GUÉNEAU DE MUSSY
Compagnie renferment un assez grand nombre de rapports de Guéneau de Mussy, dont on appréciait les talents d'exposition et de discussion. On peut citer Jes suivants : rapport sur un Mémoire de Mélier, touchi\nllei Propriétés toxiques du sulfate de quinine {Bull, de rAcad. de méd., t. VIII, 1842-1840, p. 898);
— Rapport sur la poudre de Sency contrele goitre (t. IX, 1843-18U, p. 226);
— Rapport sur un dissentiment qui s'est élevé entre la Commission administrative des ho-^pices de Bordeaux et le docteur Léon Marchant, l'un (/"S médecins de r hôpital Saint-André {l. XIV, 1848-18 i9, |). 542). Il s'agit de l'iiomœopatliie, que Guéuoau a combattue avec le talent de dialectique qui le distinguait. jVous rappellerons encore : Sa réponse au mémoire de Gerdy Sur quelques points 4e la vision (t. II, 18ô7, p. 729 et 932), réponse dans laquelle il conttste la suprématie de la vision, qu'il accuse, au contraire, de beaucoup d'erreurs; sa fameuse discussion, à l'eiicontre de Broussais, relativement à la phrénologie (1836); enfin la participation qu'il prit au sujet de la Statistique appliquée à la médecine, ou médecine numérique (t. I, 1856, p. 757). Il prit part à un tournoi d'éloquence provo pié par un Mémoire sur le calcul des probabilités appliqué à la médecine, lu par le docteur Risneno d'Amador, tournoi dans lequel s'escrimeront en outre Dubois (d'Amiens), Piorry, Bouillaud, Double, Cboniel, Louis, Bochoux, Gastel, Velpeau, Rayer, Capuron, Desportes, Martin-Solon et Lepellctier.
A part sa thèse doctorale, Considérations sur la première éruption des menstrues. Paris, an XII, 1803, in-8", — nous ne connaissons aucun onvrage particulier de François Guéneau de Mussy. Il mourut à Paris, le 5U avril 1857. Son fils, Henry Guéneau de Mussy, hodiè vivens, et son neveu, Noël Guéneau ■de Mussy, tous deux membres de l'Académie de médecine, lurent les dignes héritiers de son nom et de ses talents. A. G.
Guéneau de Mussy (Noel-Fra.nçois-Odo.n). Noveu du précédent, vint au monde à Paris, le 6 novembre 1813; son père, Pbilbert Guéneau, était conseiller, et on peut dire ibndateur, avec Fontanes, Cuvier et Royer-Collard, de rUniversité de France. Parmi ses ascendants, il comptait Lorry, l'un des médecins de Louis XV, tous les Halle, puis Delalbsse, Voltaire, etc., et même, paraît-il, BulVon et Molière. « Toute cette hérédité, dit Féréol, était pleine de promesses, l'avenir devait les réaliser. » Le jeune Noël fit à Saint-Louis et à Stanislas d'excellentes humanités; en sortant du collège, il connaissait à l'ond ses auteurs classiques ainsi que les langues latine et grecque. Il étudia alors pendant deux ans les sciences naturelles et accessoires et l'anatomie. En 1852, il entra comme stagiaire chez Dupuytren; en 1835, il fut reçu le premier au •concours de l'internat, et obtint en 1837 la médaille d'or de l'École pratique. U ■avait été l'externe, l'interne et le chef de clinique de Chomel ; celui-ci, le trouvant hésitant, l'eng.igea à suivre la voie médicale; cette influence fut décisive. En 1839, il soutint sa thèse inaugurale; en 1842, à son premier concours, il fut nommé médecin des hôpitaux; il n'avait alors que vingt-huit ans; cinq ans plus tard, en 1847, il était agrégé de la Faculté. Nommé successivement à l'hôpital de Lourcine, à Saint-Antoine, à la Pitié et à l'IIôtel-Dieu, c'est dans •ce dernier hôpital qu'il fit le plus long séjour; il y resta dix-sept ans, et le quitta en 1878, à sa limite d'âge, avec l'honorariat. Il fut attaché en outre pendant trente ans comme médecin à l'École normale supérieure. 11 mourut à Paris dans la nuit du 1" au 2 juin 1885.