HYDRE
maux que Linné avait nommés d'abord Priapns, puis Hololhnrin, mais ce dernier auteur l'a ajipliqué définitivement à ceux que Réaiimur avait désignes sons le nom de Pohjpus et dont Abraham Trembley a décrit l'histoire sous celui de Polijpes d'eau douce.
Ces petits êtres, Irès-communs dans nos mares et nos étangs, ont été signalés pour la première fois en 1703 par l'illustre micrographe hollandais Leemveulioek [Art. Anglic, vol. XX, n'' '285, art. 4) et par un anonyme, dans le mèm- recueil, n» -288, art. 2i). Plus lard Bernard de Jussieu, les ayant trouvés aux environs de Paris et jusque dans les bassins du Jardin des Plantes, où ils abondent, fit part de sa découverte à Réaumur, qui en parle dans la préface du tome VI de ?es Mémoires pour servir à l'histoire des Insectes, publié en 1742. Mais leur véritable observateur, celui qui les a rattachés au règne animal, est sans contredit Abraham Trembley, précepteur des enfants du comte de Benlink. Ce savant en avait découvert de nombieux individus dans les bassins du château de Sorgiiliet, propriéié du comte aux environs de La Haye, et ce fut sur ^cs individus qu'il entreprit cette merveilleuse série d'expériences publiées en 1744, à Leyde, sous le litre de /l/e'/noiVes pour servir à VhisLoire d'un (jeiire de Polypes d'eau douce à bras en forme de cornes, « expériences qui ont fait de lut l'émule de Bonnet son maître, de Swammerdam son contemporain, et de Lyooet, l'habile anatomisle qui, dans son enthousiasme, apprit à graver pour exécuter lui-même sur cuivre les planches des Mémoires sur les Polypes » {voij. E. Perrier, Les colonies animales, 1881, p. 170).
Dans l'état actuel de lu science, les Hydres d'eau douce conslituent, dans l'embranchement de Coelentérés, un groupe spécial, celui des Ilydr.iires, auquel appartiennent également les Gordylopliores. Ce sont des animaux exttêmement simples, dont le corps, dépourvu de squelette corné, est cylindrique on eu foime de massue, et doué d'une contractilité remarquable. Formé presque exclusivement de tissu conjonclif, il se réduit à un simple tube dont la pardi présente une couche cellulaire externe {ectoderme) et une couche cellulaire interne {endoderme); il eu résulte que la cavité digestive s'étend d'un bout à l'autre du corps, et, si l'on retourne l'animal à la manière d'un do'i^t de gant, les fonctions digestives continuent à s'accomplir dans la nouvelle cavité.
La cavité du corps est pourvue antérieurement d'une ouvertire entourée de six à tieize, et même dix-huit bra^, ayant l'aspect de filaments Irès-grèles et trôs-conliactiles, munis de nombreuses capsules urlicantes ou némaiory^tes, suspendus à l'extrémité d'autres filaments aussi déliés que des fils d'araignées. Ces tentacules ne dépassent pas, en général, la moitié de la longueur du corps, mais ils peuvent atteindre, dans ÏHydra fusca, jusqu'à plusiiiurs décimètres de long. Une membrane tendue entre les tentacides ferme l'ouvert urc au.'érieure du corps, mais d'une façon incomplète, car elle est elle-même pert".<^e, à son cciiire, d'un orifice par lequel la cavité du corps communique avec Textérieur. Cette cavité sert à la fois à l'entrée des matières alimentaires et à la sortie des résidus de la digestion.
Les Hydres vivent essentiellement dans les eaux douces, où on les trouve fixées par leur pôle postérieur sur les plantes ou les corps submergés. EMes se déplacent à la manière des chenilles des Phalénides, qu'on a[ipelle Chenilles arpenlemes, parce qu'elles semblent mesurer le terrain sur lequel elles se meuvent. En elfet, pour se déplacer, les Hydres courbent leurs corps eu arc, se fixent par l'ouverture buccale, détachent leur pied et le ramènent vers la bouche,
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puis détachent celle-ci, la fixent de nouveau et ramènent vers elle, comme précédemment, leur partie postérieure. Elles jouissent, d'ailleurs, d'une vitalité telle qu'en coupant leur corps en morceaux ciiacun des segments ainsi obtenus peut reproduire un nouvel individu. Les organes sexuels mâles sont situés à la base des tentacules, les organes femelles au contraire dans le voisinage du pôle postérieur, dans réf)aisseur de l'ectoderme. La reproduction s'effectue non-seulement par oviparilé (ce qui a lieu généralement en automne), mais encore par scissiparilé régulière et par gemmipai'ité. Dans ce dernier cas, les gemmes, une fois développés, peuvent rester attachés à la mère et former une véritable colonie, ou bien s'en détacher pour former de nouveaux individus.
Parmi les espèces les plus connues, nous signalerons seulement 1'//. viridis L., 1'//. fusca L. et 1'//. f/visea L., qui sont communes dans les étangs et les mares de presque toute l'Europe. Ed. Lef.
HYIIRÉMIE. Ce mot a été créé par Bouillaud, en 1834, pour désigner un état particulier du sang dans lequel la quantité d'eau contenue dans ce liquide dépasse les proportions normales. Formé des deux mots grecs tIhÎwo, alua, il n'est pas aussi correct au point de vue orthographique que le terme hydroémie. et celui dliydrohéinie, [)roposé par Gubler, est encore préférable aux deux premiers.
1. 11 y a maintenant deux siècles environ que la science, s'aidant de la précieuse découverle du microscope, a pu enregistrer ce grand fait, la présence de deux éléments distincts dans le sang considéré au point de vue phvsiqiie, les globules et le plasma. Ces deux éléments, le plasma notauiment, contiennent une quantité d'eau représentée par des nombres qui diffèrent un peu suivant les observateurs.
Pour Becquerel et Rodier, 1000 grammes de sang donnent en eau les chiffres suivants :
Maximum. Minimum. Moyenne.
Hommes 800 760 '80
Femmes 815 "75 791
D'après Schmidt, opérant d'une façon différente, 1000 parties de sang, recueillies chez un jeune homme de vingt-cinq ans, fournissent :
Pour IVau des globules 5i9.71
Pour lY-au du plasma 459,00
Et en totalisant 788,71
Quant aux recherches plus récentes de Strecker et de Denis (de Gommercy), elles établissent que 1000 grammes de sang contiennent 903,0 d'eau (d'après Strecker) et 905,7 (d'après Denis); dans l'un et l'autre de ces nombres sont contenus, d'ailleurs, les quantités d'eau qui entrent aussi bien dans la constitution des globules que dans celle du plasma.
En somme, si on totalise tous ces résultats partiels pour en retirer une moyenne, on arrive à conclure que l'eau du sang peut être représentée par le nombre 855,68, sur 1000 grammes de sang. Quand la proportion d'eau contenue dans ce liquide dépasse notablement ce chiffre, ou peut avancer que l'état d'hydrohémie est constitué.
2. L'hydrohémie ne paraît pas pouvoir se développer dans l'organisme indé-
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pendamment de certaines maladies dont elle constitue dès lors l'un des symptômes; en d'autres termes, i\ ne semble pas qu'il existe une hydroliémie primitive. On a cru pouvoir le dire, cependant, à propos de certaines chloroses dont le point de départ, la cause, paraissait les placer en dehors des anémies ordinaires ou de la chlorose classique. On ne trouvait plus dans la constitution de ces hydrohémies les altérations du sang ou des autres humeurs de l'économie qui préparent, à l'ordinaire, l'hydrohémie commune, et qui, dans l'évolution qu'elles effectuent, la relèguent au second plan. Dans tous les cas, ces hydrohémies primitives^ essentielles, à l'existence desquelles nous ne croyons pas, sont, en fait, absolument exceptionnelles : elles ne sont enfrées, pensons-nous, dans la nosologie et dans la pratique, qu'en raison de diflicullés accidentelles de recherclie et d'examen clinique.
0. Je vais donc m'occuper des hydrohémies secondaires, dont l'étude, d'ailleurs, est la seule qui puisse s'appuyer sur des faits précis et réellement scientifiques; mais je ne puis passer sous silence, au préalable, bien qu'elle ne soit liée aux autres hydrohémies, ni par sa cause, ni par ses phénomènes intimes, et qu'elle ne puisse leur être assimilée au point de vue de son mécanisme, l'hydrohémie spéciale à laquelle on a donné les noms d'artificielle ou d'expérimentale.
L'hydrohémie a, en effet, été produite expérimentalement dans le but de se rendre compte de certaines hydropisies. On injecte dans les veines d'un animal une certaine quantité d'eau, d'où une hydroliémie artificielle qui a pour conséquence possible des œdèmes et des hydropisies. Tout d'abord l'eau injectée mise en contact avec le plasma et les globules rouges étend l'albumine du premier de ces éléments du sang, déforme et altère les hématies, puis, l'injection introduisant de nouvelles quantités d'eau dans l'appareil circulaloire, et la pression intra-vasculaire augmentant de plus en plus, le sérum clendu d'eau s'extravase dans le tissu conneclif interstitiel des membranes et des parenchymes ou dans les cavités séreuses, après avoir forcé la barrière que constituait, à l'état normal, sous l'induence de l'égalité de pression intra et extra-vasculaire, la paroi des capillaires. On observe en outre, consécutivement à ces épanchements, ia diminution de l'albumine du sang et, dans une proportion beaucoup moins sensible, celle des globules. Le premier de ces phénomènes s'explique, comme nous venons de le voir, par ce fait que l'eau injectée entraîne avec elle une quantité variable de sérum, au moment où elle envahit les espaces extra-vasculaires; et c'est par le même mécanisme que l'on retrouve dans le liquide des hydropisies constatées quelques globules rouges et blancs extravasés qui font, dès lors, défaut dans le milieu sanguin.
4. J'arrive à 1 "étude des hydrohémies vraies. Elles sont extrêmement nombreuses, comme nous allons le voir, si on les considère au point de vue de leurs causes éloignées, mais il n'est pas impossible de les rapprocher les unes des autres au point de vue de leur cause prochaine, sans forcer les données de l'observation,
L'hydrohémie est l'état habituel de la femme enceinte. Peu de temps après la fécondation, la masse du sang subit une augmentation qui devient progressive, mais qui est surtout appréciable pendant les six derniers mois de la grossesse. Cette augmentation, toutefois, ne se fait pas sans rompre l'équilibre des rapports qui existent entre les éléments constitutifs du sang, car ce que l'on constate sous l'influence de l'état gravide, c'est l'augmentation de la quantité d'eau, la