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Cefte statistique intéressante sans doute pèche cependant par l'absence d'indications relatives aux appareils renouvelés.
, La durée d'un membre artificiel, de l'aveu de tous les fabricants, de'pend pour beaucoup du soin qu'en prend son porteur. On cite des jambes artificielles
qui ont pu servir pendant quinze ou vingt ans, mais, en général, au bout de trois ans, un pilon, après cinq ans une jambe artilicielle, ont besoin d'être renouvelés. Celte dernière période de cinq ans a été adoptée par le gouvernement des États-Unis comme durée des membres fournis aux pensionnés.
Modèles. Mieux que toute description les figures ci-jointes donneront une idée suffisante des modèles divers fabriqués en France à notre époque.
Fig. 10. — Jambe artificielle avec verrou fixateur pour amputations de cuisse.
n, modèle Mathieu. — b, modèle Coliin.
Mesures nécessaires a prendre en indiquant le côté amputé. Pour la jambe de bois à pilon pour marcher sur le genou (fig. 11). — U, V, la longueur du centre du genou au bout du moignon. — X, I, hauteur du dessous du genou fléclii au sol. — D, D, diamètre transversal du genou fléchi. — E, circonférence de la ceinture. — Indiquer le côté amputé.
Cuissard bois à pilon, (fig. 12). — Côte' normal. — P, B, hauteur de l'ischion au sol.
Côté amputé. P, M, hauteur de l'ischion au bout du moignon. — K, circonférence du haut de la cuisse. — J, circonférence du bout du moignon. — L, circonférence de la ceinture. — Indiquer le côté amputé.
Pour les amputations siis-malléolaires (fig. 12). — Hauteur de la jambe normale du centre du genou au sol, le moulage de la jambe et à mi-cuisse et du moignon.
Indiquer le côté amputé.
Pour amputation de la jambe au tiers inférieur (fig. d2). — Côté normal. — P, B, hauteur de l'ischiou au soi. — P, 0, hauteur de l'ischion au centre du genou. — 0, B, hauteur du centre du genou au sol. — B, A, longueur du pied. — C, circonférence au niveau des orteils. — E, circonférence du talon au cou-de-pied. — N, circonférence au niveau des malléoles.
Côté amputé. 0, F, hauteur du centre du genou au bout du moignon. — 0, diamètre transversal du genou. — K, circonférence du haut de la cuisse. — • ,1, circonférence du bas de la cuisse. — II, circonférence du haut du moignon.
Fig. 11.
Fig. 12.
— G, circonférence du bout du moignon. — L, circonférence de la ceinture. — Fournir une chaussure et le moulage en plâtre du côté amputé.
Pour les amputations de la jambe au lieu d'élection, pour marcher sur le genou (fig. H). — Côté normal. — T, U, hauteur du trochanter au centre du oenou. — U, I, hauteur du centre du genou au sol. — K, U, hauteur du périnée au centre du genou. — M, circonférence du mollet. — G, circonférence au niveau des malléoles. —A, B, circonférence du talon au cou-de-pied. — 0, circonférence au niveau des orteils. —1, longueur du pied.
Côté amputé. U, V, longueur du centre du genou au bout du moignon. — X, I, hauteur du dessous du genou fléchi au sol. — K, circonférence du haut de la cuisse. — J, circonférence au-dessus du genou. — D, D, diamètre trans-
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versai du genou fléchi. — L, circonférence de la ceinture. — Fournir une chaussure et le moulage en plâtre du côté amputé.
Pour amputation de cuisse (fig. 12). — Côté normal. — P, B, hauteur de l'ischion au sol. — P, 0, hauteur de l'ischion au centre du genou. — 0, B, hauteur du centre du genou au sol. — B, A, longueur du pied. — T, 0, hauteur du grand trochantcr au centre du genou. — 0, diamètre transversal du genou. — C, circonférence au niveau des orteils. — E, circonférence du talon au cou-de-pied. — N, circonférence au niveau des malléoles. — R, circonférence du mollet.
Côté amputé. P, M, hauteur de l'ischion au bout du moignon. — K, circonférence du haut du moignon. — J, circonférence du bout du moignon. — L, circonférence de la ceinture. — Fournir une chaussure et le moulage en plâtre du côté amputé.
Pour la désarticulation de la cuisse, mêmes mesures que pour l'amputation de cuisse, et fournir le moulage en plâtre de tout le bassin. H. Nimier.
JAMBIER AXTÉBIEUR (Moscle). Le jambier antérieur, encore appelé tibial antérieur {tibio-sustarsien, tibialis anticus, hippicus), est un muscle volumineux, prismatique et triangulaire, situé à la partie antérieure de la jambe. Il s'étend de l'extrémité supérieure du tibia au bord interne du pied.
Insertions. Le jambier antérieur prend naissance en haut : 1" sur la tubérosité antérieure et la tubérosité externe du tibia, principalement sur le tubercule, souvent très-volumineux, qui se trouve situé entre l'une et l'autre de ces deux tubérosités (tubercule du jambier antérieur) ; 2" sur la face externe du tibia, dans ses deux tiers supérieurs; 3'' sur la partie interne du ligament interosseux; 4" k la face profonde de l'aponévrose jambière; 5° sur 1h cloison fibreuse qui le sépare de l'extenseur commun des orteils.
De ces nombreuses surfaces d'insertion les faisceaux constitutifs du muscle se portent en bas et se jettent, à la partie inférieure de la jambe, sur un fort tendon, lequel passe sons le ligament annulaire antérieur du tarse et vient s'attacher à la fois sur le premier cunéiforme et sur l'extrémité postérieure du premier métatarsien.
Celle double insertion du jambier antérieur sur deux os contigus, qui nous paraît singulière au premier abord, nous est nettement expliquée par l'anatomie comparée. Tous les singes, en effet, depuis les Makis jusqu'aux Anthropoïdes, présentent au lieu et place de notre jambier antérieur deux muscles plus ou moins distincts : l'un attaché au premier cunéiforme et constituant le jambier antérieur proprement dit; l'autre se fixant au premier métatarsien et connu, en myologie simienne, sous le nom de long abducteur du gros orteil. Chez tes sino^es inférieurs, les deux muscles tibial antérieur et long abducteur du gros orteils sont distincts dans toute ou dans presque toute leur étendue. Chez les Anthropoïdes, au contraire, les deux muscles se fusionnent à leur origine pour ne devenir distincts qu'à une hauteur variable suivant chaque espèce et peut-être suivant chaque individu. J'ai vu cette division remonter, chez le Troglodytes Nii^er, un peu au-dessus de la partie moyenne de la jambe, comme chez les Troglodytes Âubryi de Gratiolet et Alix. Chez un orang j'ai constaté la fusion complète des deux muscles dans une étendue de 4 centimètres 1/2; elle occupait, chez le gorille de Duvernoy, la même longueur que les corps musculaires eux-mêmes; le tendon était seul bifurqué. Chez l'homme la fusion
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du jambier antérieur proprement dit et du long abducteur du gros orteil est absolument complète, et il ne reste de la duplicité primitive du muscle que sa double insertion sur le bord interne du pied.
Rapports. {"A la jambe, le jambier antérieur est en rapport; en avant, avec l'aponévrose et la peau; en arrière, avec le ligament interosseux; en dedans, avec le tibia; en dehors, avec l'extenseur commun des orteils d'abord et, plus bas, avec l'extenseur propre du gros orteil. — L'artère tibiale antérieure avec les deux veines et le nerf de même nom est située sur le côte postérieur et externe du jambier antérieur, qui est appelé pour cette raison son muscle satellite.
2" Alt pied, le tendon du jambier antérieur, se dégageant du ligament annulaire, se porte obliquement en bas et en dedans : en avant, il répond dans toute son étendue à l'aponévrose et à la peau ; en arrière, il croise successivement l'articulation tibio-tarsienne, l'astragale, la scaphoïde et le premier cunéiforme, dont le sépare souvent une petite bourse séreuse.
Action. Lorsqu'il se contracte, le jambier antérieur agit sur le pied, auquel il imprime trois ordres de mouvement : 1" il le fléchit sur la jambe; 2" il le rapproche de la ligne médiane; 5° il lui fait exécuter un mouvement de rotation en dedans. 11 est donc à la fois fléchisseur, adducteur et rotateur en dedans.
Anomalies. Le tendon inférieur peut être divisé en deux faisceaux : un faisceau pour le métatarsien, un faisceau pour le cunéiforme. Cette division, fort variable en étendue, peut remonter jusqu'au corps musculaire et mtéresser même ce dernier. Ces laits, on le voit, représentent exactement des dispositions simiennnes.
11 n'est pas extrêmement rare de voir le jambier antérieur présenter des faisceaux d'attache surnuméraires, pour différents points du pied. Jusqu'ici ces insertions anormales ont été notées : i" sur la première phalange du gros orteil ; 2° sur le ligament antérieur du tarse et les aponévroses dorsales du pied (muscles tibio-aponévrotiques) ; 5° sur l'astragale et sur le calcanéum [muscles tihio-astragalien et tibio-calcanéen) ; ¥ sur l'aponévrose plantaire (Wood). Je me borne ici à cette simple énumération, renvoyant pour les détails et pour linterprétation de ces différentes formations anormales aux mémoires spéciaux et lxi(i% Anomalies musculaires {^.1^1 -lli).
Je signalerai enfin, parmi les anomalies du jambier antérieur, le faisceau musculaire observé par Blandin {Trailé danatomie topographique, S*' édit., 1854, p. 628), qui longeait le côté interne du jambier antérieur et se rendait de l'extrémité supérieure du tibia à l'extrémité inférieure du même os. Ce faisceau sinoulier est peut-être l'homologue d'un faisceau accessoire du jambier antérieur qui chez la grenouille se détache de l'extrémité inférieure du fémur et se termine, en bas, aux trois quarts inférieurs de la face antérieure du tibia, jusqu'auprès de la tête articulaire inférieure {faisceau cruro-tibial de Cuvièr). ^- Testut.
JAMBIER POSTÉRIEUR (Muscle). Le jambier postérieur ou tibial postérieur [tibio-sous-tarsien, tibialis postions, nauticus) est un muscle de la région postérieure de la jambe. H est profondément situé entre les deux longs fléchisseurs des orteils qui lui sont parallèles et s'étend des deux os de la jambe au bord interne du pied.
PICT. ENC. 4* s. XYL -40
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Insertions. II prend naissance en haut : 1° sur la ligne oblique et la face postérieure du tibia, au-dessous et eu dehors du fléchisseur tibial; 2" sur la portion de la face interne du pcrané qui est située en arrière du ligament interosseux ; 5° sur les deux tiers supérieurs de ce ligament interosseux ; ¥ sur les cloisons fibreuses qui le séparent des deux longs Iléchisseurs.
De ces nombi'euses et larges surfaces d'insertion les fibres charnues se portent en bas, autour d'un long tendon qui apparaît dès la partie supérieure du muscle sous la forme d'une aponévrose dirigée d'avant en arrière. Ce tendon, placé d'abord en deliors de celui du fléchisseur commun des orteils, croise ce dernier à la partie inférieure de la jambe et en occupe successivement le côté antérieur et le cùté interne. Glissant ensuite derrière la malléole interne, il la contourne et change de direction pour atteindre le tubercule du scaplioïde, sur lequel il se termine, en envoyant des expansions aux trois cunéiformes et aux trois métatarsiens moyens.
Le tendon terminal du jambier postérieur présente, au niveau de son insertion ou un peu en arrière, un noyau fibro-cartilagineux dont l'existence est assez constante.
Rapports. 1° A la jambe, le tibial postérieur est recouvert par le soléaire, le fléchisseur commun des orteils, les vaisseaux tibiaux postérieurs et le nerf de même nom. Il recouvre le ligament interosseux et une partie des deux os de la jambe. En dedans, il lépond au fléchisseur tibial, en dehors, au fléchisseur péronier.
2" Au cou-de-pied, son tendon est contenu dans une coulisse ostéo-fibreuse qui lui est propre et que tapisse une synoviale destinée à faciliter ses glissements. 11 recouvre tout d'abord le bord postérieur de la malléole et, plus bas, le lii;;ament latéral mterne de l'articulation du cou-de-pied et le ligament calcanéoscaphoidien inférieur.
Action. En raison de son obliquité, le jambier postérieur exerce sur le pied une triple action : il l'étend sur la jambe, le porte dans l'adduction et lui imprime en même temps un mouvement de rotation en dedans.
Anomalies. Les variations anatomiques du jambier postérieur sont à la fois peu nombreuses et peu importantes : on a signalé, comme anomalie de ce muscle, la fusion plus ou moins intime de ses faisceaux d'origine avec les faisceaux voisins des longs fléchisseurs, plus particulièrement, du fléchisseur péronier. Mais déjà, à l'état normal, l'isolement de l'extrémité supérieure du jambier postérieur présente le plus souvent de grandes difficultés. Macalister décrit encore comme anomalie du jambier postérieur son insertion par un faisceau plus ou moins distinct : sur le tendon du long péronier, sur les deuxième, troisième et quatrième métatarsiens, sur le cuboïde, sur le court fléchisseur du pouce. Mais ce sont là encore des insertions constantes, comme il est facile de s'en rendre compte en suivant avec soin le tendon plantaire du jambier postérieur.
Le jambier postérieur faisait défaut dans un cas de Budge {Henle iind Pfeufers Zeitschrift, t. X, p. 128). Par contre, il était double dans un cas observé parBanhsen [Hejile und Pfeufers Zeitschrift, vol. XXXIII, p. 52). Toutefois îe faisceau qui est décrit par Banbsen sous le nom de iïbialis secundiis, et qui se détachait de la face postérieure du tibial postérieur pour venir se perdre sur la capsule de l'articulation du cou-de-pied, me paraît être un simple tenseur de la synoviale articulaire, tel que l'ont décrit Linhart et Henle, et n'avoir rien
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de commun avec le jambier postérieur, lequel descend à la région plantaire et se fixe aux os du tarse et du métatarse. L. Testut.
j.illBOi\XE.vu. Nom vulgaire donné indistinctement aux Mollusques qui composent le genre Pinna L. {voy. Pinne). Ed. Lef.
JAMBOSK. Voy. EUGENIA.
J.VMES (John-IIaddy). Chirurgien anglais, né à Exeter en 1780, mort dans cette ville le 17 mars 1861). 11 fut chirurgien de l'Iiôpilal d'Exeter, y fonda un musée d'anatomie et fit des leçons d'anatomie. Outre un grand nombre de bonnes publications, il a mis au jour : Observ. on some of the General Principles and on the Particular Nature and Treatment of the Différent Species of Inflammation, etc. (London, 1821; 2" éd., ISô'i), ouvrage couronné. L. H.v.
.Ia:\iceps (de Janus, divinité qu'on représente à deux faces, etcapiit, tète). Genre de monstres doubles sycéphaliens, à corps intimement soudés dans la partie supérieure, jusqu'à l'ombilic, avec une tète double à deux faces directement opposées, complètes ou presque complètes; les corps sont distincts dans leur partie inférieure, à partir de l'ombilic.
Cette monstruosité, relativement rare, est plus commune chez les animaux (surtout le mouton) que chez l'homme. L. Hn.
JA^'I^ DE C0MBE-BLA%CIIE (Jea>). Célèbre oculiste français, né à Garcassonne le 12 juin 1781, mort vers 1799. Il exerça à Colmette, à Avignon, puis à Lyon, oîi il fut nommé oculiste de la ville et président du Collège de chirurgie. Le duc de Modène, François d'Esté, le nomma son médecin. Son ouvrage le plus important a pour titre : Mém. et observ. anatomiques, physiol. et physiq., sur l'œil et les maladies qui affectent cet organe (Lyon, 1772; trad. en allem.). L. ILn.
jA\'Tiii;:VE {Janlhina Lamk.). Genre de Mollusques Gastéropodes-Prosobranches, qui a donné son nom à la famille des Janlhinidés, dont il est le seul représentant.
La coquille des Jantbines est trochilorme ou turbiniforme, mince et sans opercule. L'animal est pourvu de deux tenticules bifurques et d'un pied court présentant deux parties, l'une antérieure, concave et formant ventouse, l'autre postérieure et prolongée en une sorte de nageoire vésiculeuse {lobe épipodial) sur laquelle sont fixées les capsules ovigères.
Ces Mollusques vivent en troupes nombreuses à la surface des eaux profondes, en pleine mer. L'espèce type, J. fragilis Lamk, habite l'océan Atlantique et la Méditerranée. Elle est, dit- on, phosphorescente. L'animal, quand il est irrité, rejette par la cavité branchiale un liquide d'un beau violet.
Ed. Lef.
JAPACOXlTiiXE. C^^H^^Az^O^ Alcaloïde extrait de la racine d'une espèce d'aconit du Japon, YAconitum autumnale Sieb. ; il fond à 183-186 degrés, donne par saponification de l'acide benzoïque et une base nouvelle, la japaconine Ç?^WKKz-0\ La japaconitine est plus toxique que l'aconiline. L. Hn.
JAPÉTIQUE (Race). Voy. Aryens.
jAPOi\. Pathologie K L'étude des maladies du Japon est encore entourée sur beaucoup de points d'une grande obscurité. Les médecins hollandais ont fourni les premiers de précieux renseignements pour l'époque sur la pathologie de l'empire du soleil levant, mais leurs données sont bien imparfaites et ne conefrnent d'ailleurs que les environs de Nagasaki, où ils vivaient relégués dans l'île de Desima ; le reste du Japon leur était presque complètement inconnu, et il nous faut arriver à une époque toute moderne, ui\e trentaine d'années environ, pour recueillir des documents sérieux. Depuis cette époque les médecins européens et américains se sont livrés à d'activés recherches sur les affections qui régnent au Japon, et aujourd'hui, grâce aux travaux de B. Sinimons, de de Goertz, de Beukéma, de Scheube, de Baelz, d'Eklridge, de Bémy, pour ne citer que les principaux, on possède une connaissance à peu près suffisante de la pathologie japonaise, bien qu'il existe encore de nombreux desiderata qui ne pourront disparaître que le jour, prochain peut-être, où le Japon entré résolument dans la voie du progrès, aura ouvert toutes ses portes aux Européens, leur facilitera les recherches scientifiques et comprendra tout l'intérêt des nécropsies et des études anatomo-pathologiques. Dans celte esquisse, qui n'a la prétention d'être autre chose qu'un chapitre abrégé de géographie médicale, nous envisagerons successivement les maladies des divers organes, les fièvres éruptives, les affections parasitaires, les intoxications et, en dernier lieu, les maladies infectieuses et épidémiques spéciales au Japon ou qui s'y observent.
Les affections des voies respiratoires sont très-fréquentes dans tout le Japon, particulièrement pendant l'hiver, qui, très-rigoureux à Yéso, est également assez froid, même dans les régions méridionales. Les bronchites, les pneumonies, les pleurésies, se montrent aussi pendant l'été et au printemps, à cause des brusques variations du thermomètre observées parfois dans ces saisons; l'écart est quelquefois considérable et peut atteindre 14 ou 15 degrés en quelques heures. Les pneumonies sont plus fréquentes que les pleurésies, et les bronchites sont excessivement communes et font chaque année de nombreuses victimes chez les enfants. La phthisie pulmonaire se rencontre également dans tout le pays ; elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. La tuberculose ne présente pas néanmoins, chez les Japonais, un chiffre de mortalité bien supérieur à ceux des pays d'Europe, malgré leur manière de se vêtir, leurs défauts de précautions contre les changements brusques de température et les qualités défectueuses de leur alimentation, toutes conditions éminemment favorables à son développement. La tuberculose abdominale se présente assez fréquemment chez les Japonais, et elle succède le plus souvent à des péritonites exsudatives; chez les étrangers qui habitent Tokio et Yokohama, la maladie marche très-rapidement, et on peut s'en convaincre en consultant les registres obituaires des hôpitaux de Yokohama.
Les affections du cœur aussi bien d'origine rhumatismale que d'autre nature sont assez rares à Tokio, mais dans d'autres points'du Japon elles seraient au
1 Cet article est extrait d'une longue et intéressante étude de géographie médicale qui ne pouvant, faute de place, être publiée dans ce Dictionnaire, paraîtra in extenso dans les Archives de médecine navale-
contraire assez communes: aussi, comme le fait Irès-justement remarquer Rémy, no peut-on se faire une idée bien exacte de la physionomie générale du Japon, au point de vue pathologique, en bornant ses observations à Tokio et aux ports ouverts, la constitution orographique du pays le divisant en une multitude de districts particuliers dont le climat et par suite la pathologie offrent des reflets spéciaux ; malheureusement les conditions actuelles ne permettent pas de combler ces desiderata auxquels l'avenir seul pourra porter remède. Quoi qu'il en soit, on peut dire qu'à Yokohama, à Nagasaki, à Kobé-Hiogo, les péricardiles sont plus fréquentes que les endocardites, que ces dernières sont assez rares, ainsi que les lésions valvulaircs, et que les affections cardiaques, chez les Japonais, se font remarquer par la dyspnée modérée qui les accompagne, ainsi que l'a indiqué Rémy et que nous l'avons observé nous-mème plusieurs fois, à l'hôpital japonais de Kobé (Kobc-bio-hin), où des cardiaques atteints d'affections déjà avancées ne présentaient qu'une dyspnée véritablement légère, et nullement ces phénomènes d'angoisse et d'orthopnée qui accompagnent ordinairement ces états patliologiques. Les anévrysmes, très-fréquents en Chine, ne le sont pas moins au Japon. On en a attribué la fréquence dans ces deux pays à l'introduction dans le sang d'une lilaire (F'Uaria sanguinis hominis, Filaria Bancrofti), et les lemarquables travaux de P. Manson sur ce nématoide sont venus éclairer l'étiologie de ces anévrysmes; on peut aujourd'hui les regarder, avec certitude, comme généralement parasitaiies, bien qu'on ait voulu pendant longtemps en rechercher les causes dans la manière de vivre des habitants de l'Extrême Orient et leurs excès alcooliques.
Les maladies de Vappareil hépatique, hyperémies, hépatites parenchymateuses aiguës ou chroniques, hépatites suppurées, sont des plus rares parmi les Japonais, et tous les médecins qui ont observé, pendant quelque temps, dans le pays, sont unanimes à reconnaître l'extrême rareté des affections hépatiques.
Si loutefois les listes obituaires mentionnent quelques cas d'abcès du foie, il s'agit presque toujours d'étrangers qui, après de longs séjours dans les régions tropicales et subtropicales de la Chine, sont venus au Japon déjà épuisés par la maladie et y ont succombé. Les cirrhoses, le cancer du foie, se rencontrent (|uelquefois ; les dégénérescences graisseuses ou amyloïdes du foie sont le plus souvent d'origine syphilitique ou alcoolique.
Dans un pays où le choléra sévit presque continuellement parmi les indigènes, on pourrait croire, de prime abord, que les affections intestinales, diarrhées et dysenteries, sont excessivement nombreuses. Il n'en est rien cependant et, malgré les qualités si défectueuses de la plupart des eaux potables, on ne peut que constater le peu de fréquence des diarrhées et des dysenteries parmi les Japonais. L'usage habituel du thé, comme boisson favorite de l'habitant du Nippon, expliquerait, dans une certaine mesure, cette immunité. Lorsque nous parlerons du choléra, nous verrons d'ailleurs qu'il était complètement inconnu avant 1822, date de sa première importation au Japon.
Chez les Européens on observe parfois des diarrhées rebelles et des dysenteries graves qui surviennent presque toujours à la suite d'excès ou de nombreuses infractions aux règles de l'hygiène. Sur les bâtiments de la division navale française stationnant au Japon nous en avons toujours été indemnes, grâce à l'usage constant de l'eau distillée comme boisson habituelle, les eaux potables ne présentant pas des qualités suffisantes de pureté pour pouvoir être consommées sans danger par les équipages
Les néphrites ne sont pas très-communes cliez les Japonais, au dire de la plupart des observateurs : cependant on rencontre à Yokohama un assez grand nombre de néphrites albumineuses, et la maladie de Bright entre pour une part assez importante dans le bilan pathologique de cette localité. Elle se rencontre non-seulement dans les hôpitaux, mais aussi en ville, et chez les Européen s comme chez les Japonais. Généralement à frigore, ces néphrites reconnaîtraient aussi quelquefois pour causes les excès alcooliques et l'infection syphilitique (Eldridge); elles entrent pour 1,8 pour 100 dans le chiffre moyen annuel de la mortalité à Yokohama, Les maladies de la vessie et des voies urinaires sont peu communes au Japon, et les affections calculeiises y sont même excessivement rares et presque pour ainsi dire inconnues.
Les affections du cerveau ne paraissent pas avoir au Japon une fréquence exagérée. La congestion cérébrale, l'hémorrhagie, le ramollissement, s'y rencontrent cependant et entrent pour un chiffre relativement important dans le bilan annuel de la mortalité; la méningite est aussi assez répandue et fréquente chez les enfants. On a également noté dans l'intérieur quelques épidémies graves de méningite cérébro-spinale. Nous ne pensons pas que l'aliénation mentale soit fréquente, mais nous manquons à cet égard de documents suffisamment précis.
Les maladies des yevx sont très-répandues chez les Japonais, et parmi celles-ci la conjonctivite catarrhale est particulièrement fréquente. Ces ophthalmies pourraient avoir pour cause les émanations ammoniacales résultant de l'emploi presque exclusif de l'engrais humain pour le fumage des terres (E. Cheval). Les étrangers sont également sujets à cette affection et plusieurs épidémies assez graves d'ophthalmies purulentes ont sévi dans la colonie européenne de Yokohama. Les iritis et iiido-choroïdites de nature rhumatismale sont aussi fort communes, et si on ajoute les manifestations de la syphilis du côté de l'appareil visuel, on n'a pas lieu de s'étonner du grand nombre de borgnes et d'aveugles que l'on rencontre dans toutes les localités du Japon. Ces aveugles organisés en confréries ou associations exercent en général la profession de masseurs et finissent par acquérir une dextérité merveilleuse. On sait d'ailleurs que les Japonais ont porté l'art du massage à des perfectionnements tout à fait inconnus en Europe.
On a cru pendant longtemps que la diphthérie n'existait pas au Japon. Elle y était du moins très-rare avant 1876, mais, depuis cette époque, on l'a observée plusieurs fois à Yokohama et à Tokio dans la population indigène et elle existerait également, d'après des documents récents, dans plusieurs localités de l'intérieur.
Les affections rhumatismales sont assez fréquentes sur beaucoup de points du Japon ; le rhumatisme articulaire aigu est néanmoins fort rare à Tokio et à Yokohama, aussi bien parmi les Japonais que parmi les Européens, et cette immunité s'étendrait encore à quelques autres localités du pays.
La rougeole existe au Japon à l'état épidémique, mais ces épidémies ne se manifestent qu'cà des périodes très-éloignées. Cette fièvre éruptive, en général bénigne pour les étrangers, acquiert, chez les Japonais, une redoutable gravité, et occasionne à chaque épidémie une grande mortalité dans la population. A l'une des dernières épidémies, presque la moitié de la population a subi les atteintes de cette fièvre éruptive.
Wernich et la plupart des auteurs ont nié l'existence de la scarlatine
{tu Japon. Cependant elle se rencontre cpielquefois; on peut dire néanmoins qu'elle est excessivement rare chez les Japonais et chez les étrangers résidant au Japon.
Baelz a rencontré parfois un exanthème qu'il désigne sous le nom de rubeolœ et qui offre tantôt les caractères de la scarlatine, tantôt ceux de la rougeole. Cet exanthème, le plus souvent non fébrile, survient épidémiquement et affecte légèrement les conjonctives, la gorge, le voile du palais, la pituitaire ; il est suivi d'une desquamation presque nulle.
La variole faisait autrefois au Japon d'affreux ravages, et le nombre considérable de visages défigurés, de sujets porteurs de cicatrices indélébiles ou de gens devenus aveugles, par suite d'hypopyons, d'abcès interstitiels de la cornée ou d'autres complications, en fournit une preuve indubitable, sans compter la mortalité attribuée chaque année à ce redoutable fléau. Les Japonais ne recouraient pas à l'inoculation, comme les Chinois, et n'ont connu la vaccination qu'à une époque toute récente. C'est Siebold ipii, le premier, leur a indiqué son emploi en 1824 et, après lui, Mohnikc et l'ompe de Mecrdervort, qui en ont vulgarisé l'usage.
Aujourd'hui celte méthode de préservation, dont la population a compris toute l'importance, a été rendue obligatoire par le gouvernement, qui a créé l'Institut central de vaccination et a organisé ce service sur des bases sérieuses : aussi peut-on se rendre compte des résultats obtenus et de la décroissance de la maladie, au fur et à mesure des progrès de la vaccination, en examinant un certain nombre de sujets d'càges différents :