‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.47Chapitre 43 sur 126 · GRUAU · texte numérisé non relu

GRUAU

de l'objectif et de l'oculaire, sur l'échelle correspoudante que, à l'aide de la chambre claire, on reportera les objets examinés et on évaluera leur grandeur par le nombre de divisions qu'ils recouvriront. G.-M. Gariel.

CiROSSVLARlÉES [GrosmJarve DC). Groupe de plantes Dicotylédones, considéré pendant longtemps comme une famille distincte, mais qui ne forme plus maintenant, dans la famille des Saxifragacées, qu'une simple tribu {Ribesieœ) caractérisée par les fleurs isostémones et par le fruit infère, charnu, pulpeux. Il renferme le seul genre Ribes L. {voy. Gugseh.likr) . Ed. Lef.

GROi^-VEMTRES. Tribu occupant, avec celles des Pieds-Noirs, une contrée riche en prairies et en troupeaux, au pied des montagnes Rocheuses {voy. Amérique). D.

GROTHUSS (Thfodor, de ses vrais prénoms Christian-Jonann-Dieterich von). Physicien célèbre par sa théorie de la décomposition galvanique de l'eau, naquit à Leipzig, le 20 janvier 1785, d'une famille de la Courlande. 11 passa les années 1805 h 1808 à Leipzig, à Paris, à Rome et à Naples, puis revint se fixer dans sa iiropriété de Geddutz en Livonie. Là il se suicida le 14 mars 1822. Il a publié une foule d'articles dans Gehlens Journal, Scliweiggers Journal, GilberCs Annalen, etc., et dans les Annales de chimie françaises. Nous nous bornerons à citer le mémoire relatif à la théorie mentionnée ci-dessus :

Mémoire sur la décomposition de l'eau et des corps quelle tient en dissolution à l'aide de l'éleclricilé galvanique. Kome, 1805; Mitau, 1800, et dans A^inaL de chim., t. LVIII, 1806, et Gchlen's Joum., t. V, 1808. La même théorie se trouve également exposée dans Physikalidch-chemische Foischungen. Nùrnberg, 1820, in-4°. L. Hn.

GROTTAIVELT.I (SxANisLAo). Médecin italien, né vers le dernier quart du dix-huitième siècle, fut successivement médecin de l'hôpital de Pitigliano, professeur de clinique médicale à l'Université de Sienne, enfin professeur d'institutions médicales à VArchispedale di Santa Maria Nuova de Florence, où il vivait encore après 1840. Nous connaissons de lui :

I. Storia ragionata di una gravidnnza délia tuba Fallopiana destra. l'isa, 1818, mA", 2 pi. — 11, Oralio ad judices Hegiue rolae criminulis Crasseti pvo Laiirentio de Mario Mentis regalis in Vcstinis honiicidii crinùne iniputato in morte Bfasii Boscinii ex oppido Saraniin llttniria, de qua agebalur die 18 Nuvembris, slve commentarium medico-forense. Romae, 1818, in-8°. — III. Ad aculae et chronicae splenitidis in humilibus praeserlim Italiae loc's consideratae eideinque succedenliuni morborum historias, animadversiones. Florentiae, 1821, gi\ in-S». — IV. Ricercke medico-forensi sopra uno straordinario génère di morte violenta, etc. Firenze, 1822, iu-8°. — V. Contribua à la publication de VAnatomia universa de P. Mascagni. L. Hs.

GROTTEis». Voij. Paléontologie.

GRL'AîJ. Terme de meunerie qui sert à désigner le grain des céréales, concassé et séparé de ses enveloppes.

iîii on soumet le blé à des alternatives de mouillage et de dessiccation, les enveloppes, eu raison des dilatations et contractions qu'elles ont subies, perdent leur adhérence : si le blé ainsi préparé est passé entre deux meules convenablement écartées, on obtient comme produit de cette mouture un mélange de son,

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de folle farine et de fragments de grains ou gruaux. On les sépare à l'aide du tamisage ou du sassage.

Les gruaux d'orge peuvent s'arrondir parfaitement entre des meules écartées, et prennent le nom d'orge perlé.

Les gruaux représentent la partie la plus estimée et la plus chère du grain. Les gruaux de blé, passés une seconde fois à la meule, donnent la farine de gruau qui est la fleur de farine. Le pain qu'elle fournit est le plus apprécié, et sa blancheur est complète. On obtient de même la farine de gruau des autres céréales.

Les pains de gruaux sont donnés de préférence aux convalescents ; ils sont d'une digestion plus facile en raison de la matière première employée et des soins apportés à leur préparation. Le gruau d'avoine en bouillie est très-usité en Angleterre pour les enfants dont les nourrices sont insuffisantes.

Les gruaux et surtout l'orge perlé sont très-employés pour préparer des tisanes. On les préfère généralement aux grains entiers qui cependant renferment bien plus de principes sapides et aromatiques. On sait que la céréaline ne se rencontre que dans les enveloppes du blé. Les enveloppes de l'avoine renferment des principes à odeur do vanille. Tous ces corps se retrouvent dans la tisane préparée avec les grains entiers et font défaut avec les gruaux. L'ancienne tisane d'orge des hôpitaux militaires, préparée avec le grain entier, a une saveur plus aromatique et plus agréable que la tisane d'orge perlé, elle doit être préférée dans les cas chroniques eltorpides. La dernière, au contraire, convient lorsqu'il y a fièvre inflammatoire. P. C.

GRVBE (Hermann). Médecin allemand, né à Lubeck, le 10 octol)re 1637, étudia à Kiel, léna et Leyde, fut reçu docteur à cette dernière Université en 1666, puis exerça son art successivement à Kiel, à Flensburg, enfin à Iladersleben, dans le Slesvig, oii il fut médecin pensionné et mourut en février 1698. Outre un grand nombre de dissertations latines, il a laissé :

I. Analysis mali citrei compendiosa, ad botamces philosophicae juxta et medicae cynosuram reducta. Hafniae, 1G68. — II. Commentarius de modo simplicium medicamentorum facultales cognoscendi. Hafniae, 1669. — III. De arcanis medicorum non arcanis comnientatio. Hafniae, 1673. — IV. De traiisplantatioue morborum analysis nova. Hafniae, 1674. Etc., etc. L. Hn.

GRUBER (Ignaz). Médecin aiiriste distingué, naquit à Vienne en 1803, fit ses études à l'Université de sa ville natale, oîi il se fixa ensuite. Lorsque éclata le choléra en 1831, il se rendit à ses frais à Lemberg, pour y étudier cette redoutable maladie, et quand il eut envahi Vienne il se multiplia pour le combattre. En 1855-1835, il s'occupa de la rédaction d'un ouvrage de chimie médicale, sur l'instigation et d'après des notes de Jaquin, dont il avait été le préparateur pendant ses années d'études. Cet ouvrage resta pendant douze ans classique dans les universités de Vienne et de Prague.

Sur ces entrefaites il s'occupa des maladies des oreilles et résolut de placer cette branche de l'art de guérir, en Autriche, au rang qu'elle mérite. Il se mit en correspondance avec les médecins auristes étrangers et étudia leurs ouvrages. Il ne tarda pas alors à acquérir une compétence si grande pour le traitement des affections auriculaires, que les médecins étrangers à leur tour vinrent rechercher ses conseils. La dévouverle de son spéculum auris, en 1838, dont

l'emploi facilita beaucoup le diagnostic des maladies des oreilles, lui valut une réputation universelle. C'est aussi de celte année que date son admission dans la Société des médecins de Vienne et la Société des sciences naturelles et médicales de Dresde ; en 1839, l'Association médicale de Munich le reçut dans son sein. 11 s'occupa en outre d'économie rurale, fut membre de sociétés industrielles et rendit de grands services par ses connaissances spéciales en chimie. En 1841,1a Société économique le chargea de rechercher le vaccin de génisse authentique et il accomplit sa mission avec succès. En 1844, il fonda l'organe périodique de cette même société, le Landwirtlischaftliches Wochenblatt.

Grubcr ne se cantonna pas dans la spécialité (|u'il cultiva avec tant de succès ; il pratiqua également avec réputation la médecine interne et fut longtemps trèsrecherché comme médecin consultant.

A la suite d'une affection cérébrale, on 1850, il renonça à la plupart de ses occupations, pour se livrer exclusivement à la pratique de son art. Il mourut le 28 septembre 1872. L. Hn.

GRUE. Linné, après avoir confondu les Grues avec les Hérons, reconnut bientôt la nécessité de les séparer et d'en former un genre distinct {Grus) que Guvier rapprocha plus lard des Agamis {Psophia) et des Caurales (Helias) pour constituer la première tribu de la famille des Cultrirostres, dans l'ordre des Éch;issiers (voy. ce mot). Les Grues en effet diffèrent des Hérons [voy. ce mot) par la sliucture des principales pièces de leur squelette, par la nature de leur plumage, par leurs allures et par leurs mœurs, et d'autre part elles présenlent dans leur charpente osseuse certaines analogies avec les deux groupes auxquels Cuvier avait cru devoir les associer. Ainsi chez les Grues le sternum est étroit, comme chez les Caurales, et il ne présente pas d'échancrures latérales, absolument comme chez les Agamis, où la fourchette repose également sur le sternum ; les os des pattes sont conformés de la même façon chez les Grues et chez les Agamis ; enfin le doigt postérieur présente la même disposition dans les deux groupes et se montre constamment plus fort que chez les Cigognes. Mais d'un autre côté l'os furculaire reste indépendant chez les Agamis, tandis que chez les Grues il se soude à la partie supérieure du sternum ; chez les Grues les os de la main et les doigts soot relativement plus grêles que chez les Agamis, et les os du bras sont aussi plus allongés, de telle sorte que, dans la llexion, ils dépassent quelque peu l'humérus. Enfin, tandis que les Caurales et les Agamis sont des oiseaux de petite taille ou de taille moyenne confinés dans les régions tropicales de l'Amérique du Sud, les Grues sont des Echassiers de très-grande taille répandus sur une grande partie de la surface du globe, mais particulièrement communs dans l'ancien monde. Toutefois, comme l'a fait observer M. A. Milne-Edwards, les différences sont beaucoup moins considérables entre les Grues et les Agamis qu'entre ces deux groupes et les Caurales, qui se rap- * prochent à certains égards de la famille des Râles. On est donc conduit à placer les Grues, les Agamis et les Caurales, dans trois familles, Gruidœ, Psophiidœ et Eurypygidce ou Heliadidœ, dont les deux premières ont des liens de parenté assez étroits {voy. le mol Echassiers).

La famille des Griiidœ, établie par Vigors en 1825 et adoptée par Lesson, par Ch. Bonaparte et ]iar la plupart des naturalistes modernes, correspond à l'ancien genre Gn<s de Linné; elle ne compte dans la nature actuelle qu'une douzaine d'espèces qui, d'après certaines particularités extérieures, peuvent se

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répartir en trois groupes : Grues ordinaires, Grues de Numidie et Grues couronnées, mais qui offrent les mêmes caractères généraux. Ces oiseaux, comme nous venons de le dire, atteignent tous de fortes dimensions ; ils ont la tète petite, le bec de longueur médiocre et de forme conique, convexe en dessus et comprimé sur les côtés, les fosses nasales prolongées depuis la base jusqu'à la moitié au moins de la mandibule supérieure et recouvertes par une membrane à l'extrémité de laquelle s'ouvrent les narines, le cou grêle et allongé, le corps épais et de forme ovoïde, porté sur des pattes très-hautes qui sont dénudées jusqu'audessus de l'articulation tibio-tarsienne et garnies d'écaillés sur leur face antérieure. Leurs doigts sont au nombre de quatre, savoir trois doigts antérieurs robustes, dont le médian et l'externe sont rattachés à leur base par une petite membrane, et un doigt postérieur qui est inséré à un niveau plus élevé que les autres et qui eï-t si court qu'il n'arrive pas à toucher le sol ; les ailes sont amples, longues et aiguës, et leurs pennes secondaires se recourbent en faucilles et retombent sur les rémiges qu'elles masi|uent en partie; la queue, toujours peu développée et de forme arrondie, se compose de douze rectrices ; enfin le plumage est toujours bien fourni, de nature assez raide et d'aspect lustré; mais il offre, suivant les groupes, des couleurs assez différentes.

La Grue cendrée {Grus cinerea), qui doit être considérée comme le type de la famille, a pour patrie le nord de l'ancien continent, mais se trouve aussi, à certaines saisons, dans les contrées méridionales de l'Europe, dans le nord de l'Afrique, dans l'Inde ou dans l'Indo-Chine. Les individus adultes de celte espèce mesurent près d'un mètre et demi du bout du bec à l'extrémité de la queue et portent une livrée giise, rehaussée de blanc sur la nuque et sur les côtés de la tête, de brun foncé sur le devant du cou, de noir profond sur les rémiges et de rouge sur le sommet de la tête qui est presque entièrement dénudé. Ils ont les yeux d'un rouge brunâtre, les pattes noiies et le Lee rougeàtre à la basé, vert au milieu et brun jaunâtre à la pointe, tandis que les jeunes ont les yeux d'un jaune d'or, le bec brunâtre, le plumage fortement mélangé de roux et le vertex complètement emplumé. En outre, chez les jeunes, les pennes secondaires des ailes ne sont jamais aussi développées que chez les adultes oij elles se recourbent d'une manière très-élégante et forment, avec leurs barbes décomposées, un panache au-dessus de la queue.

Pendant la belle suison les Grues cendrées habitent les régions froides de l'Europe et de l'Asie et se tiennent de prélérence dans les endroits humides, dans les prairies, au bord des rivières ou des étangs. Elles vivent alors par couples isolés qui nichent à quelque distance les uns des autres sur des buissons rabougris ou sur des petits ilôts de gazon, au milieu des marécages. Le nid, grossièremement construit, se compose d'un lit de branches sèches et d'une sorte de corbeille, faite de joncs, de chaumes et de feuilles, dans laquelle sont déposés, dès les premiers jours du printemps, deux œufs allongés, à coquille rugueuse et maculés de brun et de roux sur un fond brunâtre ou verdàtre. Les deux parents se livrent alternativement aux soins de l'incubation et, quand les petits sont éclos, veillent avec la plus grande sollicitude sur leur jeune famille et la défendent aussi bien contre les entreprises de l'homme que contre les attaques des rapaces et des carnassiers. Durant cette période, la prudence de ces oiseaux, qui est naturellement très-grande, semble s'exagérer encore, et il n'est pas de ruse qu'ils n'emploient pour dérober à l'attention de leurs ennemis l'asile qui abrite leur progéniture. La mère qui couve ne fait pas un mouvement et, quand

elle est obligée de s'absenter, se coule entre les buissons et ne prend son vol qu'à une certaine distance. S'il faut en croire M. Brehm, elle prendrait même à cette époque la précaution de teindre son plumage avec de l'ocre, afin de lui donner une similitude de couleur avec les broussailles et les terrains environnants.

Les jeunes sont d'abord revêtus d'un duvet jaunâtre. Leur croissance est trèsrapide et ils sont, peu de temps après leur naissance, assez forts pour courir autour du nid. Bientôt après ils vont aux champs sans la direction de leurs parents auprès desquels ils restent peut-être jusqu'à l'arrière-saison. A ce moment se forment, par la réunion de toutes les familles d'un même canton, des bandes nombreuses qui émi^rent vers des climats plus chauds en suivant une direction déterminée. De semblables troupes traversent au mois de novembre nos départements du noid, de l'est et du centre, mais passent généralement inaperçues, ou elles ne s'arrêtent que pour prendre quelque nourriture ou se reposer et volent à une grande hauteur. L'ordre adopté par chaque bande, dans ces voyages aériens, est l'ordre triangulaire, et, comme l'individu placé en tête est nécessairement le plus fatigué, il est remplacé, de temps en temps, par un de ses compagnons. Une fois parvenues dans les coritrées méridionales, les Grues cendrées s'installent au bord de la mer ou sur quelque ilôt, dans le voisinage des champs cultivés, et admettent volontiers au milieu d'elles des Grues d'autres es[)cces. Puis, l'hiver passé, elles regagnent dans le même ordre et par la même route les pays septentrionaux, où les couples s'isolent immédiatement pour s'occuper de la construction des nids.

Les Grues cendrées ont d'ordinaire un air grave et des allures compassées, mais dans certaines occasions et probablement lorsque le temps va changer elles s'animent brusquement, ouvrent les ailes, claquent du bec et se mettent à exécuter des danses bizarres. Ces habitudes singulières sont communes à toutes les espèces et peuvent être facilement observées sur les individus vivant dans nos jardins zoologiques. Les Grues supportent en effet fort bien la captivité et se laissent même réduire dans une sorte de domesticité. Aussi les anciens Égyptiens élevaient-ils des troupeaux de ces oiseaux, que l'on menait au pâturage, comme les Oies de nos campagnes- La prudence naturelle de ces Echassiers rend leur chasse extrêmement difficile. Pour les surprendre il faut se porter derrière un abri préparé à l'avance et rester de longues heures à l'affût ; encore ne parvient-on le plus souvent qu'à abattre un seul individu. La chair de ces oiseaux n'a du reste pas grande valeur. Au moyen âge cependant elle figurait dans les festins d'apparat, et à cette époque les grands seigneurs prenaient plaisir à chasser la Grue au vol avec des Faucons gerfauts.

La Grue antigone (Gn/s antigone L.), qui se trouve communément dans l'Asie centrale, dans l'Inde et dans l'Indo-Ghine, et qui se montre parfois dans les contrées orientales de l'Europe, a été prise par Reichenbach comme type d'un petit sous-genre {Antigone), mais appartient en réalité au même groupe que la Grue cendrée. Elle se distingue de celle-ci par sa taille notablement plus forte, ses pattes rougeàtres, sa tête et son cou fortement dénudés ; mais elle a les mêmes allures, les mêmes mœu) s, le même mode de nidification que l'espèce européenne. Dans certaines provinces de l'Inde elle est l'objet d'un respect superstitieux, tandis qu'ailleurs on lui fait une chasse des plus actives non-seulement parce qu'on l'accuse de commettre de grands dégâts dans les cultures, mais encore parce qu'on la considère comme un gibier délicat. Les gourmets

apprécient, dit-on, le foie de cet oiseau à l'égal du foie de Canard, et font de la cliair des jeunes un cas tout particulier. La Grue d'Australie {Crus australasiana Gould) n'est certainement qu'une race locale de cette espèce, mais la Grue leucogérane {Grus leiicogeranos Pall.), qui se trouve dans le nord-est de l'Inde, et la Grue à bec vert, ou Grue de Mantcliourie, ou Grue de Montigny {Grus viridirostris, V. ou G. Montegnesia Bp.), qui habite principalement le Japon et la Sibérie orientale, se reconnaissent aisément aux teintes de leur plumage et à leurs dimensions. Elles portent toutes deux une livrée blanche, mais la première est moins grande que la seconde et présente, quand elle est adulte, une coloration d'un rouge vif sur le bec, les pattes et les parties dénudées de la têlo et du cou, tandis que la Grue de Mantchourie a le bec vert, les pattes noires et les côtés du cou marqués de gris noirâtre.

Au type de la Grue cendrée se rapportent encore la Grue moine {Grus mona- <:hus Tem.), la Grue à nuque blanche {Grus vipio Pall. ou G. leucauchen Tem.), dont l'aire d'habitat est à peu près la même que celle de la Grue leucogérane et qui, comme cette dernière espèce, se trouvent fié»iuemment représentées dans les peintures cbinoises et japonaises, la Grue du Canada {Grus canadensis L.), la Grue d'Amérique {Gims americanaL.), qui se rencontre surtout dans la Floride et au Texas, la Grue caronculée {Grus carunculala Gm.) du sud-est de l'Afrique et quelques espèces moins caractérisées.

Au contraire la Grue ou Demoiselle de Numidie {Grus virgo L.), qui habite à la fois le centre de l'Asie et le nord de l'Afrique et qui s'égare jusque dans l'Europe septentrionale, mérite d'être classée dans un genre ou dans un sousgenre particulier {Anthropoides V.) auquel se rattache également la Grue de Paradis ou Grue de Stanley {Grus paradisea Licht. ou G. stanteyana Vig.) propre à l'Afrique australe. Dans ces deux espèces, en effet, le bec est relativement plus court que chez les Grues ordinaires, les narines sont ouvertes près de la base de la mandibule supérieure; le sommet delà tète, les joues, le menton et la nuque sont toujours emplumés ; la partie inférieure du cou est ornée de plumes effilées rappelant celle des Hérons ; la région des oreilles est garnie d'une touffe de plumes allongées; les ailes se terminent en pointe aiguë et leurs couvertures, très-développées, retombent de chaque côté et simulent parfois une paire d'ailes supplémentaires. C'est ce qui arriva notamment chez lu Grue de Stanley, à laquelle Thunberg avait donné, pour ce motif, le nom générique de Tetrapteryx.

La Grue de Numidie était déjà bien connue des Anciens. C'est un fort bel oiseau, de taille plus faible que la Grue cendrée, mais aussi de formes plus sveltes et d'allures plus gracieuses. Ses yeux sont d'un rouge carmin, ses pattes noires, ses mandibules verdàtres, et son plumage, d'un gris clair, est rehaussé de blanc sur la région parotique et de noir profond sur les joues, le devant du cou et le bout des ailes. Du temps de Palhis, les Kirghi>es se paraient volontiers de la dépouille de ces oiseaux, dont la chair est aussi très-estimée et que l'on chasse au Faucon dans quelques provinces de l'Asie méridionale. Les Grues de Numidie sont aussi recherchées p;ir les directeurs des jardins zoologiques, car elles s'habiluenl facilement à la captivité et deviennent parfois aussi privées que des chiens.

La Gvne pavnn'inQ (G rus pavoninaL.), type du sous-genre Ba/ean'caBriss., présente ime physionomie encore plus caractérisée que la Grue de Numidie et la Grue de Stanley. Les individus adultes de cette espèce ont en effet le sommet de

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