‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.52Chapitre 7 sur 67 · OO O · texte numérisé non relu

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lOi INTERMITTENTES (FIÈVRES).

qui les rend singulièrement aptes aux complications inflammatoires, notamment à la pneumonie palustre, d'oîi maintien beaucoup plus prolongé du chiffre des malades atteints par l'épidémie.

2" Épidémies irrégulières. Ces épidémies peuvent se manifester, soit en mer, soit à terre. En général, les épidémies de lièvre intermittente à bord d'un navire se manifestent en trois conditions : 1" le plus souvent, l'intoxication existe ù l'état latent chez les passagers, vu leur provenance d'un foyer fébrigène, et ce n'est que par inattention qu'on a pu déclarer ces épidémies indépendantes du miasme palustre ; 2" la fièvre se développe subitement sous l'influence d'effluves apportées par les venis d'une côte ou d'une île où règne la malaria; 5° l'infection, eufin, au lieu de s'exercer à distance, peut avoir son foyer dans le bâtiment lui-même, lorsque se produisent à fond décale des conditions d'insalubrité analogues à celles qui constituent les marais palustres, et spécialement bien décrites par Fonssagrives. L'accumulation des matières végétales putrescibles entraîne le dépôt d'un détritus noirâtre comparable à l'humus; il se forme ainsi, en pleine mer, un véritable sol envahi bientôt de moisissures et autres végétations parasites, qui viennent prouver la puissance productrice de ce milieu, en même temps que le développement des fièvres dans l'équipage témoigne de sa puissance fébrigène; ces émanations sont identiques à celles des terres vierges ou mal cultivées, et, malgré leur théâtre, ces faits rentrent dans notre doctrine de l'intoxication tellurique. On comprend qu'en ces différents cas l'épidémie ne se développe pas avec la régularité d'une épidémie saisonnière.

Il y a également à terre des épidémies tout à fait inhabituelles, adventices.

En 1858, dit Paimarius, tota Eiiropa, variis febribus, maxima parte intermitleniibus, jactata est, sed iis minime lethalibiis (Littré, art. Fièvre. Dict. de médecine en 50 vol., 1855, t. YIl, p. 599).

En 1657, 69 épidémies de fièvres intermittentes sévissaient en même temps que la peste sur toute l'Europe, principalement en .\ngleterre, où l'observèrent Willis, Morton, Sydenham; il y avait eu des inondations et des chaleurs exceptionnelles; l'air fut partout si mauvais, dit Willis, que l'Angleterre était devenue un vaste hôpital (Haeser, Lehrbuch der Geschichte, etc., p. 89).

En 1678-1679, nouvelle épidémie générale accompagnée aussi de peste (Hirsch, loc. cit.).

Pendant le dix-huitième siècle, et notamment de 1700 à 1710, en 1751, en 1750, de 1779 à 1780, de 1770 à 1775, de 1779 à 1781, explosions générales de fièvres intermittentes précédent habituellement le développement épidémique du typhus ou de l'influenza (Hirsch, loc. cit., et Haeser, loc. cit., g^ 100, 106, 108, lU, 156).

Enfin, dans notre siècle même, les fièvres intermittentes, très-nombreuses et très-graves de 1800 à 1815, pendant la grande période caractérisée par la prédominance du typhus pétéchial, auraient subi une diminution notable pour reprendre leur fréquence et leur gravité de 1824 à. 1856, puis en 1869 {voy. L. Colin, Traité des fièvres intermittentes, p. 498).

En pareilles circonstances, la généralisation du mal a semblé contraire à son origine locale ; nous savons cependant la part qui revient aux vents dans la dissémination du miasme tellurique, de tous les principes spécifiques le plus léger et le plus transportable. Des auteurs ont admis que ce transport n'avait pas de limites; que les grands courants atmosphériques qui nous arrivent de divers foyers palustres du Nouveau-.Monde pourraient'nous apporter les germes de la

fièvre intermittente. Nous avouons que l'immense éloignement de ces foyers nous empêche d'accepter leur action en Europe; d'ailleurs, quand ces épidémies adventices se manifestent sur notre continent, elles se développent simultanément dans tons les points envahis, comme si la cause n'en était nullement mobile et progressive, et en outre, malgré la généralisation du mal, ce sont les localités habituellement les plus fiévreuses qui sont le plus fortement atteintes, preuve nouvelle que c'est encore vers les conditions spéciales du sol qu'il faut diriger son attention.

D'après certains auteurs, ces épidémies insolites auraient cependant quelque régularité. Suivant Bergmann (d'Upsai) les épidémies de fièvre intermittente observées en Suède pendant la période, 1854-1 8<J0 auraient présenté ce caractère de s'élever chaque année de quelques degrés vers le nord; et, analogue à la méningite, la maladie aurait mis six ans (1854-1860) à gagner son degré de latitude le plus septentrional (66 degrés nord, Ilaparanda).

L'auteur cherche même à prouver que les épidémies de fièvre intermittente présentent un caractère analogue à la surface du monde, qu'elles sont assujetties à une loi de déplacement général, en vertu de laquelle les épidémies observées en Suède n'apparaîtraient en ce dernier pays que dans les années consécutives à des manifestations pandémiques sur l'Europe et sur l'Amérique.

Suivant nous, la production de la malaria n'est assujettie à d'autre périodicité mulli-annuelle que celle qui parfois s'établit dans le cycle des vicissitudes météoriques; de plus, on ne peut rapproclier l'éventualité des épidémies de lièvre intermittente dans les pays froids de la fatalité de leur retour dans les zones plus méridionales. Ici encore il en est de la malaria comme de la végétation. Tandis que dans les climats chauds la fécondité du sol et son insalubrité seront la règle habituelle, ces deux faits deviendront aléatoires dans les pays où le sol ne peut acquérir une puissance végétatrice et fébrigène que durant les années exceptionnelles comme température.

D'après nos recherches, ces épidémies accidentelles peuvent se manifester en trois conditions principales :

A. Quelquefois l'apparition de l'épidémie sera le résultat de la transformation en surface fébrifère d'un sol habituellement salubre. Telles les épidémies qui se développent à la suite d'inondations, ou lors du dessèchement des marais, du curage des égouts, des travaux de terrassement, quand ces travaux sont accomplis en été ou en automne. On a eu des exemples, souvent terribles, des dangers créés par des opérations aussi intempestives. A Bordeaux, en 1805, on dessécha, en plein été, un marais contigu à la ville, le marais de la Chartreuse; 12 000 habitants sont frappés de fièvres intermittentes et si graves que 5000 d'entre eux succombent à des accès pernicieux. Thion de la Chaume rapporte que les Arabes, voulant se venger d'une insulte qui leur avait été faite par les habitants de Bassora, firent déborder la rivière qui enserre ses bords ; il eu résulta, au retrait des eaux, une épidémie dont 12 000 ou 14 000 personnes furent les victimes. Dans les guerres de nos pays on rencontre des exemples analogues : en 1748, pendant la guerre de succession d'Autriche, les Hollandais, pour se défendre, avaient inondé leur royaume au commencement de l'été qui fut brûlant; on signe les préliminaires de paix, et l'on fait rentrer les eaux dans leur lit : alors se développe une grave épidémie, et les Etats généraux ordonnent une nouvelle inondation jusqu'au commencement de l'hiver (Foissac, Influence des climats sur V homme, 2^ éd., t. 1, p. 51 7j.

B. Plus souvent les épidémies adventices de fièvre intermittente ont pour point de départ des influences météoriques exceptionnelles. En bien des régions le sol présente les conditions physico-cliimiques voulues pour la production du miasme fébriiere; le miasme ne se produit pas cependant, faute de chaleur ou d'humidité. Que l'un de ces desiderata, si l'on peut ainsi dire, soit rempli, une épidémie insolite se manifestera. En 182G, un été exceptionnellement chaud entraîna, sur les côtes de la Baltique et de la mer du Nord, une explosion de ce genre qui, à Groningue seulement, tua 5000 habitants sur 50 000.

L'élévation de la température donne, d'ailleurs, un caractère spécial de nocuilé aux foyers palustres des climats tempérés. Nepple constate qu'en 1821 les lièvres furent peu nombreuses et peu graves en Bresse, offrant le caractère torpidc des fièvres de la Hollande, tandis qu'en 1822, année exceptionnellement chaude, ces alïections présentèrent une fréquence et une acuité qui les rapprochaient de celles des pays tropicaux.

Dans les pays cliauds et secs, ce n'est pas l'élément thermique qui f;iit défaut pour la production de la malaria : c'est l'humidité; et en ces régions' les épidémies adventices ou exceptionnellement graves de fièvres intermittentes correspondent, nous l'avons vu, aux années très-pluvieuses.

G. Une autre condition de développement de ces épidémies, c'est l'exposition accidentelle aux miasmes telluriques de masses spécialement prédisposées. En maintes localités palustres les habitants sont relativement protégés contre la malaria par leur résidence dans des maisons, par le pavage du sol, pavage qui oblitère immédiatement autour d'eux la source des émanations telluriques.

Mais qu'une armée, composée d'hommes provenant de régions salubres, pénètre en plein été dans un pays à malaria, dont les habitants, grâce à leur origine, à leur installation dans des villes, supportent comme d'habitude, sans excèsde maladie ni de mortalité, les conditions d'insalubrité, les soldats, par le fait de leur provenance étrangère, de leur imminuté antérieure, de leur exposition directe par la vie des camps aux influences du sol, fourniront matière à ces épidémies insolites comme on en a vu jadis en Hongrie, en Hollande, et de nos jours, en 1859 dans l'armée française en Lombardie, en 1878 dans l'armée anglaise à Chypre. En pareilles circonstances, ce n'est pas l'épidémie qui est nouvelle, ce n'est pas une cause morbide ou une constitution médicale qui surgit exceptionnellement : ce qui est exceptionnel et nouveau, c'est le nombre et la réceptivité spéciale des individus brusquement soumis à l'action de celte cause.

Non-seulement alors il y aura beaucoup d'accès, et par conséquent épidémie, mais parfois se manifesteront des fièvres pernicieuses, terribles par leur nombre, la rapidité de leurs coups, et qui, au lieu àe peser lentement sur lu mortalité annuelle, produiront en quelques jours les désastres des épidémies les plus meurtrières.

C'est ainsi que s'explique l'effrayante mortalité de l'armée anglaise débarquant en 1807 dans l'Ile de Walcheren au moment oii les dessèchements des canaux venait de mettre à nu une vaste surface d'émanations miasmatiques.

C'est ainsi qu'arrivant en septembre à Rome un détachement de 80 soldats français, casernes hors la porte du Peuple, eut, en trois semaines, 51 malades dont 24 moururent.

Symptômes. Comme les empoisonnements (alcoolisme, saturnisme), cette intoxication présente deux ordres de symptômes : 1" symptômes aigus, caractérisés

par les manifestations coiuiues sous le nom d'accès rie iîèvre ; 2"^ symptômes chroniques, caractérisés par l'anémie et la cachexie palustre. Il est bien entendu que ces deux ordres de manifestations derimpaludismc sont loin de constituer deux phases successives, et que si en général c'est une explosion fébrile qui, la première, révèle l'atteinte de l'organisme, il y a ultérieurement coïncidence entre ces deux modes symptomatiques.

Ils offrent entre eux cette similitude d'être habituellement tenaces, de réapparaître souvent après de longs intervalles de guérison apparente, caractère dont il ne faut pas cependant s'exagérer l'importance, comme me paraissent le faire les auteurs qui font remonter tel ou tel accident morbide à un impaludisme contracté vingt ou trente années auparavant, sans qu'aucun symptôme, depuis ce début lointain, en ait jamais jalonné l'existence.

1° Intoxication aiguë. Les manifestations aiguës sont, suivant les individus et suivant les lieux, variables dès le début de l'imprégnation morbide; rien de plus différent que la date de l'explosion morbide chez les individus intoxiqués à la même source; nous avons proposé, et notre opinion a été généralement acceptée, de remplacer, par l'expression de période latente, le terme « incubation » antérieurement employé ici comme dans les maladies virulentes, mais représentant à l'esprit l'idée d'un jdiénomène physiologicjue à durée constante; idée acceptableen ces dernières maladies, mais non dans les affections miasmatiques et surtout dans l'intoxication lellurique, où sur vingt individus traversant ensemble un marais il n'y en aura pas deux peut-être qui seront atteints de iîèvre le même jour.

Cette période sem.ble plus longue à mesure qu'on remonte au nord. En Suède, l'endémo-épidémie annuelle se manifeste non pas en automne, au moment de l'imprégnation miasmatique, mais au printemps, comme si le mal était demeuré latent pendant l'hiver.

Type. Le fait qui a le plus contribué à faire accepter la multiplicité de nature du miasme palustre, c'est la diversité des types fébriles : continu, quotidien, tierce, quarte, etc. Mes études m'ont permis de rattacher ces différences a des circonstances appréciables, et de formuler une loi, générale au moins, de succession des formes, dont les deux principaux éléments sont : i° le degré de température ambiant ; 2" la date de la première atteinte de Lorganisme.

L'expression capitale de l'intoxication aiguë est la fièvre. Je me suis attaché à établir, d'après mes observations et celles des principaux auteurs qui ont pratiqué dans les foyers palustres les plus redoutables, que le type fondamental de cette fièvre n'était pas le type périodique.

Que, dans nos climats, ce type s'applique à la majorité de ces affections, nous l'admettons volontiers, mais si, au lieu de les étudier seulement chez nous, nous agrandissons le domaine de nos recherches en englobant dans cet examen le nombre, immense aujourd'hui, d'observations recueillies dans les vastes régions qui constituent le principal domaine de la malaria, nous sommes obligés de convenir que ce caractère de périodicité n'est plus suffisant et fait défaut en un grand nombre de cas où l'étiologie palustre ne saurait être révoquée en doute.

Admettre la nécessité de ce type, c'est persister à tort dans un dogme qui était vrai lorsqu'on n'observait qu'en Europe, dogme auquel il faut renoncer, aujourd'hui que les limites de ce champ d'études ont été dépassées.

Comprendrions-nous, en gartlanl celle croyance à la nécessité du type périodique, la nature des affections qu'au siècle dernier Lind observait déjà dans les pays chauds, en indiquant d'une manière si évidente leur origine tellurique? Pourrions-nous faire rentrer, dans le même groupe que nos fièvres intermittentes, les formes essentiellement continues et rémittentes qui, aux Indes, constituent l'épidémie palustre de l'armée anglaise? Aujourd'hui, grâce aux travaux d'Annesley, de Raynald Martin, de Morehead, il est évident que, malgré leur continuité, ces maladies sont poiu'tant bien de la famille de nos fièvres périodiques, dont elles ont l'origine, la cachexie consécutive, les transformations pernicieuses.

Les études faites, surtout depuis 1850, dans les stations intermédiaires aux climats tempérés et aux pays chauds, telles que la zone méditerranéeune, coufirment également celte identité par la trausitiou qu'on voit s'y opérer de l'intermiltence à la continuité.

C'est en observant sur le sol de l'Algérie que notre illustre maitre. Maillot, a créé le premier une base de rapprochement entre la pathologie palustre du nord et celle des pays tropicaux : voyant d'une part des lièvres périodiques, complètement intermittentes, et d'autre part, sous l'influence de la même cause, des pyrexies d'uue continuité absolue et complète, il en a établi admirablement l'idenlité de nature, en donnant à ces dernières le nom de pseudocontinues; celte appellation était créée à une époque où l'on n'admettait comme fièvres palustres que les lièvres périodiques, doctrine absolue surtout depuis la nosologie de Pinel : donc un type continu ne pouvait rentrer dans ce faisceau morbide qu'à la condition d'être déclaré faux, [)seudo-conlinu ; eu second lieu, l'appellation avait l'avantage immense de rappeler au praticien (|u'il fallait se conduire comme si la continuité était fausse en effet, et administrer le médicament spécifique qui, ayant nom aulipériodique, n'eût pu être invoqué contre une affection réellement continue.

C'était là un premier pas vers l'affranchissement de ce préjugé de la périodicité; comme l'ont dit Trousseau et Pidoux ; « C'est grâce à notre conquête de l'Algérie que nous avons pu sortir de la tierce et de la quarte, nous alïranchir du préjugé nosograpliique du type, et rentrer ainsi dans une voie plus large pour la pathologie, plus droite et plus pratique pour la médecine. En Algérie, il nous a été donné de voir les types efiàcés et confondus, et nos fièvres intermittentes classiques changées en continues, comme pour signaler le vice d'une pyrétologie exclusivement fondée sur la considération du type. C'est là que nous avons appris à mieux connaître, non pas les fièvres intermittentes, mais les maladies miasmatiques. »

Maintenant donc qu'à cet égard les préjugés ont fait leur temps, il y a lieu d'adopter, devant certaines formes, le nom de lièvre continue sans réserve aucune, sans y ajouter d'expression qui fasse supposer que cette continuité n'est pas réelle, car pour ceux qui ont vu ces formes la continuité est aussi absolue, plus absolue peut-être que celle de nos pyrexies les plus vulgaires, la fièvre typhoïde, par exemple. Contester aux médecins anglais qui habitent les Indes la continuité réelle des fièvres palustres qu'ils y observent, c'est leur donner le droit de nier la périodicité réelle de ces mêmes lièvres dans nos climats, car, d'après ce qu'ils voient, ils sont fondés à faire de la rémittence et de la continuité le type caractéristique de l'endémie palustre, tout aussi bien que pour nous ce type a été longtemps et exclusivement l'intermittence.

C'est ce qui prouve une fois de plus que ces affections ne doivent plus être, ni au nord ni au sud, déterminées d'après leur type, ce qui en ferait des maladies complètement oppose'es, mais d'après leur étiologie, qui seule 'leur est commune et permet de les réunir en même faisceau, qu'on les appelle miasmatiques ou telluriques.

11 laut donc reconnaître la profonde vérité du principe établi par Boudin, que l'intoxication est susceptible de se phénoméniser sous les types intermittent, rémittent et continu.

Mais nous ne pouvons admettre avec le même auteur qu'il y ait corrélation entre l'intensité de l'intoxication et le type de la phénoménisation, celui-ci étant d'autant plus continu que le degré de l'intoxication est plus élevé, tandis qu'à la dose la plus légère riiiloxicatioa détermine les accidents morbides les plus distants, les plus intermittents; nous allons voir au contraire que, dans les pays chauds, les formes les plus continues se manifestent généralement avant que les émanations du sol soient à leur maximum d'intensité, que d'autre part elles frappent surtout les nouveaux venus, tandis que les types tierce, quarte, septénaire, et autres plus rares encore, sont le propre des individus antérieurement atteints et plus profondément intoxiqués.

Influence de la température sur le type de la fièvre. L'influence de la température se traduit tout d'abord par la distribution géograpbique de ces diverses formes, d'autant plus continues qu'on les observe plus près de l'équateur, d'autant plus intermittentes qu'on les observe plus près de leurs limites septentrionales.

C'est là un fait mis aujourd'bui hors de doute par des observations recueillies sur toute la surface du globe.

On sait en effet que, dans le centre de notre Europe, le type tierce est le plus fréquent : ainsi, à Tiibingen, Griesinger a vu 268 tierces pour 122 quotidiennes, et la plupart des observateurs allemands ont constaté des proportions analogues : aussi dans ces régions a-t-on voulu parfois établir que la tierce était le type originel, le premier rhytbme de la fièvre intermittente. A mesure qu'on descend vers le sud, on observe non-seulement l'augmentation des quotidiennes, mais l'augmentation aussi des rémittentes : ainsi, dans la Bresse, iVepple constate déjà plus de quotidiennes (198) que de tierces (H 5), et rapporte un grand nombre d'observations de fièvres rémittentes et même continues. Cette transition s'accentue plus encore en Algérie, oii les types rémittents prennent une fréquence plus considérable, en même temps que parmi les fièvres périodiques domine celle dont les accès sont le plus rapprochés, la quotidienne; enfin, sous les tropiques, les intermittentes de tous types, même les quotidiennes, sont rares relativement aux types continus.

La répartition du type quarte est une confirmation de celte loi ; commune dans le nord de l'Allemagne, où elle représente jusqu'à 15 et 20 pour 100 des fièvres intermittentes, plus rare à Vienne et dans la Bresse, ne figurant plus en Algérie que dans la faible proportion de 0,5 pour 100 (ou j—) des fièvres périodiques, la fièvre quarte semble ne plus être représentée que très-accidentellement dans les climats chauds.

Le tableau ci-après complétera la démonstration de cette répartition des fièvres suivant leurs types. Il consiste dans le rapprochement de trois statistiques, établies à des latitudes très-diffe'renles, et où l'on voit ressortir cette loi de distribution géographique.

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