HÉRISSON
sur ies mouvements du bec des Oiseaux, sur les organes de la voix dans les Quadrupèdes et les Oiseaux, sur la formation de l'émail, sur la structure des os, sont non moins remarquables. 11 naquit à Rouen, le 29 septembre 1714, et fut reçu maître es arts (25 décembre 1758), puis docteur en médecine de Turin; le 26 octobre 1742, il devint professeur de chirurgie et de pharmacie dans les écoles de la Bûcherie; il entra à l'Académie des sciences en 1758. Hérissant mourut le 21 août 1775, âgé de cinquante-neuf ans, et fut enterré dans l'église de Saint-Merry.
Hérissant (Louis-Aistoi>'e-Prosper). Cousin de François-David, naquit à Paris, le 26 juillet 1745. 11 fit marcher de front l'étude de la littérature avec celle de la médecine, mais une mort prématurée l'enleva à la science, le 11 août 1769. On lui doit les ouvrages suivants :
I. Typographia, Carmen. Paris, 1764, in-4°. — II. Éloge de Gonthier d'Andernach. Paris, 1765, in 8°. — Kl. An a terrœ sttbstantia intra poros carlilaginum appidsa ossium durities? Paris, 1768, in^". — IV. Jardin des plantes, on catalogue raisonne des plantes les plus belles et les plus rares. Paris, 1771, in-12°. — V. Bibliulhiquc physique de la France, ou liste de tous les ouvrages, tant imprimés que manuscrits, qui traitent de l'histoire naturelle de ce royaume. Paris, 1771, in-8". A. C.
HÉRlSSOl^l. Les Hérissons Œrlnaceug L.), qui constituent le type de la famille des Érinacéidés, dans l'ordre des Insectivores, sont des Mammifères trop connus pour que nous ayons besoin d'en donner une description détaillée. Chacun sait qu'ils ont la tête pointue, terminée en avant par une sorte de groin, les oreilles largement épanouies, les yeux très-petits, la bouche largement fendue, le corps renflé et couvert de piquants, la queue rudimentaire et les pattes pentadactyles. Leur dentition se compose à la mâchoire supérieure de trois paires d'incisives, de trois paires de dents uniradiculées, d'une paire de grosses dents carnassières et de trois paires d'arrière-molaires tuberculeuses, et à la mâchoire inférieure de quatre paires de dents uniradiculées, d'une paire de carnassières et de trois paires d'arrière-molaires, ce qui donne un total de trente-six dents.
Ces animaux, qui étaient déjà représentés sur notre sol pendant la période miocène, se ré|)artissent, dans la nature actuelle, en une vingtaine d'espèces qui vivent en Europe, en Asie et en Afrique. L'espèce la plus anciennement connue est le Hérisson vulgaire [Erinaceus europœus L.), que les Grecs désignaient sous le nom d'è^"»? ^t qui est appelé dans certaines provinces de la France Urson, Ourson, Hirson, Ens, Erisso, etc. Il mesure, à l'âge adulte, de 2 à 5 décimètres de long, et présente une coloration jaune ou brunâtre. Sa face, à partir du front, est entièrement dégarnie de piquants et revêtue, de même que le dessous du corps, la queue et les membres, de poils soyeux, d'une teinte blanchâtre ou ocracée, passant au brunâtre sur certains points. Les oreilles sont nues, sauf à la base, et la lèvre est ornée de moustaches peu fournies; enfin la majeure partie du corps est hérissée de piquants tricolores, blancs, noirâtres et jaunâtres, qui sont marqués extérieurement de sillons longitudinaux et creusés intérieurement de grandes cellules.
Le Hérisson vulgaire se rencontre dans toute l'Europe, et remonte dans les Alpes jusqu'à 1500 mètres et dans le Caucase jusqu'à 2600 mètres d'altitude. Pendant la belle saison, il se tient durant toute la journée tapi dans les haies ou dans les buissons et, à la tombée de la nuit, il s'en va chercher dans les jardins et dans les champs des herbes, des Insectes, des Reptiles, des Oiseaux et de petits
SOS IIERITIERA.
Mammifères. Les chasseurs l'accusent, non sans quelque raison, de faire la guerre aux Perdrix, aux Faisans, aux Lièvres et aux Lapins; mais, pour compenser ces méfaits, il rend à l'agriculture de réels services en détruisant une foule d'animaux nuisibles.
A l'approche de l'hiver, il se retire dans une crevasse de rocher ou dans un terrier abandonné, au fond duquel il entasse des feuilles et de la mousse, et il ne tarde pas à tomber dans un état léthargique qui se prolonge pendant plusieurs mois, avec quelques interruptions.
Comme beaucoup d'Insectivores, le Hérisson est la victime du préjugé populaire ; on le qualifie de bête -puante, et on lui fait partout une chasse active. Les chiens eux-mêmes semblent avoir pour le Hérisson une haine instinctive et l'attaquent non sans se blesser cruellement aux piquants dont l'animal se fait un rempart, en se roulant en boule à la manière d'un Cloporte. Aussi cette espèce d'Insectivore devient-elle de plus en plus rare dans nos campagnes. Jadis la guerre qui lui était faite avait au moins une excuse, car le sang, les entrailles et même les restes incinérés du corps du Hérisson passaient pour avoir des vertus médicinales; sa graisse était employée comme pommade pour faire pousser les cheveux ou comme onguent contre les douleurs rhumatismales, et son fiel servait, dit-on, à préparer une liqueur odoriférante destinée à remplacer le musc. On sait aussi que les dépouilles du Hérisson étaient employées en guise de cardes pour peigner la laine par les anciens Romains et qu'elles constituaient un article de conmierce assez important; mais aujourd'hui c'est à peine si l'on pourrait citer deux ou trois usages des piquants de ce petit animal. Disons toutefois que ces piquants convenablement emmanchés remplacent avec avantage, diins certains cas, les aiguilles à dissection en acier, et qu'ils ont sur celles-ei l'avantage de ne pas s'altéier au contact de l'alcool dans lequel on a fait macérer les préparations.
En terminant nous rappellerons encore que l'on attribue au Hérisson la faculté de résister au venin de la Vipère, et que diverses expériences, qui du reste demandent à être reprises et contrôlées, semblent confirmer sur ce point la croyance populaire. E. Oustalet.
BiDLioGKAPHiE. — Geevais (P.). Histoirc naturelle des Mammifères, 1854, t. I, p. 225. — Brehm. Vie des animaux; Mammifères, édition franc, de Z. Gerbe, t. I, p. 716. E. 0.
UERITIERA. (.4iT.). Genre de Malvacées, série des Sterculiées, dont les fleurs sont analogues à celles des Sierculia. Les feuilles sont indivises, et les anthères, en petit nombre, forment un anneau sur le support comnuui de l'androcée. Les sexes sont sur des fleurs séparées, et dans les femelles il y a quelques (souvent 5) carpelles, à 1 ou rarement 2 ovules. Le fruit indéhiscent est un achaine subéro-ligneux, caréné sur le dos. On admet 2 Heriiiera, arbres des régions chaudes de l'Asie, de l'Océanie et des îles orientales de l'Afrique. h'H. littoralis Lamk a des graines que Stadmann dit comestibles. Cependant Rhecde les indique comme amères, astringentes. Elles sont toniques. L'écorce de l'arbue s'emploie en teinture. Aux Moluques et aux Philippines les semences de VH. niinor Lamk (Balanopteris minor G^ertn.) servent aux mêmes usages.
• H. Bn.
Bibliographie.— Ait., H. Kew., éd. 1, 111,546.— Schott et Ekdl., Melet., 52. — Endl., Gen., n 5119. — Mer. et deL., Dict. Mat méd., III, 485. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 722. — H. BxN, in Adansonia, X, 164 ; llist. des pL, lY, 61, 116, 122, fig. 88-94. II. En.
HERMAPHRODISME (tératologie). 609
HERLITZ (David). Médecin allemand, connu sous le nom de HerUchis, est né à Zeits, dans l'Étal deMisnie, le 28 décembre 1557. Il fit ses études pliilosophiques et médicales à Wittemberg, à Leipzig et à Uostock, et fut quelque temps principal du collège de Gustrow. Nommé en 1582 médecin pensionné à Prentzlau, il alla en 1583 s'établir à Anclam. 11 s'occupa beaucoup d'astrologie et il est l'auteur, paraît-il, des premiers recueils populaires consacrés à la prévision du temps. Ses Éphémérides, publiées pour la première fois en 1584, eurent un grand succès et furent traduites dans les principales langues de l'Europe. En 1585, il passa professeur de mathématiques à l'Université de Greifswald, fut médecin ])ensionné à Stargard, de 1598 à 1606, puis à Lubeck jusqu'en 1614, et retourna habitera Stargard, où il mourut, le 15 août 1056. De ses nombreux ouvrages nous citerons seulement :
I. De curationibus gravidarum^ puetperarum et infanlium. Anclam, 1584, iii-8°; autres t'dit. 1G02, in-4°; Slettin, 1618, in-8°. — II. Exercilationes pfiilosophicœ de lacrymis, risu, saliva, siidore et sternutatione. Tireifswald, 1584, in-8°. A. D.
nER9i.%!%'r« (Les).
Hermann (Paul). Médecin et botaniste allemand, né à Halle le 50 juin 1646, mort à Leyde le 29 janvier 1095. Reçu docteur à Padoue en 1670, il partit pour Batavia en qualité de médecin dans la Compagnie hollandaise, et après sou retour fut nommé, en 1679, professeur de botanique à l'Université de Leyde. Nombreuses sunt les plantes nouvelles décrites par Hermann. Outre le catalogue des plantes du jardin de Leyde (1687), il a publié :
I. Lapis lydiiis malerine mrdicae. Lugd. Datav., 1705. — IL Cynosura maleriae medicae, etc. Argent., 1710. — 111. Florae lugd. Bat. flores. Lugd. Batav., 1690. L. Un.
Hermann (Jean). Médecin et naturaliste français, né à Barr (Alsace), le 51 décembre 1758, mort le 8 octobre 1800. Reçu docteur à Strasbourg en 1762, il fut nommé en 1769 professeur extraordinaire de médecine, en 1778 professeur de philosophie, enfin, en 1784, succéda à Spielmann dans la chaire d'histoire naturelle médicale. En l'an 111, il devint professeur de botanique et de matière médicale à l'École de médecine nouvellement créée. Le musée réuni par Hermann a été le point de départ du riche musée d'histoire naturelle de Strasbourg. Ce savant était en outre directeur du jardin botanique. Ses travaux sont nombreux, mais le plus important a pour litre : Tabula affinilatum anivialhim... cum annotationibus ad historiam naturalem animalium avgendam facienlibus, Argent., 1785, in^". — Son fils, Jean Frédéric, né en 1768, mort en 1795, médecin militaire, était lui-même un naturaliste distingué. Il avait été reçu docteur à Strasbourg en 1 792 avec une bonne thèse sur l'ostéologie comparée. L. Hk.
UER3IAPUR0D1S1ME. § 1. Tératologie. L'hermaphrodisme (ou plus exactement hermaphroditisme) , au sens strict du mot, est la réunion des deux sexes sur un même individu. Cet état se trouve normalement chez la plupart des végétaux et dans certains groupes d'Invertébrés; il est dit suffisant lorsque l'hermaphrodite est capable de se féconder lui-même, insuffisant lorsque la fécondation exige l'accouplement réciproque de deux individus.
Parmi les Vertébrés, l'hermaphrodisme normal n'existe que chez quelques
DICT. E.NC. i° S. XIII, ôd
610 IIERMAPURODISME (tératologie).
Poissons {voy. plus bas) ; on n'en comiait aucun exemple authentique chez les Vertébrés supérieurs ; par contre, il arrive assez fréquemment chez ces derniers qu'un même animal présente, par suite d'une anomalie du développement, quelques-uns des caractères distinctifs des deux sexes. Cet hetinaphrodUme anormal est toujours très-imparfait ; l'étude des formes variées qu'il alfecte chez l'homme et les Mammifères les plus voisins fait l'objet du présent article. S'il est un chapitre de tératologie qui soit propre à nous montrer de la façon la plus évidente combien cette science est étroitement subordonnée à l'embryologie normale, c'est à coup sûr celui qui se rapporte aux vices de conformation des organes génitaux. Aussi nous paraît-il indispensable, avant d'aborder la description des différents cas d'hermaphrodisme constatés dans l'espèce humaine et chez quelques Mammifères, de rappeler brièvement l'évolution normale de l'appareil reproducteur chez l'embryon.
Vers la fin du deuxième mois de la vie intra-utérine l'ébauche des organes
de la génération est représentée par les glandes génitales primitives [leslicules on ovaires), ^av le corps de Wollf et son canal excréteur {voies génitales mâles] et par les conduits de Mûller [voies génitales femelles). Tous ces conduits débouchent dans le cloaque par l'intermédiaire du sinus uro-génital ; c'est à l'extrémité antérieure de la fente cloacale qu'apparaissent ultérieurement les rudiments des organes génitaux externes, à savoir Véminence génitale (pénis ou clitoris), le sillon génital (portion terminale de l'urèthre ou petites lèvres) et les replis génitaux (scrotum ou grandes lèvres [î;oy. la figure]). Chez le mâle les glandes génitales deviennent les testicules, et les canaux de Wolff les canaux déférents. Les conduits de Jlûller disparaissent, à l'exception de leurs extrémités (utérus mâle et hydatides non pédiculées). Les corps de Wolff aussi s'atrophient, sauf en ce qui concerne la partie moyenne qui s'accole de chaque côté au testicule et se transforme en épididyme. Le tubercule génital se change en pénis. Le sillon génital se ferme, constituant un canal (portion spongieuse de l'urèthre) qui fait suite au sinus, uro-génital (portion membraneuse). Les replis génitaux se soudent sur la ligne médiane et doiment ainsi naissance au scrotum.
Cheï la femelle les glandes génitales développées représentent les ovaires. Les conduits de Mûller confondus dans leur partie inférieure fournissent les trompes, l'utérus et le vagin. Les canaux et les corps de Wolff disparaissent, à l'exception
Figure schématique indiquant la disposition des organes et ^ des conduits génilo-uiinaires sur un jeune embryon de mamuiilère.
cw, corps de Wolff. — og, glande ou organe génital. — m,m, conduits de Mûller. — v),w, canaux de Wolfl". — cg, cordon génital. — u,u, uretères. — v, vessie. — su, sinus uro-génital. — i, intestin poslérieur. — et, cloaque. — tg, tubercule génital.
HERMAPHRODISME (tératologie). 6H
de laportionqui correspond à l epididyme et qui forme l'organe de Rosenmûller ou parovarium du ligament large. Le tubercule génital, beaucoup moins développé que chez le mâle, devient le clitoris. Enfin la gouttière génitale reste ouverte et ses bords (petites lèvres) limitent l'entrée du sinus uro-Ténital qui reste très-court (vestibule). Les replis génitaux restent séparés et se renflent pour constituer les grandes lèvres.
Le tableau ci-contre qui résume la destinée ultérieure des différentes parties de l'appareil génital embryonnaire nous permettra de nous en tenir à cet exposé sommaire des faits (nous renvoyons, pour plus de détails, aux articles Ovaire Testicule, Uro-génital [Sinus], Péms, Utérus, Wolff [Corps de]).
Embryon. Femme, Bomme. 1 Segment
I PROFOND. Glande génitale Ovaire Testicule.
I t Partie géni-
l taie. . . . Canalicules efférents du ! Cônes efférents.
Corps de 1 corps de Rosenmullci- j Vasa aberrantia.
Wolff.. j (époopliore) ( l'.ele teslis.
/ Partie uri-
l naire. . . Grains du parovarium
(paroophoro) Corps de Giraldès (paradidyme).
i ^rr' 1 Conduit de Gartuer. ( [i°"f,"'i -f l'"^"',^'^"^-
g; /MOiEN. - \„ ,..,,,, ,„, \„ , j n 1. ) Canal di;lcrent.
g / Conduit de Wolff. ... Canal de Rosenraullcr. . > (-^^^i ^^ j.,; i^jj e.
g\ / fHydatidepediculce. ( Hydalide pédiculée.
! Partie supé- i Trompe, rieure. . {Pavillon Hydatide non pédiculée. ( Pavillons accessoires.