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vagues. Le malade ressent une certaine faifblesse dans l'articulation atteinte, y porte la main, l'examine et s'aperçoit de son changement de voJame. L'épanchement peut en effet se produire rapidement, mais, dans ta majorité des cas, il se forme avec lenteur. Les parties périarticulaires sont petit à'pelitrepoussées, et il y a là une véritable tumeur créée par la présence do liquide cpii a distendu la synoviale. Cette tumeur est étranglée dans les points où la membrane séreuse est soutenue par des ligaments résistants. Au genou notamment, la rotule et le ligament rotulieii établissent une séparation bien nette erutre les deux saillies placées en dedans et ei* dehors. Les culs-de-sac supéro^interne et externe sont saillants, gonflés par le liquide. C'est à ce niveau, en effet, que l'articulation est le moins protégée. La tuméfaction est peu marc|uée au niveau des ligaments latéraux et ne se manifeste pas dans le creux poplité qui conserve sa forme normale. Quelquefois les symptômes ne sont pas aussi accentués, et on ne s'aperçoit de la déformation des parties qu'en comparant le membre malade au membre sain. Au pied, c'est en avant des malléoles que se montrent les bosselures formées par la sjnoviale distendue; au coiade, c'est en arrière, sur les côtés de l'olécràne, et au poignet sur les faces dorsales et palnmires. A la banclie, l'articulation est tellement protégée, si profonde, qu'il est très-difficile de constater un changement dans sa forme. A l'épaule, c'est eu avant que la tuméfaction est le plus appréciable. En arrière et sur les côtés, le deltoïde recouvre l'articulation et ne se laisse pas facileniint soulever. Quand les articulations communiquent avec des bourses séreuses ou des gaines tendineuses, on peut trouver du côté de ces divertieules des saillies produites par la distension du liquide. C'est ainsi qu'au genou on peut trouver un changement de forme au niveau de la bourse séreuse sus-condylienne du jumeau interne, et de celle commune au jumeau interne et au demi-membraneux. C'est ce dernier diverticule qui donne lieu à la formation des kystes jwplités, kystes qui ont presque toujours une origine articulaire et qui ont par conséquent des rapports immédiats avec rhydarlhrose. Il en est de mcnoe du prolcMigement poplité de la synoviale du genou et de la bourse séreuse propre du tendon poplité, qui fait communiquer une fois sur six environ l'articulation du genou avec celle de la tête du péroné. A l'épaule, la synoviale envoie une expansion qui accompagne la longue portion du biceps et qui, distendu)e et faisant saillie sous le tendon du grand pectoral, peut être prise pour un kyste isolé. Dans tous ces cas, il faut, quand on veut intervenir, bien examiner si le liquide est susceptible de refluer vers l'article et songer toujours à la communication possible avec la grande séreuse articulaire voisine. Nélaton racontait en effet, à sa clinique de 1857, l'histoire d'un malade porteur d'une petite collection liquide, oblongue, prise par plusieurs chirurgiens pour un kyste isolé, qui fut ponctionnée et détermina une arthrite mortelle de l'articulation de l'épaule. 11 peut arriver que la communication soit accidentelle, et Ikclus raconte avoir vu, dans le service de Broca, un individu présentant une tumeur fluctuante de l'aine produite par une hydartlirose de la hanche qui versait son liquide dans la bourse du psoas iliaque.
Les parties molles qui entourent l'articulation ne sont jamais enflamnâées. Elles ne présentent ni œdème, ni empâtement, ce qui permet de se rendre facilement compte de l'était des parties profondes.
La position du membre n'a pas une très-grande importance. Bonnet, par des injections faites sur le cadavre dans les cavités articulaires, avait été amené à
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penser que l'accumulation des liquides dans ces cavités mettait le membre dans la demi-flexion. Cette induction vérifiée par l'expérience est juste, quand il s'agit d'épanchements aigus se développant en vingt-quatre heures: mais dans l'hydarthrose la distension se produit lentement, sans grandes douleurs, et cet effort incessant déforme petit à petit les articulations, sans y déterminer la demi-flexioQ et sans que le mabde soit obligé de rechercher, pour éviter les souffrances, cette position dans laquelle la synoviale a son plus grand développement et est moins comprimée par le liquide.
Le symptôme le plus important et le plus caractéristique de l'hydarthrose est Xdi fluctnalion . Elle se perçoit plus ou moins facilement suivant la forme de l'articulation et suivant la quantité de liquide. Dans les articulations superficielles, séparées de l'extérieur par une mince couche de tissus, la présence de la sérosité est facile à constater lorsqu'elle est abondante, mais, lorsqu'elle est en très-petite quantité et pour ainsi dire perdue dans une grande articulation comme celle du genou, la simple pression alternative des deux mains ne suffit pas pour la révéler. Il faut avoir recours à une petite manœuvre qu'il est indispensable d'indiquer ici. Le chirurgien doit mettre le membre dans la situation qui facilite le mieux le relâchement nmsculaire, c'est-à-dire dans l'extension en prenant l'articulation fémoro-tibiale pour exemple. Il doit embrasser l'article entre les deux mains de façon à faire refluer le liquide au point central, c'est-à-dire sous la rotule qui est alors soulevée. Les mains doivent être placées l'une au-dessus, l'autre au-dessous de cet os. Si on les place transversalement, on s'expose à confondre le déplacement des muscles avec l'ondulation du liquide. L'index de la main droite doit alors imprimer à la rotule une pression douce un peu rapide, ayant pour but de chasser le liquide et de pousser cet os d'avant en arrière contre les condyles fémoraux. Il est facile par cette manœuvre de percevoir un choc caractéristique, qui a reçu le nom de choc. rotuUen. Si le membre est dans la demi-flexion, la fluctuation est très-difficile à sentir. La rotule est maintenue appliquée contre les condyles par le tendon du triceps. Le liquide est repoussé dans les culs-de-sae et c'est à ce niveau qu'il faut en rechercher la présence.
A l'épaule, à la hanclie, au coude, le liquide est plus difficile à recliercher. On portera son examen du côté le plus facile à atteindre, vers le bord antérieur du deltoïde pour l'articulation scapulo-humérale, vers le pli de i'aine pour la hanche et sur les deux côtés de l'olécrâne pour l'articulation du coude.
11 est un autre symptôme qui peut accompagner l'hydarthrose et qui se renconti'e seulement lorsque cette affection est très-ancienne : c'est la présence d'un bourrelet dur situé à deux travers de doigt des bords de la rotule. 11 est produit par l'épaississement des culs-de-sac de la synoviale et a été signalé .pour la première fois par Marjolin. Quelquefois même cet épaississement se fait presque uniquement aux dépens du peloton graisseux situé sur le côté interne ou externe de la séreuse et se manifeste par la présence d'un petit corps arrondi roulant sous le doigt. H faut bien se garder dans ces cas de faire une erreur de diagnostic et de prendre ce corps pour une arthrophyte, ce qui est plusieurs fois arrivé.
V élargissement de la rotule peut se produire aussi dans certaines arthrites^ hydropiques anciennes. Mesurés aux compas d'épaisseur, les deux os montrent un élargissement transversal qui peut aller jusqu'à 1 centimètre pour le côté malade. Cette augmentation de volume a été diversement interprétée et n'est
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même pas encore aujourd'hui très-bien expliquée. Gosselin, dans ses cliniques, lui donne pour cause une ostéite hypertrophiante provoquée par la congestion de l'articulation. Mais pourquoi cette ostéite porte-telle sur la rotule et n'envaliit-elle pas les extrémités inférieures et supérieures du fémur et du tibia?
V atrophie d'un certain groupe de muscles est une complication plus fréquente encore. On est toujours frappé, quand on examine un genou atteint d'épanchement chronique, de la dépression particulière qui se forme aux dépens du triceps crural, à quelques travers de doigt au-dessus de la rotule. Le membre mesuré à la cuisse et à la jambe présente une circonférence diminuée de plusieurs centimètres. Cette atrophie est causée par une dénutrition dont nous n'avons pas ici à étudier les causes et qui se retrouve sous la dépendance de la distension de la synoviale.
Enfin nous ne pouvons pas terminer la symptomatologie de l'hydarthrose sans parler dune variété curieuse de cette affection : c'est l'intermittence. Voici quels en sont les caractères particuliers : le gonflement de l'articulation apparaît d'abord brusquement sans cause apparente, sans fièvre, reste stationnaire, puis disparaît au bout de sept à huit jours. Une période de repos, d'une durée à peu près double, sépare les deux attaques qui peuvent ainsi se répéter un nombre considérable de fois. Cette intermittence fréquente, principalement chez les jeunes sujets, n'est pas encore très-bien exjdiquée. Panas la considère comme étant sous la dépendance d'une diathèse rhumatismale. Pour d'autres, il y entrerait un élément palustre; pour d'autres enfin, ce serait une névrose vasomotrice.
Marche. Dlrée. Terminaison. La marche de l'hydarthrose est en général très-lente. Quand la maladie tend vers la guérison, le liquide se résorbe petit à petit et finit par disparaître, mais il reste souvent stationnaire et peut augmenter en déformant de plus en plus le membre. Souvent on assiste à des variations successives dans la quantité de l'épanchement. Bref, l'hydarthrose est une maladie essentiellement chronique. Aussi voit-on se produire des changements dans l'état des parties qui consolident l'articulation. Par suite de la pression qu'exerce le liquide, les ligaments s'allongent et ne maintiennent plus le rapport intime des surfaces articulaires. On peut alors, en saisissant vigoureusement le fémur d'une main et le tibia de l'autre, produire des mouvements de latéralité qui sont impossibles dans une articulation normale. iNélaton cite même le cas d'une femme chez laquelle il existait un tel écartement, que la jambe ballottait en tous sens comme une jambe de polichinelle. Ces mouvements de latéralité doivent toujours être recherchés, car ils indiquent l'âge de la maladie, l'état de l'articulation et le degré d'impotence fonctionnelle du membre.
Une autre conséquence de l'augmentation du liquide est la rupture de la synoviale; celle-ci ne se fait pourtant pas spontanément et il faut un mouvevement brusque du membre ou un traumatisme pour déterminer la déchirure de la membrane séreuse. Bonnet cite l'expérience suivante, qui consiste à remplir d'eau l'articulation du genou placée dans la demi-flexion et à étendre rapidement le membre. On provoque ainsi un éclatement de la synoviale et le liquide se répand dans les tissus environnants. 11 est donc possible qu'un mouvement d'extension brusque puisse déchirer la séreuse, mais il n'est pas probable que cet accident se produise dans une hydarthrose, même très-tendue,
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à cause de l'élasticité que l'épanchement a donnée à l'enveloppe articulaire en se formant petit à petit.
Il n'en est pas de même d'un traumatisme sous la forme d'un choc ou d'une chute. 11 existe en effet dans la science des faits de déchirure de la synoviale produite dans ces conditions. 11 suffit de se rapporter pour le genou à l'observation de Bonnet, et pour les articulations du coude, de l'épaule et de la hanche, à celles de Parmentier et de Bretonneau (de Tours). Dans certains cas, cette rupture de la membrane séreuse a été suivie de guérison.
L'impotence du membre est fréquente à la suite des anciennes hydarthroses. Elle est produite par la raideur de l'articulation et quelquefois par l'usure des cartilages qui a été signalée dans un très-petit nombre de cas. Elle peut être aussi produite par l'atrophie musculaire, et ici le trailement intervient trèsfavorablement pour amener la guérison.
Une des terminaisons les plus graves de l'arthrite hydropique est sa transformation en tumeur blanche. L'altération fongueuse de l'articulation ne se manifeste du reste que chez les sujets qui y sont prédisposés par leur constitution.
Diagnostic. Le diagnostic de l'hydarthrose ne présente pas en général de bien grandes difficultés. 11 est certainement des cas très-embarrassanls qui sont situés sur les limites de plusieurs affections, et qui peuvent embarrasser les chiruigiens même les plus habiles, mais c'est l'exception, et nous nous bornerons à signaler à grands traits les principales maladies avec lesquelles l'épanchement séreux articulaire peut être confondu. Après s'être rendu compte de la forme des parties, avoir constaté la fluctuation, le chirurgien peut d'abord écarter un grand nombre de maladies chirurgicales, par ce seul fait qu'il se trouve devant un épanchement intra-articulaire. Les tumeurs sanguines, placées autour de l'articulation et ne communiquant pas avec elle, l'œdème périarliculaire qui ne donne pas de fluctuation, et l'iiygroma qui, siégeant dans la bourse prérotulienne, bombe en avant sans dépasser les limites de la rotule, seront laissés de côté. Vu la nature intra-articulaire de l'épanchement, on pourrait confondre l'hydarthrose avec une arthrite aiguë, mais ces arthrites sont toujours sous la dépendance d'une cause facile à rechercher : ou c'est un traumatisme, ou c'est la manifestation d'une diathèse rhumatismale, d'un écoulement blennorrhagique ou d'un état puerpéral. De plus, l'éclosion de la maladie, sa marche rapide, les douleurs concomitantes, l'impotence du membre, permettent toujours de distinguer facilement ces arthrites.
Les tumeurs blanches, au début, peuvent être quelquefois confondues avec l'hydarthrose, mais dans des cas très-rares, lorsque les fongosités n'ont pas changé la nature des tissus périarticulaires et ont peu modifié la sensation qu'ils donnent à la palpation, ainsi que lorsqu'il existe une suppuration à forme lente de l'articulation, sans rougeur et sans inflammation. Même dans ces conditions l'examen de l'état général et de la marche de l'affection vous permet d'arriver facilement au véritable diagnostic.
Il arrive aussi que le cul-de-sac sous-tricipital de la synoviale du f-enou ne communique pas avec la grande séreuse articulaire, et qu'il se remplit de liquide donnant lieu à une déformation qui pourrait faire croire à une hydarthrose. Il suffira de limiter la tumeur et de constater une fluctuation partielle pour s'assurer que l'articulation n'est pas entièrement prise. Du reste, ces faits sont l'exception.
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Il n'en est pas de même de 1 epancliement sanguin intra-artieulaire détermine par un traumatisme. Ici la confusion est possible, mais il suffira de s'en rapporter aux coramémoratifs pour être fixé sur la nature du liquide. Le malade vous dit en effet clairement que son genou a gonflé très-vite, immédiatement après le choc, et on peut constater une ecdiymose plus ou moins étendue qui vient la plupait du temps confirmer le diagnostic.
Enfin ne citons que pour mémoire les tumeurs maligites, telles que l'osléosarcome, développées soit aux dépens de la synoviale, soit aux dépens de l'une ou de l'autre extrémité articulaire. Une ponction dans les cas douteux sulïira toujours pour lever les doutes.
Pro.nostic. L'hydarthrose est une maladie longue, iocapable, sauf de rares complications, de menacer l'existence de l'individu, mais susceptible d'amener à sa suite l'impotence d'un membre. Aussi le chirurgien devra-t-il toujours être prudent dans ses réponses, surtout s'il est intea-rogé sur la durée de l'afïection et s'il a affaire à un sujet indocile. Il est souvent très-<liffîcile d'obtenir du malade l'immobilité nécessaire à la guérison rapide. Celui-ci s'impatiente et écoute volontiers les personnes qui lui conseillent la marche. 11 se soulève, fait quelques pas, et les quelques gouttes de liquide qui allaient finir par se résorber se transforment en un nouvel épancheraent abondant : c'est ua k-aitement à recommencer. Quand on a affaire à des sujets lytapliatiques ou tuberculeux, on peut assister à l'évolution d'une tumeur blanche, et ici le pronostic est, bien entendu, beaucoup plus sombre.
ÏRAiTEMEJNT. Gommc daus la plupart des affections chirurgicales, il doit être général et local.
Le traitement général n'a une certaine importance que dans les cas où la lésion articulaire s'établit sous l'influence d'une diathèse. C'est ainsi qu'il faudra toujours songer au rhumatisme, à la goutte, au lymphalisnie, et diriger la médication de ce côté.
Quelques chii'urgiens, pensant qu'un certain degré d'inflammation accompagne toujours l'évolution de l'hydarthrose, ont voulu s'adresser aux antiphlogistiques généraux pour combatti'e la congestion articulaire, et ont traité leurs malades par la saignée accompagnée d'applications de ventouses et de sangsues ; c'était là le traitement de Blandin et de Geixly. 11 est abandonné aujoui'd hui. C'est à peine si les sangsues sont indiquées dans quelques cas. O'Beirn, chirurgien irlandais, a proposé de domier le calomel jusqu'à salivation. Gimelle a administré le tartre stibié jusqu'à la dose de 60 centigrammes en vingt-quatre heures, pour produire une dérivation sur le tube digestif. Ces médications ne doivent être citées que pour mémoire.
Le traitement local a une très-grande importance, il n'est pas compris de la même façon par tous les chirurgiens : de là le nombre considérable de méthodes à exposer. Pour mettre un peu d'ordre dans leur énumération, nous nous permettrons de diviser le traitement en trois périodes correspondant chacmie à l'âge et à la nature de l'affection.
1» Traitement de Vhydarthrose à son début (première période du traitement], L'hydarthrose est à son début ou n'a pas encore été traitée. Il est inutile de songer aux calmants, aux antiphlogisliques, tels que les cataplasmes, les topiques résolutifs : cette méthode est complètement abandonnée. Seul?, aujourd'hui, trois moyens restent en présence et constituent la méthode de choix. Ils doivent être employés simultanément et concourent tous au même
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but, à faire disparaître répanchement. Ce sont : l'immobilisai ion, h compression et les révulsifs.
Viminobilisation du membre dans un appareil est une jtratique condamnée par certains chirurgiens qui redoutent à sa suite l'ankylose ou les raideurs articulaifes. Malgré l'autorité de quelques-uns d'entre eux, nous n'bésitons pas à la conseiller dans tous les cas et à insister même pour que l'immobilité soit absolue et quelquefois prolongée. II laut avoir affaire à des hydarihroses bien complaisantes pour pouvoir les guérir, en permettant la marche au malade et, même dans des cas bénins, nous pensons que les mouvements peuvent rendre chrouique un épandiement qui se serait promptement résorbé sous l'influence d'un repos complet. Il ne faut évidemment pas garder pendant plusieurs mois le membre dims un appareil sans le surveiller, et au besoin lui faire exécuter quelques mouvements ; mais de là à laisser le patient vaquei- à ses occupations, ou même se promener dans sa chambre, il y a loin. Ofl mettra donc l'articulation atteinte dans une gouttière et on immobilisera les segments du membre situés au-dessus et au-dessous- Le malade sera maintenu dans son appareil jusqu'à assèchement complet du liquide intra-articulaire.
La compression doit toujours accompagner l'immobilisation. C'est en effet un moyeu puissant, qui agit d'une façon très-efbcace dans la résorption des épanchements. Cette compression doit être douce et constante. Pour réaliser ces deux conditions, il faut se servir de l'ouate qui te moule exactement sur les parties et exerce une pression en rapport avec la vigueur employée pour serrer les tours de bande. Comme on s'exposerait à de l'œdème des parties périphériques, si on n'agissait que sur l'articulation malade, il faut prendre la précaution de commencer le bandage pai* l'extrémité du membre. Les couches d'ouate devront être nombreuses et les tours de bande un peu serrés. Dans les cas où on voudrait avoir une compression plus énergique, ou pourrait se servir de la bande élastique, préconisée par Marc Soe, et qui donne quelquefois d'excellents résultats, mais son applicatioii est très-délicate, réclame de la part du chirurgien une attention scrupuleuse et n'est pas toujours bien supportée par le malade.
Quand on se sett du coton, il faut avoir soin de refaire l'appareil tous les trois 0(1 quatre jours, afin de le resserrer, car, l'ouate se tassant, il est nécessaire d'en ajouter de nouvelles couches et de refaire les tours de bande pour avoir toujours le même degré de compression. Enûn, citons pour mémoire la compression à l'aide de l'air comprimé que Pravaz a imaginée et employée quelquefois avec succès.
Les révulsifs constituent un troisième mode de traitement très-puissant, et auquel il faut toujours recourir. Le plus énergique et le plus efficace, à la première période de traitement de l'hydarthrose, est sans contredit le vésicatoire. C'est par son application qu'on doit commencer; oa doit lui donner la forme d'un fer à cheval entourant la rotule, pour qu'il puisse facilement s'appliquer sur les saillies et les méplats. Ce vésicatoire doit être levé douze heures après avoir été posé. Il doit être volant, par conséquent séché en deux ou trois jours et ne pas gêner ainsi l'application de la compression.
2" Traitement de Vhydarthorse qui tend à devenir chronique {deuxième période du traitement). L'immobilisation, la compression, les révulsifs, sont souvent insuffisants pour amener la guérison : il faut donc avoir quelquefois recours à des moyens plus énergiques. Quand on aura renouvelé plusiews fois
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les vésicaloires, employé le badigeonnage à la teinture d'iode sans succès, il faudra avoir recours sans hésiter à la cautérisation.
La cautérisation potentielle à l'aide de la potasse, du caustique de Vienne, du chlorure de zinc, est aujourd'hui complètement abandonnée.
La cautétisation actuelle seule doit être appliquée et encore faut-il, bien entendu, en exclure l'usage des moxas. Le 1er rouge, autrefois si effrayant par l'appareil qu'il nécessitait, est aujourd'hui un moyen de traitement très-simple. A 1 aide du thermocautère Paquelin on cerne facilement l'articulation par des pointes de feu rapidement appliquées et sans grandes douleurs pour le patient. Cette cautérisation ponctuée est préférable à la cautérisation transcurrente. Elle dilacère moins la peau et peut être renouvelée plus facilement. 11 est bien entendu que, si on n'a pas sous la main de thermocautère, on doit se servir des anciens instruments rougis au charbon ardent.
iNous ne devons pas non plus passer sous silence l'emploi de l'électricité, qui a donné d'assez mauvais résultats dans la résorption des épanchements. 11 n'eu est pas de même du traitement imaginé par Duncan. Ce chirurgien appliquait des bandelettes d'emplâtre de Vigo qui se mouhiient sur les différents culs-de-sac de l'articulation, et combinait ainsi la révulsion et la compression. On peut alterner ce mode de traitement avec l'application des vésicatoires et en obtenir ainsi de bons effets.
5" Traitement de Tltydartkrose rebelle {troisième période du traitement). L'hydarthrose a résisté à tous les moyens de traitement; elle détermine une certaine impotence du membre : il faut intervenir, car à ce moment elle est justiciable d'une opération.
De tous temps les chirurgiens, préoccupés de la ténacité de cette affection, ont cherché à s'attaquer directement à l'épanchement en le vidant et à l'empêcher ainsi de se reproduire. Ue là sont nées des quantités d'opérations, depuis la ponction simple jusqu'à l'ouverture à ciel ouvert de l'articulation. Ces opérations, reprises depuis la méthode antiseptique, offrent aujourd'hui un intérêt particulier et doivent être rapidement étudiées.
La ponction simple faite au bistouri ou au trocart, avec ou sans aspiration, est depuis longtemps reconnue insuftîsante. Elle enlève bien le liquide, mais celui-ci se reforme aussitôt, comme l'ont démontré les nombreuses observations dans lesquelles cette pratique a été suivie.
Le selon ne doit être cité que pour mémoire, à l'époque à laquelle le docteur Muellcr l'employait; il était absolument dangereux à cause des suppurations articulaires qu'il déterminait. Aujourd'hui, le drainage les lavages antiseptiques, l'ont avantageusement remplacé.
Nous trouvons donc en présence deux grandes méthodes qui ont chacune leurs partisans. Ce sont les ponctions avec injections et les arthrotomies.
ha. ponction suivie d'une injection irritante a été pratiquée pour la première fois par Gay, qui poussa en 1789, dans l'articulation d'une négresse atteinte d'hydarllirose, un mélange d'eau de Goulard et de tafia. L'exemple de ce chirurgien ne fut pas suivi, et c'est seulement en 1850 que Jobert (de Lamballe) reprit cette méthode. Il injecta, sans succès, dans trois genoux, de l'eau d'orge alcoolisée, et en resta là. Il faut arriver à Velpeau et à Bonnet, en 1841, pour trouver une application raisonnée de ce traitement. Ces deux chirurgiens, frappés de l'analogie qui existe entre l'hydrocèle et l'hydarthrose, eurent en même temps l'idée d'appliquer la teinture d'iode au traitement de cette dernière
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maladie, et obtinrent tous les deux quelques excellents re'sultats. Ils se servaient d'un trocart de moyen calibre, e'vacuaient complètement le liquide et injectaient 10 à 12 grammes d'une solution de teinture d'iode au tiers; on comprend le mécanisme de la guérison. Il est du reste inutile d'insister sur ce mode de traitement qui, dangereux sous cette forme et incertain dans ses effets, était complètement abandonné quand la méthode antiseptique le modifia el le rendit inoffensif.
La ponction articulaire avec lavage antiaeptiqtie ou opération de Schede (de Hambourg) se pratique aujourd'hui couramment, tant en France qu'à l'étranger. MM. Bœckel, Le Dentu, Labbé, Delens, en ont rapporté de nombreuses observations, et dernièrement encore, à la séance du 27 juillet 1887 de la Société de chirurgie, MM. Terrillon, Reclus, Ricbelot, Lucas-Gluimpionnière et Bouilly, dans une discussion sur la valeur de cette méthode, ont montré qu'on ne devait pas hésiter à la mettre en usage. Cette opération se fait de la façon suivante : Après avoir bien lavé le membre avec un liquide antiseptique, on pénètre dans l'arliculalion par le côté le plus accessible (au côté externe, si c'est le genou) à l'aide d'un trocart de fort calibre ; on évacue le liquide et les dépôts fibrineux à l'aide de pressions modérées, puis on fait passer dans l'article une quantité abondante d'une solution phéiiiquée à 5 ou 5 pour 100, suivant l'état de la séreuse, el on ne cesse les injections que lorsque le liquide sort à peu près clair. On obture la plaie avec de la baudruche coilodionnée, on met le membre dans l'immobilité la plus complète et on l'y laisse jusqu'à ce que toute menace d'inflammation ait disparu. Dans certains cas la réaction est nulle, dans d'autres elle est vive, accompagnée d'élévation de la température et de douleurs dans le genou. Cet état cède au bout de peu de jours, pendant lesquels on peut voir comme dans l'hydrocèle le liquide se reformer, pour disparaître définitivement ensuite. Le point capital de cette opération est qu'elle met presque complètement à l'abri des récidives. Bœckel, sur un total de 20 opérés, a obtenu 20guérisons définitives, et Delens, sur 8 opérés, a enregistre 7 succès complets.
L'arthrotomie antiseptique n'est pas aussi répandue. M. le docteur Jalaguier, dans sa thèse présentée au concours d'agrégation pour l'année 1886, n'a pu réunir que 15 observations tant en France qu'à l'étranger, Malgré la sécurité que nous donne la chirurgie antiseptique, la taille articulaire est une opération plus grave que la simple ponction avec lavage phéniqué. On comprend donc qu'on la réserve pour certains cas particuliers que nous aurons à passer en revue, quand nous aurons indiqué le manuel opératoire de l'arthrotomie pour l'hydartlirose.
L'articulation du genou est celle sur laquelle on a le plus souvent à agir. Il faut l'ouvrir par le côté externe. Une incision parallèle à l'axe du membre, de la longueur de 5 ou 6 centimètres, sera conduite à peu près à égale distance du tendon du biceps et du bord de la rotule.
Les parties molles seront sectionnées franchement, mais avec précaution, et l'ouverture de la séreuse se fera sans difficulté, grâce à la présence du liquide qui la fait saillir.
L'hémostase sera complète pour que le sang ne tombe pas dans l'articulation.
Le lavage phéniqué et la toilette de la séreuse seront pratiqués avec un soin
minutieux et, si une incision ne suffisait pas pour débarrasser complètement
l'articulation des dépôts fibrineux et des pseudomembranes qu'elle peut contenir,
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il faudrait en pratiquer une seconde parralièlemcnt au bord interne de la rotule.
Le drainage devra toujours être rigoureusement établi; certains chirurgiens enfoncent profondément les drains, comme Panas, Hagedom, Volkmann ; d'autres, comme Lucas-Championnière, ne les font pas dépasser le milieu de la face articulaire de la rotule; d'autres enfin, comme Nicaise, ne le font pénétrer que de 2 centimètres. 11 est difficile de fixer des règles à cet égard. La conduite du chirurgien dépendra de l'état de la séreuse et de la nature du liquide. Quant à la suture des parties molles de chaque côté du drain, elle a été faite par les uns et évitée par les autres. Notre pratique personnelle ne nous permettant pas de nous prononcer sur ce sujet, nous nous bornerons à dire qu'il n'y a pas d'inconvénients à laisser la plaie sans réunion, la cicatrisation se faisant trèsbien sans suture. De même, pour l'époque de l'ablation du drain, autant de cas particuliers, autant d'indications différentes. Le moment a varié depuis trois jusqu'à quarante-sept jours.
11 s'agit maintenant de se prononcer sur la valeur de cette opération, et de rechercher si elle est supérieure à la ponction suivie de lavage phéniqué. De l'avis presque unanime des chirurgiens français et même étrangers, la ponction antiseptique, absolument inoffensive, doit être considérée comme la méthode de choix et doit être employée tout d'abord. L'arthrofomie reste comme la dernière ressource, et ne doit être à notre avis pratiquée que dans les cas suivants signalés par M. Jalaguier dans sa thèse : dans les hydarthroses qui s'accompagnent d'altération de la synoviale ou de relâchement de l'appareil ligamenteux et qui ont résisté à tous les modes usuels de traitement, y compris l'opération de Scliede.
4" Traitement des suites de l'hydarthrose. Le traitement de l'hydarthrose n'est pas terminé, quand l'épanchement a disparu. 11 reste quelquefois à la suite de cette longue maladie une prédisposition aux récidives, certaine faiblesse du membre, des atrophies musculaires, qu'il faut absolument combattre.
Le port d'une genouillère élastique est d'un excellent effet. Elle maintient une certaine compression autour de l'articulation et la soutient pendant les premiers jours de marche. Les raideurs articulaires, si communes après le traitement, sont améliorées rapidement par l'hydrothérapie, et surtout par les bains de vapeur alternant avec les douches froides.
Ces moyens sont suffisants, quand l'affection n'a pas été grave et qu'elle n'a pas déterminé l'atrophie du membre, mais cette altéi-ation musculaire est mal heureusement très -fréquente. Neuf fois sur dix, l'atrophie du triceps crural accompagne l'hydarthrose, et il faut absolument combattre cette faiblesse des muscles par des moyens énergiques. L'emploi de l'électricité donne dans ces cas des l'ésultats excellents. Ce ne sont pas les courants faradiques qui doivent être ici appliqués, mais les courants continus faibles et permanents, qu'on appelle courants de nutrition. Les séances d'électricité répétées tous les jours, pendant trois à quatre semaines, suffisent pour rendre au membre son volume ft son énergie.
Les eaux minérales peuvent être aussi conseillées. Dans une étude que nous avons faite dernièrement sur leur emploi dans les affections chirurgicales, nous avons montré que, lorsqu'il y avait hydartlirose, il était absolument inutile de conseiller au malade un traitement thermominéral. En effet, les épanchements articulaires, de quelque nature qu'ils soient, ne disparaissent pas aux eaux. Le
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liquide peut diminuer, les douleurs devenir moindres, l'alrophie commençante peut disparaître, mais on n'arrive jamais à assécher l'articulation.
Seules les suites de l'hydarthrose sont améliorées;, et ce résultat est obtenu avec une rapidité qui doit commander l'usage des eaux à tout individu ayant les moyens de s'y rendre. De toutes les stations balnéaires, il faut placer en première ligne Aix en Savoie. La thermalité des sources, les moyens hydrothérupiques et gymnastiques qu'on y trouve, ont fait acquérir à cette station une réputation justifiée dans la cure des maladies articulaires. Viennent ensuite Boiu-bon-l'Archambault, Bourbonne-les-Bains, Balaruc et Lamotte-les-Bains.
Les sources sulfureuses énergiques, comme Baréges et Lucbon, conviennent mieux anx malades anémiés. Enfin l'application des boues de Dax et de Saint- Amand donne aussi d'excellents résultats. E. Rochard.
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UYDATIDE DE HORGAG!%I. VoiJ. TESTICULE.
HTDA.TIDE. On appelle ainsi l'état larvaire ou vésiculaire du Tcenia echinococciis, tel qu'il se rencontre dans les organes de l'Homme, du Mouton ou de quelques autres animaux. Cette dénomination, suivant nous, comprend tout à la fois la vésicule-mère et les tètes de Ta}nia nées par bourgeonnement dans la cavité des vésicules proligères qui dérivent de celle-ci : elle est donc exactement synonyme du mot Échinocoque {voy. ce mot). Pour Davaine et d'autres helminthologistes, le mot Échinocque a un sens plus restreint : l'Hy-
552 IIYDNOCARPE.
datide est encore le Ver vésiculaire, analogue au Cysticerque, mais l'Kchinocoque ne serait que la tête de Taenia née par bourgeonnement. Cette terminologie a été admise également par Ilahn et Lefèvre, dans l'article Echlnocoques de ce Dictionnaire. Malgré l'autorité de ces auteurs, nous ne pouvons admettre la distinction susdite, qui nous semble être en désaccord avec les règles de la nomenclature zoologique. R- Blanchard.
Bibliographie. — Blanchard (R.). Traité de zoologie médicale. Paris, 188G-1888, p. 418- 465. R- Bl.
ni'DATiQUE (Bruit). Voy. Frémissement.
HYDi^E [Ibjdnum L.). Genre de Champignons-Basidiomycètes, qui a donné son nom au groupe des Ilydnacés.
Les Hydnes se rapprocbent des Agarics et des Polypores, mais l'iiyménophore présente, au lieu de lamelles ou de tubes, des pointes ou aiguillons isolés, plus ou moins décurrents sur la stipe et recouverts par l'hyménium. Le réceptacle, cliarnu, subéreux ou membraneux, est tantôt en forme de croûte, tantôt en forme de cliapean, pédicule ou acaule. Les spores, ordinairement lisses, sont spiiériques, incolores ou couleur de rouille.
Ces champignons croissent dans les bois, sur la (erre ou sur les troncs d'arbres. On en connaît environ 150 espèces, dont plusieurs sont comestibles et presque aussi estimées que le Champignon de couche. Tels sont notamment 1'//. repandiim L., 1'//. corallo'ule><. Schneff, VH. imbricatum L. et VH. erinaccns Bull.; cette dernière espèce croît dans les régions septentrionales de l'Europe, sur les vieux troncs de chênes ou de hêtres ; elle est commune, paraît-il, dans l'Himalaya, à partir de 2000 mètres. C'est le Hérisson ou Barbe des arbres de Paulet [Tr., II, p. 424, pi. 195). Son léceptacle très-grand, convexe, d'abord blanc, puis jaunâtre, sessile ou stipité, est garni à son sommet d'aiguillons minces, pendants, longs de 4 à 5 centimètres. On en fait grand usage comme aliment en Lorraine et en Allemagne.
VU. repandmn L., connu sous les noms vulgaires de Rignoche, Ursiriy Eursin, Erinace, Lurchon, Chevrette, se rencontre communément, à terre, dans les forêts, surtout dans celles de hêtres et de châtaigniers. Son chapeau aplati, d'un rouge pâle, flavescent ou blanchâtre, large de 5 à 15 centimètres, est garni en dessous de nombreuses pointes cylindriques, de longueur inégale, de couleur chair pâle et très-fragiles. Cette espèce est très estimée comme aliment en France et en Allemagne. C'est VArresterou des environs de Dax, le Pied de mouton blanc et la Barbe de vache des montagnes des Vosges. Ed. Lef,
HYDi^OCARPE [Hydnocarpus Gaertn.). Genres de plantes de la famille des Bixacées et du groupe des Pangiées, composé d'arbres à feuilles alternes, stipulées, à fleurs polygames-dioiques, pentamères, avec un androcée formé de 5 à 8 étamines libres, à anthères basifixes, déhiscentes sur les bords. Le fruit est une grosse baie, renfermant de nombreuses graines albuminées.
Les Hydnocarpus habitent les régions tropicales de l'Asie. On en connaît seulement cinq ou six espèces. La plus importante, //. venenata Gaertn. [H. inebrians Vahl), est un arbre de Ceylan, dont les rameaux flexueux, couverts d'une écorce cendrée, portent des feuilles alternes, pétiolées, elliptiques-
IIYDRAGOGUES. D53
lancéolées, luisantes, finement dentées en scie sur les bords. Ses fleurs, de couleur blanche, ont les pétales velus sur les bords et munis chacun à leur base d'une écaille ovale, couverte en dedans de poils touffus d'un jaune d'or. Les baies, globuleuses, un peu comprimées, couvertes d'un duvet jaunâtre, sont extrêmement vénéneuses. Elles servent à empoisonner les poissons, mais ceux que l'on prend de celte manière et que l'on mange ensuite peuvent causer des accidents très-graves, même la mort. Ed. Lef.
HYDRABIÉTIQUE (Acide). C'^'H^^O^. S'obtient par l'action de l'amalgame de sodium sur une solution alcoolique d'acide abiétique ou sylvique.
Ce sont des cristaux blancs, d'un aspect gras, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool et l'éther; il entre en fusion à 129 degrés, mais il n'est en fusion complète qu'à 144 degrés. . L. IL\.
UI'DRACÉTAMIDE. C''H'\'\.z-^Az^(C"-H'*)'\ C'est Valdéhijdine de Strecker. Elle prend naissance quand on abandonne à elle-même une solution d'aldéhyde dans l'ammoniaque alcoolique. C'est une base diacide; elle forme une poudre amorphe, hygroscopique, d'un jaune gris, aise'ment soluble dans l'eau et l'alcool auxquels elle communique saveur amère. Elle forme des sels incristallisables, très-solubles dans l'eau, peu solubles dans alcool. Elle se décompose à l'ébullition avec l'eau ou les acides étendus en ammonique et en oxylrialdine. L. Un.
HYDRACXE. Vot/. Arachnides.
HYDRA.CRTLIQIIE (Acide). C^ITO^ Cet isomère de l'acide lactique s'obtient dans l'action de l'oxyde d'argent sur l'acide iodo-propionique, par celle des alcalis sur l'éthylène-cyanhydrine, ou en oxydant avec précaution l'alcool triméthylénique, enfin en hydratant l'acide acrylique C^fFO^.
C'est un liquide sirupeux mêlé d'aiguille? ; par la dislillaliou sèche il se transforme en acide acrylique tribasique. L'acide iodhydrique le change à chaud en acide iodopropionique. Par l'ébullition prolongée avec un excès de soude, il se convertit en acide lactique. L. Hx.
HYDRACTirviE. Voij. Gym.xoblastes.
HYDRACiOGL'ES. L'étymologie («7£tv, chasser, Oô^op, eau), donne raison de la signification que de tout temps on attribuait à ce mot et aux substances au nom desquelles il servait de qualificatif.
Quels sont les agents hydragogues? Ceux auxquels on a supposé la vertu d'exonérer l'organisme des sérosités épanchées dans ses cavités ou infiltrées dans ses tissus. Sous cette rubrique on pourrait donc, sans grand effort, catégoriser tous les agents capables de provoquer une spoliation séreuse.
A côté des cholagogues qui déterminent une spoliation de bile les Anciens plaçaient les panchymagogiies, (]ui agissaient sur les glandes de tout l'appareil digestif. Comme le remarque Fonssagrives, la disparition d'épanchements séreux à la suite d'un flux diarrhéique, fait constaté par les cliniciens, a sans nul doute inspiré l'idée d'employer les purgatifs dans le traitement des hydropisies.
On s'est de tout temps adressé de préférence aux purgatifs et surtout aux
534 HYDRAGOGUES.
purgatifs que Rabuteau et M. G. Sée ont classés dans le groupe des purgatifs dialy tiques. Mais il n'était pas moins légitime de faire appel aux modificateurs des autres sécrétions, diurétiques et sudorifiques, tous agents susoe[jtibles d'exagérer opportunément l'activité fonctionnelle des principaux organes d'excrétion séreuse. Cependant, ajouterons-nous,- l'expression de cliolagogue, imposée à ces médicaments, n'est (jue médiocrement satisfaisante, puisque leur action ne se limite pas à diminuer la masse séreuse, et qu'elle consiste aussi dans l'élimination de produits divers, urée, sels, hors de l'organisme.
Que l'on discute donc de la valeur du mot hydragogue et des vertus plus ou moins légitimes des médicaments considérés comme cholagogues : soit. Par contre, on ne saurait mettre en doute la réalité d'une médication cholagogue; en d'autres termes, il n'existe pas d'agents exclusivement hydragogues, mais il existe une médication hydragogue.
Cette médication hydragogue consiste à imiter les procédés critiques dont la nature fait parfois usage pour la résolution de certains épanchements. Quels sont ces moyens? La provocation de l'hypercrinie sudoiale, de la diurèse et de l'hypercrinie intestinale.
Elle s'adresse donc, d'abord, à la peau. Les sudorifiques, considérés à ce point de vue, ont le droit d'être comptés au nombre des agenis hydragogues : tel est le calorique, (ju'on le sollicite en provoijuant la thermogenèse animale, qu'on augmente cette dernière par l'ingestion d'aliments chauds ou de boissons chaudes, ou bien encore qu'on prescrive des sudorifiques médicamenteux.
L'institution du régime sudorifique de Sandras répondait donc en partie à ces indications.
Cependant, pour apprécier la valeur des sudorifiques comme agents de spoliation séreuse, on doit tenir le plus grand compte des tendances particulières de chai[ue malade. Parmi les hydropiques, l'observation clinique en fait foi, les uns éliminent leurs sérosités par les urines, d'autres par la voie intestinale^ d'autres, moins nombreux, par la surface cutanée. De plus, l'antagonisme des diverses sécrétions entre elles est un fait physiologique bien connu, et l'on ne saurait oublier l'ancien adage : Aloi laxitas, cutis densitas, et contra. La pilocarpine fait seule exception, puisque, tout à la fois, elle stimule les sécrétions intestinales, rénales et sudorales, en raison de ses vertus qu'on a dénommées panhijpercriniqnes. Mais une seule exception ne suffit pas pour infirmer une loi physiologique, de sorte qu'on doit considérer la médication et les médicaments sudorifiques comme de médiocres hydragogues.
A ce dernier titre, la médication et les médicaments diurétiques possèdent une efficacité plus grande. L'expérience clinique le prouve et il n'est pas rare de voir des crises urinaires terminer ou tout au moins amender des hydropisies séreuses.
Cependant, si cette action hydragogue est plus aisée à obtenir et à rendre durable que celle des sudorifiques, il faut aussi noter qu'il est contre-indiqué de lui faire appel, quand le parenchyme rénal est malade : au contraire, on la sollicitera plus volontiers, quand l'administration d'un purgatif diastique présente des dangers et qu'on ne peut impunément imposer une suractivité fonctionnelle à la muqueuse et aux glandes intestinales.
Un autre moyen médicamenteux, le régime lacté, répond le plus souvent à cette indication. En augmentant la diurèse et chez certains malades les évacua-
HYDRALCOOLATURE. 535
lions alvines, le lait mérite d'être compté au nombre des agents hydragogues les plus puissants. Il est inutile d'insister sur ce point : nul n'oublie la réputation méritée du régime lacté dans le traitement des ascites, et il suffit de rappeler la pratique beureuse de Ilortius, Bontius et Moriceau, ou les noms de Christen (de Montpellier), Segond, Serres (d'Alais), Le Roy de Méricourt, Fonssagrives, Pécbolier et d'autres encore, nos contemporains.
L'emploi de ce régime bydragogue doit être, comme Fonssagrivos le faisait observer, l'objet d'une attentive surveillance. On ne doit, en effet, le conlinuer que dans le cas oiî l'on observe une augmentation durable de la diurèse ou bien des sécrétions intestinales.
Les hydragogues intestinaux sont nombreux ; presque tous les purgatifs — cf le nombre en est grand — possèdent plus ou moins une action bydragogue. Les sels purgatifs sont hydragogues; les drastiques le sont également. Les uns produisent ces effets en modifiant quantitativement une seule sécrétion, tels les cholagogues ; les autres, en sollicitant l'activité de toutes les glandes gastrointestinales, tels les panchymagogues.
Cependant les purgatifs dialytiques posséderaient cette vertu à un plus haut degré, puisqu'ils appelleraient dans l'inlestin les éléments séreux des tissus voisins, en sollicitant le passage des cristalloïdes à travers la muqueuse et en respectant les colloïdes, qui sont rebelles à la dialyse. Tels sont les purgatifs salins, sels de magnésie, de soude, de potasse, les chlorures, le phosphate neutre de soude, les citrates alcalins, le cainmel, les catharticjucs. On sait que l'emploi de ces médicaments est suivi de constipation par une action osmotique inverse de celle qui provoquait la dialyse.
Les hydragogues intestinaux les plus célèbres étaient les purgatifs drastiques, et parmi eu\ la gomme-gutte. Cette substance formait la base des pilules hydragogues des anciennes pharmacopées, et, associée au jalap et à la rhubarbe, entrait dans la composition de la poudre bydragogue.
Au temps de la médecine humorale, la spoliation séreuse produite par les hydragogues pouvait passer pour un moyen de dépuration organique. Aujourd'hui elle deviendrait plutôt un moyen éliminateur des ptoraaïnes et des agents infectieux de l'organisme. Mais je passe : un débat théorique serait ici hors de propos.
La médication bydragogue agit sur la nutrition, et on ne saurait en contester le rôle dans l'emploi raisonné des eaux minérales purgatives. On doit donc à juste titre la considérer comme un des agents principaux des cures de réduction, qu'il s'agisse de diminuer le poids du corps, comme pour l'entraînement des jockeys, ou bien d'atténuer la masse sanguine pour soulager le cœur et les vaisseaux, comme dans le traitement de l'asystolie et de certaines cardiopathies, ainsi que je l'ai établi à propos de la médication artérielle {Gazette hebdomadaire de médecine, 1887).
En résumé, la médication ïliydragogue ne possède pas son autonomie dans la matière médicale : ses agents sont d'emprunt. Sudorifiques, diurétiques, purgatifs ou sialagogues, ils appartiennent à d'autres médications. Quant à ses effets, on ne saurait les séparer d'avec ceux des autres médications spoliatives. Ch. Éloy.
HYDR ALCOOL, A.TLIRE. Alcoolature obtenue avec l'hydralcool, qui n'est autre chose que de l'alcool faible, à 22 degrés Cartier. L. IL\.
556 UYDRANGELLE (emploi).
HYDBiiiillDES. Composés azotés neutres résultant de raction de l'ammoniaque sur les aldéhydes aromatiques et le furfurol. Les hydramides se forment par l'union de 3 molécules de l'aldéhyde et de 2 molécules d'ammoniaque avec élimination de 5 molécules d'eau. Prenons pour exemple l'hydrobenzamick, la première hydramide découverle :
5G^H''0 -4- 2AzIP = Az^lCH")^' + ÔR-^O.
ilydrure Ammoniaque. Uydrobenzamide. de lienzoyle.
Les hydramides sont des corps solides, cristallisés, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool et l'éther, volatiles. L'eau chaude et les alcalis hydratés régénèrent généralement l'aldéhyde et l'ammoniaque. Citons parmi les hydramides la cumhydramùk, C^'iP*Az% Yanishydramide, C^^H^^Az^O'', la furfuramide, OHV'AzHy: L. Hx.
nYDRAiii\ios. Voy. Œuf.
II1'»RA1\GEI.LE [llydrangra L.). ^ I. Botanique. Genre de plantes de la lamille des Saxifragacées, qui a donné son nom au groupe des Ilydrangées. Ce sont des arbres ou des arbustes, parfois sarmenteux, à feuilles opposées, dépourvues de stipules, à fleurs disposées en corymbes. Ces fleurs sont, les unes fertiles, les autres stériles. Le calice, très-court dans les premières, prend, dans les fleurs stériles, un développement énorme, et est représenté par quatre ou cinq grandes folioles pétaloïdes, diversement colorées et veinées. Le fruit est une capsule, surmontée des dents du calice, et qui s'ouvre au sommet pour laisser échapper de nombreuses graines albuminées.
Les Hydrangeahixhheni, au nombre d'une trentaine environ, les régions tempérées de l'Amérique, la Chine et le Japon. L'H. arborescens L. est une espèce de l'Amérique du Nord, dont la racine est préconisée, aux État-Unis, contre les affections de la vessie; on l'administre en décoction ou sous forme de sirop, à la dose d'une cuillerée à café, trois fois par jour. Au Japon, on fait, avec les feuilles de VH. Thunbergii Sieb., des infusions théiformes réputées stomachiques et digestives. Enfin, sous le nom d'Hortensia ou de Rose du Japon, on cultive communément, dans les jardins de l'Europe, l'if. Hortensia DC dont les fleurs d'un rose tendre deviennent bleues quand la plante est cultivée dans les terrains siliceux. Ed. Lef.
§ II. Emploi médical. La partie utilisée de cette plante est la racine, qui possède depuis longtemps aux États-Unis la réputation d'un médicament efficace dans les maladies des voies urinaires.
CoMPosiTioJN CHIMIQUE. Cette racine renferme les principes immédiats suivants : de l'albumine, de l'amidon, une résine, des matières extractives et des sels divers. Traitée par l'éther, la résine se dissout en partie et laisse un résidu qui ne serait autre, d'après quelques auteurs américains, qu'un alcaloïde. Cette affirmation mériterait le contrôle de nouvelles recherches.
Action thérapeutique. La racine de l'hydrangelle arborescente possède une saveur piquante et une odeur aromatique. A l'état sec, cette odeur n'est point désagréable.
Bien avant d'être utilisée par les théiapeutistes américains, elle était em-
IIYDRARGYRIE. 557
ployée dans la médecine populaire des États-Unis. Depuis quelques années, elle a été l'objet de recherches et d'essais cliniques parmi lesquels on doit citer ceux de Attler, Dutller, March, Monkur, Horsiey, et un travail publié par MM. Edom €t Green dans \e New-York Médical Journal de l'année 1885.
Les uns la prescrivent contre les cystites douloureuses et les uréthrites ; les autres plus nombreux la conseillent dans la gravelle et les calculs volumineux. Elle aurait, paraît-il, amené la diminution des douleurs au cours des coliques néphrétiques. Dans des cas, d'après les deux derniers de ces observateurs, où les injections hypodermiques de morphine et d'atropine étaient inefficaces, ils faisaient usage avec succès de la teinture d'hydrangelle. Le plus souvent on préfère la décoction aqueuse. Au reste, il serait téméraire et prématuré de formuler une appréciation sur la valeur thérapeutique sur ce végétal qui est encore à l'étude.
Mode d'administration. La décoction de racine d'hygrangelle s'obtient avec 15 grammes de la plante pour 1 litre d'eau. Cette dose doit être administrée par prises successives dans les vingt-quatre heures.
Le sirop d'hydrangelle se prescrite la dose de 20 à 50 grammes.
L'extrait fluide, forme pharmaceutique préférée par beaucoup de ceux qui la prescrivent, est ordonné à la dose de 2 grammes et par prises successives, que l'on répète toutes les deux heures jusqu'à la sédation des douleurs. Ch. Éloy.
HTDRIlXISoLxk. G'^H'^0^ S'obtient par action de l'amalgame de sodium sur l'aldéhyde anisique, par fixation de 2 atomes H sur 2 molécules C^H^O'. Elle forme des cristaux semblables à la cholestérine, presque insolubles dans l'eau et l'éther froids, solubles dans l'alcool; elle fond vers 170 degrés. Chauffée dans un courant d'acide carbonique, elle se sublime en partie et il se forme de l'aldéhyde anisique. L. H.n.
HYDRARGYRE. Voy. MercURE.
HTDRARGl'RlE. Hijdrargijria, de iS^oipyxjoo;, mercure.
Synonymie. Lèpre mercurielle (Moriarty, W. Stokes) ; érythème mcrcuriel (Th. Spens, Mullin, Gregory); eczéma mercuriel (Pearson); exanthème mercuriel (J. Frank),
Le terme hydrargyrie, introduit par Alley dans le langage dermatologique, s'applique, d'une façon générale, aux différentes éruptions produites par le mercure, soit qu'elles résultent de son application directe, soit qu'au contraire elles aient pour cause son administration interne.
I. Hydrargyrie de cause externe. Les préparations mercurielles en frictions, bains, lotions, emplâtres, etc., ont assez souvent pour effet de déterminer sur la peau un érythème fugace qui reste ordinairement le seul phénomène observé. A un degré plus avancé, l'irritation cutanée se traduit par une éruption de vésicules rappelant celles de l'eczéma. D'après la description classique de Bazin {Affections cutanées artificielles, 1862, p. 111), cette éruption est remarquable par le volume sensiblement égal des éléments éruptifs et par la grande profusion avec laquelle ils se répandent sur la peau où ils provoquent de vives démangeaisons. Les vésicules, hémisphériques et légèrement aplaties, contiennent une sérosité qui, très-limpide au début, devient rapidement lactescente; la plupart
538 IIYDRARGYUIE.
se dessèchent sans se rompre; d'autres, dédiire'es par les ongles, sous l'influence des démangeaisons, se recouvrent de croutelles foliacées.
Une dermile vésiculeuse, analogue de tous points à celle-ci, peut, à la vérité, résulter de causes autres que l'emploi de préparations mercurielles. La plupart des substances capables de provoquer une poussée d'érythème peuvent également produire une éruption eczcmatiforme, mais, suivant la remarque de Bazin, la production de vésicules est tout à fait exceptionnelle, et ces éléments n'ont alors ni la régularité constante, ni la forme bien définie, ni le volume égal des vésicules de l'eczéma mercuriel.
Dans certains cas, l'irritation locale produite par l'hydrargyrie dépasse la vésiculation, et des phlyctènes apparaissent sur la peau rouge et tuméfiée. Andersen, Isambert, Esser, MM. Fournier et Ilallopeau ont signalé un certain nombre d'accidents de cette nature. De plus, bien que l'hydrargyrie de cause externe reste presque toujours limitée à la région mise en contact avec l'agent irritant, on peut voir quelquefois l'éruption s'étendre et se généraliser. L'usage, de plus en plus répandu, des pansements au bichlorure de mercure a mis ce fait hors de doute. Nous pouvons citer comme exemple une observation de Reichel où l'application d'un pansement à la gaze au sublimé fut le point de départ d'un érylhème très-étendu {Ann. de dermat.^ 1884). Brun a rapporté également l'histoire d'une malade qui, à la suite d'injections vaginales à la liqueur de van Swietcn dédoublée, présenta dans les plis génito-cruraux une large nappe rouge, d'aspect érysipélateux et limitée par un bourrelet; une nouvelle injection ayant été donnée, l'éruption se généralisa au tronc, à la figure et aux membres (Th. d'agrég. chirurg., Paris, 1880).
II. Hydrargyrie de cause interne. L'hydrargyrie de cause interne est un accident rare; elle est cependant assez connue aujourd'hui pour qu'on puisse la décrire sous ses différentes formes. C'est aux médecins anglais que sont dues les premières études sur les éruptions provoquées par l'usage interne du mercure. Les plus anciennes observations sont celles qu'a données B. Bell, à la fin du siècle dernier, dans son ouvrage sur les maladies vénériennes (Benj. Bell, Treat. on Gonorrhœa Yindenla and Lues Venerea. London, 1793, 1. 11, p. 228). En 1804, Alley, puis Moriarty, publient presque simultanément, sur cette question nouvelle, deux monographies importantes (G. Alley, Observations onthe Peculiar Eruptives Disease arising from the Exhibition of Mercury. Dublin, 1804. — Moriarty, Description of the Mercurial Lepra. Dublin, 1804). Parmi les travaux postérieurs appartenant à la littérature médicale d'Outre-Manche, nous citerons particulièrement ceux de Spens, de MuUin, de Pearson, de Bacot, de Lawrence, de Crawfurd et de Johnston (Th. Spens, Edinhurg Med. and Surg. Journ., 1805, vol. 1, p. 7. — J.-M. Mullin, Diss. inaiig. de erijthemate mercuriali. Edinhurg, 1805. — Pearson, Obs. on the EffecLs of Varions Article of Materia Medica on the Cure of Lues Venerea. London, 1807, p. 167. — Bacot, Lond. Med. Gaz., t. III, p. 347. — Lawrence, Lond. Med. Gaz., t. V, p. 742. — Crawfurd, Edinb. Med. and Surg. Journ., t. XVI, p. 57. — Johnston, Edinburg Med. and Su7-g. Journ., t. XXXI, p. 169). En France, l'existence d'une hydrargyrie de cause interne ne devait être acceptée qu'avec peme, bien que de Jussieu eût depuis longtemps déjà fait connaître les lésions cutanées observées sur les ouvriers employés, dans les mines d'Espagne, à l'extraction du mercure [Acad. des sciences. Paris, 1719). Si Lagneau, dans son livre, semble admettre les faits révélés par Benjamin Bell, Cullerier, Ratier et Cazenave, en contestent
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formelleraent la réalité (Lagneau, Traité des maladies syph., 6« étlit., t. II, p. 299. — CullerJer et Ratier, dicl. de méd. et de dur. prat., art. Mercurk. — Cazenave, Traité des maladies de la peau, 1832, p. 145). Rayer, le premier, se rallie sans réserves à la doctrine anglaise et reproduit, du moins dans ses grandes lignes, le tableau tracé par Alley (Rayer, Traité des maladies de la peau, 1855, 2'' édit., t. 1). Briquet, Azum, Baron, publient sur ce snjet d'intéressantes études (Briquet, Arch.gén. de méd., octobre 1858. — Azum, thèse de Paris, 1844. — Baron, Gaz. méd. de Paris, 1850); enfin Bazin, tout en faisant remarquer la rareté de l'accident, donne une place définitive dans le groupe des affections pathogénétiques aux éruptions provoquées par l'usage interne du mercure (Bazin, Leçons théoriques et cliniques sur les affections cutanées artificielles, 18G2). Depuis les leçons du médecin de Saint-Louis, un certain nombre de documents nouveaux ont été publiés par MM. A. Fournier, Ilallopeau (thèse d'agrég. Paris, 1878), Diipré (Th. de Paris, 1884), Brun (Th. d'agrég. dur., 1886) et Gaucherand (Th. de Paris, 1886).
Le grand ouvrage de Kussmaul, paru en 18G1, donne l'indication très-précise de tous les travaux allemands se rapportant à notre sujet (Kussmaul, Untersuchungen iiber den constitution. Mercurialismus imd sein Verhàltniss zur constitution. Syphilis. Wurzburg, 1801). Quant aux publications allemandes postérieures au livre de Kussmaul, on les trouvera signalées dans l'importante bibliographie dressée par M. Ilallopeau [loc. cit., 1878).
Les éruptions pathogéuétiqiies sont éminemment polymorphes. Le même agent toxique peut produire les lésions les plus différentes, soit par le fait de sa force ou de son mode d'application, soit à cause de l'aptitude spéciale des malades. Les accidents cutanés résultant de l'introduction du mercure dans l'économie n'échappent pas à cette règle, et, bien que les cas d'hydrargyrie de cause interne soient au total assez rares, il est cependant possible d'en distinguer différentes variétés. Laissant de côté les formes rubéolique et ortiéc qui ne sont connues jusqu'ici que par quelques faits isolés et constituent véritablement des raretés pathologiques, nous parlerons seulement de la forme eczémateuse et de la forme scarlatineusc.
A. Forme eaémcUeuse. L'hydrargyrie eczémateuse est celle qu'ont décrite tout d'abord les dermatologistes anglais et que Rayer, puis Bazin ont fait connaître en France. D'après la description de Bazin, empruntée à Alley, la forme eczémateuse comprend trois variétés, ou, pour parler plus exactement, trois degrés : l^ïhydrargyria mitis ; 2° Vhydrargyria febrilis; o" Vhydrargyria maligna. La forme bénigne n'est qu'une légère efflorescence, sans symptômes précurseurs, sans réaction générale, siégeant principalement sur les cuisses, le scrotum, les aines et la région sous-ombilicale. Sur la nappe érythémateuse émergent des milliers de petites vésicules transparentes. L'éruption provoque d'ordinaire des démangeaisons assez vives et même une sensation de chaleur et de cuisson, mais elle est très-fugace et disparaît d'elle-même dès qu'on cesse l'emploi du mercure. La forme fébrile succède le plus souvent à la variété bénigne; elle n'en diffère localement que par un prurit plus intense et un plus grand volume des éléments éruptifs. Mais le pouls s'accélère, la langue est sale, la soif vive, la muqueuse de la bouche et celle de la gorge deviennent rouges et tuméfiées; on constate souvent de l'embarras gastrique. L'hydrargyrie maligne, telle que Bazin l'a décrite, n'est que l'exagération de tous les phénomènes que nous avons c( nstatés dans la forme précédente et qui témoignent de
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l'aclion profonde exercée par le mercure sur l'économie tout entière. Elle ne s'observe guère que dans les cas où l'on continue l'emploi de l'hydrargyrie après l'apparition des premières vésicules. « La peau, d'un rouge foncé, se recouvre de vésicules confluentes, ou même de véritables bulles d'oiî s'écliappe une humeur acre et abondante. L'angine acquiert un haut degré d'intensité et devient parfois gangreneuse; le malade, faible, abattu, privé de sommeil, est en proie aux douleurs les plus vives et, s'il n'a pas une résistance suffisante. la mort peut survenir dans le marasme, par le seul fait de l'administration du mercure. — La desquamation a lieu du quatrième au huitième jour et s'opère par larges plaques. » On observe quelquefois une série de poussées dont chacune s'annonce par une recrudescence des douleurs et des frissons. A la suite de l'hydrarj^yrie maligne peuvent survenir des adénites, des abcès, des furoncles et des ulcérations gangreneuses (Hallopeau).
B. Forme scarlatineuse. Quoique moins connue, elle est presque aussi fréquente que la forme eczémateuse. A son degré le plus léger, l'érytlième se manifeste d'emblée, sans être accompagné d'aucune perturbation générale. Dans les formes moins bénignes, on voit survenir tout d'abord de la fièvre, de la céphalalgie, des frissons, puis au bout de quelques heures, quelquefois d'une journée, l'éruption apparaît. Elle commence ordinairement par la région sousombilicale, le scrotum et les cuisses, pour s'étendre bientôt à la pJus grande partie de la surface du corps. L'érytlième est constitué par des taches d'un rouge vif, sans élevure, disparaissant sous la pression du doigt et plus ou moins prurigineuses, avec élévation de la température. Quelquefois le cuir chevelu, la face, le cou, les mains et les pieds, deviennent le siège d'un œdème assez considérable pour prêter à l'éruption l'aspect d'un érysipèle. Après une période qui ne dépasse guère quatre jours, la lièvre se dissipe, les phénomènes généraux disparaissent, l'éruption pâlit et les parties atteintes se couvrent d'une desquamation furfuracée ou lamelleuse pouvant se prolonger plus de quinze jours. L'affection reste constamment bénigne et exemple de toute complication viscérale (Gaucherand).
111. Étiologie. Pathogé.me. Les conditions qui président au développement de l'hydrargyrie doivent être étudiées à la fois dans les préparations mercurielles employées et dans l'aptitude individuelle des malades. Abstraction faite de l'idiosyncrasie, on peut dire avec la plupart des auteurs que les médicaments mercuriels sont d'autant plus irritants pour la peau qu'ils sont employés à un état plus concentré et sous une forme plus soluble. L'action irritante de l'onguent mercuriel s'observe surtout dans les cas où celui-ci est préparé de vieille date; elle doit être attribuée à l'oxyde de mercure qui se forme presque toujours dans ces circonstances et se combine aux acides gras pour former un oléo-stéarate de mercure. 11 faut encore savoir que les pommades et les emplâtres mercuriels sont particulièrement capables de déterminer des lésions cutanées lorsqu'on les emploie en même temps que d'autres préparations pouvant former avec eux certaines réactions très-vives. Isambert, en i867, a signalé à la Société de thérapeutique plusieurs faits de cette nature. Chez un malade atteint d'orchite, l'emploi d'une pommade à l'iodure de potassium, après des onctions d'onguent napolitain, détermina une derraatite intense, par formation d'un iodure double avec iodate de potasse. Le même accident se produisit à un degré plus accentué dans une orchite traitée avec des bandelettes de sparadrap de Yigo et suivies de l'application d'une pommade iodurée. Malgré des lavages préa-
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labiés, une véritable vésication de toute la surface du scrotum s'ensuivit. A la suite de l'emploi d'une pommade au calomel contre un herpès circiné, et d'une autre avec le deuto-iodure de mercure et l'iodure de potassium, un bain sulfureux avait été prescrit; la malade, dès qu'elle y fut entrée, se mit à crier, à pleurer et à se plaindre d'une vive cuisson à la place des frictions. Le sulfure de potassium avait réagi sur le deuto-iodure, et les parties malades avaien l'aspect de brûlures au premier et au second degré (Isambert, Incompalihilit ihérap. de l'iode et du soufre avec le mercure [Union méd., 1867, t. IV, p. 158]).
Les faits beaucoup plus rares d'hydrargyrie interne peuvent reconnaître aussi pour cause la plupart des composés merciiriels. Le proto-iodure, le biiodure, le bichlorure, ont élé plusieurs fois signalés ; mais, de toutes les préparations mises en cause, celle qui, ù beaucoup près, détermine le plus souvent l'apparition d'accidents cutanés, c'est le calomel, non parce qu'il exerce une action élective sur la peau, mais parce qu'il est plus fréquemment administré à fortes doses. M. A. Fournier fait remarquer que dix centigrammes de calomel, s'ils pénètrent dans l'économie, représentent plus de mercure que dix cuillerées à bouche de liqueur de van Svvieten. Si les deuto-sels, quoique en réalité plus actifs, produisent moins souvent des accidents cutanés, c'est qu'on les prescrit d'ordinaire à doses extrêmement faibles. Quelles que soient les réactions qui se produisent dans l'organisme, qu'il y ait ou non formation constante et nécessaire de sublimé, il est certain que les chlorures augmentent les propriétés irritantes du calomel; on a mèmiC remarqué que le mercure présente surtout ses effets accessoires fâcheux lorsque les malades soumis au traitement hydrargyrique font usage de salaisons (Sturges, Edinh. Med. Journ., mars 1888). Un certain nombre d'expédients ont été recommandés dans le but de contrarier les manifestations du mercurialisme : l'arsenic, l'acétate d'ammoniaque, la belladone, la sulfaniline, posséderaient cette action corrective. Mais, d'après Morrow, le meilleur moyen de produire la tolérance est de prescrire le médicament avec les alcalins à hautes doses ou avec des agents qui stimulent l'activité sécrétoire des reins (Morrow, Edinb. Med. Journ., mars 1888).
Quant à la cause immédiate de l'action du mercure sur la peau, elle nous échappe encore complètement. On sait bien aujourd'hui que le mercure peut être éliminé par la surface tégumentaire et particulièrement par les glandes sudoripares, mais aucun rapport n'a pu être établi jusqu'ici entre l'apparition de l'hydrargyrie et l'élimination cutanée du métal. IS'y a-t-il pas plutôt lieu de faire intervenir une influence spéciale exercée par le mercure sur l'appareil vaso-moteur?
Quoi qu'il en soit, l'apparition d'éruptions cutanées, à la suite de l'administration interne du mercure, dénote une prédisposition toute particulière, une idiosyncrasie. 11 est des individus dont la susceptibilité à l'égard du mercure est si grande qu'ils ne peuvent en faire quelque usage que ce soit sans présenter sur-le-champ des accidents cutanés. Une des observations les plus démonstratives à cet égard est celle du professeur Fournier, rapportée dans la thèse de M. Hallopeau :
Un malade, à la suite d'une seule onction mercurielle, avait eu une première éruption scarlatiniforme ; plus tard le même accident se produisit après un bain, dans lequel on avait versé une bouteille de solution de sublimé. — Le 5 février 1850. Il vient consulter M. Fournier pour une ulcération à base un peu dure, située dans la rigole du frein ; il a
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bientôt des ganylions d;iiis l'aiiic droite. La cicatrice se l'ail et liiiduralioii du frein reste longtemps très-marquée; le pourtour du méat est également très-induré. — .Le 6 mai. Érosion de l'amygdale, la dureté du frein persiste. — Le 16. Céphalalgie très-vive, continue. iL Fournier conseille au malade de prendre chaque jour une pilule de protoiodure de o centigrammes. Le lendemain du jour où la première pilule a été prise, le malade s'aperçoit que ses mains sont gonflées; il se produit une éruption scarlatinoïde. — Le 22. Tout le corps est couvert d'une éruption identique à celle de la. scarlatine, violacée, confluente on nappe sur les bras, les cuisses, les jambes ; elle est moindre sur le tronc. Les oreilles et le bout du nez sont le siège d'une légère desquamation. Les extrémités sont gonflées. — Le 25. La desquamation est devenue très-abondante, elle est furfuracée, farineuse sur les reins, les jambes, l'oreille, etc. ; l'œdème a disparu. — Le 50. La desquamation continue ■ avec la même abondance et le même caractère furfuracé sur tout le corps. Quand on ôto la chemise du malade on voit comme un nuage de son. Cette desquamation est bien plus abondante que celle d'une scarlatine vulgaire. Elle est achevée le 10 juin. A ce moment, M. Fournier cautérise le malade avec le nitrate acide de mercure. Le lendemain, les mains sont gonflées et rouges; bientôt elles desquament: au bout de quinze jours la desquamation n'est pas encore terminée. — Le 28 juillet. Une pilule de Dupuytren tous les jours. — Le 29. Deux pilules. — Le 8 août. Les mains se tuméfient et deviennent rouges, et cette fois encore il se fait une desquamation de la peau des mains et de la face antérieure des doigts.
Les conililions d'âge et de sexe semblent ne pas avoir une importance appréciable. M. Jules Simon fait remarquer, dans ses leçons, que cliez les jeunes enfants soumis à la médication mercuriellc riiydrargyrie est un phénomène des plus rares. D'autre part, chez les femmes à peau iine et délicate, l'usage du mercure ne détermine pas plus souvent d'accidents cutanés que chez les hommes adultes.
La question de climat et de température, posée par quelques auteurs, paraît tout aussi peu sérieuse. Alley, dans son mémoire célèbre, signale le froid comme une cause prédisposante ]jossible de l'hydrargyrie, mais les faits qu'il rapporte à l'appui de son opinion sont loin d'être concluants.
Peut-être faut-il, comme le demande Gaucherand, faire une plus large part d'influence aux conditions de tolérance ou d'intolérance gastro-intestinale, conditions qui jusqu'à un certain point favorisent ou empêchent l'absorption du médicament et en facilitent ainsi ou en retardent l'élimination. A. P.
llYDRARCiTRIS.'tlE. VoiJ. MeRCURIl.
IlYDRASTIE OC IIYDR.\STI\'E. Gmimie ET EMPLOI. On désigne sous ce nom un des alcaloïdes de ÏHydraslis Cauadeusis [voy. ce mot). Découvert par Durand en 1851, étudié par Perrin et Mahla en 1862, ce corps répond à la composition C^-Il-^AzO^ Cette base organique a été depuis peu soumise à une nouvelle étude par le professeur Power [Phannac. Record, septembre 1884), qui l'a obtenue en cristaux parfaitement incolores, brillants et anhydres. Ces cristaux fondent à 150 degrés, en donnant un liquide ambré; chauffés sur une lame de platine, il se décomposent en donnant naissance à des vapeurs inflammables erapyreumatiques et laissant un résidu considérable de cendres.
L'hydrastine est insoluble dans l'eati, dans le pétrole, mais soluble dans les acides dilués, dans 1,75 de chloroforme, 15,70 de benzine, 83,46 d'éther et 120,27 d'alcool. La rotation spécifique est 170. Pour la préparation, voy. article Hydra-Stis. Les cristaux d'hydrasline présentent les réactions suivantes : Avec l'acide sulfurique concentré, coloration jaune qui, en présence d'un cristal de bichromate de potasse, passe au brun. En chauffant en présence de l'acide seul,
IIYDRASTIS (emploi). 545
coloration rouge; avec l'acide nitrique concentré, couleur passant au rouge; l'acide chlorhydrique est sans action.
Avec l'acide sulfurique concentré et le niolybdale d'ammoniaque, coloration vert-olive qui paraît être la réaction la plus caractéristique.
En solution chlorhydrique, l'hydrastine donne toutes les réactions des alcaloïdes.
L'hydrastine forme avec les acides inorganiques et organiques des sels cristallisables solubles dans l'eau.
On ignore jusqu'ici quelle est l'action physiologique de ce corps bien défini et le rôle qu'il joue dans l'ensemble de l'action curative du médicament complexe. Cependant elle est employée à l'état impur, très-empiriquement, comme antidyspeptique, tonique, fébrifuge, à la dose de 1 à 10 centigrammes (Keith) ou de 5 à 50 centigrammes (Tilben).
L'hydrastine pure est amère et rapelle beaucoup les propriétés de la quinine ; elle se donne à la dose de 5 à 50 centigrammes. É. Hkckel.
IIYDRASTIS (L.). ^1. Botanique. Genre dc Renonculacées, de la série des Renonculées, dont on ne connaît qu'une espèce, anormale dans la série par son périanthe et ses ovules. Ses fleurs hermaphrodites ont, en effet, seulement trois sépales pétaloides et très-caducs. Ses étamincs, en nombre indéfini et insérées en spirale sur un réceptacle convexe, sont analogues à celles des Raminculus. II en est de même extérieurement de ses carpelles libres, nombreux et sessiles, renfermant chacun deux ovules, mais ces derniers sont ordinairement l'im ascendant et l'autre descendant. Le fruit est multiple, formé de baies réunies en tête, avec des graines crustacées qu'entoure une pulpe molle. VH. canadends L. est vivace; c'est une herbe de l'Amérique du Nord oii elle croît dans les bois du Canada, des monts Allegbanys, de la Géorgie, de la Caroline. On l'y nomme Yelloiv Puccoon, Yelloiv root. Golden seal, Orange root. On emploie en médecine son rhizome, rugueux, d'un jaune clair, ciiargé de racines et de cicatrices de feuilles tombées. Ses rameaux aériens portent seulement deux feuilles, palminerves, 5-7-Iobécs. Ses fleurs sont terminales et axillaires. IL Bk.
BiDLioGRAPHiE. — L., Spcc, 78i. — .T., Geii.. "252. — Michx, FI. bor. amer., I, Ô17.
DC, Prod., I, 25. — E.ndl., Gen., n. 4777. —A. Gray, Gen. ilL, t. 18. — B. H., Gen., I. 7, II. 16. — HosEVTH., Syn. pi. diaphor., 601». — H. B.v, Hist. des plant., I, 51, 87, fij. 88 ; 7V. ViOl. méd. phane'r., 491. — Bord, et Egasse, Form. N. rem. (1887), 164; Nouv. Rem. (1887), Ô55. II. B.N.
g II. Emploi. Vnydraslis canadensis est connu vulgairement sous le nom de racine orange ou d'or. La seule partie de la plante qui ait reçu, en Amérique, des applications thérapeutiques, est le rhizome ou souche vivace. Elle est d'une couleur brun marron et de la grosseur d'une forte plume à écrire, présentant à la surface extérieure des annelures et des nodosités très-rapprochées d'où s'échappent de nombreuses radicelles, à surface lisse. Coupé transversalement, le rhizome présente une surface d'un beau jaune d'or parsemée de points plus brillants qui correspondent aux faisceaux ligneux. La saveur en est francbement amère : à l'examen microscopique on trouve un épidémie et un suber brunâtre et au-dessous un tissu uniformément parcnchymateux rempli de fins grains d'amidon. Ce tissu incolore est largement interrompu par des faisceaux ligneux et libériens disposés en séries longitudinales et rayonnantes très-
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distantes les unes des autres et formés d'éle'ments d'un beau jaune. La moelle ne se dislingue guère du tissu parenchymateux sous-épidermique. Cette structure est remarquable.
D'après Lerchen {Amer. Journ. of Pharm., 1878, p. 470), cette racine abandonne à l'eau froide albumine, sucre, matière extr active et un acide. L'éther bouillant en sépare une masse résineuse grasse. L'alcool dissout les alcaloïdes et une résine brune. Distillée en présence de l'eau, elle donne une petite quantité d'buile volatile. Incinérée, elle laisse 10 pour 100 de cendres [silice, sels de potassium, sodium, calcium, magnésium et fer).
Les alcaloïdes que renferme cette racine sont la bérberine 4 pour 100, 1'%drastie ou Vhijdrustine 1,5 pour 100 et une autre substance de même nature à laquelle Lerclien a donné le nom de xanlhopiiccine. Lloyd {Proceed. of the Amer. Pharm. Assoc, 1878) a indiqué la marche suivante pour obtenir les produits les plus importants de la racine dlujdrastis :
On la réduit en poudre demi-fine que l'on tasse modérément dans un appareil à déplacement, oii on la traite par l'alcool froid. Après un contact de trente-six heures, on laisse couler le liquide, et après avoir renouvelé cette opération une seconde fois on réunit les liqueurs que l'on filtre et que l'on traite, dans un vase refroidi, par l'action de l'acide sulfuiique en excès. Le mélange est abandonné à lui-même et filtré. Le précipité est de nouveau traité par l'acool. On réunit les liqueurs alcooliques par une opération subséquente.
Le précipité est du sulfate de berbérine impur. Dans cet état, il se trouve mélangé intimement avec de l'huile et revêt une couleur vert pâle; il laisse entre les doigts la sensation d'un corps onctueux. On le purifie en le traitant par l'eau froide et en ajoutant à la solution de l'ammoniaque en léger excès. 11 se fait du sulfate d'ammoniaque qui se dissout en même temps que la berbérine, qui est soluble dans l'eau et les solutions alcalines. Le précipité que l'on peut séparer par filtration est formé de sulfate d'hydrastine mélangé de résine et d"huile.
Pour obtenir Vhydrastine ou hydrastie, la liqueur alcoolique dont on a séparé le sulfate de berbérine impur est additionnée de son volume d'eau. On distille pour retirer l'alcool et la solution aqueuse est abandonnée à elle-même pendant plusieurs jours. On peut alors recueillir à sa surface une huile verte associée à une petite quantité de résine. En décantant la solution aqueuse privée de cette huile verte, on trouve au fond du vase une substance noire, goudronneuse, mêlée de particules jaunes et recouverte généralement de particules jaunesbrillantes. Elle consiste en résine, un peu d'huile, deux alcoloïdes, l'un blanc, l'autre jaune, et en matière colorante jaune. Le précipité, bien lavé et desséché, est doué d'une saveur acre. Ce doit être un mélange de plusieurs principes immédiats comme la quinoïdine. Ce mélange a reçu à tort le nom de hydrastine; il ne faut pas le confondre avec le principe pur, alcaloïde de l'hydrastis.
Dans le liquide aqueux décanté on trouve, à l'état de sulfate, un alcaloïde blanc ou jaune blanchâtre associé à une petite quantité des substances précédentes et à un acide végétal. Pour l'obtenir, on ajoute de l'ammoniaque en léger excès, on lave le précipité à l'eau froide, on le redissout et on le traite par l'acide sulfurique ; le sulfate formé est décomposé par l'ammoniaque. Le précipité, séparé du filtre, est dissous dans l'alcool bouillant, on filtre et on laisse cristalliser. On obtient ainsi des crislaux d'une couleur jaune foncée, non amers mais d'une âcreté désagréable. On peut purifier l'alcaloïde par des
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cristallisations répétées dans l'alcool bouillant : alors on a Vliydrastie ou hijdrastine .
Un troisième alcoloïde, la xanthopuccine , a été découvert par Haie en 1875 et Burt en 1875. D'après flermann Lerchen, on l'obtient en ajoutant de l'ammoniaque en excès aux eaux-mères dont on a séparé la berbérine et Vhydrasline. Cet alcaloïde se sépare de sa solution alcoolique en cristaux jaune oranj^e. 11 diffère de la berbérine en ce qu'il se dissout dans les acides nitrique et clilorhydrique sans changer de couleur et en communiquant à l'acide suifurique une coloration jaune clair.
La racine d'Iiydrastis jouit en Amérique d'une grande vogue comme tonique anlipériodique et diurétique. On l'emploie soit en décoction (60 pour 1000) aqueuse^ soit sous l'orme d'extrait alcoolique ou de teinture, mais la principale application de ce médicament est son emploi contre Yhémorrhagie utérine : il serait également efficace dans d'autres troubles fonctionnels de l'appareil utéroovarien, dans les anomalies de la menstruation, dans la congestion de la matrice. D'après Sclialz (de Rostock) et Felner, cet agent aurait la propriété de faire contracter les vaisseaux de l'appareil utéro-ovarien, et, par suite, tendrait à l'aire diminuer l'Iiyperémie des organes génitaux.
A liantes doses ou à doses faibles longtemps continuées, il diminuerait la fréquence de la menstruation; l'écoulement serait jugulé et la douleur soulagée, soit dans les ménorrliagies et les dysménorrhées qui n'ont point de causes locales, soit dans celles qui sont le fait d'une maladie de l'organe utéro-ovarien. Son action dans les ménorrhagies, suites de myomes, serait remarquable; il arrêterait les hémorrliagies et même serait susceptible de les prévenir. Schatz l'a employé à l'état d'extrait fluide dans plus de 50 cas dans lesquels ou administre ordinairement l'ergot, il obtint des succès dans les 2/3 des cas.
Le docteur Gordon (de Ilannibal) emploie d'une façon ordinaire la teinture d'hydraslis dans l'hémorrhagie utérine avec des résultats si satisfaisants qu'il n'utilise jamais d'autre remède quand la perte de sang est très-grande : il donne 20 à 50 gouttes de teinture à courts intervalles, jusqu'à ce que la perte soit arrêtée. Il continue ensuite le médicament à dose de 2 à o gouttes à intervalles plus éloignés. Dans la ménorrhagie, la dose prescrite par ^Gordon est de 2 à 5 gouttes toutes les deux ou trois heures. Quand l'écoulement menstruel est réduit à ses proportions ordinaires, on continue ïhydrastis à doses faibles jusqu'à la prochaine époque. Dans la dysménorrhée symptomatique d'une endométrite chronique, l'administration simultanée d'une teinture àliydrastis et de brome, trois fois par jour, a donné de bons résultats à Gordon.
Schatz prescrit 20 gouttes d'extrait fluide quatre fois par jour, à prendre huit fois avant le début présumé des règles pour préserver de la ménorrhagie.
Le docteur J. Vopistzelf, médecin de l'hôpital de l'Empereur Paul (à Moscou), a employé l'extrait lluide dans 20 cas d'hémorrhagie utérine, tels que la ménorrhagie, les cancers fibro'ides, etc., et a obtenu les meilleurs résultats dans les cas d'hémorrhagie chronique et subaiguë dépendant de l'inflammation des tissus de l'utérus et de ceux qui environnent cet organe, aussi bien que dans les déplacements de la matrice. Ce médecin pense qu'on peut espérer le succès dans les cas o\x l'utérus est rigide, développé; quand les muqueuses sont enflammées, ramollies, ou même ulcérées, ou bien encore quand il existe une exsudation autour de la matrice. Dans tous les autres cas, le succès est plus ou moins douteux. Quand il s'agit de fibro'ides utérins et de cancers du col de la matrice, ïhydrastis né DICT. ENC. 4« s. XIY, 35
à'iti HYDRE.
peut anèlor les liémoirliagies. Il confirme le ûùt que ce médicament a une influence lieuieuse sur la dyspepsie qui accompagne souvent les maladies des femmes. 11 améliore la digestion et fait disparaître les douleurs gastiùques. Cet auteur administre l'extrait fluide à la dose de 1 gramme. É. Heckel.
niDRATROPlUjUK (Acide). CH'^O'. S'obtient par action de l'hydrogène naissant sur l'acide atropique. C'est un liquide incolore, ne se solidifiant pas à une basse température. L. H>'.
mfDR.VZllX'ES. On donne ce nom à une classe de composés qui dérivent thoioriquement du diamidogène, H-Az.Âzll-, parla substitution de radicaux gras ou aromatiques, alcooliques, phénoliques ou acides, à un ou plusieurs atomes d'hydrogène. 11 doit donc exister des hydrazines primaires, secondaires, tertiaires ou quaternaires, selon que la substitution porte sur 1, 2, 3 ou 4 atomes d'hydrogène. Les hydrazines primaires sont ou non symétriques, d'où des métaméries. Ainsi Vhydrazoheiizol, C^ll'.HAz.AzH.C'ir', est isomérique avec la dlphénylhydrazine, (G''llY-Az.Azll-. non symétrique. On n'a pas encore obtenu d'hydrazines tertiaires et quaternaires. Mais il existe des produits d'addition dont l'étude nous entraînerait trop loin.
On obtient les hydrazines primaires par l'action de l'hydrogène naissant sur les dérivés nitrosés des ammoniaques composées ou sur les dérivés diazoïques.
Les hydrazines primaires se comportent comme des bases biacides. Elles sont huileuses ou cristallisables, volatiles, solubles dans l'eau et l'alcool, aisément oxydables et même réductrices. L'acide azoteux les détruit en dégageant de l'azote. Avec les hydrazines aromatiques il forme des dérivés nitrosés.
Les hydrazines primaires se comportent avec les élhers à hydracides ou avec les chlorures acides comme les ammoniaques composées et donnent des hydrazines secondaires ou des amides. L. tl.N.
HYDRAZOKEVZOIQUE (Acide). C»''n'-Az*0''. Se produit en mélangeant une solution de sulfate de fer avec une solution bouillante d'azobenzoate de sodium dans la soude en excès. Il forme des flocons blanc-jaunàtre, insolubles dans l'eau, difficilement solubles dans l'alcool bouillant. L. Hn.
HYDBAZOBE^ZOE. C'-Il'-O-. Se forme par action de l'hydrogène sulfuré ou de l'amalgame de sodium sur l'azobenzol ou l'azoxybenzol. 11 cristallise en tables fusibles à 131 degrés, presque insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool et l'éther, douées d'une odeur de camphre. La chaleur le décompose enazobenzol et en aniline. L. Hn.
HYDRA./.UL>ii;VE. C'fPAz'"'. Se forme par action du cyanogène sur du gaz ammoniac sec. Elle constitue des lamelles noires cassantes, décrépitant à la chaleur; elle se gonfle et laisse un résidu de paracyanogène.
Lorsqu'on traite l'hydrazulmine par l'eau froide, il se forme de Vhydrazulmoxine, C''H^Az''0, corps amorphe brun foncé, identique avec l'acide azulmique. L. Hn.
HYDRE. La dénomination à'Hydra a été employée primitivement par quelques auteurs, notamment par Gaertner et Boadsch, pour désigner les ani-