GROS-BEC
foncé suivant les saisons ; les pattes sont couleur de chair et les yeux d'un gris pâle ou rosé.
Le Gros-bec est sédentaire dans plusieurs contrées de l'Europe et de l'Asie septentrionale, et descend en hiver dans les provinces méridionales; il traverse même la Méditerranée et visite l'Algérie et le Maroc. Dans les pays où il séjourne pendant toute l'année, il se tient durant la saison des amours dans les grandes forêts où il se nourrit de graines et de fruits sauvages, mais, quand vient l'automne et que ses petits peuvent chercher cux-mèmcs leur nourriture, il se ra[)proche des habitations et se montre en petites troupes dans les jardins et les vergers. Il peut alors causer d'assez grands dégâts en dépouillant les arbres fruitiers et principalement les cerisiers. Aussi lui fait-on une guerre active îi coups de fusil ou au moyen de pièges variés.
Le nid de cette espèce est toujours établi sur de petites branches, à une certaine hauteur au-dessus du sol et à l'abri de tous les regards : il est formé d'un lit de brindilles et de racines sur lesquelles repose une couche de mousse et de lichen, et ses parois internes sont garnies de radicelles, de poils et de flocons de laine. Il renferme trois à cinq œufs d'un gris verdàtrc, tachés ou rayés de brun plus ou moins foncé. Les deux parents se livrent tour à tour aux soins de l'incubation et, quand les petits sont éclos, veillent sur leur famille avec la plus grande sollicitude.
En captivité, les Gros-becs s'apprivoisent assez facilement, mais ils ont un caractère maussade et ne s'accordent pas bien avec les autres oiseaux, qu'ils blessent souvent avec leur bec robuste.
Le Coccothrauates japonicus (T. et Schl.), qui est propre au Japon, a été considéré par quelques auteurs comme une simple race de l'espèce vulgaire.
A côté des Gros-becs proprement dits se placent un certain nombre d'oiseaux qui leur ressemblent par la physionomie générale, mais qui portent une autre livrée, qui n'ont pas les mandibules conformées tout à fait de la même façon, dont les ailes et la queue sont relativement plus longues ou plus courtes, et qui, pour toutes ces raisons, ont été placés par les naturalistes dans des genres distincts. Tels sont les Hesperiphona du Mexique, les Mycerohas de l'Inde et de la Perse, les Eophona de la Chine et du Japon, les Geospiza, les Camarhynchus, les Caclornis et les Cerlhidia des îles Galapagos. Ces genres asiatiques ou américains méritent toutefois d'être rattachés au genre Coccothraustes et de figurer avec lui dans une tribu ou dans une famille que l'on appelle Coccothraiistinœ ou Coccothraustidœ.
Au contraire les Becs-croisés [Lovia L.), les Durs-becs {Corylhus Cuv.), les Linottes {Linota Bechst.) et un ou deux autres genres, sont généralement placés dans un groupe différent sous les noms de Loxiinae ou de Loxiidae. Les Becscroisés, en effet, ont une physionomie toute particulière et, si leurs deux mandibules sont relativement presque aussi robustes que celles des Gros-becs, elles ne se rencontrent pas à l'extrémité, de manière à former un cône, mais se resserrent brusquement et se terminent par deux pointes qui se croisent. Par suite de cette disposition et des mouvements unilatéraux qu'exécute forcément la mandibule inférieure, les muscles de la tête et du cou sont ausbi, chez ces Passereaux, toujours plus développés d'un côté que de l'autre. La tête est forte et le corps trapu; les ailes longues et étroites se terminant en pointe, la queue, courte, paraît un peu échancrée sur le bord postérieur, et les pattes, solides et bien musclées, se terminent par des doigts allongés, munis d'ongles crochus. Ces
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oiseaux, par leurs allures, rappellent beaucoup les Perroquets ; ils grimpent aux arbres avec beaucoup de facilité et se servent de leur bec si bizaireraent conformé pour ouvrir les cônes de pins et de sapins et en arracher les semences qui constituent leur nourriture. En raison de ce régime exclusif, les Becs-croisés hantent les forêts de conifères dont ils ne sortent point, et habitent les régions froides et tempére'es des deux mondes. En Europe il y en aui'ait trois espèces, suivant les ornithologistes allemands : le Bec-croisé des Pins [Loxia curvirostra), le Bec-croisé des sapins (L. pityopsiUaciia.) et le Bec-croisé à bandes (L. tsenioptera) , mais ces trois formes sont si voisines l'une de l'autre qu'on a quelque peine à les distinguer. Les mâles portent une livrée rouge-minium ou rouge-groseille, varice de gris et de noirâtre, tandis que les femelles et les jeunes ont un plumage gris-verdàtre.
Les Durs-becs [Conjthus) ont à peu près la même distribution géographique que les Becs- croisés et se trouvent à la fois en Amérique, en Asie et en Europe. L'espèce commune [Corythus enucleator L.) atteint presque la taille d'une Grive et porte un costume assez semblable à celui des Loxia, les teintes du plumage étant rouges, jaunâtres ou rougeàlrcs chez le mâle et jaunâtres ou vcrdâtrcs chez la femelle et le jeune. En été, les Durs-becs vivent par couples dans les forêts de conifères, mais en hiver ils se réunissent en bandes nombreuses qui émigrent •d'une contrée à l'autre quand le froid devient trop rigoureux. Quant aux Linottes {Linota), dont on connaît également plusieurs espèces américaines, européennes •ou asiatiques, elles sont assez mal placées à côté des Durs-becs et des Becscroisés, car ce sont des oiseaux de petite taille, au bec médiocrement développé, conique et très-pointu, rappelant par leurs formes générales les Serins et les Chardonnerets {voy. ces mots). La Linotle vulgaire [Linota cannahina) porte une livrée grise et brune, rehaussée chez le mâle par deux taches d'un rouge Tif, occupant l'une le sommet de la tête et l'autre le devant de la poitrine. Elle liabite l'Europe entière et fréquente plutôt les pays bien cultivés que les régions boisées : elle se nourrit de graines de chanvre, de chou, de colza, de plantain. Comme elle s'apprivoise très-facilement et que son chant est des plus agréables, on la recherche beaucoup comme oiseau de volière. E. Oustalet,
Bibliographie. — A. Wilson. American Ornithologxj. Philadelphie, 1808-1814, in-8°. — 'Ch.-L. Bonaparte. American Omithology, supplément à l'ouvrage de Wilson, 1825-1833. Philadelphie, in-4''. — Cii.-L. Bonaparte et II. Schlegel. Monographie des Loxicns. Leyde, 1850, in-4°, avec pi. — Temminck et Schlegel. Fauna japonica, Aves, 1846. — Gould. The Bircls of Eiiropa, et The Birds of Asia, 1850-1883, in- fol. — Degland et Geiibe. Ornithologie européenne, 1' édit., 1867, t. I, p. 265 et 269. — G.-R. Gray. Handlist of Birds, 1870, t. II, p. 87. — A. David et E. Odstalet. Oiseaux de la Chine. Paris, 1877, in-8'', avec pi. — H.-E. Dresser. A Uislory of the Birds of Europe^ 1871-1882, in-4°, avec pi. — A.-E. Brehsi. Vie des animaux. Oiseaux, trad. de Z. Gerbe. E. 0.
GROSCnKE (JoHANx-GoTTLiEB von). Médecin et naturaliste, né à Tuckum, en Courlande, le 30 août 1750, fit ses études à Berlin et à Gottingue, et prit le grade de docteur en médecine à cette dernière université en 1784, puis voyagea en France, en Angleterre et en Ecosse. A son retour, il devint médecin du duc Pierre de Courlande, qui le nomma en 1786 professeur d'histoire naturelle et de chimie au gymnase de Mitau, en 1788 directeur de l'hôpital de la ville, en 1791 médecin de la cour, fut nommé en 1817 chevalier de l'ordre de Saint- Vladimir, puis conseiller aulique, et en 1827 conseiller du Collège impérial. Groschke mourut à Mitau, le 28 mars 1828, laissant :
s GROSEILLIER (botanique).
I. Diss. inattg. de empijemate. Gottingae, 1784, in-4''. — II. Ein Flugblatt zw Empfehlung der Schulzb/attcniimpfuug. Mitau, 1801, in-8°. — III. Autres publications dans les recueils périodiques et divers mémoires sur la minéralogie. L. Hk.
GROSEILLE. GROSEILLIER. ^ I. Rotaniqne. Les Groseilles sont les fruits charnus, pulpeux, ou baies, des Groseilliers [Ribes). Ceux-ci, qui ont bien longtemps pour tous les auteurs constitué une famille distincle, celle des Ribésiacées ou Grossulariacées, ont des fleurs régulières et hermaphrodites ou plus rarement polygames. Dans les premières, le réce[)tacle concave loge dans son intérieur l'ovaire infère, après quoi il se dilate en un tube, un entoinioir, ou une cupule, dont les bords portent le périanthe et l'androcée. Le calice est formé de cinq sépales, dont la préÛoraison est imbriquée, ou presque valvaire, ou, plus rarement, de quatre sépales. Ces folioles, souvent très-développées^ et presque toujours bien plus apparentes que celles de la corolle, sont imbriquées, dressées, étalées ou recourbées en dehors, pétaloides ou verdàlres. Dans l'intervalle des sépales s'insèrent sur la gorge du réceptacle un nombre égal de pétales, souvent petits, inclus, ne se touchant pas, ou imbriqués dans le bouton. Les étamines, eu même nombre que les pétales, avec lesquels elles alternent, insérées comme eux, se composent chacune d'un filet libre, tantôt court, caché dans l'intervalle des pétales, et tantôt longuement exsert, et d'une anthère biloculaire, presque globuleuse ou didyme, plus rarement ovale, allongée, introrse, déhiscente par deux fentes longitudinales. L'ovaire est surmonté d'un style à deux branches, qui se séparent l'une de l'autre à des hauteurs très-variables et se terminent chacune par une extrémité renflée et stigmatiiere. Elles alternent avec deux placentas pariétaux, supportant des ovules anatropes, disposés sur plusieurs rangées à l'âge adulte. Ils sont en nombre indéfini ou très-peu considérable, ce qui, avec les caractères tirés de la forme et de la longueur du réceptacle, du calice et de l'androcée, a principalement servi à distinguer plusieurs genres que nous ne conservons que comme sections. Le Iruit, couronné du calice persistant, et souvent des restes de la corolle et de l'andiocée, est une baie dont la pulpe renferme des graines en nombre variable. Celles-ci ont un tégument superficiel, charnu ou pulpeux, et une enveloppe plus profonde, testacée, sous laquelle se trouve un albumen charnu, logeant vers son sommet un petit embryon cylindroïde. Les Groseilliers sont des arbustes inermes ou chargés de glandes, d'aiguillons. Leurs feuilles sont alternes, pétiolées, simples, entières ou découpées d'une façon variable, à stipules nulles, ou membraneuses et adnées au pétiole. Leurs fleurs sont solitaires, fasciculées, ou plus souvent réunies en grappes placées chacune dans l'aisselle d'une bractée, et le pédicelle est souvent chargé de deux ou d'un petit nombre de bractéoles stériles. Les espèces connues, au nombre d'une cinquantaine, habitent les régions tempérées de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique ; elles ont été partagées en un certain nombre de sections, ^'os Groseilliers rouge, blanc tt noir, appartiennent à la section Ribesia ; la portion évasée de leur réceptacle est campanulée ou tubuleuse. Leurs étamines ont des filets courts, et leurs branchis inermes portent des feuilles plissées en vernation, et des fleurs en grappe. Les SymphocaIy:i\^ espèces souvent ornementales, ont un réceptacle étiré en long tube, des étamines à filet inclus, des rameaux inermes, des feuilles eonvolutées dans le bourgeon et des fleurs en giappe. Les Robsonia ont de plus grandes fleurs, à tube également allongé, de longues étamines exsertes, des fleurs solitaires ou en petit nombre, et leurs tiges, leurs rameaux, de même que leurs fruits, chargés d"ai-
GROSEILLIER (botanique). »
guillons. Enfin, nos Groseilliers dits à maquereaux servent de type à la section Grossit! aria, qui a aussi dos fleurs solitaires ou peu nombreuses, mais des Iruits inermes et des aiguillons de deux sortes : les uns distrihiie's çà et là sur la surlace des rameaux ; les autres développés en nombre défini, avec une certaine régularité, au niveau des coussinets qui supportent les feuilles. En somme, les Groseilliers peuvent être définis : des Saxifragacées à fruit charnu et pulpeux.
Le Groseillier à grappes est le Ribes rubriim L. (R. officinale Dl'm). Ses petites baies sont bien connues : disposées en grapi es, globuleuses, succulentes, acides et renfermant des acides citrique et nialique. Ordinairement rouges à l'état sauvage, elles varient dans les cultures du rose au blanc et sont, dans ce dernier cas, moins acides. On les sert sur nos tables et l'on en prépare des confitures, des gelées et un sirop rafraîchissant, souvent administré aux malades. L'espèce est commune, à l'état sauvage, dans les bois humides, les buissons, les haies, etc.
Le Groseillier noir, ou Cassis, Cassissier, Cassier des Poitevins, est le Ribes nigrum L. Ses fruits sont globuleux, mais un peu plus gros que ceux de l'espèce précédente, noirâtres et très-odorants, comme les feuilles. Cette espèce n'existe chez nous qu'à l'état de culture. Avec ses bois, on prépare le Cassis, sorte de ratafia aromatique, digestif et apéritif.
Le Groseillier à maquereaux est le Ribes Uva-crispa L. {R. Gro'^sularia L. — R. spinosum Lamk). C'est une petite espèce buissonnante, à brandies dilïuses^ à coussinets le plus ordinairement munis, au-dessous de l'insertion des feuilles, d'aiguillons simples ou plus fréquemment tripartites. tiès-rigides et aigus. Les fleurs sont solitaires ou en petit nombre et très-brièvement péliolées ; il en est de même de leur fruit, relativement volumineux, entouré du réceptacle oblong ou subglobuleux, veiné, de couleur verte, jaune ou rouge. Vert, ce fruit est astringent; il sert à assaisonner certains poissons et certaines viandes. Mùr, il est riche en pulpe sucrée, douceâtre, molle, rafraîchissante et laxative. Il sert à fabriquer une sorte de vin. Cet arbuste se trouve à l'état sauvage dans les haies, les buissons, les lieux pierreux ; on en cultive de nombreuses variétés dans nos jardins. A l'élat sauvage, il présente trois variétés : le R. Grossularia L. [Spec, 291) proprement dit, qui est la variété glandulosum et qui a des ovaires et des fruits chargés de soies glandulaires; le R. Uva crispa L. vrai, ou variété pubescens, dont les ovaires sont pubescents et les fruits finalement glabres ; le R. reclinatum L., devenu la variété glabnim, et dont toutes les parties, y compris l'ovaire, sont glabres.
Nous signalerons encore comme espèces d'une importance secondaire : le R. petrœum Wulf., des Alpes de l'Europe moyenne, et le R. spicatum Robs.^ d'Angleterre, dont les fruits se mangent comme ceux du jR. rubrum; le R. alpinum L., des Alpes d'Europe; les R. fragrans Pall. et R. prociimbetis Pall., de Sibérie, dont les baies sont fort inférieures comme qualité.
Dans l'Amérique du Nord, on cite comme comestibles, rafraîchissants, les fruits du R. Cynosbati L., du R. oxyacanthoides L. et du R. aureum I'ursh, grande espèce qui est pour Spach le type d'un genre Chnjsobotrya et qui chez nous sert à la décoration des parcs et jardins. Ses tiges sont assez grosses et assez élevées pour qu'on puisse greffer les autres Ribes sur leur sommet et en faire des Groseilliers à tète.
Dans l'Amérique du Nord croît aussi le R. inebrians Li>"dl., dont Spach a fait son Cerophjllum inebrians. et dont les fruits sont en effet enivrants et vomitifs.
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Citons encore parmi les espèces américaines à fruits comestibles les R. divari- ■caliDii DouGL., R. magellanium Poir., jR. Menziezii Pdrsh et R. hirlellum Michx (R. saxosum IIook).
Les Groseilliers d'Amérique sont les Pereskia, de la famille des Cactacées.
Le Groseillier de Ceylan est VEmbelica indica Burm., que Steudel assimile ^w. Sahadora persica L. H. BiX.
Bibliographie. — L.. Gen., n. 281. — DC, Prodr., III, 477. — A. Rien., Bot. médic, II, 487. — Spach, Suite à lluffoii, YI, 148, 152, 154, 172, 180. — B. H., Gen., I, 655. n. 71. — SlÉn. etDK L., Dkt. Mat. tnc'd., III, 428; VI, 83. — Guid., Drog. simpL, éd. 7% III, 250. — RosE.MH., Sijn. pi. diaphor., 580,1140. — II. B.v, Ilist. des pi., HI, 560, 415, 421, 446. lig. 451-442. H. Bn.
§ II. ApitiicationM mé«iicaies. Les trois grandes variétés du groseillier : Rihes rubrum, Rihes nigra, Rites grossiilaria, ont des usages médicaux ou Jiygiéniques.
Ces usages ne paraissent pas avoir été connus des Anciens, et je n'en trouve guère de mention importante avant le seizième siècle. C'est Matthiole, dans ses Commentaires de Dioscoride, qui nous la fournit. 11 y parle du R. grossularia et du R. rubrum seulement, rapportant leurs avantages comme tempérants dans les fièvres.
Cette propriété est encore considérée aujourd'hui comme l'une des plus importantes de leurs fruits.
I. RiBES RUBRUM. Lc groscilUcr rouge nous fournit surtout ses fruits, rouges ou blancs, d'une saveur acidulé agréable, qui viennent à point pendant les chaleurs de l'été nous offrir un aliment rafraîchissant autant que délicat.
Les baies rouges sont plus acides que les blanches, et celles-ci plus sucrées que leurs congénères.
On trouve dans la composition des groseilles les acides malique et citrique et la pectine (de Braconnot), grossuline (de Guibourt), comme principes les plus importants, puis du sucre et, dans les baies rouges, une matière colorante qui se développe parallèlement aux acides. La proportion d'acide citrique y est assez considérable (Filloy) pour qu'on ait songé à l'extraire industriellement.
Les groseilles constituent un aliment assez savoureux, rafraîchissant, trèsdigestible quand on n'en abuse pas, ouvrant l'appétit (Roques), facilitant plutôt les garde-robes, et légèrement diurétique.
Leurs acides combinés à la soude sont brûlés dans l'économie ; il en résulte que leur base peut se combiner à de l'acide carbonique pour former du carbonate de soude. On comprend dès lors les propriétés tempérantes des groseilles, analogues à celles des agents alcalins.
C'est pourquoi leur suc ou bien encore les diverses préparations dans lesquelles on le fait entrer et que je vais énumérer dans un instant deviennent utiles dans les phlegmasies gastro-intestinales simples, les obstructions viscérales, les irritations des voies urinaires ou de l'intestin, les angines simples; pourquoi encore on les prescrit volontiers pour calmer la soif des fébricitants dans le cours des fièvres éruptives ou des autres pyrexies, dans les phlegmasies même, alors que les malades fatigués par une fièvre brûlante meurent positivement de soif. On peut enfin les recommander aux scorbutiques, aux sujets atteints de purpura et dans tous les cas d'irritation superficielle du tégument
GROSEILLIER (emploi médical). H
externe : érythème, urticaire, pseudo-exantlièmes, etc. Et les goutteux, les sujets bilieux ou constipés, se trouveront bien de la cure de groseilles comparable pour eux à celle de raisin, l'e'quivalent en somme d'une cure alcaline.
La geiée de groseille n'est-elle pas enfin un bon remède populaire contre les brûlui'es superficielles, en application locale? Certes, elle vaut, en effet, d'autres topiques plus savants.
Ces applications énumérces plus haut sont du reste singulièrement facilitées par l'agréable saveur des groseilles et surtout des diverses préparations dans lesquelles on les fait entrer, véritables friandises pour la plupart, que tout le monde connaît.
Mais la médecine utilise surtout le suc de groseilles et le sirop.
Le suc se prépare en traitant le mélange de 20 parties de groseilles, 2 de cerises rouges, 1 de cerises noires.
Ecrasez {Codex) ces fruits à la main sur un tamis de crin placé sur une terrine destinée à recevoir le suc ; soumettez le marc à la presse ; réunissez les sucs des deux opérations et portez le produit à la cave. Au bout de vingt-quatre heures environ, mettez la masse gélatineuse à égoutter sur une étoflc de laine pour obtenir le suc clarifié. En ajoutant 1/10 de framboises on aurait le suc de groseille framboise.
Sucré, ce suc se conserve bien par la méthode Appert. On peut d'ailleurs le transformer en sirop, ce qui assure encore sa conservation.
Sirop de groseilles. Suc de groseilles, 1000 grammes; sucre blanc, 1750- Faites chauffer dans une bassine d'argent ou de cuivre non étamée, et passez (Corfeo;). En pharmacie le sirop de groseilles est souvent employé pour édulcorer les potions, et il constitue un bon véhicule pour l'hydrate dechloral particulièrement (Bourdon), dont il parvient facilement à dissimuler la saveur désagréable.
Le suc, à la dose de quelques cuillerées dans l'eau sucrée, ou le sirop dans l'eau pure, nous fournissent une boisson tempérante, rafraîchissante, des plus agréables.
Ce même suc de groseilles sert à préparer la gelée, grâce à sa forte proportion de pectine, l'une de nos meilleures confitures et des plus saines. C'est le premier dessert des convalescents, presque toujours accepté avec plaisir.
Les groseilles servent encore à préparer des glaces, des sorbets et un vin assez apprécié en Angleterre, où on l'obtient pétillant comme notre Champagne.
Ce vin peut renfermer jusqu'à H, 40 pour 100 d'alcool, ce qui constitue la proportion moyenne de nos vins de raisin.
Enfin elles figurent sur nos tables et on les mange seules ou bien associées à ■des framboises, des fraises, etc. On les rend plus agréables à manger et plus faciles à digérer en les couvrant d'un peu de sucre. Elles doivent être écartées du régime diabétique, car elles renferment plus de 6 pour 100 de sucre réducteur, d'après Buignet (Ann. de chim. et de phys., 1861, t. XLl).
IL RiBES iMGRUM. Le groseillier noir, appelé encore cassis, dégage de toutes ses parties une odeur aromatique assez forte qui n'est pas appréciée par tout le monde, et qu'on attribue à une substance résinoïde incorporée à ses tissus.
Il fournit aux usages hygiéniques et médicaux ses fruits, s'es feuilles et sommités.
Les feuilles et sommités, par leurs principes aromatique et astringent-tannique, jouissent de quelques propriétés toniques, stimulantes, dlaphorétiques, diurétiques, et peuvent rendre des services comme adjuvants de substances plus actives.
12 GROSUANS.
On en fait par infusion, ou macération, ce qui est préférable, des tisanes réputées utiles dans certaines alfections des voies nrinaires, dans la dyspepsie alonique, les mau\ de gorge et quelques hydropisies.
Mais on aurait tort de compter sur une action bien manifeste de pareilles préparations.
Tout au plus devrait-on conseiller, avec Cazin, aux travailleurs des champs, la macération dans l'eau fraîche des feuilles et sommités du cassis comme boisson rafraîchissante pendant les chaleurs de l'été, utile seulement à la condition d'y ajouter du sucre, du vin, ou de l'eau-de-vie.
Les baies sont un peu sucrées et acidulés et renferment en assez grande pi oportion relative de l'huile volatile résineuse que nous avons signalée dans les autres parties de la plante.
Je les crois potn-vues de qualités stimulantes stomachiques, utilisables dans le cas de digestions laborieuses, surtout sous forme de liqueur de cassis.
Elles servent à préparer une gelée, usitée autrefois contre Its maux de gorge, et surtout une liqueur par macération dans l'.ilcool, appelée simplement cassis, qui jouit d'une ré[)utation populaire comme digestif. Cette réfutation me paraît ' quelque peu justifiée, mais il ne serait que juste d'attribuer les mérites du cassis aux divers ingrédients qui entrent dans sa composition, el surtout à l'alcool qui en fait la base.
m. RiuEs GitossuLARU. Le groseillier à maquereaux a des usages plus restreints. Ses baies, seules parties usitées, se mangent ou servent à divers usages culinaires, mais ne sont pas employées eu médecine. Comme elles sont trèsacides avant leur parfaite maturité, on les fait entrer à titre d'assaisonnement dans quelques ragoûts, et surtout elles relèvent la fadeur de la chair du maquereau.
En France on les mange mûres, en nature, tandis qu'en Angleterre et en Allemagne elles entrent comme condiment dans les assaisonnements ou bien encore servent à préparer un vin de groseille par fermentation avec le sucre.
C'est toujours un aliment assez indigeste et quelque peu laxatif et diurétique. Erkest Labbée.
GROSIIAXS (Georg-Philip-Frederik). Médecin hollandais, né à Rotterdam. le 26 avril 18J4, fit ses études à Leyde et fut reçu docteur en 1857. 11 se fixa ensuite dans sa ville natale et fut chargé, en 1840, d'enseigner la pathologie générale et spéciale et la thérapeutique à l'École clinique de cette ville. 11 remplit ces fonctions jusqu'en 1865, époque à laquelle le roi lui conféra le titre de professeur. Groshans mourut le 12 mai 1874, laissant la réputation d'un clinicien distingué et d'un savant zoologiste {Hirsch's Biogr. Lexicon). Nous citerons de lui :
I. Prodromus faunae Homeri et Hesiodi. Rotterdam, 1859-1845, 2 parties; trad. enangl. par \Y. Bell Macdonald. — II. Bedenkingen tegen het ontiverjj van wet op de uitoefening. der lakhen vor de geneeskunde. Rotterdam, 1845. — III. Schets der algemeene thérapie, etc. Rolterdam, 1846. — IV. Veerlien dagen in Engeland in lSi9. Rotterdam. 1851. — Y. Yerslag over de inwendige KUniek van de Geneeskundig School te Rotterdam, 1844, 1847, 184S; le dernier rapport a également été publié en français par Onyheiia, à Gand, 1849. — VI. Historisch Yerslag over de Geneesk. School te Rotterdam. Rotterdam, 1855. — VU. Levensbericht van Jan van der Iloeven, 1870. — YlII. Nombreux articles dans les journaux. L. Hx.