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place d'une culture de chancre mou eu culture d'Iierpès. D'ailleurs, si l'herpès, est ainsi produit par un microbe développe' sur place, comment ne retrouveraiton pas dans l'examen bactériologique des vésicules des traces de ce microbe lui-même? Et M. Doyon nous apprend lui-même {loc. cit., p. 21^) que M. Zeizzl (de Vienne), ayant eu l'occasion d'étudier le liquide des vésicules de V herpès progenitalis, et cela avec toutes les précautions inhérentes aux études bactériologiques, constata que ce liquide contenait des coccus, mais pas de micrococcus. Nous reconnaissons d'ailleurs nous-méme que l'étude bactériologique de l'herpès demanderait de nouvelles recherches et nous les appelons de tous nos vœux. Comment expliquer aussi, dans l'hypothèse de cet herpès microbien, le défaut absolu de contagion et l'insuccès presque fatal des inoculations.
Pour Unna (de Hambourg), l'herpès génital doit être rapproché du zoster. 11 est sous la dépendance d'une irritation nerveuse. Cette irritation se produit au moment du coit, par compression des faisceaux nerveux de la région génitale. « Chez l'homme, dit-il, on rencontre d'ordinaire l'herpès progénital sur le trajet du rameau dorsal du pénis, qui est en connexion avec le sympathique, et la large veine dorsale étant, suivant Ilenle, presque le seul conduit circulatoiic afférent durant l'érection pénienne (les veines profondes du pénis se trouvant comprimées [tar les muscles profonds inférieurs du périnée), on peut expliquer la pathogenèse de l'herpès progénital d'une manière analogue à celle dontGerhardt a démontré la probabilité dans l'herpès labial fébrile, à savoir, la compression des nerfs. »
Cette pathogénie est purement hypolhclique, et entre autres arguments que lui a justement opposés M. Doyon nous retiendrons celui-ci, qu'elle ne rend pas compte des cas d herpès génital survenus en dehors du coït, que les phénomènes de compression veineuse au moment de l'érection sont absolument physiologiques, qu'on ne pourrait comprendre une compression efficace de la nature de celle qu'il invoque que chez des sujets prédisposés, sinon l'on devrait voir l'herpès survenir chez tous les sujets.
Pour nous, fidèle aux idées pathogéiiiques que nous avons déjà émises dans cet ai ticle, nous supposerons à notre tour une origine plus simple à l'herpès génital.
Avec M. Doyon, nous admettrons le rôle pathogénique du germe chancrelleux déposé dans les tissus, avec lui encore, nous admettrons le terrain tout particulier oîi se développe de préférence l'herpès génital, l'arthritisme. De plus, nous retiendrons que la région où se produit l'affection est d'une sensibilité particulièrement riche. L'agent infectieux du chancre mou déposé dans les tissus joue le rôle d'excitant local; la réaction nerveuse qu'il provoque est rendue efficace par le trouble nutritif préexistant chez l'individu sur lequel elle se produit. Tous les malades atteints de chancre mou sont loin en effet d'avoir à la suite de l'herpès. L'agent infectieux une fois introduit, l'éruption aura lieu chaque fois que la réaction nerveuse se reproduira. Les causes capables de la provoquer: écart de régime, surmenage, coït, sont justement de celles que l'on signale au premier rang des causes banales de l'herpès génital, et, par-dessus tout, il faut tenir compte de l'état particulièrement névropalhique des sujets, de leur attention toujours attirée sur la sphère génitale, de leurs inquiétudes sans cesse renouvelées au sujet de cette maladie, toutes conditions qui laissent au système nerveux la part large et facile. Quelque imparfaite et manquant de
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preuves certaines que soit celte ex|ilication, nous la croyons compatible avec ce que nous avons déjà vu et dit de la palhogéiiie générale de l'herpès.
Nous nous sommes efforcé de ramener la palhogénie de l'herpès à l'unité, et pour nous résumer nous dirons que l'herpès n'est pas une entité morbide, mais un symptôme cutané sous la dépendance de causes multiples. Ces causes paraissent provoquer l'éruption d'I'erpcs par l'intermédiaire du système nerveux qu'elles irritent : d'où la possibilité, chaque fois que le système nerveux entre en jeu, de voir se produire une éruption herpétique.
Au premier rang de ces causes productrices de l'herpès doivent être placés plusieurs états morbides généraux, piincipalement les maladies infectieuses (exemple : pneumonie, lièvre intermittente, méningite cérébro-spinale) ; dans ces cas, les agents infectieux agissent sur le système nerveux soit directement par eux-mêmes, soit par les produits toxiques qu'ils ont la faculté de produire dans l'économie. A côté des infections il faut placer les auto-intoxications dans lescpielles les substances toxiques agissent sur les éléments nerveux; la maladie dénommée fièvre herpétique appartient peut-être à ce groupe.
Dans ces cas d'herpès de cause générale, l'irritation paraît porter sur le système nerveux général et être transmise à la périphérie. Mais, dans d'autres cas, les extrémités nerveuses irritées directement réagissent sur place (herpès irritatifs); enfin un agent infectieux déposé localement (virus chancrelleux) et trouvant un terrain préparé (arlhritisme) peut être le point de départ de poussées successives de la maladie (herpès génital récidivant).
De quelques affections décrites dans les auteurs étrangers sous le nom d'herpès. Nous ne voulons pas terminer cet article sans signaler à l'attention des lecteurs les confusions possibles qui peuvent résulter pour des médecins peu familiarisés avec les difficultés de la terminologie dermatologique de l'emploi du mol herpès, servant à désigner quelquefois à l'étranger des éruptions que nous ne considérons pas comme de véi'ilables herpès.
Nous ne ferons d'ailleurs que signaler les termes employés, une étude approfondie et une discussion des faits sortant du cadre de celte étude, et étant encore à l'heure actuelle d'une difficulté extrême, pour ne pas dire insurmontable.
Sous le nom àlierpès gestationis, on trouvera décrite dans les auteurs anglais et américains (Milton, Bulkley, Liveing), une affection rare de la peau, spéciale à félat de grossesse, « caractérisée par de l'érytlième, des papules, des vésicules, des pustules et des bulles, mais avec prédominance des vésicules, et s'accompagnant de démangeaisons intenses et de sensations de brûlures. »
D'autre part, Hébra a décrit sous le nom d'impétigo lier petifor mis, adopté après lui par Neumann et Kaposi, une éruption qui est la même vraisemblablement que Vlierpes gestationis fi'évéâenl.
Nous ne saurions entrer plus avant dans l'explication de ces dénominations mais ou ne peut admettre ces qualifications qui. en se servant du terme herpès, peuvent prêter à la confusion. Quelle que soit la nature de cette maladie encore peu connue, il est bien évident qu'elle ne peut être considérée, suivant le langage de l'école française, comme un herpès. Enfin Neumann s'est servi du mol herpès chronique, puis de l'expression dermatite circonscrite herpétiforme, pour désigner ime maladie qui, de son avis même, ne pourrait être rangée dans la classe des herpès. Cette expression a été également employée par Dubrinf. Nous ne pouvons, nous le répétons, entrer dans la description et l'élude de ces types morbides, et l'on prendra quelque idée de la confusion qui règne sur ce
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point de in dermatologie en ronsidérant que les dénominations de pemphigus pruriginosii)>, A'hydroa huileux, emplovées par d'autres auteurs, paraissent se rapporter à ces mêmes maladies (Radcliffe Crocker, Ilydvoa. In Brilish Med. Journal, 1886). 11 serait à désirer que l'accord sur ce point, comme sur bien d'autres encore en dermatologie, se fit sur la terminologie à employer, si l'on ne veut pas courir risque de perpétuer indéfiniment la confusion et de dérouter ceux qui'débutent dans l'étude de cette partie de la médecine. Pour nous, nous retiendrons seulement que ces diverses appellutions, que nous espérons voir bannir absolument de notre langage médical, s'appliquent à des maladies qui n'ont aucun rapport avec riierpès. Henri Feulaiid.
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