‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.48Chapitre 12 sur 59 · HALLER · texte numérisé non relu

HALLER

été le promoteur des grandes amélioralions créées dans le sein de l'Ecole ; ses goûts et ses aptitudes le rendant un excellent juge, ce fut lui qui fit exécuter presque tous les objets d'art qui ornent l'établissement ; ce fut lui qui enrichit ses collections et ses cabinets d'un grand nombre d'objets précieux. Principal rédacteur du Codex publié en 1818, il abandonna une gratification assez considérable qui lui avait été donnée par le ministre de l'intérieur, et il -voulut qu'elle fût employée à l'achat de deux boussoles exécutées par Lenoir, destinées à mesurer l'une l'inclinaison et l'autre la déclinaison de l'aiguille aimantée; on lui doit aussi de nombreux appareils de physique, plusieurs pièces d'anatomie pathologique fort intéressantes.

J.-N. Halle, qui avait épousé une demoiselle Marie-Geneviève Marchand, a laissé des écrits fort estimés dont les principaux sont :

I. Détail des expériences faites par MM. de Jussieu, de Lalouette, Jeanroi et Halle, pour déterminer les propriétés et les effets de la racine de dentelaire dans le traitement de la gale, rédigé par M. llallé. In Mémoires de la Soc. roy. de médecine, 1779, p. 102. — II. Observations sur les phe'nomcnes et les variations que présente l'urine considérée dans l'état de santé. Ibid., 1779, p. 469. — III. Observations sur deux ouvertures de cadavres qui ont présenté des p/iénotnènes tout différens de ceux que semblait annoncer la maladie. Ibid., 1780-1781, p. '209. — IV. Mémoire sur les effets du camphre donné à haute dose, et sur la propriété qu'a ce médicament d'être le correctif de Vopiuvi. Ibid., 1782-1783, p. 66. — V. Réflexions sur les fièvres secondaires et sur l'enflure dans la petite vérole. Ibid., 1784- 1785, p. 423. — VI. Rapport sur l'état actuel de la rivière de Bièvre. Ibid., 1789, p. LXX. — VII. Recherches sur la nature et les effets du méphitisme des fosses d'aisance. Paris, 1785, in-S". — VIII. De la connexion de la vie avec la respiration. Trad. de l'anglais de Goodwin. Paris, 1708, in-8°. — IX. Plusieurs excellents articles dans Y Encyclopédie méthodique. In Dictionnaire de médecine : Afrique, Alimens, Europe, Hygiène. .K. C.

HALLER (Albert). « Tu seras le premier médecin de ton temps ; tu embrasseras dans toute son étendue le vaste champ des sciences médicales et naturelles ; tu seras médecin, chirurgien, anatomiste, physiologiste, botaniste, pathologiste, bibliographe ; tu écriras et tu feras imprimer plus de cent cinquante ouvrages, dissertations, mémoires, etc. ; tu élèveras à la bibliographie médicale, à la botanique, à l'anatomie, à la chirurgie, à la médecine pratique, un monument d'une singulière grandeur; créateur d'une bibliothèque personnelle de vingt mille volumes, lecteur infatigable, tu analyseras avec une admirable précision une montagne d'ouvrages ; tu attacheras ton nom à la réimpression de plusieurs grands et importants livres faits par tes devanciers ; tu seras lié d'amitié avec les notabilités scientifiques de ton siècle ; tu seras anobli, seigneur de fiefs importants, conseiller d'État, premier médecin, à Gottingue, d'un roi de la Grande-Bretagne, chevalier de l'Etoile polaire, membre du conseil souverain à Berne, associé de l'Académie des sciences de Paris, et les rois iront te voir, espérant l'attacher à leur personne et grandir ainsi la gloire de leur pays, et tu mourras à soixante-neuf ans, portant au front la couronne de l'immortalité. » Tel est le sort qu'une fée semble avoir jeté dans le berceau de l'homme extraordinaire, du prodigieux travailleur, dont nous esquissons la biographie, d'Albert Haller, dont nous supprimons le de par égard pour sa modestie, qui a toujours dédaigné cette futile particule. Il naquit à Berne le 16 octobre 1708 ; son père, avocat et chancelier du comté de Baden, se nommait Nicolas-Emmanuel Haller; sa mère était une demoiselle Anne-Marie Engel, fille de Mathieu Engel, membre du conseil souverain. 11 y avait de l'aisance dans cette famille, mais non de la fortune. Le jeune Albert fut confié pour son éducation, et avec ses trois frères plus âgés que lui, à un certain pédagogue, nommé Abraham Baillodz, homme

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