‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.47Chapitre 42 sur 126 · GROSSI · texte numérisé non relu

GROSSI

GROSisinEiM (Eunst-Leopold). Médecin allemand, né le 8 mai 1799, à Rogasen (province de Posen), entra en 1815 comme élève à l'Institut médicochirurgical Frédéric-Guillaume, à Berlin, servit en 1820 dans l'armée en qualité de chirurgien de compagnie, puis, en 1821, se fit recevoir docteur à Berlin [Diss. de venarum ahsorptione). Il conliniia sa carrière militaire et accompagna les princes Guillaume et Albert de Prusse dans plusieurs voyages, notamment en Russie; en 1828, il prit part, avec l'armée russe, à la campagne de Turquie, et mérita tous les éloges pour les soins dévoues qu'il prodigua aux blessés et aux malades. En 1850, il fut nommé médecin de régiment à Munster et chargé de la direction des pavillons de médecine opératoire à l'Institut médico-chirurgical de cette ville. La même année, il passa à Berlin à un régiment de la garde royale. En 18r)2, le prince Guillaume le choisit pour son médecin, puis, en 1840, il fut nommé médecin de l'Ecole générale de guerre, plus tan! conseiller médical au Collège provincial de médecine. 11 mourut de phtliisie pulmonaire le 8 janvier 18-M,

En 1850, Grossheim fut le rédacteur en chef de la Medicinische Zeitnng, publiée par l'Association médicale de Prusse. 11 publia une série d'articles dans ce recueil ainsi que dans le Graefes und Waltlier's Journal, auquel il collabora dès 182G. Il collabora en outre à V Encyklopàdisches Wôrlerhuch der medicinischen W mensckaflen dès 1828, au RmVs Handbuch der Chirurgie depuis 1850, au Behrend's iconographische Encyclopàdie à partir de 1859, aux Sclimidt's Jalirhilcher, etc. Mais son ouvrage capital, c'est le Lebrbiich der operativen Chirurgie. Berlin, 1850-1835, 3 vol. in-8". L. 11k.

GROSSI (EuiNEST de). NéàPassau (Bavière), le 1" juillet 1782. Fils du premier médecin du prince Léopold, il fit ses e'tudes médicales à Vienne, et fut reeii, dit-on, à dix-neuf ans, docteur en médecine. Il revint à Passau suivre les cours de l'Ecole chirurgicale de celte ville, puis se rendit à Halle et à Berlin. Revenu dans son pays, il fut nommé médecin de l'hôpital, puis conseiller aulique. En 1805, il fut nommé professeur ordinaire d'anatomie, de physiologie et de pathologie à FEcole supérieure de médecine de Salzbourg. Lorsque celte ville passa sous la domination autrichienne, De Grossi revint à Passau et se livra à la pratique, aidant son père, qui avait une clientèle, jusqu'à la mort de celui-ci, en 1808. 11 fut appelé ensuite à l'Université de Munich en 1809 pour y occuper la chaire de chirurgie et la conserva cinq ans. En 1817, il fut nommé président du Conseil sanitaire.

Chargé de l'organisation de plusieurs universités, de celle de Wurlzbourg en particulier, De Grossi remplit avec zèle la mission qui lui avait été confiée. Il dirigea aussi la publication du Codex bavarois. En 182i, il fut* nommé professeur ordinaire de médecine à Munich, et médecin de l'hôpital civil, puis en 1825, il fit un voyage en France et en Angleterre, afin d'y étudier l'organisation de l'enseignement de l'anatomie pathologique humaine et comparée, les laboratoires, musées, etc. Nommé à son retour, en 1826, professeur de séméiotique et de clinique, il se livra tout entier aux devoirs de sa chaire, et mourut inopinément le 29 décembre 1829, dans sa quarante-huitième année. Nous citerons de lui :

I. Versuch einer allgemeinen Krankheitslehre, entworfen auf dem Standpuncfe der Naturgeschichte far die angehendeii kônigl. baierischen Landàrzte. Munich, 1811, iii-8°,

l. I, V1-XIX-5G0 p. ; t. II, XXII-43C p. — II. Ernesti de Grossi, med. et chir. doct., etc., ope7-a jwsthiiina, curantibun discipiiUs Sebastiaiio Fischer et Francisco Primer, medicinae et chirurgiœ doctoribus, Munich, 1851, 5 vol. in-8°. L'ouvrage est précédé d'une notice biographique. A. D.

GRO^SIIV DUHfAUME, ALIAS d'IIuhaume (Étie.NxNe), Ce médecin, qui fut attaché à l'Hôtcl-Dieu de Paris, et qui professait particulièrement la chirurgie, est né à Ménars, petite ville du département de Loir-et-Cher, le G mai 17o-4, et vint à Paris se mettre sur les hancs de la Faculté, après avoir obtenu le grade de docteur de Montpellier (6 sept. 1757). C'est le T) octobre 1700 qu'il acquérait le même grade dans l'École de Paris. 11 y eut à répondre à cette question : An curatio hydrophohlœ hydrargyrosi aut alcalinis volatilibus institnenda, thèse qu'il devait reprendre plus tard dans une lettre que nous citerons. Seize ans après son doctorat, Duliaume, qui s'était acquis à Paris une grande réputation comme chirurgien, publiait un Mémoire sur les dissolvants de la pierre, et tâchait de résoudre ce problème : « Trouver une menstrue (dissolvante) capable de dissoudre la pierre de la vessie dans la vessie elle-même, sans blesser ce viscère ». Il n'apporte rien qui lui est propre, el il avance que les quelques expériences qu'il a faites ne sont point encore assez concluantes pour ètie données au public; mais son travail est intéressant par l'espoir qui y est exprimé de pouvoir un jour réaliser ce desideratum, et par l'analyse de tous les travaux qui ont été faits sur ce sujet par Glauber, van Ilelniont, Langrish, Robert Whytl, Blackrie, Haies, Boerhaave et d'autres, La même année, Duhaume, toujours mû par la pensée de l'iiumanité souffrante, rendait publique une Lettre à un médecin de province sur le traitement de la rage, et là encore, sans appuyer son espoir de faits concluants, il voyait dans les frictions mercuriellcs le moyen de guérir cette terrible maladie, frictions qu'il accompagnait d'une forte saignée du pied, d'ablutions d'eau froide sur le corps, d'attractifs sur la gorge, d'embrocations d'oxycrat sur le front, etc. Mais le louable médecin de l'Hôtel-Dieu, après avoir encore prononcé un Discours sur la véritable gloire du chirurgien, a laissé deux ouvrages de plus longue haleine, et qui portent ces titres :

I. Conspectus œconomice animalis, seu compendium physiologiœ. Paris, 1777, in-12. Trad. en franc. Paris, 1778, in-12. — II. Traité de la petite vérole, tiré des commentaires de G. van Swieten, sur les Aphorismes d'Hippocralc, avec la métfiode curative de M. Ilaen. Paris, 1776, in-12. Nouvelle édition augmentée de romèdes domestiques. Paris, 1779, in-12. — Les trois brochures auxquelles nous avons t'ait allusion sont : III. Discours sur la véritable gloire du chirurgien. Paris, 1779, in-4°. — IV. Lettre à un médecin de province sur le traitement de la rage. Saint-Hubert, 1776, in-4''. — V. Mémoire sur les dissolvants de la pierre, avec quelques problèmes de clujmie. Londres, 1776, iu-4''.

Nous ignorons l'époque de la mort de Grossin Duhaume. A. G.

grossisse.iie:vt. Pour un œil donné, la finesse des détails qu'on peut distinguer dans un objet qu'on regarde dépend de la grandeur de l'image rétinienne de cet objet, à la condition toutefois que cette image soit nette. C'est un fait expérimental qui concorde d'ailleurs avec le mode d'action qu'on attribue aux éléments anatomiques de la rétine.

Pour voir le plus de détails d'un objet donné, il faut donc en obtenir la plus grande image rétinienne qui soit nette. Or on reconnaît aisément que, dans les limites de l'accommodation, la grandeur de l'image rétinienne d'un objet est

en raison inverse de la distance de cet objet au centre optique de l'œil (plus exactement : de sa distance au premier point noclul)'.

11 résulte de là que c'est au punctum proximum qu'il faut placer un objet qu'on veut examiner de manière à distinguer le plus de détail possible, puisque c'est la plus petite dislance à laquelle la vision soit nette.

[.es instruments d'optique (loupe, microscope, lunettes diverses, télescopes) ont pour but de percevoir dans un objet des détails qu'on ne percevrait pas. si on le regardait directement dans les meilleures conditions effectivement réalisables. Ils doivent donc avoir pour effet de donner des images rétiniennes plus grandes que celle que produit l'objet vu directement.

Ces divers instruments fonctionnent différemment, mais, en somme, leur action se réduit à donner une image virtuelle que l'observateur regarde au lieu de regarder l'objet même. Il faut donc pour ([u'un instrument ait sa raison d'être que l'image rétinienne produite par cette image virtuelle soit plus grande que l'image rétinienne de l'objet regardé directement; il faut évidemment que cette image rétinienne fournie par l'instrument soit la plus grande possible.

On conçoit que l'avantage t[u'il y a à faire usage d'un instrument déterminé puisse être mesuré par le rapport entre la grandeur de l'image rétinienne qu'il fournit et celle de l'objet vu directement.

D'une manière générale la grandeur de l'image rétinienne que fournit d'un objet un instrument déterminé n'est pas invariable et dépend des conditions de son emploi. Le cas le plus intéressant est celui où ces conditions sont les plus favorables [)ossibles, c'est-à-dire celles où l'image rétinienne fournie par l'instrument est la plus grande possible, et celte image doit être comparée à celle que fournit l'objet vu directement lorsque celle-ci est aussi la plus grande possible. Le résultat de celte comparaison est ce qu'on appelle \e grossissement de l'appareil considéré.

Le firossissement produit par un instrument d'optique est donc le rapport entre l'image l'étinienne d'un objet regardé à l'aide de l'instrument et l'image rétinienne de l'objet regardé directement, ces images rétiniennes étant obtenues l'une et l'autre dans les conditions les plus favorables compatibles avec les circonstances de l'observation.

» Soit un objet AB dont l'image ab se fasse sur la rétine, l'œil étant accommodé pour la distance à laquelle se trouve l'objet (fig. 1 ). On a immédiatement :

ab AB -, . , ,..„ AB

N' et N" étant les points nodaux de l'œil, qu'on peut d'ailleurs supposés confondus en un seul qui est alors le centre optique. Pour un œil, donné la longueur bW étant à peu près invariable, on voit que l'image rétinienne d'un objet donné AB \arie en raison de la distance BK'.

Le rapport — , est ce qu'on appelle le diamètre apparent de l'objet. Donc, pour un œil donné, la grandeur de l'image rétinienne est proportionnelle au diamètre apparent.

Il est facile de remplacer cette définilion par une autre équivalente, mais dans laquelle les données relatives à l'œil de l'observateur ont disparu et sout remplacées par des données purement géométriques : cette substitution est conmiode au point de vue des calculs, mais elle masque les conditions réelles de la question, ce qui est un inconvénient, voici en quoi elle consiste :

On appelle diamètre apparent d'un objet le quotient de la grandeur de l'objet par la distance au centre optique de l'œil (c'est à proprement parler la tangente trigonométrique de l'angle sous lequel on voit l'objet) ; on démontre {voy. la note p. o), que l'image rétinienne est proportionnelle au diamètre apparent : le rapport de deux images rétiniennes est donc égal au rapport des deux diamètres apparents correspondants. On peut donc donner la définition suivante :

Le givssissement produit par un instrument d'optique est le rapport entre le diamètre apparent de l'image que fournit l'instrument et le diamètre apparent de l'objet vu directement.

Etant donné un objet, on détermine aisément le diamètre apparent ou l'image rétinienne qu'on obtient dans les conditions les plus favorables. Si l'objet est mobile et que nous puissions le déplacer à notre gré, il faudra le placer au puJictum proximum, comme nous l'avons expliqué; dans ce cas, son diamètre

apparent sera —, 0 étant la grandeur de l'objet et tt la distance du punctum

proximum (en multipliant cette valeur par FS" (fig. 1) on aurait la grandeur de

l'image rétinienne).

Si l'objet est bors de notre portée, s'il est de position invariable par rapport

<à nous, comme c'est le cas pour les objets éloignés en général, il faudra le

regarder directement à la distance D à laquelle il se trouve, et son diamètre

apparent sera y

On saura donc aisément, dans chaque cas, déterminer le diamètre apparent de l'objet vu directement dans les conditions les plus favorables. Mais il n'en est plus de même, à priori, pour le diamètre apparent de l'image fournie par l'instrument : on peut faire varier à volonté la position de cette image en déplaçant les lentilles qui constituent l'instrument; seulement la grandeur de l'image virtuelle varie en même temps. On ne sait donc pas immédiatement ce que devient la valeur du diamètre apparent, puisqu'il est le rapport de deux quantités variables. Avant de pouvoir calculer le grossissement, il faut donc établir par une discussion dans quelles conditions on devra chercher à obtenir cette image de manière qu'elle ait le plus grand diamètre apparent possible, c'est-à-dire de manière qu'elle donne naissance à la plus grande image rétinienne possible, avec la condition nécessaire que cette image ne cesse pas d'être nette.

Examinons le cas simple de la loupe, c'est-à-dire d'une lentille convergente à l'aide de laquelle on regarde un objet.

La figure 2 rappelle la construction qui donne dans le cas de la loupe l'image A'B' virtuelle et droite d'un objet AB placé entre le foyer F' et la lentille dont N' et W déterminent les plans principaux. Nous ferons remarquer que le rajon Al qui se réfracte suivant IR ne change pas, si l'on déplace l'objet parrallèlement à lui-même à une distance quelconque, de telle sorte que l'image A' de A se trouvera toujours nécessairement sur la droite R'IR : l'image de AB sera donc toujours comprise entre les lignes R'IR et XX' ; elle sera d'autant plus grande qu'elle sera plus éloignée.

Cela posé, cherchons comment variera la grandeur de l'image rélinienne pour un œil qui regardera cette image virtuelle lorsqu'elle se déplacera. Nous considérerons seulement les cas où cette image rétinienne est nette, c'est-à-dire les

FiR. 2.

cas où l'imago de A'B' peut'sefairc exactement sur la rétine, l'image A'B' étant dans les limites de la vision nette.

On aura alors très-rapidement dans ces conditions la grandeur de l'image rétinienne en joignant le point A' au point c centre optique de l'œil (fig. 5); la

droite A'c rencontrera la rétine en a qui sera l'image de A', et par suite ab sera l'image rétinienne. On peut voir alors comment varie cette image lorsque A'B' se déplace ; on reconnaît aisément que trois cas sont à distinguer suivant la position occupée par l'œil.

I. L'œil est placé de telle sorte que le centre optique c est entre la lentille et sou foyer F". La droite A'c qui détermine l'image rétinienne a est au-dessous de R'IU, lieu géométrique de A'. Si A'B' s'éloigne, le point a se rapproche de b^ l'image rétinienne décroît; elle croît, au contraire, de plus en plus, au fur et à mesure que A'B' se rapproche. Il faudra donc pour avoir la plus grande image rétinienne possible (et, par suite, le plus grand diamètre apparent) rapprocher A'B' autant qu'il se pourra ; mais comme la vision doit rester nette, lu plus petite distance à laquelle A'B' pourra être amenée sera celle du jmnctum proximuiii.

II. Le centre optique c de l'œil coïncide avccle foyer F" de la lentille (fig. 4-);

dans ce cas la droite A'c coïncide avec R'IB, elle est fixe ainsi que le point a,jriniage rétinienne conserve donc toujours sa même grandeur, quelle que soit la position occupée par A'B' : il n'y a donc aucun intérêt à choisir une position quelconque

et A'B' peut être placée à tous les points compris entre le puncliun remotum et le punctum proximum.

III. Enfin, le centre optique c de l'œil est plus loin de la lentille que le foyer F" (fig. 5). On obtiendra comme précédemment l'image rétinienne a en

Fif,'. o.

joignant k'c; cette droite est au-dessus de R'IU et l'on voit immédiatement que le point a sera d'autant pins éloigné de b et que, par suite, l'image rétinienne sera d'autant plus grande que A'B' sera plus éloignée. Gomme il faut que la position de A'B' soit compatible avec la vision nette, il faudra donc :

Si l'œil est myope, placer l'image A'B' au punctum remotum;

Si l'œil est emmétrope, placer cette image à l'itidni;

Si l'œil est hypermétrope, non-seulement, il convient d'éloigner l'image A'B' le plus possible, mais il est avantageux de profiter de ce que cet œil peut avoir

Fig. 6.

une vision nette pour des faisceaux convergents et l'image A'B' devra être placée SLU punctitm remotum qui alors est virtuel (fig. 6).

Si nous laissons à part le deuxième cas oiî il y a mdétermination, on voit que, pour le premier cas, la condition la plus favorable correspond à l'état d'accommodation maxima de l'œil. Au contraire, pour le troisième cas, elle correspond à l'accommodation nulle.

Ainsi dans le premier cas, alors que le centre optique de l'œil est entre la lentille et le foyer, ]1 faut placer l'image virtuelle qu'on regarde à la même distance qu'on regarderait un objet. C'est le cas ordinaire de la loupe; on avait admis d'une manière implicite cette conclusion, nuiis on avait eu le tort de l'étendre à tous les cas et à tous les instruments, alors que, comme nous venons de le dire, on arrive à de tout autres conclusions quand les conditions sont différentes.

Dans le premier cas, si nous appelons I la grandeur de l'image virtuelle, son

diamètre apparent dans les conditions les plus favorables sera -, tt étant la distance du punctum proximum, et le grossissement sera :

TT

La distance du punctum proximum paraît avoir disparu de cette valeur, mais en réalité elle y figure, parce que, pour déterminer la valeur du rapport 7T. il faut introduire la condition que l'image est sm punctum proximum K

* Si nous adoptons les notations et les conventions indiquées à l'article Dioptrique, nous aurons immédiatement :

Appelons d la distance à laquelle se fait actuellement la vision de l'image virtuelle A'B'.

Pour éviter les complications de signes, introduisons la valeur numérique o de la distance focale : on aura 9 = — /". Enfin définissons la position de l'œil par l'abscisse 0 de son centre optique comptée à partir de F"; dans le cas de la figure 3, on a o = ¥"c. D'autre part, nous avons l' ^ F"B', d'où l'on déduit /' = rf -j- 3. Il vient donc :

Le diamètre apparent de l'image dans ce cas général est-', le diamètre ajiparent de l'objet

est - (puisque l'objet est à notre portée dans le cas de la loupe) : ou aura donc pour la valeur du grossissement :

et remplaçant— par sa valeur

valeur qu'on peut écrire ;

0 TT ~'d'

^^Vd-^rJ^+d

Pour un œil et une lentille donnés ;r et o sont constants; la valeur du grossissement dépendra de S et de d.

I. Si 0 est positif, il faut que la fraction -^ soit la plus grande possible : il faut que S soit

le plus grand possible, c'est-à-dire que l'œil soit le plus près possible de la lentille, et que d soit le plus petit possible; la plus petite valeur de d compatible avec la vision nette est 71. Il faudra donc que l'image qu'on regarde soit au pwiclum proximum. On aui'a alors pour le grossissement :

II. Si S est nul, c'est-à-dire si le centre optique de l'œil coïncide avec le foyer F", on a :

valeur qui ne dépend plus de </ : la position de l'image virtuelle peut être quelconque. III. Si S est négatif, l'œil est plus loin de la lentille que le foyer F'' : alors dans la valeur

g = - {l -\- -.] la fraction y se retranche de 1, il faut donc qu'elle soit la plus petite

possible, donc que S soit le plus petit possible et que d soit le plus grand possible. La valeur de d la plus grande possible est celle qui correspond au punctum remotum pour l'œil myope; soit /» sa valeur, on aura dans ce cas :

ô' étant la valeur numérique absolue de S. Si 1 œil est emmétrope, on aura p=z œ et g = —

Le second cas a été appliqué dans l'optomètre Badal, dans lequel il s'agissait précisément de voir sous le même angle l'image à quelque distance qu'elle fiit placée (en réalité, il n'en est pas tout à lait ainsi, par suite de l'accommodation, mais la variation de grandeur est minime et n'est guère que de 3 pour dOO de la grandeur de l'image.) Soit d la distance choisie, le diamètre apparent de l'image

est -j : on a donc pour le grossissement :

^ a iT

Mais, en remarquant que N"Iest égal à l'objet, on a immédiatement (fig. 4) :

y étant la valeur numérique de la distance focale. Il vient donc pour le grossissement la valeur constante :

Tt

L'examen delà figure montre aisément que, tontes choses égales d'ailleurs, la grandeur de l'image rétinienne est moindre dans ce cas que dans le cas précédent; il en est de même aussi, par conséquent, du grossissement.

Le troisième cas ne se rapporte pas à la loupe, du moins dans les conditions ordinaires de son emploi. 11 n'en est pas moins intéressant à connaître parce que, comme nous le dirons, il (ournit des résullats applicables à des conditions telles qu'on les rencontre dans certains appareils composés.

Dans ce cas, le diamètre apparent de l'image est-, p étant la distance du

P punctum remotiun. On aura alori pour la valeur du grossissement:

dans laquelle il faudra remplacer le rapport ^ par la valeur qu'il prend pour le

cas oii l'im ige est à la distance p.

Le calcul permet de reconnaître aisément l'influence de la distance focale de la lentille, et celle de la position du punctum proxlmum ou du punctum remo-

Enfin, si l'œil est hypermétrope, rt si d' est la valeur numérique absolue de la distance à laquelle se croiseraient derrière lui les rayons convergents pour lesquels il voit nettement,

le grossissement sera

Valeur qui sera la plus grande posrible quand d' aura la plus petite valeur possible, c'està-dire quand l'œil reg-ardera au punctum remolum (virtuel). Si p est la valeur numérique de la distance de ce point, le grossissement sera dans ce cas :

On voit que les conclusions générales sont les mêmes que celles que nous avons trouvées ci-dessus.

nirT tf^ir

tum [voy. la note de la page 7), mais il n'est pas nécessaire d'ailleurs de faire ce calcul, et la considération des figures montre directement les diverses conditions qui se rapportent à la question.

On reconnaît immédiatement que dans chaque cas l'image rétinienne sera d'autant plus grande que la distance focale est plus petite, le point F" se rapproche de N", la droite RIR' s'incline davantage et, pour une même position, limage A'B' devient plus grande: l'image rétinienne croît donc quand la distance focale diminue : il en est de même naturellement du grossissement.

On voit aisément que pour une même lentille et une même position de l'œil entre la lentille et son foyer (fig. o) l'image rétinienne est d'autant plus grande que le punctum proxinium sera plus rapproché.

Dans le cas où l'œil, plus éloigné que le foyer, est myope, l'image rétinienne sera d'autant plus grande que h punctum remotum sera plus éloigné (fig. 5); s'il s'agit dans le même cas d'un œil hypermétro))e, l'image rétinienne sera d'autant plus grande que \e punctum remotum (virtuel) sera plus rapproché, c'est-à-dire que l'œil sera plus hypermétrope (fig. 6).

Enfin il est utile de chercher pour un œil donné et une lentille donnée quelle est la meilleure position à donner à l'œil.

Si l'œil est myope, il y a toujours avantage à le placer le plus près possible de la lentille : le diamètre apparent A'cB' est plus petit que l'angle constant A'F"B', si l'œil est plus loin que F" (fig. 5); il est plus grand au contraire, si l'œil est moins loin de la lentille que F" (fig. 5) et d'autant plus grand que c s'éloigne davantage de F". Or on sait que la grandeur de l'image rétinienne est proportionnelle à celle du diamètre apparent.

S'il s'agit d'un œil emmétrope, la conclusion est la même; il est à remarquer que, lorsque l'œil est plus loin que F", l'œil regardant alors à l'infini, le diamètre apparent A'jcX de l'objet est égal à A'F"Xet indépendant de la position de l'œil : il en est donc de même de l'image rétinienne a^b (fig. 5). Mais ce diamètre apparent est plus petit que celui qui correspond à une position de l'œil comprise entre la lentille et F" avec vision au punctum proximum (fig. 5), car alors, comme précédemment, ce diamètre apparent A'cB' est plus grand que A'F"B'.

S'il s'agit d'un œil hypermétrope, on reconnaît aussi immédiatement que, comme précédemment, si l'œil est entre la lentille et F", il faut qu'il soit le plus près possible de la lentille; on voit aisément (fig. 6) que, s'il est plus loin de la lentille que F", que par conséquent il regarde sans accommodation, il y a avantage à ce que l'éloignement soit le plus grand possible. Pour chaque position de l'œil dans le premier cas il y aura une position île l'œil dans le deuxième cas qui donnera le même diamètre apparent; mais de plus par un éloignemcnt suffisant on trouvera toujours un diamètre apparent plus grand dans le deuxième cas que le diamètre apparent maximum du premier cas.

Bien que ces résultats soient fort simples, ils ont été confondus pendant longtemps. En ce qui concerne l'emploi de la loupe, on se trouve presque inévitablement dans le premier cas et les conclusions admises étaient exactes. Mais, comme nous allons le dire, il n'en est plus de même lorsqu'on fait usage d'instruments composés ; cependant on admettait également que l'image virtuelle qu'on regardait devait toujours être au punctum proximum, c'est-àdire que l'œil devait être au maximum d'accommodation. Cette conclusion ne paraissait pas conforme à la pratique et, notamment, elle était rejetée par les

micrographes. C'est M. Guébhard qui, en 1885, a levé la difficulté par une discussion complète de la iormn\e {Hevae scientifique, 50 juin 1885), discussion à la(iuclle il nous a semblé tpi'il y a avantage à substituer les considérations géomélriipies élémentaires que nous venons d'exposer [Revue scientifique, 22 déc. 1883).

La (jueslion du grossissement dans un appareil d'opliijue quelconque est impli-' citement comprise dans les considérations qui précèdent ; on sait, eu effet, qu'une' combinaison quelcon(|ue de leulilles (plus généralement un système centré quelconque) possède deux plans focaux et deux plans priiici|taux qui servent à déterminer la position et la graudeur des images absolument de la même façon que poUr les lentilles. Il en résulte que les conclusions qui précèdent sont applicables à un instrument d'optique composé, à la condition que F" (fig. 7) représentera

Fig.'

le foyer du système tout entier (et non celui de l'oculaire seulement) et que le plan P" sera le plan principal correspondant. Ce plan pourrait d'ailleurs occuper une position autre, sans que rien fût changé aux conclusions (le sens de l'image pourrait varier, mais cette considération n'a pas à intervenir ici) ; c'est ce que montre aisément la figure 7 dans laquelle F" est le foyer du système optique et P" le plan principal correspondant (dans les lentilles ce plan passe par le point nodal N" ; il n'en est pas de même en général dans les systèmes centrés). On voit que, lorsque le centre optique de l'œil c est placé en avant du foyer, du côté d'où vient la lumière, l'image rétinienne est d'autant plus grande que l'image virtuelle A'B' est plus rapprochée de l'œil. La conclusion serait inverse, si l'œ.il était placé de l'autre côté du foyer. En un mot, la même discussion que pour la loupe pourrait être faite dans ce cas.

Mais, si les (conditions générales restent les mêmes, les conséquences varieront avec les instruments employés, par suite des différences dans la position effective du foyer F" par rapport aux éléments matériels de l'appareil.

Dans la loupe, la distance focale est presque toujours assez grande pour que le centre optique de l'œil puisse être placé entre le foyer et la lentille. Le centre optique, en effet, est à 6 millimètres environ en arrière de la cornée ; c^e-ci ne peut s'appliquer contre la surface réfringente par suite de la présence des cils: on admet généralement que la moindre distance de la surface réfringente au centre optique doit être de 12 à 13 millimètres. Il suffit donc que la distaiice focale de la loupé dépasse cette valeur pour qu'on puisse placer l'œil dans les conditions correspondant au premier cas que nous avons examiné, cas qui donne le plus fort grossissement possible, l'œil étant au maximum d'accommodation,

Mais cette condition ne se rencontre pas dans tous les instruments d'optiquîe; par exemple, il en est dont le foyer est à l'intérieur de l'instrument en avant de l'oculaire; dans ce cas, bien entendu, l'œil sera placé en arrière du foyer de l'instrument et la plus grande image rétinienne sera obtenue lorsque l'œil aura

relâché son accommodation ; c'est le cas, par exemple, de la lunette de Galilée. Il est d'autres instruments dont le foyer est bien derrière l'oculaire, mais à une dislance moindre que 12 millimètres, et pour lesquels le résultat sera le même, l'œil ayant nécessairement son centre optique en arrière du foyer. Tel est le cas des microscopes, en général ; pour ces appareils, dès lors, les plus grandes images rétiniennes et par suite les plus forts grossissements seront obtenus par le relâchement de l'accommodation, résultat conforme à la pratique.

11 importe de remarquer d'ailleurs que les verres des instruments composés sont mobiles ; leur écartement })lus ou moins grand change la position du foyer. Comme l'œil reste sensiblement à la même distance de l'oculaire, il en résulte que, par le tirage, le foyer de l'appareil peut changer de position par rapport au centre optique de l'œil et qu'on peut être conduit à passer ainsi de l'accommodation nulle à l'accommodalion maxima ou inversement.

Nous ne pouvons étudier en détail le grossissement dans tous les instruments et nous devons nous borner à quelques remarques générales.

Les instruments à oculaire divergent, comme la lunette de Galilée et la loupe de Brûcke, donnent des images droites : leur foyer (le foyer du système entier) est situé en avant de l'oculaire et par suite J'œil sera forcément derrière le foyer. Les meilleures conditions sont donc celles que nous avons indiquées en général: vision avec l'accommodalion nulle.

Lorsque l'oculaire est convergent (lunette astronomique, microscope), le foyer du système est en arrière de l'oculaire, mais à des distances différentes suivant les combinaisons. On peut dans certains cas se rendre compte aisément de ce qui se produit.

Si, par exemple, il s'agit de regarder des objets éloignés (lunette astronomique, lunette terrestre), l'objectif en donne une image réelle dont la grandeur doit être considérée comme invariable, cette image n'éprouvant que des changements insignifiants ou nuls quand on déplace l'objectif par rapport à l'objet, la variation de dislance étant très-petite. L'observateur regarde celte image avec l'oculaire, dans les mêmes conditions qu'il regarderait un objet avec une loupe. Les conclusions que nous avons détaillées dans le cas de la vision avec une simple lentille sont donc immédiatement applicables à ces appareils, et il suffira de tenir compte des positions relatives du foyer de Vocuiaire et du centre optique de l'œil.

Reste maintenant à examiner le cas du microscope, c'est-à-dire d'un appareil composé de deux lentilles au moins et servant à regarder des objets rapprochés. La question est moins simple que dans le cas précédent : en eflèt, l'image réelle qu'on regarde avec l'oculaire varie de grandeur et de position avec la distance de l'objet à la première surface de l'objectif, et dès lors on ne peut raisonner comme lorsqu'on regarde un objet ou une image de grandeur invariable et dont il suffit de considérer la position par rapport à l'oculaire. Dans ce cas, comme nous l'avons déjà indiqué, il est préférable de considérer, non les lentilles prises séparément, mais l'appareil dans son ensemble, et déconsidérer la position du centre optique de l'œil par rapport au foyer du système. Malheureusement on n'a pas l'habitude de donner les éléments optiques (les points cardinaux) des microscopes, mais, comme nous l'avons dit, en général au moins, la distance du foyer du système à l'oculaire est moindre que 13 millimètres et par conséquent l'œil se trouve en arrière de ce foyer : il iaut donc faire les observations avec l'accommodation nulle.

11 importe de remarquer que le grossissement que peut donner un appareil

comme nous l'avons dit, est un élément qui varie avec les conditions de son emploi, distance de l'œil à l'appareil et distance dn punctum proximum ou du punclum remoium suivant les circonstances. On conçoit qu'il serait utile d'avoir une donnée qui caractérisât la valeur de l'instrument d'une manière absolue : ce ne peut être d'ailleurs qu'une donnée conventionnelle. Cette donnée connue, il serait possible d'en déduire le grossissement pour des conditions d'usage déterminées.

Dans le cas de la lunette astronomique, on est convenu de déterminer le grossissement de la lunette pour le cas où le centre optique de l'œil coïncide avec le point nodal de l'oculaire (condition qui, évidemment, ne saurait être réalisée) et pour le cas où l'image virtuelle que i-egarde l'observateur serait placée à l'infini (c'est-à-dire, suivant l'expression consacrée, pour un œil infiniment presbyte). Nous n'insisterons point sur les différences qui résultent de ce que les conditions réelles sont autres.

En ce qui concerne le microscope, il n'y a aucune convention de ce genre qui soit généralement adoptée : aussi l'évaluation à priori du grossissement n'a-telle aucune signification précise. Il est pourtant utile de connaître la valeur du grossissement dans chaque observation, car il est possible d'en déduire la grandeur absolue des objets examinés, ce qui est fort important dans quelques cas.

Les procédés employés autrefois et basés, par exemple, sur l'emploi du micromètre oculaire {voij. Microscope), sont insuffisants: ils reposent sur l'emploi d'un oculaire grossissant dix fois exactement : or, comme il est iacilede le comprendre cette évaluation, sans être impossible, n'est pas faite exactement en général, car on néglige la dislance de l'œil à l'oculaire. Les formules classiques ne sont pas plus précises, parce qu'elles sont incomplètes : il faut avoir recours à des mesures directes.

Lu procédé rigoureux est basé, comme il suit, sur l'emploi du micromètre objectif:

Le micromètre objectif est constitué par une lame de verre finement divisée, par exemple, sur laquelle 1 millimètre est divisé en 100 parties égales. On le place sur la platine du microscope et à laide de la chambre claire on reporte ces divisions sur une échelle graduée placée à une distance convenable ; on a alors la grandeur exacte de l'image que fournit une longueur connue, ce qui donne par une simple division la valeur du grossissement, valeur qu'on doit retrouver toutes les fois qu'on emploiera les mêmes verres. On opère de même pour les diverses combinaisons d'objectifs et d'oculaiies et l'on dresse un tableau des valeurs trouvées pour s'en servir dans chaque cas.

S'il s'agit non d'avoir le grossissement, mais la grandeur même d'un objet que l'on examine, on emploie la chambre claire d'une l'açon analogue poiu' évaluer la grandeur absolue de l'image; en divisant le nombre obtenu par la valeur du grossissement correspondant à la combinaison des verres employés, on a la grandeur de l'objet. On peut éviter ce calcul en construisant à l'avance des échelles de comparaison : à cet effet on y regarde le micromètre objectil comme si c'était l'objet même; seulement, au lieu de lire à l'aide de la chambre claire la grandeur des divisions du micromètre, on dessine ces divisions mêmes sur un papier; on recommence de même pour d'autres combinaisons de verres et l'on obtient ainsi une série d'échelles correspondant à chaque combinaison de l'oculaire et de l'objectif et telles que pour chacune d'elles une division représentera, par exemple, 0""",01 ou 0"^'",001. Ce sera, pour une combinaison donnée

Page 1