HIRONDELLE
relevées assez soigneusement depuis quelque temps, varient notablement nonseulement d'un point à l'autre de notre territoire, mais eneore d'une année à l'autre dans la même localité, mais jusqu'à présent on n'est pas encore parvenu à établir une relation exacte entre ces variations et les phénomènes météorologiques. En revanche, on a reconnu que les mêmes couples reviennent volontiers s'établir dans l'endroit oià ils avaient niché l'année précédente.
En dépit de son nom l'Hirondelle de cheminées ne fait pas son nid seulement dans les cheminées, mais aussi dans l'intérieur des habitations ou sous les corniches extérieures ; elle lui donne la forme d'une coupe à parois très-épaisses et grossièrement construites avec de l'argile, des brins d'herbe et des poils cimentés par de la salive, tandis que l'Hirondelle de fenêtres, qui niche de préférence sous les entablements, entre les chapiteaux et dans les embrasures de fenêtres, soigne davantage la demeure oii elle abritera ses petits et la dispose en forme d'un demi-sphère, à parois lisses et percées d'une petite ouverture. Enfn» l'Hirondelle de rivages et l'Hirondelle de rochers élèvent leur progéniture, la première dans des sortes de terriers creusés dans la berge des rivières, la seconde dans des nids accrochés dans des cavernes ou dans des anfractuosités de rochers. Ces dernières espèces, l'Hirondelle de rochers, l'Hirondelle de rivages et l'Hirondelle de fenêtres, pondent des œufs blancs, tandis que l'Hirondelle de cheminées a des œufs d'un blanc légèrement rosé parsemés de petits points bruns ou violacés.
Tous les Hirundinidés sont insectivores et se nourrissent de mouches, de moustiques, de papillons, de libellules, et de petits coléoptères qu'ils capturent en volant. Ce sont donc des oiseaux éminemment utiles et qui devraient être universellement respectés. Malheureusement il n'en est pas toujours ainsi et dans quelques localités, principalement dans le midi de la France, on fait souvent la chasse à ces charmants Passereaux. Cette chasse est d'autant moins excusable que les Hirondelles ne constituent qu'un gibier des plus maigres, que leurs dépouilles peuvent être avantageusement remplacées, comme objets de parures, par des dépouilles d'oiseaux plus brillants et moins utiles, et qu'il n'y a plus désormais aucune partie de leur corps qui soit employée en médecine.
Les Hirondelles ont joué, en effet, un certain rôle dans l'ancienne pharmacopée. Les Grecs et les Romains supposaient que ces oiseaux se servaient du suc acre de la Chélidoine ou Grande-Éclair e pour fortifier les yeux de leurs petits ou même pour les restituer quand ils avaient été arrachés.
Partant de cette croyance absurde, dont on trouve les traces dans Pline et dans Tertullien, ils n'avaient pas tardé à considérer le corps même de l'oiseau, rôti à la façon d'un Bec-figue, comme un aliment excellent pour les personnes qui avaient la vue faible, et son cerveau, broyé avec du miel, comme un remède efficace contre la cataracte. Ses yeux, portés en amulette sur le front, passèrent pour guérir infailliblement l'ophthalmie la plus rebelle; Dioscoride vanta particulièrement un collyre fabriqué avec du miel et la cendre d'une Hirondelle brirlée avec ses petits dans un vase de terre, et Pline conseilla cette même cendre, délayée dans l'eau, comme dépuratif pour les scrofuleux. Un remède analogue, c'est-à-dire de la cendre d'Hirondelles en suspension dans l'eau chaude, fut d'ailleurs recommandé par le même auteur pour combattre les maux de gorge, concurremment avec une décoction de nid d'Hirondelle. Pour guérir l'angine, l'inflammation du voile du palais et la fièvre quarte, et pour arrêter le développement de l'esquinancie, on faisait manger au malade un rôti d'Hirondelle, et l'on
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prescrivait le même aliment aux. épileptiques, à moins qu'on ne leur fît manger le cœur de l'oiseau ou le premier petit pondu par une Hirondelle, arrosé du sang de la mère mélangé avec de l'encens.
Une langue d'Hirondelle coupée lors de la conjonction de Mars avec Saturne et pendue au cou prévenait, disait-on, le mal de gorge ; le bec de l'oiseau, réduit en cendres, donnait une poudre que l'on mélangeait avec de la myrrhe et que l'on projetait dans le vin pour garantir les buveurs de l'ivresse, et la fiente, chaude et acre, entrait dans la composition soit de gargarismes usités contre l'inflammation des tonsilles, soit de remèdes préconisés contre la dysurie, la gravelle, les coliques néphrétiques, la rage, etc.
Quelques-unes de ces drogues conservèrent leur vogue pendant tout le moyen âge et jusqu'à une époque assez rapprochée de nous. Ainsi, il y a trois siècles, on ordonnait encore le cœur d'Hirondelle pour fortifier la mémoire. Alors aussi les nids d'Hirondelles de clieminées et d'Hirondelles de fenêtres, qu'il ne faut pas confondre avec les nids de Salanganes {voy. ce mot) ou nids d'Alcyons, entraient dans la composition des cataplasmes, avec du vinaigre ou du lait de vache bouillant, de l'huile de camomille, de l'huile de lis, des fleurs de sureau, des jaunes d'œufs. Ces cataplasmes, qui avaient été mis à la mode par J. Rodriguez de Castellobranco, et qui étaient appliqués aussi bien dans le traitement des maladies de la gorge que contre la morsure de la Vipère, étaient, d'après M. H. Cloquct, encore en faveur auprès de certains médecins du commencement de ce siècle ou de la fin du siècle dernier. H en était de même de la fameuse eau distillée d'Hirondelles dont on trouve plusieurs formules dans la Pharmacopée de J. Duchesne, dans la Pharmacopée d'Augsbourg, dans la Pharmacopée universelle de N. Lémery et dans l'ancienne Pharmacopée de Paris. L'élément fondamental de cette Aqua hirundinum consistait primitivement en petites Hirondelles découpées vivantes, auxquelles on ajoutait des drogues variées et jusqu'à de la poussière de crâne humain. E. Oustalet.
Bibliographie. — Pline. Hisl. tiatur., ]ib. XXX, c. ii, iv, xv. — Von den Bossche. Histoire nat. des anim., in-4°. Bruxelles, 1639, lib. I, c. xxxvii. — Lémery (N.). Dictionn. univ. des drogues si7tiples, in-4°. Paris, 1755, p. 426. — Temminck. Man. d'ornithologie, 1" édition (1815), t. I, pp, 415 et 417, et 2' édit. (1820), t. I, pp. 427 et suiv.; Atlas par VVerner (1827), pis. 1 et suiv. — Cloquet (H.). Faune des médecins (1825), t. V, liv. xxv, p. 587. — Degland et Gerbe. Ornilh. europ., 1867, 2° édit., t. I, p. 587. — Sharpe (R.-B.). Cat. B. Brit. Mus., (1885), t. X, p. 85. — Odstalet (E.). Les oiseaux voyageurs. lu Bull. Assoc. scient, de France, 1886, t. XIII, ii°' 516 et 517, et Revue scientifique, 1886, 3« série, 6" année, pp. 481 et 519. E. 0.
niROiVDELLE DE MER. Les oiseaux du genre Sterne {voy. ce mot) sont souvent désignés sous le nom d'Hirondelles de mer. E. 0.
IlIRSCH (Georg). Médecin allemand, né à Kônigsberg le 21 novembre 1799, reçu docteur à Berlin en 1819, devint en 1843 professeur ordinaire à l'Université de sa ville natale, dirigea pendant de longues années la clinique médicale et mourut le 20 juillet 1885.
On lui doit, entre autres :
I, Veber die Contagiositàt der Choiera. Kônigsberg, 1832, in-8». — II. Beitràge zur Erkenntniss und Heilung der Spinal-Neurosen. Kônigsberg, 1843, in-8°. — III. Klinische Fragmente. Kônigsberg, 1857-1858, in-8°. L. H„,
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eiRSCHFELD (Rameau d'). Voy. Facial (Nerf).
HIRSCIIFELD (LuDwiG-MoRiTz). Né le 3 avril 1816, à Nadarzyn, près Rawa, en Pologne, était destiné aux études ecclésiastiques, mais il négligea bientôt l'étude du Talmud et s'échappa, paraît-il, de la maison paternelle, gagnant à pied Breslau, Berlin et Paris, en jouant du violon pour pagner sa modeste nourriture. Accueilli par Bourgery qai publiait alors son Trailé complet (ïanatomie de l'homme, Hirschfeld devint l'un de ses préparateurs, tant pour la rédaction de cet ouvrage considérable que pour les démonstrations données dans les cours libres de l'École pratique. Autorisé à prendre des inscriptions, il soutint sa thèse de docteur en 1848; cette thèse avait pour titre : Des injections capillaires. 11 fut quelque temps attaché à la clinique de Rostan, donna des cours libres d'anatomieà l'École pratique et publia en 1855 Une névrologie ou description et iconographie du système nerveux et des organes des sens de l'homme, avec leur mode de préparation, in-8», avec atlas de 92 planches. Cet ouvrage a été réimprimé. Appelé en 1859 à Varsovie, comme professeur d'analomie, il fit paraître, de 1860 à 1870, un grand ouvrage, consacré à l'anatomie de l'homme [Anatomia opisoivo ciala ludziego. Varsovie, 4 vol. in-S"). Hirschfeld est mort à Varsovie le 10 mai 187G. A. D.
HIRTZ (Mathieu-Marc). Successivement chef de clinique à la Faculté de médecine de Strasbourg, docteur de la même Faculté (1856), agrégé dans la section de médecine (1839), professeur de pathologie et de clinique médicale, en remplacement de Forget (1861), ce savant médecin naquit à Wintzenheim (Bas-Rhin), en 1809, et mourut à Paris, le 27 janvier 1878. Après la guerre de 1870-1871, il fut nommé professeur à la Faculté de Nancy, mais n'occupa point ce poste, et resta à Paris. Le 12 août 1873, l'Académie de médecine l'admettait dans son sein, en remplacement de Vigla.
I. Recherches cliniques sur quelques points du diagnostic de la phlhisie pulmonaire. Thèse doctorale de Strasbourg, 17 août 1830, in-4°. — II. De la nature des maladies. Thèse d'agrégation de Strasbourg, 18 mars 1859, in-4°. — III. Des principes généraux qui se sont perpétués à travers les révolutions des doctrines médicales. Thèse pour le professorat de Strasbourg, '29 juillet 1845, in-4°. — IV. Articles dans la Gazette méd. de Strasbourg, et dans le Nouveau Dictionnaire de médecine, entre autres : AitsEsic, Chaleur,
CONTRO-STIMULANTS, CrIBE, DaTURA, EmBOI.IE, MÉTHODE ENDERMIQCE, MÉDICAMENT, MÉDICATION, NaR- COTIQL'E, ^ARCOTISSIE. A. C.
HIRUDI]\ÉES. Les Hirudinées ou Sangsues forment un ordre particulier, ou même une sous-classe dans la classe des Annélides, ainsi qu'Ant. Dugès l'a reconnu le premier en 1838. Avant lui, Cuvier les avait rangées parmi ses Annélides abranches, puis parmi ses Annéhdes apodes, dont elles constituaient une simple famille.
L'histoire médicale de ces Vers a été suffisamment détaillée à l'article SakgsDE pour que nous n'ayons pas à y revenir ici autrement que pour mentionner quelques faits récemment acquis à la science ; il en sera question à propos de la Sangsue médicinale. Nous nous proposons surtout de faire une révision générale du groupe des Hirudinées, et d'établir leur classification en prenant pour base l'anatomie comparée.
Depuis les écrivains grecs et latins, qui les premiers ont signalé les Sangsues sous les noms de pc£»a, hirndo et sanguisuga , un grand nombre d'auteurs se sont livrés à létude de ces animaux. Jusqu'à Linné, 10 espèces avaient été DICT. ENC. i' s. XIV. 9