IVRAIE
Ulvetta musquée est VAjuga iva ScKreb. {Teucrium iva L.). espèce voisine de la précédente, mais spéciale aux collines calcaires de la région méditerranéenne. C'est VHerba Ivx moschntœ vel Chanicepihjos monspeliaci des anciennes pharmacopées. Elle était employée jadis comme tonique, apéritive et antispasmodique. Ed. Lef.
IVOIVICZ (Eaux minérales d'). Athermales, chlorurées sadiques fortes, carboniques fortes. Dans la Galicie, à 10 kilomètres de Krosno, émergent quatre sources dont les deux principales sont désijunées par les numéros 1 et 2; la troisième est appelée Eisenquelle (source Ferrugineuse) ; la source n° 4 est remarquable par la quantité de gaz hydrogène carboné qui s'en dégage. La température des deux premières varie entre 10", 5 et 11 degrés centigrade, Torosievicz en a fait l'analyse et a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :
SOIBCE N* 1. SOURCE >° 2.
Chlorure de soilium 6,408 5,002
Bromure de sodium 0,030 0,010
lodure de sodium 0,017 0.004
Bicarbonate de soude 2,U9 0,848
— chaux 0,182 0,155
— magnésie 0,070 0,034
— ammoniaque 0,026 »
— fer 0,004 0,006
— manganèse 0,002 0,002
Silice 0,010 0,011
Matière organique 0,007 0,009
— bitumineuse 0,005 0,004
Total des matièbes fixes 8,880 6,105
I acide carbonique 608 c. c. 451 c c.
Gaz. . I hydrogène carboné 105 — 12,4 —
/ azote 14 — 2o —
Total des gaz 727 c. c. 488,4 c. c.
Il existe près de ces sources un établissement bien installé. Les eaux de la source ferrugineuse sont consommées à la dose de 4 à 6 verres pris le matin à jeun, et les malades doivent aussi en boire à leurs repas. La composition chimique et les effets physiologiques des sources d'Ivonicz les rapprochent beaucoup de celles d'AoELHEiDSQUELLE. Qu'il nous suffise de rappeler que les eaux d'Ivonicz à l'intérieur et à l'extérieur conviennent aux constitutions strumeuses torpides, surtout quand elles sont accompagnées de maladies des os ou des articulations. Ce traitement réussit de même dans les affections humides de la peau et enfin dans les maladies syphilitiques anciennes qui ont besoin d'être traitées par les iodurés naturels quand la constitution des malades nécessite d'être remontée par un traitement fortement tonique. A. R.
lYRAie. Nom vulgaire du Lolium temulentum L., plante de la famille des Graminées et du groupe des Triticées. C'est une herbe annuelle dont les tiges raides, dressées, portent des feuilles planes, d'autant plus larges et plus rudes qu'elles sont placées plus haut, et accompagnées d'une ligule très-courte et tronquée. Ces épillets, très -rapprochés du rachis, contiennent de cinq à dix fleurs ovales oblongues, renflées à la maturité. La glumelle inférieure est plus ou moins longuement aristée.
L'Ivraie est commune dans les moissons de l'Europe. On la rencontre éga-
IXODES. 525
lement au Chili, au Japon et à la Nouvelle-Hollande. Ses graines sont vénéneuses . La fausse Ivraie [Lolium perenne L.) est une espèce vivace, très-commune en France dans les prairies, les pâturages, les lieux herbeux incultes. On l'utilise comme plante fourragère sous le nom de Ray grass. Il en est de même de sa variété italicum, qui porte le nom de Ray grass dltalie. Ed. Lef.
IVRESSE. Voy. Alcoolisme, Delirium tremens.
IVVAI^OFF (Alexandek). Médecin russe, né en 1856, étudia à Moscou et s'occupa spécialement des maladies des yeux. Reçu docteur en médecine à Saint-Pétersbourg en 1867, il devint professeur d'ophthalmologie à Kiev, en 1869. Il est l'auteur de quelques recherches originales sur le corps vitré, le nerf optique, la rétine, etc. Ses mémoires ont été publiés dans le Zehender's klin. Monatsbiatter, VArchiv de de Graefe, etc. Il est mort le 15 octobre 1880. A. D.
IXODES (de l;w5/;;, visqueux, collant, tenace). Genre d'Arachnides Acariennes étabU par P. Latreille en 1797 (dans son Précis des caractères génériques des Insectes disposés dans tin ordre naturel, in-S". Brives) sur l'appareil buccal : composé de trois lames très-dures, dont l'inférieure dentelée, renfermées dans une gaîne obtuse, avancée, formée par les antennes. I.e genre Ixode comprenant un grand nombre d'espèces fut érigé en tribu par Leach et Sondeval, sous le nom d'Ixodides, puis Dugès en fit la famille des Ixodés. On s'accorde actuellement à partager les Ixodides en deux tribus, celle des Argasides [voy. Argas) et celle des Ixodides proprement dits. Koch a essayé de subdiviser les Ixodes en plusieurs nouveaux genres : Hyalomma, Héemalostor, Ambiyomma, Ixodes; cette tentative n'a pas été approuvée. Les deux grands genres Argas et Ixode sont au contraire généralement adoptés .
Les Ixodes étaient connus dès l'antiquité ; Aristote parle du Kuvopaiar^ç, qui tourmente les chiens, et Hermann a traduit ce mot par Cynorhseates , que Latreille n'a pas suivi. Le vulgaire désigne les espèces communes d'Ixodes sous le nom de Tiques ou de Poux des bois; on les appelle aussi Ricins, mais à tort, car ils n'ont rien de commun avec les Ricins véritables {voy. Ricins, Zoologie) .
Les caractères des Ixodes sont les suivants : de leur appareil buccal composé de deux maxilles soudées dans toute la longueur à une lèvre formant ainsi un dard rigide, portant des rangées de dents à pointes rétrogrades; palpes maxillaires quadri-articulés, cylindriques ou aplatis, disposés en une gaîne valvaire, enveloppant le dard au repos ; mandibules terminées en harpon à triple ou quadruple crochets. Le rostre est infère ou marginal, inséré tantôt au tégument, tantôt à un écusson céphalo-thoracique polygonal, grand chez les mâles, petit chez la femelle, portant près des bords latéraux, à la hauteur de la deuxième paire de pattes, une paire d'yeux simples.
Les pattes ont six articles, les hanches immobiles sont fixées sur le tégument thoracique, le dernier article offre un ambulacre avec une paire de crochets et une caroncule entière se plissant en éventail.
Le système respiratoire est trachéen, aboutissant à une paire de stigmates située en arrière de la dernière paire de pattes. L'appareil digestif est sacciforme, à lobes symétriques rayonnants et digités. L'organe sexuel mâle émerge d'une
526 XODES.
ouverture placée entre les hanches des premières paires de pattes, près et en arrière du bec. Orifice vulvaire sous forme d'ouverture transversale plissée et située comme l'ouverture mâle.
Les Ixodes sont tous ovipares et pondent un grand nombre d'œufs ; ils sont parasites temporaires et, naissant loin des animaux, ils cherchent dès leur naissance à s'y attacher pour s'en servir d'abord comme véhicule de leurs larves. A l'état de nymphes, ils vivent de l'humeur plus ou moins purulente dont ils provoquent la production par leur rostre barbelé, implanté dans la peau; la femelle fécondée se gorge de sang, ce qui lui fait acquérir un volume décuple de sa grosseur primitive, les œufs se développant grâce au sang absorbé. La femelle repue prend l'aspect d'une graine de ricin ou d'une olive, tandis qu'elle est, au moment de s'attaquer à son hôte, à peine grosse comme une graine de lin. Ces femelles d'ixodes gorgées de sang retirent leur rostre, se laissent tomber à terre, cherchent un endroit retiré et pondent leurs innombrables œufs, en un tas où leur rostre est enfoui. Chabrier et Latreille ont cru qu'elles pondaient parla bouche, mais II. Lucas a reconnu l'erreur, et je me suis assuré moi-même de la ponte par l'orifice valvaire post-buccal. La ponte dure longtemps, au moins une semaine, je l'ai vue se prolonger davantage; on admet quinze à vingt jours. Alors l'Ixode femelle est revenue à la taille primitive, elle est vidée, se ratatine et meurt.
Les petites larves éclosent au bout d'une à deux semaines, elles sont d'un rouge clair, hexapodes, et se répandent sur les objets environnants; elles peuvent rester fort longtemps sans prendre de la nourriture. On en trouve sur les petits rongeurs, campagnols, lièvres ou lapins. Les nymphes, plus grandes que les larves, sont octopodes, elles n'ont pas d'organes sexuels, mais elles sont pourvues de stigmates qui manquent chez les larves. A cet âge, elles implantent le rostre dans le derme des animaux, et même parfois elles pénètrent sous la peau en provoquant alors l'apparition de pustules; généralement elles ne s'attachent que par le rostre et absorbent du sang; leur taille double, tout au plus, et leur teinte devient brunâtre. Les nymphes étant devenues sexuées après une dernière métamorphose, les Ixodes mâles et femelles s'accouplent. On les trouve souvent de la sorte sur les animaux, et cet accouplement soupçonné par De Géer a été longtemps méconnu; il semblait possible que les petits Ixodes noirs attachés à des Ixodes plus grands, se gonflant de sang, fussent des suceurs parasites. Il est certain que les mâles très-petits se fixent sur la face ventrale des femelles, la lête tournée vers l'extrémité postérieure, de manière à introduire le pénis dans la vulve, les orifices des deux sexes étant situés à la partie antérieure du corps. Le rostre du mâle n'est ici que le guide de l'organe copulateur, et ce rostre est en même temps un moyen d'adhérence intime entre le mâle et la femelle.
Les Ixodes sont communs dans les endroits boisés, dans les taillis, ce qui explique leur fréquence sur les Chiens de chasse. Latreille signale l'attitude des Ixodes acci-ochés au végétal, ou à un corps quelconque, par les pattes antérieures et tenant les autres étendues et comme en arrêt. Tous les Vertébrés terrestres peuvent leur servir d'hôte, surtout pour les larves, les nymphes et les mâles. Ceux-ci à la recherche des femelles se font véhiculer par tous les animaux, surtout les lézards. En Afrique, la Tortue mauritanique sert de moyen de transport au mâle d'une grande espèce dont la femelle est parasite des grands bœufs d'Algérie. Les mâles paraissent prendre peu ou point de nourriture, leur taille reste invariable.
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Les espèces d'ixodes sont difficiles à distinguer les unes des autres, plusieurs sont purement nominales. Mégnin, dans une révision de ce groupe intéressant, cherche à établir des caractères spécifiques rigoureux.
L'IxoDE RICIN {Ixodes ricinus Linné) est le Ricimis canimts Ray; la Tique des Chiens Geoffroy; Cynorhsestes ricinm Hermann. Les deux sexes sont dissemblables pour la constitution du rostre. La femelle à jeun a 4 millimètres de long sur 3 de large; fécondée, puis repue, elle ressemble à une graine de ricin et mesure alors iO à H millimètres de longueur, sur 6 à 7 millimètres de largeur. Écusson cordiforme, brun, lisse. Rostre court, carré, à dard rectangulaire, muni inférieurement de deux rangées de huit dents chacune, à chélicères terminées par un harpon de trois dents, à palpes larges et courts en forme de couperets. Mâle, long de 2"i'",60 à S"'"', 70, large de 1""",50. Corps rétréci en avant, large et anguleux en arrière, face supérieure recouverte par l'écusson d'un brun mat; rostre plus petit que celui de la femelle, le dard n'ayant de chaque côté qu'une seule rangée de cinq dents et des chélicères terminées par un harpon à quatre dents. Rostre des femelles et des larves semblable à celui de la femelle. Œufs ovoïdes et de couleur fauve. — L'Ixode ricin est commun sur les Chiens de chasse, on le trouve aussi sur les Moutons et les Bœufs, je l'ai vu attaché sur divers Oiseaux sauvages. Il se fixe aussi sur l'Homme, et le dard ayant pénétré ne peut que très-difficilement être enlevé, on le laisse dans la peau en arrachant le corps; ce dard s'élimine alors par un travail de suppuration. Le mieux pour faire détacher les Ixodes est de les enduire d'essence de térébenthine ou de benzine. On doit toujours les détruire le plus possible pour empêcher leur repullulation. Les piqûres d'Ixode ricin ne paraissent pas tourmenter beaucoup les animaux, l'action sur l'homme est cependant douloureuse et la douleur assez vive. Les suites ne sont pas redoutables, à moins de complications.
L'IxoDE RÉouvE {Ixodes reduviïis De Géer, mais non Ilermann) a le rostre semblable dans les deux sexes, ainsi qu'on le constate sur les sujets accouplés. Dard lancéolé, pointe anguleuse avec deux rangées de dents, plus une petite rangée interrompue en dedans de l'interne; chélicères avec un harpon à cinq dents; palpes disposés en lames de rasoir. Femelle de la taille de l'espèce précédente, roux-jaunàtre à jeun, mais de couleur plombée quand elle est repue. Écusson ovale, noir, bordé de blanc en avant, avec quelques poils rares. Mâle long de 5 millimètres, large de deux, triangulaire, arrondi en arrière, écusson noir. — L'Ixode réduve attaque de préférence les Moutons et les Bœufs, rarement les Chiens ou l'Homme. Mégnin l'a pris sur le Hérisson; il a vu les nymphes sur une foule d'animaux. Reptiles, Oiseaux, Mammifères, tantôt sur des Lézards verts ou ocellés, sur des Verdiers, des Goélands, des Chauves-souris, des Fouines, Lièvres, Écureuils, Chevreuils, même sur le Cheval. Celte nymphe d'Ixode peut finir par percer la peau, se fixer sous le tégument et donner lieu à une sorte d'éruption furonculeuse.
L'IxoDE ÉGYPTIEN [Ixodes œgyptiiis Audouin) et I'Ixode algérien (Ixode algeriensis Mégnin) sont deux grandes espèces attaquant les bestiaux africains, surtout les Bœufs, qu'ils épuisent et peuvent même faire périr, s'ils sont trop multipliés. On les trouve en France sur le bétail introduit d'Algérie.
L'IxoDE AMÉRICAIN [Ixodes americaiius Linné ; /. nigua Guériii-Méneville) est mal connu. Sous le nom vulgaire et collectif de Garapate, on a désigné plusieurs Ixodes de petite taille, attaquant l'Homme et les animaux dans l'Amérique du Sud. Le terme de Garapate n'a pas plus de valeur que le mot Tique.
528 IXORA.
Les ïxodidcs du ^enre Argas sont remarquables. Depuis la publication de l'article Argas (tome VI. page 53-54 du Dictionnaire), la science a été fixée sur plusieurs points.
L'Argas bordé [Argas marginatus Fabricius; Argas reflexus Latreille; Argas columbx Hermann) vit dans nos contrées sur les Pigeons, dont il suce le sang; il est commun dans les colombiers et, une fois repu, il peut vivre fort longtemps sans prendre de nourriture. Plusieurs faits de piqûre de cet Argas sur l'homme montrent que la salive n'est pas fort venimeuse. Il occasionne de la douleur, un œdème plus au moins persistant, mais rien de plus.
L'Argas de Perse (Argus persicus Fisclier), la Punaise de Miana ou Miane', Punaise de Charoub-Bastan, Guérib-Guez ou Garib-Gues, c'est-à-dire nuisible aux étrangers, m'a été envoyé par le docteur Tholozan; nous l'avons examiné avec P. Mcgnin et nous doutons qu'il produise les effets dangereux qui lui ont été attribués.
L'Argas de Tholozan {Argas Tholozani Laboulbèneet Mégnin), connu sous le nom de Punaise du Mouton ou AVne, passe pour très-dangereux; cependant, à Paris, P. Mégnin s'est fait piquer sans ressentir la moindre conséquence lâcheuse.
Il paraît certain aujourd'hui que les Ixodes et les Argas n'ont pas la salive venimeuse des Acariens psoriques, et qu'ils ne sont nuisibles qu'en inoculant avec leur piqûre des matières septiques puisées sur divers animaux malades. Les Argas que j'ai reçus de Perse et dont l'un a piqué P. Mégnin étaient resté? plusieurs années à Paris dans une boîte sans prendre de nourriture (P. Mégnin, Les parasites et les maladies parasitaires, etc., p. 121 et suiv., 1880. — A. Laboulbène et P. Mégnin, Journal de Vanatomie et de la physiologie de l'homme et des animaux, t. XVlll, p. 517-341, avec 3 planches, 1882).
A. Labodlbèïse.
IXORA. (L.). C'est le nom d'un genre de Rubiacées, remarquable par sa corolle tordue, son androcée isostémoné et son ovaire infère qui a normalement deux loges avec, dans chacune d'elles, un ovule ascendant, à micropyle extérieur et inférieur. Le fruit est charnu, avec une ou deux graines albuminées. La plus connue des espèces utiles est 1'/. coccinea L., de l'Inde. C'est le Sghetti de Rbeede, qui passe pour stimulant. L'/. alba, le Bem Schetti, a des fleurs qu'on respire pour calmer les céphalalgies. On broie ses feuilles avec du Cumin et on les applique sur les pustules des enfants nouveau-nés. Le Neduin-Schetti est aussi, croit-on, un Ixora. Sa décoction, mélangée à de l'huile, s'emploie topiquement au traitement du prurit des organes génitaux externes. Les Pavetta sont aussi, à notre sens, des Ixora. ^H. BiN.