GUIBERT
GUIBELET (Jourdaln). Médecin à Évreiix au dix-septième siècle. Nous ne savons rien de sa carrière, mais il est connu par une critique remarquable qu'il publia en 1651 de VEramen des esprits de Jean Huarte. Le livre de Guibert intitulé : Examen de V examen des esprits..., est extrêmement curieux et intéressant et abonde en réflexions pliilosophiques du meilleur aloi; on y trouve môme traitées une foule de questions médico-philoso]>hiques avec l'esprit le plus fin et le plus judicieux. L. ILn.
GUIBERT (.lEAN-BAPTiSTE-Loais-MELCHion). Un des médecins les plus méritants de notre siècle. Si l'on ne le jugeait que par ses ouvrages imprimés, il ne pourrait avoir de place dans ce Dictionnaire, mais ses grandes qualités, son dévouement à la cause piibli(piû, les services considérables qu'il a rendus à sou pays, lui ouvi'cnl les portes de l'Iiistoire. ÎVé à Aix (Bonches-du-Rhône), le 25 août 1794, d'un père qui était alors capitaine d'artillerie au service de la République, il l'ut pris par la conscription en 1813, et fit, en qualité de cbirurgien sous-aide, les deux dernières et fatales campagnes du premier Empire. Licencié en 1815, nous le voyons continuer des études médicales interrompues, se rendre à Paris, y devenir interne à l'IIôtel-Dieu , et enfin dccleur le 10 avril 1821. Un an après, Guibert allait s'établir à La Ciotat, oià il s'allia à une des familles les plus anciennes de la ville, et était nommé médecin eu clief de l'hospice. Pendant cinquante-six ans médecin d'hôpital, pendant cinquantedeux ans médecin de la douane, pendant quarante-huit ans suppléant de lajustice de paix; de 1828 à 1868, conseiller municipal constamment réélu; de 1857 à 1852, conseiller d'arrondissement, deux fois adjoint au maire, président de la caisse d'épargne. Telle fut la vie de cet homme de bien qui est mort à quatrevingt-quatre ans, dans le mois de décembre 1878. La foule immense qui assista, émue et recueillie, à ses obsèques, les discours touchants qui ont été prononcés sur sa tombe, témoignent assez du vide que ce vir bonus laissa au milieu de ses compatriotes. De son vivant même, un grand hommage lui avait été rendu : le 25 juillet 1877, le Conseil municipal de La Ciotat, comme pour consacrer le glorieux titre de « médecin des pauvres » , que la population avait donné à Guibert, décidait que la place dite des Minimes serait appelée à l'avenir place Guibert, décision qui fut approuvée un mois a[)rès par le Président de la République (maréchal de Mac-Mahon).
Nous ne connaissons de Guibert que sa thèse soutenue à Paris, et qui porte ce titre : Observations de médecine sur une altération peu connue de l'iléum, 10 avril 1821, in-4». A. C.
GUIBERT (Nicolas). Médecin alchimiste, né vers 1547, à Saint-Nicolas (Lorraine), mort à Yaucouleurs vers 1620. 11 fit ses études à l'Université de Pérouse, s'occupa surtout d'alchimie, et parcourut l'Italie, l'Allemagne, la France et l'Espagne, pour se perfectionner dans cet art. Il fit à cette cette occasion la connaissance de François de Médicis, le cardinal de Granvelle, vice-roi de Naples, d'Altovitus, archevêque de Florence, du cardinal d'Esté et de plusieurs autres grands personnages qui s'étaient comme lui lancés à la recherche de la pierre philosophale. Guibert s'établit ensuite à Casteldurante, petite ville d'Italie, oiî il exerça la médecine pendant plusieurs années. Il se fit connaître dans cette modeste position comme habile praticien, et fut appelé à Rome, où il occupa, pendant les années 1578 et 1570, l'emploi de médecin provincial de
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l'état ecdésiasliqiie. Il abandonna cette place pour se livrer de nouveau à l'alchimie, et se lia d'amitié avec Otiion de Truchsés, cardinal d'Augsbourg, qui travaillait comme lui au grand œuvre. Guibert abusa longtemps encore de la crédulité publique, mais enfin il fit des réflexions sérieuses sur l'obscurité de l'art qu'il pratiquait, et cessa de l'aire de nouvelles dupes. Depuis cette époque, il devint le plus zélé adversaire des alchimistes. H se retira dans son pays, et se fixa à Vaucouleurs, ofi il mourut, dans un état voisin de la misère (Biogr. Didot). On a de lui :
I. Asserlio de murrliinis, sive de iis quac mutrhino nomiiie exprimunlur. Francofiirli 1597, in-12. — II. De halsamo ejusque tacrrjmaeqtiod opobahanium 'dicitur natura, viribus et facultatibus admiranUis. Arg'entorali, IGOô, iii-8°. — III. AlcInjmia,ratio)ie el experientia, lia demum vinliter impugnata et expugnata , una cum suis fallaciis et deliramentis, quibus hommes imbobinarat, ut nunquam in posterum se erigere valcal. Argentorati, 1G05, in-8°. Ce livre fut vivement att;iqué par André Libavius, alchimiste allemand. — IV. Dejnterilu Alc/iymiae, metallorum transmutatione , tracfalus aliquot muUiplici erudilione referti: accedit Apologia in sophistam Libavium alclnjmiae refutatae fuienlem caluinnialorciii, quae loco Pracfationis esse possit. Tout, 1614, in-S". — V. Grammaire guibertine, dédiée à Nicolas-François de Lorraine, évêque de Tout. Toul, 1018. L. Un.
GUIBERT DE CELSOY. Dans l'église Saint-Maur du petit village de Celsoy, à 10 kilomètres au plus de Langres, les curieux vont admirer un tombeau extrêmement remarquable par la richesse des ornements qui le décorent. On y voit, au milieu, sous une arcade ogivale trilibée, un personnage assis dans une chaire richement sculptée et revêtu d'une longue robe. Sa main gauche pose sur un pupitre place devant lui et au delà du pupitre on voit des personnages en costume à peu près semblable et assis devant une table; quelques-uns. debout, semblent être des élèves qui écoutent les leçons du maître. A gauche du personnage principal, un bedeau tient une verge à la main. Dans la partie supérieure de la tombe, Dieu le Père, assis sous un dais ogival, reçoit l'àme du défunt sous la forme d'un corps d'enfant. Allégorie de l'àme qui rentre dans le sein de Dieu. Plus bas, dans une galerie formée de six arcades, surmontées de pinacle, on voit six anges nu-pieds, la lèle nimbée et revêtus de longues tuniques. Tout le reste de la tombe est couvert d'ornements d'une richesse inouïe, profusion, variété de rosaces, de clochetons, de pinacles, de mosaïques. C'est un des monuments les plus remarquables du quatorzième siècle. Enfin, à l'entour de la tombe, ou lit une longue inscription qui retrace en vers naïfs les principaux faits de la vie de celui en mémoire duquel ce splendide mausolée a été élevé.
Ce peisonnage avait été médecin attaché aux rois de France Charles V et Charles VI, doyen de la Faculté de médecine de Paris (1360), chapelain de la chapelle Saint-Mcolas dans l'église de Tonnerre, de celle de Saint-Jean-Baptiste dans l'église Saint-Merry, de Paris ; de celles de Saint-Martin et Saint-Louis de ftJàcon (Arch. gén., L. L. 209, p. 103). Guibert de Celsoy jouit dans son temps d'une réputation immense et Charles Y lui donna plusieurs fois des preuves de la haute considération dans laquelle il le tenait. C'est ainsi que dans le mois d'août 1574 ce prince, considérant les immenses services que son cher et féal médecin, Guibert de Salceto {sic), lui a rendus, ainsi qu'à son fils aîné, Charles Dauphin du Viennois, l'anoblit, lui et sa postérité {Arch. gén., J. J. 105, charte 51 9, fol. 202, v). C'est ainsi encore que dans le mois de septembre 1578, un nommé Jean Le Boucher, du village de Sommereuil, s'étant pris de querelle avec Jean Viart, ayant eu le malheur de tuer d'un coup de couteau la femme de
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ce dernier, le meurtrier, aviqiiei on allait faire un mauvais parti, obtint sa grâce dn roi, qui, dans des lettres spéciales de rémission, ne donna ainsi un nouvel exemple de sa suprématie royale qu'à la supplication de son ami et féal médecin, Guiberl de Celselo {Arch. (jén., J, J. 100; charte 711; fol. 210, r°).
Il n'est pas douteux que c'est à noire Guihert que fait allusion un compte de dépenses de l'iiôtel de Marguerite de Flandre, durbesse de Bourgogne, année 1587, où nous lisons que au mois de mai, une épidémie s' étant déclarée parmi les officiers et les valets de cette princesse, on fit venir par eau Maistre Gnijhert, de Paris à Conflans.
Enfin, nous trouvons Guibert se ranger, en qualité de raendire de l'École de Paris, parmi les signataires de l'acte important par lequel l'Université de Paris se déclara en faveur de Robert de Genève, chanoine de Paris, évêque de Thcrouène, leijuel, élu pape (Clément Yll) Tannée précédente, malgré la possession a|iosloliqiie par son compétiteur Urbain Vi. devint la source de' ce fameux schisme d'Occident qui désola la chrétienté. Guibert de Celsoy vivait habitiiellcmeiil à Paris, dans son manoir de la rue Saint-Jacques. Au milieu de son opulence il n'oublia pas le hameau oii il avait vu le jour. Il se rappela que ce pauvre village, dépourvu d'église, foimait une dépendance de la paroisse de Monllandon : il fondit et lit bâtir de ses deniers la petite église où se trouve encore aujourd'hui le magnifique tombeau dont nous avons parlé et la dota de l'cntes importantes [Arch. (jén., J. .1., M,"; charte 209; loi. 110, v"). Aotre pieux médecin mourut en 1578; son testament est du mois de septembre de cette dernière année. Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'il fut enterré dans la petite église de Celsoy. A. C.
GLIBERTM (Lls). Vuij. Les Goiberts {Eaux minérales de),
GUIBOLIRT (Nicolas-Jkan-Baptiste-Gaston). Un des pharmaciens les plus distingués de ce siècle. Il naquit à Paris en 1790, et après avoir terminé ses études humanitaires il entra, en qualité d'élève, daus une des pharmacies le plus justement renommées de Paris, la pharmacie Boudct. Quelques années plus tard, après avoir été interne des hôpitaux et lauréat de l'École de pharmacie, il fut nommé directeur des magasins de la Pharmacie centrale des hôpitaux de Paris. C'est en vivant au milieu des richesst^s pharmaceutiques de cet établissement qu'il conçut l'idée de faire profiter les autres des connaissances qu'il avait acquises, et de publier un jour {'Histoire des drogues simples. En 1816, Guibourt se faisait recevoir phurmacien. Nommé membre de l'Académie de médecine en 1824, professeur de l'École de pharmacie en 1852, il fut, en outre, accueilli par un grand nombre de sociétés savantes nationales et étrangères. Dans ses cours il cherchait la précision plus que l'éloquence, tt intéressait autant par la clarté de ses descriptions que par la variété de ses connaissances. Ennemi de l'intrigue et du charlatanisme, il fit partout preuve de l'esprit le plus droit, le p'us consciencieux, le plus bienveillant. Nul plus que lui, a écrit M. Mialhe, ne fut honnête, nul n'a poussé plus loin la religion du devoir, l'amour de la vérité, l'exercice de toutes les vertus. Guibourt est mort à Paris le 25 août 1867, laissant un grand nombre de publications^ parmi lesquelles il faut citer :
I. Histoire abrégée des drogues simples. Paris, 1820, in-S". Paris, 1859 (5» édit.), 2 vol. in-8°. Paris, 1840 (4= édit.), i vol. in-8», sons le titre de ; Histoire naturelle des drogues
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simples. Cet ouvrage est arrivé aujourd luii à sa septième édition. — H. Mémoiie sur le Aabaschir.Varis, 1855, in-8°. — lll. Mémoire sur le p/wxphale ammoniaco-magne'sien. — ly . Mémoire sur l'origine et les carnctèrcs dislinctifs des térébenthines. Paris, 1850, in-8°. — Y. Observations de pharmacie, de chimie et d'histoire naturelle pharmaceutique. Paris, 1858, in-8' (en collabor. avec Béral). — VI. Sur le dosage de l'opium. Paris, 1862, in-8°. — YII. Pharmacopée raisonnée, ou Traité de pharmacie pratique et théorique. Paris et Mon'pellier, 1S28, 10-8° (en collaboration avec Ossian Henry). Paris, 1840, in-8°. — VIII. Mémoire sur les astringents connus sous le nom de cachou, gambir et kino. Paris, 1847, in-S". — IX. Notice -nir la mousse de Daïna ou de Ceylan, et sur les nids de Salanganes. Paris, 1832, în-8». • A. C.
GUIBOLfRTi.V. Genre de plantes, du groupe des Légiiniineuses-Cfcsalpiniées, établi par J J. Uennelt (in Journ. Linn. Soc. I, 150) pour une plante africaine du genre Copaifera, qui doit prendre le nom de C copallina [C. Guibourtiana Be.nth. — Guibourtia copallina Dexn.), et qui se distingue par ses bractées florales persistantes et plus développées que iians les Copaiers proprement dits. Ses feuilles sont liifoliolées, et ses Heurs, assez grandes, ont des hracléoles égales au quart de la hauteur du calice (H. Bn, Hisyt. décuplantes. H, 142). C'est un arbre de Sierra Leone, où il a été observé et récolté par Daniell ; les indigènes l'appellent Koho. Il a de nombreuses brandies ascendantes et 2-4-ovules dans la loge ovarienne. Sou fruit n'est pas connu [Fi. trop. Afr.. II, 514). Son bois est odorant. C'est cet arbre, croit-on, qui produit le Copal de Sierra Leone et qui vient de la colonie portugaise de Bissoa ou, plus au nord, des bords de la Casamance et de Gambie {l'oy. Copal). Quant à ses caractères physiques, le suc concrète du Guibourtia a la forme de larmes blanches qui deviennent de suite jaunâtres ou verdàtres et qui se recouvrent d'une etflorescence blanchâtre, très-abondante avec le temps. H. B.\.
GUIDE (Philippe). Médecin français, reçu docteur à Montpellier, a dir résider à Londres, car il a publié plusieurs ouvrages en langue anglaise et a été reçu licencié du collège des médecins de la capitale britannique le 2 avril 1685. Nous connaissons de lui :
I. Observations anatomiques faites sur plusieurs animaux, au sortir de la machine pneumatique. Paris. 1674, in-12. — II. Du mal vénérien. Paris, 1070, in-S". — III. Vertui du vin rouge et du quinquina. Paris, 1699, in-8°. — IV. An Essag C.oncerning Nutrition in Animais. London, 1699, in-8°. — V. Warning to Patients. London. 1710, in-8°. L. Hv.
GL'IDETTI (GiovAKNi-ToMMASo). Né à Piombino, dans la province de Pise (Italie), fit ses études médicales à Turin, où il fut reçu docteur en 1677. Il résida longtemps dans cette ville, puis alla s'établir en 1702 à Ivrée, où il demeura jusqu'en 1721, occupant les fonctions de vice-prolo-médecin de la ville et de la province. En 1724, il revint à Turin, où il mourut, dit Bonino, dans un âge fort avancé. On connaît de lui :
Disserlationes physiologicœ et medicœ in duas partes divisœ. Turin, 1747, in-8''. C'est dans l'une de ces dissertations que l'on trouve lorigine de la variole, que l'auteur fait venir à la suite d'un trouble survenu dans la procréation du fœtus. Il a aussi écrit une relation d'une épidémie de fièvre maligne qui sévit à Turin en 172-2. Cette relation se trouve sous forme de lettre, dans l'ouvrage de Pacha, Constilutio epidemica Taurinensis. Turin, 1725, in-8°. A. D.
GUIDI (GuiDo). De son nom latinisé Yidus Vidius, l'un des restaurateurs en France de la médecine et de la chirurgie grecques, naquit à Florence vers 1500. De famille patricienne, il était fils de Giuliano Guidi et de Costanza de