GUILLARD
mois plus tard(18 novembre 1822) des scènes tumultueuses ayant eu lieu à l'Ecole, il n'en fallut pas davantage pour l'aiie fermer notre Faculté, supprimer instantanément les cours, et nommer de nouveaux professeurs. Et de Jussieu, Vauquelin, Dubois, Pelletan père, Deyeux, Pinel, Desgenetlcs, Cluaissier, Lallement, Leroux, Moreau, etc. .eurent pour successeurs Clarion, Bongon, Do.neux, Pelletan fils, Laennec, Berlin, Fizeau, Cnyol, Landré-Beauvais, Guilberl, etc. Ce dernier eut pour sa part la chaire de pharmacologie et de matière médicale. Quels étaient donc les droits de J.-N. Guilhert à cet honneur? 11 était né à Saint-Denis, en France, en 1778 ; il était docteur de Paris (25 frimaire an XII, 17 déc. 1803) ; il avait écrit, pour obtenir ce grade, une thèse médiocre sur les Purgatifs à la cessation des règles; il avait lancé dans le public (1817, in-8") une sovte de monographie De /a goutte et des maladies goutteuses ; il avait signé, avec Halle et Nysten, l'article Baia du Dictionnaire des sciences médicales (1812) : et c'était tout. Le lole professoral de Guilhert cessa en 1850, lors de l'inauguration du concours pour l'obtention des chaires à la Faculté. Guilhert, dans une brochure in-8» de 16 pages (mars 1851), protesta bien « contre la spoliation exercée à l'égard de plusieurs professeurs de la Faculté de médecina de Paris au moyen de l'ordonnance du 5 octobre 1850. » Mais celte protestation se fit dans le vide et n'eutpas d'écho. Ses Considérations pratiques sur certaines affections de l'utérus, en particulier sur la pldegmasie chronique, arec engorgement du col de cet organe, et sur les avantages de l'application immédiate îles sangsues méthodiquement appliquées dans cette maladie (Paris, 1820, gr. in-8"), ne purent le sauver de la déchéance. Peissc [Les médecins français contemporains. Paris, 1827,in-8'',p. 210) fait auisi parler Monseigneur de Frayssinoiis, grand-maître de l'Université : tc M. Guilhert est une excellente acquisition : il est à peu près dans le même cas que M. Fizeau pour la science ; il ne connaît pas tout à fait les matières dont il a à discourir ; ni;iis il a beaucoup de bamie volonté, et il ne faut pas s'en prendre à lui, si ses élèves ne le voient pjs de bon œil. Il vous apprendra dans un livre, qu'il compose en ce moment, comment, dans le traitement de certaines maladies des femmes, la pudeur du médecin doit être différente de la pudeur de la jeune vierge, comment un médecin adroit peut surmonter la résistance de cette pudeur inopportune et intempestive, et souffler avec grâce des sangsues dans les profondeurs les plus cachées de l'organisme. Dans l'enseignement, M. Guilberl ne sera ni moins utile ni moins brillant. 11 pourra lui arriver de prendre une substance pour une autre, de montrer, par exemple, la scammonée quand il fera la descrijition de la rhubarbe, mais il faut passer sur ces légères taches en considération de sa modestie. Tenant beaucoup à ce qu'il soit à l'abri des tribulations qu'une jeunesse railleuse et sa propre timidité pourraient lui susciter, nous prévenons les tètes turbulentes de l'École que nos gendarmes sont prêts à réprimer toute désapprobation. »
Nous ne savons pas l'époque de la mort de Jean-Nicolas Guilhert; nous ne trouvons plus son nom dans l'Almanach médical de 185(5. A. C.
CiUlL,L.lRD (Jea.n-Claude-Achille). Naturaliste et statisticien, né à Marcigny-sur-Loire (Saône-et-Loire), le 28 septembre 1799, mort le 20 février 1870. Il était docteur es sciences.
Il a fondé à Lyon l'Institut du Yerbe-Incarné, qui a pour mission de « répandre dans l'enseignement privé la méthode d'émancipation intellectuelle. » Nous nous bornerons à citer de lui :