‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.50Chapitre 16 sur 71 · HlKUUliNJiLS · texte numérisé non relu

HlKUUliNJiLS

décrites par Rondelet, Gesner, Aldrovande, Rœsel, Trembley, llill, Thornbern, Bergmann et Baster; le naturaliste d'Upsal n'en admit que 8, auxquelles il adjoignit une nouvelle espèce provenant des Indes; il réunit le tout dans le seul genre Uirndo, dans la d2« édition du Systema naturœ. A la suite de Linné, le Danois O.-F. Mùller, Bosc, Braun, Leach, Johnson, Dutrochet, Savigny, II. Caréna, Say, de Blainville et quelques autres, ont augmenté la liste des espèces connues et ont enrichi nos connaissances relatives à leur organisation. En 1820, Caréna publia une Monographie du genre Rirudo; en 1825, Derheims fit paraître une Histoire naturelle et médicale des Sangsues; en 1827, de Blainville rééditait sous le titre de : Essai d'une monographie de la famille des Hirudinées, l'article Sangsue qu'il venait de faire paraître dans le tome XLYII, page 205, du Dictionnaire des sciences naturelles. Mais c'est véritablement à A. Moquin-Tandon que nous sommes redevables du premier ouvrage dans lequel l'organisation, l'histoire naturelle et la classification des Hirudinées se trouvent magistralement exposées et soumises à une critique sévère. Dans la seconde édition de sa Monographie, l'auteur classe ces Vers de la manière suivante :

( très-dislincts, opaque. Sang i unilabiéu. 1° Hibddinêes albiosiennes. * * rouae. Ventouse orale. . . I bilabiée. . 2° Hirddimîes bdelliemnes.

Corps < anneaux | ^^^^ distincts, transparent. Sang incolore. /l" IIiRurnÉEs S1^II0^•1E^-^•ES. ( sans anneaux distincts, transparent, sang incolore. . 4° Hirulinées rL,\MiRiENNES.

Les Hirudinées albioniennes comprenaient les trois genres Braiichellion, Pontobdella et Piscicola.

Les bdelliennes renfermaient les sept genres Branchiobdella, Nephelis, Trocheta, Aulastoma, Ilaeniopis, Hirudo et Limnatis.

Les siphoniennes ne comprenaient que le seul genre Glossiphonia . Enfin les planériennes renfermaient les cinq genres Malacobdella de Blainville, 1828; Phylline Oken, 1815; Nitzschia Baer, 1827; Axine Okcn, 1815, et Capsala Bosc, 1811.

La classification de Moquin-Tandon a subi plus d'un remaniement; bon nombre d'espèces nouvelles ont été décrites, quelques-unes ont été reportées d'un groupe dans un autre, d'autres enfin ont été reconnues comme étrangères à l'ordre des Hirudinées. Tel est le cas, par exemple, pour les planériennes, qui ont été réparties entre les Trématodes [Phylline, fUtzschia, Axine, Capsala) (;t les Némertiens {Malacobdella).

Actuellement, on divise l'ordre des Hirudinées en cinq familles ; nous allons exposer rapidement leurs caractères et ceux des genres qu'elles renferment :

1° HISTRIOBDELLIDES. Sangsues unisexuées, toutes les autres étant hermaphrodites. Le corps porte, soit à chacune de ses extrémités, soit à une seule, des organes locomoteurs spéciaux, semblables à des pieds; la région céphalique est distincte. Les œufs sont pédicellés et pondus isolément. Ces animaux sont parasites des Crustacés marins; on en connaît deux genres :

Genre Histriobdella P.-J. van Beneden, 1858. Ce genre est caractérisé par un corps semblable à une larve de Diptère, par la présence à la région céphalique de deux paires d'appendices et d'une grosse ventouse pédiculée. L'extrémité postérieure porte deux appendices articulés, très-mobiles, servant aussi de ventouses. H. homari van Beneden se loge au milieu des œufs du Homard;

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ceux-ci restent appendiis sous l'abdomen du Crustacé jusqu'après l'éclosion des embryons. Cet animal, dont l'agilité est extrême, n'est ni un parasite, ni un commensal, mais un mutualiste, suivant l'expression de van Beneden ; le Homard lui donne une place et le Ver, en échange de ces bons offices, mange les œufs et les embryons qui meurent et dont la décomposition pourrait devenir fatale à l'hùte et à sa progéniture. 11 a la même charge que le Vautour et le Chacal, qui débarrassent la plaine des cadavres.

Genre Saccoepella van Beneden et Hesse, 1864. Les espèces qui le composent n'ont pas d'appendices à la région céphalique; l'extrémité postérieure porte deux ventouses pédonculées, le milieu du corps présente un renflement trèsprononcé, renfermant les organes sexuels. S. nebaliae vit sur les Nébalies.

2° ACÂNTHOBDELLIDES. Sangsues marines à corps presque fusiforme, légèrement aplati, effilé en avant, armé de chaque côté de deux soies en crochets. L'anus débouche au fond de la ventouse postérieure. L'unique genre Acanthobdella Grube, 1850, est représenté sur les côtes de Sicile par A. peledina.

5» BHYNCHOBDELLIDES. Sangsues à trompe. Le corps est allongé et cylindrique ou large et aplati, muni d'une ventouse buccale et d'une ventouse postérieure; la bouche est dépourvue de mâchoires, une forte trompe exsertile se loge dans sa cavité. La ventouse antérieure porte deux yeux. Le sang est rouge et ses globules sont produits par des organes placés dans le vaisseau dorsal contractile. Cette famille se laisse subdiviser en deux groupes, les Ichthyobdellides et les Glossiphonides.

A. Ichthyobdellides. Ce groupe comprend des espèces parasites des Poissons; il correspond aux Hirudinées albioniennes de Moquin-Tandon, que cet auteur caractérisait et classait comme suit :

« Corps composé d'anneaux distincts, opaque; ventouse orale séparée du corps par un fort étranglement, d'une seule pièce, en forme de coupe ou de disque, unilabiée; sang rouge; œufs simples.

. , 1 Appendices branchiformes . . . Branchellion.

. Ventouse orale.. \ ^° ''""P^ proionde. . j appendices nuls Pontobdelta.

l en coupe aplatie Piscicola. »

Aujourd'hui on connaît au moins onze genres d'Ichthyobdellides, savoir : Piscicola, Notostoma, Ophibdella, Pontobdella, Dactylobdella, Branchellion, Calliobdella van Beneden et Hesse, 1864; Hemibdella van Beneden et Hesse, 1864; Cystobranchus Troschel; Ozobranchus de Quatrefages, 1852, et Phyllobranchus de Quatrefages, 1852.

Genre Piscicola de Blaia ville, 1818 {Ichthyobdella de Blainville, 1827). Ce genre comprend un certain nombre d'espèces qui sont parasites des Poissons marins ou d'eau douce; elles vivent principalement sur le tégument des Cyprinides. Ces Sangsues ne nagent point ; elles marchent à la façon des Chenilles arpenteuses; quand on les abandonne à elles-mêmes, elles se laissent tomber au fond du liquide. Grâce à leurs larges ventouses, elles peuvent se déplacer à la surface de l'eau comme sur un plan solide.

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L'espèce principale est P. piscium Lamarck, 1819 (P. geometra Moquin- Tandon, 1826). Elle habite les eaux douces d'Europe et s'attache de préférence aux Cyprins; on l'a vue encore sur Siluriis glanis; Mùller l'a trouvée dans le pharynx d'un Brochet. Cet animal, charmant de forme et de couleurs, est long de 20 à 30 millimètres et large de 2 à 5 millimètres. On le trouve parfois en si grande abondance, qu'il forme autour des branchies une sorte de moisissure vivante qui finit par faire périr le Poisson.

Citons encore P. respirans Troscbel, muni de vésicules latérales qui se remplissent de sang ; P. hippoglossi van Beneden, P. marina Fr.-S. Leuckart, qui vit sur Anarrhichas lupus ; P. fiinduli Verrill, 1872, qui se rencontre aux Etats-Unis, et P. rectangulata Levinsen, 1881, qui provient du territoire de TAmour.

Genre Notostoma Levinsen, 1881. Ce genre ne comprend encore qu'une seule espèce, N. laeve, ectoparasite de Poissons marins, Hippoglossiis pinguh et Somniosus microcephalus. Cette Sangsue, qui provient du Groenland, est longue de 125 millimètres, large de 11 millimètres et formée d'environ 240 anneaux.

Genre Ophibdella van Beneden et Hesse, 1864. 11 est caractérisé par les grandes dimensions de la ventouse antérieure. 11 est marin ; 0. labracis vit sur le Bar.

Genre Pontobdella Leach, 1815. Il renferme un certain nombre d'espèces qui sont parasites des Poissons de mer ; on les trouve aussi bien en Amérique et aux Indes que sur nos côtes. Ces Sangsues ont deux ventouses bien nettes, exactement terminales, et une peau rugueuse et verruqueuse qui les empêche de «e contracter en boule, ainsi que Rondelet en avait déjà fait la remarque. Elles n'ont ni yeux, ni prolongements branchiaux, mais une trompe protractile; leur sang est incolore.

Les Pontobdelles ont été l'objet d'une importante étude anatomique de la part de L. Vaillant; ses observations ont porté sur P. muricata Lamarck, ï%\%, et sur p. verrucaia Leach, 1815, qui vivent sur les Raies; ce sont des Vers longs de 80 à 140 millimètres, larges de 10 à 15 millimètres. Nous allons esquisser rapidement leur organisation, en prenant P. verrucata pour type.

Si on examine cette Hirudinée par la face dorsale, on observe une remarquable alternance dans la disposition des anneaux de la partie moyenne du corps; trois anneaux étroits sont suivis d'un anneau plus large, auquel font suite de nouveau trcis anneaux étroits, et ainsi de suite. Tous ces anneaux sont ornés de tubercules saillants; l'anneau large porte de chaque côté de la ligne médiane deux gros tubercules; sur l'anneau étroit qui lui fait suite immédiatement les tubercules sont moins accusés et sont en dedans des précédents ; sur le second anneau étroit ils gardent leurs petites dimensions, mais se reportent en dehors comme sur l'anneau large; sur le troisième anneau étroit ils ont la même taille et la même disposition que sur le premier. Il ressort de cette description que la partie moyenne du corps de la Pontobdelle est formée d'une série de segments ou somites dont chacun comprend quatre anneaux, un large et trois étroits; chez la Sangsue médicinale et les autres Gnathobdellides, ainsi que nous le verrons plus loin, le somite est au contraire constitué par cinq anneaux.

Le nombre total des anneaux semble être de 67 : c'est déjà dire que certaias

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somites ont dû se raccourcir par suite de la coalescence de deux ou plusieurs anneaux. Pe nouvelles recherches seraient nécessaires pour fixer le nombre des somites primitifs : nous l'estimons à 21, on admettant qu'il y a d'ordinaire un ganglion nerveux ou un anneau large par somite*.

En ne considérant que la disposition superficielle des anneaux, on se trouve amené à conclure, comme nous l'avons déjà fait observer, que le somite normal débute par un anneau large, orné de gros tubercules, auquel font suite trois anneaux étroits, ornés de tubercules plus petits. Jlais, si l'on ouvre la Pontobdelle par le dos, on arrive à une notion plus précise de la segmentation de l'anim^d et de la constitution de ses somites. La cavité du corps se montre, dans la partie moyenne, subdivisée en chambres par 1 1 cloisons transversales ou dissépiments. Chaque chambre correspond encore à quatre anneaux cutanés, mais ceux-ci se disposent de la manière suivante : deux étroits, un large et un étroit. L'étude des organes segmentaires, des testicules et des ganglions nerveux, va nous prouver en effet que telle est la véritable constitution du somite.

La première cloison transversale s'élève entre les anneaux 14 et 15, c'està-dire qu'elle passe entre les deux orifices sexuels et qu'elle subdivise le clitellum en deux moitiés égales. En avant de cette cloison se voient 5 ganglions nerveux, non compris le collier œsophagien, et par conséquent 5 somites. Les 4 premiers sont réduits chacun à 5 anneaux, l'anneau large étant intercalé entre les deux anneaux étroits. Le somite 5 ne comprend que les deux anneaux étroits 15 et 14, qui représentent la première moitié du clitellum, et dans l'interstice desquels est percé l'orifice mâle; le cinquième ganglion nerveux se voit à ce même niveau. Le somite 6, situé immédiatement en arrière de la première cloison, n'est également formé que par les deux anneaux étroits 15 et 16, qui représentent la seconde moitié du clitellum, et dans l'interstice desquels s'ouvre la vulve ; le sixième ganglion nerveux se voit à ce même niveau. Le somite 7 n'est séparé du précédent par aucune cloison : il comprend les trois anneaux 17, 18 et 19, celui du milieu étant large et portant le septième ganglion.

A partir de cet endroit, on observe une série de 9 somites qui tous sont séparés les uns des autres par une cloison et ont conservé la structure primitive ; l'anneau large, qui est le troisième, supporte un ganglion. Le somite 8 est séparé du précédent par la deuxième cloison ; de même le somite 16, qui finit avec l'anneau 55, est séparé du suivant par la onzième et dernière cloison.

Le somite 17, bien que non limité en arrière par un dissépiment, est encore normal; il finit avec l'anneau 59. Les huit derniers anneaux représentent 4 somites raccourcis; le somite 18 comprend 3 anneaux, deux étroits et un larf^e • le somite 19 comprend 2 anneaux, un étroit et un large; le somite 20 n'est formé que de 2 anneaux étroits, dont le dernier porte un ganglion; enfin le somite 21 et dernier est réduit à un seul anneau, qui porte le viu'H et unième ganglion nerveux. L'anus s'ouvre à la face dorsale, entre les deux anneaux du somite 20, c'est-à-dire entre les anneaux 65 et 66. L'anneau 67 est simple à la face ventrale, mais se montre imparfaitement dédoublé à Ja face dorsale. Le vingt-deuxième et dernier ganglion est compris dans l'épaisseur de la ventouse.

Les organes segmentaires sont d'une structure très-simple, comme chez le

* Dans un travail récent [Recherches analomiques et histologiqiies sur la Pontobdella muricata. \a Association française pour l'avancement des sciences, XV. p. 572. >'ancv, t«86), G. Dutilleul dit que P. muricata est ionnée do 24 somiies comprenant 72 anneaux; Bourne ne comptait que 25 somites.

iU IIIRUDLXÉES.

Lombric et certaines autres Ilirudinées, telles que GlossipJionia complanata, d'après Leydig, et diverses Branchiobdelles, d'après Keferstein et Dorner. Ils sont au nombre de six paires et se composent chacun d'un tube qui s'ouvre par un pavillon cilié dans le premier anneau d'un somite, traverse la cloison qui limite celui-ci en avant, se renfle et va s'ouvrir au dehors par une ouverture latéro-ventrale percée dans le sillon qui sépare les deux somites contigus. Par exemple, l'organe segmentaire de la première paire s'ouvre par son pavillon cilié dans l'anneau 20, c'est-à-dire dans le premier anneau du somite 8, traverse la deuxième cloison et débouche au dehors dans l'interstice qui sépare l'un de l'autre les anneaux 19 et 20 ou les somites 7 et 8. Chacune des cinq autres paires se comporte de même à l'égard des cinq cloisons suivantes, c'està-dire que leurs pavillons vibratiles plongent dans les anneaux 24, 28, 52, 36 et 40.

Il est à remarquer que, chez les Pontobdelles, les paires de testicules sont en même nombre que les paires d'organes segmentaires. Elles se distribuent entre les anneaux mêmes où nous avons vu s'ouvrir le pavillon vibratile de ces dernières. Les glandes génitales mâles occupent donc le premier anneau de chacun des somites 8 à 13.

Genre Dactvlobdella van Beneden et Hesse, 1864. Ses espèces vivent également sur les Plagiostomes; ce sont les seules, avec les précédentes, qui présentent six papilles au pourtour de la ventouse buccale.

Genre Branchei.lion Savigny, 1817. Il comprend des Hirudinées marines, qui s'attaquent aux Poissons ; c'est à tort que Cuvier et de Blainville ont attribué la signification de branchies à des appendices latéraux présentés par l'animal. On connaît deux espèces principales, B. lorpedinis Savigny, 1820, et B. rhombi vaa Beneden et liesse, 1864; nous dirons quelques mots de la première.

Celte Sangsue, longue de 25 à 35 millimètres, large de 6 à 7 millimètres, est formée de 48 anneaux non tuberculeux. Les 15 premiers sont fort étroits et forment une sorte de cou séparé du reste du corps par un étranglement; les 35 autres sont élargis et pourvus, de chaque côté, d'un appendice membraneux, foliacé, onduleux et légèrement lobé. Ces a[)pendices sont comme imbriqués les uns sur les autres; de trois en trois, ils se renflent légèrement à leur base, ce qui sans doute pourra servir de point de repère pour la délimitation du somite. Les ventouses sont de taille très inégale, la posiérieure ayant au moins six fois le diamètre de l'antérieure; les mâchoires sont léduites à trois points saillants. Les yeux font défaut; du moins Moquin-Tandon n'a-t-il pu les apercevoir. L'orifice mâle s'ouvre entre les anneaux 12 et 15, la vulve entre les anneaux 15 et 16.

B. torpedinis s'attache toujours à la face inférieure du corps de la Torpille, et non aux branchies, comme on l'a prétendu. Leydig et de Quatrefages n'ont jamais trouvé de globules du sang dans son tube digestif. Les Branchellions se nourrissent en effet de mucosités produites par la peau ; en échange de l'hospitalité qu'ils reçoivent de leur hôle, ils débarrassent celui-ci de divers détritus et entretiennent ainsi la propreté de sa peau. Ils mériteraient donc d'être rangés parmi les mutualistes, c'est à-dire parmi les animaux qui rendent des services.

B. Glossiphonîdes. Lcs Glossiphouides, appelées encore parfois Clepsinides, bien que celte dénomination ne puisse être conservée, correspondent aux

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Hirudinées siphoniennes de Moquin-Taudon. Cet auteur ne rangeait dans ce groupe que le seul genre Glossiphonia {Clepsùie Savigny, 1817); on peut maintenant y adjoindre les trois genres Batracohdella, Hœmenteria et Lophobdella.

Genre Glossiphoma Johnson, 1816. 11 comprend des Sangsues de petite taille, qui vivent dans les eaux limpides des lacs, des sources et des ruisseaux. Elles se tiennent appliquées contre les pierres ou contre les plantes aquatiques ; elles ne nagent pas, mais montent parfois à la surface de l'eau et se laissent charrier par le courant. Elles se contractent en boule à la façon des Cloportes et marchent comme font les Chenilles arpenteuses; certaines espèces sont capables de marcher à la surface de l'eau, à l'aide de leurs ventouses.

Tous ces animaux possèdent un suçoir plus ou moins exsertile, grâce auquel ils se gorgent de sang. Ils pondent des œufs simples, qu'ils portent sous le ventre, ainsi que les petits. Le sang est incolore. La ventouse antérieure est bilabiée et plus ou moins séparée du corps par un étranglement. La bouche est large, relativement à la ventouse, et pourvue de trois mâchoires rudimentaires.

Le corps est transparent et formé de 57 ou 58 anneaux à peine distincts. L'orifice mâle se voit entre les anneaux 1!) et 20 ou 20 et 21 ; la vulve entre les anneaux 22 et 25 ou 23 et 24. Le somite normal n'est formé que de trois anneaux, dont le premier porte 10 papilles segmentaires, 6 à la face dorsale et 4 à la face ventrale ; sur chacune de ces deux faces, les papilles marginales font défaut. Les yeux sont au nombre d'une à quatre paires, variation qui servira quelque jour de base pour l'établissement de plusieurs genres aux dépens de l'unique genre actuel. On trouve une paire d'yeux, sur le second anneau, chez G. algira Moquin-Tandon, 1846, G. hioculata, G. sanguinea et G. catenigera; deux paires chez G. pahidosa, G. marginata et G. succinea; trois paires chez G. sexoculata, G. heteroclita, G. carenae et G. Uneala; enfin quatre paires chez G. iessellata. Chez les espèces dont les yeux sont en même nombre, ceux-ci peuvent affecter des dispositions diverses : par exemple, les trois paires d'yeux sont portées par les anneaux 4, 5 et 6 chez G. sexoculata; par les anneaux 3, 5 et 6 chez G. heteroclita.

Certaines Glossiphonies s'attaquent aux Gastéropodes d'eau douce, tels que les Limnées, les Physes elles PJanorbes; d'autres sont parasites des Batraciens, comme G. algira, du nord de l'Afrique, ou vivent indifféremment sur les Grenouilles et les Tortues, comme G. swampina, de l'Amérique du Sud. G. parasilica [Hirudo parasitica Say, 1824) se trouve dans les lacs de la région nord-ouest de l'Amérique septentrionale et se fixe au sternum des Tortues, particulièrement d'£jii!/s geographica Lesueur. Quelques autres espèces ont encore été observées par Verrill dans les eaux douces des États-Unis.

Savigny avait créé le genre Clepsine pour les espèces présentant six paires de culs-de-sac gastriques : G. sexocidata, G. heteroclita, G. carenae, G. algira et G. hioculata, rentreraient dans cette catégorie. De même, de Filippi réunissait dans le genre Haemocharis toutes les autres espèces, ayant plus de six paires de caecums gastriques. Cette division n'a pas été conservée par Moquin- Tandon.

GE^RE Batracobdell.\ Viguier, 1879. 11 a été créé par Viguier pour une petite Sangsue qui vit sur les Discoglosses et divers Batraciens d'Algérie; elle

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est fort abondante et se prend aisément sur les Batraciens qui peuplent les mares du Jardin d'essai, près d'Alger. Elle est formée de 65 à 70 anneaux et ne dépasse pas 15 millimètres de longueur. Comme Gbssiphoniu algira, à laquelle elle ressemble beaucoup extérieurement, elle n'a qu'une paire d'yeux; la ventouse postérieure est proportionnellement plus large que cliez les Glossiplîonies; l'orifice mâle est percé au milieu de l'anneau 21, l'orifice femelle entre les anneaux 25 et 24. Les testicules sont régulièrement disposés en six paires dans le tiers moyen du corps.

Les Batracobdelles ne se roulent pas en boule comme les Glossiphonies, mais se contractent plutôt à la manière de la Sangsue médicinale. La trompe ne sort jamais; les organes segmentaires n'ont pas encore été étudiés. Elles ressemblent beaucoup aux précédentes par l'appareil vasculaire et par le système nerveux, mais se rapprochent des Pontobdelles j)ar l'appareil génital. Le raccourcissement est surtout marqué en arrière, où il porte sur les quatre derniers segments.

Genre Haementeria de Filippi, 1849. Ce genre renferme des Hirudinées de grande taille, à corps large et aplati, très-fortement annelé, arrondi en arrière et effilé en avant. Les ventouses sont relativement petites, l'antérieure bilabiée; son bord postérieur est formé par l'anneau 9. Une paire d'yeux à la face dorsale du second anneau. L'orifice mâle, percé sur une sorte de papille, s'ouvre sur Fanneau 56, la vulve sur l'anneau 59. A la partie moyenne du corps, chaque zonite se montre formé de 6 anneaux à la face dorsale, de 5 à la face ventrale; sur cette dernière, les anneaux se disposent par paires, de sorte que celui du milieu reste solitaire. La trompe est un long cylindre, effilé à son extrémité libre ; les mâchoires faisant défaut, cette trompe est capable de percer la peau : aussi les Hémenteries s'attaquent-elles à l'Homme ou peuventelles être utilisées en thérapeutique. On en connaît trois espèces, décrites par de Filippi.

\° H. Ghilianii. Sangsue géante, ayant jusqu'à' un pied de longueur. Elle vit dans l'Amazone et s'attaque vraisemblablement à l'Homme. Son corps, formé de 72 anneaux, est d'un vert vif, parsemé de taches rouges bordées de noir.

2° H. offtcinalis. Sangsue brun rougeâtre, à dos couvert de papilles; sa taille est celle de la Sangsue médicinale. Craveri dit qu'elle est très-commune dans les lagunes qui entourent Mexico : on l'emploie aux mêmes usages que la Sangsue médicinale, à laquelle on la préfère même, son application ne laissant aucune cicatrice.

5" H. mexicana. Elle a la taille de la précédente. Sa face dorsale est brun foncé, avec deux rangées longitudinales de taches noires et brun clair et cinq rangées de papilles dont la taille augmente progressivement en arrière; la face ventrale est gris verdàtre. Cet animal se trouve avec le précédent dans les lagunes de Mexico et de Mexicalcingo. Garrone, qui l'a décrit en 1865 sous le nom de Glossiphonia granulata, assure que son emploi n'est pas exempt de dangers, assertion qui est confirmée par .Jimenez. 11 provoque assez souvent une éruption cutanée qui s'accompagne de fortes congestions de la tète et peut ainsi occasionner la mort : il s'agit là d'une sorte d'urticaire qui ue se montrerait que lorsque l'Hémenterie a séjourné quelque temps dans des eaux de mauvaise qualité et qui serait due à l'action du liquide sécrété par les glandes qui débouchent dans la trompe.

HIRUDINÉES. 137

Peut-être doit-on rattacher à ce même genre, comme le pensent de Filippi et Leuckart, une Sangsue décrite par MûUer, en 1846, sous le nom de Clepsine costata. C'est un Ver rougeâtre, dont le dos est orné d'une bande jaune interrompue par des taches noires et porte deux à trois rangées de papilles latérales noires. On le trouve en Crimée dans les marais de Jaila, c'est-à-dire dans les montagnes du sud; on l'emploie à des usages médicaux.

Genre Lophobdella Poirier et Trémeau de Rochebruno, 1884, 11 renferme des Sangsues à trompe exsertile qui, par la forme générale et par la présence d'appendices membraneux de chaque côté du corps, se rapprochent à première vue des Branchellions. Poirier et Trémeau de Rochebruno ont voulu en faire le type d'une famille nouvelle, mais celte opinion nous semble inacceptable. La seule espèce connue, L. Qiiatrefcigesi, vit au Sénégal, sur la muqueuse buccale des Crocodilus vulgaris, cataphradus et leptorhynchus, sur les papilles linguales de Cymnoplax œgyptiacuSy dans la poche de Pelicaniis crispus et de P. onocrotalus.

4» BRANClllOBDELLlDES. Moquin-Tandon, qui ne connaissait encore que le seul genre Branchiobdella Odier, 1819 (nec de Blainville, 1828; Astacohdélia Vallot, 1841), rangeait ces Sangsues parmi les Hirudinées bdelliennes, tout en reconnaissant qu'elles ressemblaient assez peu à toutes les autres formes de ce groupe homogène; cette réunion lui semblait néanmoins légitime, à cause de la présence de deux mâchoires chez les Branchiobdelles.

Cette famille renferme les trois genres Branchiobdella, Temnocephala et Myzohdella, tous parasites des Crustacés.

Genre Branchiobdella Odier, 1825. Ses espèces sont parasites des Ecrevisses. La principale, B. aslaci Odier, se trouve sur les branchies de ces Crustacés; c'est un Ver long de 3 à 7 millimètres, que le docteur V. Lemoine, de Reims, a récemment étudié avec soin ; il présente différentes variétés dont M. Voigt a fait également l'étude. Une autre espèce, B. parasita Ilcnie, longue de 5 à 10 millimètres, et pourvue de soies bien visibles à la partie supérieure de la tête, se fixe surtout à la face inférieure de la queue et à la base des antennes de l'Écrevisse. Huxley pense que ces deux parasites ne s'attaquent qu'à la variété de VAstacns fliiviatilis, qui a reçu le nom d'A. nubilis, c'est-à-dire à l'Ecrevisse à pieds rouges. Une autre Branchiobdclle, probablement distincte des précédentes, a encore été signalée par Oslroumoff sur les branchies d'i. leptodactyliis, Crustacé qui vit dans les rivières du sud-est de l'Europe.

B. astaci, dont nous dirons quelques mots, est formée de 20 anneaux, non compris la région céphalique ; celle-ci, d'assez grandes dimensions, résulte évidemment de la fusion plus ou moins complète de plusieurs anneaux, comme le montrent les faisceaux musculaires et les masses ganglionnaires multiples qui constituent le collier sous-œsophagien. En arrière de la région céphahque, on observe une succession de 15 anneaux, alternativement petits et grands : à chaque paires d'anneaux correspond un ganglion nerveux, ce qui en fait 8 pour celte portion médiane du corps. Il s'ensuit donc qu'on doit considérer le zonite normal comme constitué par deux anneaux successifs, un petit et un grand.

La partie postérieure du corps est très-irrégulière ; les anneaux y sont tantôt

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grands, tantôt petits, assez difficiles à distinguer; cette confusion se retrouve jusque dans les ganglions nerveux, qui se fusionnent en une seule masse subdivisée en cinq mamelons. Cela démontre que la portion anale du corps est formée de 5 anneaux, dont on retrouve du reste les limites extérieurement.

Les deux ventouses sont peu distinctes du reste du corps ; l'antérieure est peu concave et divisée en deux lèvres, dont la supérieure est très-obtuse; la postérieure est obliquement dirigée. L'animal est dépourvu de trompe, mais possède deux mâchoires aplaties et superposées : ces organes, que Rœsel avait pris pour des yeux, sont concaves et composés de deux grosses dents latérales et de quatre petites dents médianes.

Tous les auteurs considèrent les Branchiobdellcs comme aveugles, mais Lemoine croit reconnaître des jeux dans une dilatation munie de cellules bien distinctes, qui termine la masse cérébrale de chaque côté et au niveau de laquelle le tégument a une transparence toute spéciale.

Il y a seulement quatre organes scgmentaires, répartis en deux groupes, dont l'un est situé en avant et l'autre en arrière des organes génitaux. Les deux organes antérieurs occupent l'un les anneaux 4 et 5, l'autre les anneaux 6 et 7 ; tantôt le droit est en avant, tantôt le gauche; quoi qu'il en soit, les deux organes viennent s'ouvrir au niveau de la face supérieure de l'anneau 6. Les deux organes postérieurs occupent les anneaux 14, 15 et 16; leurs orifices se voient sur le bord de la face ventrale de l'anneau 18.

De même que les organes segmentaires, les testicules ne sont point disposés en série linéaire : ils sont représentés par une masse jaunâtre sinueuse, qui occupe les anneaux 8, 9 et 10, et parfois aussi une portion de l'anneau 7; elle aboutit à une ampoule qui s'ouvre à l'extérieur sur l'anneau 11, à gauche du sixième ganglion nerveux. L'ovaire occupe les anneaux 12, 15 et 14 ; la vulve est percée sur l'anneau 14.

Les Brancliiobdelles ont le corps presque cylindrique quand il est en complète extension. Elles marchent à la manière des Chenilles arpenteuses et pondent leurs œufs renfermés dans une capsule ovoïde qui a parfois jusqu'à 1 millimètres de longueur. Cette capsule pre'seute à l'un de ses pôles un pédoncule au moyen duquel elle s'attache aux branchies ou à l'abdomen de l'Écrevisse; l'autre extrémité est constituée par une sorte de couvercle que les jeunes soulèveront pour éclore.

Genre Temnocephala Gay, 1854. Il a été créé pour une espèce du Chili, T. chilensis, découverte par Gay sur les branchies d'une Écrevisse et décrite ultérieurement par R. A. Philippi. Cette Sangsue a le lobe céphalique digité et est pourvue de deux yeux.

Genre Mïzobdella J. Leidy, 1851. Il renferme l'espèce M. lugubris, qui vit aux États-Unis sur Lupea diacantha^ Crustacé brachyure.

5° GNATHOBDELLIDES. Ces Hirudinées correspondent aux bdelliennes de Savigny et de Moquin-Tandon. Ce dernier, qui y rattachait les Branchiobdelles, ainsi que nous l'avons vu, les caractérisait et les classait comme suit :

« Corps composé d'anneaux plus ou moins distincts, généralement opaque; ventouse orale non séparée du corps par un étranglement, de plusieurs pièces, en forme de bec de flûte, bilabiée; sang rouge; œufs multiples.

HIRUDINÉES. 159

/nulle' Nephelis.

1 Jeux Branchiobdella.

Mâchoires^ / rudiraentaires Jrochcta.

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