I.E> DE LOS PATOS
ILE DLLIDE '.
Matière organiMue azotée. . .
Phosphate de chnux
Acide pho>phori(]ue
Sels alcalin^
Silice et sable
Eau
Azote tot^l
* Côtes de Bolivie. - Côle péruvienne. ^ Côtes de Californie.
Certains guanos sont à peu près dépourvus de matière organique : tels sont les guanos phosphatés des îles Baker et Jervis (Océan Pacifique). Ces guanos renferment, d'après Liebig:
*08 GUARA.N.V (bot.\mqi;k).
LMKEll. JERVIS.
Phosiihate tricalcii)ii^ 78,80 17,40
Phospliate bicalciqiic > 16,03
Plioïplijte de magni'ïli' 6,13 1,21
Phosphale de frr 0,13 0,10
Stilfale de chaux 0,13 44,53
SuUales et chlorures alcalins, ([iTia-
tières organiques et p,iu 14,93 2U,89
Eiifm le guano renferme généralement des nitrates, qui ajoutent à leur valeur comme engrais. M. Boussingault a trouvé les quantités suivantes de nitrates, évalués en nitrate de potasse, dans \ kilogramme de guano :
Grammes.
Guano du Pérou 4,70
— des îlee Chiii'li I 5,80 à 1,10
— Ijlaiico 2,73
— des îles Joivi- , . g^O
— des îles Bukur 3,2
— du golfe du Mexiiiiu' 0,1
— de chauve-souris d'une grotte des Pyrénées. . , . 20,0
Ed. Willm.
§ II. Emploi nK'dical. Par sa Composition chimique, le guano peut être regardé comme un topique excitant, susceptible également d'agir par ses propriétés alcalines. Dans les pays où on le recueille d'abord, et plus tard chez nous-mêmes, on l'a employé en cataplasmes, mêlé avec de la terre en proportion plus ou moins grande suivant qu'on voulait simplement exciter une surface malade ou produire un effet révulsif. On en a fait usage aussi en bains (500 à 1000 grammes par bain) et en lotions (50 à 100 grammes par litre d'eau), en pommade (4 à 8 grammes par 50 grammes d'axonge), contre les dermatoses chroniques, eczémateuses ou pustuleuses, contre les ulcères atoniques ; on l'a vanté encore contre la blépharite chronique et les taches de la cornée, etc.
C'est surtout Récamier qui a essayé d'introduire en France l'usage thérapeutique du guano; il le donnait à l'intérieur sous forme de pilules d'extrait., ou sous forme de sirop, dans le lymphatisme, la scrofule, la tuberculose, etc.
Il ne parait pas utile de s'arrêter plus longtemps à l'emploi médical d'une substance aujourd'hui généralement abandonnée, du moins en Europe, et qu'il n'y a guère lieu de réhabiliter. D.
GIJAPEBA. Sous le nom de Guapeha laurifoUa, Gomes a décrit un arbre du Brésil, dont les fleurs ont un calice à 4 divisions, une corolle à 4 lobes, 4 étamines fertiles et 4 stériles, et dont les fruits sont de grosses baies comestibles, monospermes, ayant la forme et la saveur de la pomme. Cette espèce rentre dans le genre Lucuma, de la famille des Sapotées. C'est le Lucunia laurifolia A.D. C. [Lahatia reticiilata Mart.). Pl.
Bibliographie. Gomes. Observât, médic. bot. bras., p. 15, pl. 2. — Maetics. Eerb. BrasiL, p. 170. — Alph. de Caxdolle. Prodromus, VIII, ICO. Pi..
GUARA^A. § I. Botanique. Substance extraite d'une plante américaine, de la famille des Sapindacées, le PauUinia sorhilis Mart. C'est, dit-on, une liane à feuilles alternes, composées-pennées, 5-foliolées, à folioles grandes (de
GUARANA (emploi médical). 409
10 à 20 centimètres), irrégulièrement sinuées-dentées, la terminale plus on moins longuement atténuée à la base, et les latérales obtuses. Les fleurs sont disposées en hirges grappes spiciforraes, dont les divisions portent de petites cymes. Les fleurs ont 4, 5 sépales ; 4 pétales ; 8 étamines insérées sur un pied commvm, et un ovaire à 5 loges uniovulées. L'ovule est ascendant. Le fruit est capsulaire et Irivalve. La graine est dressée, de la grosseur d'une petite noisette, arrondie, inégalement convexe sur les deux côtés, souvent surmontée d'un court apicule. Elle a, en plus petit, tout à l'ail la forme de celle du Marronnier d'Inde, mais elle est plus foncée, d'un brun pourpré ou noirâtre, glabre, luisante, pourvu d'un large liile plus paie, garni d'un arille cbarnu, membraneux et blanchâtre. Les plus grandes dimensions sont 2 centimètres de long, sur 2 1/2^ de large. Ella renferme un gros embryon, dépourvu d'albumen, à courte radicule et à cotylédons épais, charnus, inégaux, plan-convexes, fermes. C'est cette semence qui est la partie employée en médecine. On la récolte en or>tobre et novemlire, principalement dans le nord-ouest du Brésil. Séchée, sans l'arille, pulvérisée et façonnée en pâte brune ou rougeàtre, rassemblée en pains cylindriques ou sphériques, elle constitue le Guarana ou Guaranapasta.
EiBLiOGRAPHiE. — Gdib., DioQ. simpl., éd. 7, III, 600. — Rosemh., Syn. pi. diaphor.r n:. — H. Bn, Ilist. des pL, V, 388; Tr. Bot. viéd. phanér., 967, flg. 2758, 2759.
H. Bx.
^ IL Emploi. I. Phakmacologie. Le guarana est célèbre surtout chez les Mauhe qui habitent la partie inférieure du cours de la Magdalena ; il est appelé par les indigènes Guarana-l'va. Ce nom n'appartient pas à la liane dont on tire ce produit, mais bien aux peuplades demi-sauvages qui le fabriquent. Les Guaranis occupent des régions situées sur un espace immense, des bouches de rOrénoque à celles de la Plata en latitude et des rives de l'océan au pied des Andes en longitude. Quelques-unes de ces contrées sont marécageuses; on conçoit que ces tribus aient cherché des substances capables de guérir les fréquents flux de ventre causés par les effluves palustres, la chaleur du climat et une alimentation presque exclusivement végétale (maïs, igname, manioc).
Le guarana, comme il a été dit au mot Paullinia, nous a été signalé pour]» première fois en 1817, par Cadet de Gassicourt, d'après un morceau qui lui avait été rapporté du Brésil par un officier attaché à notre ambassade. Quelque temps après, vers la fin de 1822, un habitant du pays, Gomes, adressa à Mérat un échantillon entier présentant la forme, le volume et la (.'ouleur d'un saucisson ; il avait joint à son envoi un fragment d'os très-rugueux qu'on vend toujours avec la substance et qui est destiné à faire l'office de râpe.
Sans revenir sur ce qui a été dit à l'article Paullima, nous parlerons du médicament appelé Guarana, tel qu'il se prépare dans l'Amérique du Sud.
Nous savons à peu près aujourd'hui quel est le mode de préparation de la substance ; on se sert des graines de la plante que nous venons de nommer.
En octobre et novembre, à l'époque de la maturité des semences, les Indiens les retirent de leurs capsules, et les font sécher au soleil pour pouvoir briser entre les doigts l'arille rouge qui les recouvre ; on les torréfie, puis on les réduit en poudre fine sur une pierre plate préalablement chauffée ; enfin on mélange cette poudre avec de l'eau pour en faire une pâte que l'on malaxe pendant longtemps. Il n'est pas exact, d'après Mantegazza, que l'on ajoute à
410 (jUARANA (emi'loi médical).
cette masse de l'amidon et du cacao. On en fait ordinairement des cylindres, quelquelbis des petits pains ou des cônes qu'on enveloppe de feuilles de cocotier et que l'on fait dessécher, soit au soleil, soit à une chaleur artificielle, jusqu'à ce qu'ils aient acquis une grande dureté ; ces pains représentent quelquefois des poissons, des tapirs et autres animaux du pays ; on les verse alors dans le commerce brésilien. Ainsi préparé et mis à l'abri de l'humidité le guarana peut se conserver pendant longtemps.
Il se présente habituellement sous la forme d'un gros cylindre assez dense pesant 2(10 à 600 grammes, ruguetix à la surface, d'une couleur brun-rougeâtre semblable à celle du chocolat et mêlée de grumeaux à teinte moins foncée, d'une cassure offrant à l'intérieur une sorte de marbrure de couleur analogue à celle de l'extérieur. Sa saveur est d'abord un peu amère et légèrement astringente, puis il laisse un arrière-goiit agréable de cacao, ce qui a fait croire à ton qu'd contenait celte substance ; son odeur est aigrelette, sui (jeneris. Il est solublc en partie dans l'eau et sa solution devient d'un jaune brun ocré.
Les Indiens de l'Amazone, qui font un usage habituel du guarana, le râpent, le trempent dans l'eau et boivent le liquide; ils s'en munissent dans leurs voyages pour se rafraîchir, soutenir leurs forces et s'égayer.
Il vaut niieux se le ])rocurer en morceaux compacts tel qu'il vient du Brésil, car la poudre est fréquemment sophistiquée avec l'amidon et le cacao. En Europe, on vend souvent dans les pharmacies une poussière qui porte le nom de paullinia et dont raulhenticilé est très-douteuse.
En 1826, le chimiste Théodore Martius, frère du botaniste, découvrit le principe actif: c'est une substance cristallisable qu'il appela guaranine; mais il fut reconnu que la prétendue guaranine n'était autre que la caféine et qu'elle se trouve dans la substance à l'état de tannate {voij. Paullima).
Il faut remarquer que la caféine est plus abondante ici que dans aucun des végétaux (thé, café) où on l'a reconnue jusqu'à ce jour.
Mais il faut bien savoir que le guarana est une grossière mixture hétérogène. On ne connaît avec un degré suffisant d'exactitude ni les ingrédients qui y entrent, ni leurs proportions. On sait qu'elle varie largement iiou-seuleraent de temps en temps, mais encore dans les quelques rouleaux de chaque paquet. Il est probable que les diverses parties de la grande tribu des Guaranis fabriquent le guarana de différentes façons.
Il y entre certainement bien d'autres substances que le Paullinia sorbilis; mais les Guaranis gardent lidèlement le secret de sa préparation.
On a pensé, puisque le médicament semble devoir son action à la caféme renfermée dans les semences, à se procurer les graines de guarana, mais on n'a pu encore en recueillir que des quantités insignifiantes. Les indigènes montrent la plus grande répugnance pour en envoyer, car ils comprennent que leur coumierce de guarana ne tarderait pas à disparaître. Lorsqu'on pourra se procurer ces semences, ce sera une excellente acquisition pour la matière médicale.
Vu les variations de sa composition, il vaudrait peut-être mieux en attendant abandonner le guarana et le remplacer par l'extrait fluide de café vert.
Thérapeltiqle. L'action physiologique du guarana a été étudiée avec som par Mantegazza. Cette substance produit sur les grenouilles une action trèsviolente, et ceci confirme les études d'Albers, qui avait observé que la caféine
GUARANA (emploi médical). 4il
détermine un tétanos généralisé et persistant, et que son influence est plus grande sur les animaux à sang froid que sur ceux à sang chaud. Nous résumons ici ies résultats dos expériences entreprises récemment par M. Bochefontaine et iiosset.
L'extrait de guarana est toxique pour la grenouille à la dose de 9 à 10 centigrammes insérés sous la peau. La guaianine introduite de la même manière cliez ces Batraciens détermine la mort à la dose de 1 centigramme. Cliez le cobaye, l'injection hypodermique de 10 grammes d'extrait de gnarana, faite dans l'après-midi, a déterminé la mort dans la nuit suivante. La guaranine à la ■dose de 5 centigrammes, injectée sous la peau, ne produit aucun phénomène anormal chez ces roneeiirs.
Chez le chien l'extrait de guarana obtenu avec 100 grammes de cette substance et injecté dans les veines saphènes est mortel au bout de douze à quinze heures. Un gramme de guaranine introduit dans une veine saphène détermine la mort dans l'espace de quinze à dix-huit heures.
Les premiers phénomènes physiologiques, chez la grenouille, sont de l'affaisçemenl général, puis de la raideur des membres avec ac:ès tétaniques généralisés. Il survient ensuite des arrêts de la respiration, de l'affaiblissement général progressif, ainsi que du ralentissement des battements du cœur.
Chez le cobaye et le chien, il survient d'abord de l'abattement, puis de l'agilation générale, pendant laquelle ces mammifères ne peuvent tenir en place. La respiration s'accélère considérablement, ainsi que les battements du cœur. Il se produit en-uite de la salivation et des symptômes tétaniques suivis de cnllapsus. €hez le chien, les injections intra-veineuses de guaranine produiseiit des arrêts momentanés du cœur. La pression sanguine n'est pas notablement modilîée par ces injections.
Le guarana, ainsi que la guaranine, exercent leur action sur le système nerveux central bulbo médullaire, qu'ils semblent exciter pour produire des convulsions tétaniques. Ces convulsions chez la grenouille se distinguent nettement de celles de la strychnine : elles consistent, en effet, dans de l'emprosthotonos.
Pendant les convulsions, qui peuvent prendre les membres postérieurs de la grenouille en état de demi-flexion, on voit les muscles faire saillie sous la peau. Si alors on prend un membre postérieur fléchi pour le redrosser, ou éprouve une résistance pareille à celle d'un cordon de caoutchouc. Le membre redressé revient d.ms sa demi-flexion et reprend pour quelques instants sa roideur. On pourrait supposer, en voyant celle contraction persistante des muscles, que la guaranine agit sur le système musculaire, à la f;içon de la vératrine. Il n'en est rien cependant, car les tracés myographiques démontrent que la contraclilité musculaire n'est pas modifiée par la guaranine.
Bochefontaine et Gosset n'ont pas observé l'antagonisme entre le chlorhydrate de mor|)hine et la guaranine, indiqué par quelques auteurs dans leurs expélicnces; les doses toxiques de chlorhydrate de morphine ont produit leurs effets habituels chez les grenouilles, malgré l'insertion sous-cutanée de la guaranine, et réciproquement.
Chez l'homme, à la dose de 50 centigrammes à 4 grammes, il produit des effets variés qui peuvent se résumer de la façon suivante ; gaîté, hy pères thésie des sens, inquiétude convulsive, exaltation de l'intelligence, bizarrerie, insomnie, diminution légère dans les battements du cœur, inappétence, ur-
412 GUARANA (emploi médical).
ticaire, prurigo, spasme de la vessie. Son action sur la température est nulle.
Le guarana, comme le tlic, le café et le mate, agit sur le travail intellectuel, mais avec une plus grande efficacité. Par sa digestibiliié et par son innocuité pour l'estomac il est supérieur au chocolat et au maté, mais passe après le thé et le café. Il est le premier de tous ces médicaments pour son astringence; cependant son usage ne constipe pas.
Cette substance a la vertu de retarder un peu la putréfaction.
Au point de vue thérapeutique, on peut résumer l'action du guarana dans les trois propriétés principales suivantes : c'est un aliment nervin se rapprochant du café, c'est un tonique, c'est un astringent. Il est nervin par la caféine, tonique par ses principes amers, astringent par son tannin.
Gomme nervin, Mantegazza en fait le plus grand éloge. C'est un aliment sans pareil, dit-il, car il résiste au soleil, à l'humidité, au temps, à la putréfaction, et on peut le boire partout où il y a de l'eau froide. Cet auteur a trouvé encore très-cftîcace sur l'homme et les animaux un guarana qui avait plus de quarante ans,
La boisson de guarana est très-employée par les Européens établis au Brésil ; les richei s'en servent comme tonique, excitant de l'intelligenoe et aphrodisiaque.
Voici, d'après le docteur italien, quelles sont les véritables indications et contre-indications hygiéniques de la substance. Quiconque travaille d'intelligence et a un peu fatigué son cerveau à la suite d'une tension trop grande de l'esprit doit en prendre iî grammes mêlés au café du malin. Si l'on éprouve un certain épuisement de forces, de l'apathie entre le déjeuner et le dnier, l'ingérer on pastilles dans la journée et spécialement durant la saison chaude, ou dans les pays chauds. En juin et en juillet, il n'y a pas de boisson plus salubre, plus excitable qu'une tasse fraîche de guarana; après l'avoir bue, on se sent plus vigoureux, comme si l'on avait pris un aliment. Mais il est mauvais de boire le guarana aussitôt après le repas ; il peut en résulter de l'incommodité, surtout chez les personnes constipées. Ce qui rend le guaiana supérieur à tous les autres aliments caféiques connus jusqu'ici, c'est d'être prêt à tout heure du jour et dans toute circonstance : on n'a besoin que de le dissoudre dans l'eiiu froide et même on peut le prendre en pastilles sucrées.
On comprend que, vu son action excitante sur le système nerveux supérieur, on puisse l'employer dans les affections qui s'accompagnent de troubles dans le fonctionnement de l'encéphale.
A haute dose, on l'a prescrit pour combattre l'assoupissement. 11 diminue les fatigues résultant des veilles prolongées, calme les souffrances morales, les agitations du corps.
Mais c'est surtout dans le traitement de la migraine qu'il a acquis dans ces derniers temps une certaine popularité. Voici, en général, le mode d'administration prescrit dans ce cas. Si les accès sont fréquents (plusieurs dans le mois), le malade prendra tous les malins, une demi-heure avant le premier repas, une pilule de iO centigrammes d'extrait de paullinia; de plus, il avalera au début de la migraine ou, s'il ne le peut à ce moment, dans le cours de l'accès, 50 centigrammes de poudre de paullinia délayée dans de l'eau sucrée. Il attendra un quart d'heure, après quoi il en prendra autant, si le mal n'est pas amendé. L'hémicranie la plus violente disparaît quelquefois au bout de cinq à dix minutes.
GUâRANâ (emploi médical). 413
Mais le médicament est loin de réussir dans tous les cas, et cela se conçoit quand on songe que lu pathogénie de la migraine est si variée. Déjà Trousseau constate que l'efticacité du médicament, d'abord assez évidente, diminue peu à peu, et que la plupart des malades finissent par s'eu dégoûter parce que leurs accès d'hémicrànie, moins douloureux, il est vrai, deviennent ordinairement plus longs et plus incommodes. Il y a là un fait d'accoutumance assez important à retenir dans l'administration du guarana, qui ressemble en ce point au café auquel on s'habitue si lacilemcnt.
Il est certainement des circonstances dans lesquelles le remède est complètement impuissant. Ainsi, d'après Hervé, il réussit parfaitement dans les migraines liées à un embarras gastrique, mais il échoue assez souvent dans les autres. Je pense qu'il est indiqué surtout dans les migraines congestives et qu'il e>t inutile ou nuisible dans celles qui s'accompagnent d'une faible irrigation sanguine du cerveau.
Wurm recommande la plus grande prudence dans l'emploi du guarana. Dans les formes complètes de la migraine et dans la paralysie faciale d origine centrale, on a obsei'vc des phénomènes d'intoxication, ou bien un malaise plus pénible que la migraine qui vient de disparaître.
L'analogie a fait employer le médicament dans d'autres genres de douleurs. Ainsi Rawson, souffrant d'un lumbago qu'aucun remède n'avait pu améliorer, essaya sur lui le guarana. Il en prit 90 centigrammes dans de l'eau chaude et se sentit entièrement soulagé ou bout de vingt-quatre heures. 11 augmenta graduellement la dose jusqu'à 2^%20 par jour, à prendre en une fois, pendant une semaine, et la souffrance disparut. Le médic:mient ayant été alors interrompu, le lumbago revint, mais il s'en alla pour plusieurs jours sous l'influence d'une nouvelle dose de S^^SO.
Il essaya sur plusieurs malades et les résultats furent variables. Lorsque la douleur était aiguë, se présentant comme de violents coups de pointe, le guarana agissait magiquement, mais, lorsque la douleur était sourde, l'effet se produisait plus lentement et il était nécessaire de prendre plusieurs doses avant d'en éprouver du bénéfice.
Son action tonique et stomachique est bien connue des Brésiliens, qui l'emploient comme moyen de faire naître l'appétit, de fortifier l'estomac et de faciliter les digestions ; il est utile dans les affections nerveuses de l'estomac, dans celles qui semblent dépendre du plexus cœliaque qu'il excite ou qu'il modère. Gavarelle a insisté sur l'avantage de son emploi dans la chlorose, les convalescences prolongées, les paralysies dites essentielles.
C'est aussi un tonique du cœur dont il calme et régularise les battements; on sait en effet que la caféine est un bon médicament cardiaque pouvant suppléer à la digitale dans certains cas. 11 combat la sécheresse de la peau et augmente la sécrétion sudorale. Il excite l'appétit vénérien, mais on soupçonne qu'il dimiime la quantité du liquide spermatique.
Il est légèrement antipyrétique et est surtout indiqué lorsqu'il se joint une '^rande sensibilité au frisson de la fièvre. Les Indiens de l'Amérique mtàchent les «^raines du Paullinia sorbilis pour se préserver des fièvres intermittentes de leur pays.
Le guarana est un astringent incontestable ; Gavarelle place cette substance à côté du Ratanhia; Trousseau et Pidoux font de même. Son amertume lui donne sur ce deraier quelque avantage dans les cas de dyspepsie et de débilité
414 GUARANA (bibliographie).
des organes de la digestion. Les Indigènes s'en servent beaucoup dans l'Amérique du Sud et particulièrement au Brésil où les diarrhées et les dysenteries ont une gravité contre laquelle il faut agir promplement. Les personnes qui ont habité ce pays n'ignorent pas que chaque famille possède une provision de guarana ; dès qu'un flux de ventre se déclare, on râpe 4 à 8 grammes environ du remède dans un verre d'eau froide ou une tasse d'eau bjuillante, et on l'avale en une ou deux fois avec ou sans sucre. Hervé l'a donné en infusion dans du lait sucié, il est alors beaucoup plus agréable; il a toujours réus-i dans les diarrhées idio[)atliiques les plus rebelles, et a presque toujours beaucoup amélioré l'état des malades dans les diarrhées symptomatiques. Debout a eu des succès aussi, surtout dans les diarrhées aiguës des hommes qui se li vient aux travaux des champs à l'époque des premières chaleurs, lorsque le bismuth et l'opium avaient été impuissants; il n'en donnait pas plus de 4 grammes.
Du reste, il n'est pas toujours nécessaire d'élever considérablement la dose. Ainsi Trousseau a constaté dans la diarihée et même dans la dysenterie aiguë et subaiguë l'efficacité de 1 à 2 grammes par jour en prises fractionnées. Denucé parvient à arrêter la diarrhée avec des doses plus faibles encore, 45 centigrammes. Mais il est juste d'ajouter qu'il faut aller quelquefois jusqu'à 12 grammes pour modilier les selles.
On l'emploie avec avantage dans la diarrhée de l'enfance, quand on ne peut pas ou qu'on ne veut pas donner d'opium; Meyr l'a trouvé, à cet âge, particulièrement elficace dans les affections inflammatoires du gros intestin caractérisées par des selles glaireuses, spumeuses, colorées en jaune; il en prescrit 0^',50 à lP''20 dans les vingt-quatre heures.
Parmi les diarrhées et les dysenteries symptomatiques, il produit une influence favorable sur celles qui sont d'origine tuberculeuse, mais cet effet n'est que momentané. D'autres fois, on a pu doimer chez de jeunes tuberculeux des doses progressivement croissantes de 1 à 10 grammes contimiées pendant un mois sans résultat. Il s'est montré inefficace dans les diarrhées dyspeptiques. En général, si, après trois jours d'usage de ce moyen, on n'aobtenu aucun résultat, il faut cesser, car il n'y a plus lieu à attendre, même en persistant longtemps.
On l'a administié encore avec avantage dans les flux divers où. les astringents réussissent, par exemple, les blennorrhées, les leucorrhées, etc., et même dans les hémorrhagies. Il est utile encore dans les maladies des voies urinaires; il combat la tympanite.
Je ne ferai que citer l'usage de l'arille rouge qu'on détache des semences; elle sert à teindre les dents de certaines peuplades qui regardent cette coloration comme une beauté.
Le guarana se prescrit en nature sous forme de poudre qu'on peut mélanger avec une égale quantité de sucre; elle est alors ingérée avec plaisir et très-bien supportée. On peut la prendre encore dans de l'eau sucrée, du lait, du chocolat ou du vin sucré. On en fait des infusions, décoctions, macérations.
On peut en fabriquer différentes préparations pharmaceutiques. De Chastelus rappelle que l'alcool est le seul agent qui enlève au guarana toutes ses propriétés actives : aussi doit-on se servir suivant lui de l'extrait hydro-alcoolique pour les diverses préparations de ce médicament {voy. Paullinia).
Bazile Féris.
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eUAR.tlVIS. Voy. Race Brasilio-giiaranienne à l'article Amériqie, p. 624.
GL'ARAQiJYiUIA.. On donne ce nom à un arbrisseau du Bre'sil, semblable au Myrte, et qui est employé comme vermifuge. Pl.
Bibliogkaphie. — Mérat et »e Lens. Dict. Mal. méd., III, 457. Pt.
GUARE.Il (L.). Genre de plantes, de la famille des Méliacées, série des Tricliiliées, dont les fleurs ont, sur un réceptacle convexe, un calice 5-6-denté, fide ou partite, valvaire ou imbriqué dans le bouton; une corolle de 5-6 pétales plus longs, dressés, valvaires, parfois imbriqués (dans les Riiagea). L'androcée est diploslémoné, et les étamines ont leurs filets monadelplies, unis en un tube entier ou crénelé sur ses bords, indépendant de la corolle ou plus rarement conué avec elle à la base. Les anthères sont incluses, biloculaires, introrses et déhiscentes par deux fentes longitudinales. Le gynécée est libre, nu ou glanduleux à sa base. Son ovaire renferme 2-5 loges, 1, 2-ovulées, et est surmonté d'un style dont la tète stigmatifère est discoïde. Les ovules sont descendants, anatropes, avec le micropyle tourné en haut ou en dehors, ou parfois l'un d'eux est obliquement ascendant. Le fruit est une capsule, ligneuse ou coriace, lisse, costée ou chargée de tubercules, loculicide, à 2-5 valves. Les graines, enveloppées d'un arille, ont un embryon dépourvu d'albumen, dont les cotylédons charnus sont superposés, et la radicule courte et dorsale. LenGuarea sont des arbres de l'Amérique tropicale ; on en compte une trentaine d'espèces. Ils ont les feuilles alternes ou opposées, composées-pennées, et leurs fleurs sont disposées en grappes axillaires, presque simples ou plus souvent composées et chargées de cymes. Plusieurs jouent un certain rôle dans la médecine de leur pays natal.
416 GUARINONE.
Le plus anciennement connu est le Gonaré, c'est-à-dire le Guarea trichi- Jioides L. {Melia Guarea Jacq. — Trichilla Guarea L., Spec, 551), qui est le Guidonia major Samydœ foliis de Durmann et qui croît aux Antilles. Ses ■diverses parties ont une odeur musquée, et son écorce et son bois renferment une substance résineuse amère. On paraît l'avoir longtemps confondu avec le Bois-halle de la Guyane, ou Guarea Aubletii A. Juss., plante bien plus active, évacuant puissant, produisant des déjections alvines et des vomissements violents. C'est, d'après Aublet, le suc de son écorce qui a le plus d'action. S'il n'y a pas confusion entre plusieurs espèces, le meilleur remède des empoissonnements produits par cet arbre est, d'après la Flore médicale des Antilles (III, 45), le suc d'un autre évacuant énergique, le Jatropha mulli/îda L. Au Brésil, le G. purgans A. Juss. est usité comme purgatif, vomitif, abortif ; il est aussi fort dangereux. Peut-être l'une de ces deux dernières espèces est-elle le Jito de Marcgraff ou de Piso, ou bien est-ce le G. spicœflora A. J0ss. qui, au Brésil, est vanté j)our l'amertume et l'astringence de sa racine et recherché dans le traitement des hydropisics, des maladies du bas-ventre, des affections cutanées, syphilitiques, etc. Il y a en Colombie un Guarea qui passe pour un excellent succédané de l'Ipécacuanha. Nous nous sommes demandé si ce n'est pas notre G. apiodora {Adansonia, X, 110) dont toutes les parties, notamment l'écorce, ont une odeur intense et stimulante de Céleri. Ilorsfield ra[)porte, dans son Catalogue des plantes de Java, que les G. glahra Vahl et macrophijlla Vahl sont astringents. Le G. Swartùi DC est le G. trichUioides de Swartz, mais non des autres auteurs. Il porte aussi, aux Antilles, le nom A' Arbre à musc. II. Bi\.
BiBLioGnAPHiE. — L., Mantiss., 1305. — Lamic, ///., t. 501. — DC, Prodr., I, 625. — A. Juss., Meliac, 87, 1. 8. — Enul., Gen., n. 5545. — Benth. et Hook., Gon., I, 535, 994. — Mer. et HE L., Dict. Mal. méd., IH, 437. — Guib., Drog. simpl., éd. 7, III, 595. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 766. — H. Bn , Hist. des pi., V, 476, 488, 499. H. Bn.
GUARll\'Ol\E (Christophe). Né à Vérone, dans la seconde moitié du seizième siècle, y lit ses premières études, puis alla étudier la médecine à Padoue, où il fut reçu docteur à l'Université. Il revint dans sa ville natale, pour y professer d'abord la philosophie, se livrant à la pratique médicale. Il fut ;igrégé au Collège des médecins, et acquit assez de réputation pour que le duc d'Urbino le nommât son premier médecin. L'empereur Bodolphe II, qui avait entendu parler de ses succès, l'appela près de lui, à Prague, et le nomma son méiiecin ordinaire et conseiller de l'empire. 11 paraît qu'étant allé à Rome en pèlerinage, à la suite d'un vœu, il fut reçu et logé avec les plus grands égards dans le palais du cardinal Valérie, évèque de Vérone, et que le Pape voulut le retenir, comme médecin, mais Guarinone retourna à Prague. Il y fonda une Société ou Académie de médecine, qui tenait ses séances chez lui toutes les semaines. Il est mort en 1602.
On cite de lui :
I. Commentaria in primum librum Aristotelis, de historia animalium. In quibus animantium differenliœ conspicuœ fiunt, et sedula ad certain dtvisionis normam ordinantur. Francfort, 1601, in-4''. — II. Tractatus de methodo doclrinarum. Ibid. — III. De generatione vivenlium etiam nascentium ex putrediiie. Ibid. — IV. De principio venariim. Ibid. — V. De naturel humanâ, sermones IV, de intellectu agente. Ibid. — VI. Explanalio locorum Aristotelis de immortalitatc animalium. Ibid. — VII. Consilia medicinalia, in quibus universa praxis medica exacte pertractatur. Venise, 1610, in-fol, A. D.
GUATTAM. 417
CiUARIXONiL'S (HiPPOuTus). Ce médecin, oublié par la plupart des biographes, vivait au commencement du dix-septième siècle. 11 naquit vers 1580 ^?) à Prague, oii son père, Bartholoraaeus Guarinonius, médecin de l'empereur, vivait encore en 1610, âgé alors de soixante-dix ans. Il l'ut élevé par les jésuites et instruit dans les langues anciennes et modernes, étudia la médecine à Padoue, puis devint médecin de l'établissement royal de Hall, dans la vallée de l'Inn, médecin des archiduchesses d'Autriche, etc. L'époque de sa mort n'est pas connue.
Guarinonius est l'auteur d'un ouvrage de médecine populaire extrêmement curieux, dédié à l'empereur Rodolphe; il a pour litre : Die Grewel der Verwûslung menschlichen Gexchlechls. la sieben vnderschiediiche Biicher vnd vtivermeklUche Hauptstiïcken sampt einem lustigen Vortrab ahgetheiU... Ingolstadt im 1610 Jar, in-fol. Il termina ce livre le 31 décembre 1609, à Hall.
On attribue encore à Guarinonius trois autres ouvrages : \° Discursus, documentum et opinio de thermis Fabariensibiis, publié en traduction latine dans le Isijmph. Fabar. de Stôcklin. — 2" Hydroenogamin triumphans. — 5" ChylosopJiia Academica (coy. sur Guarinonius : Allgem. Deutsche Biographie, Bd. X, p. 85, 1879). L. Hn.
GUA8TAVI!KI 00 GCASTAVIGXO (GiuLio). Médecin italien du commencement du dix-septième siècle, appartenait à une famille patricienne de Gênes. Il lut premier professeur de médecine à l'Université de Pise. Guastavini était grand partisan de Brissot et de la saignée. Oldoni lui attribue, entre autres ouvrages :
I. Commenlarii in priores decem Aristolelis problematum secliones. Lugduni , 1608, in-fol. — II. Locoi-um de medicina seleclorum liber. Lugduni, 1610, in-4"'. — III. Locorum de medicina seleclorum liber aller. Florentiae, 1625, in-4°. L. Hn.
GLATÉ^ALA. Voy. Gextre Amékiqce.
GUATTAXI (Carlo). Né à San .Bartolomeo Bagni, provmce de Novare, le 50 avril 1707, fit ses premières études littéraires dans sa ville natale, puis on l'envova à Rome, chez un parent, à l'âge de seize ans. Il suivit d'abord les cours du collège et devint élève en chirurgie de l'hôpital du Saint-Esprit après avoir subi les examens d'usage, et obtenu au concours l'une des premières places. Après huit années d'étude, en 1758, il fut élu chirurgien suppléant et chargé de diverses opérations, et en 1742 il succéda au chirurgien Jean-Pierre Gai. Gualtani fit un voyage en France, aux frais du Pape, dont il avait été nommé premier chirurgien, pour y étudier les progrès de la science médicale, et il séjourna dix-huit mois à Paris. Il était membre de l'Académie de chirurgie et correspondant de l'Académie des sciences, et il a publié dans les recueils de ces deux compagnies plusieurs mémoires importants sur les anévrysmes, mémoires qui peuvent être consultés encore, quant aux observations qu'ils renferment, et il passe pour avoir, l'un des premiers, dans son pays, substitué l'usage du lavage à l'eau froide, et surtout la propreté, aux onguents de tous genres dont on se servait pour le pansement des plaies. Les pansements rares furent en quelque sorte enseignés par lui, comme étant bien préférables aux autres. Il fut aussi le premier chirurgien de Rome qui pratiqua l'opération de la taille dans es hôpitaux, cette opération n'étant pas alors exécutée par des prati- DicT. E^■c. 4« s. XI. 27
418 GUAZUMA (emploi).
ciens pourvus d'un diplôme léyal. Gualtani se livra avec ardeur à l'enseignement, il était habile opérateur et ses leçons fort suivies lui permirent de former un certain nombre de bons élèves. Il est mort à Home, en juin 1775. On connaît de lui :
I. Observation analomique sur un polype sanguin dans le ventricule gauche du cœur. lu Hist. de l'Acad. roy. des se. de Paris, p. 49, 1750. — II. Hisloriœ duœ ancvrysinatum, quorum alterum in brachio per cliirurgicam operalionein sanatum^ in femore allerum paucos inlra dies lilh aie fuit, lioine, 1745. 111-4°. — III. Observation analomique sur une grande quantité d'hydatides, sorties d'une tumeur survenue à la région du foie. Ibid.. p. 44, 1707. — IV. Observation analomique sur deux anévrysmes, l'un àVaorteet l'autre à l'artère sous clavièrr gauche, dans la même personne. Ibid , p. 49. — Y. Observation d'une veine azygos double. In M'ni. de l'Acad. des se., savants étrangers, t. III, p. M2. — VI. De externis anevrysmalibus, manu chirurgicâ melhodicè pertractandis, cum nonnullis curea anevrysmata interna ac tribus aliis rarioribus chirurgicis observationibus, atque œsophagotomiœ operalione, e gallico sernwne in lalinum versa, omnia cum tabulis arclietypis. Rome, 1772, in-4''. Même ouvrap:»' reproduit in Lnuth. scriptorum latinorum de anevrysmatibus collectaiiea. Strasbourg. 1784, in-i", p. 101 à 254. — VII. Mémoire sur l'œsopliagotomie. In Mém. de l'Arad. de chir., in-i", t. III, p. 531. A. û.
GUAXUiTiA (Plum.). § 1. Untanique. Genre de plantes de la famille des Malvacées, série des Buetlnériées, dont les fleurs, régulières et hermaphrodites, 5-mèi'es, sont analogues à celles des Cacaoiers. Elles ont, sur un réceptacle convexe, 5 sépales et 5 pét.des dont la base est unguiculée-cucullée et infléchie, avec une lame ligulée profonJément bifide. L'androcée est formé d'étamines fertiles 2, 5-nées, et de staminodes interposés. L'ovaire supère devient une capsule ligneuse, presque globuleuse, luberculée-miiriquée ou parfois toute chargée de très-longues soies molles et plumeuses. Elle s'ouvre en 5 valves à partir du sommet, dans une étendue variable. Les graines sont pourvues d'un albumen et d'un embryon courbe, qui a des cotylédons foliacés, infléchis-plissés. Les Guazuma sont, au nombre de 4, 5, des arbres de l'Amériq\ie tropicale, glabres ou chargés de poils étoiles, à feuilles ordinairement insymétriques, obliques, inégalement dentées; à fleurs disposées en cymes latérales ou axillaires.
Le G. uhnifoUa Lamk {Theobrotna Guazuma L. — Bubroma Guazuma \V.), qui croit dans les portions septenlrionales do l'Amérique du Sud et aux Antilles, est surtout connu, sous le nom d'Orme, 0. pyramidal et 0. d'Amérique, comme propre à la clarification des sirops de sucre ; on emploie à cet usage son écorce interne concassée et macérée.
Le fruit sert à la préparation d'une boisson fermentée, une sorte de bière. Le G. lomeniosa II. B. K., esj)èce de l'Amérique du Sud, a été introduit par la «ulture à Java. Ses graines, qui portent à Tabasco le nom de Patoste, ont été substituées parfois à celles du Cacaoier. A Java, son écorce sert au traitement des éruptions herpétiques et même de la lèpre. On attribue des vertus an;ilogues au G. potybotnjaCxv. {Bubroma polybotryum VV.). 11. B.n.
Bibliographie. — Plm., Gen. amer., 56, t. 18. — Juss., Gen., 270. — DC, Prodr., I, 487.
— JlÉR. et DE L., Dict. Mat. niéd., III, 437. — Enol., Gen., n. 5334. — Goib., Drog. simpL, «d. 7, II, 515. — RosEMH , Syn. pi. diaphor., 72(3. — Benth. et Hook. f., Gen., I, 225, n. 50.
— H. Bn., in Payer Fam. nat., 291 ; Hist. des pi., IV, 80, 116, 152; Tr. Bot. méd. phanér., 795. H. Bs.
^ II. Emploi. On utilise dans les lieux où il pousse le fruit et l'écoi'ce
GUAZUM.V (emploi). 419
ilu Guazuma idmifolia; ce végéttil est très-connu au Bre'sil sous le nom de Mutamha.
Le fruit, quoique dur et presque ligneux, renl'erme un suc inodore, mucilagineux et légèrement styptique; néanmoins sa saveur est douce et agréable et rappelle le goût des figues grasses; peut-être y aurait-il avantage à en entreprendre la culture, ce qui contribuerait encore à l'améliorer.
Les écorces du tronc et des racines contiennent beaucoup de tannin et d'acide gallique ; elles ont une saveur acei be et amère.
Leurs propriétés astringentes peuvent être mises à profit dans les leucorrhées, les blennorrliagies, les affections du col utérin, les otites, l'ozène, les hémorrhagies, le scorbut, etc., à l'intérieur ou en injections. On leur reconnaît aussi des qualités tonifiantes.
On en fait une décoction qui, à cause des mêmes vertus, constitue un excellent topique employé par les indigènes du Brésil dans les plaies et blessures de toute sorte, dans les ulcères, les panaris, etc. Dans cette contrée on la considère aussi comme parasiiicide.
Dans rinde, on emploie l'écorce la plus intérieure dans l'élépliantiasis et la partie la plus vieille comme sudorifiqiie dans les maladies de la poitrine.
Le mucilage que contiennent les fruits de la mut.miba ex[)liqiient leur renommée comme béchiqiies. On en fait de même une décoction dont on se sert aux Antilles comme sudorifique dans les affections dartreuses et syphilitiques de la peau. Avec les bourgeons et le fruit on prépare une boisson agréable et laxalive.
C'est la décoction de l'écorce qui est la plus employée. Prenez : écorce intérieure des branches de guazuma 120 grammes; faites bouillir dans 2 litres d'eau jusqu'à réduction de moitié ; passez et ajoutez 60 grammes de sirop de salsepareille. La dose est de 120 à 180 grammes qu'on renouvelle trois fois par jour. Au Brésil, on prépare actuellement avec l'écorce et les fruits de la mutamba un sirop pectoral très-vanté.
L'Ormeau des Antilles a encore d'autres usages. Ainsi les fruits et les feuilles forment une très-bonne nourriture pour les bestiaux, utilisée dans l'Inde et dans l'Amérique tropicale, surtout dans la saison sèche oii le fourrage est trèsrare.
C'est pour l'homme un aliment peu substantiel qui pourtant peut être utile. Descourtilz raconte que, condamné à mort avec d'autres blancs à Saint-Domingue par Toussaint-Louverture, il fut réduit pendant deux jours à cette nourriture grossière.
A la Martinique, on employait jadis l'écorce de huit à quinze mois pour clarifier le sucre; on se servait particulièrement du liber qu'on laissait tremper dans l'eau ; cette opération dégage un mucilage épais, plus filant que celui de la graine de lin.
Le bois du guazuma est souple et pliant : aussi est-il employé à faire des douves et des tonneaux. Bazile Feris.
Bibliographie. — Saint-Hilaire (A. de). Plantes usuelles des Drasiliens. Paris, 182i. — O'SuADGHxessT. Thc Bengal Dispensalory. Calcutta. — Descodutilz. l-'lore piltor. et médicale des Antilles, 2° édit., t. II, p. 13. Paris, 1833. — Balfour. Cyclopœdia of îiidia. Madras, 1857. — UiiBRY. The Useful Plants of India. Madras, 1858. — Jaguaribe. De quelques plantes médicinales employées au Brésil et de leurs vertus thérapeutiques, la 0 progressa medico. Rio de Janeiro, oct. 1877. B. F.
420 GUBLER.
Cil'BIAX (Louis). Médecin français, d'une famille originaire de l'Italie, naquit à Lyon vers 1792. 11 commença ses études à l'école de médecine de s», ville natale en 1811, puis en 1815 fut reçu interne au concours. 11 lit (|uelques cours d'analomie très-remarques et très-suivis. Lorsque les troupes alliées vinrent à Lyon, où elles furent décimées par le typhus, Gubian ne leur ménagea pas les secours, quoique ce fussent les ennemis de la patrie. Le médecin en chef des armées autrichiennes le fit nommer membre correspondant de l'Académie de Vienne, à la suite d'un travail sur cette épidémie. Peu après Guliian se rendit à Paris pour compléter son éducation médicale. 11 n'embrassa pas, comme tant d'autres, les idées de Broussais, mais se réfugia dans l'éclectisme. Le 24 aoiàt 1816, il obtint le diplôme de docteur après la soutenance d'une thèse remarquable {Considérations générales sur l'état physiologique de la femme parvenue à l'âge critique. Paris, in-4''). 11 retourna ensuite à Lyon, où, de concert avec quelques confrères, il fonda, en 1818, un dispensaire général, destiné à donner aux malades pauvres des consultations,, des remèdes et des soins à domicile. En 1826, sur les instances de Gubian, fut constitué le Comité médical du dispensaire, chargé primitivement de l'hygiène publiipic.
Après un brillant concours, où il eut pour compétiteurs de Polinière, Bracbet cl Franche, Gubian fut nommé médecin de l'IIôtel-Dieu. Le premier, il introduisit dans les hôpitaux de Lyon l'usage du spéculum vaginal. Il s'occupa même avec prédilection, pendant quelque temps, des maladies de l'utérus.
En 1823, il devint membre de la Société de médecine de Lyon, à laquelle if fit à partir de ce moment de nombreuses et intéressantes communications. C'est à Gubian que Lyon doit l'existence de la Commission des maladies régnantes ainsi que la création du Comité de vaccine.
Gubian se distingua en outre comme écrivain. En 1858, il publia une histoire de la grippe {Histoire de la grippe à Lyon en 1857, publiée par l'ordre de l'Administration du dispensaire... Lyon, 1858, in-8"); cet ouvrage fut d'autant mieux accueilli à Lyon que la population se trouvait encore sous le coup de la frayeur causée par l'apparition épidémique de cette maladie alors peu connue.
Gubian envoya sa monographie à Berlin avec un travail Sur la goutte et le rhumatisme, et il obtint le titre de membre correspondant de l'Académie de Berlin. Au congrès scientifique de France, tenu à Lyon en 1842, il fit une lecture très-intéressante Sur Vinfluence de l'allaitement maternel sur la santé des femmes. Il a publié encore divers mémoires sur des sujets variés de médecine, mais ne put réaliser le projet qu'il avait formé de publier im manuel de pathologie et de thérapeutique, pour lequel il avait amassé des matériaux immenses. Gubian mourut à Lyon en novembre 1868, âgé de soixante-seize ans.