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HIPPOPOTAMES

en sécurit(J, comme c'est le cas sur certains points de l'Afrique tropicale, ils quittent pendant le jour les eaux profondes pour se livrera un demi-sommeil sur les bancs de sable et, tandis qu'ils sont ainsi paresseusement étendus au soleil, des Pluvians, de petits Hérons et d'autres oiseaux circulent autour d'eux et viennent jusque sur leur corps picorer des sangsues et des insectes.

La femelle est unipare et le petit, que la mère soigne avec tendresse et qu'elle porte, dit-0!i, sur son dos, est capable de prendre sa nourriture dès le deuxième mois ; cependant c'est seulement au bout de trois ans qu'il a atteint tout son développement et qu'il est capable de perpétuer son espèce.

Le genre Hippopotame {Hippopolanius L.) était représenté jadis sur le sol de l'Europe et de l'Inde par plusieurs espèces {Hippopolamus major Cuv. ; H. minor Cuv., //. paJœindicus Falcon., H. sivalensis Cautl., H. irawadicus Cautl., etc.), mais aujourd'bui il est complètement étranger à notre faune et à celle de l'Asie. Les deux seules espèces actuellement vivantes, l'Hippopotame amphibie {H. amphibius L.) et l'Hippopotame de Libéria (//. liber ien.ùs Leidy), habitent l'Afrique. La seconde, qui est de petite taille, parait cantonnée dans une région restreinte de l'Afrique occidentale, tandis que la première, qui atteint jusqu'à 4 mètres et demi de long sur 1 mètre de hauteur au jarret, se trouve non-seulement dans toute la vallée du Nil, au sud du lo"" degré de latitude nord, mais encore dans la vallée du Niger et sur les bords du fleuve Tumbi et du fleuve Limpopo et d'autres cours d'eau de l'Afrique australe. C'est, il est presque inutile de le dire, seulement l'Hippopotame amphibie qui a été connu des Anciens; c'est lui qui a été signalé par Arisfote, par Diodore de Sicile, et qui a été représenté sur des monuments égyptiens et sur des médailles romaines; c'est lui encore que l'on voit dans la plupart des grands jardins zoologiques. Les individus qui sont ainsi conservés en captivité ont été capturés tout jeunes et arrachés, pour ainsi dire, au cadavre de leur mère. Souvent on est obligé dans les premiers temps de les nourrir avec du lait de vache, mais, une fois qu'ils ont acquis toute leur taille, ils vivent fort bien, même sous le climat de l'Europe; quelquefois même ils se reproduisent dans les ménageries.

La chair d'Hippopotame constituait jadis un véritable régal pour les colons portugais, anglais et hollandais du pays d'Angola et du cap de Bonne-Espérance, et elle est encore aujourd'hui fort recherchée de certaines peuplades nègres, quoiqu'elle ait souvent une saveur rance et désagréable, principalement lorsqu'elle provient d'individus adultes. La graisse fondue est employée à la préparation de différents plats, ou mangée sur du pain, en guise de beurre; chez les Hottentots elle sert à l'aire du bouillon et dans l'Afrique orientale elle entre dans la composition d'une pommade appelée Delka dont les Nègres aiment à s'oindre les cheveux et le corps. Avec le cuir les Boers fabriquent des fouets extrêmement solides, et depuis longtemps les dents incisives de l'Hippopotame font l'objet d'un commerce important. Plus compactes et plus blanches que les défenses d'Eléphant, elles sont généralement préférées pour la fabrication des dents artificielles {voij. le mot De.maire [Prothèse^), quoiqu'elles s'altèrent aussi avec le temps. Autrefois ces mêmes dents jouissaient en médecine d'une réputation aussi grande que peu méritée. Aussi le R. P. Labat, dans sa Nouvelle relation de V Afrique occidentale, rapporte que les dents de l'Hippopotame sont si dures que les nègres peuvent s'en servir comme de cailloux pour allumer du feu, et il ajoute qu'elles fournissent un merveilleux spécifique contre la crampe, la

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sciatique et le rhumatisme. D'autres auteurs du siècle dernier et du dix-septième siècle ont conseillé de mettre au doigt une bague faite avec de l'ivoire d'Hippopotame pour arrêter instantanéme-iit la dysenterie, ou de glisser quelques pincées de poudre de ce même ivoire dans des me'dicaments pour combattre les hémorrhagies. Bien plus, on a prétendu se servir du pénis de l'Hippopotame pour faciliter les accouchements et de ses testicules pour atténuer les funestes effets de la morsure des serpents venimeux. E. Oustalet.

Bibliographie. — Labat. Nouvelle relation de l'Afrique occidentale, in-12. Paris, 172S, t. V, p. 278. — Cloqcet (H.). Faune des tncdecins, 1825, t. V, livr. xxiv, p. 377. — GeuvAis (P.). Histoire natur. des Mammifères, 1854, t. II, p. 2ôt. — Brehm. Vie des animaux, édit. franc. Mammifères, t. Il, p. 775- E. 0.

HIPPL'RAHIIDE. CUi^Az'O'. Ce corps s'obtient par l'action prolongée de l'ammoniaque sur une solution alcoolique d'hippurate de méthyle. Il est peu soluble dans l'eau et dans l'alcool. Les alcalis le transforment en ammoniaque ■et en acide hippurique. L. Ib'.

HIPPLRATES. Voy. Hippurique [Acide).

aiPPrRIDÉES. Voy. Onagrariées.

HIPPURIQUE (Acide). CTP.AzO\ L'acide hippurique, découvert au siècle dernier par Rouelle et étudié depuis particulièrement par Liebig, Dumas et Péligot, est une amide de la glycollaniine ou glycocolle, en d'autres termes, il est à la fois une amide, en tant que dérivé de l'acide benzoïque, et un acide monobasique, en tant que dérivé de la glycollamine.

Ces relations ressortent nettement de l'équation de sou dédoublement sous l'influence de l'acide chlorhydrique bouillant :

C»H^AzO^> -+- H*0 + C^H^O^ + C^H^AzO^

Acide hippurique. .^.cide benzoïque. Glycocolle.

L'acide hippurique existe abondamment à l'état de sel dans l'urine des herbivores, en quantité plus faible dans celle de l'homme.

Préparation. On évapore l'urine de vache ou de cheval récente au sixième de son volume et on la mêle après refroidissement avec 2 à 5 volumes d'acide chlorhydrique concentré. L'acide hippurique se dépose et cristallise. On recueille le dépôt au bout de douze heures, on le dissout dans de la soude, on filtre et ou décolore par le chlorure de chaux. La liqueur est précipitée de nouveau par l'acide chlorhydrique; on fait rocristalliser le dépôt d'acide hippurique dans l'eau bouillante et l'on décolore par le noir animal. Le rendement est trèsvariable suivant le genre de nourriture et le lieu où vivent les animaux (écurie -ou air libre) .

L'acide hippurique peut être obtenu synthétiquement en traitant à 120 degrés le glycocollate de zinc ou d'argent par le chlorure de benzoïle :

C^H^AzO^Ag + C'IPO.Cl = C^HlAzO^' H- AgCI.

Glycocollate Chlorure .\cide

de zinc. de beazoîle. hippurique.

124 HIPPURIS.

On l'obtient encore en faisant agir à chaud la benzamide sur l'acide chloracétique.

C^H'-GIO-^ -f- C^H'AzO^ = C^H'AzO^ + HCl.

Acide Benzamide. Acide

cliloracc(ique. hippurique.

Propriétés. L'acide hippurique est en longs prismes incolores, du système rhombique, très-peu solubles dans l'eau froide, beaucoup mieux dans l'eau chaude et dans l'alcool, peu dans l'éther.

La densité de l'acide hippurique est 1,508. 11 fond à 188 degrés; chauffé dans une cornue vers 240 degrés, il se décompose en fournissant de l'acide benzoïque, du benzonitrile et de l'acide cyanhydrique, facile à reconnaître à son odeur.

Lorsqu'on fait agir sur lui pendant un temps suffisamment long ou à chaud des alcalis ou des acides, il fixe les éléments de l'eau et régénère le glycocolle et l'acide benzoïque. Le même changement a lieu sous l'inlluence des ferments, par exemple, dans l'urine des herbivores pendant la fermentation ammoniacale; c'est précisément sur cette réaction qu'est basé l'un des modes de préparation de l'acide benzoïque.

Chauffé avec le peroxyde de manganèse et l'acide sulfurique étendu, il fournit de l'acide benzoïque, de l'acide carbonique et de l'ammoniaque. L'acide azoteux le transforme avec dégagement d'azote en acide benzoïlglycolique, C^IPO', acide monobasique, cristallisant en prismes minces incolores, peu solubles dans l'eau froide, aisément solubles dans l'eau cliaude et dans l'alcool.

On obtient de Vacide cJdorohippiirique, C'fPClAzO"', et de Vacide dichlorohippurique, CIPCl-AzO"', en ajoutant peu à peu du chlorate de potasse à de l'acide hippurique maintenu en solution dans l'acide chlorhydrique et légèrement chauffé. L'acide chlorohippurique est huileux, visqueux et amorphe; l'acide dichlorohippurique cristallise peu à peu sous l'eau ou au contact prolongé de l'air. A l'ébullition avec les alcalis ou les acides, le premier fournit du glycocolle et de l'acide métachlorobenzoïque ; le second donne du glycocolle et de l'acide dichlorobenzoïque. Après ingestion d'acide métachlorobenzoïque, on trouve dans l'urine de l'acide chlorohippurique.

L'acide hippurique, traité par un mélange d'acides nitrique et sulfurique concentrés, fournit de Vacide nitro-hippuriqiie {voy. ce mot).

Lorsqu'on fait ingérer aux animaux du toluène, de l'acide benzoïque, de l'acide cinnamique, de l'aldéhyde benzylique, de l'acide quinique, on retrouve ces corps dans l'urine transformés en acide hippurique; il en est de même de l'acide quinique, qui passe dans les urines de l'homme et des animaux à l'état d'acide hippurique.

Quant aux circonstances qui font varier la proportion de l'acide hippurique dans l'urine, votj. Urine, p. 514, 544.

L'acide hippurique est monobasique; la plupart des hippurates, même ceux de plomb et d'argent, sont solubles dans l'eau et cristalUsables ; les hippurates alcalins sont en outre solubles dans l'alcool.

Vhippurate de chaux existe abondamment dans l'urine de cheval, en moins grande quantité dans celle des autres herbivores et de l'homme.

Vhippurate de soude se trouve en petite quantité dans l'urine humaine et en plus forte proportion dans celle des herbivores; il en est de même de Vhippurate de potasse. L. Hjn.

HIRONDELLE. liS

IIIPPURIS [Ilippuris L.). Génie de plantes Dicotylédones, qui a donné son nom au petit groupe des Ilippuridées, rattaché aujourd'hui ii la famille des Onagrariacées {voij. II. Bâillon, Histoire des Plantes VI, p. 481).

L'espèce type, H. vulgaris L., est une herbe vivace, commune dans les fossés, les rivières, les ruisseaux à courant peu rapide, et bien connue sous le nom vulgaire àe Pesse (F eau {voy. ce mol). Ed. Lef.

HIPTAGE {Hiptage Gaertn.). Genre de plantes de la famille des Malpighiacées et du groupe des Hiréées, dont les représentants sont des arbustes grimpants, à feuilles opposées, entières, coriaces, à fleurs disposées en grappes latérales ou axillaires. Ces fleurs ont un périanthc double, pcntamère, et un androcée formé de dix étamines, dont une plus grande que les autres. A la base du calice se trouve une grosse glande adnée au pédicelle floral. Le fruit est composé de trois capsules monospermes, pourvues chacune de trois ailes, une dorsale et deux latérales.

Les Hiptage habitent généralement les régions tropicales de l'Asie et l'archipel Indien. L'espèce type, H. madablota Gaerln. {Molina racemosa Cavaii., Ranisteria tetraptera Sonn.), n'est pas rare sur la côte du Malabar : c'est le Sidapou de Rheede [Hort. Malab., 6, tab. 59). Les Indiens s'en servent pour orner leurs temples, à cause surtout de ses belles fleurs d'un blanc rougeâtre, très-odorantes. Ed. Lef.

Bibliographie. — Gartner. Fruct., 69, tab. 116. — De Candolle. Prodr., I, 585. — JussiEU (A.). Malpighiacées, 246, tab. 16. — Endlicher. Gen., n° 5572. — Bentham et Hooker. Gen., 278. — Baillo.s (H.). Hist. des pi., V, pp. 439, 466. Ed. Lef.

HiRCirVE. Synonyme inusité de Valérine. On appelle encore de ce nom une résine fossile amorphe de composition indéterminée. L. Hn.

HIRCIQUE (Acide). Nom donné par Chevreul à un corps gras huileux qu'il regardait comme le principe odorant du suif de mouton. C'est probablement un mélange de plusieurs acides gras.

On a encore employé cette dénomination pour désigner l'acide valérique.

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