‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.46Chapitre 85 sur 97 · GREVIN · texte numérisé non relu

GREVIN

et un peu d'amertume dans la bouche qui se transforme bientôt en une saveur sucrée. Ces premières sensations ne durent pas plus de cinq minutes après lesquelles survient un petit chatouillement dans le larynx qui amène la toux et une douleur h'ontale assez vive. Si l'expectoration est plus abondante qu'à l'état normal, si surtout elle est opaque ou purulente, la fréquentation des salles d'inhalation ne tarde pas à augmenter l'expuition et les crachats sont plus nombreux et plus liquides. Après quelques jours de traitement, ils diminuent et peuvent à la fin de la cure cesser tout à fait.

C'est dans le rhumatisme et dans toutes ses manifestLitions articulaires ou musculaires, externes ou internes, superficielles ou profondes, portant sur le mouvement ou la sensibilité (paralysies) ou sur la sensibilité seule (névralgies), que les eaux de Gréoulx ont les effets les plus marqués et les plus anciennement constatés. Elles sont utiles aussi dans toutes les affections catarrhales des membranes muqueuses des voies aériennes, ou des organes génito-urinaires, dans le lymphatismeet la scrofule, dans les vieux ulcères atoniques, mais elles semblent contre-indiquées dans la phthisie pulmonaire. Les eaux de Gréoulx à l'intérieur et à l'extérieur donnent aussi de bons résultats dans les dermatoses, et spécialement dans celles où il importe d'exciter fortement les fonctions de la peau et de ramener à l'état aigu ou subaigu des affections cutanées sécrétantes ou sèches qui ont besoin d'être puissamment modifiées pour être améliorées et quelquefois guéries. Les eaux de Gréoulx enfin en boisson et en bains d'eau et de vapeur neutralisent l'action toxique de certains métaux, comme dans les empoisonnements plombiques, mercuriels, arsenicaux, etc. ; elles servent souvent dans la syphilis larvée dont elles ont plusieurs fois l'évélé l'existence, et dont elles ont rendu la curationplus facile et plus prompte.

La durée de la cure est de vingt-cinq jours, en général.

On n exporte guère les eaux de Gréoulx. A. Rotlreau.

Bibliographie. — l)oux. Eaux minérales sulfureuses thermales de Gréoulx [Basses- Alpes^ . \" mémoire : Des rhumatismes et den névralgies. Mines, 1847, iii-8", 72 pp. — Jalbëri. Guide aux eaux de Gréoulx {Basses-Alpes). Marseille, 1858. — Cumis (Bernard). Étude de l'action physiologique et thérapeutique des eaux sulfureuses de Gréoulx (Basses-Alpes). Thèses de Paris, ir 192, 1808. — Lefort (Jules). Eaux sulfureuses calciques de Gréoulx [Basses- Alpes), la Raii/jorl général sur le service médical des eaux minérales de la France pendant l'année 1874. Paris, 1877, in-4", p. ri7-59. A. R.

GRÉSIL. Voy. GRÊLE.

GRÉvix (Jacques). Médecin célèbre de l'ancienne Faculté de Paris, et poète non moins distingué. Il naquit à Clermont (Oise) en 1541, vint faire ses études à Paris, et fut reçu docteur le 16 mars 1570. Il est mort à Turin le 5 novembre 1570, à l'âge par conséquent de vingt-neuf ans; il était au service de Marguerite de France, duchesse de Savoie qu'il a\ait accompagnée en qualité de médecin dans un voyage qu'elle fit en Piémont. Proclamons hautement Jacques Grévin le héros des métiecins poètes. La nature l'avait doté d'une âme extrêmement sensible, d'un cœur aimant, et de tous les trésors d'une brillante imagination. Un amour malheureux fit le reste. C'est à sa passion pour l'impitoyable Nicole Estienne, de la famille des célèbres imprimeurs de ce nom, et fille de Charles Estienne, médecin de Paris, que l'on doit les chants pleins de tendresse et d'angoisse qu'il a laissés. Il n'avait que vingt et un ans, le malheureux, lorsqu'il se sentit frappé au cœur d'un coup

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