‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.52Chapitre 49 sur 67 · IJ · texte numérisé non relu

IJ

Total des M.vTifiRES fixes 1,610

( acide carbonique libre 0,012

Gaz.. . \ azote 0,004

( oxygène 0,002

Total des gaz 0,018 0,053 0,056

11 n'y a aucun clablissenicnt balnéaire à Jenzat, dont les eaux sont utilisées par quelques habitants de la contrée. A. R.

JÉ^IJIRITY. On désigne, sous ce nom brésilien, la graine d'une plante de la famille des Papillionacées-Légumineuses : \ Ahru?. ]necatorin% L. (do//. Armus), de la tribu des l'haséolées, dont voici la caractéristique d'après Daillon [Ilisloire (les plantes, t. II, p. 202), qui déclare le genre Abrus constitué par l'unique espèce Ahrus precatoriiis. « On place à côté des pois et des cbiches un genre anormal, la liane réglisse, qui a une tige volubile, ligneuse à sa base, et dont les fleurs n'ont que 9 étamines monadelphes, un gynécée et un style glabre, un stygmate capité; ce genre est devenu pour plusieurs auteurs le type d'un petit groupe spécial, les Abrinées, placées par les mis à côté des Phaséolées et par les autres à la suite des Viciées. Le calice des Abrus est presque tronqué à son sommet et ses deux dents supérieures sont plus ou moins unies entre elles. L'onglet de l'étendard adhère légèrement à la base de la gouttière qu'ils l'orment avec les filets staminaux. Le fruit est une gousse obicngue ou linéiiire, comprimée, bivalve et présentant à l'intérieur des rudiments de cloison dans l'intervalle des graines, qui sont ces jolis pois rouges tachés de noir connus de tout le monde sous le nom de graines d'Amérique » .

VAhrns precatorius a une tige ligneuse à la base, à branches grêles et volubiles, s'élevant à 5 ou -4 mètres de hauteur. Les feuilles alternes, abruptipennées, longues de 5 à 6 centimètres, portent 8 à 15 paires de folioles délicates, opposées, subsessiles, oblongues, elliptiques, plus rarement obovales, obtuses aux deux extrémités, glabres ou munies de quelques poils à la face inférieure, mesurant de 15 à 18 millimètres de long sur 4 ou 5 millimètres de large. Les fleurs colorées en rose pâle sont grandes. Originaire de l'Asie et de l'Afrique, ce végétal a été introduit en Amérique où il est devenu très-abondant aux Antilles, à la Guyane et au Brésil.

Ce sont les graines de cet arbre, autrefois réputées toxiques, qui sont devenues célèbres en ociilistique sous le nom de jéquirity. Cette découverte parait être venue récemment du Brésil (1882), mais il semble que Ips propriétés nouvelles de ce produit naturel étaient anciennement connues. Le Dictionnaire de médecine de James (Paris, 1746, trad. française) dit qu'elles sont recommandées

JÉQL'IKITY. 'tO\

contre les indammations des yeux et qu'elles jouissent de la propriété d'e'claircir la vue. En 1820, Yirey [Histoire naturelle des médicaments) leur attribue des propriétés ophtlialmiqiies, enfin Corre et Lejeanne [Béstimé de matière médicale coloniale, p. 105, 1887) font connaître qu'une noie manuscrite du docteur Collas, de date assez ancienne et relative à la matière médicale de l'Inde, mentionne les propriétés ophthalmiques des semences du réglissier. Quoi qu'il en soit, c'est à de Wecker que revient le mérite de les avoir fait connaître dans toute leur valeur après les avoir reçues du Brésil d'un de ses élèves, lequel les lui signalait comme souveraines contre les granulations conjonclivales. 11 publia le procédé brésilien [Annales d'oculistique, 1882), qui consiste « à faire macérer 32 graines bien pulvérisées dans 500 grammes d'eau froide durant vingt-quatre heures, puis à ajouter 500 grammes d'eau chaude le jour suivant : fdlrer après refroidissement,

« Le malade pourra aussitôt s'en servir pour se laver les yeux trois fois par jour. Si l'irritation produite par les trois bains devient d'une grande intensité, cela sera suffisant. Dans le cas contraire, le malade devra recommencer la même opération le second jour et au besoin le troisième, en se servant toujours du même liquide ».

Cette macération fut d'abord en honneur, on l'employa en badigeonnant les paupières renversées et en appliquant des compresses imbibées de cette solution pendant quelques minutes. Plus lard de Wecker [Annales d'ocul., 1885) employa des solutions fortes à 5 pour 100, ou faibles à 2 ou 5 pour 100, selon le résultat à obtenir.

L'application du liquide est indolore; au bout de quelques heures, il se produit une grande injection de la conjonctive. Le jour suivant, l'inflammation est intense; les paupières sont luisantes, chaudes, sensibles à la pression et agglutinées. La conjonctive des tarses se recouvre d'une membrane cronpale grisjaunâtre, qui, lorsque l'ophthalmie est intense, part du repli du cul-de-sac inférieur pour s'unir au bord tarsal de la paupière supérieure en fermant la fente palpébrale et en recouvrant complètement le globe de l'œil.

La conjonctive bulbaire est soulevée en bourrelet jaunâtre, le cul-de-sac est rouge couvert d'un voile grisâtie, parfois le ganglion lymphatique situé au devant de l'oreille se gonfle un peu et il survient un coryza. Vers le troisième jour commence la période de suppuration, qui en moyenne dure cinq jours. Du cinquième au sixième jour, les membranes cessent de se former, mais elles gagnent encore en épaisseur dans les culs-de-sac. A partir du huitième jour commence la période résolutive : le pus diminue graduellement, et en quinze jours ou trois semaines la maladie a terminé son cours.

Parti de Paris, ce médicament nouveau fut essayé dans tous les points de l'Europe et de nombreux travaux virent le jour. Après des péripéties diverses allant de la négation absolue à l'affirmation des propriétés annoncées par de Wecker (dissemblances attribuables aux doses employées), le jéquirily fut en 1884, à la réunion de la Société française d'ophthalmologie, l'objet de rapports unanimement favorables. Toute la discussion allait porter sur son mode d'action, les uns l'attribuant à une influence microbienne, le bacille de jéquirity (théorie bacillaire), les autres à l'unique intervention d'un principe chimique, jéquirityne ou ahrine (théorie chimique). La première théorie, d'abord la plus en honneur, fut soutenue par Silva et Chanjo, Satler [Wiener med. Wochenschr., 1885, n^' 17 et 21), Béchamp et Dujardin-Beaumetz, puis Ad.

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