LACRYMALES (pathologie cuiRUitciCALE des voies
le gonflement s'alTaisse et le passage à travers les points lacrymaux et le canal nasal redevient libre. Cette rupture se fait tantôt par une eschare de la peau, tantôt et plus souvent par un point jaune, qu'on voit se former au-dessous de l'orbiculaire des paupières, rarement au-dessus, et qui finit par s'ouvrir. Quand, avec le pus,, on fait sortir par la pression du sac des larmes pures, c'est que les canaux lacrymaux sont redevenus perméables. Aussi longtemps que le canal nasal est rétréci ou oblitéré, les matières du sac s'échappent par la fistule, si elle a persisté ; si, au contraire, elle s'est fermée, ces mêmes matières doivent être évacuées, par la pression, à travers les canaux et les points lacrymaux. En général, la plaie du sac ne se ferme spontanément qu'après le retour de la perméabilité du canal nasal, qui est d'ordinaire le signal de cette cicatrisation.
Pronostic. Il ne cesse d'être favorable que lorsque la sécrétion mucoso-purulente a commencé ; quand l'inflammation a été intense, on court le risque d'aboutir à une oblitération des canaux lacrymaux et du canal nasal et, par suite, à une fistule persistante.
Traitement. Au début, purgatifs, diaphorétiques , régime antipblogistique et application, sur les parties enflammées, d'un morceau de linge plié en plusieurs doubles et humecté d'une lotion évaporante. Dans les cas plus graves, saignée au bras, sangsues sur la tumeur ou dans la narine correspondante, onctions d'onguent mercuriel, cataplasmes chauds. Si la suppuration est établie et si la réplétion du sac est très-marquée, il faut aviser à le vider : pour cela, on peut recourir aux voies naturelles, en pénétrant dans le sac à travers les points lacrymaux, si ceux-ci sont encore accessibles ou bien ouvrir l'abcès en plongeant une lancette au point jaune saillant qui se prononce à la partie moyenne de la tumeur. Dans le premier cas, la maladie guérit sans fistule et sans cicatrice; dans le second, une fistule persiste jusqu'au retour, spontané ou provoqué, de la perméabilité du canal nasal. Ici, l'on doit laver chaque jour les parties avec de l'eau tiède lancée par une petite seringue, et les recouvrir ensuite d'un cataplasme ordinaire enfermé dans un sac de linge fin ; si le sac lacrymal reste dur, on peut y apphquer avec succès un cataplasme chaud de feuilles de ciguë avec du camphre ou un emplâtre mercuriel, pour dissoudre l'induration. Plus tard, on recouvre la plaie de charpie enduite de cérat.
2. Etat chronique. (Dacryocystite chronique. Blennorrhée du sac lacrymal. Watery Eye. Fluxion palpébrale puriforme. Anchylops avant et jEgylops après l'ouverture du sac.) Il n'est pas la suite ordinaire de la dacryocystite aiguë; an contraire, le retour à l'état aigu de la dacryocystite chronique est souvent l'occasion de la guérison de celle-ci.
Symptômes. Elle offre cinq périodes (Mackensie) :
{'^période. Larmoiement. Faiblesse de l'œil, due à l'accumulation des larmes dans son angle interne ; le lai^moiement, peu sensible dans un appartement chaud, s'accroît beaucoup à un air froid et humide ; le malade étanche avec son mouchoir les larmes en excès, ou bien appuie son doigt sur le sac pour en faire passer le contenu dans la narine ; mais plus tard, cette même pression le fait sortir par les points lacrymaux ; les canaux lacrymaux, la caroncule et les téguments sont gonflés, mais il n'y a pas de douleur ni d'inflammation proprement dite.
2^ période. Blennorrhée. Rougeur et gonflement de l'angle interne de l'œil plus prononcés ; légère douleur autour du sac ; quand on comprime celui-ci, ce ne sont plus des larmes ou un liquide transparent qui s'en échappent, mais un fluide opaque; une pression plus forte donne issue, par les points lacrymaux,.
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à un mucus puriforme qui vient couler sur l'œil ; il y a presque toujours sécheresse de la narine, due à ce que le gonflement de la muqueuse du canal nasal rend difficile le passage des larmes. Le liquide s'accumule plus abondamment dans le sac et devient plus é[)ais après un repas qu'à tout autre moment. Quand le malade séjourne longtemps dans une atmosphère humide, la sécrétion est trèsabondante, mais plus liquide qu'à l'ordinaire ; dans une atmosphère sèche et chaude, la sécrétion morbide est rare et visqueuse; l'été, on la voit parfois disparaître complètement, pour se représenter de plus belle aux premiers froids.
'5" période. Abcès. C'est une collection de pus qui d'ordinaire remplit progressivement le sac, le plus souvent sans que les malades en éprouvent aucune souffrance. Quelquefois cependant le sac est pris subitement d'innanmiation suppurative et s'ulcère comme dans la dacryocystite aiguë, puis tout rentre dans l'état (le la seconde ou même de la première période, pour s'y maintenir jusqu'à une nouvelle attaque ; le malade souffre ainsi pendant plusieurs années, pour en arriver finalement à la période suivante.
A^ période. Fistule. A la suite d'une de ces attaques, l'ouverture du sac tardant à se fermer, il se forme une véritable fistule, à travers laquelle s'écoulent les matières contenues dans le sac, et plus tard, quand celui-ci est évacué, les larmen qui y arrivent. L'ouverture se rétrécit alors de plus en plus, mais sans manifester d'ailleurs aucune tendance vers une guérison radicale. D'antre part, comme il y a rarement parallélisme entre l'ouverture du sac et celle de la peau, les matières séjournant sous celle-ci la décollent, et il s'y produit des sinus qui viennent s'ouvrir, par de petits orifices, en différents points de la peau plus ou moins éloignés les uns des autres.
5" période. Carie. Cet état persistant, le périoste de l'os unguis et du cornet inférieur s'ulcère; ces os se carient et l'altération se propage parfois à l'ethmoïde et au maxillaire supérieur ; ces désordres, toutefois, ne surviennent guère que dans les cas négligés ou chez les sujets atteints de scrofules, de syphilis ou de quelque autre désordre constitutionnel, complication assez fréquente de ce genre d'affection.
Causes. Congénitale, la dacryocystite chronique dépend ordinairement de ce que le canal nasal est rétréci, ce qui se corrige le plus souvent avec l'âge. Elle résulte fréquemment aussi d'un état général de la constitution, surtout de la diathèse scrofuleuse. Sa cause prochaine est l'inflammation chronique de la membrane nmqueuse du sac, soit primitive, ce qui est rare, soit par communication de celle de la conjonctive. Cette inflammation, se propageant à son tour à la muqueuse du canal nasal, en amène le gonflement, l'hypertrophie, l'induration, et y détermine dc.^ rétrécissements qui, par la stagnation qu'ils apportent aux matières amenées ou sécrétées dans le sac, perpétuent la maladie et en rendent la guérison difficile. Les intumescences des os des voies lacrymales peuvent également y donner naissance
Traitement. Deux indications principales se présentent, auxquelles il faut répondre : restituer au contenu du sac un passage suffisant par le nez, si ce passage est rétréci; modifier l'état de la muqueuse de cet organe. Nous ne nous occuperons ici que de cette dernière indication, réservant l'étude de la seconde au chapitre oii nous traiterons des rétrécissements du canal nasal. S'il y a des signet., même légers, d'inflammation, quelques sangsues, répétées une à une au niveau du sac ou dans la narine correspondante, ou des scarifications de la muqueuse de celle-ci seront utiles ; on y ajoutera des lotions réfrigérantes ou des fomentations
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émollientes. Pour agir directement sur la muqueuse du sac, au moyen d'agents modificateurs, on peut déposer ceux-ci, solutions, poudres ou pommades, dans le grand angle de l'œil, pour les faire aspirer par les points lacrymaux. Les instillations, pour être efficaces, exigent le fonctionnement régulier de ces points, mais souvent l'aspiration est paresseuse et les médicaments n'arrivent pas à leur destination. Pour aider à cette action, le docteur Libbreclit (de Gand) a imaginé de maintenir à demeure, du point au plancher des fosses nasales, de petits stylets filiformes munis de trois cannelures capillaires, parallèles à leur axe, et qui, se transformant en canaux complets par leur apposition aux parties, agissent par capillarité, pour appeler, dans tout le trajet des voies lacrymales, les médicaments déposés à cet effet dans le cul-de-sac palpébral. Quand on préfère injecter les liquides dans le sac, on se sert de la seringue d'Anel ou de l'appareil à injection de M. Fano {fig. 8). Cet appa-
Fie. 3.
Fi?. 9
reil permet d'introduire avec fermeté la canule capillaire dans les points lacrymaux, de l'y maintenir aussi longtemps qu'on le juge nécessaire, et de faire passer dans le sac une colonne de liquide indéfinie, soit pour abster^^er le sac soit pour agir sur la muqueuse, ce qu'il n'est pas possible de faire avec la serin f^ue d'Anel, dont le contenu ne peut être renouvelé qu'à la condition de retirer la cannule et de l'introduire de nouveau, ce qui est toujours au moins désagréable. Les substances dont on se sert sont les solutions de sulfate de zinc ou de cuivre, de tannin, d'acétate de plomb, de chlorure de zinc, de nitrate d'argent à différents degrés, de potasse caustique, de 4 à 8 grammes de solution dans 200 grammes d'eau, la teinture d'iode, plus ou moins étendue, etc. Il faut, au pr.'alable vider le sac par la pression, puis y injecter des solutions, faibles d'abord, et ensuite de plus en plus concentrées. L'introduction de liquides trop irritants pour la conjonctive, sur laquelle il est impossible d'éviter qu'une certaine quantité ne s'en épanche, peut se faire au moyen de l'appareil de M. Fano [fig. 9). Uiie
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double canule est vissée sur la seringue S, l'une BCD communique avec le corps de la seringue d'Anel et est destinée à être introduite dans le point lacryui(al inférieur, pour porter dans le sac la liqueur caustique ; l'autre canule AE, d'un calibre plus considérable que la précédente, réunie avec elle en G, communique en A avec le tube flexible de l'appareil à pompe {fig. 8), rempli d'eau filtrée pure. Dès qu'on aperçoit le reflux, par le point lacrymal supérieur, du liquide porté dans le sac par la canule D, on tourne le robinet adapté au tube flexible de l'appareil à pompe et, à l'instant, un jet d'eau vient se répandre sur la surface de l'œil et la débarrasser du liquide irritant dont elle va être olfensée. — Les injections, pour qu'on puisse en attendre un résultat complet, doivent pouvoir pénétrer dans le canal nasal ; autrement, on doit en augurer que celui-ci est rétréci et agir en vue de lui restituer son calibre. Quand les injections passent dans l'arrière-gorgc ou dans les narines, elles peuvent être efficaces et sul'tire à la guérison, mais il faut, pour cela, qu'elles soient répétées tous les jours et pendant assez longtemps. Lorsqu'elles sont très-irritantes, comme la teinture d'iode ou de fortes solutions de sulfate de cuivre, par exemple, elles donnent lieu parfois à une inflammation phlegmoneuse du sac qui, contenue dans de certaines limites, est fréquemment suivie de la guérison du catarrhe chronique. Les injections peuvent être introduites par le cathétérisme inféro-supérieur, mais elles sont fort difficiles ù faire par cette voie et n'arrivent au sac que si le canal nasal est perméable. — On doit, dans tous les cas, conseiller au malade de se moucher souvent, puis d'essayer, immédiatement après, de vider le sac par le bas dans la narine, on le comprimant avec le doigt, manoeuvre utile surtout comme prélude aux injections modificatrices. 11 reniflera souvent et, fermant de temps en temps la boudie et les narines, exécutera de fortes inspirations, afin d'aspirer l'air qui se trouve dans la narine et le canal nasal qui vient s'y ouvrir, et par conséquent d'attirer au dehors ce qu'ils contiennent. Comniiî applications locales sur le sac, la teinture d'iode en badigeonnage, la pommade au précipité rouge, l'onguent mercuriel et la pommade à l'iodure de potassium sont surtout utiles ; la pommade rouge sera choisie de préférence dans les cas où une blépharite chronique compliquera et entretiendra le mauvais état du sac; la pommade à l'oxyde noir de cuivre (1 gr. pour gr. d'axonge) et l'usage interne du sublimé dans ceux où l'on soupçonnera la présence d'une intumescence osseuse. Quand le sac a été ouvert ou s'est ouvert spontanément, on peut agir directement sur sa surface interne, à travers la fistule, soit par l'introduction de pommades eschaiotiques, soit par la cautérisation au moyen 4x1 nitrate d'argent. Une excellente méthode, depuis longtemps en usage en Italie, consiste à placer dans le sac un petit morceau de caustique lunaire, puis à le recouvrir d'un peu d'amadou destiné à empêcher que le caustique, en se liquéfiant, se répande au dehors. 11 se développe une inflammation aiguë, qui va déjà en diminuant le lendemain et disparait en deux ou trois jours ; les parties tuméfiées s'affaissent, reprennent leur coloration normale et la plaie se ferme. Une seule application suffit ordinairement, mais il faut quelquefois en faù-e deux ou trois. Le nitrate d'argent agit ici en taisant disparaître l'inflammation chronique de la muqueuse du sac, de la même façon qu'il le fait pour l'inflammation delà conjonctive.
La carie des os qui environnent le sac lacrymal et le canal nasal est presf]ue toujours due à une cause constitutionnelle dépendant de la syphilis ou de la scrofule, contre laquelle il faut diriger un traitement général ; le traitement local devra se borner à des injections détersives ou à quelques injections au nitrate
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d'argent, poussées avec précaution, dans le but d'amender l'écoulement blennorrhoïque et de réprimer la tendance à la formation de granulations fongueuses.
Dans tous les cas de dacryocystite chronique, il faut avoir V attention fixée sur l'état du canal nasal, aucun traitement ne pouvant être réellement efficace, aussi longtemps que le calibre de ce canal se trouve diminué. La restitution de celui-ci est donc le but qiiil faut poursuivre, par l'emploi des moyens qui seront exposés plus loin (voy. 111, Canal nasal).
3» Relâchement du sac lacrymal. Dans cette affection, le sac constitue une tumeur de la forme et généralement de la dimension d'une fève, quelquefois plus grande. Il n'y a ni changement de couleur à la peau, ni douleur, ni induration ; la tumeur cède facilement sous la pression du doigt, et son contenu s'échappe alors par les points lacrymaux ou le canal nasal, selon la direction de la pression et le degré d'intégrité de ces deux voies ; c'est un liquide tantôt transparent ou offrant de légères stries de matière blanchâtre; tantôt jaunâtre, blennorrhoïque. La tumeur s'affaisse après son évacuation, pour se relever au bout d'un certain temps ; si la matière exprimée est jaune, la tumeur conserve, après qu'on l'a vidée, une certaine élasticité et un gonflement dus à la tuméfaction de la muqueuse. Le sac, ainsi relâché, ayant perdu sa contractilité, ne se vide pas spontanément, mais seulement par la pression du doigt, à laquelle il faut recourir plusieurs fois par jour, pour faire passer dans la narine le contenu du sac. Le relâchement du sac lacrymal est ordinairement la suite d'une dacryocystite négligée, pendant laquelle on a laissé le mucus puriforme s'accumuler outre mesure.
Traitement. Injections astringentes dans le sac et applications de même nature à la surface externe de la tumeur, mais surtout la compression du sac, soit au moyen d'une pelote de papier mâché imprégnée d'une solution de tannin, qu'on applique sur le sac, où il se moule en se séchant, et qu'on y maintient avec une bande appuyée sur deux compresses graduées, soit au moyen du compresseur de M. Bonnafont. Cet appareil est composé d'un frontal d'acier poli de 3 centimètres de large et 15 centimètres de long, garni à sa face interne d!un coussinet de peau de chamois. La face externe présente dans toute sa longueur un coulisseau destiné à recevoir une tige verticale qu'on peut faire glisser à gauche ou à droite, selon l'œil affecté ; cette tige peut aussi monter et descendre, pour mettre le compresseur au niveau du point que l'on veut comprimer. La tigecompresseur, longue de 5 centimètres environ, porte à l'une de ses extrémités une petitç olive creuse de caoutchouc, tandis que l'autre s'engage dans une mortaise de l'extrémité inférieure de la tige verticale, et présente un pas de vis reçu dans un écrou arrondi, lequel permet de modérer à volonté la compression. L'instrument est tenu en place au moyen d'une courroie élastique fixée par une boucle à la partie postérieure de la tête.
4" Mucocèle du sac lacrymal. Quand il y a, en dehors de toute cause inflammatoire, obstacle au passage des matières contenues dans le sac, en même temps, à travers les points lacrjmaux et le canal nasal, les matières sécrétées par la muqueuse, cessant d'être diluées par les larmes, et n'étant qu'incomplètement résorbées par la membrane qui les a produites, s'épaississent et s'accumulent. De là la tumeur appelée mucocèle du sac, qui présente au début la forme oblongue du sac, pour s'accroître lentement et atteindre parfois, sans se rompre, la dimension d'un œuf de pigeon. La tumeur est quelquefois comme bilobée, souvent si dure qu'elle cède difficilement à la pression du doigt ; d'autres fois molle et élastique, mais ne se vidant jamais sous cette pression, quelque puissante qu'elle soit. Il est
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rare qu'on perçoive de la fluctuation. Le mucocèle peut acquérir et conserver pendant des années un volume considérable, sans occasionner de douleur; la peau cependant prend une couleur livide, l'œil est larmoyant, la narine sèche, la gène et la difformité pénibles ; mais il n'y a de douleur réelle que lorsque la distension des téguments en est arrivée à les menacer de se rompre. A ce moment, le volume de la tumeur ne permet plus au malade d'ouvrir les paupières qu'à demi ; la paupière inférieure surtout est distendue et fait saillie vers le nez ; le sac est aussi fortement distendu à lintérieur de l'orbite. La couleur livide que présentent souvent les téguments dans le mucocèle, a porté quelques auteurs à le décrire sous le nom de varice du sac lacrymal. D'un autre côté, la dureté et les dimensions de la tumeur, jointes à sa coloration, ont quelquefois déterminé l'ablation du sac, dans la croyance qu'il s'agissait d'une tumeur carcinomateuse. (Mackensie.)
Traitement. La cause de la maladie précise l'indication thérapeutique, qui consiste dans le rétablissement des voies d'excrétion des larmes. On incisera le point lacrymal supérieur jusqu'au sac, et de là on introduira les moyens propres à dilater le canal nasal. Si les désordres sont trop considérables, il peut être utile d'ouvrir largement le sac pour le vider et agir directement sur sa membrane interne. Il n'y a à craindre de fistule que pour les cas où le canal nasal ne pourrait être rétabli; or, ces cas ne doivent pas être pris en considération, vu la rareté relative de l'impuissance thérapeutique en ce qui les concerne. Si le sac est par trop distendu, on peut, après l'avoir ouvert, en enlever une portion avec des ciseaux.
5° Polypes du sac lacrymal. On ne les reconnaît guère qu'à l'ouverture du sac, à l'existence d une végétation ayant la plus grande ressemblance avec les polypes nasaux, qui vient faire saillie au dehors, et qu'il suffit de couper pour faire cesser tous les désordres, si elle n'a pas causé quelques complications du côté du canal nasal ou des canaux lacrymaux. Ils donnent lieu jusque-là aux symptômes d'une dacryo-cysto-blennorrhée, avec présence, dans la région du sac, d'une tumeur proéminente élastique, que la pression ne fait pas disparaître.
\\\. Canal nasal. \° Lésions traumatiques. Un coup violent porté sur la face peut fracturer le canal osseux que parcourt le conduit membraneux du canal nasal, et en refouler les parois en dedans, de façon à constituer un obstacle absolu au passage des larmes. Peut-être pourrait-on empêcher cet obstacle d'être définitif, en introduisant et en maintenant à demeure, immédiatement après l'accident, une sonde dans le canal. Quoi qu'il en soit, si une lésion de cette nature se consolide, il ne reste d'autre ressource que d'empêcher les larmes d'arriver au sac, par l'une ou l'autre des méthodes imaginées à cet effet. Quant aux lésions du canal membraneux, elles sont fréquentes à la suite de l'introduction mal dirigée de sondes ou de canules dans l'opération du cathétérisme, et il en résulte des rétrécissements parfois incoercibles.
'i" Rétrécissements et obstruction. La muqueuse qui revêt le canal nasal sert eu même temps de périoste au conduit osseux, qu'elle tapisse dans toute son éten- 'lue : elle a 1 millimètre environ d'épaisseur, et peut, sous l'influence de modificaxions pathologiques, s'épaissir encore au point d'oblitérer complètement le canal nasal; d'autre part, cette muqueuse, participant des propriétés physiques du p'rioste et étant une fibro-muqueuse, offre une grande résistance et se laisse, dès lors, difiicilement déchirer par les instruments que l'on cherche à introduire dans le canal nasal. Enfin, lorsqu'un gonflement pathologique s'empare d'elle, les endroits où elle présente des renflements appelés valvules, à savoir ceux
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qui correspondent à la réunion du sac lacrymal avec le canal na^al (Béraudj, a la partie moyenne de ce dernier (Taillefer), et à la terminaison du canal nasa dans le méat inférieur (Cruveilhier), offrant plus de prise à ce travail iiypertrophique, sont ceux aussi où se produisent les rétrécissements, d'où résultent le.^ obstacles au cours des larmes dont nous avons à nous occuper.
Ainsi qu'il a déjà été dit, toutes les fois qu'il eu^lti du larmoiement, il faut s'assurer de l'état du cauai nasal; si des injections convenablement pratiquéene le traversent pas, si le liquide introduit par ui; des points lacrymaux sort par l'autre, sans qu'une goutte s'en fasse sentir dans l'arrière-gorge ou dans la narine, c'est que le canal offre, en l'un de ses points, un obstacle dont le cathétérisme sera appali: à déterminer la nature et le siège. Un obstacle de cette espèce au cours des larmes étant donné, avec ou sans le cortège complet des symptômes de la dacryocystite chronique, différentes méthodes curatives se présentent, ce sont :
d^Le rétablissement des voies naturelles d'exci'étion des larmes ;
2° La création d'une voie artificielle à travers l'os unguis ;
0° L'oblitération des voies naturelles d'excrétion des larmes ;
4" La suppression des larmes par l'ablation de la glande lacrymale.
1. Rétablissement des voies naturelles. Cathétérisme. 11 peut se pratiquer de bas en haut et de haut en bas; naguère encore la première de ces deux méthodes avait eu un regain de faveur, mais ses avantages ne reposant que sur la difficulté que l'on avait éprouvée jusque-là à faire pénétrer les instruments dilatateurs par les canaux lacrymaux, et cette difficulté ayant été tranchée par les perfectionnements récemment introduits par M. Bowman dans cette partie de la thérapeutique, le cathétérisme inféro-supérieur peut être désormais considéré comme appartenant à l'histoire, malgré les modifications avantageuses qui y avaient été apportées dans ces Fig. 10. Fig. 11. dernières années. Nous n'en parlons donc que pour
mémoire.
Le cathétérisme par les points et les canaux lacrymaux s'exécute au moyen de sondes et de bougies d'argent, de plomb, de baleine ou de laminaria digitata, de différentes formes et de différents calibres. Les plus usitées sont celles de M. Bowman. EUes sont en argent malléable, se prêtant aux différentes courbures qu'on peut vouloir y donner, cylindriques, et comptant six numéros, depuis le u° 1, de la grosseur d'un fort crin, jusqu'au n" 6, dont le diamètre est de 1 millimètn? environ. On leur donne une légère courbure qui leur permet de s'adapter à l'axL' de l'orifice du canal nasal. Les n"^ 1 à 4 ne servent guère que pour les canalionlos,
wl
LACRVJIALES (pathologie chirurgicale des voies). 61
les n'"5 et 6 pour les canalicules et le canal nasal {fig. 10). M. Weber se sert, pour forcer les rétrécissements, d'une sonde métallique bicone (fig. i\), dont l'une des moitiés correspond, par sa petite extrémité, au n° 1 de Bowman, et atteint, au bout de 30 à 35 millimètres, de 1 millimètre à 1 millimètre i/2 et i! niillimètrps de diamètre; l'autre moitii' de la sonde offre, aux mêmes distances le son extrémité libre, une épaisseur de 2 à 3 millimètres i/2. Cette sonde est rraduée et répond au double but de déterminer le siège du rétrécissement et Je forcer celui-ci pour l'introduction des bougies qui correspondent aux n"^ 5 (3t 6 de Bowman. Nous nous servons depuis longtemps d'une sonde conique, établie sur ces mêmes principes et dont l'introduction, lors des premières tentatives, prépare admirablement la voie à celle des autres. La forme rectiligne ne convient pas aux sondes métalliques rigides, que l'on veut faire pénétrer jusqu'au planclier des fosses nasales; la forme et la direction du canal ne s'y prêtent pas; pour le cathétérisme à fond, M. Bowman leur a donné une courbure spéciale (il en tant une pour cliaque côté), moyennant laquelle elles descendent facilement, si on leur fait subir un léger mouvement de rotation; elles sont assez résistantes pour franchir les obstacles qu'elles peuvent rencontrer.
Les sondes de plomb, plus flexibles que celles d'argent, peuvent s'employer, de même que celles de baleine, dans les cas où, après avoir franchi le détroit supérieur (entrée du canal nasal), on rencontre dans le reste du parcours une assez vive résistance qu'on n'oserait, de peur de fausses routes, franchir violemment avec les sondes d'argent; celles de plomb et celles de baleine unissent à une certaine solidité une souplesse qui permet de s'en servir sans avoir à craindre cet accident. C'est d'ailleurs leur seul mérite.
Les bougies de laminaria digitata sont un auxiliaire utile dans certaines circonstances; quand il s'agit, par exemple, de faire franchir des coarctations en une seule séance par des sondes métalliques de plus en plus volumineuses. Ainsi, l'on rencontre tels rétrécissements que ne traversent pas les forts numéros de Bowman et qu'on ne veut pas forcer par les plus fliibles, assez minces pour faire pointe. Dans ce cas, une bougie filiforme de laminaria laissée en place pendant une dizaine de minutes, prépare favorablement les voies. Elles peuvent servir en même temps de porte-empreintes, mais jamais pour procurer une dilatation permanente, que les bougies métalliques peuvent seules donner.
Le cathétérisme supéro-inférieur se pratique par l'un des points lacrymaux, préalablement incisé, de préférence par le supérieur quand on a le choix. Cette préférence se justifie par la direction même du canal lacrymal supérieur, qui n'a besoin que d'être redressé par une traction de la paupière en haut, pour se placer à peu près dans l'axe du canal nasal. Le malade étant assis sur une chaise, la tête solidement appuyée contre une muraille ou contre la poitrine d'un aide, le chirurgien placé devant lui, tenant la sonde, enduite d'un corps gras, comme une plume à écrire, de la main opposée au côté à opérer, l'introduit dans le canal incisé, redressé par une forte traction de la paupière en haut, pratiquée au moyeu du pouce de l'autre main. Si l'on veut se servir toujours de la main droite, il faut, pour le côté d>K)it, se placer derrière le malade. Le bec de la sonde est présenté perpendiculairement aux lèvres du canal incisé, dont il écarte les bords, et maintenu contre sa paroi postérieure; tandis que son autre extrémité est relevée de façon à s'appliquer contre l'os frontal, dans la direction d'une ligne qui, passant par le milieu du ligament palpébral interne et par l'intervalle compris entre la
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deuxième incisive supérieure et la dent canine correspondante, irait rejoinA-e l'arcade sourcilière vers la tète du sourcil. (Weber.) Cette position étant prise, on est certain d'être dans la direction du canal, où la sonde entre directement, si ce canal est libre.
Quand on a des raisons de faire pénétrer la sonde par le canal lacrymal inférieur, on saisit la sonde chargée d'un corps gras, de la main droite pour le côté oauche, et vice versa; de l'autre main, on tend le canal, en tirant l'angle interne de la paupière en bas et en dehors. La sonde, engagée dans la gouttière muqueuse, est dirigée vers le sac, de bas en haut et de dehors en dedans : le plus ordinairement elle rencontre, avant d'y pénétrer, un premier obstacle, qui correspond au point oii le canal rencontre le canal supérieur, ou celui où il s'abouche dans le sac ; la sonde doit y être soutenue, appuyée avec douceur, tandis que la main qui ne la tient pas attire le canal sur la sonde, comme dans le cathétérisme de l'urèthre, jusqu'à ce que la résistance cède, ce dont on s'aperçoit au mouvement de progression que fait ensuite la sonde. Quelquefois le repli de la muqueuse, qu'a rencontré le bec de la sonde, cède, au point de faire croire que celle-ci est dans le sac; mais on reconnaît qu'il n'en est rien, à ce que la moindre pression entraîne toute la paupière avec elle. Ce signe est caractéristique et doit décider l'abandon de tout effort : il faut recommencer l'introduction de plus belle, soit avec la môme sonde, soit avec une sonde de plus petit calibre, mais ne pas s'impatienter et finir par forcer l'obstacle : on n'y parviendrait qu'au prix de déchirements dangereux et sans aucun profit pour le résultat final du traitement.
Parfois l'obstacle ne peut être franchi ; on doit alors recourir aux moyens que nous avons indiqués plus haut (II. Points et conduits lacrymaux) pour préparer à la sonde un passage facile. Quand celle-ci eét dans le sac, appuyée contre sa paroi interne, où elle rencontre une résistance infranchissable, son bec est maintenu à cette place, tandis que son extrémité externe est redressée et placée dans la direction voulue ; la sonde pénètre alors dans le canal nasal, sans autre obstacle que ceux que peuvent avoir créés les altérations pathologiques des pai'ties. Le plus souvent, l'ouverture supérieure du canal nasal est rétrécie, parfois même presque complètement oblitérée, et ce n'est qu'au prix d'un certain effort qu'on parvient à la franchir. On a bien dit que cette résistance est molle et qu'il faut s'en rendre maître sans employer la force, mais ceci est un précepte tout théorique. D'ordinaire, il faut appuyer assez fort pour pénétrer dans le nez, et cet effort est sans danger, si la direction de la sonde est bonne. Si l'on sent qu'elle appuie contre une surface dure et résistante, c'est qu'elle menace de faire fausse route et se trouve en contact avec les parties osseuses. Il faut alors la retirer un peu, en changer la direction et lui imprimer un mouvement de rotation qui la porte en divers sens, jusqu'à ce qu'on sente un point qui cède ou ne donne que la sensation d'une résistance élastique, qu'une légère pression permet alors de surmonter. (Critchett.)
C'est pour les cas où la résistance est assez forte que la sonde de "Weber est excellente : il n'est pas nécessaire de la faire pénétrer très-loin, pour obtenir une bonne dilatation de l'ouverture d'entrée, et quand cette dilatation est opérée, on remplace, séance tenante, cette sonde par une bougie de laminaria que, dans bon ' nombre de cas, l'on peut conduire, presque sans effort, jusque sur le plancher des fosses nasales, où le malade dénonce sa présence, soit eu accusant une vive douleur dans la mâchoire et les dents du côté correspondant, soit en se plaignant de sentir une pression pénible dans le nez. Il ne faut pas trop s'en fier néanmoins à
LACRYMALES (pathologie chirurgicale des voies). 65
ce renseignement. Il arrive souvent que le malade dise qu'il sent la sonde dans le nez, alors r^ue l'extrémitc en est seulement appuyée sur un rétrécissement siégeant à la p irtie inférieure du canal : on pourrait en être induit ainsi à négliger de l'ranchir cfiui-ci et à ne faire qu'un traitement incomplet.
La sonde ('e laminaria est laissée en place, immobde, pendant huit ou dix miluites ; on a soin de marquer son point d'émergence extérieure, et quand on la retire, on y /rouve l'empreinte des rétrécissements avec lesquels elle s'est trouvée en rapport, l^à se termine la première séance. On conseille au malade de se mettre, de temps en temps, dans le coin de l'œil, une goutte de glycérine, pour empêcher la réagglutination des lèvres de la plaie des canaux, et on le revoit le lendemain, pour détruire la cicatrice qui tenterait de s'y faire et pour introduire une seconde fois la sonde, s'il n'est survenu ni gonflement, ni inflammation des parties; auquel cas, assez rare, on en attendrait la disparition pour revenir au cathélérisme.
Quelquefois, malgré toute la pression qu'on se croit autorisé à exercer sur l'entrée du canal nasal, celle-ci ne cède pas : on remplace alors la sonde conique par la lancette à canule, introduite fermée, que M. Bowman a imaginée pour détruire les rétrécissements des canaux lacrymaux {fig. 2). Quand la canule, qui est bien mousse, se trouve en regard du rétrécissement, on fait saillir la lance, en pressant sur le ressort, et la canule ne tarde pas à pénétrer après elle dans le canal. L'introduction des sondes est dès lors devenue possible. 11 est essentiel, après en avoir fait usage, de passer, à de courts intervalles, des bougies dilatatrices, pour empêcher la cicatrisation à laquelle la plaie est très-disposée.
Pendant les premiers temps du traitement par la dilatation progressive, il est bon d'introduire les sondes tous les deux, trois ou quatre jours, à moins que leur passage ne donne lieu à une vive douleur, à une sensation de fer rouge, accusant l'inflammation des parties : dans ce dernier cas, il faut employer des émoUients ou des antiphlogistiques pendant quelques jours, comme des sangsues sur le sac ou dans la narine correspondante, des fumigations adoucissantes dans le nez, etc. On ne revient au cathétérisme que lorsque ces symptômes se sont dissipés. Parfois, dans le cours du traitement, on rencontre, à certains jours, une difficulté inattendue et que rien n'explique au passage des bougies : il ne faut pas insister, mais prescrire quelques émoUients et remettre à deux ou trois jours, pendant lesquels la muqueuse reprend son état, de nouvelles tentatives qui, d'ordinaire, sont alors plus heureuses.
Dès que la tolérance s'accuse, et quelquefois il en est ainsi à la seconde séance, on introduit, après qu'une sonde rigide a préparé la perméabilité du canal, un stylet de plomb d'un calibre proportionné, qu'on assujettit au moyen d'un morceau d'emplâtre agglutinatif, ou l'un des forts stylets d'argent préconisés par M. Williams, qu'on laisse en place pendant plusieurs heures, plusieurs jours ou même plusieurs semaines. On arrive parfois ainsi à des guérisons rapides et inespérées. La durée du séjour des stylets et le calibre de ceux-ci se mesurent à la tolérance des parties. Dès qu'il se manifeste de la douleur et du gonflement, il faut extraire le corps étranger et ne le réintroduire qu'après que tout est rentré dans l'état normal.
En général, il faut se guider, pour la durée et la répétition des séances, sur les diverses circonstances qui ont accompagné la première introduction. Si celle-ci a été relativement facile, qu'elle n'a été compliquée d'aucune déchirure ou autre délabrement, la sonde est bien supportée et l'on peut agir avec une certaine rapi- •
64 LACRYiMALEÎ (pathologie chirurgicale des voies).
dite. La prudence et la temporisation sont de règle dans les circonstances opposées.
En général, l'introduction des sondes de gros calibre n'est pas nécessaire et l'on peut s'en tenir aux numéros 4 et 5 de Bownian, pour mener le traitement à bonne fin. Toutefois, si l'on juge à propos de se servir des bougies de cire de M. Weber ou des stylets volumineux de M. Williams, il faut, au préalable, faire la section sous-cutanée du ligament palpébral. Pour cela, on fend le canal lacrymaj. supérieur jusqu'à la caroncule, et l'on fait glisser la pointe mousse du couteau de Weber le long de la paroi postérieure du sac, en arrière du ligament et dans
Jb
Fig. 12,
Fi2. 13.
la direction du canal ; puis, quand les deux tiers de ce couteau ont disparu en arrière du ligament, son tranchant étant tourné en avant, on tend vers la tempe la commissure externe et l'on fait basculer d'arrière en avant le manche de l'instrument. La sensation de craquement qui se transmet aux doigts de l'opérateur
liAt.111 .UALlliS (PATHOLOGIE CIII RUROIC ALE DES VIES). C<t,
et l'écoulement d'une certaine quantité de sang prouvent que la section a été bien faite.
Le cathétérisme est favorablement secondé par l'emploi d'injections modificatrices, dont on les fait suivre. A cet effet, on emploie une petite seringue, munie de canules ayant la forme des sondes destinées au catliétérisme et qu'on utilise à cet effet : la canule étant demeurée en place le temps voulu, on l'arme de la seringue remplie de la solution convenable, et en la retirant petit à petit, on pousse l'injection de façon à eu inonder toute l'étendue des parties sur lesq\ielles on veut lui faire exercer son action. (Voy. figure 1 "2 l'appareil que nous avons fait construire dans ce but.) Les solutions de tannin, de potasse, de nitrate d'argent, de chlorure de zinc, d'acétate de plomb, de sulfate de cuivre, sont tour à tour indiquées. On peut aussi, pour remplacer ces injections, introduire et laisser à demeure un stylet cannelé de Libbrecht et agir ainsi sur la muqueuse interne par instillations.
Cautérisation. Quand les rétrécissements ont été vaincus une première lois, soit par la patience, soit par la force, il arrive parfois que, malgré le traiteuieut le plus soutenu, ils se reforment sans cesse. Dans ces cas, il est bon de porter sur eux le nitrate d'argent solide, en procédant comme suit : L'empreinte de la coarctation ayant été prise au moyen d'une fine bougie de laminaria, on en marque le lieu précis, sur le porte-caustique disposé à cet effet (fig. 15). Ce porti^oaustique n'est autre chose qu'une sonde creuse, dans laquelle s'introiliut une tige terminée par une cuvette destinée à recevoir du nitrate d'argent fondu, et pourvue d'un curseur. La sonde est conduite jusque contre le rétrécissement, ce dont on s'assure par l'obstacle qu'on rencontre, en même temps que par les don. nées fournies par la sonde porte-empreintes de laminaria ; on appuie alors sur le bouton de la tige-mandrin, dans l'espace marqué par le curseur, de façon à mettre la cuvette en rapport avec la partie rétrécie, qui se trouve touchée dans toute son étendue, par le mouvement rapide de rotation qu'on lui imprime. On ne retire l'instrument qu'après avoir fait rentrer la cuvette dans son fourreau, afin de ne pas étendre la cautérisation à des parties saines. La même sonde creuse peut recevoir un petit trocart, destiné à forcer l'obstacle, si les instruments mousses ont été reconnus insuffisants. La cautérisation est un auxiliaire du cathétérisme et réciproquement. 11 ne faut renouveler les attouchements au nitrate d'argent qu'après plusieurs jours, afin que la réaction ait eu le temps de se calmer.
Incision interne. ConsidiTée jusqu'à ces derniers temps comme 'ne pouvant être qu'un auxiliaire de la dilatation, l'incision interne entre aujourd'hui (huis une phase nouvelle. M. Stilling (de Cassel) la regarde comme le meilleur procédé de guérison des coarctalions des ^oies lacrymales, à la condition que le catuétérisme ny soit point ajouté.
Cet auteur rappelle que, sous sa couche muqueuse, b; canal membraneux qui donne passage aux larmes présente une autre couche, qu'il nomme couche caverneuse, et qui, d'après lui, contiendrait une quantité assez notable de fibres musculaires occupant les espaces intermédiaires des vaisseaux. Le tissu dont elle se compose, et qui domine surtout aux points oii se rencontrent les replis valvulaires signalés plus haut, jouerait un grand rôle dans les rétrécissements des voies lacrymales, et c'est sur lui que devraient surtout porter les incisions appelées à y porter remède. M. Stilling pratique ces incisions au moyen d'un petit couteau ayant la forme d'un triangle rectangle, à pointe arrondie mais très-tranchante, et les fait multiples et profondes. Les résultats, affirme l'auteur, sont immédiats et sans récidive, à la condition de « ne pas entraver la cicatrisation par i'introiliiclion consécu-
mcT. ESC. i' s. \. 5
66 LACRYMALES (tatuologie chirurgicale des voies).
tive de sondes dilatatrices. Les fibres sons-muqueuses, ajoute-t-il, se rétractent dès qu'elles ont été divisées et rendent la plaie béante; lorsqu'on abondonne la guérison à la nature, en vertu de l'élasticité de ses éléments histologiques, la plaie béante se remplit insensiblement d'un tissu conjoiictif non rétractiie et le canal devient plus large. Lorsqu'au contraire, on introduit des corps étrangers, tels que bougies, sondes, etc., dans le canal incisé, ceux-ci irritent la surface traumatisée, provoquent la suppuration et la formation de tissu cellulaire jaune, qui bientôt est soumis à la rétraction cicatricielle et rétablit ainsi la stricture primitive. »
Pour opérer l'œd droit, on se tient de prime abord derrière le malade ; pour le gauche, on ne prend cette position que lorsque le couteau est dans le canal nasal. On commence par frayer le chemin au moyen d'une sonde introduite par un des points lacrymaux incisé, puis on la remplace par le petit couteau, dirigé de telle façon que la surlace large de la lame soit tournée en haut, son tranchant en avant ; on le glisse ainsi jusque dans le sac, puis, le manche étant tenu verticalement, on enfonce la lame, sans autre précaution, jusqu'à la garde, dans le canal nasal. Alors l'opérateur passe derrière le malade, s'il ne s'y trouvait déjà et, fixant contre sa poitrine la tête du patient, au moyen de la main gauche apphquée sur son front, il retire un peu l'instrument, puis le réintroduit derechef deux ou trois fois, et à chaque coup dans une direction différente, et si profondément qu'en fin de compte la lame puisse tourner librement dans tous les sens ; après quoi l'instrument est retiré et l'opération terminée. Le seul traitement consécutif s'adresse aux lésions dont le rétrécissement a été la cause sur les parties avoisinantes, paupières, cornée, etc., mais l'opération proprement dite n'en réclame aucun. Nous avons déjà pratiqué cette opération sur une dizaine de sujets, et jusqu'ici les résultats nous en ont paru des plus satisfaisants.
2. Création d'une voie artificielle à travers l'os unguis. Cette méthode, ancienne puisqu'elle remonte à Archigènes, valeureusement recommandée, puisqu'elle a eu pour défenseurs Hunter, Reybard, Demarquay et Foltz, n'a pu néanmoins s'établir dans la pratique comme méthode g''nérale. Elle mérite cependant d'être décrite, car elle constitue une des ressources applicables aux cas où
Ule canal nasal refuse absolument de reprendre sa perméabilité. L'instrument de Reybard se compose d'une espèce de tire-bou- Fig. u. chon , sur lequel une longue virole mobile et tranchante vient tomber. Quand on fait descendre, par un mouvement de rotation, cette espèce de trépan, on coupe les tissus compris entre le pas de vis et la couronne de trépan. On commence par faire une incision au sac et l'on y introduit un petit morceau d'épongé préparée qu'on y maintient, jusqu'au lendemain, soit avec une bande, soit avec un morceau de diachylum. L'opérateur porte à la partie inférieure du sac, quand après vingt-quatre heures il en a retiré l'éponge, l'instrument perforateur parfaitement ouvert et lui imprime un mouvement de rotation, de manière à le faire pénétrer de haut en bas, de dehors en dedans et un peu d'avant en arrière, jusqu'à ce qu'il soit arrivé dans le méat moyen des fosses nasales. Alors il fait descendre la virole tranchante, véritable emporte-pièce, sur le
LACRYMALES (pathologie chirurgicale des voies). 67
pas de vis, et l'y presse fortement, puis lui imprime un mouvement de rotation en sens inverse, et le retire de la plaie, entraînant avec lui une portion de la paroi interne du sac lacrymal, dans laquelle on retrouve une partie de l'unguis tapissée , par la muqueuse lacrymale et nasale. L'opération terminée, on introduit, dans l'ouverture artificielle, un clou de plomb ou de caoutchouc vulcanisé qu'on laisse en place pendant une quinzaine de jours.
D'autre part, M. Foltz (de Lyon) a construit un emporte-pièce à l'aide duquel la perforation de l'os unguis, ou plutôt de la gouttière lacrymale, est devenue, à ce qu'il affirme, une opération régulière, facile, prompte et surtout plus efficace dans ses résultats. Cet instrument se compose d'une pince à jonction, dont les branches au delà de l'articulation sont droites, longues de 35 à 40 millimètres, épaisses de 5 à 6, et écartées l'une de l'autre de 15, lorsque l'instrument est fermé. L'une des branches est armée d'une canule emporte-pièce, fixée à angle droit sur son extrémité par un pas de vis, et coupant par pression et par un mouvement circulaire qu'on lui communique à l'aide d'une clef. L'autre, destinée à servir de point d'appui dans la fosse nasale, porte une plaque de maillecliort sur laquelle doit agir le trancliant de la canule. L'extrémité de cette branche est aussi mince, étroite et courte que possible, pour s'accommoder aux dispositions du méat moyen. Sa base offre en outre une lame recourbée, qui recouvre l'articulation et qui sert à préserver du pincement le bord de la narine refoulé pendant l'opération. Les canules, qu'on peut changer à volonté, ont 4, 5 et 6 millimètres de diamètre. Voici quel est le manuel opératoire : Préalablement, il faut préparer l'instrument en vissant à fond la canule, puis en la dévissant d'un demi-tour ou d'un tour au plus. L'opération se compose de trois temps, qui peuvent s'exécuter après ou sans l'éthérisation : 1° Incision du sac, longue de 10 à 12 milHmètres, au-dessous du tendon de l'orbiculaire, dans le sens oblique des plis de la peau et près du bord de la gouttière lacrymale. 2" Mise en place de l'instrument : c'est la partie délicate de l'opération ; la branche introduite dans la fosse nasale vient se placer en quelque sorte d'elle-même dans la portion antérieure du méat moyen ; la canule est introduite entre les lèvres de l'incision, écartées avec un stylet jusque dans le sac. Il importe alors d'enfoncer un peu l'instrument et même de cogner légèrement l'œil, pour éviter de tomber trop en avant sur l'apophyse montante, et pour arriver exactement dans la gouttière lacrymale. 3" Section de la cloison lacrymo-nasale. On rapproche et on serre les branches de l'instrument; un craquement se fait entendre ; tandis que d'une main, on maintient les branches fortement rapprochées, de l'autre, armée de la clef, on fait tourner doucement la canule d'un demi-tour ou d'un tour pour achever la section. L'instrument retiré, la canule contient une rondelle osseuse doublée des muqueuses lacrymale et nasale. Une petite mouche de taffetas sur la plaie est tout le pansement.
La perforation porte sur la moitié inférieure de la gouttière lacrymale, aux dépens non-seulement de l'unguis, mais encore de la lame de l'apophyse montante qui concourt avec lui à la former. M. Foltz ne s'en est pas tenu là; il a perfectionné sa méthode, en la complétant par le cathétérisme nasal de la perforation. Cette idée, simple et pratique, selon lui, n'était encore venue à l'esprit d'aucun des chirurgiens qui ont pratiqué la perforation de l'unguis. Il l'a réalisée à l'aide de petites sondes en maillechort, de 1 0 centimètres de largeur, de 1 et de 2 millimètres de calibre, recourbées en forme de pas de vis dans l'étendue d'un centimètre à une extrémité, et terminées à l'autre par une portion apk.lie. Il en faut pour le côté droit et pour le côté gauche.
68 LACRiMALES (pAihuLUbiis luikukuilale des voiesj.
hb catliétérisme se pratique d'une manière analogue à celui du canal nasal. La sonde présentant le bec tourné en bas, est introduite le long de la paroi externe de la fosse nasale et portée obliquement en liaut, dans la direction du grand angle de l'œil, jusqu'à la profondeur connue de la perforation ou jusqu'à ce qu'on sen.,e le cornet moyen. Alors on imprime à l'instrument un mouvement de rotation par lequel on porte en dehors le bec de la sonde, qui tombe dans la perforation et arrive jusque dans le sac, où on peut le sentir sous le tendon de l'orbiculaire. On pourrait faciliter l'entrée de la sonde dans le sac, si cela était nécessaire, en tirant sur l'angle externe des paupières pour faire saillir le tendon, et écarter l'une de l'autre les parois de cette cavité.
M. Foltz pense qu'il est suffisant de pratiquer ce cathétérisme tous les deux ou trois jours pendant la période de cicatrisation, c'est-à-dire environ trois semaines. 11 pense qu'avec une sonde creuse de môme forme et de même dimension, on peut faire arriver très-aisément jusque dans le sac des liquides soit cathétériques, comme une solution de nitrate d'argent, pour moditier la muqueuse, soit cicatrisants, comme le sous-acétate de plomb, l'alcool, la teinture d'aloès, pour empêcher l'épauchement de lymphe et l'oblitération du nouveau canal. On emploie concurremment, dans certains cas, des collyres, des pommades et des injections, par les points lacrymaux, d'agents substitutifs ou cicatrisants. Ces moyens et le passage continu des larmes sufiiraient pour assurer, dans l'immense majorité des cas, la permanence de la nouvelle voie.
M. Foltz a fait construire encore un scarificateur ayant la même forme et la même dimension que les sondes précédentes, mais pointu à son extrémité et tranchant sur deux bords dans la partie recourbée. Cet instrument a pour destination de percer de la fosse nasale au sac la fausse membrane qui, dans quelques circonstances, viendrait à boucher l'ouverture. Pouv s'en servir, il suflit de porter l'instrument à la profondeur de la perforation et de le faire agir ensuite comme le cathéter plehi.
5. Oblitération, des voies naturelles d'excrétion des larmes. On sait qu'un trajet fistuleux se guérit très-difficilement, aussi longtemps qu'il est la seule voie d'écoulement d'un liquide qui le traverse sans cesse pour s'écouler au de'iors. Mais on sait aussi, d'autre part, la tendance qu'ont les conduits naturels ou accidentels à se rétrécir ou à s'effacer, du moment où ils cessent d'être parcourus par les matériaux à l'écoulement desquels ils sont destinés. De ce dernier fait est sortie l'idée de faire obhtérer le sac lacrymal et le canal nasal, en y empêchant l'accès des larmes, par l'oblitération de leurs voies d'approvisionnement, à savoir des points et des canaux lacrymaux.
Quand le catarrhe du sac est peu prononcé ou de date récente, et que la muqueuse qui en est le siège n'est pas encore sensiblement altérée, il suffit de cautériser les points et les canaux lacrymaux, de façon à y déterminer une cicatrice adhésive, pour obtenir la guérison, sans être obligé d'agir sur le sac, que l'afflux des larmes et des mucosités ne vient plus irriter. Lorsqu'au contraire la maladie est ancienne, il faut, en même temps qu'on détruit, par la face interne du sac, l'orifice des canaux qui vient s'y aboucher, cautériser toute la muqueuse de ce même sac, pour y déterminer une infiammation suppurative modificatrice. Le sac lacrymal et le canal nasal se rétrécissent alors graduellement et le résultat qu'on a eu en vue est réalisé.
Quel est ce résultat? Eh bien, et quelque étrange que cela puisse paraître, il faut reconnaître qu'il est, en général, satisfaisant.
LACRYMALES (pathologie chirurgicale des voies). GO
On a dit avec une grande apparence de raison, qu'une fois le sac détruit, une fois le cours des larmes intercepté, celles-ci devaient forcément couler sur la joue. Or, il s'en faut qu'il en soit ainsi : quand l'inflammation de la conjonctive, enlreteime par celle du sac, que l'opération a fait disparaître, est venue à cesser, la sécrétion de .cette muqueuse, larmes et mucosités, rentrant dans les conditions normales, ne produit guère plus de larmes que n'en peut entraîner l'évaporation qui se fait à sa surface ; l'opéré ne pleure donc que lorsqu'une circonstance quelconque provoque aux pleurs, telle qu'une émotion, un vent violent, la présence d'un corps étranger sur l'œil : alors il y a rupture de l'équilibre entre la (juantité de liquide produite fit les puissances de l'évaporation; le surplus doit donc s'écouler au dehors. L'expérience a justifié cette supposition, car elle montre chaque jour des personnes dont le sac a été détruit, chez lesquelles on ne remarque pas le moindre larmoiement.
Procédé opératoire. Quand il n'y a pas de fistule du sac et qu'on juge que la muqueuse qui le tapisse n'a pas besoin d'être cautérisée; qu'en conséquence on n'en incise pas la paroi externe, il est impossible de cautériser directement les canaux lacrymaux par leur extrémité interne ; c'est alors par leur orihce palpébral qu'il faut les attaquer. Pour cela on peut se servir de lines sondes d'Anel ou d'autres plus fortes, dont l'incision préalable des points lacrymaux permet l'introduction; dans le premier cas, on fixe à la sonde, après l'avoir hérissée d'aspérités, une petite quantité de nitrate d'argent, en l'immergeant, pendant un petit temps dans l'acide nitrique, et on le maintient pendant quelques instants dans le conduit. Dans le second, on peut employer le porte-caustique à cuvette de la sonde décrite plus haut {fig. 15). Malheureusement cette cautérisation est souvent insuffisante, et il faut en venir alors au cautère actuel chauffé à blanc, ou à la galvano-caustique, qui a sur le premier l'avantage de permettre l'introduction du réophore à froid dans les canaux. Il va sans dire que l'opération doit éiiC pr^tiauée aux deux paupières.
Le plus souve,,: on est obligé d'ajouter à cette cautérisation celle du sac lacrym.al, soit qu'on utilise à cet effet la fistule existante qu'on a élargie, soit qu'on ait ouvert la paroi externe du sac. Pour faire cette ouverture, on introduit un bistouri étroit au-deî£9us du ligament palpébral interne, qu'on fait tendre en attirant la commissure externe en dehors et en haut ; il faut l'enfoncer perpendiculairement, et quand la pointe a pénétré à 4 millimètres de profondeur, en redresser le manche jusqu'à ce qu'il soit arrêté par le sourcil, puis le pousser dans la direction du canal nasal ; on donne alors, en retirant la lame, la longueur qu'on veut à l'incision, selon les usages auxquels on veut la faire servir.
Quand il s'agit de cautériser le sac, il faut introduire dans sa cavité un morceau d'épongé préparée, et remettre au lendemain la suite de l'opération. Après 24 heures, la plaie est largement béante et le fond du sac accessible à la vue et aux histruments, ce qui est de la plus haute importance, vu la nécessité d'agir principalement sur l'embouchure des canaux, dont une sonde d'Anel, introduite de dehors en dedans rléterniine le siège d'une manière certaine. Cela fait, on procède à la cautérisatioi.), selon l'une des nombreuses méthodes recommandées à cet effet.
Si l'on veut se borner à obturer l'embouchure, on recourra de préférence au cautère actuel ou à la galvano-caustique. Les lèvres de la plaie étant bien écartées au moyen de petits râteaux à griffes mousses tenus par un aide, et le globe protégé par une compresse mouillée, on porte rapidement, au point marqué par la présence
70 LACRYMALES (pathologie chirurgicale des voies).
du stylet d'Ânel, un petit cautère rougi à blanc, ayant la forme d'un stylet coudé, portant un renflement destiné à conserver la chaleur à 3 ou 4 centimètres environ de son extrémité libre. Si l'on emploie la galvano-caustique, on a recours à la même manœuvre. Dans l'un et l'autre cas, on a soin d'enduire d'une triple couche de collodion, qu'on laisse bien dessécher, toutes les parties voisines du point sur lequel le cautère doit agir, pour les mettre à l'abri du rayonnement de celui-ci et des brûlures au second degré qu'il ne manquerait pas d'y déterminer.
Le plus souvent, pour arriver à un résultat définitif, il faut procéder en même temps à ce qu on a appelé improprement « la destruction du sac. » Le cautère
actuel a été utilisé à cette fin (Desmarres); mais la terreur qu'il inspire aux malades est une des causes qui l'ont fait abandonner.
On y préfère généralement aujourd'hui l'usage des caustiques, tels que la pâte de Canquoin, le caustique de Vienne (Rouault), le beurre d'antimoine, le nitrate d'argent ou la teinture d'iode (Lacaze), qu'il faut introduire au moyen d'un spéculum destiné à préserver de leur atteinte les lèvres de la plaie. Le spéculum de M. Magne, modifié par Manfredi {fig. 1 5) convient très-bien à cet usage, soit qu'il s'agisse de caustiques liquides ou solides.
Celui de M. Delgado, à valves mobiles, comprenant à la fois le spéculum et le porte-caustique, est préférable pour les caustiques -■solides {fig. 16). Au moyen de l'écartement des branches E E de cet instrument, qu'on obtient en appuyant sur le bouton A, U est possible de porter directement le caustique sur l'embouchure des conduits, point capital dans toute méthode d'obhtération. Une légère modification apportée à cet appareil ingénieux pourrait permettre d'introduire par la canule porte-caustique un stylet chauffé à blanc, et le faire servir ainsi à une cautérisation actuelle facile et sûre.
La cautérisation, quand les lèvres de la plaie n'ont pas été atteintes, ne laisse après elle qu'une très-petite cicatrice, peu déprimée et à peine perceptible ; elle débarrasse les malades, lorsqu'elle a été bien laite, non-seulement de la sécrétion purulente, mais encore du larmoiement constant et incommode qui en est la suite. La guérison, il est vrai, n'est que relative, puisque les pleurs ne trouvent plus à s'écouler par les voies nasales, et qu'après tout celles-ci sont autre chose qu'un simple objet de luxe ; mais beaucoup de malades s'en contentent, parce \[u"elle est rapide et sûre, au moins dans ces limites.
On a à tort appelé celte méthode, « méthode par destruction du sac. » Le sac
Yest pas détruit parla cautérisation, mais sa muqueuse est modifiée, sa capacité
?étrécie par le défaut d'afflux des larmes, que l'oblitération des canaux empêche
désormais d'y arriver. Si cette dernière n'est pas complète, les larmes se
Fis. 16.
Fig. 15.
LACRYMALES (pathologie chirurgicale des voies). 71
Irayeut un trajet à travers la cicatrice, de là cette allégation, qu'après 1 eliminalion complète du sac il n'y a pas, à proprement parler, occlusion des voies d'excrétion des larmes ; allégation qui n'est vraie que pour autant que l'opération n'a pas eu pour effet l oblitération complète des cammx lacrymaux, condition essentielle du succès.
Quand l'état de la muqueuse du sac a nécessité l'emploi de la cautérisation, sans que le canal nasal soit oblitéré, on peut donc attendre une guérison, avec conservation des voies naturelles d'excrétion, si l'on a eu soin de ne pas intéresser les canaux lacrymaux pendant l'opération. L'eschare du sac éliminée, les lurnies continuant d'arriver empêchent une oblitération complète. De là la méthode mixte que nous avons proposée. Nous introduisons, après l'enlèvement de l'eschare, à travers le point lacrymal supérieur, un stylet de plomb jusque dans le canal nasal, et nous l'y laissons en place, pendant toute la durée du travail de cicatrisation, pour frayer ou conserver aux larmes leur cours naturel. A la faveur de cette addition à la méthode dite « de l'occlusion », la plaie extérieure se guérit avec une rapidité plus grande encore que sans elle, parce que les larmes, ayant un écoulement facile par le nez, ne refluent pas par la plaie.
4. Suppression des larmes par l'ablation des glandes lacrymales. Celle méthode, tour à tour vantée puis abandonnée à cause de la gravité relative de ses suites, a de nouveau été recommandée, tout récemment, par M. Laurence qui décrit comme suit le manuel opératoire adopté par lui. « Les instruments requis sont les suivants : Un bistouri long et étroit ; des ciseaux boutonnés ; un crochet petit, aigu, double, comme celui que l'on avait coutume d'employer pour fixer le globe dans l'ancienne opération du strabisme ; une paire de pinces longues à bulldog-catch ; des aiguilles et du fil d'argent pour les sutures. Le chloroforme est administré jusqu'à anesthésie passablement complète. La peau est divisée avec le bistouri, immédiatement au-dessous du tiers supérieur externe du bord orbitaire. Dans ce premier temps de l'opération, la peau doit être tendue en la tirant d'un côté à l'autre, avec les doigts : mais comme elle est très-mobile dans cette région, on doit faire grande attention à ne point l'attirer en haut, ni en bas, autrement l'incision tomberait soit sur l'os frontal, soit, au contraire, trop au-dessous du rebord de l'orbite ; et comme la glande lacrymale est en contact intime avec la voûte de l'orbite, on éprouverait quelque difficulté à la trouver Lorsque l'incision de la peau est faite, le fascia qui relie le périoste de l'orbite avec le bord supérieur du cartilage tarse, est coupé en travers, et l'on pénètre alors dans la cavité orbitaife par de petits coups ménagés de la pointe du bistouri. Quand une ouverture suffisante a été ainsi pratiquée, on sent la glande, au moyen du bout du doigt, appliquée sous la voûte orbitaire. Avec un peu d'expérience, on la reconnaît aisément comme un corps un peu dur, poli et arrondi. Dans cette recherche avec le doigt, on doit prendre soin de ne pas pousser trop profondément dans l'orbite, car par là la glande, eu égard à ses connexions lâches avec le périoste orbitaire, pourrait être luxée, et repoussée en arrière dans le tissu cellulaire de 1 orbite, ou entraînée par le fascia qui repose sur le globe. Il deviendrait alors difficile de la découvrir et de l'exciser, à moins de pratiquer, comme cela m'est arrivé, une excessive ouverture dans la profondeur de l'orbite. Si donc on éprouvait quelque difficulté à rencontrer la glande, il serait certainement préférable de diviser tout -de suite la commissure palpébrale externe par une incision horizontale, directement portée en dehors et allant à la rencontre de la première incision. Un lambeau triangulaire sera ainsi formé, ayant son sommet en dehors. Ce lambeau est alors
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renversé en dedans : l'angle supérieur et externe de l'orbite est ainsi librement exposé à la vue et l'on arrive alors aisément sur la glande, que l'on peut rencontrer dans ce cas en contact plutôt avec le globe lui-même qu'avec la voûte de l'orbite. Avant de pratiquer l'une de ces deux incisions, j'ai coutume de déterminer, par ses pulsations, la position exacte de l'artère temporale, de façon à l'éviter ensuite, ce à quoi j'ai toujours réussi. Après que je me suis assuré de la position exacte de la glande, je passe le crocbet double le long du doigt de ma main gauche, qui sert ainsi de guide aux pointes du crochet : je fais exécuter alors une demi-rotation au manche de l'instrument, de façon à mettre ses pointes en rapport avec la glande, que j'accroche ainsi fixement, la tirant en avant et la séparant de toutes ses connexions au moyen du bout du bistouri. Lorsque j'ai retiré ce que je considère comme devant être la glande, je la tranche invariablement par une coupe en travers, afin de m'assurer que c'est bien la glande et non quelque portion du tissu cellulaire ou graisseux de l'orbite. La tranche de la glande lacrymale est ferme, dense, d'une teinte jaunâtre et offrant la structure habituelle lobulaire ou en grappes des tissus glandulaires ; et la moindre attention .suffit à les distinguer de tous les autres tissus de l'orbite. Ainsi que je l'ai dit déjà, quoiqu'il soit indiqué d'enlever toute la glande, ce n'est nullement là une condition sine qua non de succès pour l'opération ; aussi serait-ce un tort d'étendre sans nécessité les limites de l'opération, ce qui ne conduirait à rien de bon, mais plutôt à de regrettables conséquences dont je vais bientôt m'occuper.
« Lorsque la glande a ainsi été enlevée, généralement on voit survenir une certaine hémorrhagie ; une artère de l'orbite (probablement la branche lacrymale de l'artère ophthalmique) est la principale source de cet écoulement; mais, dans tous les cas, sans exception, j'ai toujours vu cette hémorrhagie s'arrêter sous un filet d'eau froide exprimé d'une éponge. Il convient de ne point réunir les lèvres de la plaie avant d'avoir complètement arrêté cet écoulement de sang ; sans cela on risque de voir, peu après l'opération, la paupière supérieure se distendre par le fait du sang extravasé dans le tissu cellulaire lâche, résultat que j'ai constaté dans un petit nombre de mes cas, lorsquej'ai fermé la plaie avant d'avoir pris les précautions ci-dessus prescrites. La plaie peut être réunie au moyen de sutures en fil d'argent, et il faut avoir soin de placer les parties en exact contact et dans leurs rapports réguliers, particulièrement si la commissure externe des paupières a été divisée dans l'opération. Dans ce cas, la suture qui procure l'adaptation la plus harmonique est celle qui réunit le sommet externe du lambeau triangulaire à la peau de la tempe. La plaie peut alors être traitée d'après les principes généraux de la chirurgie : compresses d'eau froide, alternant avec des compresses chaudes, même s'il est nécessaire, des cataplasmes pour combattre toute inflammation. Dans le plus grand nombre des cas, et de beaucoup, la réunion s'est opérée par première intention et, après quelques semaines, nulle trace ne subsistait d'une opération qui, au moment de son exécution, offrait l'apparence d'une gravité sérieuse.
« Dans un grand nombre de cas, l'opération est suivie d'une légère conjonctivite,, susceptible de s'étendre aux tissus profonds, mais l'accident le plus grave c'est le ptosis de la paupière supérieure : cette complication est heureusement presque toujours d'origine inflammatoire et disparaît graduellement ; il n'en est pas de même quand elle dépend d'une division partielle de l'élévateur de la paupière. »
La moment n'est pas venu de se prononcer sur le mérite de cette opération qui a, au moins, celui d'offfir une ressource pour les cas où tous les autres moyens auraient échoue.
LACRYMALES (votes). 73
Eésiimé. i . Pour les cas de larmoiement chronique par rt'tn'cissement simple du canal nasal, le catlK'tt'risme par le point lacrymal supérieur incisé, accompagné au besoin de la cauti'risation des points coarctés, est le premier moyen, le moyen, conservateur par excellence (toutes r^s;^rves laites en ce qui concerne l'incision interne, actuellement à l'c'tude). Le point lacrymal inférieur étant respecté, l'aspiration des larmes conserve son activité presque normale et la guérison peut ètrfj complète.
2. Quand le sac est profondément délabré et qu'il est nécessaire de le modifier radicalement, si le canal nasal est demeuré perméable, il faut inciser le sac ou agrandir l'ouverture fistuleuse dont il est le siège, et promener dans son intériour, en respf^ctant autant que possible l'embouchure des canaux, un caustique approprié (nitrate d'argent, teinture d'iode, beurre d'antimoine) ; puis, l'eschare éliminée, introduire un stylet de plomb du point lacrymal supérieur au bas du canal nasal et l'y laisser pendant toute la durée du travail de cicatrisation.
3. Si le canal nasal n'est plus perméable, l'occlusion des points et des canaux lacrymaux, avec ou sans cautérisation profonde du sac, est indiquée.
4. 1 a perforation de l'unguis et l'extirpation de la glande lacrymale doivent être réservées aux cas, très-exceptionnels, qui seraient réfractaires à l'une ou à l'autre des méthodes ci-dessus. Warlomont.
^ÎIBI.lOGnAPnlE. — On ne sera pas surpris fie la lon,2:ueur de celte notice hiblioprapliique si l'on songe à la multitude, pour ainsi dire infinie, de méthodes et de procédés qui ont été imaginés pour g-uérir la fistule lacrymale Notez qu'à cette liste il faut encore joindre les traités, les Dictionnaires de chirurgie et les traités spéciaux d'ophthalmologie. — Alcinus. De JErjiloi)e.¥r Axicoî. ad Viadr. 109ï, m-'i". — Haas. De cpiphora. Lugd. Hat., 1701, in-i» — ^TAHI, (G. fm.). Pmgr. de fistuln Incrijmali. Halle, 1702, in-i°, et in llnller Dixp. admorb. hist. ete. t. 1, n» 10. — Anfl (Dom.). Obs. singulière sur la fistule lacrymale, dans laquelle on apprendra, etc. Turin, 1713, in-4°. — Du même. Communication à l'Académie des sciences. In Mrm. de l'Acad. des sciences Histoire, 1715 (et non 1717), p. 25.
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LACTAIRES, Lactarius Fr. Ce genre, de la famille des AGAr.iciNÉEs {voy. ce mot), apparlieiit à notre groupe a des frag^iies putrescibles et est un des plus naturels de celte grande l'amille de Champignons, surtout si on le rapproche de celui des Russules. Tous deux, en effet, ne renferment que des grandes espèces, remarquables par leur tissu homogène et entièrement ceUuleux, le plus souvent compact et jamais fibreux; il résulte de cette structure que la ru|iture, soit du stipe, ,^oit du chapeau, est nette et ne présente point d'aspect fibroïde. Aussi, dans ces deux genres, la stature est épaisse, trapue et robuste ; le stipe, ordinairement court, solide, est inflexible, le plus souvent un peu atténué ou arrondi en bas : de là un port très-caractéristique et que Ton reconnaît de loin quand une fois l'œil en a saisi l'ensemble.
Cependant le genre Lactaire se distingue bien facilement par sa chair, mais surtout par son hyménopbore (couche de la chair du chapeau qui porte les lames et forme le plancher), et par ses lames lactescentes, c'est-à-dire laissant échapper, quand on les entame, une humeur plus ou moins abondante appelée lait parce que, dans le premier instant au moins, elle est ou blanche ou blanchâtre, ou légèrement teintée de jaune ou d'orangé (dans une seule espèce (L. deliciosus), cette humeur est d'abord orangé rouge très-vif).
Ce lait n'a pas encore été étudié par les chimistes, et serait bien digne de l'être; il est, le plus souvent, éjjais et porte de. nombreux matériaux, soit en dissolution, soit en suspension; aussi il s'épaissit, se coagule assez promptement, quelquefois devient presque instantanément caillebotté, tandis que, chez d'autres, il reste longtemps fluide ; c'est dans le premier cas surtout qu'il laisse, par la dessiccation, un caillot épais, di\ersement coloré, et dans le second souvent une simple tache brune, rousse, etc. Quelquefois ce lait change peu de couleur, il brunit ou jaunit seulement en séchant; dans d'autres espèces, sa couleur se modifie rapide-
ineiit, i)rofondéinent, au contact de l'air, et avant même que les i^aities eu soient rapprochées par révaporation, et devient roux, rouge, jaune d'or, etc.
Enfin, ce lait présente au goût les saveurs les plus dilïérentes. Dans quelques espèces, il est défiiiilivement doux et presque crémeux, ou seulement poivré et aromatique. Dans un plus grand nombre, il est d'une àcreté quelquefois insupportable et alors il est souvent brûlant et caustique. Chez d'autres, d'abord doux, il ne tarde pas à [tendre une âcreté plus ou moins accentuée, et d'autant jilus traîtresse, que la première impression avait invité à en goûter sans crainte.
Ainsi, quantité, fluidité plus ou moins persistante, état bientôt caillebotlé ou fluide, saveur et couleur immédiates et consécutives, couleur et volume du caillot desséché, tels sont les traits de l'humeur lactoide de ce groupe, traits (jui doivent être étudiés et qui contribuent puissamment à caractériser les esj:èces.
Il serait à souhaiter que l'àcreté pût être indiquée par une réaction chimique, comme celle d'un papier sensible ; car la gustation est bientôt très-fatigante, et devient par là impossible.
Quelques autres champignons, qui ne sont [las des Lactaires, laissent pourtant dégoutter une humeur aqueuse ou même lactoide quand on les entame, tels que quelques hygrophores, par un tem| s humide (H. comcus) ; mais l'humeur est aqueuse,— quelques Mycena (N. agaric, p. 106), mais comment pourrait-on confondre ces grêles et élégaiits Mycena à chapeau campanule, avec ces trapus Lactaires à chapeau massif et d'abord enroulé, ou au moins connivent.
En effet, la figure générale sépare mieux les Lactaires que la présence da lait ; celait, d'ailleurs, peut manquer chez les vieux, et même chez L. vellereus, par un temps très-sec, fait d'autant plus digne de remarque, qu'alors ce vellereus ressemble beaucoui> à une des rares Russules qui ont le port d'mi Lactaire : R. delica.
Lé chapeau des Lactaires est, dès le priiici|!e, ou déjàombilifiué, ou encore convexe; mais plus tard déprimé au centre et ensuite plus ou moins infundibulé, la marge le plus souvent d'abord enroulée, ou sub-eiu'oulée, et vêtue, au moins sur le bord enroulé, soit d'un chevelu abondant, soit d'un tomenteux manifeste, mais souvent aussi entièrement nu ; la surface du chapeau, sèche ou visqueuse, est quelquefois zonée, ou seulement irréguUèrement maculée ou gonttée, notamment sur le stipe, ou bien elle est unicolore; les lames adnées, le plus souvent, plus ou moins décurrentes, sont souvent rapprochées, à lamelles nonibreuses ou dichotomes; il faut en noter la couleur pendant la jeunesse, à l'Age moyen, et surtout dans la vieillesse, car les lames revêtent souvent dans cette dernière 'période des taches ou même des nuances caractéristiques, que la couleur changeante des spores n'est pas seule à leur donner; elles deviennent rousses, verJàtres, grises, ou au contraire conservent à peu près leur couleur. Le stipe, plutôt trapu^ est d'abord très-ferme ; il se ramollit ou se creuse souvent au centre et devient de consistance cartilagineuse ou seuleuient cartonnée.
Dans les Lactaires connue dans les Russules, les spores sont plutôt volumineux et arrondis, leur surface est le plus souvent notablement hérissée ou cha^ainée • en masse, leur nuance est blanche ou blanchâtre et teintée de jaune ou d'orau'utrès-clair. °
Propriétés organoleptiques des Lactaires. Odeur. Jeunes et Irais, leur ode • est ordinairement faible, rarement agréable; devenus plus âgés, elle estlei'li^ souvent obscurément aigre et plus ou moins désagréable.
Ucouleur de leur surlace est très-diverse : bL-Tnc, blanc plus ou moins légèrement teinté de jaune, d'orangé, décidément orangé, rouge, roux, brun, presque
78 LACTAIKES.
noir • ceux de couleur claire se foncent, se maculent souvent en vieillissant ; la chair rompue se colore ou j)romptenient ou lentement par le contact de l'air ou de la lumière.
Saveur. Elle est celle de l'humeur laiteuse du lactaire, c'est-à-dire, ordinairement forte, tantôt aromatique et poivrée, bien plus souvent acre et brûlante.
Passons en revue les groupes et les espèces de notre pays aujouiTl'hui connues et nommées du genre Lactaire. Mais beaucoup manquent encore qui n'ont été ni décrite ni nommés. — Nous terminerons par quelques généralités sur les propriétés alimentaires et toxiques de ce groupe et sur le traitement à employer dans les cas d'empoisonnement.
Pries divise les Lactaires en deux grands groupes, suivant que les lames restent d'une couleur peu variable et restent nues, ou suivant qu'elles se colorent diversement et-surtout se révèlent de farines en vieillissant. Entre ces deux groupes PipÉRiTES, RussuLARES, Frics en place un troisième qui se compose d'une seule espèce : L. deliciosus, et qui se distingue de toutes les autres par le lait orangé rouge très-\if, qui circule dans ses mailles, tandis que ce lait est d'abord blanc ou blanchâtre chez toutes les autres espèces; enfin, une quatrième petite tribu qui comprend deux espèces à stipes décidément latéi'al et poussant sur les troncs.
I. ripÊBiTEs. Stipe central, lames dont la couleur est un peu variable, ne change pas spontanément, ni ne se recouvrant de farine en vieillissant, et dont le lait est d'abord blanc et acre (le n° 9 excepté). Cette section se divise en trois groupes A, B, G, suivant que leur surface est plus ou moins visqueuse ou sèche, et leurs bords nus ou revêtus de villosités fibrilleuses.
A. L. Tomcntosi, Ont la marge \illeuse ou tomenteuse, et le chapeau sub visqueux par un temps humide, tandis que, par un temps sec, des plaques brillantes et des fétus adhérents çà et.là sur le chapeau, témoignent le plus souvent de cette viscosité alors desséchée.
1. L. TORMiN'osus, Schœff. et Fr. L. necator de Bull. pi. 529, fig. II. Chapeau charnu, plutôt fragile et bientôt déprimé, cutis subvisqueux par un temps humide, tomenteux, surtout sur la marge d'abord enroulée et bordée d'un chevelu fibriUeux abondant; le diamètre (D) 7 à 10 ceut. Stipe égal ou un peu atténué en bas, d'abord rempli et bientôt creux; hauteur (H) 6 à 8 c. ; diamèlre du stipe (d) 2 à 2,5. Lames décurrentes, nombreuses, minces, inégales, rarement lameuses ou connées, largeur (1) 2 à 5 mm. couieor, chair (i'un incarnat pâle et lames plus pâles blanchâtres; mais la surface orangé clair, quelquefois j:)spée ou obscurément zonée, est quelquefois décolorée et blanchâtre. — Le lait blanc fixe. Odeur faible ou nulle. Saveur de la chair et du lait acre et brûlante; cru, le champignon est un purgatif drastique redoutable; mais il paraît perdre ses propriétés ii-ritaiites par la cuisson et pouvoir servir alors d'aliment (Fries) ; à moins qu'il n'ait été confondu avec les trois espèces suivantes? c. c. Dans tous les bois.
2. L. ci.icoÏDEs, Fr. : Chapeau charnu, peu compacte, de plan convexe, déprimé au centre, de toutes parties fibrilleux, tomenteux, visqueux; marge enroulée, vêtue d'un fibrilleux laineux, abondant, ensuite évanoui. lames décui'rentes nombreuses. Si\^e ferme, plein, devenant creux seulement dans la vieillesse, uniforme; sous la loupe, soyeux, pruiné. Couleur générale: orangé brunissant sam zones. Chair blanche, lutéolée. Lames blanchâtres luteolées presque coneulores au Chapeau incarnat clair, puis orangé. Stipe plus pâle et un peu rabattu.^ Lait kcre blanc, légèrement flavescent. Taille du précédent. R, dans les Lois de pins.
11 faut rapprocher de ces deux espèces les deux suivantes, plus grandes, mais souvent confondues avec elles:
ô. L. REsiMus, Fr. Distingué des n°' 1 et 2 par son Chapeau d'abord convexe ombiliqué, à marge enroulée blanche et alors tomenteuse. puis nue et infundibulée ; par son Stipe creux, rarement maculé étant vieux; sa couleur claire, plutôt flavescente et blanche dans la jeunesse; par un Lait bientôt sulfuré. Se trouve surtout sous les bouleaux. (V. et comp. n° 28.) 4.L. scROBicuLATus, Scop. Cliapeau épais même sur la marge et grand de 10 et même jusqu'à 50 centim de diamètre, vêtu de villosités visqueuses ou agglutinées par un temps
sec, lutéolé, pâlissant au soleil, plutôt sans zones, Stipe robuste, ensuite creux, flave, et constamment maculé par de larges gouttes arrondies— Lait abondant, acre, d'abord blanc, bientôt d'un jaune soufré au contact de l'air. Se rencontre surtout parmi les Abies.
5. L. TDRPis, Weinm. Chapeau compacte, rigide, convexe, aplani, ensuite déprimé, tout couvert de villosités innées par un matière gUitineuse (D. jusqu'à 30 cent.); marge longtemps enroulée et d'abord villeuse, ensuite étendue et vergettée Stipe plein, ferme, gros, uniforme ou un peu aiténué en bas, lisse ou vacuole, mais non maculé, visqueux ou iec (h. 4 à 7 cent., et d. 2 à 5). Lames minces, adnées ou décurrenfes, nombreuses, fourchues (1. 2 à 4 mm.). — Couieur. Chapeau et slipe fauves olivacés et ombrés teintés de jaune- la marge étendue, rarement subzonée. Lames blanc-paille, brunissants! elles sont maculées ou rompues. Chair blanche, se teintant de roux, mais Lait blanc fixe. Edule. Dans les bois. Souvent groupés. Aspect de !'. involutus.
6. L. coNTROVERsus, BuU 538, f. B et M. Chapcnu compacte, rigide, d'abord convexe, presque de suite ombiliqué , "^[ui XdiVd infundibulé. souvent oblique (D. 8 cent, et beaucoup plus); cutis tomenteux sec; mais par la pluie, glabre et visqueux: marge longtemps enroulée, velouté tomenteuse subzonée. Stipe ferme, court, obèse, atténué vers la base, fin»ment tomenteux, souvent excentrique (H. 3 à 5 c.). Lames décurrentes minces, nombreuses très-inégales, mais rarement rameuses (1. 2 à 4 mm.), couleur générale blanche. Chapeau blanchâtre, le plus souvent mâchuré de terre, et presijue constamment macule de taches vineuses pâles, quelquefois semi-zoné. Stipe blanc pruiné. Lames d'un blanc rosé ou incarnat pâle. Lait abondant, blanc fixe, acre. Odeur faible. Édule étant cuit CGC, dans toutes les clairières des bois et pelouses ombragées.
7. L. puBEscENs, Fr. Espèce voisine, mais moins grande que la précédente. Chapeau blanchâtre-jaunâtre, se teintant d'incarHai; disque glabre, biillant; marge pubcscente librilieuse; Stipe court, atténué en 6as, d'abord rempli, puis cartonné. Prairies. (V. etcomp.n" 1.
8. L. ASPiDEus, Fr. Paulet, pi. 72, f. 7 et 8. Chapeau charnu, jAan convexe, mmcompactc, ni épais; bords de la marge repliés circulaircment, en ceinture entourant le disque, enfin, déprimés. Ce bord est tomenteux, enfin glabre (D. 5 à 10 c.). Slipe remiili, ensuite creux (h. 5 à 8 c), quelquefois chiné ou vacuole. Lames subdécurrentes, un peu épaisses nombreuses, très-inégales (1. 2 à 5 mm.) comieur générale paille h\&\\c\\kKve. sale, souvent humide et visqueux, jaunit en séchant. Lames blanches. Lait acre, d'abord blanc, puis ieyÏBni pourpre violet. La chair froissée prend aussi cette couleur violacée. Bois et prairies humides. R. R. Estimé vénéneux.
9. L. vELUTiNDs, Bertillon. J'ai trouvé en septembre, dans les bois de chênes de Virofiay, près Versailles, un gisement de magnifiques Lactaires tout blancs, et que par le port comme par la couleur, je prenais, avant de les cueillir, pour L. Vellereds. Mais, le chapeau comme le stipe étaient partout couverts d'un tégument tomenteux, velouté, très-doux au toucher, composé de villosités dressées, courtes et serrées, déjà visibles à Fœil nu, formant un cutis de plus de 1 millimètre d'épaisseur et facilement séparable, ce qui ne se rencontre pas cliezL. Yellereus. Un autre trait fort dislinctif et qui sépare L. veli;tinus de tous ceux de cette section, c'est un lait blanc, abondant et doux ; à peine un peu astringent, si on le déguste abondamment.
Chapeau ample (20 à ôO c. de diam. et plus), marge d'abord enroulée, disque déprimé subumbiliqué, enfin infundibulé; partout tomenteux. Stipe gros, court (h. et diam. 3 à 4 c.), trapu, un peu atténué en i»as, tomenteux. Lames assez la)ges (4 à 5 mm.l et assez espacées (G à 7 dans un centm.), inégales, et plutôt simples, veinées- striées à leurs bords adhérents. co«ie«r, etc. La surface du chapeau et du stipe, dans leur fraîcheur, bien blanche à cause du cutis qui les revêt; mais ce tégument lui-même, prend une t( inte légèrement lutéolée dans l'herbier. Lames blanches, teintées de jaune paille ou soufre tiès-clair. Lait blanc fixe et doux ; cependant en se desséchant, il prend une couleur ocre sale, et c'esî sans doute pour cela que les lames meurtries ou vieilles finissent par prendre cette nuance jaune roux sale, qui finit- aussi par ternir un peu la smi'ate. La chair, à l'état frais, est ferme, blanche, légèrement jaunâtre, devenant ocracée 24 heures après la rupture. Odeur ingrate.
Ce Lactaire est vraisemblablement comestible ; il a sans doute été confondu avec L. vev
LEBEUS.
B. Limacini. A. pellicule visquBuse par un temps humide, et marge nue.
10. L. iNSDLSDs, Fr. (mais ce prétendu insulsus est acre). Chapeau d'abord compacte et ombiliqué, ensuite iufundibulé (D. 8 à 10 c. ); à bord longtemps contourné et flexueux, rigide, pellicule visqueuse manifeste, bientôt séparable; marge nue. Stipe inrgulier, rempli, plus tard se creuse, glabre, lisse ili. 5 à 8 c). Lames décurrentes, nombreuses, fourchues à la base, ondulées, anastomosées (i. 2 à3 mm.), couieur jaune orangé dont les tons divers sont disposés sur le chapeau en zone ou points concenti'iques, surtout sur la marge,
liAU i AinriO.
zones encore faiblement marquées sous la pellicule enlevée. Le Stipe, plus terne, est rarement
maculé, vacuole. Lames blanchâtres, teintées de jaune. Lait blanc, fixe et acre. Spores globuleuses, d un jaune pâle. Odeur agréable, se rapprochant de celle du melon (Secrétan). Dans les bois. Aspjctdu L. Deliciosus, mais couleur fixe et lait blanc.
11. L zoNARiu.s, Bull-, pi. 104. Gliapeau cow/jac<e, d'abord convexe de plus en plus déprimé enfin ombiliqué (D. 5 à 10 c); marge ynince, nue, longtemps enroulée; pellicule adnée, visqueuse, couverte de petites squainules fibrillo-rugueuse. Stipe plein, ferme, élastique, à cause du centre spongieux, uniforme, atténué en bas, épais, lisse et glabre (h. 5 à 7 c. et d. environ 2 c.) Lames arrondies ou décurrentes, arquées, minces, étroites, plutôt nombreuses, rameuses (1. 2 mm). couleur. Chapeau orangé, ocracé, dont les tons, d'abord clairs et unis, se foncent et se disposent bientôt en nombreuses zones concentriques, surtout sur la marge, plus claires au centre. Stipe blanc, puis lutéolé comme les Lames blanches, ensuite légèrement lutéolées. Chair et lait blanc, fixes, très-âcres; orfeur presque nulle. C. Sous bois. Regardé comme vénéneux
12. L. MusTEi's, Fr. Chapeau compacte, convexe, charnu jusqu'à la marge infiéchie, souvent bosselé, puis déprimé, couvert d'une pellicule villeuse, glutineuse (D. 4 à 5 c ). Stipe obèse, court, d'abord rempli, ensuite se creusant (D. 2 à 5 c). Lames à peine décurrentes, étroites, minces, nombreuses, inégales, souvent fourchues à la base, couieur. Chapeau couvert d'un encroûtement blanchâtre, jaunâtre et même roussâtre, obscur au centre sans zones. Siipe coucolure rabattu. Lames blanchâtres. Lait peu abondant, blanchâtre, et, comme la cluir étant meurtiio, tcinle bientôt en gris sale cendré, à'xxne saveur presque douce, odeur pénétrante. Dans les bois de pins.
13. L. BLENMus, l'r. Chapeau charnu, plan, puis déprimé, glulineux (D. 5 à 10 c), le bord de la marge des plus jeunes, d'abord infléchi, un peu puhescent, mais bientôt nu. Stipe, presque uniforme, atténué en pointe au pied, d'abord rempli, puis creux (h. 4 à 5 c. et d. 1 2à 2 c). Lames décurrentes, minces, nombreuses, étroites (1. 5 mm.). Couieur. Chapeau jaune clair olivâtre, se fonçant au centre, souvent subzoné. Stipe blanc grisâtre, chair blanche, grisâtre sous l'épiderme. Lames blanches se tintant de gris cendré si on les déchire; en vieillissant, elles rougissent sur le bord. Lait blanc fixe, àcie. Sous les hêtres.
14. L. uvsciNus, Fr. Chapeau â chair non épaisse, mais rigide, fragile, planuscule, ombiliqué, quelquefois chantourné (D. 6 à 10 c.), marge mince, d'abord infléchie. Stipe glabre rempli, puis cave, souvent enflé, étranglé en haut, atténué en pointe au pied (h. 5 à 10 c. e, d. 2 à 5 c). Lames décurrentes, minces et nombreuses (1. 2 à 4 mm.), coiueur. Chapeau, couleur franche, rouge chair ou de vache, quelquefois subzoné ou s'éclain-.issant sur la marge lisse, humide ou visiiueuse, quelquefois brillants. Stipe concolore, mat, en haut sillonné ou vacuole, en bas maculé ou jaspé de rouge. Lames blanches, puis flaves, ocracccs, mais non pulvérulentes. Chair et Lait blanc fixe, acres. Odeur fâcheuse. Sous bois, hêtres ou chênes.
15. L. TuiviALis, Fr. Assez voisin du précédent, par son lait, sa chair et ses lames; s'en distingue par ses dimensions plus considérables (D. 10 à 18 c , el Stipe h. 5 à 12 c ), par ses Lames plus larges (1. 4 à 6 mm.), par son chapeau bientôt déprimé, ensuite infundibulé, surtout par sa couieur, d'abord d'un roux ocracé, obscur, pâlissant eu un incarnat alutacé grisâtre; par son stipe lustré, sans tache et plus clair que le chapeau. Odeur faible. Se l'enconlre plus tard dans la saison et souvent en troupe. C. Sous les conifères.
10. L. cmcELLATus, Fr. Disque largement et profondément ombiliqué et marge infléchie, s'étale en vieillissant, pellicule visqueuse par un air humide (D. 5 à 8 c). Stipe plein, ferme, plus souvent atténué en bas, s'épaiiouissant en haut, glabre et lisse (h. 5 â .5 c. et d. 1, 5 à 2 c). Lames horizontales (non arquées) à dents subdécurrentes, minces, nombreuses et étroites, cooieur. Chapeau roux sombre au centre, mais pâlissant, orné de zones plus obscures. Stipe blanc, avec une couche charnue sous-jacente grise. Lames blanchâtres, en- .suite légèrement lutescentes. Chair ferme, grenue, blanche, gi'ise sous la pellicule. — Jxiit blanc fixe, acre et brûlant. Odeur pénélranle, agréable, lî. Landes et forêts touffues. (V. et comp. 11° 19.)
\1. L. i-uRiDus. Fr. Se distingue du précédent par son stipecreux, son chapeau plus cendré à zones plus obscures, par des lames moins nombreuses, mais de tous ces concolores par son lait qui de blanc devient rouge ouroux. Dans les bruyères. (V. et comp. n° -19.)
18. L. uviDUtf, Fr. Chair lâche, mince, fragile, forme un Chapeau plan convexe, puis déprimé; marge bientôt droite, lisse, glabre, visqueuse (D. 5 â 10 c). Stipe bientôt cave, lisse, visqueux (h. 5 à 7 c. et d. de 12 â 20 mm.). Laines subdécurrentes, minces, nombreuses plus larges que celles de la chair (1. 5 â 4 mm.), couieur blanchâtre, teinté ou moucheté de rougeâtre, lilas, rabattu ou gris livide, brunissant. Stipe blanc, flavescent, et çâ et là se maculant de roux. Lames, d'abord bien blanches, se tintant enfin d'une nuance ocrée, ferrugineuse. — Lait acre, blanc, se teintant aussitôt à l'air en violet intense, comme la chair rompue en veillisfant devient ocracée, sale [ou lilas Fr.). Dans les bois humides. (V. et comp. n" 8.)
(. i-ii>EKATi Sa„g pelliculeséjjarable, surface sèche et souvent rugueuse, iluo. * Champignons, diversement colorés.
19. L. pïKOGALus, DuU. pi. 52;^ Fr. Clmpeau à cliair ferme, peu épaisse, ptan convexe, à marge bientôt éiemlue, dqinmé au centre, suriaee unie, dépolie, sous la loupe arénnléc. glabre; surface humide ou sèclie, suivant rjiyg-iométrie (l). G à 8 c). Slipc reiupli, blcnlôt creux, un peu bosselé, atténué en bas, gkibrc, granulé sous la loupe (li. 2 à 3 c. et d 1 à 1,5). —Lames aussi largos que la chair, décuirentes, minces, plutôt distantes. c„uie„r. Chapeau gns, livide, jaune orange rabattu, souvent zone sur ki marge plus foncée, quelquelnis obscuiément roux au centre. Stipe plus clair, mais concolore au ch;iprau. —'lames jaunâtres, ocracées. Lait abondant très-ûcre, blanc fixe, comme la chair. Vénéneu.v. C Sous bois
%). L. uMBui.Nus, P. Se distingue par la forme de sou chapeau, mince, à disijue profondément enfoncé, infunJibulé, et une marge étalée, convexe, à bord fléclii, sa surface est \.i-iii-onibree, olivâtre, avec une teinte lutcolée, semée de lyapillea labiinnllii formes, et d'apparence pelucheuse; amazones. Ses Lames sont décurrentes, sur un Slipe très-court (à peine 1 c). tnfin, son Lait est acre, blanc laissant des macules grises sur la chair. W. Sous les
pill;.
21. L. PLOMUEus, Bull. ri. 282 et 559. Qiapcau compacte, convexe, bosselé, déprimé au centre, marge convexe à bord fléchi, enhn scmi-inlundibulé ; sec, dépoli (D. 8 à 10 c). Stipe presque uniforme, plein, ferme, obèse ili. 4 à 5 c, et d 1,5 à 2). Lames nombreuses^ élruiles, arquées [1. 5 mm.), couieur. Chapeau couvert d'un enduit obscur, fuligineux, presque noir, mat. Slipe enfumé, concolore au chapeau, mais plus clair, teinté docre, mal. Lames blanchâtres, se teiniant docre terne. La chair et le lait blanc Kxe, ce lait abondant se coagule promptement ; saveur d'une grande àcrelé, brûlante. Odeur peu agréable ; — vénéneux. CC. Dans les bois.
2i. L. viRiuis, Fr. et Paulet, t. 69, f. ô et 4. Chapeau compacte, bientôt déprimé, étendu, glabie, sec (D. 8 à 12 c). Stipe robuste, cylindrique, rempli, puis cave stib-ai ténue aiî pied (h. 5 à 7 c. et d. l.^à '2,5). Lames nombreuses, minces, couieur. Chapeau d'un vert franc. Slipe blanchâtre, un peu rabattu de fuligineux ou de roux, Limes blanchâtres, se teintant un peu en roux, lait blanc et acre. 11. Dans les bois.
*■ Champignons blancs ou blanchâtres.
23. L. PAEGAHE.Ms, S\v. Cliapcau à chair flexible, assez mhice, élasti(pie, souvent irrégulier, excentrique et plus ou moins fluxueux ; d'abord conve.\e, puis déprimé, enfin cjatilorme; marge de bonne heure étalée, surface \.vès-glabre, mate, dépolie ou rugueuse ou se ridant surtout sur la margeD. 8 à 10 c). Stipe rempli, ferme, ensuite ramolli au dedans, allonyé (6 à 7 c), inégal, atténué de haut en bas, souvent courbé, entièrement glabre. Lames très-nombreuses et ires-ctroiles (1. 2 mm.), bord un p; u ondulé souvent fourchu. Copieur. Chapeau et stipe d'abord bien blanc, enUn se teintant de jaunâtre. — Lames blanches, puis jaune paille. — Chair parfaitement blanche, lait Irés-abondant, tiès-âcre, blanc fixe, bien liquide, non caïUebotlé d'abord, ensuite laisse uti gros caillot qui se teinte yflM«e franc en séchant; la chair est plus lactescente que les lames. A. C. Sous bois.
24. L. pii'ERATus, Linn. Acns de Bull., pi. 2U0. Chapeau compacte, sec, rigide, de bonne heure ombiliqué, et par le déroulement de la marge, infundibuL', lisse, glabre (D. 10 à 20 c). Stipe plein, obèse (h. 5 à 5 c, et d. 2,5 à 3,5 c), é-alou plutôt obové ou obconique, Jfsse, enfin piuiné. Lames nombreuses, décurrentes, étroites [2 à 3 mm.), abords cLlus, dtchotoines. Couleur. ChapCàu blanc, ou, étant vieux, un peu jaunissant, ainsi que Icslames^ d'abord blanches. Mais Frie# ne veut pas qu'elles prennent une teinle paille ni incarnée' mais, qu'en vieillissant, elles se maculent de lâches lutéolées; chair blanche, lait abondant, très-àcre, blanc fixe; inodore. Il perd son àcrelé corrosive par la cuisson, et constitue alors un aliment fort usité. C. C. Dans t(ms les buis. (Voy. et comp. w 9 et 24.)
25. L. vELLEEEus, Fr. Bull., p. 538, f. 11. G. IN. Chameau compacte, ri'^icle, convexe cgatiforme, à mar-e et bord longtemps fléciii ; — surface comme crétacée, enfin vêtue d'un fibriUeux appliqué (mais le bord enroule n'est pas fibrilleux comme dans la 1'= section] ■ sec, sans zones (D 12 à 18 c). Slipe plein, ferme, égal (h. 5 à 7, et d. 2,5 à 5,5), finement tomeiiteux. Lames arquées, décuirentes, un peu épaisses, rameuses par connexion, subdistantes et assez larges (4 à 5 mm.). Couieur. Chapeau d'abord comme enduit de blanc de chaux, puis, en vieillissant, se leinte de jaune et même de roux. Les lames blanchâtres d'un jaune paille, ou flave très-c/«iV.— Chair et Lait blancs et acres, se teiniant de jaune soufré, la chair redevient blanche plus tard. Mais sans laii, étant vieux ou par un temps sec— Odeur plutôt fétide. Les auteurs qui font distingué se taisent sur ses quaUlés toxiques probables. C. G. Dans tous les bois. (Voy. et comp. n» 9, et n» 25 et 20.)
DICT. EiNC. 2^ p. L g
26. L. Ar.ciîMATLS, Fr., espèce également blanchâtre, mais de petite taille (D. 3 à 4 c.). rare et sous les pins, à chapeau enfin aplani, à peine déprimé. Lames nombreuses, plutôt larges, blanches, puis Havescentes, et donnant un lait enlin acre, et qui de blanc devient rouge. (Voy. et comp. n» 8, 17 et 18.)
II. RUSSUI.ARES. Section qui renferme plutôt des Lactaires dont les lames sont fortement colorées, et dont lajiropriété caractéristique est de se couvrir, dans leur maturité, d'une farine abondante, et de modifier profondément leur teinte initiale • leur lait est d'abord blanc ou blanchâtre, et leur saveur douce ou presque douce mais souvent la couleur ou l'àcreté se manifeste bientôt après.
On peut diviser cette section en quatre groupes, suivant les détails de la surface du chapeau, en sèche ou visqueuse; villeuse ou glabre; rugueuse, grenue ou lisse et lustrée.
A. Lait d'abord blanc, se teintant promptement d'une couleur vive ; Chapeau visqueux ou subvisqueux par un temps humide.
27. L. THEioGALus, Bul., f. 567, pi. II. Chapeau, d'abord visqueux, puis brillant, asse? mince, convexe, bientôt déprimé, puis marge cambrée, glabre (D 4 à 6 c). Stipe rempli, puis cave, plutôt court (h. 5 à 5c , et d 0,5 à 0.8). Lames décurrentes, minces (1. 2 mm ) nombreuses, couieor. Chapeau et Stipe concolores, couleur canelle diversement nuancée, souvent zonée sur le chapeau. Lames lutéolées, se nuançant de canelle clair. Chair blanchâtre. Lait blanc devenant sulfuré, enlin acre.
28 . L. sANGuiFLuus, Paulct, donne, t. 71 , fig-. 3-5, une espèce voisine rouge sang, sans zone, qui se dislingue par son lait doux, bientôt sanguinolent. Stipe spongieux et atténué en haut.
29. L. cuRYsoRRHEus, Fr. Chapeau charnu peu ferme, glabre à l'œil nu, planuscule, ombiliqué, puis infundibulé (D. 5 à 7 c.) ; Stipe presque égal, plein, enfin creux [h. 5 à 7 c, et d. 1,2 à 1,4). Lames nombreuses, aussi larges que la chair (5 à 6 mm.), un peu décurrentes. Couleur. Chapeau orangé, zone, ou moucheté, ou maculé par des tons orangés divers, nuances vives, enfin sombres. Stipe blanchâtre, enfin teinté d'orangé; Lames lutéolées orangées. Lait très-âcre, blanc, puis jaune d'or. Chair ferme, blanche, puis jaunissanle, R. sous bois.
50. L. ACRis, Boit et Fr. non Bull. Chapeau irrégulier, charnu, rigide, ombiliqué ou infundibulé, bosselé à peine, enfin subzoné. (D. 4 à 5 c.) ; visqueux. Stipe rempli, bosselé cave, suhexcentrique, atténué en bas ; Lames, plutôt nombreuses, couieor, chapeau fuligineux bistre, plus pâle dans sa jeunesse, et dans sa vieillesse; Slipe plus clair, presque blanchâtre clair. Lames bientôt jaunes, assez larges {1. 4 à G mm.). Lait acre, blanc, rougissant, \>\x\s jaune, chair ferme, cassante, blanche, puis vermillon qui s'efface vite. Odeur pénétrante. 'V. et comp. n» 20 et 44.)
B. Lait blanc ou blanchâtre; chapeau d'abord visqueux :
31. L. PALLiDus, Pers. Chapeau charnu, à tissu un peu lâche, convexe ombiliqué, déprimé; marge large, longtemps enroulée, surface glabre, visqueuse, sans zones (D. 7 à loc). Stipe rempli, puis creux, presque égal ou un peu atténué en bas, court ou allongé, lisse et glabre. Lames subdécurrentes, arquées, assez larges (4 à 5 mm.), plutôt minces, nombi'euses, souvent rameuses, couieur générale iMe, teintée en dehors et en dedans d'une nuance alutacée, argileuse, même les lames d'abord blanchâtres ; et enfin, comme couvertes de givre ou pruinées. Lait doux et blanc. Sous les hêtres.
32. L. QuiETus, Fr. Chapeau déprimé, à marge bientôt redressée, surface glabre, d'abord visqueuse, bientôt sèche (D. 7 à 8 c). Stipe rempli, .spongieux (h. 5 à 7 c, d. 1,2 c.). Lames décurrentes, à base fourchue (1. 3 à 4 mm.), couieur. Les lames de blanches deviennent rousses ou couleur canelle clair. Chapeau concolore, très-foncé au centre, et subzoné; chair blanchâtre, roussissant. Stipe concolore, et bientôt se fonçant jusqu'à couleur roui/Ze. Lait doux, blanc fixe. Dans les bois.
35. L. AURAKTiAcus, Fr. Chapeau planuscule déprimé, lisse, glabre, visqueux par un temps humide (D. 5 à 5) ; Stipe rempli (h. 7 et d. 1, 2), glabre. Lames bien décm-rentes. co..ieur. Chapeau orangé vif sans zones; stipe concolore. Lames un peu ocracées. Lait blanc, enfin acre, l'ort de L mitissimus, n° 39.
54. L. AzoNiTE, Bull., pi. 559, fig, I. Chapeau ferme, convexe omboné, enfin déprimé et onduleux, visqueux (D. 5 à 8 c.) ; Stipe rempli, régulier, court (h. 1,5 à 2,5 c, et d. 0,7) atténué en bas. Lames assez nombreuses et au moins aussi larges que la chair (5 à 0 mm.).
Couleur. Chapeau bistré clair, maculé çà et là de taches noires, mais non zone. Ces macules sont-elles constantes, spécifiques? Slipe blanc, jaunissant vers le pied arrondi ; Lames lutéolées et chair blanche devenant roM^^etî^re. Lait blanc, acre (?).
35. L. cYATiiuLA, Fr. Chapeau plan-convexe, omboné, enfm, déprimé, humide par un temps pluvieux, bientôt sec -D. 5à5 c). Stipe rempli, spongieux en dedans, lisse, glabre, égal, rond (h. 5 et d. 0,3 à 1,2). Lames nombreuses, minces, linéaires (1. 2 mm.)! Couleur du chapeau, roux brique ou chair et souvent vergetté de traits, lisse, subzon'é" pâlissant en séchant. Le Stipe enfin blanchâtre; les Lames et la chair, d'un léger incarnat' lutescentes, et Lait blanc fixe et acre. Odeur a peine sensible, étant Irais, devient punaise dans le champignon ramolli ou desséché.
56. L. voLEHiîs, Fr. Chapeau compacte, rigide; la marge, d'abord fléchie, ensuite étalée et \edi!^que un peu déprimé (D. 8 à 12 c). Surface mate, enfin, chinée par des fissures concentriques. Stipe plein, ferme, obèse, égal ou atténué en haut (h. 5 c. et d. 2), lisse, pruiné. Lames décurrentes, larges de 4 mm., minces et nombreuses, couieur, etc. Chapeau oranq'é très-foncé, surtout sur le disque hrun. Stipe de blanchâtre jusqu'à jaune foncé, devenant brun rougeâtre vers le pied. Lames blanchâtres, meurtries, elles se tachent souvent en rouge brun. Lait abondant, blanc, devenant jaune d'or, et très-doux. (V. et comp. n» 28.)
Comestible, et très-recherché dans les Vosges. Surtout dans les bois de hêtres, etc.