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Le Gui commun est un arbrisseau monoïque ou dioïque, dont les nombreux rameaux, di- ou tricbotomes, cylindriques et articulés, forment dans leur ensemble une toutïe subglobuleuse, pouvant atteindre de 0'",40 à 0"',50 de bauleur. Les feuilles, épaisses, cbarnues-coriaces, vertes ou d'un vert jaunâtre, sont glabres, oblongues, très-entières, avec cinq ou sept nervures simples, beaucoup plus apparentes sur la plante sèche que sui' la plante vivante. Les tleurs, d'un jaune verdàtre, paraissent à la tin de l'iiiver ou au commencement du printemps; elles exhalent une odeur analogue à celle du buis. Les baies, de la forme et de la grosseur d'un grain de groseille, sont blanches, transparentes et remplies d'une substance visqueuse très-coUanle; elles arrivent à maturité vers le mois d'octobre et de novembre et sont alors mangées avec avidité par un certain nombre d'oiseaux, notamment par les mésanges, les fauvettes, les l)igeons-ramiers et les grives.

Le Gui germe, avec la plus grande facilité, sur l'arbre où les oiseaux en ont transporté la graine. Mais comment ce transport s'eflectue-t-il? Doit-on admettre, avec Pline et les anciens auteurs, que les graines, après avoir traversé, sans perdre leur faculté germinativc, l'intestin des oiseaux, sont répandues avec les excréments sur les arbres voisins, ou bien, avec le docteur Boisduval. que ces mêmes graines sont expulsées j)ar un véritable vomissement? Ces théories ne paraissent guère acceptables, et nous considérons comme plus rationnelle l'opinion émise par Gay et Durieu de Maisonneuve, à savoir que « les oiseaux, après avoir saisi les baies et en avoir avalé la pulpe, cherchent, en frottant leur bec contre les branches des arbres, à se débarrasser des graines ainsi que de la substance visqueuse qui y restent attachées : d'oii résulte la fixation d'un grand nombre de graines à la surface des rameaux ». Quoi qu'il eu soit, au moment de la germination, la graine du Gui présente celte particularité remarquable que la radicule, au lieu d'être dirigée par la pesanteur suivant la verticale, n'est sensible qu'à la limiière ; elle s'enfonce dans la branche, de quelque côté que la graine y ait été déposée, et toujours du côté le moins éclairé. Après avoir traversé l'écorce interne, la racine cesse de s'allonger, mais elle produit des racines secondaires, qui serpentent dans tous les sens entre le bois et l'écorce. Ces racines secondaires forment à leur tour de nouvelles ramifications qui, s'enfonçant directement vers le centre de la tige nourricière, pénètrent comme autant de coins dans la masse ligneuse.

Le Gui, surtout celui du chêne, eut autrefois sa célébrité. Tout le monde sait quel respect religieux avaient pour celte plante nos ancêtres les Gaulois et quels rites accompagnaient sa récolle au retour de l'an nouveau, lorsque le peuple suivait les Druides en faisant retentir l'air du cri célèbre : Au Gui l'an neuf! {voij. Pline, Histoire naturelle, 1. XVI, ch. xliv.) C'est sans doute dans un reste de la vénération dont il était l'objet et des idées superstilirnses qu'on y avait attachées, qu'il faut chercher la cause delà grande réputation dont le Gui a joui pendant longtemps en médecine comme antispasmodique, antihystérique et antiéjiileptique. Ses baies, acres et amères, ont servi pendant longtemps pour faire de la glu. D'après le D"' A. Mougeot {Bull. Soc. bot. de France, t. V, 1858, p. 591), le Gui qui croît sur le tronc et les branches des Sapins [Abies excelsa et A. pectinata) est très-recherché pour la nourriture des bestiaux dans les Vosges, notamment dans certaines communes de l'arrondissement de Saint- Dié. On le donne cru ou cuit aux bœufs, aux vaches et aux porcs, afin d'en favoriser l'engraissage. Le plus généralement, on liait bouillir la plante entière

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dans de l'eau pendant trente à quarante minutes, après quoi on détache l'écorce des grosses branches et on en laisse le bois de côté. Mais on fait manger indistinctement aux animaux le bois et l'écorce des rameaux plus petits. L'effet de cet aliment se produit, paraît-il, assez promptemcnt, et les bestiaux engraissés par ce procédé sont très-estimés. Dans le Perche et dans la vallée de Clievreuse (Seine-et-Oise), on donne le Gui à manger aux vaches pour augmenter la quantité de leur lait. Ed. Lefèvre.

GllIANDil.in. On donne ce nom. sur les côtes occidentales d'Afrique, à un végétal dont les nègres mangent les Iruits eu temps de disette. ^ Pi..

Bibliographie. — Mollie\. Voyages, I, p. '271. — Mérat et de Lexs. Dict. Mat. 7nrd., III, 438. Pl.

GUIART (DoMLMQLiE-LoL'is). Né ù Paris le i>8 juillet 176.', était le fils d"im pharmacien. Il embrassa la même carrière que son père, se livra avec ardeur aux travaux de laboratoire et suivit les leçons de Baume, de Lesage et de Macqucr. A l'âge de vingt-deux ans, il concourut avec succès à la place de pharmacien gagnant m.iîtrisc dp rilùtel des Invalides. Six ans après, il fut choisi par le Collège de pharmacie pour assister son père dans la chaire de botanique. La loi de l'an XI le trouva dans cette situation peu régulière; il fut alors nommé professeur adjoint et, en 1818, à la mort de son père, devint titulaire.

Guiart se livra avec ardeur à son enseignement qui était goûté par un nombreux auditoire. Il classa le jardin de l'École de pharmacie d'après une méthode nouvelle, en combinant le système de Jussieu avec celui de Tournefort, et publia à cette occasion l'opuscule suivant : Classification végétale et exposé d'une nouvelle méthode calquée sur celle de Tournefort, d'après laquelle sont rangées les plantes de l'École de pharmacie de Paris (Paris, 1807, in-8<', et encore Paris, 18'23, in-8°, I tableau).

Guiart était membre de l'Académie de médecine. Il mourut le 22 janvier 1848, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. L. Hn.

GUlArD (Jacques-Marie-Étienm:). Médecin de mérite, né aux Camoins, près de Marseille, le 10 mars 1790, était le fils d'un médecin. Il fut d'abord attaché à un praticien de Marseille, puis en 1809 se rendit à Paris, où il fut reçu interne en 1812 et servit eu celte qualité à l'hôpital Saint-Louis, enfin soutint sa thèse inaugurale en 1816. 11 revint se fixer à Marseille et y jouit bientôt d'une grande réputation. Il fut nommé membre de la Société de médecine de Marseille, en devint le secrétaire général et la présida deux fois. A la mort de son père, il continua ses soins dévoués aux malades de la maison de santé qu'il avait dirigée et trouva là l'occasion d'étudier spécialement les affections mentales. Enfin, il fut nommé médecin en chef de l'hospice des aliénés.

Guiaud mourut à Marseille le 1" octobre 1844, laissant, o\itre des articles dans les recueils médicaux et en particulier dans V Observateur provençal des sciences médicales, dont il fut l'un des rédacteurs depuis 1821 :

I. Essai physiologique et patliologique sur le sommeil. Diss.inaiig. Paris, 1816. in-4°. — II. Considér. littér. et méd. sur la musique^ lues à la séance publique de la Société de médecine de Marseille. Marseille, 1816. in-12. L. Hx.

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