KANGOUROU
trine, le ventre et la l'ace interne des membres. Ceux-ci sont, comme nous l'avons dit, de dimensions très-inégales, les pattes de devant étant courles, grêles et terminées par cinq doigts, tandis que les pattes aniérieures sont renflées à la base, considérablement allongées dans leur portion tarsienne et munies de quatre doigts seulement, dont les deux internes sont en partie soudés et dont le troisième est armé d'un ongle très-robuste.
Les Macropodidés habitent l'Australie et la Nouvelle-Guinée; ils vivent les uns dans les plaines lierhcuses, d'autres sur les collines rcclieusos et parsemées de buissons, d'autres enfin dans les grands bois. Ces derniers sont généralement arboricoles, tandis que les autres se tiennent sur le sol et forment des troupeaux souvent assez nombreux, mais dont les différents membres ne paraissent point se connaître. C'est une communauté de besoins et non la sympathie mutuelle qui détermine ces associations incessamment renouvelées, car les Kangourous se soucient fort peu de leurs semblables, (juand ils ne leur sont pas décidément hostiles. Ils sont naturellement peu intelligents, méfiants sans prudence, à la fois curieux et timides, et très-faciles à exciter. Dans la saison du rut, les mâles se livrent de terribles combats et se font avec les ongles de leurs pattes de derrière de cruelles blessures.
La fécondité de ces Marsupiaux est assez limitée, et les grandes espèces ont rarement plus d'un petit par portée. Ce petit, qui naît au bout de trente-neuf jours, apparaît comme une masse transparente et vermiforme et a besoin, pour achever son développement, d'un séjour de huit mois environ dans la poche de la mère, qui veille avec beauconp de soin sur sa progéniture.
Le régime des Kangourous est très-varié, quoique constitué exclusivement par des substances végétales. Ils mangent tour à tour des herbes, des feuilles, des racines, des bourgeons et des fruits, qu'ils récoltent généralement en ])lein jour, quelques espèces seulement de ce groupe ayant des habitudes nocluroes. En captivité, ils peuvent être facilement nourris avec du fourrage, du pain et des graines, et ils s'accommodent assez bien de notre climat. Aussi voit-on maintenant, dans tous nos jardins zoologiques, des représentants de la famille des Macropodidés. Plusieurs naturalistes avaient même préconisé l'introduction en Europe de ce gibier qui est chassé avec passion en Australie par les colons et par les indigènes. Ces derniers le capturent dans de grandes battues ou au moyen de pièges variés, tandis que les colons anglais se donnent le plaisir de chasser à courre les grands Kangourous de forte taille, avec des meutes de chiens croisés de braques et de bouledogues.
On distingue dans la famille des Macropodidés plusieurs genres, savoir : le genre Kangourou proprement dit ou Macropus, qui comprend un très-grand nombre d'espèces dont quelques-unes, comme le Kangourou géant {Maccopus giganteus Shaw), de la Nouvelle-Galles du Sud, qui mesure plus de 2 mètres de long; le genre llalmature {Halmaturus F. Cuv.), caiactérisé par un muffle dépourvu de poils et renfermant encore une espèce de forte taille, VHcdmatunis Tetidis de Moreton-Bay; le genre Dendrolague {Dendrolagm S. Miill.), qui se trouve à la Nouvelle-Guinée, et chez lequel les membres antérieurs sont relativement bien plus développés que chez les autres Kangourous, ce qui permet aux animaux de ce groupe de grimper sur les arbres; le genre Potoroo {Hypsiprijmnus lUig.), qui est propre à l'Australie, et dont les espèces de petite taille sont vulgairement désignées sous le nom de Kangouvous-Rats, etc. E, Oustalet.
750 KA.RLSBAD (Eaux minérales dk).
Bibliographie — Waterhouse. Natural liislory of llie Mammilia, 1845. — Gervms (P.). Hist. nat. des Mammifères, 1855, t. Il, p. 268. E. 0.
HAIVOLD (Johann). Né à Breslau le 15 décembre 1679, mort dans cette ville le 15 novembre 1729, fut un élève de Stahl et un épidémiologiste distingué. Son ouvrage le plus célèbre est : Einige medicorum Sendschreiben von der in Preiissen 1708, in Danzig 1709, ...grassirten Pest, etc. (Breslau, 1711, 1715). Il a encore publié avec Kundmann, etc., une Sammlung von Natur- nnd Medicin.-Gesdticliten, etc. (171 7-1 727), importante pour l'éjùdémiologie, continuée par Bucbner (1727-1735), et divers ouvrages sur les épizooties, etc. L. Hx.
KA.Pl\OMAXCIE. Voy. Divination.
KARABÉ. VoiJ. SUCCIN.
UARÉLiErvs. Voy. Finnois, Finlande et Russie, p. 754.
KlRI.SB\D (Eaux minérales de). Hyperthermales, polymétalUtes, carboniques fortes. En Autriche, dans la Bohème (embranchement du chemin de fer de Dresde à Prague qui traverse la Bohème et dont Karlsbad est une station), à 574 mètres au-dessus du niveau de la mer, est une ville qui s'agrandit et s'embellit chaque année et qui est peuplée de 12 000 habitants. Des maisons et de nombreuses villas sont à la disposition des hôtes accidentels de Karlsbad qui, plus nombreux que dans aucune autre station du monde, trouvent à se loger très- confortablement. Karlsbad, dans le cercle d'Eger, sur la petite rivière la Tepel, est dans une riante vallée, accessible seulement aux vents du nord et de l'ouest et fermée à ceux de l'est et du sud par de bautes montagnes couvertes de sapins : aussi les changements de température y sont parfois assez brusques pour nécessiter en été l'usage de vêtements d'hiver. Les promenades et les excur>ions de Karlsbad et de ses environs sont très-intéressantes, notamment l'AlteAVicse, le Kaiserpark, les manufactures de porcelaine de Pirkenhanner, de Fischern, de Dalwitz, les sites légendaires de Hans Heiling, Engelhaus, le pont suspendu d'Elbogen et la source carbonique de GiESsiiuBEL-PacHSTEiN {voy. ce mot), etc. La principale distraction des baigneurs consiste dans l'audition de concerts qui ont lieu deux fois par jour, le matin aux environs du Sprudel et du Mùhlbrunnen, l'après-midi dans les parcs. Ceux qui ont versé une certaine somme imposée par la municipalité ont le droit pendant toute leur cure de fréquenter librement les sources, les établissements, les promenades, et d'assister aux concerts. La saison thermale commence vers la lin de mai et finit au milieu d'octobre. Les sources qui émergent à Karlsbad sont très-nombreuses, et tous les forages pratiqués dans un des points de la ville découvrent un nouveau griffon qui jaillit lorsque l'on a percé la croûte produite par les incrustations de l'eau. Ainsi dix-sept sources principales émergent à Karlsbad, elles se nomment ; Sprudel (Jaillissement), Marktbrunnen (source du Marché), Schlossbrminen (source du Château), Miihlbrunnen (source du Moulin), Neubrunnen (source nouvelle), Theresienbrunnen (source Thérèse), ElizabethqueUe (source d'Elisabeth), Felsenquelle (source du Rocher), Kaiserbrunnen (source de l'Empereur), Bernhardsbrunnen (source de Bernard), Spitakpielle (source de
KÂ.RLSBAII (Eaux munérales de). 751
l'Hôpital), Curhausquelle (source de la Maison de la Cure), Hochherger quelle (source de la Haute-Montagne), Kaiser Karl'squelle (source de l'Empereur Charles), Rtissische Kronquelle (source de la Couronne de Russie), DorutheensauerUng (source acidulée de Dorothée), Eisenquelle (source Fen'ugineuse). Nous n'allons nous occuper que des neuf premières, qui sont les plus importantes :
1» Sprudel. Cette source émerge par cinq griffons très-rapprochés les uns des autres, l'un le Sprudel proprement dit et les quatre autres connus sous les noms de Springerraume (lieu du Jaillissement), Hygiaeensquelle (source d'Hygie), Obères Zapfenloch (Soupape supérieure) cl Unteres Zapfenloch (Soupape inférieure). Des ouvertures de précaulion ont été ménagées aux environs du Sprudel, afin d'éviter les explosions produites par l'accumulation du gaz acide carbonique qui a occasionné plusieurs fois la détérioration ou la chute de maisons tout entières. Chacun des filets du Sprudel sort avec impétuosité du rocher situé au milieu du lit de la Tepel et sur ses rives. Les bouillonnements saccadés du Sprudel atteignent quelquefois plus de 2 mètres de hauteur et lancent une eau blanche comme la mousse de savon, excepté à la circonférence delà gerbe, qui semble avoir une coloration noirâtre. 11 s'élève de ces bouillonnements une colonne de vapeur, visible même à une certaine distance. L'eau, retombée dans son bassin, est couverte d'écume; elle produit une couche verdàtre de conferves, et pourtant elle est claire et limpide, quoiqu'elle jouisse de la jjropriété de laisser déposer sur les objets qui y séjournent un certain temps une incrustation qui les pétrifie complètement. On attache à des fils, trempant dans l'eau d'une excavation pratiquée sous le bassin, les objets qu'on veut pétrifier et qui doivent èlre immergés pendant huit jours avant d'être livrés aux sculpteurs. L'eau de la fontaine du Sprudel est incolore, inodore; son goût est salé surtout et notablement alcalin. Elle ne rougit point la teinture de tournesol quand on a laissé dégager son gaz, mais elle ne ramène point au bleu cette teinture préalablement rougie. La température, le débit et le poids spécifique de toutes les sources de Karlsbad, sont variables. Le 1 1 octobre 1878, le thermomètre marquait au Sprudel 75", 8 centigrade, le poids spécifique était de 1,0055. Les professeurs de chimie E. Ludwiget Mauthner ont fait en 1879 l'analyse de toutes les sources de Karlsbad. Nous donnons les résultats qu'ils ont obtenus avec l'eau de la source du Sprudel au tableau qui suit le Schlossbrunnen.
2" Marktbrunnen. Sur la rive gauche de la Tepel. Sou eau est claire et transparente, elle n'altère en rien la teinture de tournesol; la saveur diffère de celle du Sprudel, elle est plus sensiblement alcaline et rappelle celle de l'eau de la Grande Grille de Vichy, prise à la source. Cette eau n'a aucune odeur, sa température était le 11 octobre 1878 de 50 degrés centigrade, son poids spécifique de 1,00557. Son analyse chimique est reportée après la source suivante.
5" Schlossbrunnen. Cette source émerge sur le Schlossberg, un peu en contrebas du niveau des i-ues. Elle sort d'une colonne par un robinet qui la verse dans un bassin où son eau, claire et limpide, est chargée de bulles gazeuses plus abondantes qu'aux autres souixes de Karlsbad. Cette eau, qui n'a aucune odeur appréciable, a une saveur fade et un peu salée. Elle rougit instantanément la teinture et le papier de tournesol. Sa température était précédemment de 56°, 9 centigrade, son poids spécifique de 1,00522. 1000 grammes de l'eau de chacune de ces trois sources ont donné à MM, Ludwig et Mauthner les résultats suivants
752 KARLSBAD (Eaux minérales de).
SPniDEL. MARKTBULNNEN.
Sulfate de soude 2,4053 2.3860
— chaux 0,1862 0,1814
Bicarbonate de soude 1,2980 1,2705
— chaux 0.32U 0,3350
— macncsie 0,1665 0,1634
— lithiiie 0,0123 0,0125
— oxyde de fer 0,U030 0,0006
— strontium O.OOOi 0,0004
— manganèse O,00U2 0,0002
Chlorure de sodium. . . 1,011s 1,0304
Silice 0,0715 0,0712
Fluorure de sodium 0 OOol 0.0051
Borate de soude 0,0040 0,0040
Phosphate de chaux 0,0007 0,0007
Alumine 0,0004 0,0007
Cœsium, rubidium, thallium, acide
sélénique, acide formique, zinc, arsenic, antimoine, malicre organique. traces. traces.
Total des matières rixES. . . 5,5168 5,4619
< acide carlionique Iil)re.. . 1,898 5,557
''"•• • I azote 0,031 0,003
Total des caz 1,929 5,562
SCIILOSSBnCNNEN.
2,3158 0,1950 1,2279 0,5337 0,1615 0,0156 0,0001 0,0004 traces.
1,0047 * 0,0703 0,0046 0,0039 O.OOOI O.OCOd
traces.
4* Mïililbriinnen. Le robinet qui laisse couler cette source est fi.xé à une petite colonne située à 200 mètres environ du Marktbrunnen. Son eau est claire, limpide, inodore, et a un goût sensiblement alcalin. Elle est sans influence sur la teinture de tournesol. Sa température est de 57°, 8 centigrade, son poids spécifique est 1,00532. On en trouvera l'analyse au tableau qui suit le Theresienbrunnen.
5" ISeubnmneu. Cette eau écume en tombant dans son bassin; son goiit est plus salé et moins alcalin que celui des sources précédentes. Elle est sans influence sur les préparations de tournesol. Sa température est de Go^ji; son poids spécifique est de 1,00554. Nous en donnons l'analyse avec celle de la source suivante.
6" Theresienbrunnen. Cette eau est très-limpide, un peu amère, quoique sensiblement salée ; elle a l'odeur et le goût d'un bouillon de bœuf léger. Elle laisse aux préparations de tournesol leur coloration primitive; elle produit des conferves d'un bleu verdâtre. Sa température est de 61 degrés centigrade, son poids spécifique est de 1,00537.
Sulfate de soude
— chaux
Bicarbonate de soude
— chaux
— magnésie ....
— lithine. ....
— oxyde de fer . . .
— strontium
— manganèse . . .
Chlorure de sodium
Silice
Fluorure de sodium
Borate de soude
Phosphate de chaux
Alumine
Caesium, rubidium, thallium, zinc, arsenic, antimoine, acide sélénique,
acide formique, matière organique. traces.
Total des matières fixes. . . 5,4730
MLIII.DRI.NXEX.
sEcannNNEN.
TnERESIEXBRCNNEX,