GUÉPARD
Noël Guéneau de Miissy a publié un noml)re très-considéiable de travaux. Nous ne dirons lien de sa llièse in;iuguiale {De la herlue, de la diplopie, de Vhémëralopie et de la mjclalopie. Paris, 1859, in-4«, \Y> 556), qui traitait d'un sujet tiré au sort; ses deux thèses d agrégation {Des causes de la fièvre hectique et de son traitement. Paris, 1844, in-4"; De la pathogénie des hémorrhagies. Paris, 1847, in-4'') ont élé très-reuiarquées. « Son Traité de l'angine glanduleuse, dit Féréol, a élé longtemps considéré comme le meilleur chapitre de pathologie générale que nous eussions... Ses Leçons sur la phthisie pulmonaire constituent au point de vue priitiquc et ihérapciitique un traité complet et excellent. Presque toutes ses œuvres sont présentées sous forme de leçons. On peut dire que tiuéneau de Miissy était né professeur... Il avait eu du succès dans la chaire de 1 l^jcole, où il avait remplace' Fouquier et Uostan. Plus tard, ses cours libres de pathologie interne, de thérapeutique, sa clinique libre surtout, furent très-suivis... On s'explique mal que la Faculté n'ait pas tenu à honneur de s'attaclier définitivement un de ses agrégés les plus distingués... Privé de l'investiture, Guéneau de Mussy resta prolésseur libre jusqu'à la fin de sa cariière. Il fit paraître successivement quatre volumes de clinique médicale, le dernier quelques semaines seulement avant sa mort. Cette œuvre remarquable, essentiellement personnelle, est le résumé de toute une vie de travail. Les éludes sur l'auscullalion de la poitrine et les pleurésies, sur l'adénopathie trachéohronchique, sur l'hygiène de la femme, sont entièrement originales. Tout un volume est consacré à la fièvre typhoïde; c'est un véritable traité théorique et praliijue, le meilleur et le jilus complet que nous ayons... Cet ouvrage restera à consulter, comme on consulte encore aujourd'hui Graves ou Sydenham. »
Noël Guéneau de Mussy fut reçu niemhre de l'Académie de médecine dans la section de thérapeutique, en 1807. C'est à lui qu'est due la fondation de la Société de thi'rapeutique, dont il fut l'un des premiers présidents. 11 prit une part très-active au"v discussions de ces deux Sociétés.
Guéneau de Mussy jouissait d'une grande réputation comme médecin consultant. Il était doué d'un véritable tempérament artistique, il était poète à ses heures. Les honneurs ne lui avaient pas manijués. Il était officier de la Légion d'honneur. Nous citerons de lui :
1. Traité de l'angine glanduleuse ri observations sur l'action des Eaux-Bonnes dans celle affection, précède de considérations sur les diathèses. Paris, 1857, in-8°. — 11. Contributions à l'histoire des abcès du f'o'ic. l'aiis, 1875, in-S" (exti-. de la France médicale). — III. Leçons cliniques sur les causes et sur le traitement de la tuberruHsation pulmonaire, faites à l'IIÔlel-Dieu (1859). Recueillies pai- le D'' Wieland. Paris, 1860, iiî-8°. — IV. Deux leçons de pathologie générale. Paris, 1.S05, ii)-8°. — V. Clinique médicale. Paris, 1874-1885, 4 vol. in-8\ — VI. Recherches historiques et critiques sur l'étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde. Pdv'is, 1877, iii-8 . — Vil. Très nombreux articles dans les journaux de médecine. L- Hn.
GUEXOlV. On désigne vulgairement, sous le nom de Gw^wons les Singes du groupe des Cercopithèques {vny. ce mot). E. Oustalet.
GLÉPARD. C'est avec raison que Waglcr a créé pour les Guépards, dans la famille des Félidés, un genre particulier a\iquel il a donné le nom deCynœlums. Les Guépards, en effet, diffèrent des Chais proprement dits ou Felis {voy. les mots Chat et Panthère), aussi bien par leur aspect extérieur que par la conformation de certaines parties de leur squelette. Ce sont des carnassiers de grande
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taille, qui mesurent à l'àpe adulte près de l'",40 du bout du museau à rextrémité de la queue, et qui ont des formes toujours plus sveltes et plus élégautes que le Tigre, la Panthère et le Jaguar. Leur tête, courte et arrondie, est surmontée de petites oreilles, dépourvues de pinceau, et leur corps él.mcé, porté sur des pattes relativement très-hautes, se termine en arrière par une queue longue de 76 à 8i centimètres. Leur pelage offre des teintes fauves ou rousseàlres parsemées de lâches noirâtres qui ne forment ni des rosettes comme chez le Léopard, ni des anneaux comme chez le Jaguar, ni des raies transversales comme chez le Tigre, mais qui ressemblent plutôt à des mouchetures régulières et nettement dessinées. Sur la queue cependant ces taches se fondent en une série d'anneaux, tandis que sur les parties inférieures du corps elles disparaissent complètement, en même temps que la nuance de la fourrure s'éclaircit et passe au jaune pâle ou au blanc. Une raie noire s'étend de l'angle interne de l'œil au bord de la lèvre supérieure et les poils de la nuque, notablement plus allongés que les autres, figurent une sorte de crinière. Telle est la livrée des adultes. Chez les jeunes, les poils sont généralement plus longs, plus soyeux, et les teintes de la fourrure moins vives et plus brouillées. Ainsi la tête, le dessus du cou, le dos et la face supérieure de la queue, tirent fortement au brun et ne présentent que des mouchetures indistinctes.
Le crâne des Cynœliinis se distingue facilement de celui de tous les autres Chats par ses proportions : il est liès-haut relativement à sa longueur et sa portion cérébrale offre une capacité considérable, en rapport avec le développement des hémisphères, qui sont pourvus de nombreuses circonvolutions. Les os nasaux sont courts et la dentition offre certains caractères qui justifieraient à eux seuls l'établissement du genre Cijiuelurus. A la mâchoire supérieure, en effet, la vraie molaire est apparente quand on regarde le crâne par le côté, et sa couronne est fortement festonnée; la première prémolaire n'est pas constante, mais la seconde est très-grande et pres(|ue aussi développée que la dent carnassière, dont le croissant est à peine indiqué.
Les métatarsiens et les métacarpiens sont relativement beaucoup plus longs que chez le Chat domestique et les griffes, quoique munies des mêmes ligaments que chez les autres Félidés, sont à peine rétractiles et reposent sur le sol pendant la marche, comme cela a lieu chez les Chiens. Enfin, autre particularité digne d'intérêt observée récemment par .M. Bartiett. la pupille des Guépards conserve en se contractant une forme arrondie.
On ne connaît jusqu'ici que deux espèces de Guépards, le Guépard à crinière [Cynœlurus jubatiis Schreb.) et Guépard laineux (C. laneus Sclat.), car le Guépard moucheté (C guttatus Herm.) ne paraît décidément pas constituer une forme distincte. Le Guépard à crinière ou Guépard commun possède une aire d'habitat extrêmement vaste, puisqu'il se trouve à la fois dans l'ouest, dans le centre et dans le sud de l'Inde, en Syrie, en Mésopotamie, en Perse et dans une grande partie du continent africain, depuis le Sénégal, l'Abyssinie et le Kordofan, jusqu'au Cap de Bonne-Espérance. C'est à lui que convient particulièrement la description que nous avons donné ci-dessus des formes extérieures et du pelage des Guépards. Dans l'Inde anglaise et en Perse, oii on le connaît sous les noms de Cheetah (ou Chiltah, et de Fouse), il est fré({uemment employé pour la chasse des Antilopes. Son intelligence et la douceur de son caractère le rendent en effet susceptible d'une certaine éducation, et la rapidité de ses allures lui permet de forcer à la course les Piuminanls les plus agiles. Cependant, on
<prend généralement la précaution de le transporter dans une charrette et la tête nouvelle d'un capuchon jusque sur le théâtre de la chasse et on ne lui rend la liberté qu'au moment décisif. Profitant des moindres inégalités de terrain pour dissimuler sa marche, le Guépard se glisse jusque dans le voisinage de sa victime, puis il fond sur elle comme le Faisan sur sa proie, la renverse avec ses pattes et la mord à la nuque. Son maître accourt aussitôt et se liàte de le chaperonner, puis il coupe le cou de l'Antilope et recueille le sang dans un vase de ijois qu'il met sous le nez du Guépard auquel il abandonne aussi comme récompense une patte de la victime. Il arrive parfois cependant que les Antilopes éventent l'eunemi et prennent l'alarme assez tôt pour échapper à ses atteintes. Dans ce cas, le (niépard revient tout penaud vers son maître et attend une occasion de réparer sa maladresse.
Le fameux Tippo-Saïb, dans ses grandes chasses aux Gazelles, employait •toujours comme auxiliaires un certain nombre de Guépards, et le siiah de Perse actuel en garde dans son palais quelques-uns qu'il a fait venir d'Arabie. Il y a quebjues siècles des Guépards furent aussi amenés en Europe pour servir aux plaisirs des princes. Léopold l'"", empereur d'Allemagne, reçut en cadeau du sultan deux de ces carnassiers apprivoisés, et François I'"', au dire de Gesner, s'amusa quel(|uc(ois à courre le Lièvre avec des Guépards élevés dans sa ménagerie. En Afrique, au contraire, on ne songe pas en général à tirer parti de cette espèce, que les Arabes cherchent plutôt à détruire à cause de ses déprédations. Cependant M. Rrchm a pu constater, par sa propre expérience, que les Guépards africains s'apprivoisaient aussi facilement que ceux d'Asie. Il les promenait ù ■travers les rues d'Alexandrie en les tenant en laisse comme les Chiens, et il les faisait obéir au moindre signe. Un Guépard qui vivait naguère au Jardin des Plantes ne se montrait pas moins docile; il se laissait volontiers caresser et témoignait sa joie en ronronnant à la manière des Chats. Il paraît cependant que -les Guépards conservés en captivité ne manifestent pas des dispositions trèsfavorables pour les autres membres de la famille des Félidés et qu'ils ont pour les Chiens une antipathie prononcée; en outre ces carnassiers demandeut à être constanmient bien nourris, bien logés et bien traités, car autrement le naturel sauvage reparaît en eux et les rend bientôt extrêmement redoutables.
Le Guépard laineux, récemment décrit par M. Sclater d'après un spécimen vivant au jardin zoologique de Londres et originaire de la colonie du Cap, diffère du Guépard ordinaire par son corps plus massif, ses pattes plus courtes, sa queue plus épaisse, son pelage mieux fourni et plus laineux et ses teintes plus uniformes. Dans cette espèce ou dans cette race, en effet, les parties supérieures du corps, d'un fauve Isabelle, n'offrent point les taches noires qui sont si apparentes dans la livrée d'adulte du Guépard commun, tandis que les parties inférieures présentent en revanche des plaques fauves, de forme arrondie, se détachant sur un fond blanchâtre. E. Oustalet.
BiELiOGRAPHiE. — Wagler. Classification der Sângelhiere, 1830. — H.-D. de Blaixville. Gsiéographie, 1839-1864; Felis, pi. 4 e( 9. — P. Gervais. Hist. nat. des Mammifères, t. II, .p. 90, 1855. — E. Clïth. Synopt. List of tlie Species of Felis inhabiting Ihe Indian Région. In Proc. Zool. Soc. Lond., p. 181, 1865. — J.-E. Gray. On ihe Skulls of tlie Felidae. In Proc. Zool. Soc. Lond., p. 396, 1867. — Jerdox. The Mammals ofindia, p. 114. 1874.— SArai-GEORGE MivART. Tkc Cat, p. 427, 1881. — Brehm. Vie des animaux, édition française, Mammifères, etc. E. 0.
GLÊPE [Yespa). Genre d'Insectes Hyménoptères, type de la famille des
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Yespidés. Les espèces redoutées et souvent difficiles à distinguer entre elles sont répandues dans tout l'ancien continent et dans l'Amérique du Nord ; elles sont de forte taille et se réunissent en sociétés nombreuses, nichant dans^ des sortes de ruches spéciales nommées Guêpiers.
Les caractères zoologiques des Guêpes sont les suivants : corps épais ; tète concave en arrière, renflée dans les régions du vertex, chaperon tronqué, avec une dent de chaque côté. Antennes longues, simple chez les mâles, ni crochues, ni enroulées en spirale; mandibules courtes, fortement quadridentées. Palpes maxillaires de six articles , lèvre très-courte, quadrilobée, palpes labiaux de quatre articles. Thorax cubique. Ailes supérieures grandes, les inférieures relativement petites, sans lobe basai. Abdomen subcylindrique, tronqué à la base, paraissant sessile; premier segment très-court, presque toujours aussi large que le second, non tubercule sur les cotés.
Les sociétés des Guêpes, de même que celles des Bourdons {voy. Bocrdoas) et des Polistes {voy. Polistes) ne durent qu'une saison, tandis que celles des Abeilles et des Fourmis {voy. ces mois) existent pendant plusieurs années. Les guêpiers, à partir de la seconde moitié du mois d'octobre, voient disparaitic leurs habitants. La femelle, qui avait fondé le nid et qui était née l'année précédente, meurt ainsi que les ouvrières auxquelles elle avait donné naissance. Les femelles et les mâles nés pendant l'été oui i|uilté le guêpier en septembre; les mâles ont péri peu après s'être accouplés. Il ne reste plus que les femelles fécondées, qui cherchent un abri pour Ihiver, soit dans un arbre creux, une fente de muraille, suit dans l'intérieur des maisons, derrière une boiserie^ un papier décollé, etc. Elles passent l'hiver dans l'immobilité, engoui-dies, sans prendre de nourriture et les ailes repliées sous leurs corps à peu près comme dans la phase nymphale. Quand la chaleur printanière les réveille, ces^ femelles vont butiner sur les Heurs. On les voit dans les jardins, sur les arbresfruitiers et dans les haies. Le Prunellier sauvage, les Groseilliers, les Mahonia. les attirent, et un précepte pratique important pour les agriculteurs et horticulteurs serait de prendre et de tuer le plus possible de ces Guêpes femelles, qui fonderont des colonies parfois si nuisibles à l'arrière-saison.
Les mandibules, à dents engrenées latéralement, servent aux mères Guêpes. pour l'édification du nid ou guêpier. Elles recherchent les parcelles d'écorce ou de vieux bois, les détachent, les roulent, les façonnent en une boule emportée pai" l'insecte sur le chantier de construction.
On voit souvent des Guêpes ou des Polistes, ou des Frelons, posés sur des planches, sur de vieux bois, des écorces, ou\Tant et fermant les mandibules, détachant ainsi des fibres ligneuses de quelques millimètres de longueur. Ces libres comprimées, mâchées, divisées en fibrilles, finissent par être agglutinées par une salive gluante et finalement emportées au guêpier. Là, reprise par les mandibules, la petite masse prend la forme de lamelle papyracée ; la langue de l'insecte polit cette lamelle qui, enduite de salive gluante, devient hydro fu'^e. Les guêpiers sont, en général, moins réguliers dans leurs formes que les alvéoles des Abeilles {voy. Abeille). Ils sont toutefois remarquables, avec une enveloppe papyracée indépendante des rayons qui eux-mêmes sont soutenus par des piliers spéciaux. Les rayons ou gâteaux sont formés par des alvéoles hexa<^ones, disposés Snv une seule rangée ayant les ouvertures en bas. Les piliers ou colonnes fixent le rayon, s'il est unique, à la branche ou au support, ou bien réunissent les rayons entre eux, ou relient l'enveloppe avec l'ensemble
des rayons. Celte enveloppe formée de couches ou membranes superposées avec interposition d'air, mauvais conducteur du calorique, est propre à maintenir rintérieur du guêpier à une température plus élevée que l'air ambiant. La plupart des Guêpes placent leurs nids dans la terre, les arbres creux, les vieux murs, sous les toitures, l'intérieur des greniers, des chambres peu liabitées, rarement à lair libre et alors suspendus aux branches des arbres ou arbustes. Henri de Saussure a insisté sur les formes diverses et la fabrication des guêpiers dans ses Éludes sur la famille des Vespides, volume II {Monographie des Guêpes sociales, Introduction, pages xix, lxvih, cxxxvjii, et Allas, planches XV, Wlet XVII, in-8". Paris et Genève, 18oo-1858).
La mère Guêpe fondatrice du guêpier, soit caché, soit aérien, commence par fabriquer le pédicule plus long que les piliers futurs. Le bas du pédicule s'évase en cupule oii la femelle construit des cellules hexagonales juxtaposées, environ huit ou dix. Ce rudiment de nid est protégé par une enveloppe simple partant du pétiole d'attache. La femelle agrandit le nid par de nouvelles cellules au pourtour, modifiant les dimensions de l'enveloppe, en rapport avec celles des rayons. La mère Guêpe pond des œufs dans les cellules qu'elles a conslruiles seule, et de ses œufs sortiront des ouvrières. Lorsque celles-ci après l'éclosion des larves alimentées par la fondatrice sont devenues adultes, la mère ne sort plus pour aller aux provisions ; les ouvrières seules vont récoller sur les fleurs et sur les arbres suintants. La mère Guêj^e nourrie par ses filles ne s'occupe ni de bâtir, ni d'alimenter les larves; ce sont les ouvrières qui pourvoient à tous les besoins du guêpier.
Les ouvrières agrandissent le nid, s'il est enfoui dans le sol; elles creusent autour le terrain et enlèvent des pierres plus lourdes qu'elles; elles augmentent les cellules à la circonférence; elles renforcent le pédicule de suspension, puis elles ajoutent de nouveaux pédicules sur divers points, fixent de nouveaux rayons, à partir du centre. L intervalle entre deux rayons superposés est juste ce qu'il faut pour la circulation ou le passage des insectes.
Les larves des Guêpes ont les pièces buccales plus fortes que celles des larves d'Abeilles, en raison des aliments plus consistants qu'elles reçoivent. Elles ont deux ocelles, deux mandibules et une lèvre inférieure trilobée. Les larves sont d'abord placées la tête en bas et reçoivent probablement la becquée dans cette attitude; au moment de la transformation, elles se retournent, lilent unr coque de soie et ferment elles mêmes les cellules. La nymphose s'opère dans cette cavité bien close. La nymphe, d'abord pâle, se colore sur les yeux, puis le noir et le jaune apparaisseul. Les jeunes Guêpes venant d'éclore rongent les bords de l'opercule avec leurs mandibules et sortent de l'alvéole qui bientôt est nettové ; alors. la femelle fondatrice vient y pondre un nouvel œuf. La Guêpe ne dépose ordinairement qu'un seul œuf par cellule, mais, à la iin de l'été, on en trouve parfois deux. Vers les derniers jours d'août, au commencement de septembre, les guêpiers renferment des mâles, puis des femelles. C'est du '20 septembre au 15 octobre que le guêpier est le plus garni. Aux premières gelées blanches, les ouvrières tirent et emportent du nid les larves qui n'arriveraient pas à leur développement complet. Les guêpiers deviennent vides dès que les froids sont vifs et persistants.
Les Guêpes ont une nourriture beaucoup plus variée que celle des Abeilles ; la pàlure qu'elles donnent à leurs larves est différente. Les Guêpes sont trèsfriandes de matières sucrées d'origine végétale ou animale, elles cherchent à
entrer dans les ruches des Mellifères. Un Frelon, qui suce le miel, disait déjà Swanimerdam, étant coupe en deux à ce moment, continue à manger. Les Guêpes recherchent le miel sur les fleurs, mais de plus elles recueillent les jus sucrés des véjjétaux, des plaies d"arhres, des Iriiits déjà entamés, car elles ne peuvent ouvrir le raisin intact avec leurs mandibules seules, ainsi que je m'en suis assuré. Le miel avalé est dégorgé aux larves; de plus, dans le guêpier, il y a du miel en réserve dans des alvéoles, mais sans « pots de miel « spéciaux comme dans les nids de Bourdons.
Il y a une différence bien marquée entre les Abeilles et les Guêpes au point de vue de l'alimentation. Les Guêpes saisissent les insectes vivants, surtout les Muscides, d'autres hyménoptères plus faibles, des araignées même; elles les coupent en morceaux, les mâchent et l's portent aux larves, quand les jus ou autres aliments sucrés végétaux leur fout défaut. Une Guêpe qui s'empare d'un insecte ne le pique pas avec l'aiguillon, elle l'assujellit et lui coupe la tête, par exemple, aux grosses Mouches ; elle mâche sans piécaution préalable un petit insecte et emporte au guêpier la bouillie i'ormée. En autonme, les Guêpes viennent chercher des mouches dans l'iutéiieur des appartements, sur 1rs vitres des croisées. A l'étal de bouchers dans les vilhiges, les Guêpes dépècent de petits morceaux sur les viandes exposées, elles aiment surtout le foie, à cause de la glycose qu'il renferme.
L'activité des Guêpes est très-grande; elles sont infatigables au travail; elles butinent ou nidifient dès le lever du soleil et longtemps après son coucher. Bien plus nocturnes que les Abeilles, elles viennent sucer au crépuscule les sucs séveux et sucrés des arbres. Il est dangereux de s'a|)procher des Frelons ou des grands guêpiers ordinaiies, à l'heure où aucune Abeille rentrée ne sort des ruches.
Le vol des Guêpes est analogue à celui des Abeilles; il a lieu de bas en haut avec les ailes supérieures seules, les inlërieures élaut coupées ras. U est sur que les ailes inférieures servent à la direction de l'insecte, tandis que les supérieures servent à sa propulsion.
Le miel des Guêpes indigènes n'a jamais causé d'accidents, mais il n'en est pas ainsi dans les contrées chaudes et sans hiver. J'ai rapporté les accidents éprouvés par Auguste de Saiul-Ililaire et sou escorte, après avoir mangé le miel d'une Vespide américaine, du genre Lecherjuana {voy. Lecheguana). Aristute, Pline, Dioscoride et Xénophon, avaient signalé un miel vénéneux, mais dû à des Abeilles et non à des Guêpes.
L'espèce de Guêpe la plus commune est la Vespa vulgaris Linné, dont la Vespa germanica Fabricius est extrêmement voisine, et parlois dillicile à distinguer. La Ve.?pa vulgaris est longue de l'2 à 14 millimètres, noire et jaune sans teinte rousse. Les yeux atteignent la base des mandibules; les antennes sont noires chez la femelle et l'ouvrière, avec le premier article jaune, en avant, chez les mâles. Le chaperon est jaune avec une marque noire, disposée en ancre, ou en hache, ou ressemblant à une petite boni cille; la bordure jaune conliguë au bord postérieur des yeux est tachée de noir ou échancrée en arrière. Thorax noir. Abdomen à bandes jaunes et à points noirs.
La V. germanica a souvent la taille plus grande et les antemies des màles plus longues et plus épaisses; le duvet pubescent est moins fourni que dans la V. vulgaris. Le chaperon est jaune, avec un ou trois points noirs, ou jaune
soit en entier, soit avec une petite ligne noire; la bordure jaune contiguë au bor-d inférieur des yeux est d'égale largeur.
Les nids de ces guêpes sont gris et analogues à du papier brouilhird; ils sont faits avec des matériaux de bois longtemps exposés à l'air et à la pluie, comme les barrières de clôture, les écbalas de vigne, etc. Les grands nids de la V. germanica atteignent un diamètre de oO centimètres et plus. Le nombre des cellules excède parfois vingt mille.
La Guêpe rousse, Vespa ru fa Linné, babite les bois, et construit des nids souterrains peu volumineux. Elle se distingue au premier coup d'œil par la teinte rousse des deux premiers segments de l'abdomen. Les yeux, prolongés jusqu'à la base des mandibules, ont une bordure jaune contiguë seulement à la partie sujérieure de leur bord postérieur.
La Veapa silvextris Scn^oU, V.holsatica Fabricius, longue de 12 à 15 millimètres, noire, variée de jaune, sans roux, a les mandibules éloignées des yeux. Chaperon finement ponctué , entièrement jaune ou avec un petit point noir. Antennes noires, ferrugineuses en dessous, le premier article jaune en avant. Post-écusson noir, abdomen à bandes un peu triémarginées. Ailes un peu ferrugineuses. Corps à poils fenugineux, celui de la femelle très-velu.
La plus grande et [la plus forte Guêpe de notre pays est le Frelon, Guêpe Frelon, the Hornet des Anglais, Vespa crabro Linné. La femelle est longue de 22 millimètres, le niàle et l'ouvrière de 18 à 20 millimètres. La tète est dilatée en arrière des yeux, le cba{)eron jaune, le reste roux, ainsi que la base des antennes; thorax noir, varié de roux, les ailes supérieures un peu jaunâtres. Abdomen brun avec les segments largement jaunâtres; pattes rousses. La pubescence est fauve.
Le nid du Frelon est placé soit dans les vieux arbres, ou sous de grosses racines, parfois dans les murs décrépits, les toits de chaume, dans les cheminées ou les ruches vides. Ce guêpier, formé de parcelles de bois mort et décomposé, est de consistance friable, aussi l'insecte donne-t-il aux couches une épaisseur assez grande. Les cellules des femelles ne sont pas d'un diamètre plus étendu, le volume interne est augmenté par la plus grande profondeur donnée par l'ouvrière, et l'opercule filé par la larve est bombé. Les Frelons, dont le naturel farouche et l'irascibilité sont passés en proverbe, peuvent être apprivoisés en captivité dans une certaine mesure, en les regardant, en les touchant souvent, en leur donnant des fruits mûrs ou du sucre mouillé, surtout aux insectes placés en sentinelles des nids. C'est le gâteau de Cerbère qui permet de s'approcher du guêpier et de le visiter plus ou moins.
On a souvent parlé des Guêpes végétantes. Il s'agit en pareil cas de cryptogames qui germent sur l'insecte vivant et après la mort. Les Guêpes exclusivement exotiques succombent sous l'action de parasites végétaux du genre Sphœria, et périssent en se cramponnant à un objet, sur une branche, par exemple. Une multitude de filaments allongés sortent des jointures du corps, et ceux qui ont atteint leur développement complet sont terminés par des renllements. Les organes reproducteurs apparaissent après la mort de la Guêpe végétante. Ricord Madiana a vu des Guêpes (peut-être des PoUstes) tombant à mesure qu'elles sortaient du nid, et offrant des végétations qui les empêchaient de voler. Quelques larves dans leurs alvéoles avaient deux excroissances végétales, mais infiniment plus petites {voy. H. de Saussure, loc. cit., p. CLIX),
Il me reste à faire connaître les insectes de divers ordres qui vivent avec les Guêpes, soit comme des commensaux, soit en vrais parasites.
Parmi les Coléoptères, le rare Quedius [VeUeius) dilatatus vit dans les nids de Frelons, soit à l'état de larve, soit adulle dès le mois de juin. Le Quedius vole le soir en suivant les Frelons, ou se lient au pied des nids ou dans le terreau. 11 est sur que la larve et l'insecte parfait ne vivent que de déjections ou de détritus, soit de Frelons, soit d'autres insectes de ces nids, et n'attaquent point les larves vivantes (A. Rouget, Sur /es Coléoptères parasites des l'esp/des, in Mémoires de l'Ar.ad. des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 5'' série, partie des sciences, p. 161 et suiv., années 1871-1875).
Les Vespœ vulgaris et germanica ont un parasite vrai, le Rhipiphorus paradoxus Linné, dans leurs nids souterrains. Un tiouvc la larve et la nymphe du Coléoptère dans le guêpier, l'insecte parlait vit auprès sur les arbustes ou les herbes. La femelle du Rhipiphorus pond plusieurs centaines d'oeufs d'oij proviennent des larves qui se nourrissent de celles des (iuèpes; c'est au moment où ces dernières vont former leur opercule que la larve du Pdiipiphoro pénètre dans l'alvéole. Peut-être y est-elle précédée par l'œuf et ne s'y introiluit-elle point; quoi qu'il en soit, elle suce peu à peu la larve de Guêpe et la vide eu commençant par le thorax.
Le Trichodes alvearius, parasite des ruches et des nids de Chalichodomc, est encore un Coléoptère sij^ualé à l'état de larve dans les guêpiers.
Parmi les Hyménoptères, le Trijphon vesparum Ratzeburg est destructeur des larves de Guêpes. La larve provenant de lœuf du Tryphon attaque celle de la Guêpe en lui rongeant l'abdomen, et elle se lîle une coque au fond de la cellule du guêpier qu'elle a occupée.
Les Diptères offrent des Tacliinaires et surtout des Volucelles parasites {Voluceîla inanis Linné, V. pellucens Linné, et Yolucclla zonaria Poda). Les Volucelles femelles, tapies dans l'herbe, guettent pendunt des journées entières l'entrée des guêpiers; les Guêpes faisant sentinelle cherchent à s'emparer de la Mouche qui arrive trop près, La Volucelle s'envole et revient à son embuscade ; elle pénètre par défaut de négligence des gardiens ou lors du sommeil des Guêpes, et elle pond des œufs sur les enveloppes papyracées du nid. La larve grisâtre, épineuse, de la Volucelle, rampe entre les alvéoles, brise les opercules et dévore les larves de Guêpe. Si les Guêpes cherchent à les piquer, ces larves de Volucelle, à peau cuirassée, se contractent et défient l'ennemi.
D'autres Diptères, tels que les Conops, les Mijopa, se développent, dit-on, dans le corps des Guêpes comme dans celui des Bourdons.
Les oiseaux, tels que le Guêpier et la Buse Bondrée, font la chasse aux Guêpes; le Renard et la Musaraigne, parmi les Mammifères, les mangent; les '^rosses Araignées les prennent dans leurs toiles.
La piqûre des Guêpes est fort douloureuse, Lacaze-Duthiers a décrit leur aiguillon (Ann. des se. natur., Zoologie, o" sér., t. XII, p. 555 et suiv.), que Réaumur trouvait plus grand, mieux armé que celui de l'Abeille. La plus redoutable de nos espèces est la Vespa crabro ou Frelon. La piqûre des Guêpes est suivie d'enflure, mais rarement de suppuration ou de gangrène; la moi't est exceptionnelle, mais provient alors du gonflement de la partie piquée, par exemple, du voile du palais, de la base de la langue ou du pharynx. Il peut en résulter malheureusement la suffocation du patient dans un bref délai. Chau-
DICT. E!"": 4' S. Xf. 28
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meton signale les bons effets immédiats, en pareil cas, du sel commun délayé dans une petite quantité d'eau.
La gravité des ])iqùres que font les Guêpes est en rapport avec leur nombre excessif. On cite l'exemple de mulets qui, attacbés près d'im guêpier, furent piqués jusqu'à ce que mort s'ensuivit. La fièvre, même cbez les personnes en parfaite santé, est la conséquence presque inévitable de piqûres multipliées. Les tuméfactions persistantes, l'ulcération ne résultent que des conditions mauvaises de la santé antérieure chez les sujets atteints. De tout temps, on a vanté des leceltes contre la piqûre des Guêpes, et la littérature ancienne, même la moderne, offrent des spécifiques plus nombreux qu'utiles. La fiente de bœuf, les sucs des plantes, du chou, de la mélisse, du pissenlit, du persil, les pommades avec les têtes de mouches écrasées, les pâtes avec les toiles d'araignée, l'oignon et le décoctum vineux de semences de mauve, ne valent guère mieux les uns (jue les autres.
Swammerdam recommandait, avec raison, de couper avec des ciseaux à fleur de peau l'aiguillon enfoncé dans les chairs, afin d'enlever la vésicule de venin et d'exprimer la partie, puis d'extraire l'aiguillon. Les compres>es avec l'eau salée, au besoin avec, luriiie. leau de chaux, l'alcali volatil étendu d'eau, puis des applications d'huile d'olive laudanisée, de cataplasmes émollicnts, sont efficaces. Dans les cas graves l'eau salée avec quehiues gouttes d'ammoniaque prise à l'intérieur j)ourra être utile. II. de Saussure a vu au Mexique les naturels boire une assez grande quantité d'eau-de-vie, comme pour les piqûres de serpents venimeux, lorsque les Guêpes avaient mis la vie en danger.
A. Laboulbèine.
CUÉPIER. Les Guêpiers ont été d'abord confondus par Linné avec les Martins-Pêcheurs, mais ils n'ont pas tardé à être placés, par le même naturaliste, dans un genre distinct, sous le nom de Merops. Plus tard, ils ont été élevés par Leach au rang de famille [Meropidx) qu'ils possèdent encore actuellement, et, à ce titre, ils occupent, aux yeux de la plupart des ornithologistes, une situation intermédiaire entre les Alcedinidce ou Martins-Pécheurs et les GalbuUdx ou Jacamars, dans le groupe des Syndactyles [voy. ce mot).
Les caractères des Méropidés sont assez nets pour qu'on ne puisse confondre ces oiseaux avec ceux des deux familles voisines. Le plumage des Guêpiers n'offre en effet jamais de couleurs métalliques, comme celui des Jacamars, mais il a des teintes vives, des bleus, des verts et des roses que l'on retrouve dans la livrée des Martins-Pêcheurs. En revanche, le bec n'a pas du tout la même forme que chez les Alcédinidés et ressemble davantage à celui des Galbulidés; il est long et recourbé, aminci graduellement de la base à l'extrémité et muni en dessus d'une arête vive. Les narines s'ouvrent par deux fentes longitudinales sur les côtés de la mandibule supérieure dont les bords sont complètement lisses ; le corps est svelte, les ailes sont longues et pointues, la queue toujours bien développée, mais de forme variable, est tantôt coupée cnrrément à l'extrémité, tantôt disposée en coin, avec les pennes étagées et les deux rectrices médianes prolongées en deux filaments; enfin les pattes sont conformées à peu près comme chez les Martins-Pêcheurs, les tarses étant relativement courts et grêles et le doi^t médian étant soudé au doigt externe sur une grande partie de sa longueur.
On connaît aujourd'hui une trentaine d'espèces de Méropidés qui habitent les parties chaudes ou tempérées de l'Ancien-Continent, l'Australie et la Papouasie,
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el qui peuvent èLre reparties en deux tribus, savoir : les JSijciiornithhut' S\v. et les Meropinœ Bp.
Les Nyctiornilliinés se reconnaissent généralement à leur taille plus forte, à leur bec plus épais, à leurs ailes plus obtuses, à leur queue longue et coupée à angle droit, à leur menlon orné d'une sorte de barbe Ibrmée p;ir des plumes allongées, colorées en bleu ou en rose vif; ils ont pour type le genre Nijcliornis Sw. que l'on a successivement partagé en plusieurs sous-genres, Nyctiornis, Biicia, Merospicus, Meropogon et Bombyloiiax, et ils ne comprennent que des espèces asiatiques malaises ou africaines. Parmi ces espèces les plus connues sont h Nyctiornis malaccensis Cab., le JS. Aihertoni J.j et S. e\.\e Merospicus gularis Shaw.
Le Nyctiornis malaccensis est un oiseau presque aussi gros qu'une Grive et portant une livrée verte rehaussée par du rose lilas sur le front, du rouge vif sur la gorge et les joues et du jaune doré sur la face inférieure des pennes caudales. 11 n'est pas rare dans la presqu'île deMalacca et en Birmanie, mais dans l'Arracan, le Ténasserim et dans d'autres provinces de l'Inde anglaise, il est remplacé par le Nyctiornis Atherlonl ou SangroJ;, dont le plumage est assez différent, le ventre étant d'un fauve pâle rayé de vert et la gorge d'un bleu nuancé de vert. Le nom générique donné à ces deux espèces et à une troisième forme, originaire de Sumatra et de Bornéo [N yctiornis amictus ïeni.), provient d un renseignement erroné fourci aux naturalistes par le voyageur Atherton qui envoya en Europe la première dépouille de Sangrok. Atherton avait affirmé que le Sangrok était un oiseau nocturne, vivant solitaire au milieu des jungles ; mais les observations ultérieures de Hodgson et de Jerdon nous ont appris que, si le Nyctiornis se rencontre isolément, il se tient de préférence dans les grandes forêts, depuis la plaine jusqu'à une altitude de 1000 a iZ 000 mètres, et qu'il chasse en plein jour, à la manière des autres Guêpiers. Sa nourriture consiste en insectes de différents ordres, Guèj)es, Coléoptères et Sauterelles, et ses habitudes ne présentent aucune particularité digne d'être signalée.
La seconde tribu des Méropidés, celle des Méropinés, comprend le genre Guêpier proprement dit ou Meco/js L. qu'on a bien inutilement subdivisé en plusieurs groupes secondaires, et le genre Melittophagm Boie, renfermant luimême le sous-genre Coccolarynx Beich. Les représentants de ce dernier groupe ont la queue tronquée à l'extrémité, comme les Nyctiornis, dont ils se distinguent facilement du reste parleur bec beaucoup plus grêle, leur taille plus faible, leur plumage orné de couleurs variées, de brun cannelle, de vert, de bleu, d'écarlate et de noir. Ils se trouvent tous en Afrique, les uns dans l'ouest, comme le Guêpier de Bullock [Coccolarynx ou Melittophagus Bullocki V.), d'autres dans l'est, comme le Guêpier bridé {C. frenatus Hartl.^, d'autres enfin dans le sud, commele Guêpier bullockoide (C huUockoides Smith), et forment, dans les localités qu'ils habitent, de petites colonies dont les mœurs sont intéressantes à étudier. Pendant la belle saison ces oiseaux ne quittent guère le voisinage des grands fleuves, dans les berges desquels ils creusent leurs nids, en forme de couloir, et durant toute la journée on peut les voir faire la chasse aux insectes qu'ils capturent à la manière des Gobe-Mouches. Quand ils ont saisi quelque proie ils la portent à leurs petits et, quoique leurs nids soient presque conligus, jam.ais ils ne se trompent de porte.
Au contraire, suivant Le Vaillant, les jMélittophages vivent plutôt par paires et ne constituent de petites bandes que lorsque les jeunes ont pris leur essor.