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GUILLAUMET

GlIILLAUillE DE BRESSE. Guillaume de Bresse [Giigliehno da Brescia, en latin Guilielmus Brixie^isis) était de Conneto, dans le Bressan, où il vint au monde vers le milieu du treizième siècle; il appartenait à la lamillc de Gorvi. Après avoir enseigné la logique à Padoue, de 1274 à 1279, il se rendit à Bologne où il suivit les cours de médecine du célèbre Taddeo, prit là ses degrés de médecin et fut attaché à la personne du pape Boniface Vlll (1288); Clément \, qu'il accompagna à Avignon, puis Jean XXII, lui continuèrent la même confiance et le comblèrent de faveurs et de bénéfices. Il fut, en 1315, nommé archidiacre de Bologne avec dispense de résider. Astruc le croit Français, de Bresis dans le diocèse d'Uzès, et docteur régent de la Faculté de Montpellier, bien que Rancliin n'en fasse pas mention. Le motif d'Astruc est que Guillaume prit part aux instances de Jean d'Alais pour décider Clément V à accorder la bulle de 1508 [Ad instauLiam d'dectonnn ftliorum Magistri Giiilielmi de Bressia etjohannis de Alesto, physicorum et capellanonim nostrorum) ; mais il est bon de remarquer qu'en outre du silence très-significatif de Banchin, et des témoignages nombreux qui attestent son origine italienne, le Saint-Siège avait été transféré en 1505 à Avignon, et que Guillaume avait tout naturellement désiré être agréable à la faculté voisine de sa résidence. Il paraît coitain qu'il enseigna à Avignon la philosophie et la médecine.

Ilenschel lui attribue aussi un voyage à Paris; il se serait rendu dans celte capitale pour y jouir en paix de ses renies. Il retrouva là, en exil, le chirurgien Lanfranchi, qu'il aida de son argent et de son crédit. Suivant Benzi, il mourut en 1520, léguant une partie de sa fortune pour fonder un collège à Bologne, réservé à des étudiants de Brescia, nouvelle preuve de son origine. Du reste un autre Guillanmc de Bresse, qui fut professeur de médecine à Bologne et qui a vécu un siècle plus tard, a été souvent confondu avec celui dont nous parlons.

L'ouvrage de Guillaume est un traité de médecine « cayjzïe ad pedes, véritable compilation des auteurs les plus estimés, et qui lui valut le titre à'Aggregator. Il a aussi laissé quelques autres autres ouvrages demeurés à l'état de manuscrits, un Traité de la mémoire et des consultations.

Practica adunamquamquc œf/riludinem à capite ad pedes. De febvibus Iraclatus. De pest". De cnnsilio ubscrvando tniipore pestilentiali. De nira pcstis. Yonetiis, 1508, in-loi.

GLILLAUME DE SALICETO. Voy. Saliceto.

CUILLAU9IE DE VABIGNAI\A. Voy. VaRIGNANA.

GUILLAUMET (TAiNNEGLi). Chirurgien français, vivait de 1560 à 1650. Né à Nîmes, il fut chirurgien juré de cette ville ; d'après Dezeimeris, il fut attaché à la personne de Henri IV, à l'époque où ce prince n'était que roi de Navarre et depuis qu'il fut monté sur le trône de France. Il a laissé un journal, où se trouvent notés succinctement les principaux événements des troubles civils et religieux dont son pays natal fut le théâtre de 1575 à 1601. Ses ouvrages médicaux, assez nombreux, n'ont pas grande valeur; dans son Traité des plaies d'armes à feu (1581), il prétend, contre Yeyras, queces plaies sont le résultat de la brûlure et non delà contusion. Dans le Traité de la maladie nouvelle appelée cristalline (Lyon, 1611, in-12), où il s'agit du mal vénérien, l'auteur assure que

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cette ninladie s'est déclarée au siège de Naples chez des soldats ayant mangé de la chair humaine ; celte opinion n'était pas nouvelle, car elle avait déjà été soutenue par d'autres auteurs avant lui, notamment par l'Espagnol Alcazar dans ses Chirurgicae lihri \I (Salamanque, 1575). Nous signalerons encore de Guillaumet :

I. Liure xénodochal, c'est-à-dire hospilalier, ou lieu de pauvre séjour. Lyon, ICH, in-S". — II. Traite des ouvertures, trous el ulcères spontanés, Lyon, IGll, in-8°. — III. Traité second de la maladie appelée cristalline. Lyon, 1614, etc. L. Hn.

GUILLEMEAU (Lks). Ils appartiennent tous à la même souche, et sont originaires d'Orléans.

Guillemeau (Jacques). Un dos pkis célèbres chirurgiens français du sei/ièiue siècle, l'élève et l'émule d'Ambroise Paré. Il naquit à Orléans en 1544, d'une l'uniille qui depuis un siècle (om[)te d'hahiles chh'urgiens parmi ses mcnjbres. Venu fort jeune à Paris, rilùtel-Uieu fut sa preraièie école; la praticjue des armées perlectionna les connaissances qu'il y avait acquises, et les quatre années qu'il passa dans les hôpitaux de Flandres le mirent à même de se lamiliaiiser avec lapraiique de savants chirurgiens de l'Allemagne, de l'Cspagne el de rilalie. Ciéé prévôt du Collège de chirurgie le l'"^ octobre 1595, il mourut le Jo mars 1612, et fut inhumé dans l'église de Saiut-Jean-en-Grève. Jaccpius Guillcmeau ne posséda p;ts le génie chirurgical de sou illustre maître, mais à une telle école il acquit une grande sûreté de coup-d'œil, et puisa ses préceptes qu'il mit en œuvre dans sa carrière de praticien et qu'il défendit dans ses livres, hezeimeris a eu raison de relever à son profit les sages conseils qu'il donne dans les cas d'hémorrhagies utérines ou de convulsions chez les femmes eu couches. i( Le plus fâcheux accident, est-il ditdans l Heureux accouchement (Paris, 1621, in-S», p. 206), édition de Charles Guillemeau, que peut avoir la femme qui est en travail, c'est quand il luy survient quelque (lux de sang, ou des convulsions, car l'un ou l'autre soudain fait mourir la femme et l'enfant, et principalement si ledit flux de sang persévère, d'autant que par la grande perte de sang, qui est le trésor de la vie, les esprits et la chaleur naturelle s'évanouissent. L'un ou l'autre accident survenant, ou tous deux ensembles sans aucun délay il faut secourir la mère et Penfiml, ce qui se fera," pour le dire en un mot, en raccouchanf et délivrant, ce qui se doit faire par la main du chirurgien ou de la sage-femme experte, car c'est chose asseurée que pour le regard du flux de sang, qu'il persévérera toujours tai\t qu'elle soit accouchée. Ilippocrate l'a bien remarqué, au livre de Superfœtalione, quand il dit: «Si, à un difficile travail, « il survient un grand flux de sang sans douleur devant l'accouchement, il y a « danger que l'enfant ne vienne mort, ou qu'il ne soit vital; partant, la femme sera « délivrée. « Ce que nous avons veu, plusieurs fois, à notre grand regret, advenir à quelques femmes, qui en sont mortes, par l'opiniâtreté des parens et amis, qui temporisaient sans espérance, et de bonne foy, que le flux de sang cesserait. Je sçay que plusieurs médecins et chirurgiens, devant que de consentir à telle opération, ordonneront plusieurs remèdes tant antérieurs que extérieurs... Mais de tous ces remèdes je n'eu ay point vcu qui ait profité et qu'enfin on n'ait esté contraint d'y mettre la main. » Guillemeau rapporte ensuite plusieurs histoires de malheureuses femmes qui ne furent sauvées que par l'accouchement forcé. Voici les titres des ouvrages qu'il a laissés, et qui, nous le répétons, portent

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tous la marque d'un judicieux et prudeut praticien, non moins que celle d'un savant analomiste.

I. Tiailë (Jet malidies de l'œil. Paris, ir)85, in -8". — 11. De la grossesse et accouchement des ffiiimes. Uevii et aufrinenté de ligures en taille ilouce, par Charles Gnilleinpaii. l'aris, 16'21. iii-S». — m. Œuvres de Chirurgie. Paris. 1612. in-fol. Paris, 1612. in-fol. Rouen, 1649, In-fo'. — IV. La chirurgie française, recueillie des anciens médecins et chirurgiens. Paris, 1594, in-ful. A. C.

Gniremean (Charles). Fils du précédent et de Marguerite Malartin. Il naquit à Paris en 1588, lut d'abord exclusivement chirurgien, et attav^Iic en cette qualité au roi Louis Xlll. iMais le bonnet doctoral lui donna envie et, en 1621, il alla s'asseoir sur les bancs de la Faculté de méd -cine de Paris, oiî il fut reçu dccleur le 2 '(-octobre 1626. Élu doyen par ses col lègues au mois de novembre 1654, conliiiiié dans celte charge l'année suiviinte, il nuturu' le 21 octobre 1656. Ses dépouilles mortelles furent confiées à l'église de Saint-Jeau-en Grève, ainsi que l'atteste cet acte emprunté à un registre de Saint-Paul :

s Paroisse Saint-P ml. Le mosme jour (Dimanche 22 octobre 165!î) fust apporté en l'oglire, et ensuite port(* à Saint Jean-en-Giève pour y est^e iiiluimé, dc-lïïinct Guilleineau, vivant docloui- ré^'-nt en la Faculté de médecine en l'Université de Paris, Conseiller et médecin ordinaire d.i roy, Hue de la Cerisay. »

Cb. Guillemeau est auteur de plusieurs publications, parmi lesquelles on notera des écrits polémiiiues, d'une âpietc extrême, contre la Faculté de Montpellier et surtout contre Courtaud :

I Traili^ des abus qui se commettent sur les procédures de l'impuissance des hommes el des femmes. P.iris, 162i>, in-S" de 42 pp. — II. Aphorismes de chirurgie lirez il' nippocrate, avec 1rs co'nmeiitaires. Paris, 1622, in-12 de 4'"2 pp. — 111. Question cirdinale : Lu méiliodit W llippocrale est-elle la plus certaine, la plus sûre et la plus excellente de toutes à qiiéiir le^ mal'Kliei, suivie des observations sur quelques points tes jilus notables. par Guy Patin. Paris, 164>', in-4°. — IV. Cani miro, sive cuvto fustis, hoc est, Caroli Guillemei respi>n<<io pro se ipso ad alteram apolagiani impudentissimi et importunissimi CurU-Mompel. Canis cellarii. Lut. l'aris 1654. ii;-4°. — V Defensio altéra a Iversus impias, impuras. el impudentes, tum in se, lam m Principem Mediclnœ Scholam Parisi-.nsem Anonjini ctprece catumniai (s. 1. n.). 111-4°. — \'l. Au purpuratis febribus cardiac/t? (oui). Th. (|uodlil)'''iaire, 1()!5, sous la présid-nce de Simon Le Tellier. — Yll. An dysentericis aslringenliaY (iioii), 1623, sous 'la présidence de Charles Bouvard. k. C.

Guillemeau a encore le mérite d'avoir coopéré à l'édition latine des œuvres d'Ambroise Paré, publiées à Paris, eu 1582, par le libraire Jacques Du Puy, et à Francfort en 1594. Nous disons « cooporé », parce qu'il semble acijuis que noire chirur"ien n'a été pour rien dans la version latine, et que celte version est due dodo (luodem viro, qui ne serait autre que Jean llaulin, médecin de la Faculté de Paris. Nous dirons à l'article Paré les curieux débats que cette affaire a suscités au milieu des médecins de Paris, qui voulurent imposer au grand chirurgien le devoir de cliaug^^r le titre de cetLe version latine de ses œuvres, et d'y mettre :

.imbrosii Paraei primarii Régis cliirurgi opéra

latiniiate donata a Docio ([uodam viro : cura

el diligenlià Jacobi Guillemeau, chirurgi Parisiensis.

Ce lilre fut envoyé à l'imprimeur avec cette injonction: Omnia fofia quœ in cavité aliilterinum tilulum preferebant, repuncta et lacerata, et in viliorew usum asservata.

€iuilleme:ia (Jea.n-Jacqoes-Daniel). Né à Niort le l" juillet 1733, il était

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