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Ô48 GRUITHUISEN

la tête orné d'une aigrette de plumes filiformes, d'un jaune d'or me'langé de noir, les tempes complètement dénudées et d'un blanc mat, les joues également dégarnies, mais d'un rouge vif, les yeux blancs, le front couvert de plumes veloutées, le bec robuste, de forme conique et plus court que la tête, avec les narines percées obliquement, près de la base de la mandibule supérieure. Leur corps massif, qui repose sur de longues pattes, colorées en noir verdâtres, est revêtu d'un plumage serré dont la teinte noire est, chez l'oiseau vivant, légèrement glacé de gris-bleuâtre; leur queue paraît tronquée et leurs ailes amples, mais obtuses, sont marquées de deu>i larges taches, 1 une blanche, l'autre rousse, occupant les couvertures et les pennes secondaires.

Cette Grue ét;iit désignée par les Anciens sous le nom de Grue des Baléares, mais il est fort douteux qu'elle ait jamais vécu dans cet archipel ; en tous cas on no la trouve maintenant que dans le nord et l'ouest de l'Afrique. Dans l'est et dans le sud du même continent elle est représentée par une autre espèce ou plutôt par une race appelée Grus regnlonim.

Quelques ossements fossiles découverts, soit dans les terrains miocènes de Pikermi (Grèce) et du bassin de l'Allier, soit dans les dépôts plus récents de la grotte des Eysies (Dordogne), prouvent que pendant les périodes tertiaire et quaternaire il existait déjà en Kuiopc plusieurs espèces du genre Grue {Grus pentelici Gaudry, G. excelsa A. M. E., Gnu primigenia Lart.) de taille un peu plus forte (jue notre Grue cendrée. E. Oustalet.

BiBLioGiiAPiiiE. — G. CuviEu. Règne animal, 1" édit., 1817, t. I. — Lesso.n. Traité d'ornithologie, 1831, p. 585. — Cii.-L. Bunapaute. Tableaux paralléliques de l'ordre des Héronx. InCoitipt. rend, de i Acad. des se, t. XL, 1855. — Degland et Gerbe. Ornithologie européenne, 2° édit., t. II, 1867. — A. Mii.ne-Edwards. Recherches pour servir à l'histoire des oiseaux fossiles des terrains tertiaires de la France, t. II, p. 24 et suiv. et pis. 75 et 70, 48G9-1871. — G.-U. Gray. llandlist of Gênera and Species of Birds, t. III, p. 2i, n° 2538, 1871. — Breiim. Vie des animaux, Oiseaux, éJ. franc, de Z. Gerbe, t. II, p. 675. E. 0.

GRUlTnuiSEN (Franz Paula von). Médecin et naturaliste allemand, né le 19 mars 1774, au château de llallenberg, sur le Lecli, était le fils d'un fauconnier. Il étudia la philosophie, la médecine et les sciences naturelles. Il servit comme chirurgien dans l'armée autrichienne, pendant la guerre contre la Turquie, puis fut attaché à la personne du prince électeur Charles Théodore. Après quoi il continua ses études médicales et philosophiques en 1801 à Landshut, où il fut reçu docteur en 1807. En 1808, il fut nommé professeur de physique à llolwyl, mais n'accepta pas cette chaire et devint professeur d'histoire naturelle, de pathologie et d'histoire de la médecine à l'École provinciale de médecine de Munich, puis, en 1826, professeur extraordinaire et en 1850 professeur ordinaire d'astronomie à l'Université de cette ville. Il mourut à Munich le 21 juin 1852.

Gruithuisen possédait un rare talent d'observation et un esprit très-inventif. Il ne faut pas oublier que la première indication réellement scientifique de la lithotritie lui appartient ; elle est renfermée dans un article publié en mars 1813 {Salzburger med.-chirurg. Zeilung), article que Heurteloup a reproduit beaucoup plus tard dans son ouvrage intitulé : De la litholritie sans fragments, Paris, 184G, p. 529). Gruithuisen, après avoir établi la possibilité du cathétérisme rectiiigne, indique en effet une série d'instruments susceptibles d'agir sur les calculs et d'en opérer la destruction. 11 faut bien dire que ces instruments n'ont jamais été exécutés et que, l'eussent-ils été, ils n'auraient pu être employés

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sans danger, tant ils étaient mal conçus. On les trouve représentés dans l'ouvrage di\jà cité de Hcurleloiip, ainsi que dans ['Arsenal de la chir. contemp. de Gaujol et Spilliivann, t. il. 11 est douleux que les jeunes chirurgiens français aient même connu le mémoire de Gruitimisen, lorsque, dix ans plus tard, ils cherchèrent à leur tour la solution du problème. Cepeiulant Gruithuisen avait obtenu, paraît-il, un prix de 1000 francs de l'Académie des sciences de Paris. Quoi qu'il en soit, c'est à Civiale que revient la gloire d'avoir obtenu les premières guérisons.

Le même Gruithuisen s'est livré en outre à des spéculations métaphysiques et astronomiques dénuées de fondement sérieux ; il a décrit comme des découvertes positives la présence à la surface de la lune de villes et de forteresses et a ajouté des détails bizarres sur les habitants de notre satellite et proposé des moyens de correspondre avec eux.

Gruithuisen a publié de nombreux ouvrages sur la médecine, la physiologie, l'anthiopologie, l'astronomie, etc. Nous nous bornerons à citer :

I. Naturhistorische Unlersuchungen ûber den Untcrschied zwischen Eiler uiid Schleim durch das Mikroskop. Mùnchen, 1X09, in-4". — H. Ucber die Exislcnz der Empfindung in den Kôpfcii uiid RiXntpfen dcr Gekôpften und von der Art sich darûber zu beleliren. Augsburg, 1808, ia-8°. — III. Die Nalurgeschichle vn Kreise der Ursachen und Wirkungen, oder die Phijsik, hislorisch bearbeitel. Miiiiclieii, ISIO, gr. iii-S". — V. Organozoonomie,

oder ûber das niedre Lebensverhâllniss, als Propddenlik zur Anthropologie Mùnchen,

1811, gr. in-8°, 1 tableau. — VI. Von den Bcsckaffcnheilen, slalt einer Metap/iysik des Sinnlichen. Miinclieu, 1811, in-8'>. — Vil. Ueber die Nalur der Kometen, elc. Mùiiclien, 1811, in-S», fig. — YIII. Ucber Naturforschung, etc. Augsburg, 1823, in-8°. — IX. Ilandbucli der Vorbereitungslehre an den kônigl. Baierischen Sckulen filr CJiirurgrn, e(c. ISurnberg, 182i, in-.S°. — X. Analcklcn fur Erd- und llinimelskunde, 11. 1-8. Mùnclieii, l!s28- 1851, iii-8°. — XI. Nene Ana/eklen. Miiiiclioii, 1832-1850, 2 vol. in-8°. — XII. Beilrâge zur Physiognotnie und Eaulognosie. Mùnchen, 1812, gr. in-8°, flg. — Xlll. Uippokrates des Zweiten acckte medicinische Schri/ten, elc. Mùnchen, 1814, pet. in-8' (une traduction). — XIV. Il fut l'un des réilactcurs de Kaslner's Arcliiv fur Naturlekre depuis 18'i4, et de Nasse's Zeilschîift f. Anthropologie depuis \^'i'ô. L. Ih.

GRUIWARDT (Ferdinand). Médecin néerlandais, né à Goes en 1628, fit ses études à Utrecht sous van der Straaten et Regius et fut reçu docteur en 1651. 11 se fixa à Middelbourg, oià il exerça la médecine avec succès jusqu'en 1668. A cette époque, une violente polémique s'éleva entre les médecins de cette ville suria question suivante : An puerperae liceat exhibere moschum? W ^ çi'ii part avec une telle passion qu'il rendit son séjour à Middelbourg impossible et se retira à Goes, où il continua à exercer la médecine jusqu'à sa mort arrivée en 1701. On peut citer de lui, entre autres :

I. Van de doscn der purgaiien, vomitorien en opiatcn. Middelburg, 1660. — II. Médicinale en chirurgicale observalien. Amsterdam, 1688. — III. 11 a publié une nouvelle édition^ en 1660, de i'Examen de la chirurgie de Ilerl. L. Un.

GRÎJLIIVG (pHii.ipp). Médecin allemand, né à SloUberg, en 1593, remplit d'abord les fonctions de co-recteur à INordhausen, puis .se livra à la médecine. Il rendit des services signalés à la ville de Nordhausen, pendant l'épidémie de peste qui la ravagea en 1625. L'année suivante, il retourna dans sa ville natale pour y occuper la place de recteur, puis fut nommé bouigmcstre et médecin du comte de StoUberg. Griiling mourut là en 1667. Nous connaissons de lui :

I. Florilegium hippocratico-chymicum, hoc est, libellas insignis de quorumdam medtcamentorum chymicorum, etc., vera praeparalione , recto usu et certa dosi. Lipsiae, 1051, in-12 ; ibid., 1605, in-4». Cette dernière édition porte un titre légéi-ement différent. — II, Cura-

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tionum dogmatico-hermeticarum, in ccrtis locis et notis pcrsonis optimc expectarum et rite jjrobalariun centuria j)rima. Lipsiae, 1CÔ8, in-8°. — 111. Von der Pesl. Nordhausen, 1639, 111-4°. — IV. Von dcn Kinderkrankheiten. ^ordhausen, 1660, in-4''. — V. Medicinae praticae libri F, in (/uihii.i modo omncs fcre co7-poris humani morbi describuntur. Lipsiae, 1()68, 1675, in-4°. — VI. Observât ionuni et curationiun medicinalium dogmatico-hermeticarum cenlurine VU. Lipsiao, 1662, 1668, in-4°. — VU. De Iriplici in medicina nniver-

salis evaciialionis g-inere, etc. Lipsiae, 1671, in-4°. — Vlll. Tructatus singularis de purgationc, quae in medicina sit, cum mullis observationibiis a paucis hactenus notalis. Lipsiae, 1668, in-4°. — IX. De calcula et nupprensione urinae. Lipsiae, 1668, in^". — X. Opéra omnia in quatuor tomos distributa. Lipsiae, 1680, iii-4*. L. ILn.

(.iKUin-GR/Yi^iALLO (KoMiAi)). Mcileciii russe, né le 21 septembre 1794, à Moliilev, sur le Dniepr, éUulia succeî-sivemeiil la ])hilo>^npliie cl la méilecine à Vijna, puis en 1820 entra au service militaire. En 1853, il devint médecin pensionné à Pctersbourg et de 'I8")7 à 18 i7 remplit les (onctions de secrétaire du département médical au ministère de l'intérieur. 11 mourut à Zarskoje Selo le 14 septembre 1874. Grum-Grzymallo fonda, en 1855, le Drng zdrawja, le premier journal de médeciue |)ublié en langue russe. 11 le rédigea pendant trente-sept ans. On lui doit encore un grand nombre d'ouvrages de médecine populaire et de littérature {Ilirsch's Biogr. Lexicon). L. Hn.

GRCiimberc! (Leo-Raphaelowicz). Médecin russe, ne à Korec, en Russie, le l'^'" mars 1794, était le fds d'un négociant. 11 fit ses études dans sa ville natale, puis, en 1812, à Vilna, et depuis 1814 à Berlin, où il prit le grade de docteur en 1820. Nous le retrouvons ensuite en qualité de médecin pensionné à Jaslow, en Yolliynie, puis à Kharkov, avec le litre d'inspecteur médical du gouvernement. L'époque de sa mort ne nous est pas connue. Nous avons de lui :

I. Diss. inaug. phijsica med. de calore aniniali, praemissa caloris adumbratione yeneraliori. Berolini, 1820, gr. in-4°. — II. Versuch einer Théorie ûber das Wesen des Pestcontagiums und seiiier Bchandlung nach eleklrisch-chemischen Gruudsàtzen und eigenen Deobacktungen bearbeitcl. St. Petersburg, 1853, gr. in-S". — III. Théorie der orientalischen Choiera, oder versucide Beantwortung der von der russischen Hegierung aufgegebencn Frage ûber dièse Krankheit. Berlin, 1856, gr. in-8°. — IV. Univeisal-terininologischmedicinischcs Lexicon in der Lateinischen, Deulschen und Russischen Sprache, etc. Berlin, 1840-1842, 4 vol. in-8»; 2. Aull. St.-Petersburg, 1864, gr. in-S". L. Hn.

CBUNDELIA. Voy. GR[^'DELIA.

GRÏJniDER (J.-W.-Ludwig). Médecin allemand de mérite, né en 1819, de parents pauvres. Il fit ses études à léna, où il obtint le titre de docteur en médecine et en chirurgie, celui de chirurgien de l'''' classe et d'accoucheur. Il exerça d'abord la chirurgie en Lusace, puis dans un village près de Breslau. Ce n'est qu'après la publication de son important ouvrage sur l'Histoire de la chirurgie, en 1859, que les autorités lui permirent d'exercer dans la ville de Breslau et de porter le titre de docteur, qui cependant lui appartenait de droit. Là il devint chirurgien pensionné et put se livrer en même temps à l'exercice de la médecine interne; la fortune commençait à lui sourire et à lui faire oublier la vie de misère qu'il avait menée jusqu'alors, lorsqu'il mourut subitement, à l'âge de quarante-sept ans, d'une apoplexie cérébrale, le 50 janvier 1866; il était du reste diabétique depuis quelque temps.

Griinder était membre d'un grand nombre de sociétés savantes, qui avaient su apprécier les mérites de ce modeste travailleur. On est saisi d'admiration

devant son Histoire de la chirurgie, malgré les imperfections et les lacunes qu'elle présente, quand on sait dans quelles conditions pénibles cet ouvrage a été écrit, c'est-à-dire dans un village, loin des bibliothèques, oii l'auteur ne pouvait se procurer les documents nécessaires qu'au prix de sacrifices de temps et d'argent qui auraient fait reculer tout autre. Nous connaissons de lui :

I. Das Institut der Wundârzle II. Classe und seine Gagner, sowie di. Hoffnungen und Wûnsche der Wundântc 11. Classe bel der im Kônigr. Preussen zu erwartenden Mcdicinalreforni. Gorlilz, 1848, gr. in-S". — II. Setnerkutigen ûber die Berechtigung zur Behandlung innerer Kranklieiten durcli Wundànte II. Classe nebst bcigefiigten geselzlichen Destimmungen ûber die Studieri, Priifungen, Rcclile und Pflichlen dcrselben. Gôrlitz, 1849, gr. in-S°. — III. Denkschri/t zur Medicinalreform Preussens , besonders die Wundàrzte beireffend. Gôrlitz, 1849, gr. in-S- (Ëxtr. de Zeitschr. d. Deutschen Chirurgen-Vereins. Bd. III, II. 2). — lY. Ueber Mensclieit- und Kuhpocken und dcren hnpfung iiberhaupt, sowie die Geschichte derselben insbesondere. Ein Voslrag, etc. Gôrlitz, 1853, gr. in-S". — V. Die Schutzpocken- Impfwig, eine brennende Frage der Gegenwart. Breslau, 1858, gr. in-S", 1 portr. — VI. Geschichte der Chirurgie von den Urzeiten bis zu Anfang des achtzehnlen Jahrhunderts. Breslau, 1859, gr. in-8°. L. Un.

GRÎJniDLER (Andueas). Cité par h Biogr. médicale : « Né à Schweinfurt, étudia la médecine en Italie et fut promu au doctorat à Ferrare. Son intention était de s'établir dans sa ville natale, mais la guerre l'en chassa eu 1555. Il est devenu célèbre, moins comme médecin que comme époux d'Olympia Fulvia Morata, femme remarquable par ses connaissances profondes en théologie, ainsi que par son habileté dans les langues latine et grecque ». L. Hn.

GRUKDmA^?^' (Johann-Gottlieb). Médecin allemand, né à Géra en 1756, pratiqua son art successivemeut à Ronnebourg et à Ilolienslein-Waldenbourg (Saxe électorale). II était membre de la Société des naturalistes d'Iéna. Grundmann a publié une traduction du Traité sur la phthisie pulmonaire de Raulin et plusieurs ouvrages et périodiques :

I. Das Ronneburgische Inlelligenzblalt. Ronneburg, 1782, 111-4". — II. Der Journalist fUr aile Stànde. Cliemnilz, 1785-1780, in-8". — III. Abriss der Scharlachfieberepidemien, wie solche zu Hohenstein im Schônburgischen und auf dcn umliegcndcn Dôrfern vont Anfange des 178G sien bis in das il^lste Jahr herrsclUe. Géra, 1788, in-8°. — IV. Einige Worte ûber Kuhpocken und Kuhpockenimpfung ; zur Delehrung fur den Biirger und Landmann. Ilohenstein-Waldcnburg, 1802, 111-8°.

Il ne faut pas confondre cet auteur avec :

Grundmann (Johann). Chirurgien militaire prussien, né en décembre 1743, mort le 27 février 1822, et connu par l'opuscule suivant :

Abhandlung iiber die Eigcnschaftcn und Wirkungen der anbnalischen Elekti-icitàl, wodurch auch die ivahre Natur der llundswuth und ihre Ileilung erkennbar wird. Breslau, iiS05, in-8°. L. Un.

GRUrVER (Christian-Gottfried). L'un des médecius les plus érudits et les plus laborieux qu'ait produits l'Allemagne, naquit à Sagan^ en Silésie, le 8 novembre \ 744. Dès l'âge de quatre ans il fut envoyé à l'école. Cette contrainte précoce à l'étude était peu de son goût et il en profita si peu, malgré ou peut-être à cause de l'extrême sévérité de son maître, qu'à onze ans tout ce qu'il savait se réduisait à pouvoir lire et écrire médiocrement et répéter quelques phrases latines. Un nouveau recteur qui sut mieux comprendre les dispo-

sitions de son élève et le caractère de son esprit l'initia dans la connaissance réelle des langues et des littératures grecque et latine, dans celle de la géographie, de riiistoire et des antiquités, et sut allumer en lui une ardeur incroyable pour l'élude. Son père ne lui permit de s'y livrer qu'à la condition qu'il s'ap|iliquerait à l'étude de la théologie. Après trois ans passés au gymnase, il se rendit, en 1765, à l'Université de Leipzig, où il'passa cinq années livré à ses études et où quelques travaux littéraires lui fournirent les moyens de se former une petite bibliothèque de choix. L'indépendance de son esprit ne s'accommoda pas longtemps de la théologie; il l'abandonna pour la médecine. Il fut reçu docteur à Halle le 22 décembre 17G9, et alla se fixer à Breslau, où il vécut, paraît-il, en fort mauvaise intelligence avec ses conlrères. Tous ses moments de liberté étaient donnés à l'élude et il mit au jour quelques ouvrages qui répandirent son nom. Une place de professeur de médecine théorique et de botanique lui fut oflerle à l'Université d'iéna; il l'accepta en 1773. Ses succès dans le professorat furent brillants et se soutinrent dans sa vieillesse et jusqu'à sa mort; circonstance assez rare pour mériter d'être notée. Depuis lors sa vie se passa dans les exercices académiques et fut remplie par d'innombrables travaux. Gruncr mourut le 4 décembre 1815, dans la soixante-onzième année de son âge.

Par sa connaissance profonde de? laugnes et des littératures anciennes, son sens critique, son jugement exact, ses recherches consciencieuses, Gruner est arrivé à occuper dans la littérature médicale un rang hors de pair.

Dans la multitude de ses écrits on remarque particulièrement ceux relatifs à l'histoire de la médecine, tels que sa classilicatîon criti(|ue des ouvrages attribués à Ilippocrate, ses antiquités anatomiquos et patliologiijues, sa bibliothèque des médecins anciens, ses essais de nosologie tirés des historiens du moyen âge, ses fragmenis d'écrivains grecs ou arabes, ses dissertations et ses nombreux recueils sur l'histoire de la maladie vénérienne et sur celle de la variole et de la rougeole. On estime, dans un autre genre, ses travaux séméioliques. On ne fait pas moins de cas des fragments qu'il a donnés sur la médecine légale, dans ses écrits académiques ; enlin on reconnaît l'utilité des recueils dans lesquels il a condensé et conservé ce qui pouvait se trouver d'utile dans des dissertations destinées inévitablement à tomber dans l'oubli, et on ne peut lui refuser d'avoir contribué à ranimer le goût des bonnes éludes et échaulfé l'amour de la science par ces publications annuelles dont le nom ne s'applique chez nous qu'à des rapsodies insignifiantes, mais auxquelles il avait donné un caraclère grave et élevé (Dezeimeris, etc.).

Malheureusement Gruner était doué d'un caraclère très-ombrageux et trèsirascible, et il s'est laissé en traîner trop souvent à former des coteries et à ourdir des intrigues contre des confrères estimés tels que Lodcr, Stark, etc., et contre le philosophe Fichte, qui le plus souvent n'avaient eu d'autre tort vis-à-vis de lui que celui de lui avoir déplu {voy. sur Gruner une notice de Henschel, in Janus Zeilschr. f. Gesch. u. Liler. der Medicin, Bd. I, p. 823, 1846).

I. diss. de causa slerililatis in sequiori sexu ex dodrina Uippocratis velerumque medi- COrum. llalae, 1770, iii-4°. — H. Censura librorum Uippocrateorum, qua veri a falsis, inlegri a supposilis , segregantur ; collegit ex optimis quibusque auctoribus , Erotiano, Galeno, Mercuriali, Foesio, J. A. Fabricio, llalleio, aliisque; omiiia recensait, dijudicavit, novumque in ordinem redcgit. Vratislaviae, 17Ti, in-8°; ibid., 1773, in-8°. — 111. Gedankcn von der Arzneywissenscliaft und den Aerzten, Breslau, i77'2, in-S". — IV. Programma : neque Eros, neque Trolula, scd Salernilanus quidam medicus, isque chiistiatms, auclor libelli est qui de morbis mulierum inscribilur. leaae. 1775, in-4°. — V. Analecia ad aiiti-

GRUTIER. 555

quitates medicas, quibns analome Aegyptiorum et Hippocratis, necnon morlis genus quo Cleopâtra regma periit, explicanlur : iterum relraclavil. Yratislaviae, 1774, in-4''. — VI. Morborum antiqiiitates collegit et optimis quibusque aucloribus i-ecensuit, ordinavit, cl sito quemque niorbits loco collocandum curavit. Yratislaviae, 1774, in-8°. — VII. Biss de causis hnpolenliae in sexu poliori, et doctrina Hippocratis velerumque medicoruni' lenae, 1774, in-S". — VIII. Programma de febre urticata ah cancris fliiviatilibits et fragariae vcscac fruclu. lenae, 1774, iii-4°. — IX. Programma de d/cinoiiiacis à Chrislo Sospitatore percuratis. lenae, 1774, in-4°. Edifia altéra, ciim Trilleri exorcisatione de miranda lateris cordisqiie Chrisli vu/nere. lenae, 1775, in-8°. — K. Semiolice physiologicam et palhologicam generalcm complexa, in usum praeleclionum acadonicaruin. llalae, 1775, iii-8°. — XI. Johannis Jacobi Rciski et Johannis Erncsti Fabri opuscula medica, ex monumentis Arabum etEbrœorum, iterum recensuit pracfalus est vilasque auctorum, indicemque reriim adjecit. Ilalae, 1776, in-8°. — XII. Programma : spécimen correctionum Galenicarum ab Gasparc Hofmanno olim conscriplarum. lenae, 1776, in-4°. — XIII. Programma Stephani Alcxandrini nifA xp\>tJonoiâi Icclio prima, graece et latine. lenae, 1777, in-4''. — XIV. Diss. naevorum origines. lenae, 1778, 'm-i°. — XV. Diss. de virtulibus agarici muscarii, vitlgo Fliegenschwamm, tam in internis quam in exlernis. lenae, 1778, in-8'. — XVI, Diss. de variantis termini vitae causis, illutnque prorogandi subsidiis. lenae, 1778, in-4°. — XVII. Via et ratio formulas medicas conscribendi, in usum praeleclionum academicarum. Ilalae, 1778, in-8°. — XVIH. Programma : variae lectiones Xenocratae. lenae, 1778, in-4''. — XIX. De venu medinensi Arabum. In Act. Acad. Erf., 1778. — XX. Diss. de recta hirudinum applicalione. lenae, 1780, in-4°. — XXI. Programma de vita Gaspari Uofmanni. lenae, 1780, in^". — XXII. Diss. de febre puerperarum. lenae, 1781, in-4». — XXIII. Bibliolhek dcr alten Aerzle in Uebersetzungen und Ausziigcn. Leipzig', 1781-1782, 2 vol. in-S". — XXIV. Oi'ibasii medicinalium coUectoruni liber, J. E. codice mosquensi , niuic primuvi graece et latine programma, lenae, 1782, in-4''. — XXV. Oribasii medicinalium collectorum libri 1 et II, et fragmenlum aliud è codice mosquensi, nunc primum graece et latine. lenae, 1782, in-4'. — XXVI. Diss. de causis melancoliae et maniae dubiis in medicina forensi caute admittendis. lenae, 1785, in-4''. — XWll. Sammlung der gemeinniitzigsten praktischen Aufsâtze und BeobacJUungen aus den Schriften der kônigliclienmedicinischen Gesellschaft zu Paris, iibersetzt und mit Anmerkungen versehen. Halle, 1784, in-8°. — XXVIII. Chrisliani Langii, professoris medicinae quoudam Lipsiensis, faciès Ilippocratica levi penicillo adumbrala, recudi curavit. lenae, 1784, in-S». — XXIX. Programma de momentis infanticidam excusantibus. lenae, 1786, in-4''. — XXX. Programma : fragmenta medicorum arabum et graecorum de variolis. lenae, 1786, in-4°. — XXXI. Baplistae Codronchii, de morbo navo, prolapsu mucronatae cartilaginis dicto, libellas. lenae, 1786, in-4'. —

XXXII. Programma : fragmenta medicorum arabum et graecorum V. lenae, 1787, in-4". —

XXXIII. Programma : Josephi Grunbeck. Tractalus de scorra pestilenliali , sive viala de Franzos. lenae, 1787, in-S". — XXXIV. Disserlatio de signis mortis diagnosticis dubiis caute admittendis et reprobandis. lenae, 1788, in-8''. — XXXV. Aphrodisiacus, sive de lue venerea in duas parles diviius, quarum altéra conlinet ejiis vestigia in veterum auctorum monumentis obvia, altéra quos Aloysius Luisinus temere omisit scriptores medicos et historicos, ordine chronalogico digcstos, collegit , notulis instruxit, glossarium indicemque rerum memarabilium subjecit. lenae, 1789, in-l'ol. — XXXVI. Jani Cornarii professoris quondam aulici in universitate litteraria ienensi, celeberrimi, conjecturae et emendationes Galenicae. Nunc primum edidit Gruner. lenae, 1789, in-8''. — XXX VII. De variolis et morbillis fragmenta medicorum arabicorum, Constantini Africani, Matthaei Silvatici, Bernardi Gordonii, Johannis Anglici de Gaddesden, Gentilis de Fulgineo, Michaelis Scoti, llolandi Parmensis , Guidonis de Cauliaco, Guilielmi Varignana, Valesci de Taranto, Johannis de Concoregio, Pétri Ilispani , Antonii de Gradis , Meng/ii Faventini, Blasii Astarii et Johannis Saliceli, junctim edidit, notulis et glossario instruxit. lenae, 1790,

10-4°. XXXVIII. Facultatis medicae marpurgensis de convulsione cereali epidemica novo

niorbi génère responsiim I-X. lenae, 1793, in-4°. — XXXIX. De morbo gallica scriptores medici et historici, jiarlim inedili, partim rari et notationibus aucti, accedunt morbi gallici origines maranicae. lenae, 1793, in-8''. — XL. Physiologische und pathologische Zeichenlehre; eine freye, zum Theil umgearbeitele und vermehrie Uebersetzung , zum Gebrauch akademischer Vorlesungen. lena, 1795, in-8°. — XLI. Jura et jjrivilegia docloris medicinae diplomate patavino expressa et illustrata. lenae, 1793, in-8°. — XLII. Programma Catalogua Bibliothecae graecae ineditus. lenae, 1794, in-4". — XLIII. Nosologiae historicae specim. 1-IX. Programm. lenae, 1794-1795, in-4''. — XLIV. Programm. I-X de imputatione suicidii dubia, casu singulari illustrata. lenae, 1797-1799, in-4°. — XLV. Programm. Spicilegium I-XIV scriptorum de morbo gallico. lenae, 1799-1802, in-4''. — XLVI. Programma ad locum Hippocratis medicina est additio et detractio. lenae, 1800, in-4°. — XLVII. Programm. commentatio l-Vl in locum LiUheri de fiUis per diabolum subdilis.

DICT. ENC. 4* S. XI. 25

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lenae, 1800-1S02, in-4«. — XLVKI. Programma quaestio forensis an vir, qui testes perdidit, foeçundus et testabilis esse possit? leiiae, 1802, in-4°. — XLIX. Programma Zosymi de zythorum confectione, fragmentum I. lenae, 1802. Sectio H, ibid., 1803. Seclio III et IV, ibid., 1807). SpcHo V, ibid., 1805. — L. Progr. variae lectiones in Q. Serenum Sammonium ex N. Marcscalci enchiridio excerptae. lenae, 1803, in-4°. — LI, Progr. commentatio in locum Ce/si de seclis medicorum. Icnae, 1805, in-4°. — LU. Itinerarium sudoris anglici ex actis designalum. Icnae, liiO.o, in-S". — LUI. Progr. Dus Immisch. Spec. coiilinens suicidum dubium casu singulari illuslralum. lenae, 1808, in-4°. — LIV. Progr. l-V de prioritate morlis. lenae, 1810-1814, in-4°. — LV. Kurzgefasstes Sgstem der gerichtlichen Arzncywissenschaft, entworfcn von J.-D. Mclzger, nach dem Tode des Verfassers revidirt, verbessert mit den nôtkigen Zusâtzen und einem liegister versehen von C.-G. Grimer. Kijnigsberg, 1814, in-8°. ^ L. Hn.

GRiJi%[PECK voiM BURGHAUSEiv (Joseph). On l'a eiîcore écrit Grunpeckh et GniJNBECK. Le plus ancien des sypliiligraphes, naquit vers 1470, à Burghausen, sur la Salzacli, et lit ses premières études dans sa ville natale. En l'an 1496, une poésie du célèbre Sébastian Brant (de Strasbourg) lui donna l'idée de jiublier ses deux premiers écrits sur la maladie vénérienne ; il était encore tout jeune et avait à peine quitté les bancs de l'Université. Cette même année il mit encore au jour un ouvrage astrologique, son Pronosticon... (Vienne, 1496, in-4''), dont il ne reste qu'un exemplaire à la bibliothèque impériale de Vienne. Peu après, il enfanta des comédies. En 1495, il fit un voyage en Itiilio, visita Rome, et en Étrurie rencontra une armée allemande, laissée là probablement par l'empereur Maximilien 1°'', pour prêter aide aux Milanais et aux Vénitiens ligués contre Florence et contre la France. Il visila également le camp de l'armée l'rançaiso. Il trouva là l'occasion d'examiner un grand nombre de soldats atteints de syphilis. Il partit ensuite avec des négociants pour visiter ly Hongrie et la Pologne, et revint en Allemagne enseigner la littérature latine au gymnase d'Ingolstadt. En 1496, il obtint la charge d'historiographe des ducs de Bavière. Lorsque le mal vénérien éclata à Ingolstadt, il se réfugia à Augsbourg, où il écrivit pour le bourgmestre un Prunosticon pour les années 1496-1499, et dédia au chapelain comte Bernard de Waldkirch son Tractutus de pestilentiali scorra. 11 obtint l'autorisation d'enseigner les humanités aux jeunes patriciens. Il composa à cette occasion des comédies, qu'il jouait lui-m^ême avec ses élèves. L'empereur, ayant assisté à l'une des représentations, prit Griinpeck en si haute estime qu'il en fit son secrétaire intime. Il accompagna l'empereur en cette qualité, mais ne fut jamais ni son conseiller politique, ni son confesseur, ni son médecin, comme l'ont prétendu quelques auteurs. En 1500, l'empereur le nomma chanoine du couvent d'Altôlting (Bavière). De retour à Augsbourg en 1501, Grûnpeck, sur la prière de ses amis, donna un « Convivium cui non wlnm Bacchiis et Ceres, sedetiam Vemis intererat », et à la suite de cette orgie l'ut atteint lui-même de la syphilis qui l'avait toujours tant intéressé et qu'il fuyait avec terreur. Il lui fallut deux ans pour se débarrasser des symptômes les plus gênants, puis décrivit sa maladie dans un opuscule paru en 1503. Malgré ses flatteries à l'égard de l'empereur, celui-ci eut la pudeur de ne plus le recevoir dans son intimité ; à Munich, oii il se rendit, il trouva également un accueil glacial ; cependant l'empereur, probablement sur la prière d'un ami de Grûnpeck, lui vint en aide par le don du moulin de l'hôpital à Steyer. Vers, cette époque, il fit un séjour àSalzbourg, puis en 1505 il fut chargé d'un cours de poésie à Ratisbonne. En 1506 on le retrouve à Augsbourg, en 1508 à Ratisbonne, puis dans divers lieux de la Suisse. On ne sait où il mourut, mais il a dû atteindre un âge très-avancé, car son dernier Pronosticon date de 1551.

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Grûnpeck n'était pas médecin, comme l'a dit Astruc et comme beaucoup l'ont répété après lui. Il donne du reste le conseil, dans son Traclatiis de pestilentiali scorra, de consulter les médecins, qui sanius quam ego comU' 1ère possunt, et ailleurs il les accable de reproches et de sottises. En revanche, il était prêtre, quoiqu'il n'ait obtenu la consécration que très-tard. Kastner, Jocher, etc., ontponsé que le Grùnpcck, médecin d'Augsbourg, différait de l'astrologue Griinpeck. Cette opinion a été suffisamment réfutée depuis {voy. Fuchs, Die âlteren Schriftsteller ûber die Luslseuche in Deutschland, Gôttingen, 1843, in-S", p. 384). Pour l'énumération de tous les ouvrages de Grûnpeck, nous renverrons également au livre de Fuchs, p. 390. Voy. encore sur Grûnpeck une excellente notice de von Oefele dans VAllg. detitsche Biogr., Bd. X, p. 56, 1879. Nous nous bornerons à citer de lui les ouvrages qui sont relatifs à la syphilis :

I. Tractalus de pestilentiali scorra, sive mala de Frantzos, origînem remediaqiie ejnsdem continens, compilatus a venerahili viro magistro Joseph Grûnpeck de Burckliansen super carmina quaedam Sebastiani Brant, ulriusque juris j^rofessoris, Augustae, t49(), iii-4''. Réimpr. par les soins de Christ. -Gottfr. Griiner. lenne, 1787, in-8°. — II. Ein hiibscher. Traclat, von dem Ursprung des h'ôsen Franzos das man nennet die Wylden Wârlzen. Auch ein Hcgimeni wie man sich regiren sali in dieser Zeyt. Augsburff, 149G, 111-4°. Ce n'est pas, à vrai dire, la traduction du précédent, c'en est plutôt une édition plus populaire. — III. Libellus de menlulagra, alias morbo gallico. Burckhausen, 1503, in-4'', réimprimé la même année à Augsboui'g et à Vienne. Une traduction française toute récente de ce livre a paru sous le titre : De la meniulagre ou mal français. Trad. par Corlieu. Paris, 1884, in-18. L. Hn.

GRÎJiWirALD (Fi'.iedrich-Emmanuel). Médecin et naturaliste allemand, né à Kupper (Haute Lusace), le 10 avril 1734, mort à Bellevaux, près de Bouillon (Pays-Bas), le 16 octobre 1826. Fils d'un pasteur, il prit ses premiers grades en médecine à Leipzig, en 1753, et fut admis au Collège de médecine et de chirurgie à Dresde en 1755, Six ans après, il vint s'établir à Bouillon. Il était collaborateur du Journal encyclopédique pour la partie étrangère, c'est-à-dire allemande, anglaise et italienne. Il fonda surtout sa réputation avec la Gazette salutaire, qui avait pour objet de répandre les découvertes se rattachant à l'art de guérir et qu'il rédigea pendant trente ans. Diderot et d'Alembert l'invitèrent à travailler au supplément de Y Encyclopédie. II rédigea en outre un grand nombre de mémoires sur l'agriculture. Par suite de la Révolution, Grunwald était tombé dans l'indigence, mais ses travaux utiles lui valurent des gratifications de la Convention, du Directoire et du gouvernement impérial; le roi des Pays-Bas lui continua une pension que lui faisait la France (Biogr. Didot).

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