HIRONDELLE
sombre, ou du brun sur les parties supe'rieures, du blanc, du bleu, du brun et du roux sur les parties inférieures. Parfois cependant les pennes caudales sont marquées de taches blanches de formes diverses, le dos est rayé de blanc ou le front est orné d'un bandeau rougoàtre dont la nuance rappelle celle de la gorge. On admet actuellement dans la famille des Hirundinidés plusieurs genres qui se distinguent les uns des autres par l'aspect des tarses et des doigts, par la forme des narines, par les dimensions du doigt postérieur et par la disposition des pennes caudales. Ainsi les Hirondelles du genre Chelidon (Boie) sont les seules qui aient les doigts complètement empluraés : les Cotlle (Boie), les Tachycineta (Cab.), les Fhedina (Bp.), les Eirundo (L.) et les Cheramoeca (Cab.) ont les narines ovales et recouvertes en partie par une membrane, tandis que les Progne (Boie), les Atticora (Boie) et les Petrochelidon (Cab.) ont les narines arrondies et complètement découvertes. Les Hirundo et les Cheramœca se distinguent par une échancrure sur leurs rectrices externes, qui sont très-allongées, les Petrochelidon par leur queue courte et à peine échancrée, les Cotile parleur pouce rudimentaire, etc.
Plusieurs de ces genres sont représentés dans la faune européenne. Ainsi pendant la belle saison on voit voler à travers les rues de nos villes et de nos villages l'Hirondelle de cheminées et l'Hirondelle de fenêtres, types des genres Hirundo et Chelidon ; on rencontre au bord des fleuves l'Hirondelle de rivages qui appartient au genre Cotile et l'on observe dans les montagnes l'Hirondelle de rochers qui se rattache au même groupe.
L'Hirondelle de cheminées ou Hirondelle rustique [Hirnndo rustica L.) et l'Hirondelle de fenêtres {Chelidon urbica L.) sont fréquemment confondues, quoiqu'elles diffèrent l'une de l'autre sous le rapport des formes extérieures, des couleurs et des mœurs. La première, en effet, a le corps effilé, les pattes grêles et dénudées, la queue profondément fourchue, les deux pennes caudales externes se prolongeant en deux filets ; son dos et ses ailes sont d'un bleu foncé, à reflets pourprés ; son front et sa gorge d'un brun marron, limité du côté de la poitrine par une large bande noire ; son ventre est d'un blanc roussâtre et les pennes caudales présentent, surfout sur la face inférieure, des marques blanches bien définies. Au contraire l'Hirondelle de fenêtres a le corps trapu, la queue courte et légèrement échancrée, les pattes emplumées jusqu'au bout des doigts, les parties supérieures en majeure partie d'un bleu foncé, les parties inférieures du corps et le dessus des reins d'un blanc pur. Quant à l'Hirondelle de rivages {Cotile riparia L.) et à l'Hirondelle de rochers [Cotile rupestris Scop.), elles se reconnaissent à leur petite taille, à leurs formes ramassées et à la teinte rembrunie du dessus de leur tête et de leur menton.
Aucune de ces espèces ne peut être considérée comme sédentaire dans notie pays, car, si l'on a cité quelques exemples, plus ou moins authentiques, d'Hirondelles qui avaient traversé l'hiver en s'abritant dans une cavité naturelle ou dans l'intérieur d'une habitation, il n'en est pas moins certain que l'immense majorité de ces oiseaux nous quitte à l'arrière-saison pour ne revenir qu'au printemps suivant. Elles vont, pour la plupart, au delà des mers, sur le continent africain, tandis que les Hirondelles de l'Asie septentrionale se rendent dans l'Inde méridionale et dans l'île de Ceylan. Ces grands voyages ne s'effectuent pas d'ailleurs d'une seule traite, et l'on a constaté à maintes reprises que les Hirondelles faisaient sur la route de nombreuses stations et s'abattaient parfois sur les navires pour se reposer. Les dates de leurs départs et de leurs arrivées, qui ont été