corradi, t. I, p. 57 ; Anglada, p. 108, e. s).

555. Grande mortahté des enfants et pesie à Conslantinople (Malalas, 488, 4; Théophanes- 6048).

eOO. Peste dans l'empire d'Orient (Thoophanes, p. 248, A. M. 6100, p. 404; Mise. Ph. 6; Zonaras, XIV, 14; Glycas, 510, 18; Cedrenus).

618. Maladie pestilentielle (vÔTo; Aot/jtwJyj;) e\. i^vaine ii Constant inople (Nicephorus Patriar-

clia, Historia brevis, éd. de Bonn., p. 13). 697. Maladie pes-tilentielle très-meurtrière à Constanlinople, où elle dure pendant quatre

mois (Thoophanes, p. 45 ; Cedrenus, p. 444. Théophylacte ne rapporte rien de pareil pour

cette année).

700. Peste en Orient (Cedrenus, A., 2; Tliéophanes, C192; Léo grammaticus, 167, 1).

*747. Peste bubonique ayant son origine en Sicile et en Calabre, passe en Moiiembasie et se propage dans le Péloponnèse, la Grèce Continentale et les iles voisines- « Partout où la maladie pernicieuse apparaissait, elle attaquait et exterminait tout être humain (sic) »• Constanlinople dévastée a été repeuplée par des habitants appelés de la Grèce et de l'Archipel (755) (Anastasius, Historia ecclesiaslica, éd. de Venise, XX, 75; C. Porphyrogennetus, De thematibus, II, 6; Nicephorus Patriarcha, Historia brevis, éd. de Bonn, p. 13; Glycas, Annalia, éd. de Bonn, p. 527; Cedrenus, C. 0; Historia miscellanea, XXII, in Muratori, I, 156; Théophanis, Chronograpliia, éd. de Bonn, t. I, p. 651-653, 6238; Zonaras, Annalia, XY, 6, éd. de Bonn, t. II, p. 908; Th. Stoudila, Oratio funebris in Sanctum Platonem. In De la Barre, Hist. Christ. Paris, 1583, p. 117; Léo grammaticus, p. 184).

1032. Pesle en Orient (Cedrenus, 499; Zonaras, Glycas, 583).

1054-1055. Maladie pestilentielle (?? loiij.ixh •jo'jo;] très-meurtrière à Conslantinople. « Les

vivants ne parvenaient plus à enterrer les morts » (Glycas, IV, 249, éd. de Bonn; Cedrenus

1076. Peste meurtrière dans la même ville, « au point que l'on ne pouvait plus enterrer

les morts » (Glycas, IV, 615; Zonaras; VIII, 227; J. Scylitsis, éd. ven., 670).

1084. La peste en Macédoine ^Ath. Kircherus, Scrutinum physico-medicum pestis, p. 246).

1172. La peste ravage les armées vénitiennes dans l'ile de C/ieos (Sabellicus, Historia rerum

Venetarum. Basiliae, 1556, VU, p. 187-188). 1330. Peste très-meurtrière à la Cacée en Crète (Papadopoulos. InHistor. gymn. Patavini,

t. II, p. 161. Cornélius : Creta Sacra, t. II, p. 309).

GRÈCE. t07

1347-1848. Peste noire. « La maladie, communiquée de la Russie actuelle (« la Scythie et le lac Méolis ») au printemps, dura à Constant inoplepenàanl presque toute l'année et s'est répandue sur toutes les côtes de la Méditerranée et en Grice. En 1548 elle visita l'Archipel, l'île de Gypre, ainsi que le Péloponnèse [Chron. Brève). La maladie fut violente et meurtrière. Elle attaquait même les animaux domestiques. Bubons énormes (Nicephorus Gregora, Historia Romana, XVI, 2. Cantacuzenus, IJikloriarum IV, 8, donne une description détaillée de la maladie. Hecker, Der schwarze Tod. Berlin, 1852. Uaeser, Gesch. d. Med., 1882, III, S. 97-147, etc.).

1552. Pisani, amiral vénitien, ayant encombré les hôpitaux de l'île de Crète avec les malades de sa compagnie, la peste sOvitdans l'île, d'où elle l'ut communiquée aussi à la flotte génoise, qui s'y trouvait alors (Sisraondi, Histoire des républiques italiennes, t. IV, p. 162- 163).

1365. La maladie à Constantinople, ainsi qu'en Russie, etc. (Schnurrer, I, p. 349).

1568. Grande et meurtrière épidémie de peste à Jannina de l'Épire [Epirotica, in Byzantine de Bonn, 'l'jropia. UpO.o'j/j.nov, etc., p. 219).

1572. Peste en Péloponnèse {Chronicum Brève) et à Constantinople (Schnurrer,!, p. 54i). A la même époque la maladie en Egypte [voy. Bascome, p. 55).

1574. Peste en Péloponnèse [Chronicum Brève) et à Aria en Êpire [Epirotica, V. X/sovtxov, p. 221).

1575. Peste grande et meurtrière à Jannina (ib.).

1381-1384. La peste en Italie. « Usque ad Galatiam. per totam Greciam et in partibus infîdelium quam credi possU » (Gazata, Chron. regiense, in Jluratori, XXIII, p. 90;. Sozouienus, Spécimen Uistor., ibid., XYI, 1125).

Î588 et 1591. Peste en Péloponnèse [Chronicum Brève) .

1400. Pesle à Argos (ibid.).

1409. La peste ravage l'île de Crète (Cornélius, 1. cit., t. II. p. 350).

1410 et 1418. Peste en Péloponnèse (ibid.).

1422-1423. Peste pendant plusieurs mois en Béotie, à Athènes (août 1423) et à Mégara (Lettres d'Antoine Acciaiuoli, duc d'Athènes 25 sept. 1423, et d'Antoine, évêque do Cdphalonie du 16 déc. 1423, in Buchon, Nouvelles recherches sur la Marée, t. II). Cas sporadiques en Péloponnèse au mois d'avril de 1422 [Chiron. Brève).

1431. Peste (Sav^Tizoï) en Péloponnèse [Chron. Brève]. Elle (?? /oty.uvj -.o-Oi) fait Lien des ravages à Palras (Frantzis, éd. de Bonn, II, 9, p. 157).

1456. La peste ravage l'île de Crête (Cornélius, 1. c, t. II, p. 390).

1498. Peste très-meurtrière dans l'île de Rhodes depuis octobre 1498 jusqu'à juin de 1500 (Georgilas). Vers la même époque la maladie sévissait en Péloponnèse d'où elle est transmise en Italie '1500) par des réfugiés grecs de .Modon, Coron, Navarin et Corinthe (Fazellii De rébus Siculis. Catanœ, 1753, II, 197. Corradi, Annali délie épidémie d'Italia, part. I'

1522-1523. Peste « universelle » (loi/jttx^ vôtre; ■ncf/xô^/xcoi). Parmi les pays grecs, elle

sévit surtout dans les îles de Crète, de Rhodes, de Corfou, de Zanle, et dans les villes

à'Arta et de Jannina, en Épire. Cas sporadiques en Péloponnèse et à Athènes [Chron.

Brève).

1554. La peste en Turquie (Corradi, II, p. 104) et dans la ville de Coron en Péloponnèse

[Bosio, Istoria délia sacra religione,etc.,di son Giovani Gierosolimilano,^' partie, p. 152).

Plusieurs décès causés parla peste (ôa/arixàv) à Athènes [Xpovixbv 'ASrivùv, publié par Sp.

Lambros, in 'Ad^'/xiov, revue d'Athènes, t. YI, p. 441). 1538-1539. La peste à Constantinople CWebster, I, p. 245). 4541. La peste meurtrière à Constantinople et plus tard (1542) dans d'autres parties de la

Turquie et d'Europe (Schnurrer, II, p. 89; Webster, I, p. 245; Bascome, p. 84). 1554-1557. Peste portée de Constantinople à Athènes (12 déc), où elle a fait pendant trois

ans 10 000 (??) ou 1000 victimes (Xpovt/.ov 'A6/;vûv, 1. c). *1515. La peste à Constantinople, ainsi qu'à Messène etàPalerme (Schnurrer, II, p. 125). 1586. La peste en Turquie et ailleurs (Webster, 11, p. 166). 1599. La peste à Constantinople (Schnurrer, II, p. 149), ainsi qu'en Italie (Corradi, II, p. 336).

1611. Peste très-meurtrière eu Crète (printemps à octobre) à Constantinople (200 000 victimes)

et ailleurs; 20000 victimes dans le chef-lieu de la Crète (Webster, II, p. 174; Bascome,

p. 97 ; Schnurrer, II, 156 et 157).

1615 et 1623. — La maladie sévit furieuse à Constantinople et dans toute la Grèce [sic)

(Pariset, in Bull, de l'Acad. de méd., t. XI, 1845). 1619. La peste en Orient (Bascome, p. 99). '1627-1628 (25 déc. 1627, jusqu'à la fête des Rameaux de 1628). La peste de Venise ou de

l'Alhanie s'introduit dans l'île de Corfou où elle décime surtout la ville. Première victime

une fille noble, qui s'était parée d'un foulard infecte, apporté du dehors. Extension prompte delà maladie par suite de ses obsèques (A. Marmora, llistoria diCorfou. Venctia, 1672, p. 387-389; Pojago, 1^ Leggi municipali délie isole lonie deW anno 1686, etc., t. I, p. 193; Saint-Sauveur, Voyage, etc., t. I, p. 342). A la même époque la mal;*die en plusieurs pays de l'Europe (Sclnim-rer, II, p. 168; Papon, I, p. 165).

1637. La peste en Asie Mineure, à Constantinople et dans d'autres parties de l'Europe (Webster, II, p. 18 i; Anonyme, Étai gén. de l'empire ottoman. Var'is, 1695, III' partie, p. 567).

1645-1646. La peste en Crète, introduite par des armées turques, fait de grands ravages. « Les Turcs, maîtres de la compagne, Ja remplirent d'une désolation universelle, à laquelle s'était jointe une peste furieuse; la plupart (?) des habitants moururent ou se retirèrent dans l'état de Venise, etc., où ils portèrent Ja consternation, et l'île demeura presque déserte » [Etal général de l'empire ottoman, 111 part.. 1695, p. 391-592). Dans La ville de Ret hymne, plus de 100 (?) victimes par jour (M. Mnouviaivis. Aiyîv»;<y<;. etc., p. 241 . Venise, 1710).

1647. La peste à Constantinople (Schnurrer, III, p. 186).

1654. La peste en Turquie et ailleurs de l'Europe (Webster, I, p. 305; Bascome, p. 107).

* 1656. La peste en Crè/e, ainsi qu'à Alexandrie (Kanold, p. 61), à Malte et en plusieurs

villes d'Italie (Schnurrer, II, p. 192; Webster, 2 vol., p. 190). 1661. La peste dans les parages du golfe de Corinlhe, en Acliaie (Kanold. p. 61), à Darda-

nellia et à Cliios (P. lloinero. Journal des campagnes, etc. \n État général de l'empire

ottoman. Paris, 1695, IL" partie, p. 2()8.) 1061-1664. La maladie à Biskara, en Crète et à Smyrne (Berbrugger in Prus, Rapport sur la

peste, p. 202; Schnurrer, p. 262, II, p. 197). 1667 (juillet). Peste à Jannina de l'Épire {'A^aêavTtvô; Xpovoypa^ioL rvi 'liizsipw, t. II, p. 224;. 1671. La peste en Albanie et en Serbie (Kanold, p. 62). 1673 (27 mai jusqu'au 1" juin 1674). La maladie sévit dans l'île de Leucacte, transmise d'un

malade venant de Messène. Plus de 2000 victimes (P. Typaldos, in ra;./;vo;, A', p. 155). 1074. La peste à Constantinople et à Adrianople (Schurrer, II, p. 209). 1677. La peste en Turquie, ainsi qu'en Ungarie (Kanold, p. 62; Schurrer, II, p. 212).

* 1678. La peste cause des l'avagcs dansl'ile de Mgcono.s i.irc-h. de l'évêclié latin de Tinos,

commun, de Mf' Marangos, d'Athènes). A la même époque la maladie à l'ile de Cypre, en Afrique et en Espagne (Kanold, p. 02; Villalba, Epidem. espaùola. .Madrid. 1802, 11, p. 125).

1680. La peste à Constantinople (Kanold, p. 62).

1685. La peste dans la même ville et à Cypre (ibid.).

* 1687-1688. La peste ravage le Péloponnèse {[jnen-e des Vénitiens contre les Turcs. A la même

époque la maladie au Caire, Kanold, p. 62, juin). Elle s'introduit d'abord à Nauplie, par un bateau français ^mois d'avril, Matessis), à Pyrgo>s, en Elide (juin) et à Modon (juin). De là, avec des butins, à lilùtras, et ses environs. Les communications libres des habitants étendent la maladie dans la péninsule à Fatras, Corinlhe, Calâmes, Argos, Elide (Chlemoutzi, Lechena, Gastouni, etc.), où (Elide) plusieurs villages sont dépeuplés, ainsi qu'en Kynurie et en Monembasie. En dehors du Péloponnèse la maladie se piopagea dans la Grèce Continentale, à Naupacte, Antirrhion, Athènes, Tlièbes, Atalante, Lamia, et sur tout le littoral de la mer d'Eubée. La maladie aussi visita dansl'irc/i/pe/, Eubée, Scopelos, Chios (Kanold, p. 62), Syra et Salamis, où elle (oursuivit les habitants expatriés d'Athènes (1688-1600) ; et Céphalonie et Zantc (novembre et décembre), parmi les îles Ioniennes. L'épidémie en plusieurs endroits très-violente et meurtrière, et surtout en Péloponnèse. A Syra quelques cas seulement sporadiques (Mortuaire de la ville au dix-septième siècle dans les Archives épiscopales) ; à Zantc on a compté 20 décès (24 novembre à 25 décembre) Matessis in C. Sathas. 'E;>-îvuà àvézôora. Athènes, 1867, t. I, p. 217.

1689. La peste à Constantinople, à Chios et à Smyrne (Kanold, p. 62),

1690. La peste dans l'ile de Zante depuis... (sz'c) jusqu'au mois d'août 1691 (Chronique de Matessis), an Péloponnèse (Mistias), dans l'ile de Chios, ainsi qu'à Smvrne, en Algérie et ailleurs (Kanold, Marsil. Medic. Sendschreiben, p. 62).

1695. La peste dans l'ile de Tinos [Arch. de Tinos, commun, de Ms' Marangos).

1698-1700. La maladie à Constantinople, à Smyrne, au Péloponnèse el sucloat en Arka'ie. A

la même époque (1698) en Algérie et à Zeuta (Kanold, p. 62). 1702 et 1705. La peste à Constantinople (Prus, p. 918 ; Schnurrer, II. p. 237). 1716. Veh\.&ààn%V Archipel (Chios, Mytilène, Samos), à Smmnc et à Constantinople (Pein-

lich. II, p. 277). 1^ J f K

'1718-1719. La peste ravage le Péloponnèse. Très-meurtrière en i»/e«.se/!Je (Calâmes. Coron, Modon, Navarin, etc.). Dans l'espace de trois mois la plupart (?) des habitants de Coron et de Modon sont enlevés (2000 environ). A Calâmes la maladie sévit depuis le mois de septembre ou d'octobre 1718 jusqu'en mars 1719 (Lettres inéd. de Ch. Rose, Consul de France à .Modon, du 15 avril 1719, et de la Tour, vice-consul à Calâmes, de Modon, 26 mars

1719; dans les Arch. du Minist. des affaires étrang. de Pai-is). Vers la même époque (1717-1718) la maladie en Egypte et à Cypre (Pariset, in Prus, 1. c, p. 919).

*1728. La peste sévitau Péloponnèse (Élide, etc.), dans quelques-unes de^Cijclades (Myconos. Syra), et dans l'île de Zanle. La maladie meurtrière, parmi les îles, surtout à Syra, où elle enlève 500 personnes environ dans l'espace de (jualre mois (depuis janvier jusqu'au mois de mai), sur 5000 habitants (Documents inédits de Syra, comm. de M^'^ Marangos). A Zante la maladie fut transmise (3 mai) de Gastouni de l'Élide par des habits infectés; 180 décès (Commun, du D' Cantakitis). A la même époque la maladie sévit à Smyrne (Pariset, in Prus, p. 919, et Peinlich, 11, p. 524), à l'île de Cypre (Webster, 11= vol., p. 231).

1730. La peste en Albanie et ailleurs de la Turquie (Pariset, in Prus, p. 920).

*1736. La peste très-meurtrière à Jannina (février jusqu'à la fin d'octobre); 50-60 (et même jusqu'à 80 victimes par jour), où elle s'introduit par une personne venant de Valaquic (Epirotica, V, X^ovtxôv, p. 259. La maladie meutrièrc à la même époque en Egypte (1735-1736, Russel, p. 3, etc.), à Smyrne (1736, Pariset, in Prus, p. 920) et en plusieurs parties de l'Europe.

1741. La maladie sévit, entre autres : Egypte (Caire), Syrie, Smyrne; en Péloponnèse (à Patras, 1741-1742), et dans l'Archipel (Pariset, in Prus 1. c, p. 920). De Patras. la maladie entre à Céphalonie (à la campagne, 11 avril), mais, grâce aux mesures prises, elle n'y fait que 2 victimes. D'autre part, la maladie introduite à Leucade (Saint-Maure, 1742), par un bâtiment de Messine, y fait plus de trois mille victimes (Saint-Sauveur, Voyage, t. Il, p. 350).

1747. La peste à Constantinople et à Smyrne, ainsi qu'en Egypte (Russel, p. 280).

1751. La peste en Egypte, à Smyrne, à Constantinople; fait 200 000 victimes dans cette dernière (Cheuier, Morocco, vol. II, p. 275, cité par Webster, II, p. 393; Bascome, p. 128).

1754. La maladie à Serres en Macédoine (Peinlich, II, p. 341).

1755. La peste à Constantinople : 150 000 victimes (Webster, II, p. 352).

'1756-61. La peste ravage le Pe/o/jon«èse. Dans l'espace de cinq ans elle enlèvela moitié (?) de la population de la péninsule (.\ldenhoven. Itinéraire descriptif de VAttique et du Péloponnèse. Athènes, 1841). La maladie très-meurtrière aussi à Patras, où elle détruit la colonie ancienne des Israélites (I. Payzaêôs, EiAijvtxà, 1. 1, p. 1). A Nauplie la plupart des habitants se retirent sur les montagnes, laissant la ville presque déserte (Lettre inéd. de Bauchier, consul à ISauplie, 13 avril 1757, dans les Archives du ministère des Affaires élrang.]. Provenance : Egypte. A la mêmeépoque la maladie en Autriche et ailleurs (Peinlich, II, p. 344).

'1759-1760. La peste à CoH«<a«fmo/?^e, JAsie Mineure (Smyrne, etc.), Crète, Archipel, ainsi qu'en Egypte et en Cypre (Russel, p. 1 ; Schnurrer, II, p. 333 ; Webster, II, p. 246). Quelques cas à Athènes {Chronique de Pittakis, in Sra/iaTtiSou oî KarKAivot, etc. Athènes, 1869 p. 282).

1764 et 1767. La peste à Constantinople (Russel, p. 6) ainsi qu'en Bosnie et Serbie (Peinlich, II, p. 346).

1765. La peste en Macédoine (Leukias, p. 224), et à Leucade.

1769. Peste à Smyrne et à Chios.

1771. Peste à Constantinople et à Smyrne (Schnuri'er, II, S. 338).

1772. Peste en Crète et en Syrie.

1777-1778. Peste en Asie Mineure, RomélieeX. Constantinople (Webster, II, p. 165; Peinlich, II, p. 353).

1780. La peste à Smyrne (Webster, II, p. 267).

1781-1785. Peste très-meurtrière en Pe/oyjo««èse ('I. Pay/.aê;;,-, 'EJJ/îvizà, II, p. 10).]

'1783-1784. La peste, entre autres pays (Egypte, Constantinople, Philippopolis, Smyrne, Cypre; Peinlich, 11, S. 359; Prus, p. 36, etc.), dans les îles de \' Archipel (\Yebster, II, p. 272), parmi lesquelles on sait notamment l'ile de Tinos (surtout dans les villages du Midi, Arch. de Tinos, communie, de Mc' Marangos).

1785. La maladie en Syrie (Prus, p. 61) et à Constantinople (Ségur Dupeyron, Annal, maritimes, 1859, t. II, p. 745).

'1788-1789. La peste en Béotie (Lévadie, 15 aoiit) et à Athènes (du 30 janvier au 15 août 1789). Dans celte ville grande mortalité, surtout vers la fin de juin (20-40 décès par jour); 1700 victimes environ (1200 Grecs et 500 Turcs). Disette en même temps [Chronique de Pittakis, in Sra/iaTiâ'îou oc K.aTaXâvoc, p. 311). Vers la mêmeépoque la maladie en Égyple (Schnurrer, II, p. 595) et dans i'ile de Chios (14000 victimes. A. Bia^TÔs Xtstxà, Syra, 1840, 1. 11, p. 142).

'1791-1792. La peste à Constantinople (Peinlich, II, p. 370), dans la Grèce Continentale (Thèbes, 1791; Amphisse, 1791 ; Athènes, 1792) dans l'île d'Eubée (Phila, 1791), dans la Morée (Nauplie, 1791), et dans l'île d'Hydra (1791). Dans la ville de Nauplie les trois quarts des habitants furent enlevés (COQO victimes, I. PayxaS;?;, 'EUyjvixi, t. II, p. 225).

54ft GRÈGE.

A Athènes (depuis janvier jusqu'à la fin de juin) plus de mille victimes (800 Grecs et 500 Turcs); [Chronique de Pitlakis, in 2Ta/AaTtx5ou oî Kara^.âvoi, p. 316). A Ilydra elle fait aussi des ravages (Tctsis).

*1793. Épidémie meurtrière à Philippopo/is, dans d'autres endroits de Thrace (Leukias, p. 593), et dans File de Crète, où la maladie s'introduit par un vaisseau de guerre turc. De la Gauée elle se répand très-meui'trière dans toute l'île, dont elle enlève, dans un espace moindre de deux ans, plus d'un quart des habitants. La maladie reste encore plus tard dans l'île, mais sans causer des ravages considérables (Olivier, Voyage daju l'empire Ottoman, eic, t. II, p. 565).

*1795. Épidémie très-meurtrière à PhilippopoUs (Leukias, p. 584).

*1802-1803. La peste à Co/ixtant/nople (E. Valli, Sn/la peste di Consianthwpoli. Mantova, 1805) et à Saloniquc (Peinlich, II, p. 579).

*1809. La peste meurtrière à Larixsa (Leukias, p. 182 et 225),

*1812. La peste à Constantinople ^70000 décès), Salonique, Smyrne, Chypre, etc. (Schnurrer, II, p. 512), ainsi qu'en Egypte (i'a/j^iu-^er med. Zeitung, II, 52, 1814, Schmidl, Jahrbûcher, etc., IV, 288).

♦1813-1814. La peste en Thrace (Constantinople, PhilippopoUs, etc.; Leukias, p. 593), Mace'doine (ville de Serres; id., p. 259), Themsalie, Épire (Schnurrer, II, p. 520; Pouqueville Voyage dans la Grèce, t. I, chap. xxix), Corfou (Bascome, p. 149); Samos (provenance Alexandrie, E. Kp/inxiS/i;, Uepl -r?; spf)uÙ7iu; xai zoïi ffuvotxicixoO r?; Sâuou. Syra, 1870, p. 61) et Chios (1814; 5000 décès. A. B'/airà;, Xiazà, t. II, p. 142). La maladie en Thessalie l'ut surtout meurtrière dans la ville de ïsaritsani, qui se réduit en un village insignifiant^ ainsi qu'à Pharsale (rsotpyixoyn, Qî^iolUx, p. 279 et 520). En Epire la ville de Philates (février-juin, provenance : Corfou) lut aussi presque détruite (Pouqueville, 1. c).

*1815-18IG. La maladie trés-meuitrière sévit à Lamie, et puis en Lévadie. De là elle est apportée en Epire (où elle fut meurtrière surtout à Arta et à Paramylhia), et au Péloponnèse. La maladie passe de l'Epire (l'arga) à Corfou, et du Péloponnèse ou d'Arta ->à Cèphalonie.

A Corfou (1" novembre 1815 jusqu'à la fin d'avril 1816), la maladie fut restreinte, par des mesures sanitaires rigoureuses, dans quelques villages de Leucimne (surtout à Mai'athéa). Elle frappait en général des familles et des ménages entiers. Les derniers cas furent aussi graves, et quelques-uns même plus graves, que ceux du connnencement; mort. 402 : 1000 (Macleau, Goodisson, Granville, Tully). - .;";.-,

A Cèphalonie, la maladie n'a pas non plus franchi le village de Comitata, où elle s'est introduite tout d'abord, et cela grâce à la rigueur des mesures prises. Durée de quatre mois (Tully, Hobertson).

A Aria (depuis le mois de mai 1810; durée dix-huit mois environ), l'épidémie grave et meurtrière jusqu'au printemps de 1817 ; les deux tiers (6000) de la population sont enlevés par la maladie. La plupart des décès eurent lieu dans un espace de temps moindre de quarante-huit heures après l'invasion de la maladie. Ainsi quelijues malades périssaient avant l'apparition du bubon. De larges charbons avec des eschares énormes étaient fréquents. Un petit nombre de malades conservaient la raison jusqu'au dernier moment; la plupart, délirants et furieux, escaladaient les toits, en poussant des cris horribles. Plusieurs malades se précipitaient dans le tleuve voisin, ou dans les puits (Pouqueville, Voyage dans la Grèce, t. II, p. 101).

*1817. Épidémie meurtrière de peste en Crète, où, pendant huit ans, elle a causé de gi'ands ravages et dévasté en entier bon nombre de villages. A la Came elle a régné pendant quatre mois. A la même époque, la maladie en Egypte et en .Algérie (Derbrugger, in Prus, p. 278). .\ Réthymne, où les conditions hygiéniques semblaient tout à fait identiques' avec celles delaCanée, elqui se trouvait même en comniunication continue avec cette viUe, pas un seul cas de peste (Sieber, Reise nach der Insel Krela ini Jahre 1817. Leipzig, 1825). Plus tard, c'est pendant l'insurrection hellénique que les villes furent fortement décimées par la maladie, et notamment la Cane'e, où s'était entassée la population musulmane. Jusqu'à 15 décès par jour Ci. T/stzovTi/;;, 'Uzopioi. i'Ùrrny.r,i ii:a.-ia.niir:iui, t. II, p. 102; Raulin, Descript. de l'tle de Crète, part. I, p. 202).

M819. La maladie à Cypre, à Smyrne, à Constantinople, à Salonique, dans l'Albanie, ainsi

qu'en Afrique (Schnurrer, II, p. 570; Prus, p. 187). 1822. La peste fait des ravages à Jannina (8000 victimes) et à Paramythia de l'Épire (n. 'ApxêavTtvà;, '%povo-/pa.fix tv?; 'Ut:£i,oou, t. I, p- 369), au fud de l'Eubée, où les troupes turques sont décimées (Lacroix, Les iles de la Grèce, p. iU), à Tinoa (D. Pyrrhos), et à Kèos. Dans cette dernière île (26 déc. 1822 jusqu'à la fin de juin 1825) la maladie a passé de Tinos; la moitié des habitants (5000 total) en furent atteints; 1770 décès. Plusieurs décès parmi les anciens pestilérés (comm. du D' .\ntoniadès).

M825. La peste au chef-lieu (Messaria) de l'île de Kijthnos. Plus de deux cents victimes (le

quart des habitants) dans l'espace de trois mois environ. La maladie fut introduite par des malades venant de Chios. A la peste succéda une épidémie de fièvre typhoïde (ou fièvre rémittente palustre), qui emporta un nombre encore plus considérable (Bâ)i/3v5a;, K.uâvtaxâ, p. 162^ *1824. La peste apparait de nouveau à Kéos, en avril, comme on assure, à la suite de la remise en usage d'étoupes et de laines infectées depuis l'épidémie précédenle. Des précautions convenables éloignèrent la maladie au commencement de mai; sur 65 cas 40-50 décès (Comm. du D' J. Antoniadès; voy. aussi \e Journ. officiel : ^(Xoi row MiJ-ox). llydra, 11 juillet 1824). La même année la maladie sévit à llermione (Péloponnèse), où elle disparait au milieu de mai (*c/o; tou Kô/y.ou).

•1827-1829. La peste en Péloponnèse dans V armée égyptienne. La maladie entre de l'Egypte par l'armée de Mehemet-Ali, qui, en 1826, prend possession de Modon, de Coron et de Navarin, et envahit le sud et l'ouest du pays. L'armée passe l'hiver froid et très-humide de 1827 à 1828 i-ous les tentes ou dans les bivouacs. Décès isolés, sans contagion manifeste, accompagnés d'accidents caractérisés par un bubon, ou par un anthrax et des pétéchies : légère céphalalgie sans vomissements. Plus tard, « lorsque les chaleurs alternant avec des pluies commencèrent à se faire sentir », la peste se présenta avec ses phénomènes graves connus. Dans le mois de mai 1828, la maladie commençait à diminuer, mais l'hôpital militaire de llodon contenait encore 54 pestiférés.

La peste chez les Grecs. — Grande misère chez les familles grecques frappées, par suite des désastres d'une longije guerre. Les classes pauvres et réfugiées en Argolide tt aux environs, privées de ressources, entassées dans des édifices mal aérés et sous des tentes, ahmenlent surtout l'épidémie. Bataille navale décisive de Navarin (octobre 1827). Échange de prisonniers entre le gouvernement grec et le général égyptien. La pesle se ti'ansporte ainsi de Navarin à Égine (mort. 05 : 70 cas), de là, à llydra (2 : 2), à Spetsa (15 -.15)61 dans VÂryolide (Merbaca, Uieli, Ligourio, Goura, Argos, Pronoia; mort. 140:205), où elle s'arrête aux portes de Nauplie. D'Égine elle se porte aussi en Mégaride: mort. 127 ; 281), et à Salamis (12 : 12), tandis que de l'Argolide elle passe dans YAchaïe (mort, 424 : 519), où elle reparait à deux reprises (Yrachni, Peristera, Solo, Calavryta, Kerpini, Lechouni, Visoka). Poros reste indemne, ainsi que plusieurs villages, surtout en Argolide, malgré les communications iniy}e,i,'i:pmpues avec des localités infectées. '

Dans les premiers temps de son apparition, la maladie conserve sa forine légère. Plus grave au commencement de l'été dans l'Argolide et en Achaie, elle y revient plus tard à sa première forme, ainsi que dans les montagnes de Calavryta, où elle continue à exister jusqu'en février 1829. La mort survieJit en général enire le quatrième et le neuvième jour ; à Argos surtout entre le quatrième et le septième. La maladie très-meurtrière surtout chez les enfants, qui succombaient souvent dans l'espace de quelques heures. La plupart des anciens pestiférés échappent, mais un petit nombre en est atteint avec des accidents graves. Morlahté générale 0,705 (785 décès : 1115 cas) (Gosse).

'1829. La peste fait dts ravages à Adrianople et ailleurs (Seidhtz, in Prus, 1. c, p. 257).

"1834. La peste bub. à Constantinople et à Smyi'ne ainsi qu'en Egypte (Morpurgo, in Prus, p. 61 ; Bulard, De la peste orientale. Paris, 1859; L. Aubcrt, De la peste ou typhus d'Orient. Paris, 1840).

^837. Dei'nière apparition de la peste sur le sol grec. La maladie fut limitée dans Tile de Po7-os (5/17 avril au 11/23 juin), où elle a été apportée par des malades venant de Macédoine (Karagassi, Megalolimni). Sur 5516 habitants, 170 malades, 150 décès. Plusieurs personnes succombaient le jour même de l'invasion de la maladie. La plupart ont présenté des bubons, quelques-uns aussi des charbons. 5 victimes, parmi des anciens pestiférés (Epitis, AYibmer, Link). A la même époque la maladie en Egypte, en Thrace, en Macédoine, en Bulgarie et à Smyrne (Mùller, OEstcir. med. Jahrbûclier, 1841, mois d'avril; MoltUe, Briefe ûber Zustânde und Gelegenheiten in der Tûrkei aus den Jaliren 1835-1859. Berlin, 1841; A. White, A Trealine on tlie Plague, etc. London, 1847. Morpurgo, in Prus, /. c, p. 013 et s.).

Choléra. Eq dehors des autres conditions favorisant l'invasion des maladies contagisases sur le sol grec, il faut mentionner, spécialement pour le choléra, la grande étendue de ses terrains d'alluvions et marécageux près de ses côtes si développées. D'autre part, cependant, le morcellement d'une grande partie du sol en une multitude d'îles, portant plus de la moitié de ses villes impoiiantes et commerçantes, fait que la maladie peut être étouffée avec une certaine facilité au foyer même de son invasion primitive. C'est ainsi que parmi les

épidémies de choléra qui ont sévi eu Europe celle de 1848' aété limitée dans l'île de Sclalhos, et celle de 1850 dans l'île de Céphalonie. C'est seulement celle de 1854', apportée au Pirée même, le port d'Athènes, par des troupes françaises, qui s'est répandue sur une grande partie de la Grèce et ne s'est éteinte qu'en 1856 en Céphalonie. Les épidémies qui, après cette époque, visitèrent l'Europe et firent tant de ravages dans d'autres pays, n'ont point franchi les lazarets provisoires (Sciathos, Délos, île de Caméiii près de Théra).

Les épidémies locales de choléra en Grèce ont eu lieu, comme ailleurs, surtout sur des sols d'alluvions ; mais cela est dû en partie à ce que ce sont précisément de telles villes de la Grèce qui sont en communication immédiate avec l'étranger. La maladie, développée principalement dans les villes, ne montra en général qu'une faible tendance à se répandre à l'entour; et ce n'est qu'en Acarnanie et en Élolic qu'elle s'étendit sur un espace considérable. La plupart de ces épidémies survinrent pendant l'été et durèrent de deux à trois mois ; en général elles étaient d'une intensité moyenne ; à peu près partout, elles enlevèrent la moitié environ des personnes atteintes. La maladie sévit dans les villes principalement sur des quartiers peu propres, humides, insalubres, habités par des gens pauvres et menant une vie peu hygiénique. Dans plusieurs localités de nombreuses personnes ayant des relations avec des malades furent épargnées. Pour ce qui concerne les constitutions météorologiques qui accompagnaient ces épidémies et quelques autres phénomènes remarquables, nous en donnons plus loin un aperçu, autant que le permettent l'extrême brièveté qui nous est imposée et les renseignements dont nous disposons.

Parmi les travaux publiés sur le choléra en Grèce nous devons mentionner particulièrement les descriptions importantes des épidémies de Corfou et de Céphalonie par M. le professeur Pretenderis Typaldos. Quant aux renseignements inédits que nous avons reçus, nous devons noter surtout ceux de M. Drosinis de Messolonghi sur l'épidémie de l'Acarnanie et de l'Étolie.

1848. Ile DE Scuthos (juillet et août). — La maladie fût apportée par des personnes venant de Salonique et de Voles, où elle sévissait alors épidémiquement. Sur 2000 baL. 100 décès environ. Vers le déclin de l'épidémie presque toute la population de l'île a été attaquée par des fièvres intermittentes, dont bon nombre étaient pernicieuses, cholériques, cédant au traitement de la quinine (Goudas, in « 'laT-,!/.-^ Mé/tija », 1" sér., t. III, p. 567 et 375, 1856).

1850. Céphalo.me (juillet-novembre). — Provenance de la maladie inconnue. Elle sévissait alors à l'île de Malte ; dans les îles voisines d'Ithaque, de Zante et de Leucade, régnait la cholérine. État atmosphérique inconstant pendant l'épidémie; influence faible sur sa marche. La maladie attaqua les deux villes de l'île : .\rgostoli (juillet au '2G octobre) et Lixouri (8 sept, au 15 nov.), et plusieurs villapres, parmi lesquels bon nombre étaient situés sur des lieux assez élevés. Beaucoup d'autres qui étaient on communication constante avec les villes et les villages frappés n'ont eu que la cholérine. Presque tous les médecins, ainsi que tout le personnel de l'bôpilal des cholériques, demeurèrent sains. La mort survenait le plus fréquemment dans l'espace de deux jours; très-souvent même dans l'espace de six à neuf heures. Nombre total des cas 1858 (964 h., 894 f.), 992 décès (P. Typaldos).

» Avant cette époque nous avons une petite épidémie cholérique à Calâmes (1831), observée chez des sol^iats français (6-2 cas) arrivés pour la plupart récemment de la France. Mais il est très-douteux qu'il s'agissait réellement du choléra asiatique. La maladie fut restreiiile à Calâmes. Aucun cas sûr ou probable par contagion ne fut observé

1854. PinÉE. — La maladie y fut introduite à la fin de juin, par des troupes française?, venant du midi de la France. Elle enleva, en moins de trois mois, le cinquième du corps expcdilionnaire, qui occupait alors la ville de Tirée (0000 hommes de vingt-deux à vingtquatre ans). Campement sous des lentes. La maladie fut transmise des troupes françaises au régiment d'occupation anglais, qui s'y trouvait alors, ainsi qu'à la population urbaine (commencement de juillet). L'hôpital des Anglais se trouvant auprès d'une maison où l'on soignait des cholériques lranç;iis, tout .son personnel et tous les malades turent frappés par la maladie dans l'espace de vingt-quUre heures. En six semaines, 120 victimes parmi les Anglais; peu de guérisons. Dans la ville, en cinquante jours (4 juillet au 22 août), sur 2000 hab. environ, 175 cas, 99 décès (C. Boussakis; Villetle, Fièvre typhoïde, 1857; An Army Surgeon, in the Lancet, 186G, 2 vol., p. 141 ; Goudas, in « 'larpixii Ms/iuua », t. III, 1855-18.JC., p. 368).

Le blocus établi quelques jours après le commencement de l'épidémie, le cliolci-a fut transmis aux îles d'Égine, de Tinos, de Syra, de Myconos et de Paros.

Archipel. 1° Syra : Uernioupolis (11 juillet au 51 août). — Jusqu'au mois d'août des cas sporadiques. Au 1" août la maladie prend un caractère épidémique (jusqu'au 28 août], à la suite d'abus de carnaval. Dans le bourg de la llaute-Syra, situé sur une colline de calcaires, très-voisine de la ville, il n'y a eu que des cns de cholcrine, malgré les communications continuelles avec Ilermoupolis. l'as un seul cas de choléra chez les ouvriers des nombreuses tanneries de la ville. Cas 510 (169 h., 141 f.); décès 166 (94 h., 74 f.) (Scassis, Paraskevas).

2° Paros : Naoussa (14 août au IC octobre). — Ville très-marécageuse. Epidémie petite, mais meurtrière; 61 décès. L'asphyxie et l'état algide du corps dans tous les cas. Provenance Tinos et Syra (In « 'AiTx/>37rt65 »).

Pour les épidémies des autres îles les renseignements détaillés nous manquent {Tinos : fin d'août jusqu'à octobre; Myconos, 10 août jusqu'au milieu d'octobre).

Athènes (14 octobre au 18 décembre). — Tant que la maladie sévissait au Pirée, Athènes n'en fut point atteinte. Ce n'est que plus tard qu'elle s'infecte par un petit bateau venant des îles (d'après ce qu'on croit), et qui aurait pris terre clandestinement aux parages de l'Attique. Sur 20000 hab., qui étaient alors restés à Athènes, 1500 environ en sont morts. Bon nombre de malades, transportés dans divers villages de l'Attique, n'ont transmis la maladie qu'à Cèphissie et àAmarousi (larp- MiUisa, t. III, 1856, p. 308-570, etc.).

1855. Phthiotide. — Cas plutôt sporadiques à Lainia et dans plusieurs villages, avec une faible mortalité. Les derniers cas à la fin de décembre. Point de départ Athènes (llhizopoulos, Antoniadès).

Pabnasside. — Trois cas mortels à Galaxicli. Prov. Athènes (Garalivanos). Argolide. Un cas mortel à Nauplie.

AcARNAKiE et Étolie (...8 août au 15 décembre). — Vents surtout du sud, temps humide, mais pas de pluies. Depuis le mois de juin des lièvres intermittentes (même pernicieuses) et des cas de dyssenterie fréquents. Le choléra fut apporté de l'Épire par des bergers, et se présenta d'abord dans la forêt très-humide de Manina, où chaque automne affluent jusqu'à trois mille personnes pour la cueillette des vallouées. C'est priiicipalement de là qu'il fut transmis à Messolonghi, chef-lieu du district, et dans plusieurs villages, La maladie n'était pas en général grave. Des crampes douloureuses étaient relativement rares, ainsi que la cyanose. L'anurie était cependant presque constante. Plusieurs cas de contagion contirmée. Aucun cas de choléra, parmi les ouvriers des tanneries à Messolonghi, ainsi que chez les habitants des maisons voisines. La malaJie dans les localités basses et marécageuses emporta le trentième des habitants en moyeime, et dans les montagnes, où elle était plus rare, le quarantième. Kombre total dos décès: 1200 environ. Sur 791 cas connus (surtout à Étolikon et à Agrinion), 45ti décès. A Messolonghi, sur 2000 bab., 173 décès (Drosinis, Prinaiis).

Zanie (25 septembre au 15 décembre). — Pluies fréquentes. Vents, pour la plupart, du sud. C'est la ville qui fut surtout frappée. Les villages élevés n'ont pas été attaqués. Le 5/17 novembre, le lendemain d'un grand abus de poissons a été le plus meurtrier des jours de l'épidémie. Tous les cas de ce jour aboutissaient à une issue funeste dans l'espace de quelques heures. Personne ne fut atteint de ceux qui soignaient les malades dans les hôpilaux. Un seul médecin victime. 1082 cas connus, 611 décès (ainsi que 45 décès parmi la garni.'^on anglaise). Provenance : Calochi en Acarnanie (Berettas, L. Cantakilis).

CoRFOu. (23 septembre au 21 décembre 1855). — Trovenance inconnue. On sait seulement que la maladie régnait alors en Épire (l'reveza, Arta), et peut-être existait aussi sporadiquement plus prés de Corfou. La maladie ne visita que la ville, ses faubourgs et treize villages, quoique tous les villages de l'île (8it environ) fussent en communication constante avec la ville. Presque aucun cas parmi les nombreuses personnes qui soignaient les malades. L'épidémie d'une intensité médiocre. Des cas de cyanose intense n'étaient très-

DICT. EBC. i« s Y 53

fréqvients que pendant le maximum de l'épidémie. Nombre total des cas S84 (381 m., 503 f.); décès 480. La plupart des cas (741 ; 424 décès) ont eu lieu dans la ville et surtout dans ses fauhourg's malsains (Mandouki, Anemomylos) sur une population de 24 000 habitants (Ch. P. Typaldos).

Péloponnèse. — La maladie peu intense et peu grave a sévi dans la Corinthie et à Tripolis

(Arcadie).

1856. Céhialome (7 octobre au 12 janvier). — La maladie se transmet de l'Acarnanie par des travailleurs cépbalonites. Le maximum de l'intensité (28 octobre au 15 décembre' coïncida avec un temps de pluies et de vents du S. 0- Dans quelques cas seulement une cyanose intense fut observée. Sur un nombre de 5575 habitants des endroits frappés, 174 cas [84 m., 95 f.) ; 79 décès (43 h., 36 f.) (Aravantinos).

Fièvre dengue. La lièvre dengue a fait son apparition sur le sol grec en Europe pour la première fois (autant que nous sachions) dans l'été de 1881, apportée, paraît-il, d'Egypte. A la Canée en Crète, elle a sévi en grande épidémie pendant trois mois environ, mais légère, et sans occasionner aucun décès. Elle frappa à peu près le tiers des habitants de cette ville. A Syra elle dura six mois. attei"nant [iresqiie la moitié des habitants. Il est à noter que cet été n'a pas été Irès-chaud.

Variole. Cette maladie menace presque tous les jours le sol grec de ses rava'^es, d'une part par suite des communications fréquentes de la Grèce avec quelques villes de l'empire ottoman, oiî elle est presque endémique, et d'autre part par suite de la dilliculté avec laquelle le peuple grec se laisse vacciner en dehors des épidémies imminentes. Cependant le nombre des fois où la maladie fut restreinte immédiatement après son invasion, est de beaucoup plus considérable que celui des cas où elle a pris des proportions d'épidémie. Entre autres causes (en partie inconnues), le grand soin qu'on apporte en général à l'isolement des malades, ainsi que la vaccination à laquelle les habitants se soumettent alors en oénéral bon gré, mal gré, conjure le plus souvent de grands mallieurs. Ainsi nous n'avons à noter de sérieux ravages par la variole, depuis l'indépendance de la Grèce, qu'en 1852 (Corfou), en 1875-1874, et récemment (1880), jusqu'aujourd'hui.

La ^ravité des épidémies survenues dans diverses localités a été très- variable. Quant à l'intensité exceptionnelle que la maladie a présentée quelquefois. par exemple, à Kaxos (1825), à Corfou (1852), en Triphylie (1867), etc., nous n'en connaissons point d'autres causes certaines que le défaut de vaccination'.

Il est à noter que la vaccination est obligatoire en Grèce. Les parents doivent faire vacciner leurs enfants dans le cours de la première année et les faire revacciner, en cas d'insuccès, l'année suivante au plus tard. Les écoliers dans

1 Le premier cas de vaccination connu en Orient est celui d'un fils de lord El gin, ambassadeur d'Angleterre à Conslantinople (décembre 1800). Le vaccin fut envoyé de Vienne par le docteur Carro, médecin dévoué à la propagation de la vaccine en Orient. Pendant l'été 1802, lord Elgin visita l'Archipel avec le docteur Scott, qui a introduit la vaccination à Athènes et dans d'autres villes de la Grèce avec l'intermédiaire de médecins du pays. Vers la même époque, le docteur Moreschi (de Venise), qui était aussi occupé de la propagation de la vaccine, en a envoyé à Patras et dans les îles Ioniennes. Mais le vaccinateur Albertis, venu de Constantinople en 1804, fut pendant de longues années le principal vulgarisateur de la vaccine eu Grèce. C'est en 1850 que le gouverneur de la Grèce, Capodistrias, ordonna la première vaccination générale, et c'est en 1855 que fut faite la loi sur la vaccine en vigueur encore aujourd'hui.

Quant à l'histoire de l'inoculation de la variole, même comme moyen préventif, venue de l'Orient en Angleterre et ailleurs elle est trop connue pour que nous en parlions ici.

les écoles, les soldats dans l'armée et les marins, ne peuvent être admis avant d'être vaccinés. Mais malheureusement ces prescriptions ne sont gardées qu'imparfaitement. 11 faut aussi tenir compte de ce préjugé funeste, répandu en plusieurs localités de la Grèce, que la vaccination, f;iite pendant une épidémie, facilite l'invasion de la maladie chez des personnes déjà saines, préjugé qui rend difficile la vaccination aux époques mêmes les plus dangereuses.

Le tableau suivant contient une indication sommaire des diverses épidémies survenues en Grèce, sur lesquelles nous possédons des renseignements, en partie inédits.

1014. Crète. — Grande et meurtrière épidémie de variole, qui visita la plus grande partie de l'Europe (Webster, A Brief\Hislory oj Epidémie, etc. loadon, 1800, II vol., p. 175).

1748. Zante (d'avril au milieu de juin). — Épidémie de variole maligne, très-meurtrière (Commun, du If Cantakitis).

J778. Athènes (de mai à novembre). — Épidémie meurtrière. 700 enfants victimes et quelques adultes. L'hiver suivant très-rigoureux [Chronique de Piltakis, in Sra/y-aTtâSou ol Karstl<i.MQi. Atliénes, 1869, p. 295).

1817. Zante. — Épidémie d'une grande intensité, dans quelques villages de l'île (Ilennen).

1823. Naxos. — Grande et très-meurtrière épidémie pour tous les âges. Provenance : Egypte (Dragouniis, 'Is-ropixat àva//.y/jaî(;, p. 80).

1837. Zante. — Épidémie de variole miligne. 143 décès dans la ville (L. Cantakitis).

1859. MiLos. Épidémie pendant le printemps (E>à/jv. T«jjuSio'//o»' 1^40).

J 840-1 841. Théra. — Épidémie meurtrière à Oéa. Provenance : Constantinople (De Cigalla).

1841-1842. CoRFoc (décembi'e à janvier). — Épidémie assez grande : 278 cas; 76 décès. La maladie frappe surtout le quartier juif. Cas sporadiques jusqu'au mois de juillet 1842 sans aucun décès (Spencer Wells).

1848. Syra, Nauclie, Argos (été), Galaxidi. — Grandes épidémies. Grande mortalité àNauplie et à Argos; mortalité faible à Galasidi (Caralivanos, Cotsonopoulos).

4852. AcARNANiE, CoRFou (27 février de 1852 jusqu'au commencement de 1855). — Épidémie grande et très-étendue à Corfou. Elle frappa, dans une population de 70 885, plus de 4300 personnes ; 800 décès. Le maximum de son intensité a été atteint pendant l'automne de 1852. Forme pétéchiale très-fréquente. La maladie frappait tous les âges et bon nombre de personnes vaccinées. Mais sur 4000 personnes environ, qui furent vaccinées depuis le commencement de l'épidémie, pas un seul cas de variole. Le quartier des jsifs, fameux par ses conditions hygiéniques déplorables, et qui fut frappé particulièrement dans l'épidémie de 1841-1842, resta exempt dans celle-ci. Provenance : Épire (Spencer Wells, Brachliotis').

DONNÉES STATISTIQUES (s. WELLs)

Cas.

Mars 9

Avril 2i

Mai 48

Juin 165

Juillet 288

Août 496

Septembre 1048

Ociobre 785

Novembre. 814

Décembre 576

Mortalité

Décès.

sur 100 cas

li,S8

'• Quelques-uns des renseignements de M. Bracliliotis, se trouvant en contradiction avec ceux de M. WeUs, sont sans doute inexacts.

MORTALITÉ PAR AGES (sUR 100 MALADES)

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