SS
traces.
traces.
traces.
traces.
KARLSBAD (Eaux minérales de).
Gaz.
mliii.1!rl;xsen.
j acide carbonique libre. . . [,'■200 I azote l,oi6
NEliURlNMi-N.
Total ?iis gaz o.'iSS
l,OiO
TllIillIiSlEMlRUNNEN.
7" Ellzahethquelle. Le robinet de cette source se trouve sur le Muhlbrunnenpromenade, dans une galerie commune au Muhlbrimncn, au Neubrunnen, au Tberesicnbrunnen et au Bernbardsbrunnen. Son eau a un goût francbement fade, il n'est ni alcalin ni salé. Elle n'a aucune odeur, et sa température était le 9 mars 1879 de 42 degrés centigrade, son poids spécitique étant de 1,00559. Nous en donnons l'analyse au tableau qui se trouve à la suite du Kaiserbrunnen.
8" Felsenquelle. Cette soin-ce est dans le voisinage d'une galerie taillée dans le roc et son eau est versée par un robinet surmonté d'une petite colonne. Elle est très-limpide, sans odeur; son goût est francbement salé. Elle laisse déposer des conferves d'un beau vert et produit des bulles qui s'attacbent aux parois de son bassin et des vases dans lesquels on l'a puisée. Elle est sans action sur les préparations de tournesol; sa températuie était le 11 octobre 1878 de 60°, 9 centigrade et sa pesanteur spécifique de 1,00534. Nous en reportons l'analyse au tableau de la source suivante.
9° Kaiserbrunnen. Celte source émerge aux environs de l'hôpital militaire, un peu en contre-bas du niveau des rues. Les caractères physiques de son eau ne diffèrent de ceux des autres sources de Karlsbad que par un goût alcalin plus prononcé. Elle n'a aucune action sur les préparations de tournesol. Sa température est de 49", 7 centigrade et sa pesanteur spécifique de 1,00537. Ludwig et Mauthner ont trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :
ELIZADEIIIQLELLE. FELSENQUELLE. KAISEUURIN.NEX.
Sulfate de soude. . 2,57r.9 2,3785 2,3.4I1
— chaux 0,18iO 0,1803 0,1796
Bicarbonate de soude 1,2799 1,2836 l,267i
— chaux 0,3273 0,3295 0,3173
maïnôsie. . .... 0,1642 0,1615 0,1602
lithiue 0,0121 0,0116 0,0121
— oxyde de 1er 0,0026 0,0026 0,0029
— strontium O.OOOi 0,0005 0,000i
— manganèse 0,0002 0,0002 0,0002
Chlorure de sodium 1,2799 1,2836 l,267i
Silice 0,072i 0.0707 0,0729
Fluorure de sodium 0,0057 0,0060 0,0055
Borate de soude 0,0050 0,0036 0,0056
Phosphate de chaux.. . 0,0007 0,0007 0,0007
Alumine O-Ot^Oô 0,0003 0,0005
Caesium, ruliidium, Ihallium, zinc, arsenic, antimoine, acide sélénique,
acide formique, matière organique. traces. traces. traces.
Total des matières fixes. . . 3,7099 5,7128 5,6356
( acide carbonique libre.. . 1,085 1,009 1,090
Gaz.. . j g^Qjg 0,049 indét. 1,062
Total des gaz 1,134 1,009 2,132
Notons enfin que la température du Bernbardsbrunnen est de ôl^S centigrade et sa pesanteur spécifique de 1,00503, que celle de la Spitalquelle est de 35 de'Trés centigrade et sa pesanteur spécifique de 1,00499; que celle de la Curhausquelle est de 61 degrés centigrade. La température de la Hochbergerquelle est de 45 degrés centigrade, celle de la Kaiser Karl'squelle est de
734 KARLSBAD (Eaux mi.nér.vles de).
44", 6 centigrade, celle de la Russische Kronquelle est de 30", 5 centigrade, sou poids spécifique est de 1,00500. Le Dorolheensauerling avait le 11 février 1886, "22 degrés centigrade, et son poids spécifique était de 1,0038; l'EisenquelIe a .) degrés centigrade.
Étahlmements. Outre les anciennes Trinkhallen, on en a installé deux nouvelles, l'une au Sprudel, l'autre au Mûhibrunnen. Il y a six établissements à Karlsbad; quatre: le Sprudelbad, le Miililbad, le Curhaus et le Neubad, ont des bains d'eau thermale, des douches chaudes et froides, des bains de la boue ferrugineuse de Franzensbad et des bains de vapeur. Dans TEisenbad on prend des bains alimentés surtout par l'eau de l'EisenquelIe, et dans le Sauerbad des bains et des douches de gaz acide carbonique provenant de la Sauerbrunn.
Mode d'administration et doses. Les eaux de Karlsbad se prennent en boisson, pures ou coupées de lait ou de petit-lait, à la dose d'une cuillerée à soupe ou de 1/4 de verre à (5 verres, bus en général de quait d'heure en quart d'heure. Leur température élevée, plus de 73 degrés centigrade au Sprudel, par exemple, et la grande quantité de gaz acide carbonique libre qui y est dissous ou s'en échappe, ne permettent pas de les avaler aussitôt qu'elles sont puisées. Les buveurs se promènent dans les Tiinkliallen ou dans les parcs, à pied quand ils le peuvent, ou dans des voitures roulantes. Pendant ce temps l'eau, qu'ils portent dans des verres à anse, se refroidit et le gaz s'en échappe. La durée des bains d'eau est ordinairement de dix à trente minutes, celle des bains de vapeur est de vingt minutes à une demi-heure, et celle des bains de boues doit être de dix à vingt minutes. Le temps qu'on doit rester sous la douche d'eau est de cinq à dix minutes en général. Les douches local'?s de vapeur doivent avoir la même durée. On emploie rarement à Karlsbad les bains et les douches d'acide carbonique, qui s'y prennent d';iilleurs de la même façon que dans les autres postes minéraux de l'Allemagne et de la France.
Effets physiologiques et thérapeutiques. Les effets phvsiologiques ne sont pas les mêmes à toutes les sources : il faudrait, pour ainsi dire, étudier séparément l'action de chacune d'elles, si le Sprudel et la Schlossbrunn n'étaient deux types à l'aide desquels il est possible d'apprécier les vertus de toutes les autres. Quand on connaît bien les propriétés de ces deux sources, on peut aisément caractériser l'action de celles qui n'en diffèrent que par des nuances peu marquées. Les effets physiologico-paliiologiques, c'est-à-dire ceux qui se produisent dans des cas qui modifient un organe déterminé, ou même la crase du sang tout entière, sont à Karlsbad plus importants encore à connaître que ne l'est l'action de ces eaux sur l'homme sain. Le Sprudel, pris en boisson, même à faible dose, occasionne une sensation de chaleur agréable qui se limite d'abord au creux de l'estomac, et qui ne larde pas à se répandre dans tout le corps et à produire une certaine moiteur et un sentiment de bien-être. Ceux qui arrivent en sueur au Sprudel éprouvent après y avoir hu une augmentation notable de la transpiration, un abattement général et une anxiété profonde. L'eau du Sprudel active singulièrement la sécçétion des glandes salivaires et quelquefois du tube digestif; elle produit alors une action purgative. Elle diminue sur certains buveurs au contraire la quantité de mucus que sécrète l'intestin, et alors elle produit la constipation. Quand on boit à haute dose l'eau de cette source, de 3 à 6 verres, par exemple, elle détermine presque toujours une ou plusieurs évacuations alvines. Les médecins de Karlsbad savent prompteraent si les personnes qui vont au Sprudel obtiendront un résultat favorable de leur trai-
KARLSBAD (Eaux minérales de). 735
leinent, ou bien si elles devront le suspendre. Dès les premiers jours, en effet, si l'eau du Sprudel est facilement digérée, on a tout lieu d'espérer un heureux résultat. Si la digestion est pénible et si elle cause une grande pesanteur d'estomac, la cure ne doit pas produire de bons effets. Tous ceux qui sont dans ce dernier cas éprouvent une sensation qu'ils traduisent ainsi : « 11 semble qu'il leur est survenu des incrustations dans l'estomac ». Quand les eaux du Sprudel passent avec peine, les pesanteurs d'estomac sont de plus en plus prononcées, l'appétit se perd, le ventre se ballonne, des nausées, des vomissements, des vertiges et une constipation opiniâtre se produisent, la fièvre s'allume accompagnée d'agitation continuelle et d'insomnie complète. Quelquefois, à peine les premiers verres ingérés, certains buveurs éprouvent au Sprudel de l'ébriété [Spriulelrausch) accompagnée d'incohérence dans les idées. Ce qui les frappe surtout, c'est un trouble dans la mémoire, portant à la fois sur les choses et sur les mots. Cette amnésie persiste ordinairement pendant toute la durée du traitement et ne disparaît que lorsque l'emploi de l'eau a cessé. Ces symptômes de congestion momentanée doivent faire interrompre la cure, mais une suspension absolue n'est pas toujours indispensable. Lorsque les buveurs n'ont plus d'accidents, on peut leur permettre de reprendre leur traitement thermal, mais ils doivent commencer par une très-petite dose qu'il ne faut augmenter qu'avec beaucoup de prudence. S'ils n'écoutent pas les avertissements du médecin et veulent continuer un usage intempestif ou exagéré de cette eau, ils voient augmenter les éblouissementsquise reproduisent plusieurs fois dans la journée et en dehors des heures delà buvette. D'autres buveurs, en petit nombre, accusent une sensation de vacuité intérieure qui les rend assez légers pour qu'ils se figurent marcher dans l'air ou les pieds appuyés sur une planche moliile et élastique. On les entem' dire habituellement alors : « Par une raison qui m'échappe, il me semble qub jé suis forcé de suivre une ligne droite, comme si j'étais poussé en avant par une force involontaiie ». Une station assise ou horizontale met fin de suite à ces sensations bizarres. L'eau du Sprudel a une action à peine marquée sur les personnes qui ont les voies urinaires saines, elle n'augmente la quantité des urines qu'en proportion de son ingestion dans l'estomac. Mais, lorsque les organes uropoétiques sont malades, la diurèse est sensible, comme nous le verrons en traitant des maladies des reins, des uretères et de la vessie. Si ceux qui font une cure interne au Sprudel ont eu des maladies aiguës des poumons, de la plèvre ou des bronches, il n'est pas l'are que des accidents réapparaissent, même lorsque ces maladies sont depuis longtemps terminées. L'usage de l'eau doit être suspendu ou la dose être diminuée, car la dyspnée pourrait survenir et causer des inquiétudes inutiles. Mais le plus grand nombre des malades n'éprouve rien ou presque rien autre chose qu'une amélioration progressive de l'affection dont ils viennent chercher la guérison. D'autres ne ressentent que de légers accidents. L'eau du Sprudel a, en général, un effet assez marqué pour qu'on ne doive pas la prendre sans être sous la surveillance d'un médecin dont, nous l'avons dit, il ne faut jamais dépasser les prescriptions. Administrée en bains et en douches, elle détermine des accidents congestifs du cerveau qui doivent être évités et qui se produisent surtout lorsque la boisson, les bains de vapeur et de boue, sont associés aux bains et aux douches. Les eaux du Marktbrunnen, du Miihlbrunnen, du Kaiserbrunnen et du Schlossbrunnen, ne prédisposent pas ordinairement aux congestions cérébrales, mais elles ont une action physiologique prononcée sur les membranes muqueuses, et surtout sur celles des voies
733 KARLSBA.D (Eaux miniîrales de).
digestives, urinaires et aériennes. C'est l'eau du Schlossbrunnen qui a les effets les plus marqués; l'action physiolo;4ique du Mulilbrunnen tient le milieu entre celles du Sprudel et du Schlossbrunnen. L'eau des sources du Neubrunnen, du Theresienbrunneu et de la Felsenquelle, a sur l'iiomme sain une action à peu près semblable à celle du Mulilbrnnnen. Ces quatre sources amènent, en général, trois semaines après leur usage interne, des pliénomènes de saturation minérale. Les doses doivent être alors progressivement diminuées et les malades Ibnt bien de changer de source, s'ils doivent continuer la cure. Ceux qui associent les bains à l'usage interne doivent ne séjourner dans l'eau que très-peu de temps. Cette courte durée ne détermine jamais une manifestation cutanée comme il s'en produisait ordinairement sur les malades qui restaient dans l'eau de Karlsbad sept ou buit heures de suite et éprouvaient alors presque tous l'éruption connue en hydrologie sous le nom de poussée.
Les effets thérapeutiques des eaux de Karlsbad sont surtout marqués dans les maladies des voies digestives et de leurs annexes, des voies urinaires, des organes génitaux de la femme, des organes de la respiration et de la circulation ; dans certains états généraux tels que les affections rhumatismales et goulleuscs, l'obésité; dans le diabète sucré, dans les suites de fièvres intermittentes, dans la maladie d'Addison, dans les névralgies, dans quelques empoisonnements métalliques et dans certaines affections des sens spéciaux, et particulièrement des yeux et des oreilles.
Los altérations stomacales qui cèdent le mieux à l'emploi des eaux de Karlsbad sont les dyspepsies. Ce sont les eaux du Schlossbrunnen qui doivent être préférées, mais, si la dyspepsie est acide ou existe depuis longtemps, les eaux du Sprudel seront choisies. Quand la membrane interne de l'estomac sécrète en grande quantité les mucosités, quand la dyspepsie provient d'un catarrhe gastrique, l'eau du Schlossbrunnen doit être prescrite. Quand il y a ulcère simple de l'estomac, ou même quand cet ulcère est rongeant, c'est encore l'eau du Schlossbrunnen qui doit être employée au début de la cure. Les eaux plus actives du Sprudel seront ensuite administrées, mais avec une extrême réserve : ainsi, il ne faut les prescrire qu'à la dose d'une cuiller à soupe et en continuer l'usage toute la journée. Lorsque les gastralgies ont résisté à tout traitement, l'eau du Sprudel, également à faible dose, en amène ordinairement la guérison. Les hoquets qui ne sont pas produits par une maladie organique, soit de l'estomac, soit des organes voisins, sont arrêtés par les eaux de Karlsbad et pariiculièrement par celles du Sprudel. Les dilatations de l'estomac doivent être traitées par Teau du Sprudel, mais il faut avoir soin de ne la faire prendre qu'en très-petite quantité au début, et de n'en augmenter que progressivement la dose. La cure est de quatre à six semaines, avant que l'estomac reprenne sa capacité primitive et que l'appétit et les digestions redeviennent normaux. Les malades qui sont affectés depuis longtemps de diarrhées sont utilement traités par l'eau des sources de Karlsbad. Il semble étrange au premier abord que des eaux laxatives et parfois purgatives puissent produire un pareil résultat, mais nous avons vu que l'action physiologique de ces eaux prises à petite dose et produisant la constipation donne l'explication de cette vertu curative.
C'est le Sprudel qui produit les meilleurs effets, à condition que les malades s'abstiennent de tout traitement externe. C'est au Schlossbrunnen qu'il faut envoyer les jeunes sujets, affectés de diarrhée, suite d'un engorgement des ganglions du mésentère, c'est-à-dire de diarrhée scrofuleuse. Lorsque les selles
KARjLSBAD (Eaux minérales de). 757
contiennent des globules purulents, les diarrliées déterminent une grande débilité, du marasme même. L'eau du Schlossbrunnen eu boisson et les bains du Mùblbrunnen donnent alors les résultats les plus avantageux. Cette dernière source, ou la Felseaquelle, à la dose de 5 à 6 verres par jour, doit être prescrite à ceux qui viennent à Karlsbad pour remédier à une constipation habiiuelle. Quand ce traitement thermal ne suffit pas, oe qui est l'exception, le médecin est obligé d'avoir recours à des lavements d'eau refroidie des mêmes sources. Ce sont les eaux du Sprudel surtout qu'il faut employer dans les constipations avec engorgement stcrcoral considérable, qui s'observe surtout chez les hypocondriaques et les mélancoliques. U faut prescrire les eaux à l'intérieur, mais aussi l'emploi des grands bains d'eau et de boues, suivis d'applications de cataplasmes de boues sur les parois abdominales. Quand les constipations opiniâtres ne cèdent pas complètement pendant la cure et sont seulement améliorées, il est bien rare que les malades n'en soient pas débarrassés après leur départ des eaux. L'action tonique des eaux du Sprudel sur les trois membranes qui constituent l'intestin est très-sensible. Elle l'est môme sur la paroi abdominale tout entière, de sorte que les femmes qui ont conservé une grande flaccidité du ventre après leurs couches sont étonnées de la voir diminuer dans une notable proportion. Les personnes qui ont des liernies inguinales surtout consultent souvent à Karlsbad pour savoir si elles doivent continuer à porter leur bandage. Il est remarquable que ce soit l'usage interne des eaux qui produise surtout ces effets. Les contractions spasmodiques de l'œsophage et du rectum sont du ressort d'activité de l'eau des sources de Karlsbad. Les eaux du Sprudel et du Mùhlbrunnen, prises en boisson pendant un mois au moins conviennent surtout aux contractions du tube intestinal intérieur ; les fibres musculaires se détendent peu à peu et reprennent leur élasticité première. Les spasmes du rectum occasionnent un obstacle presque insurmontable à la défécation, de très-vives douleurs et souvent de la diarrhée. Les eaux de Karlsbad guérissent en général ces accidents, les selles reprennent leur régularité normale, les douleurs sont moins violentes et le toucher rectal fait constater que la constriction des sphincters, du sphincter interne surtout, est plus facile à surmonter et dispense bientôt de l'emploi de sondes.
Dans les maladies les plus graves et les mieux confirmées de l'organe hépatique, dans le foie grus et la cirrhose, le diagnostic est difficile et presque toujours douteux, parce qu'il est fondé uniquement sur la raison que la cirrhose et le foie gras rendent seuls un compte suffisant des symptômes éprouvés par les malades. Le clinicien est donc dans un grand embarras quand il est forcé de porter un jugement sur des états morbides qui n'ont aucun signe physique certain, dont les manifestations extérieures peuvent ressembler à une autre altération pathologique. Ce que nous venons de dire semblerait indiquer que la médecine est impuissante contre les états mal définis de la glande hépatique, et pourtant les antécédents, le genre de vie, la profession, les habitudes et le caractère du malade, peuvent mettre sur la voie d'un diagnostic au moins trèsprobable et indiquer que le foie gras et la cirrhose sont du ressort des eaux de Karlsbad. Nous allons y revenir d'ailleurs après avoir dit un mot des hyperémies du foie. Dans ces états morbides qui ne sont pas sy^mptomatiques d'affections du cœur, du poumon ou des gros vaisseaux, dans les infarctus, les obstructions, dans les congestions causées par les obstacles idiopatbiques à la libre circulation du sang à travers la veine porte, des résultats favorables ne lardent pas à suivre DICT. ENG. i' s. XVI. 47
758 KARLSBAD (Eaux minéiiales de).
l'administi-ation iiUerne des eaux de la Mùhllji-unnen ou de la Felsenquelle d'abord, et ensuite de l'eau du Sprudel en boisson et en bain. Lorsque l'byperémie de la glande liépaliiiue est accompagnée d'byperlropbie, il l'aut ajouter au traitement liydrolliermal les cataplasmes de boues sur l'iiypocliondre droit, ou même les bains ge'néraux de boues minérales. Dans rbépalite cbronique, (j^uand surtout elle se termine par la suppuration, les eaux de Karlsbad ne sont pas indiquées, mais plusieurs fluts semblent établir que l'usage de ces eaux peut amener la résolution d'abcès probables. Ordinairement le pus s'enkyste, se résorbe en partie, devient une matière crétacée, ou est évacué par l'estomac, l'intestin ou les bronches. Tous les patbologistes admettent l'existence du foie gras, mais ils cessent de s'entendre lorsqu'ils décrivent les modifications que subit le tissu de l'organe dans cette affection. Sans vouloir prendre parti pour l'une ou l'autre des opinions qui ont été émises, nous voulons suivre un guide qui nous conduise plus fiLlèlcment aux indications ou aux contre-indications des sources de Karlsbad dans les différentes formes de foie gras. Les eaux de cette station, celles du Sprudel principalement, remédient à l'adipocire lorsque l'organe hépatique participe à Tobésité générale contre laquelle elles ont une réputation méritée. Lorsque l'alcoolisme chronique est la cause du foie gras, les eaux du Sprudel agissent non-seulement sur le tissu de l'organe, mais encore sur la constitution générale qu'elles améliorent. L'usage interne du Sprudel à dose progressivement croissante convient dans le foie gras qui est la suite d'un empoisonnement paludéen et de fièvres intermittentes. Il est important alors d'interdire l'emploi des bains, qui ont rarement de bons résultats. Si le foie gras est consécutif à la scrofule, au rachitisme, à la syphilis, les eaux de Karlsbad ne peuvent absolument rien contre la cause essentielle de ces diatlièses. Lorsque le foie gras se complique d'un engorgement de la rate, d'un commencement d'ascite ou d'œdème des membres inférieurs, il ne faut pas non plus compter sur une cure favorable aux sources de Karlsbad. Ces eaux s'emploient utilement dans la cirrhose. Lorsqu'elle est arrivée à son dernier degré, désigné sous le noin de foie granuleux, alors qu'elle est caractérisée par une atrophie considérable du foie et par une ascite qui accompagne ordinairement cette période, ou par une hydropisie générale, les eaux de toutes les sources de Karlsbad n'ont jamais eu la prétention d'agir utilement sur un pareil état morbide. Mais c'est dans la première période de la maladie, alors que le médecin en reconnaît ou plutôt en soupçonne l'existence et qu'il constate une hypertrophie du foie chez une personne qui est dans toutes les conditions favorables au développement d'une cirrhose, qu'il est permis d'espérer l'efficacité de l'eau des sources de Karlsbad. C'est le Sprudel qu'il faut choisir, non pas seulement lorsque l'hypertrophie du foie indique une cirrhose à son début, mais encore lorsqu'une ascite commençante indique une affection plus avancée. Il est probable alors que l'état granuleux du foie est causé par une oblitération de la veine porte, et il est permis de se demander si c'est en agissant sur le foie lui-même, ou si c'est en rétablissant le cours du sang, ou si c'est en favorisant la circulation collatérale, que le traitement par les eaux de Karlsbad réussit. L'eau des sources de Karlsbad a, contre les calculs biliaires, une réputation qui date de plusieurs siècles. Il serait facile de s'arrêter à cette simple indication, s'il n'était nécessaire d'entrer dans quelques détails au sujet de l'action des eaux de Karlsbad sur les concrétions biliaires et sur les précautions qui doivent être prises dans la direction de la cure. Les malades prennent en boisson,
Kâ.KLSIjAD (Eaux minérales de). "^59
dans les premiers jours, les eaux des sources de température moyenne, et commencent par le Mùldbrunnen ou la Felsenquelle, etc. Ils arrivent ensuite après un temps plus ou moins long à l'usage du Sprudel. Lorsque les buveurs sont habitués à l'eau de celle source, les bains, et quelquefois les douches chaudes doivent être ajoutés au traitement. Il est bien rare que ces moyens combinés n'amènent pas de nouveaux accès de coliques hépatiques, et les malades peuvent en être prévenus d'avance. Dès que les premiers symptômes apparaissent, tout traitement doit être suspendu, et des cataplasmes émoUients sur la région hypochondriaque droite, les grands bains lièdes à l'eau ordinaire et l'administration interne des narcotiques, doivent lui être substitués. Les eaux de Karlsbad ne dissolvent ni ne désagrègent les calculs, mais elles excitent les contractions des conduits qui doivent leur livrer passage. On se rend compte de l'action du Sprudel, qui [>ossède cette dernière vertu plus que toutes les autres sources, si l'on admet que son emploi chez les calculeux stimule les mouvements fibrillaires du canal hépatique, de la vésicule biliaire ou du canal cholédoque, il arrive fréquemment qu'à la suite d'une colique violente les malades n'expulsent que les graviers biliaires, qui sortent ordinairement en masse et sont contenus dans des selles pulpeuses et abondantes; tantôt ils parsèment au contraire l'extérieur des fèces et font croire qu'elles ont été saupoudrées avec des sels insolubles de chaux. Les graviers ont probablement la même genèse que les plus gros calculs biliaires. Ce qui tendrait à le faire penser, c'est qu6 non-seulement les uns et les autres produisent les mêmes accidents, mais encore que les uns et les autres ont une composition chimique exactement pareille et que la cholestérine en est toujours la base principale. Après l'emploi des eaux de Karlsbad pendant un temps qui est d'un mois et même davantage, les matières excrémentitielles deviennent de moins en moins solides, plus colorées, et permettent un passage plus libre aux principes normaux de la bile. Les eaux de Karlsbad ont l'influence la plus heureuse sur les troubles fonctionnels du foie désignés sous le nom générique de polycholie et elles sont très-indiquées dans les états divers qui sont la conséquence (le l'habitation des Européens sous la zone torride. C'est ainsi que ceux qui sont restés pendant longtemps dans les colonies, que ceux mêmes qui y ont contracté la hèvre jaune, trouvent à Karlsbad un moyen de se débarrasser des accidents hépatiques. Les eaux de Karlsbad conviennent enfin dans l'hépatalgie, mais le traitement ne réussit ordinairement qu'autant qu'il est prolongé. L'eau thermale doit être employée sous toutes ses formes: à l'intérieur, leMiildbrunnen d'abord, puis le Sprudel; à l'extérieur, les bains et surtout les douches. Le foie et la rate sont des organes presque toujours conjointement affectés, et leurs maladies exi'^ent souvent une thérapeutique commune. Dans la coexistence des affections de ces deux annexes des organes digestifs, les eaux de Karlsbad agissent favorablement, et toujours avec une activité d'autant plus grande que le foie est plus malade que la rate. Lorsque le retentissement pathologique existe vers ce dernier organe, les eaux de Karlsbad n'ont que peu d'efficacité et les malades doivent achever leur guérison à des sources ferrugineuses. Nous avons dit en parlant des effets des eaux de Karlsbad dans le foie gras que c'était du nord de l'Europe qu'arrivaient la plupart de ces malades. C'est du midi que viennent les grosses rates, occasionnées parla cachexie paludéenne ou parles fièvres intermittentes. Il faut dans ces cas ne prescrire les bains qu'avec une grande réserve si l'on ne veut pas s'exposer à voir revenir des malaises, des accès même de fièvres périodiques, guéries depuis longtemps déjà. Les eaux de
740 KARLSBAI) (Eaux minérales de).
Karlsbad ont une heureuse action dans la déambulation de la rate, qui se porte au moindre mouvement ou au moindre effort tantôt dans un point du ventre et tantôt dans un autre. Une cure de dix à quinze jours au Sprudel fait que l'organe splénique reprend et conserve son siège habituel. Précisons les affections des voies urinaires qui se trouvent bien d'un traitement par les eaux de Karlsbad. La pyélite chronique, à ses différents degrés, dont le plus avancé est l'hydronéphrosc, la gravelle et les calculs, sont les affections des voies urinaires que l'on observe le plus souvent à la station de Karlsbad. Lorsque les concrétions sont composées d'oxalates, l'expérience a constamment démontré que les malades doivent éviter de prendre les eaux de Karlsbad. Les graviers et les calculs uriques,ou ammoniacaux magnésiens ou phosphatés calcaires sont au contraire ceux qui sont le plus utilement traités par les eaux de ce poste thermal. Les sources de celte station n'ont pas la prétention d'agir sur des calculs assez volumineux pour être du domaine de la lilbotomie. Il n'en est pas de même pour les calculs dont la grosseur et la consistance ont permis le broiement, et il n'est pas d'année où l'on n'envoie à Karlsbad des malades qui, après avoir été lithotriciés, conservent dans la vessie des fragments que les instruments n'avaient pu saisir. Certains de ces malades même viennent aux eaux avec l'intention d'éviter une rechute. L'expérience a démontré que ces eaux ne sont pas utiles à ceux qui ont été entièrement débarrassés de leurs pierres. L'eau du Schlossbrunnen à dose élevée, de 5 à 8 verres, doit être conseillée aux malades qui ont de la difficulté à uriner. Lorsque cette source est bien digérée, il faut arriver à l'eau du Miihibrunnen ou du Sprudel. Les eaux carboniques froides de Dorothée ou de Giess-llùbel doivent être employées au repas et bues en quantité aussi considérable que possible. L'usage des bains est utilement associé au traitement interne lorsque des coliques néphrétiques ont été constatées. Il convient de débuter par les eaux du Sprudel à dose réfractée; il en est de même dans la cystalgie et dans toutes les affections spasraodiques des voies urinaires. 11 faut conseiller aussi l'usage de l'eau du Sprudel dans les incontinences d'urine qui, chez les vieillards, sont le résultat d'une paralysie plus ou moins complète de la vessie ou d'un développement exagéré des colonnes charnues du réservoir de l'urine.
L'eau de la même source convient encore aux malades qui ont des hématuries, ^lourvu qu'elles ne soient pas produites par une affection organique et qu'elles viennent à la suite d'une rupture des vaisseaux dilates du col de la vessie. C'est aussi les eaux du Sprudel qui doivent être administrées aux personnes qui ont une prostate hypertrophiée. Enfin, dans le rein mobile, l'eau du Sprudel à l'intérieur et à l'extérieur produit une diminution et souvent une fixation définitive du rein déplacé. Les femmes affectées d'ovarite chronique simple, celles qui portent des kystes uniques ou multiloculaires et même des tumeurs solides de l'ovaire, peuvent être guéries ou au moins sensiblement améliorées lorsque ces affections ne sont pas trop éloignées de leur début. Le Miihibrunnen en boisson, le Sprudel ensuite, les bains généraux d'eau et de boues, les cataplasmes de boues, appliqués sur le bas-ventre, sont les moyens hydrothermaux que l'on oppose à ces aflections. Les engorgements, l'hypertrophie et les corps libreux de la matrice, le désordre des règles qui accompagne ces différents états, sont combattus avec avantage par l'eau du Mùhlbrunnen et du Sprudel. Seulement l'emploi de la douche ascendante doit faire partie de la cure, mais avec des précautions et une surveillance incessantes. L'effet excitant et tonique
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de toutes les sources de Karlshad, et particulièrement du Sprudel, fait comprendre leur activité dans la dysménorrhée et l'aménorrhée, mais ce qui est plus difticile à expliquer, c'est que l'eau de ces mêmes sources n'est pas toujours contre-indiquée dans la métrorrluigie. Ainsi dans les hémorrhagies utérines causées par une altération du sang, ou une maladie inflammatoire d'un organe voisin qui agit sympathiquement sur la matrice (le foie, par exemple, à l'instant de la ménopause), l'usage interne des eaux de Karlsbad donne des résultats favorables. Il en est de même des hémorrhagies que l'on observe sur les femmes qui ont plutôt des pertes que des règles, et alors l'eau du Sprudel en boisson et en bains généraux régularise les époques menstruelles en les éloignant. La leucorrhée qu'ont certaines femmes, non malades d'ailleurs, et qui ont les attributs d'une bonne constitution, disparaît le plus souvent après une seule saison à la suite d'un traitement par l'eau du Scblossbrunnen ou de la Russische-Kron en boisson, en demi-bains et en injections vaginales. Les maladies des organes de la respiration ou de la circulation qui sont le plus avantageusement modifiées à Karlsbad sont les pleurésies chroniques avec épanchement, surtout lorsque la maladie siège à droite, et est par conséquent plus rapprochée du foie. C'est au Scblossbrunnen qu'il faut donner alors la préférence, et les malades doivent être prévenus que le traitement thermal sera long. Nous avons signalé, en parlant des effets physiologiques, l'action du Scblossbrunnen sur la sécrétion des membranes muqueuses en général, et particulièrement sur celle des voies aériennes. .Ainsi, l'eau de cette source convient dans tous les catarrhes bronchiques et [jarticulièrement dans ceux des emphysémateux et des asthmatiques, mais les bains généraux et locaux doivent être bannis. Les personnes affectées de maladies du cœur et des gros vaisseaux ne doivent pas être envoyées spécialement à Karlsbad, pas plus qu'aux autres stations où l'on ne suit pas des cures de petit-lait à l'intérieur et en bains généraux. Les médecins de Karlsbad ne pourraient renseigner sur l'action de leurs sources dans ces cas, s'ils n'avaient plusieurs fois traité de ces malades, venus seulement pour accompagner ceux qui devaient suivre une cure à ce poste thermo-minéral. La péricardite et l'endocardite, surtout, lorsque ces affections existent chez des sujets avancés on âge et présentant un état général mauvais, comme certains goutteux et certains rhumatisants, sont de la sphère d'activité de la Scblossbrunnen, du Theresienbrunnen et du Sprudel. Lorsque la péricardite est aiguë ou subaiguë, et qu'elle est encore accompagnée d'un épanchement assez abondant, il ne faut pas commencer l'application de ces eaux ni à l'intérieur, ni surtout à l'extérieur. Dans l'endocardite récente, il ne faut pas autoriser non plus le traitement thermal de trop bonne heure. On ne doit jamais le commencer lorsqu'il existe des maladies organiques du cœur ou des gros vaisseaux. Il faut craindre, en effet, son action trop excitante. Des morts subites surviennent presque chaque année chez des malades présentant d'autres affections qui nécessitaient un traitement à Karlsbad. Il y a des circonstances cependant où le médecin doit employer ces eaux avec une extrême prudence, celles du Sprudel surtout. Lorsque les malades ayant des affections organiques du cœur sont profondément anémiques, que les toniques et les reconstituants 'sont nécessaires, €t que cependant un obstacle mécanique entrave la circulation générale, les eaux de Karlsbad ù petite dose, une cuiller à soupe au début, peuvent être utilement employées, mais les bains et les douches ne doivent pas faire partie de la cure. Quand il y a maladie des artères ou des veines, et surtout de ces
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derniers vaisseaux, le traitement interne et externe de Karisbad a une réputation justement méritc'e. Les dilatations et les obstruclioiis veineuses produisent les varices, dont le siège principal est aux membres inférieurs, et les bémorrboïdes que l'on dit internes ou externes suivant qu'elles siègent en dedans ou en debors du sphincter externe de l'anus. Les malades ne viennent pas en général à Karisbad pour se soigner de varices ou d'ulcères variqueux aux membres inférieurs, et on ne pourrait pas utilement renseigner sur l'aclion de ces eaux, si on ne les avait souvent employées chez des malades qui portaient en même temps d'autres affections. Les Iiémorrboïdes fluonfes et périodiques chez les hommes, comme l'écoulement cataménial le mieux établi, auquel elles suppléent quelquefois chez la femme, peuvent diminuer, disparaître et causer des troubles variés auxquels le Sprudel remédie en rétablissant le flux hémorrboïdal et en le régularisant. Les simples bourrelets hémorrhoïdaux sans écoulement sanguin, accompagnés de douleurs lombaires, de téuesme, de suintements muqueux ou purulents, de prurit, d'eczéma, de constipation opiniâtre, de prolapsus de la membrane muqueuse du rectum, de fissures et quelquefois de listules, sont avantageusement soignés par les eaux de Karisbad à l'intérieur et à l'extérieur, mais surtout par l'application locale de la vapeur de la llygieensquclle. Le rhumatisme et la goutte sont les états morbides qui ont peut-être le plus contribué à la réputation des eaux de Karisbad. Ce sont les eaux du Theresienbrunnen qui doivent être employées d'abord. On arrive graduellement aux sources plus fortes, à la tête desquelles il faut placer le Neubrunnen, mais, quand les malades doivent boire à cette dernière source, il faut que le médecin surveille attentivement les congestions sanguines qui peuvent se produire vers certains organes internes et surtout vers la tète. Les eaux en boisson, mais principalement les bains d'eau, de vapeur et de boues, sont les moyens les plus usités à Karisbad dans les affections rhumatismales et goutteuses. On applique surtout les bains et les cataplasmes de boues chez ceux qui ont au voisinage des articulations ou sur les autres parties du corps des dépôts calcaires, des ostéophyles ou des contractures. Les bains de vapeur alimentés par la source d'Hygie sont surtout indiqués dans les crampes et les contractures goutteuses, les rhumatismes musculaires chroniques. Les atrophies progressives localisées sont guéries ou heureusement modifiées par l'eau des sources de Karisbad, mais une remarque doit être faite ici : pour tous les rhumatisants et les goutteux qui éprouvent après leurs premiers bains de l'augmentation de leurs douleurs articulaires, de la lassitude ou de la faiblesse dans le membre affecté, les eaux de Karisbad ne conviennent pas, ces malades doivent aller à Tœplitz. Ceux au contraire qui éprouvent au début les mêmes accidents aux bains de Tœplitz doivent aller à Karisbad, où ils sont à peu près sûrs de trouver la guérison. Tous les médecins savent que l'acide urique est en proportion notable dans l'urine des goutteux, au moment de leurs accès. Les recherches de Lehmann et de Garrod ont démontré que la quantité d'acide urique est au contraire diminuée dans les urines en dehors des accès, mais que cet acide est notablement augmenté dans le sang des goutteux. Les eaux de Karisbad, qui modifient la masse sanguine et la composition des urines, sont par conséquent très-utiles dans tous les accidents provenant de la goutte. C'est aux goutteux éréthiques qui ont la peau très- impressionnable au froid, qui suent facilement et ont des organes digcstiis et particulièrement l'estomac très-aisément troublés, qui préfèrent une alimentation acide, acre et de haut goût, les viandes grasses, les mets azotés et
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les boissons spiritueuses, qui ont aisément des ballonnements du ventre et des renvois acides après leurs repas, qui se soustraient au moindre exercice, qui ont, en un mot, une forte constitution, que conviennent à l'intérieur les eaux de Karlsbad. Elles doivent être rarement employées chez eux en bains et en douches, pour ne pas déterminer des accidents goutteux pendant le traitement thermal. Les bains généraux de vapeur sont surtout employés chez les malades dont on veut augmenter les fonctions de la peau. Les goutteux chétifs, lymphatiques ou nerveux, qui éprouvent facilement des émotions violentes, qui ont une grande susceptibilité aux variations atmosphériques, qui souffrent de gastralgie, de coliques, de constipation ou de diarrhée, qui sont sujets à de fréquentes migraines, sont au contraire réfractaires à tout traitement thermal par les eaux de Karlsbad. Dans tous les cas, il ne faut leur laisser commencer la cure que par l'eau du Sprudel en boisson et ne jamais leur conseiller les bains généraux. Les eaux de Karlsbad donnent tous les ans des résultats favorables aux diabétiques lorsque leur affection est récente, qu'elle existe sur des sujets encore jeunes ayant brusquement changé de climat ou d'habitude, lorsque le diabèle s'associe ou est consécutif à des troubles fonctionnels, lorsque enfin il dépend d'une néphrite interstitielle accompagnée d'une grande soif, de sécheresse de la bouche, d'un tremblement des lèvres, d'une haleine spécifique, d'un appétit insatiable, d'une douleur frontale continue, d'une obtusion profonde des idées, de paresse de la mémoire, d'insomnie marquée, de bourdonnements d'oreille, de vertige, d'anesthésie de la région cervicale postérieure, d'un assoupissement complet des organes génitaux, etc. Les eaux du Schlossbrunnen et celles du Sprudel en boisson doivent être prescrites de préférence et à faible dose au début de la cure, qui est complétée par les bains généraux. Les diabétiques n'ont pas besoin de changer à Karlsbad leur régime alimentaire, de s'abstenir par conséquent de mets féculents. En parlant des effets thérapeutiques des eaux de Karlsbad sur les affections du foie et surtout de la rate, nous avons dit l'action de ces eaux sur les suites de fièvres intermittentes. Nous n'avons plus que de courtes observations à présenter sur l'effet des eaux de Karlsbad dans les fièvres d'accès et dans l'empoisonnement paludéen en dehors de tout retentissement vers les organes hépatiques ou spléniques. Il est rare que ces eaux thermales ne redonnent pas des accès de fièvres contractées dans les pays chauds ou marécageux, où les fièvres tierces et surtout quartes sont endémiques. Lorsque les icbricitants, depuis longtemps en proie à une intermittence périodique, sont arrivés à une cachexie profonde, un séjour à Karlsbad devra précéder celui que les malades feront à des sources ferrugineuses. Les eaux de Karlsbad sont indiquées aussi lorsqu'un traitement par les sels de quinine a été longtemps continué. La maladie d'Addison, ou la maladie bronzée est en général mortelle, ainsi qu'on le voit dans les travaux de tous les pathologistes qui se sont occupés de cette maladie, depuis Gazenave et Trousseau. Cependant un cas qui s'est terminé par une guérison à peu près complète a été traité par les eaux du Sprudel en boisson et en bains. La teinte de la peau de ce malade resta un peu trop foncée, mais il n'éprouvait plus de douleur dans la région des reins comme à son arrivée. Que les névralgies faciales, idiopathiques, soient ou ne soient pas intermittentes, elles sont avantageusement traitées par l'eau du Sprudel en boisson et en douches. Sur les personnes qui ont été soumises aux effets délétères et prolongés de certains métaux employés dans l'industrie, ou de certains agents de la matière médicale, comme l'arsenic, le plomb et le mer-
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3ure, l'oau du Schlossbrunneii et du Muiilbiunncn, en boisson à petite dose d'abord, aide'e de l'action des ])ains généraux, doit constituer les moyens ordinaires de la cure thermale. Enfin les Orientaux, qui font un usage régulier de l'opium, et les morpliinomanes aujourd'hui si nombreux, trouvent à Karlsbad un moyen de remédier aux accidents graves qu'ils éprouvent et de se débarrasser de leurs funestes habitudes. L'efficacité des eaux de Karlsbad est incontestable dans certaines affections des sens spéciaux, et particulièrement des yeux et des oreilles. On a prétendu de tout temps que ces eaux guérissent l'amaurose à son début, lorsqu'elle est sous la dépendance d'un glaucome ou d'une cboroïde rélinite. Le Mùliibrunnen et la Felsenquellc donnent les résultats les plus avantageux lorsque les amblyopiques sont amaigris ou débilités. Il ne faut leur permettre les bains qu'avec une grande réserve, pour ne pas s'exposer à produire une congestion violente vers la partie supérieure du corps. Les conjonctivites clironiques et les inflammations anciennes des glandules de Meibomius, ainsi que toutes les autres affections oculaires d'origine scrofuleuse et observées chez de jeunes sujets, sont la plupart du temps guéries par l'usage interne des eaux du Schiossbrunncn, de la Russische-Kron, et par l'usage interne et externe des eaux et de la vapeur du Bernliardbrunnen. La cause de beaucoup de surdités nous échappe, mais il est quelquefois possible de croire qu'elles sont produites à la suite d'hémorrlioïdes ou de rhumatismes. Les eaux de Karlsbad les ont souvent améliorées, ainsi que les suppurations de l'oreille externe, d'origine strumeuse,
La durée de la cure est ordinairement de quinze à trente jours.
On e.rporte sur une ti'cs-grande éciielle et dans toutes les parties du monde l'eau des sources de Karlsbad et les j)roduits qui en dérivent, surtout les sels connus sous le nom de sels du Sprudel de Karlsbad. A. Rotureau,
KARYOHII\ÈI«i£. Vo)J. PrOTOPLASMA.
KATOPTRO.^IAIVCIE. Voy. DlVlNATION.
KAVA OC KA.WA. Vojj. PoiVRE.
KAWAÏX'E OU MÉTIIISTICIXE. Principe analogue à la pipérine, extrait de la racine du Piper metlujsticum ou kava. La kawaïne se présente en petites aiguilles soyeuses, incolores, sans odeur ni saveur, insolubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool froid et l'éther; elle fond à 130 degrés et se décompose à une température plus élevée. Ce corps renferme de l'azote, d'après Gobley ; n'en renferme pas, d'après Cuzent. L. Hn.
KATE OU KEY (Joua), de son nom latinisé Caius. Médecin et philologue anglais, né à Norwich le 6 octobre 1510, étudia à Padoue et à Bologne, et fut appelé par Henri YllI à occuper une chaire d'anatomie à Londres. Il lut le médecin des reines Marie et Elisabeth et présida le Collège des médecins. Il mourut à Londres le 29 juillet 1075. Son principal mérite est d'avoir provoqué la publication de divers classiques grecs et latins, Galien, Celse, Scribonius Largus, etc. L. Il.\.
KEF. Voij. Ba>G
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KELLII\E. Glycoside extraite des graines iVAmml visnaga (kell des Arabes). Les graines pulvérisées sont mélangées avec leur poids de ciiaux éteinte et épuisées par l'alcool chaud; l'extrait alcoolique amené à siccité est repris par l'éther qui dissout la kelline; enfin on la purifie par cristallisation dans l'acide acétique, puis dans l'eau. C'est une substance cristallisée en aiguilles soyeuses, incolores, très-amères. Elle est peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau chaude et dans l'alcool ou le chloroforme, très- soluble dans l'éther. La kelline agit sur l'économie comme vomitif et narcotique. L. Hx.
UÉI.OÏOE. Voij. Cméloïde et Cicatrice.
héloto:tiie. Voîj. IIerme.
KÉRATIX'E. Substance assez semblable à l'épidermose {voij. ce mot), renfermée dans la corne, l'épiderme, les ongles et les poils; à l'inverse de toutes les substances organiques, elle n'est pas soluble dans la potasse.