‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.46Chapitre 67 sur 97 · DÉCÈS PAR MOIS A ATHÈNES · texte numérisé non relu

DÉCÈS PAR MOIS A ATHÈNES

Janvier 15

Février 20

Mars 54

Avril 18

Mai 16

Juin 15

Juillet 7

Août 10

Septembre ^

Octobre 3

Novembre 6

Décembre 2

Autres maladies infectieuses et épide'miques aiguës. Des épidémies de fièvre parotidique (oreillons) sont fréquentes en Grèce, principalement dans l'armée. La grippe a pris une grande extension surtout en 1858. Vériisipèle s'observe très-fréquemment, même à l'état épidémique, mais il n'a une issue funeste que rarement. La pustide maligne est très-rare en général. Elle s'observe cependant avec quelque fréquence dans plusieurs districts pastoraux. La raqe également très-rare, s'observe avec quelque fréquence dans Ja Messénie méridionale.

Au itombre des maladies infectieuses il faut classer aussi, d'après toute probabilité, \tponos, maladie fébrile, endémique des îles de Spetsa et d'Hydra, observée exclusivement chez les enfants et accompagnée de tuméfaction de la rate de noraa et d'autres phénomènes de cachexie chronique [voy. article Poi\os).

Lèpre. Sprengel a considéré comme le plus ancien témoignante de l'existence de la lèpre en Grèce un passage attribué à Hésiode et cité par Eustathe

iOdijss., p. 1746). D'après ce passage, les filles de Prœtus, roi mythique d'Argos, étant devenues malades, leurs corps ont été couverts d'alpluis et leurs têtes, où elles sentaient de vives démangeaisons, ont été dénudées de leurs cheveux :

Kzl -/Ap <^frj y.e-fx)r,ffc xazx y.vùoi cùvbv iysusv. 'AXfb^ yàp Xpoct Ttâvra xaTÉT^^'''' Èv li vu YaXTtx.%.

ippso'j £/. xîyaAêwv, i\iiJ.oiro Sk xa.j.à. y.dpr,ja.

Pourtant, comme tout ce qui concerne Prœtus et les Prœtides est, selon toute probabilité, fabuleux, il nous semble Irès-hasardé de vouloir rien conclure de ce passage sur l'existence de la lèpre dans le Péloponnèse à une époque reculée.

Pour prouver que la lèpre existait dans cette presqu'île, quelques autres auteurs ont mis en avant ce que rapporte Pausanias sur la ville de Lepréon. D'après cet auteur, l'opinion existait dans l'antiquité que les premiers habitants du pays avaient été atteints de « linpy. », et c'est de là qu'est venu le nom de la ville. Certes, on ne peut pas douter que le nom de la ville dont il s'agit lire son origine de « linpa. » ; il est pourtant très-discutable qu'il s'agisse là de la lèpre proprement dite, lorsqu'on sait que les anciens désignaient sous ce nom des dermatoses très-différentes. D'autres données viennent jeter quelque lumière sur celte question. Nous avons déjà dit, à propos des eaux minérales de la Grèce, que dans la proximité de Lepréon, et près de la rivière d'Aiiigros, il y avait une grotte dite des Nymphes Anigrides, où jaillissaient des eaux sulfureuses avec des exhalaisons analogues. Voici ce que Pausanias dit sur celte grotte : « Sur le territoire de Samicon et non loin de la rivière, il y avait une grotte des Nymphes Anigrides. Quiconque, atteint d'alphus ou de « l^-J/.r, », y entrait, avait d'abord à adresser des vœux aux Nymphes et à leur promettre un sacrifice quelconque, puis à laver [à.nn'zy.-clcici) les parties malades de son corps; en traversant ensuite la rivière, il y laissait son mal et en sortait tout guéri et la peau partout saine'. » Ce que, de tout cela, on peut tirer de certain, c'est que les malades qui y accouraient étaient atteints d'affections de la peau contre lesquelles un traitement sulfureux a plus ou moins d'efficacité. Quant à nos temps, la lèpre est presque inconnue dans l'Ûlyrapie, où se trouve Lepréon^.

Une lettre d'Eschine à Philocrate a donné aussi lieu de supposer que la maladie existait à Délos. Dans celte lettre, il est dit : « Les Déliens souffraient d'une maladie pestilentielle (Xotpjjoo;), leurs visages se remplissaient d'alphus (^eO/rj), leurs cheveux devenaient gris, leurs cous et leurs poitrines se tuméfiaient (àvwJjt) : pourtant ils ne ressentaient ni fièvre, ni de grandes doaleurs ; leurs parties inférieures ne présentaient non plus rien d'anormal. Leur croyance

* Pausanias rapporte que, d'après le dire des indigènes, il y aurait eu à Lepréon un temple de « Jupiter Leucéen » (Ato; jS.iv /.y. io\i) ou de « Jupiter Lycéen » [àib; Auxat'ov) suivant d'autres manuscrits. Pausanias exprime bien des doutes sur la vérité de celte assertion. Autrement il pourrait plutôt être question de Jupiter Lycéen, adoré sous ce nom dans plusieurs parties du Péloponnèse, et qui n'a rien à voir avec la maladie « >£Oxv) ».

^ Le docteur J. Zygomalas, à llappui de l'idée que la ville de Lepréon doit son nom à la lèpre proprement dite, remarque que des lépreux s'y rencontrent jusqu'aujourd'hui ('Ixrpubi bSr,-{b:, etc. Athènes, 1860, p. XXXY). Par contre, d'après le docteur Francantonis d'Audritséna, on y observait fréquemment le spyvocolon [scerlievo), qui dans d'autres localités a été aussi confondu avec la lèpre. 11 paraît donc que c'est de là qu'est née cette erreur.

GRÈCE. 52i)

était que ce mal leur e'tait arrivé par la colère d'Apollon, parce qu'ils avaient enterré dans leur île quelques personnages marquants, contre la coutume qui avait prévalu jusqu'alors. » Ces renseignements ne doivent être considérés que comme peu certains, non-seulement parce qu'Eschine était étrange à la médecine, mais aussi parce qu'il n'a été à mèmede prendre aucune connaissance exacte de la maladie, lui-même ajoutant : « Quant à nous, comme si nous étions ari'ivés chez un peuple étranger, ou dans une ile de l'Océan, nous nous en allions devant le mal (pendant la nuit), sans attendre le jour, et en nous demandant pendant le voyage les uns aux autres si nous gardions encore la couleur et les cheveux que nous avions en partant de cliez nous. » Mais, en dehors de ce que les caractères qu'Eschine attribue à la maladie n'indiquent pas [suffisamment qu'il s'agissait de la lèpre, le silence complet d'autres auteurs sur une maladie si grave et éminemment chronique chez les habitants del'ile la plus célèbre et la plus sacrée de la Grèce ancienne rend bien improbable la supposition dont il s'a"it.

Ce qui précède montre que des indications certaines sur l'existence de la lèpre en Grèce dans l'antiquité nous font défaut, sans permettre toutefois d'affirmer que cette maladie y était tout à fait inconnue.

Les ténèbres d'une ignorance complète régnent aussi dans tout le moyen fige jusqu'au siècle passé. Certes, il n'est pas invraisemblable que la maladie ait été introduite dans quelque partie de la Grèce par les Croisés comme dans d'autres pays de l'Europe, ou encore par l'établissement des Sai'rasins en Crète. Pourtant nous n'avons là-dessus aucun renseignement positif.

Dans le siècle dernier, la maladie est mentionnée formellement comme étant très-commune en Crète et se rencontrant aussi dans les îles de Paros et de Milos. Au commencement de notre siècle, elle est aussi signalée en Péloponnèse (Pouqueville) et dans le village de Pliaraclata à Céphalonie (llennen). Pouitant il est hors de doute que, dans toutes les localités de la Grèce où cette maladie est aujourd'hui plus ou moins fréquente, elle y existait depuis le siècle passé, comme cela résulte de plusieurs indications et surtout de l'assertion de vieillards et de familles <lans lesquelles la mahidie s'est introduite.

Pai*mi les pays grecs', l'île de Crète est affligée par la lèpre, comme très-peu de pays de l'Europe et de la Méditerranée. Viennent ensuite la Gortvnie (40), la partie septentrionale de Corfou (3.69), la partie méridionale de l'Eubée (49) et l'île de Théra (66)- D'autre part elle est presque ou tout à faitinconnue, d'nprès ce que nous savons, dans la plupart des Cyclades, dans la partie septentrionale et moyenne de l'Eubée, dans la plus grande partie de la Grèce Continentale et dans presque toutes les îles Ioniennes^ La plupart des cas qu'on a observés dans ces localités (surtout à Syra et Patras), l'ont été chez des personnes venues de pays où la maladie est fréquente. Le nombre total des lépreux qui existent aujourd'hui en Grèce, tant d'après les renseignements des médecins du pavs que d'après des renseignements officiels inédits (que nous devons au D"" B. Pa- Irikios, secrétaire de l'IatrosynéJriond'Alhènes), n'est pas supérieur à 150, c'està-dire égal à peu près au nombre (162) des statistiques de 1840^

* Parmi les renseignements sur la lèpre qui nous ont été envoyés de diverses parties de la Grèce nous devons citer surtout ceux dus à nos confrères Cretois (Zaphiridis, Calaïssakis Tsouderos, Syngelakis, Bourdumbakis, Angelidis) et surtout au D' Ziipliiridis, d'Héraclion.

- Parmi les autres contrées helléniques la maladie est fréquente en Ttiess^ilie, aux environs de Voles (15 cas: 6 hommes, 9 (émme?) et dans les îles de Jlyiiline, thios, Calymnos, Symi. Elle s'ob serve aussi daas les îles d'Imbros, Carpathos, Cassoi, Ces, Leros, Rhodes et Samos (6j.

^ On n'y compte pas les lépreux des îles lonnipnûc

LÉPREUX EN GRÈCE PAR DISTRICT (l883-188'l)

Hommes. Femmes.

Attiqiie 3 »

Lrvadii^ 1 »

Thèbes 1 »

rhlhiolidc 2 1

Locride 2 i

Naupactic » 2

Grèce continentalk 9 4

Patras Il 7

Égialie 2 1

Élide 1 »

Mantiuée . 5 I

Gortynie 8 4

Mégalopolis 2 1

Laccdémoiie 1 »

Œlylon 1 »

Épidaure-Liméra 2 2

Calâmes 1 1

Messène 2 1

Pylie 1 »

Triphylie i 2

Arpos 6 1

Trézénie 5 3

PÉLOto&NNÈSË 50 24

Syra 5 4

Andros 1 »

Théra' 8 2

Chalkis 1 1

Carystie- 11 7

Scopélos 1 1

Messe (Coifou) 5 1

Oros » a i

Iles U 20

Les

deux sexes.

Pour ce qui concerne l'ile de Crète, M. Smart, qui a visité cette île en 1851- 1852, signale 625 cas, dans divers « villages de lépreux » (Xeirpo^w/îta), mais il ajoute que la totalité des malades dans l'ile devait atteindre le nombre de 900. En 1857, M. Hjorth, médecin sanitaire en cette île, écrivant sur la lèpre en Crète, compte 600 cas connus, tandis qu'il évalue le nombre probable de tous les lépreux de l'île à 1000. Aujourd'hui, d'après les renseignements de plusieurs médecins du pays, les cas constatés dans l'île s'élèvent environ à 500, tandis que la totalité probable des cas, y compris les gens expatriés, est évaluée par les uns à 800, par les autres à 1000.

Ces chiffres ne sauraient être considérés comme très-exacts. Mais ce qui paraît incontestable, c'est que la maladie est aujourd'hui plus rare que parmi les générations immédiatement précédentes, dans plusieurs contrées de la Grèce comme dans la Messénie, la Goi'tynie, les Sporades du >ord, etc., par suite surtout de la grande amélioration des conditions hygiéniques. En Crète il n'en est pas de même, parce que des mariages entre lépreux d'une part, et d'autre part les insurrections répétées et les ravages fréquents qui les suivent, ne permettent pas une amélioration notable des conditions hygiéniques. Cependant, sous ce

• Un cas à Âmorgos.

^ Un cas à Scyros.

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