L. Hn
HAVERS (Clopton). Anatomiste anglais, membre de la Société royale de Londres, qui vécut dans la seconde moitié du dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième, s'est fait connaître par des recherches sur la structure des os qui ont eu longtemps de la célébrité, mais qui contiennent plus d'hypothèses que d'observations. L'ouvrage oij sont exposées ces recherches est divisé en cinq discours, qui avaient été lus successivement à la Société royale. Le premier traite de la structure de l'os et du périoste; il y a des observations exactes sur cette membrane fibreuse et les vaisseaux qui s'y distribuent; le deuxième est rempli par des hypothèses singulières sur l'accroissement et la nutrition; le troisième est relatif à la moelle, à la membrane et aux vésicules médullaires; le quatrième traite des glandes synoviales, auxquelles le nom de Havers a été longtemps attaché; le cinquième des cartilages, notamment de ceux des côtes, à l'occasion desquels il parle du mécanisme de ces os dans la respiration (Dezeim.). L'ouvrage de Havers contient des remarques sur diverses maladies des os et de leurs dépendances. Il a pour titre :
I. Osteologia iieva or some New Observations of tlie Bonet and the Parts Belonging to Thems witli the Manner of the Accretion and Nutrition, and a Discourse of the Cartilages. London, 1691, iii-8°; ibid., 1723, in-8°. En latin. Ulm et Francfort, 1692, in-8°; Amsterdam, 1751, in-8°; Leyde, 1754, in-8°. — II. Extraordinary Bleeding at the Glandula lachrymalis. In Philos. Transact., 1694, Abridg., t. III, p. 618. — III. Discourse of Concoclion of the Food. In Philos. Transact., 1699. Abridg., t. IV, p. 400. — Havers a publié : Anatomy of Bodies of Man and Woman, front M. Spacher and J. Bemmelin. London, 1702, in-fol. L. Hn.
HAVET (ârmand-Ernest-Maurice). Médecin et voyageur français, né à Rouen en 1795, mort à Madagascar le ["juillet 1820. 11 se livra avec prédilection à l'étude de la botani([ue. En 1810 il fut nommé au concours naturaliste-voyageur du gouvernement tt au mois d'août de la même année fut reçu docteur à la Faculté de médecine de Paris. En 1820 il se rendit k Magadasear avec son jeune frère et le naturaliste Godefroy; il était chargé d'une mission auprès de Radama et des principaux souverains de l'île. Après une exploration laborieuse de la contrée, il fut pris de fièvre et mourut à Yvondrou. 11 fut enterré à Tamatave avec pompe. On a de lui:
I. Le Moniteur médical, ou secours à donner avant l'arrivée du médecin. Paris, 1820, in-12. — II. Dictionnaire des ménages, etc. Paris, 1820, in-S"; 2° édit., ibid., 1822, in-8''. — III. Arlicles dans le Dictionnaire des sciences médicales. L. Ils.
nAVii,,%XD (Iohn). Médecin anglais, né à Bridgewater le 2 février 1785, fit ses études à Cambridge, à Edimbourg et à Londres, fut reçu docteur à Cambridge en 1817, fellow du Collège des médecins de Londres en 1818, et tint en 1857 l'oraison harvéicnne. Il fut nommé en 1814 professeur d'anatomie à Cambridge et en 1817 professeur et médecin à l'hôpital Addenbrooke. Il fut le premier qui enseigna réellement à Cambridge l'anatomie normale, l'analomie pathologique et la médecine pratique 11 a en outre laissé la réputation d'un praticien distingué. Ilaviland mourut à Cambridge le 8 juillet 1851. Entre autres, il a publié : Some Observations concerning Ihe Fever ivhich prevailed at Cambridye during IheSpiing 1815 {Médical Transactions, 1815). L. Hn.
HWRE (le) (Station marine). Voij. Le Havre.
HAW.vï ou IIAVAÏ. On désigne sous ce nom un groupe d'îles de rOcéanie. On l'appelle encore archipel des Sandwich, du nom d'un premier lord de l'amirauté anglaise; le capitaine Cook donna cette appellation comme un témoignage de sa reconnaissance envers son protecteur.
Une tradition, conservée parmi les anciens naturels, permettrait cependant de supposer que les marins de Cook ne furent pas les premiers Européens qui aient paru dans l'archipel. D'après des Indiens sérieux, on peut soupçonner que vers 1696 un capitaine espagnol, probablement Quiros, a reconnu Hawaï et les îles avoisinantes.
Quoi qu'il en soit, le nom donné par Cook a été d'autant plus volontiers conservé par la postérité, qu'il a baptisé ces îles, pour ainsi dire, avec son sang. C'est en effet le 14 février 1779, dans la baie de Kealakeakua (île d'HawaïJ, que le célèbre navigateur anglais succomba sous les flèches des sauvages.
Superficie et population. Les îles llawaï occupent une position très-importante au point de vue politique et commercial. Elles sont situées entre le 18^,50' et le 22°,20' de latitude nord, et entre les 157%15' et les 162%25' de longitude ouest. Elles se trouvent à 2120 milles de San-Francisco, et ainsi, comme le dit l'amiral Aube, par leur situation sur la grande roule océanique, entre la grande métropole de la côte occidentale de l'Amérique du Nord et les plus riches contrées de l'Asie, elles sont maintenant et seront toujours d'une grande importance pour les intérêts commerciaux.
La superficie de l'archipel est de 17 008 kilomètres carrés, soit l'équivalent d'un peu moins de trois départements français.
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L'arcliipel est composé de onze îles, dont cinq grandes, Hawaï, Mawi, Oahu, Kahuaï et Morotoï.
lla\Ya'\, qui a donné son nom à tout l'archipel, est la plus grande, avec une supei"ficie de 4000 mètres carrés, c'est-à-dire les deux tiers environ de la surface totale de l'archipel; elle est principalement formée par quatre montagnes élevées qui interceptent entre elles un vaste plateau central; ce sont le Kobala, le Mouna-Loa [montagne étendue, en hawaïen) ; 4840 mètres le Mouna-Kéa {montagne blanche), V2i^ mètres; le Mouna-Ilualalai, 3544 mètres. On rencontre sur plusieurs points du littoral|de vastes étangs et des marécages.
Mawi a une étendue de 600 milles carrés. Elle possède deux montagnes dont la plus élevée est le Halea-Kala {maison du soleil], ol40 mètres. Elle renferme aussi des flaques d'eau stagnante. Sur tout le pourtour de l'île, il n'y a qu'une rade un peu sure, celle de Lahaïna dans le nord-ouest de l'ile.
Kahuaï a 520 milles carrés; le fond de ses vallées est couvert de marais. Morotoï est assez aride; elle a 170 milles carrés et est parcourue dans toute sa longueur par une chaîne de montagnes de 900 mètres d'élévation ; la population est plus industrieuse, plus active et plus robuste que celle de la plupart des autres îles. C'est là cependant que sont consignés tous les lépreux, (le l'archipel au nombre d'environ 800.
Oahu, l'île la plus fertile et la plus peuplée de l'archipel, a aussi une étendue de 520 milles carrés; elle mesure 58 milles de longueur sur 17 de largeur. Elle offre deux chaînes de montagnes, dont la plus élevée, le Konahuanui, qui occupe fa partie centrale, possède 1200 mètres de hauteur; à une de ses extrémités elle reçoit à angle droit la chaîne du Waïnoe. Celte île est aussi marécageuse. Elle possède la capitale du royaume hawaïen, Ilonolulu.
La belle ville d'ilonolulu est située sur le versant occidental de l'île Oahu, au pied de hautes montagnes volcaniques, et occupe une plaine courant du sud à l'ouest. Le sol, formé de laves désagrégées, est très-poreux, ce qui obvie à l'absence de toute espèce d'égout; la constance des moussons triomphe en outre de toute tendance à la formation des miasmes.
Au nord et à l'est de la ville s'étend la vallée de Nunanu, en coupure dans les montagnes, s'étendant jusqu'à la côte orientale de l'île, qui facilite l'accès de la mousson du nord-est, ce qui adoucit sensiblement l'excessive température qui règne pendant la plus grande partie de l'année. Pendant les mois d'hiver, les moussons soufflent avec moins de force ; elles s'accompagnent de pluies abondantes et sont parfois interrompues par des vents chauds, très-violents, de la région du sud, appelés konos, accompagnés aussi de pluies et qui tournent souvent à la tourmente. Honolulu est bàlie comme les villages de la Nouvelle-Angleterre ; presque toutes les maisons sont en bois, en style de la ville, largement ventilées par de nombreuses fenêtres et garnies de larges vérandas. Les demeures des gens de la classe aisée sont entourées de larges gazons et de luxuriants bouquets d'arbres. Beaucoup d'indigènes sont bien logés, mais la plupart occupent encore d'anciennes cases mal ventilées, mal distribuées, dans lesquelles ils vivent entassés au milieu de leurs animaux domestiques.
Une eau pure est abondamment fournie par une source qui coule à travers la vallée de Nunanu ; sa quantité peut répondre à tous les besoins publics et privés ; elle est distribuée dans la ville par de nombreuses fontaines.
Avec ses drainages, une grande abondance d'eau pure, une température médiocre, n'offrant que des oscillations diurnes modérées, et avec la constance des DICT. ESC. i" s. XIL 34
moussons, la ville d'Honolulu réunit les conditions hygiéniques les plus heureuses. Toutefois, à proximité de la ville, des bancs de coraux (jui se découvrent dégagent des émanations désagréables à l'odorat. La rade de Honolulu est la plus belle de l'archipel, mais on ne peut y pénétrer qu'à travers un chenal étroit bordé de récifs. Le 17 décembre 1866, d'après le recensement du district de Honolulu, la population était de 15 521 individus, dont 1851 étrangers.
Je pourrais citer encore l'île Lanaï avec 110 railles carrés, l'île Nûhahu avec 80 milles carrés et l'île Kahulahui avec 60 milles.
Voici le tableau des îles Havaï avec leur superficie et leur population absolue et relative :
Kilomètres Population Population
carrés. en 1878. kilométrique.
Havaï 11,356 17,0âi 1,5
Mdwi 1,2G8 1-2,l();i ;»,,S
Kaliulaiuii 1 15 » »
Lanaï 501 214 0,7
Moruioï 491 2,581 .j,:,
Oahu 1,680 20,256 12,0
Kaliuai 1,41S 5,651 5,6
Nûhahu et Kaliula 281) 177 0,6
Aulres îlots 62
Totaux 17,0U8 57,985 5.4
Gkoi.ogie. « Ces îles, dit Dumas, sont dues à des soulèvements; leur constitution géologique est celle des terrains plutoniques et volcaniques. Nulle part on ne rencontre de terrains neptuniens un peu étendus, car on ne peut donner ce nom à quelques bancs calcaires dont la présence s'explique facilement en considérant ces îles comme un groupe de volcans qui aurait surgi d'un banc de coraux et de madrépores. Ceux-ci, plus ou moins modifiés par le contact de la matière en fusion, se trouvent quelquefois en petits noyaux à d'assez grandes hauteurs, mais généralement ils occupent les plaines qui avoisinent la mer. Au pied des montagnes, le contact de la matière ignée les a fait passer à l'état de carbonate calcaire plus ou moins compacte, tandis que, près de la mer, leur état de décomposition peu avancée permet de saisir facilement leurs relations avec les masses plus centrales. Ce qui domine dans la constitution géologique des îles Ilawaï, ce sont les formations trachytiques et basaltiques. Dans les pitons élevés, on trouve du trapp et de l'argilolite; le basalte se présente soit en plateaux un peu inclinés, soit sous forme de murailles épaisses. On rencontre l'argile dans les vallées et dans les terrains bas et humides qui avoisinent la mer. En général, le sol, formé d'un mélange de matières volcaniques et calcaires, est léger. Le fer protoxydé se rencontre dans un grand nombre de localités. En plusieurs endroits on trouve de grands bancs de sable volcanique. La quantité d'humus est très-inégalement répartie suivant les localités, mais en général elle est extrêmement peu considérable. Havvaï offre tous les degrés du terrain volcanique, depuis la désagrégation complète, remontant à des âges inconnus, jusqu'à la lave encore chaude des éruptions récentes. Les volcans sont le Mouna-Kea, le Mouna-Houalalaï, le Keirau-Ea et le Puna-Hohoa. Le premier est tranquille depuis le commencement du siècle, le second est intermittent. Le Keirau-Ea et le Punu-Hohoa, qui semble n'en être qu'un diverticulum, sont en activité. Le Kcirau-Ea a 1300 pieds de profondeur et 7 à 8 milles de circuit. »
HAWAI.
L'âge relatif de ces diverses îles pourrait être déterminé non-seulement par les différents degrés de la décomposition des laves volcaniques, mais encore par la présence ou l'absence des récifs de corail. On sait que ces animaux microscopiques s'établissent sur les hauts-fonds; quand ils atteignent la surface de l'eau, ils meurent et leurs demeures pierreuses, sous l'influence de l'eau, de la lumière et de l'air, se désagrègent et sont bientôt envahies par des végétaux. Il est évident que les îles qui présenteront les récifs les plus avancés en désagrégation devront être considérées comme les plus anciennes. Ce caractère nous permet donc de conclure que l'apparition de Oahu et de Kahuai a précédé celle de Mawi et d'Hawaï.
Il n'y a pas de rivières considérables en raison du peu d'étendue des îles et de l'irrégularité de leur surface, mais il y a en revanche de nombreux torrents et petits cours d'eau qui se dessèchent pendant l'été ; seule l'île Kahuai a quelques rivières navigables pour de petites embarcations et encore sur une faible étendue. Sur le rocher de Modu-Manu on trouve une source renfermant une assez forte proportion de sulfate de magnésie. Hawaï possède des eaux thermales qui sont, dit-on, excellentes contre les rhumatismes.
Météorologie. La température des îles Havaï est très-peu variable; cela tient à leur situation au milieu de l'océan Pacifique et à leur petite étendue. Néanmoins dans les diverses localités les différences d'altitude amènent des modifications parallèles. Ainsi, à Honolulu, le thermomètre marque en moyenne 24 degrés centigrades ; à Uaïmea, à 1200 mètres d'élévation, il n'oscille qu'entre 9 et 18 degrés. Le tableau suivant concerne les observations prises à Honolulu.