GUALTIERI
CiUAlBiPOCAiBA. Nom brésilien d'un arbre de la famille des Légumineuses-Mimosétîs, dont l'écorce, au dire de Pison {Bi'asil, 80), est employée en infusion contre les maladies des voies urinaires. Ed. Lef.
BiBLioGKAPniE. — PisoN. Brusil., 80. — Mérat et de Lens. Dici. Mat. méd., III, 451.
GlAIAC. Voy. Gaï.vc.
GLiAi:\ERiO (Antonio). Médecin de Pavie, qui a joui d'une gr.mde réputation dans la première moitié du quinzième siècle. Elève de Jacoppo délia Terre, plus connu sous les noms de Jacques de Forli, il fut pendant plusieurs années, depuis 1412, professeur dans sa ville natale, puis passa avec le même titre à Chieri. Il devint ensuite archiatre d'Amédée VIII, fit un voyage en Savoie et en France. En 1455, il accompagna le marquis de Montferrat aux bains d'Acqui, et à la fin de la même année fut appelé par Amédée en Savoie où sévissait une épidémie pestilentielle. En 1441, il revint auprès du comte de Montferrat et à sa mort, en 1445, alla à la cour du duc Louis de Savoie. Knfm, d'après quelques biographes, il alla mourir à Milan avec la charge de médecin de Filippo-Mario de Visconli, duc de Milan. D'après d'autres il mourut au contraire à Pavie, où existe du reste sa tombe, ornée d'une épitaplie. Guaiuerio a laissé un manuscrit comprenant presque toutes les parties de la médecine qui fut imprimé plusieurs fois et commenté ou additionné par divers auteurs. Une des plus complètes éditions que nous ayons vues et qui appartient à la Bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris porte ce titre :
Antonii Guaijnerii, medici prœstantissimi, opus preclarum, ad Praxim non mediocriter necessarium, cum permullis adnotamenlis Joannis Falconis, non inutililer adjunctis, aliisque in margine annolatis, diligentissinie castigalum. Lugduni, in vico Mercurial. In bibliotheca Scipiouis de Sabiano, sub signo fontis, pet. in-4°, 1554, goth. à deux colon , 507 foi. Cet ouvrage contient les traités suiv.ints : t" De œgritudinibus capilis ; 2' De œgritudinibus oculorum; 5" De œgritudinibus aurium; 4° De œgriludinibus nariuin; 5° De œgritudinibus gutturis ; 6° De œgritudinibus pectoris et pulmonum ; 1" De œgritudinibus cordis ; 8" De pleuresi; 9° De passionibus stomachi ; 10° De fluxibus; 11° De œgritudinibus matricis ; 12° De œgritudinibus juncturarum ; 15° De cakulosa passione ; 14" De peste ; 15° Devenenis; 16° De febribus; 17° De balaeis; 18° Antidotarium. Il y a des éditions de 1481, 148."<, 1497, . 1498, 1508, 1516, signalées par L. Hain et llaller. En outre, plusieurs des traités de Guainerio ont été imprimés séparément, entre autres, son Antidotarium. Papiœ, 1518, in-4°; son Traité de venenis. Papiœ, 1518, in-4°; celui De pleuresi, 1483, ainsi qu'un Tractatus de propriis mulieris œgritudinibus, 1474. On a encore de lui : In nonum Almansoi-is commentaria, etc., Venetiis, 1497, 1498. Enfin, sous le n° 6981 du fonds latin la Bibliothèque nationale possède un manuscrit du quinzième siècle, lequel renferme sept ouvrages de Guaynerius, savoir : De febribus (la fin manque); De rentris fluxibus; De matricis passionibus ; De peste et variolis ; De venenis; De pleuresi ; Antidotarium.
La pratique de Guainerio est écrite en style assez barbare et qui porte l'empreinte du goût de son siècle. Mnltum uhique admiscet superstiiionis, a dit de lui Haller {Bibliotheca medicinœ praclicœ, 1776, in-4", t. I, p. 460).
A. G. et L. Hn.
GUAJACUîn. Voy. G.uac.
GIIALTIEBI (Nicola). Médecin italien, né dans la Toscane, en 1688, enseigna à Pise, puis devint le médecin de la grande-duchesse de Toscane. Le
-i04 GUANlDINli.
grand-duc Gaslon lui conféra en 1715 le tiire de premier médecin et la première chaire de médecine à Pise. Amateur de conchyliologie, il avait recueilli une Irès-lielle collection de coquilles, dont il publia le catalogue. On a de lui deux Lettres, l'une insérée dans le Nouveau recueil de dissertation sur la physique et l'histoire naturelle de Lïicques, l'autre publiée en 1725, dans laquelle il s'occupe de l'origine des sources [Riflessioni sopra l'origine délie fontane, Lucca), et combat les idées de Vallisnieri sur le même sujet. Gualtieri mourut à Florence le 25 février 1744. L. IL\.
GL'AIVA.S (Les). Tribu de l'Amérique méridionale, faisant partie du rameau patagonien [voij. Amériqlk). D.
«JUAIS'IDIKE. Cll'Az''. Base énergique découverte par Strecker en traitant
guanine par l'acide chlorhydrique et le chlorate de potasse [voy. Guamke). Par la concentration, il se dépose de l'acide parabanique ; on neutralise alors l'cau-mère par le carbonate barytique et on la précipite par l'alcool, qui sépare de l'oxalate de baryum et de la xanthine barytique, tandis que le chloihydrate de guanidinc reste dissous ; on le transforme en sulfate cristallisable, qu'on décompose ensuite par la baryte.
La guanidine se produit dans un grand nombre de circonstances.
Elle se forme lorsqu'on chauffe en tubes scelles l'orlhocarbonate d'ethyle avec de l'ammoniaque (llolmann) :
C(OGnp)» + SAzIP = 4C21PO + GIPAz^
ou lorsqu'on chauffe la chloropicrine, GCl"'(AzO^), avec de l'ammoniaque alcoolique concentrée (Ilofmann), ou en traitant de même le chlorure ou Tiodure de cyanogène (Erlenmeyer, Bannow). G. Bouchardat a observé sa formation, accompagnant celle de l'urée, dans l'action du gaz ammoniac sur le pliosgène, GUG1-.
Le moyen le plus commode pour préparer la guanidine repose sur la transformation qu'éprouve le sulfocyanate d'ammonium sous l'influence de la chaleur. Ge sel se transforme ainsi en sulfocyanate de guanidine et sulfocarbonate d'ammonium (Delitsch, VoUiardt) :
5CAzS.AzH* = 2CIPAzMlCAzS + GS-^(AzHf.
Sulfocyanate Sulfocyanate Sulfocarbonate
d'ammonium. de guanidine. d'ammonium.
On chauffe pendant vingt heures à 180-190 degrés le sulfocyanate d'ammonium bien sec, puis on reprend le résidu par la moitié de son poids d'eau froide qui le dissout en totalité. On décolore par le noir animal et l'on fiùt cristalliser à plusieurs reprises dans l'eau et dans l'alcool. Pour convertir le sulfocyanate de oiianidine en carbonate servant à préparer les autres sels, on évapore sa solution avec du carbonate de potassium en quantité théorique et l'on reprend le résidu par l'alcool bouillant, dans lequel le carbonate de guanidine est pea
soluble.
La guanidme libre est une masse cristalline, très-alcaline et caustique ; elle attire l'bumidité et l'acide carbonique de l'air. G'est une base monacide.
Le carbonate acide de guanidine, GW^^'^^-^O^'A^, cristallise en octaèdres très-
sohibles dans l'eau, insolubles dans l'alcool. La solution aqueuse et très-alcaline réagit comme les carbonates alcalins sur les solutions métalliques.
Le(:7i/or/i//f/rrt«e,CIPAr.HCI,cristallisedifijciIement. Lec/i/oro/j/afma^ecristal- Iiseen aiguilles jaunes, solubles dans l'eau bouillanle; le chloraurate cristallise en longues aiguilles jaunes.
L'azotate de guanidine, CH^Az"\AzO''II, forme des lamelles blanches ; c'est le moins soluble des sels de guanidine.
Le sulfate cristallise en prismes volumineux.
Voxalate acide, CH'Az^.C-ll-O*, est en cristaux incolores, peu solubles dans l'eau froide.
Le sidfocyanate, CWAz^.CKiSEjCrislMlse en lamelles flexibles très-solubles, fusibles à M 8 degre's.
Comtitution de la gvanidine. La guanidine représente la diamidocarho-
niniide :
L'acide sulfurique étendu et bouillant ainsi que l'eau de baryte la transforment, par fixation d'eau, en ammoniaque et urée:
Lorsqu'on chauffe vers 220-250 degrés l'acétate, etc., de guanidine, on donne naissance à des bases monacidcs particulières, queNencki a nonmiées gitanamines.
Le formoguanamine G''lPAz^ cristallise en aiguilles blanches, peu solubles dans l'eau froide, solubles dans l'eau chaude, fusibles au-dessus de 550 degrés. V acétoguanamine CMFAz^ fond à 2()4 degrés et peut être sublimée. Ed. Wiu.ji.
UiDLioGitAPniE. — Strecxer. Antial. Chem. Phanii., CXVIII. p. ISl. — Erlensieyer. Ibid., t. CXLVl. 259. — BoccHAnDAT (G.). Compt. rend., t. LXIX, p. 361. — Hofmanx. Deutsch. cheni. Gesellsch., 186S, p. 145. — Delitscm. Juurii. pralU. Chem. (2), t. VIII, p. '240, et t. IX, p. 1. — JoussELix. Compt. vend., LXXXV, p. 54S; LXXXVIII, p. 814 et 1086. — Kencki. Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 775, 1584 et 1876, p. 228 et 252. E. W.
«UAXIXE. Ce composé a été retiré du guano par Unger en 1844 et avait dabord été confondu avec la xanlhine. Il constitue en grande partie les excréments de l'araignée diadème {Epeira diadema). Scherer l'a rencontré dans le pancréas du cheval et Barreswill dans les écailles d'ablettes; il paraît exister aussi dans l'organe vert do l'écievisse.
Pour retirer la guanine du guano, on fait bouillir celui-ci avec un lait de chaux et l'on répète ce traitement tant que la liqueur se colore en brun, de manière à dissoudre toute la matière colorante, les acides volatils et d'autres substances. La guanine reste dans la partie insoluble avec l'acide urique; on les relire en faisant bouillir ce résidu avec du carbonate de soude et on sursatuie la solution par de l'acide chlorhydrique et de l'acétate de sonde. La guanine et l'acide urique se précipitent. On les sépare en faisant bouillir le précipité bien lavé avec de l'acide chlorhydrique moyennement étendu et bouillant ; il dissout la guanine et laisse l'acide urique. Le chlorhydrate de guanine cristallise par le refroidissement ; comme il renferme un peu d'acide urique, on met. la guanine en liberté par
l'ammoniaque et on la traite par l'acide azotique qui détruit l'acide urique L'azotate de guanine cristallise par le refroidissement.
La puanine libre est une poudre blanche insoluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'étlier. Elle se dissout dans les acides et dans les alcalis,'
La guanine a pour composition CMPAz^O. Lorsqu'on la traite par l'acide clilorhydrique et le chlorate de potasse, elle se convertit par oxydation en acide parabaniqiie et guanidine :
C»IPAz*Û H- 11^0 -h 0^ == C^'Hl\z^O^- 4- CIPAz'- -f- CO^
Guanine. Acide GuaniJinc.
parabanique.
Il se produit en outre un peu de xanthine. Celte dernière se produit exclusivement lorsqu'on Iraile la guanine, di-soute dans l'acide azoti(|ue bouillant, par l'azolile de potasse. En étendant d'eau, on précipite un produit nilré jaune qu'on dissout dans l'ammoniaque et qu'on traite par le sulfate ferreux. Après réduction, on lillre, on évapore la solution au bain-maric, on lave le résidu avec de leau froide pour dissoudre le sulfate d'ammoniaque, puis on redissout jla xanthine qui reste dans l'ammoniaque pure. La formation de la xanthine a lieu d'après l'équation:
C^H«Az»0 + AzOni 1= C^lJ'Az^O^ + H-O + Az'.
Guaniae. Acide Xanlliiae.
azoteux.
Celle réaction est semblable à celle de production de l'acide glycolique par le glycocolle.
La guanine se dissout dans les acides forts en formant des sels, mais ceux-ci sont instables, car l'eau les dédouble. Les acides formique, acétique, lactique, etc., ne dissolvent pas la guanine.
L'azotate de guanine, C"H^\z*O.AzO'Hh-1 '/'H-O, cristallise, par refroidissement, en fines aiguilles dans un mélange d'acide azotique de 1,25 de densité, étendu de son poids d'eau. Si l'acide n'est pas étendu d'eau, on obtient un sel acide, cristallisé en prismes courts, C^H^Az*Û. 2AzO''Hh-2H-0.
Chlorhydrate de guanine, C^'IPAz^O.IlCI -i- H^O. Il se dépose en fines aiguilles jaunâtres lorsqu'on fait dissoudre la guanine dans l'acide chlorhydrique bouillant.
Ce sel se combine à beaucoup de chlorures métalliques, tels que ceux de cadmium, de zinc, de mercure, de platine.
Voxalate, 5C^H\\z^0.2CnL'0s cristallise difficilement. ■
Le sulfate, (C4PAz50)-S0MI*H-2 Il-O, cristallise en longues aigtiilles jaunâtres.
La guanine se dissout dans les alcalis caustiques. En ajoutant une grande quantité d'alcool à sa solution dans la soude, on en précipite une combinaison sodique qui renferme C^H^Az*0.i\a^0-t-5 H-0 et qui se présente en lames confuses.
La solution de guanine dans la barjte bouillante laisse déposer par le refroidissement des aiguilles incolores renfermant G^H^BaAz^O.
La guanine se combine aussi à l'azotate d'argent et au chlorure mercurique. Lorsqu'on traite la solution so lique de guanine par le permanganate de potasse, il y a formation d'acide carbonique, d'acide oxalique, qui restent unis à la soude, d'urée, d'ammoniaque et d'une substance amorphe, d'un blanc rougeâtre, qui se précipite par l'addition d'acide chlorhydrique. Cette substance, que Kerner nomme oxyguanine, est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, soluble dans les alcalis.
GUANO (cniMiE). 407
Sa solution ammoniacale traitée par l'azolate d'argent fournit un précipité qui renferme C'«H'*Az8.J9Ag'0. Eo. Willm.
Bibliographie. — Uxger. Annal, der Chem. u. Pharm.,t. L[, p. 595; t. LVIII, p. 18, et t. LIX, p. 58 et 09. — Eixbrodt. Ibid., t. LVIII, p. 15. — Schebek. Ibid., t. CXII, p. 257. — Barreswill. Compt. rend., t. LUI, p. 246. - Strecrer. Annal. Cliem. u. Pliarm., \. CVIII, p. 141, et t. CXVIII, p. 151. — NEUBACEnet Kerneb. Ibid., t. CI, p. 318 ; t. ClII, p. 240.
GU.4.XO. ^ I. Chimie. On désigne sous ce nom un engrais animal formé fies déjections d'oiseaux marins, les guanaes, qui vivent en troupes innombrables le long des côtes du Pérou et du Ciiili et dans les îles avoisinnntes, entre le 2'^ et le 21'^ degré de latitude australe. 11 forme des bancs très-étendus et dont la profondeur atteint quelquefois 50 mètres. Humboldt assigna à l'origine de ces dépôts une époque antédiluvienne. Les plus connues des îles à guano sont ies îles Cliincha,
Le guano a été examiné pour la première fois, au point de vue de sa composition, par Fourcroy et Vauquelin {Ann. de chimie, t. LVl, p. 258). Ces cliimistes y ont trouvé:
i° De l'acide urique en partie uni à la chaux et à l'ammoniaque (il faut y ajouter la guanine) ;
2° De l'acide oxalique combiné à la notasse et à l'ammoniaque;
3" Les phosphates des mêmes bases ;
4" De petites quantités de sulfate de potasse, de chlorure de potassium et de sel ammoniac ;
5° Des matières grasses ;
6° Du sable quartzeux et ferrugineux.
Tous ces éléments s'y rencontrent en proportions très-variables, suivant le lieu d'origine, et la valeur des guanos est en rapport avec leur compos tien. Les meilleurs guanos sont ceux qui sont recueillis dans les contrées privées de pluies.
Nous donnons ici la composition de quelques variétés de guanos, d'après l'excellent article que M. P. Dehérain a publié dans le Dictionnaire de chimie de M. Wurtz.
CLANn-
ILKS CBINCUA.
LOEO».